Comment télécharger des MP3 sur Last.fm, Radio.blog, etc.

19 mai 2009

Deuxième partie

Nous avons donc vu précédemment qu’il est simple de télécharger la musique qui passe en streaming sur MySpace. Certes, cette plateforme tente désespérément de trouver une parade aux méthodes de téléchargement illégal créées par quelques internautes particulièrement futés. Mais ces derniers se livrent à une course contre la montre pour être les premiers à déjouer les nouveaux pièges mis en place par News Corporation. Myspace n’a donc jamais le temps de prendre la moindre longueur d’avance qu’une nouvelle solution est dévoilée par nombre de sites auxquels on accède par une simple recherche dans google.

Last.fm, Radio.blog et les lecteurs audio des blogues comme Wordpress sont tout autant des passoires. Pour télécharger facilement la musique qui y passe en streaming, il vous faut simplement cela :

- Utiliser le navigateur Firefox.
- Télécharger le plug-in suivant à partir de Firefox : DownloadHelper

Après cette installation et le redémarrage de Firefox, en allant sur l’un des sites précités qui diffusent de la musique en streaming, une petite icône composée de trois boules s’excitera le pompon en haut, dans la barre de menu, pour vous signifier qu’un joli MP3 est prêt à se faire cueillir. Il vous suffira alors de cliquer sur la petite flèche à côté des boules pour télécharger le morceau. Et c’est tout ! Pas plus compliqué que ça. DownloadHelper fonctionne avec une multitude de sites et vous permet également de télécharger tout aussi facilement des vidéos sur Youtube et ailleurs.

La suite bientôt…

Béatrice

Comment télécharger la musique en streaming (MySpace, Radioblog, etc.)

19 mai 2009

Première partie

À l’heure où nombre de musiciens se prononcent en faveur de la loi Hadopi, il n’y a absolument aucun moyen d’empêcher la libre circulation de la musique. Plus remarquable encore : ces mêmes musiciens qui se sont prononcés pour cette loi ont généralement une page MySpace ou un site sur lequel ils proposent l’écoute de leur musique en streaming. Ils semblent alors persuadés que leur oeuvre est ainsi protégée contre le piratage. Le mode d’emploi qui suit, et qui explique comment il est facile et rapide de télécharger la musique en streaming autant sur MySpace qu’ailleurs, vise à démontrer que se battre en faveur d’une loi non seulement liberticide, mais surtout totalement inefficace est une terrible perte de temps. Il n’y a qu’un seul et unique moyen dont dispose un artiste pour empêcher que sa musique soit piratée : ne pas l’enregistrer, ne pas la commercialiser sous forme de CD, ne pas utiliser Internet à des fins promotionnelles. Bref, la garder pour lui.

Si tel n’est pas son désir, il est urgent alors que ce musicien comprenne qu’il doit se battre avec les internautes pour parvenir à imposer un modèle de rémunération qui tient entièrement compte de l’impossibilité d’enrayer le phénomène du téléchargement illégal, et qui saura réconcilier les consommateurs internautes et les artistes. La licence globale, par exemple. Encore faudra-t-il trouver le moyen de la rendre juste et opérable. Mais en combattant pour tenter de maintenir à flot une industrie agonisante, dont la chute n’est certainement pas à mettre intégralement sur le dos du piratage, la mise en place d’une solution équitable pour tous s’éloigne toujours davantage. Démontrons ici à quel point il est facile de télécharger absolument toute la musique qui circule sur Internet, peu importe la plateforme et la légalité de la diffusion en ligne.

Comment télécharger la musique d’une page MySpace sous forme de MP3 ?

Nous allons prendre, à titre d’exemple, la page d’un musicien pro Hadopi, Cali. Ceci dans le but de démontrer l’importance pour ces artistes-là d’user de clairvoyance et de curiosité plutôt que de croire aveuglément le discours à sens unique de l’industrie du disque et du monde politique.

Ce qu’il faut pour télécharger illégalement les MP3 d’une page MySpace:

- L’adresse de la page du musicien :
http://www.myspace.com/brunocali

- Ce site : http://file2hd.com/Default.aspx?myspacemp3

Il suffit simplement de coller l’adresse de la page MySpace dans la fenêtre de recherche du site, de cliquer dans la case qui indique qu’on a pris connaissance du règlement (que personne ne lira). Et la liste des MP3 utilisés par le lecteur en streaming de MySpace s’affiche.

On peut alors décider de télécharger le MP3 dans le format défini par le lecteur (en 96 kbps), ou dans sa qualité initiale, avant compression par MySpace (qui peut donc varier, aller de 96 kbps à 320 kbps).

Ainsi donc, les musiciens qui espèrent à la fois qu’Hadopi éradiquera le piratage et qu’Internet continuera de leur servir d’outil de promotion sécuritaire seraient bien avisés de se documenter sur l’impossibilité totale de protéger leur musique en ligne.

La suite bientôt…

Béatrice

Vince Martin

10 mai 2009

Il est de ces musiciens essentiels qui ont façonné un courant musical, ont défriché des contrées culturelles encore inexplorées pour y bâtir dans l’ombre une avenue pavée sur laquelle d’autres ont marché à leur suite. Ces autres qui, souvent, deviendront plus célèbres que ces grands bâtisseurs qui leur servaient de modèle. Vince Martin était là bien avant Dylan, David Crosby, Tim Hardin et tant d’autres qu’il a côtoyés, aux débuts desquels il a assisté.

S’il a connu son heure de gloire dès 1956 en gravant avec The Tarriers l’un des plus grands succès de cette époque (Cindy, oh Cindy, reprise plus tard par les Beach Boys), c’est par le duo qu’il forma avec Fred Neil qu’il marqua surtout l’esprit de ses contemporains musiciens. D’abord par la magie de leur présence sur scène, puis par Tear down the Walls, leur album enregistré ensemble, certes peu connu du public, mais qui devint néanmoins une porte d’entrée vers un folk rock américain qu’ils faisaient naître en cette année 1963 où ils gravèrent sur sillon son certificat de baptême.

Toutefois, si Fred Neil est sorti depuis quelques années de l’anonymat dans lequel l’irrévérence du temps qui passe et l’absence de curiosité du public l’avaient plongé, Vince Martin reste encore tragiquement méconnu aujourd’hui. La personnalité tourmentée de Fred, son étrange disparition et sa mort triste l’ont érigé au rang de héros qu’on encense à titre posthume, comme Nick Drake, quand Vince paye le prix de la méconnaissance et du silence des médias pour avoir su gérer plus sereinement sa vie et la poursuivre aujourd’hui.

En 1969, il a pourtant enregistré seul un album exceptionnel, une merveille folk flirtant délicatement avec le country : If the jasmine don’t get you… the bay breeze will. Le genre de disque rare et intemporel qui foudroie encore aujourd’hui dès la première écoute. Thurston Moore, le chanteur et guitariste de Sonic Youth, ne nous contredira certainement pas. Récemment, Vince Martin a appris avec surprise que ce jeune musicien appartenait au clan de ses plus grands admirateurs.

Lorsque les deux hommes se rencontrèrent, Vince fut si étonné d’entendre que Thurston connaissait tout de sa musique qu’il pensa d’abord qu’il se moquait quelque peu de lui. D’autant plus que, jubilant d’avoir enfin l’occasion de s’adresser à Vince de vive voix, notre Thurston se mit à sautiller comme un enfant et à s’exclamer tout excité : « Vous êtes le gars de Jasmine ! » Depuis, les deux hommes ont donné plusieurs concerts acoustiques ensemble.

Vince Martin a encore gravé un autre bel album en 1973. Mais la surdité des décideurs des maisons de disques l’a poussé hors des studios d’enregistrement pendant 30 longues années. Ce n’est qu’en 2003 que l’opportunité d’ajouter un troisième album solo à sa discographie lui fut enfin offerte.

Vince, aujourd’hui fièrement âgé de 70 ans, nous a accordé une entrevue pour Vapeur Mauve et nous parle de ce retour, de lui, de la vie dans les années 60, des pratiques de l’industrie du disque à cette même époque. Et, bien sûr, il s’ouvre également sur son grand ami, Fred Neil. Au fil des messages que nous avons échangés, j’ai rapidement ajouté à l’admiration que je lui portais pour sa musique le bonheur de découvrir que Vince est un homme d’une gentillesse et d’une générosité exemplaires. Et doté d’un sens de l’humour qui fait de lui certainement l’un des musiciens les plus attachants que je connaisse.  Hop, entrevue !

Vince nous parle de lui

Béatrice : Racontez-nous votre enfance.

Vince Martin : Mon enfance était remplie de musique. J’ai toujours chanté, et j’ai commencé à jouer du piano très jeune. Je chantais le dimanche à la grand-messe avec mon père, des chants grégoriens. Ainsi donc, j’ai toujours chanté, je n’ai pas le souvenir d’un temps où je ne l’ai pas fait. En dehors de cela, mon enfance était complexe. Bonne, mauvaise, heureuse, malheureuse. Bien des choses que, j’en suis sûr, je partage avec bien des gens à travers le monde.

Béatrice : Comment avez-vous rencontré Fred Neil?

Vince : J’ai rencontré Freddie en 1960. J’étais attablé dans un café avec Hoyt Axton un soir d’hiver glacial. Nous parlions, nous chantions. Freddie est entré avec Dino Valente. On nous a présentés, on a sorti les guitares de leur étui. Le picking était de plus en plus rapide et bluesy. Fred m’a regardé et m’a demandé où j’avais appris à jouer du blues, et d’où je venais. « Brooklyn », lui ai-je répondu. « Connerie! », a alors lancé un Fred Neil dubitatif. Hoyt a éclaté de rire et lui a dit : « Mais si, c’est vrai ! ». Alors Fred a ri aussi, nous nous sommes détendus. Et à partir de ce moment-là, nous avons simplement commencé à jouer aussi souvent que nous pouvions.

Béatrice : Comment en êtes-vous arrivés à enregistrer ensemble un album ?

Vince : Nous jouions au Gaslight avec Mississippi John Hurt quand Paul Rothchild est entré dans la salle pour nous écouter. Il a apprécié, alors il est allé voir son patron, Jac Holtman d’Elektra Records pour lui parler de nous. Le lendemain soir, il est revenu et nous a proposé un contrat d’enregistrement. Voilà. Rien de renversant, mais une grande étape pour nous. Et nous étions accompagnés par John Sebastian, qui est resté un grand ami, et par Felix Pappalardi (qu’il repose en paix). Ce sont deux des meilleurs musiciens qui ont joué avec nous. Nous sommes allés aux studios Mastertone de New York. Et nous y voilà. Tear down the walls était la naissance musicale de cet effort. En 1963.

Béatrice : Qu’en était-il de l’usage des drogues dans l’univers folk des années 60 ?

Vince : Tous ceux que j’ai connus prenaient des drogues sous une forme ou une autre. On fumait, on buvait, et certains prenaient des drogues dures également. Mais en fait, le vin et le cognac étaient aussi destructifs que la cocaïne ou l’héroïne. Vraiment. Quand nous avions fumé de l’herbe ou du hash et que nous croisions un flic dans le métro ou dans la rue, on se comportait comme si nous étions ivres. Ceux qui se piquaient se mélangeaient rarement aux utilisateurs récréatifs. Dans les années 60, ils avaient leur propre espace, étaient protecteurs et probablement paranoïaques. Personnellement, je n’ai jamais vu une personne que je connaissais s’injecter de la drogue. Ils ne me l’auraient pas permis, et je ne voulais pas le voir. Alors mes connaissances sur le sujet se basent sur la façon dont ils agissaient et disaient agir. Freddie était un fumeur et, comme le dit la chanson «a joker and a midnight toker».

Béatrice : Pour votre album solo Jasmine, avez-vous choisi vous-même les musiciens avec lesquels vous vouliez jouer ou vous les a-t-on imposés ?

Vince : Oui, je les ai choisis. Et eux, en fait, m’ont choisi aussi. Ils étaient la crème du cercle de Nashville et venaient juste de finir de jouer sur l’album Nashville Skyline de Dylan. Ils étaient très sollicités et pouvaient puiser et choisir comme ils voulaient. J’ai eu une chance extrême de les avoir dans le studio !

Béatrice : Parlez-nous de votre deuxième album solo.

Vince : L’album de 1973, que j’ai enregistré au Capitol Record Tower à Los Angeles, contenait des chansons écrites entièrement par moi-même. Y ont collaboré Van Dyke Parks, un génie, John Sebastian, plusieurs excellents chanteurs et mon très cher ami Eric “Doc” Hord, le guitariste d’origine des Mamas and Papas qui joue la douce guitare slide sur l’album Vince Martin.

Béatrice : Vous n’avez pas enregistré d’album entre 1973 et 2003. Quelle en est la raison ?

Vince : 1973 à 2003… Ouah ! Je n’y ai jamais pensé en ces termes, jamais en un seul bloc de temps. Mais la raison est simple : personne ne me l’a proposé. Et j’étais occupé à élever une fille et un beau-fils et, finalement, à divorcer, ce qui m’a pris tout mon argent et toute mon énergie. J’ai certes joué au long de ces années, mais il n’y avait ni contrat ni argent pour faire un disque jusqu’au jour où mon ami Matthew Pozzi m’a dit qu’il voulait enregistrer ma musique. Alors nous l’avons simplement fait !

Béatrice : Comment avez-vous vécu au cours des 30 dernières années ? Êtes-vous resté en contact avec les amis et les musiciens que vous aviez côtoyés pendant les années 60 à Greenwich Village ?

Vince : J’ai été agent immobilier dans l’état de New York depuis 1980, l’année où ma fille Cara est née. Son arrivée et le besoin de gagner de l’argent en sont les raisons. Elle est mon seul enfant après 3 mariages. Beaucoup d’entraînement mène à la perfection ! J’ai également joué en concert autant qu’il m’était possible. J’ai voyagé en Floride et en Caroline du Nord quelques fois pour aller m’y produire, j’ai joué à Woodstock aussi plusieurs fois. J’ai chanté avec Sonic Youth, Eric Andersen, Ric Danko, John Sebastian, etc. Et, en effet, je suis resté en contact avec plusieurs de mes vieux amis des années 60. Les rares qui sont vrais et bien portants, bien sûr.

Béatrice : Quelles musiques aimez-vous écouter aujourd’hui ?

Vince : J’écoute tout ce qui est disponible. Je n’ai pas de réelle préférence. Toutes les musiques sont bonnes. Enfin, quand il est question de bonne musique. Du reggae. Bob Marley et ses pairs. Du blues, bien sûr ! Du gospel, du country, de la musique classique, et aussi de l’opéra. Je viens d’une famille qui a migré d’Italie et j’appartiens à la deuxième génération de ceux qui sont nés en Amérique. Le dimanche, mon père passait des disques d’opéra en 78 tours ! Mes grands-mères chantaient autant de l’opéra que de la musique folk. Elles fredonnaient des airs quand elles cuisinaient et chantaient des chansons contemporaines également. C’était des femmes truculentes. J’ai appris à aimer toutes les musiques et je les aime toujours. Longue réponse pour une courte question, n’est-ce pas ?

Vince nous parle de Fred Neil

Béatrice : Étiez-vous toujours en contact avec Fred après les années 60 ?

Vince : Oui, bien sûr. Jusqu’au milieu des années 80, quand il a disparu. Nous avons travaillé ensemble dans les années 70, en Floride, en Caroline du Nord et à New York. Nous avons formé un duo pendant plus de 10 ans.

Béatrice : Vous me dites que Fred a disparu au milieu des années 80. Que voulez-vous dire par disparaître ?

Vince : Freddie m’a appelé de Brooklyn à cette époque. Il m’a dit qu’il partait. Où, il ne l’a pas mentionné. Notre conversation était longue et bonne. Nous avons ri, avons passé un bon moment comme d’habitude. Après cela, personne n’a su où il était allé. Ni ses femmes, ni ses enfants. Mais je savais qu’il était parti voyager avec sa copine d’alors pendant un moment. Elle était également l’une de mes amies et nous étions restés en contact. Par la suite, il l’a quittée et a simplement disparu. Et ni elle, ni moi, ni personne n’a été capable de le retracer jusqu’au jour de sa mort où le shérif m’a appelé. Ils avaient trouvé mon numéro de téléphone à côté de son lit, avec son testament.

Béatrice : C’est une bien triste histoire…

Vince : D’une certaine manière, nous choisissons tous notre propre chemin, même si notre conditionnement depuis l’enfance joue son rôle. En ce qui concerne Freddie, quand il écrivait “Only the echoes of their mind”, il relatait sa propre histoire. Comme le font tous les écrivains à un certain degré.

Béatrice : Vous savez, l’histoire de Fred semble avoir été très romancée. J’ai lu qu’il avait quitté délibérément le monde de la musique pour se consacrer aux dauphins.

Vince : Il a quitté ce monde pour aller vivre des revenus de sa musique en Floride. Pourquoi ? Personne ne le sait vraiment. Était-il heureux ? Je ne pense pas qu’il l’était, tout comme je ne crois pas qu’il était malheureux. Il vivait simplement avec ses propres démons comme il en était capable. Comme nous tous… Freddie vivait seul, dans son monde. Personne, à part Ric, ne savait où il était ou ne passait du temps avec lui. Il avait un téléphone enregistré sous un autre nom, qui était celui qu’il utilisait dans la Navy quand il était jeune : Buddy. Je me souviens d’une photo de lui dans son uniforme de la Navy que j’ai vue dans la maison de sa mère, à St Petersburg en Floride. “Pour maman, de Buddy”. Il détestait cette photo. Je ne l’ai jamais revue depuis cette visite en 1962 ! Quand Fred est décédé, la police a déclaré que c’était une mort naturelle. Mais il souffrait d’un cancer sévère de la peau, et aucune autopsie n’a été faite. Freddy était une énigme. Et n’en était pas une. Il était le maître de la disparation. Il pouvait se le permettre financièrement. Émotionnellement, c’est une autre histoire. Moi, j’aime bien trop les gens et la vie pour vouloir m’isoler plus que le destin le demande. La vie est diablement courte, pas toujours joyeuse. Alors chaque jour qui se lève est un cadeau, chaque ami est un trésor, et l’amour, de la magie.

Béatrice : J’ai lu que Fred Neil était dans le studio quand vous avez enregistré l’album Jasmine. Vous nous racontez comment ça s’est passé ?

Vince : Nik Venet, le producteur, nous a fait venir ensemble à Nashville, Fred, John Stewart et moi. Il désespérait d’enregistrer Freddie qui était réticent à fond. Alors il a utilisé ma session comme une traque, en quelque sorte. Tu sais, du genre “Viens, passe du temps avec Vinnie et John, et laisse-nous voir ce qui arrivera quand Vince aura fini d’enregistrer.” Ainsi, à l’issue de ma session, il se débrouilla pour faire entrer Freddie dans le studio. Fred chanta contre sa volonté, sous la pression liée au fait que c’était probablement un album qu’il devait faire par contrat. Je suis parti quelques jours après ma propre session et je n’ai pas écouté le travail de Fred. C’était plutôt décousu, mais Venet était très insistant. Nik Venet est mort depuis, tout comme Paul Rothchild et Howard Solomon, trois hommes qui ont eu une influence majeure sur la carrière de Fred et sur la mienne.
Pour je ne sais quelle raison, Freddie n’aimait pas mon album Jasmine. Il me faisait des grimaces à travers la vitre de la cabine de contrôle. Pourquoi ? Je ne saurai jamais. C’est juste un petit souvenir qui me revient en mémoire.

Kris Kristofferson m’a appris à jouer Sunday morning coming down dans sa cuisine pendant la session d’enregistrement. Nous sommes devenus amis. Il voulait que je chante cette chanson sur mon album, mais son éditeur ne nous en a pas donné la permission car il souhaitait que John Cash l’enregistre. Kris était déçu, tout comme moi, mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Béatrice : Fred vous a-t-il accompagné quand vous êtes allé enregistrer votre deuxième album en 1973 ?

Vince : Non, je suis allé à Los Angeles seul. Fred était alors en Caroline du Nord, je crois. Je séjournais au Château Marmont, j’y ai découvert le sushi, je jouais de la musique. Pas du tout un mauvais trip !

Vince nous parle de l’industrie à l’époque

Béatrice : Avez-vous été payé pour l’album que vous avez enregistré avec Fred Neil ?

Vince : L’argent n’a jamais été le moteur. Et le fait que je n’ai jamais été fortuné en est la preuve. Je me rappelle que nous avions reçu une avance de 500 dollars chacun à la signature du contrat. Depuis, honnêtement, je ne me souviens pas d’avoir reçu d’autres paiements. Je leur ai téléphoné, leur ai écrit, j’ai appuyé sur tous les boutons, mais je n’ai jamais reçu de réponse notable.

Béatrice : Savez-vous si Fred a été rétribué de son côté ?

Vince : Je ne le lui ai jamais demandé, et je ne le sais donc pas. Freddie n’était pas très communicatif. Mais au fond de moi, je suis sûr qu’il a dû être payé en raison de l’immense succès d’Everybody’s Talking. Il y a tant de choses sombres dans le business de la musique. Tellement. L’artiste est la seule lumière que l’on voit. La liste des musiciens qui ont été abusés est longue et remonte aux débuts de l’industrie.

Nous jouions et écrivions la plupart du temps par passion et un besoin de créer de la musique. L’argent suivait, ou pas. Freddie, moi-même et beaucoup d’autres étions intéressés par les chansons. Les managers, producteurs et leurs suivants se sentaient concernés par l’argent. Oh, ils feignaient de s’intéresser à nous, et certains l’étaient sans doute vraiment. Mais nous n’avons jamais partagé la même vision des choses, et ne la partagerons jamais, Dieu merci ! Je n’ai jamais reçu aucune somme d’Elektra Records sur la vente de Tear down the Walls. Incroyable mais vrai, et j’ai manqué d’argent pour obtenir une aide légale. Le disque a presque toujours figuré au catalogue de la maison de disques. A-t-il gagné en popularité grâce au succès d’Everbody’s Talking ? Je ne sais pas. Il est devenu une entité fort connue dans le monde de la musique dans lequel nous avons évolué.

Freddie détestait enregistrer. C’était un homme très obstiné qui percevait des droits d’auteur sur Candyman (Roy Orbison) tout comme pour Everybody’s Talking. Il ne ressentait pas le besoin d’enregistrer ou de se produire en concert. Il préférait simplement écrire et jouer de la manière la moins publique possible. Ses disques suivants étaient source de bataille entre lui et les gens de l’industrie.
Freddie n’a jamais fait de démarches pour nous permettre d’enregistrer d’autres disques ensemble, pour des raisons que je n’ai jamais cherché à connaître. Et qu’est-ce que ça aurait donné de bon? Au milieu des années 60, j’étais trop éclectique pour Elektra Records en tant qu’artiste solo. Ils ne voulaient pas d’artistes qui allaient dans plusieurs directions musicales.

Béatrice : Recevez-vous aujourd’hui des revenus sur la vente des rééditions de l’album enregistré avec Fred et du vôtre de 1969 ?

Vince : Ha ha ha ! Et ha ! Peut-être un jour si je peux me payer un avocat.

Béatrice : Vous n’avez donc jamais été payé pour la réédition de l’album Jasmine ? Nous, amoureux de musique, nous achetons souvent ces rééditions en pensant que les musiciens en percevront des bénéfices. Et qu’en est-il de la réédition japonaise de vos deux albums sur un CD ? Ils vous ont payé?

Vince : J’ai reçu un budget pour produire l’album en 1973. Si je me souviens bien, c’était 30 000 dollars. De cette somme, j’ai reçu 8000 dollars étalés sur plusieurs mois d’enregistrement après en avoir dépensé 22 000 pour l’album. C’est ainsi que les choses fonctionnaient. Depuis, je n’ai rien reçu. Ni d’ailleurs pour les rééditions continues de l’album avec Fred Neil ou Jasmine.

En aucun cas je ne souhaiterais que les gens cessent d’acheter ces pièces de musique. Elles ont été écrites de ma vie pour d’autres vies. Que ces disques soient écoutés et appréciés est un salaire en soi. Ça me déprimerait de savoir que personne ne les écoute. L’argent est une chose, mais la musique est plus importante. Et quelle chance j’ai d’avoir autant d’amis à tant d’endroits différents. Mon verre est toujours à moitié plein, jamais à moitié vide.

Béatrice : Était-il convenu à cette époque que vous ne toucheriez rien sur les ventes du disque ?

Vince : Non. J’ai bien sûr signé un contrat qui me promettait un revenu sur les ventes du disque. Mais comme dans tous les contrats, les termes n’ont pas été respectés. Les maisons de disques ont des avocats sous contrat, les artistes n’en ont jamais.

Béatrice : Quel est votre sentiment face à ces pratiques ?

Vince : Ce que j’en pense ? J’ai été dépossédé de mon argent comme Dieu sait combien d’autres, des musiciens célèbres et des inconnus. Le business de la musique est sale. La musique n’est pas un business. La vente de la musique, c’est là où les voleurs prospèrent. L’artiste est occupé à créer et loue les services des gens du business pour le représenter auprès du public qui achète. C’est ici que le fossé se creuse entre l’art et le commerce et devient déloyal. J’étais trop occupé à écrire, jouer et survivre, comme l’étaient et le sont tellement d’autres. Si j’avais été davantage un homme d’affaires, ça ne me serait peut-être pas arrivé. Mais Joni Mitchell, John Sebastian, Jerry Jeff Walker et Ric Danko ont vécu la même chose, pour n’en nommer que quelques-uns que je connais personnellement. Les gestionnaires de maisons de disques ne sont pas tous des voleurs. Mais il y en a trop qui agissent ainsi.

Béatrice : Que pensez-vous du téléchargement illégal ?

Vince : Internet apporte un point très intéressant. Laissez-les apprendre et écouter ce qu’ils veulent. Si ça me rapporte de l’argent à moi et aux miens, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, c’est bon aussi. Au bout du chemin, la récompense sera là pour tout le monde. Le nouveau monde est un monde bon, tout comme le vieux monde avait ses bons et ses mauvais côtés. Nous apprendrons à vivre avec le nouveau. Et ceux qui ne le feront pas seront les plus malheureux. Je ne peux pas et ne veux pas tout contrôler. Les chansons sont comme des enfants. Je les ai créées, et elles sont au monde. Elles grandissent et rencontrent de nouveaux interprètes, de nouveaux auditeurs tous les jours. Elles survivront.

Le mot de la fin par Vince Martin

La musique est une demoiselle très exigeante et merveilleuse, comme le sont toutes les dames. C’est la raison pour laquelle, aux échecs, la reine peut se déplacer partout où elle veut, dans toutes les directions, tandis que le pauvre roi vacillant ne peut bouger qu’un carré à la fois.

Pour écouter l’intégralité des deux albums solo de Vince Martin, cliquez ici :
http://www.rock6070.com/VinceMartinindex.html

Béatrice
Pour Vapeur Mauve

Vapeur Mauve 5 est en ligne !

1 janvier 2009

Le cinquième numéro du magazine Vapeur Mauve est en ligne.

Vous pouvez le télécharger gratuitement à cette adresse :

http://www.rock6070.com/Vapeur.html

Au sommaire : Gong, Davey Graham, Todd Rundgren, Can, Mad River, les musiciens français méconnus, le Krautrock, Jack Bon, Mu, l’industrie du disque en 2008, les bootlegs incontournables et beaucoup d’autres sujets !

Bonne lecture et joyeuse année 2009 !

Béatrice

Fotheringay - L’improbable suite

17 octobre 2008

En 1969, l’exceptionnelle chanteuse anglaise Sandy Denny quittait Fairport Convention pour fonder son propre groupe, Fotheringay. Entourée de son futur mari Trevor Lucas, de Gerry Conway, Jerry Donahue et Pat Donaldson, elle grava un seul album sous ce nom avant de dissoudre finalement la formation pour se consacrer à sa carrière solo. Cet unique disque est considéré à fort juste titre comme l’un des témoignages les plus essentiels du génie qui éclairait la scène folk britannique de cette période. Il est aussi peut-être bien la plus belle réussite de Sandy.

Quatre décennies plus tard, nous apprenions que Jerry Donahue avait l’intention de rassembler quelques inédits du groupe enregistrés au début des années 70 afin de confectionner ce qui aurait pu être le deuxième album de Fotheringay si Sandy avait choisi de poursuivre la belle aventure. Nous pouvions alors trépigner d’impatience devant la suite annoncée à cette perle folk tant écoutée, mais aussi craindre que le musicien décide de dénaturer les maquettes originales en les habillant d’arrangements modernes racoleurs. Mais il n’en est rien. Jerry a plutôt choisi de restaurer ces vieux enregistrements en démontrant un respect remarquable envers leurs artisans. En résulte un disque magnifique, un complément essentiel à cet unique album que Fotheringay publia lors de son existence.

Seules deux chansons ne parviennent pas à s’harmoniser avec le reste du répertoire du groupe : les trop country-popisantes Knights Of The Road et I Don’t Believe You. Le reste de l’album se compose en partie de morceaux qui ont certes été repris par les musiciens du groupe pour leurs projets musicaux de l’après Fotheringay, mais ce disque nous offre d’en découvrir les premières moutures, vibrantes et princières.

Je vous propose de faire connaissance en musique avec Fotheringay 2, qui s’annonce déjà comme l’une des plus belles surprises folk de 2008.

À écouter :

Late November

Eppie Moray

Two Weeks Last Summer

Béatrice

Entrevue avec Jim McCarty des Yardbirds

18 septembre 2008

Ils étaient cinq garçons dans le vent, cinq jeunes anglais passionnés par le blues de ces vieux musiciens noirs de la lointaine Amérique qu’ils découvraient par la radio. Lorsqu’ils décidèrent de fonder leur groupe en ce mois de mai 1963, ils ignoraient alors qu’au fil des deux décennies suivantes, ils se partageraient l’honneur d’être à l’origine de quelques-unes des formations les plus extraordinaires de toute l’histoire du rock ! Jim McCarty, batteur des mythiques Yardbirds, qui fondera plus tard Renaissance, m’a accordé un entretien exclusif. Micro !

Béatrice : Enfant, quels sont les musiciens qui vous ont donné envie de faire de la musique ? Qu’est-ce qui vous a poussé vers la batterie ?

Jim McCarty : Lorsque j’étais enfant, j’aimais tous les styles de musique, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Je faisais partie de la Boys Brigade, une sorte d’organisation semi-militaire comme les Scouts. J’y ai appris à jouer du tambour de marche. C’est là que tout a commencé. Puis j’ai assisté à une répétition d’un groupe de rock dans une maison voisine, et j’étais totalement sous le charme !

Béatrice : On parle beaucoup de plagiat ces dernières années, mais il semble que c’était une pratique courante dans les années 60 et 70. Les Yardbirds ont eux-mêmes repris Dazed and Confused de Jake Holmes sans le créditer. Comment les musiciens percevaient-ils cette pratique à l’époque ? Avaient-ils le sentiment de voler un confrère ou trouvaient-ils simplement que ça faisait partie des règles du jeu ?

Jim : Je suppose que nous « volions » certaines chansons, ce qui n’était pas correct. Mais nous avons aussi joué des morceaux d’autres musiciens que nous créditions. Nous en changions tellement les arrangements qu’ils en devenaient différents des originaux. Nous les yardmerisions ! On a joué avec Billy Boy Arnold la semaine dernière. À l’époque, nous avions repris deux de ses chansons et lui avons fait gagner de l’argent (à condition bien sûr que les éditeurs l’aient payé !).

Béatrice : Selon vous, lequel des quatre guitaristes a le plus apporté aux Yardbirds ?

Jim : Je pense que Jeff Beck a vraiment mené les Yardbirds là où le groupe est devenu légendaire. C’est en grande partie à lui qu’on doit les arrangements que nous avions faits à cette époque.

Béatrice : Quel était votre sentiment quand les Yardbirds se sont séparés en 1968 ? Étiez-vous soulagé? Amer ?

Jim : J’étais très heureux de mettre fin au groupe. J’étais épuisé et j’en avais assez de tout ça. Peut-être que si nous avions fait une pause, nous aurions pu nous ressourcer, mais nous étions brûlés à force d’être toujours sur la route. C’était la seule façon de gagner de l’argent à l’époque. Quelques mois après notre rupture, quelqu’un est venu me voir avec des photos de Led Zeppelin jouant devant 50 000 personnes. C’était un sentiment étrange….

Béatrice : Avez-vous gardé de bons contacts avec Anthony, Eric, Jeff, Paul et Jimmy ?

Jim : Je suis principalement en contact avec Jeff, qui est resté un bon ami. Jimmy est venu nous voir quand nous sommes allés jouer à Reading en juin dernier. Et Top, je le vois de temps en temps. Eric, ça fait un moment que je ne l’ai pas vu.

Béatrice : Parlez-nous de Knowing that I’m losing you. Comment la chanson a-t-elle été créée ? Qui y a principalement collaboré ? Qu’avez-vous pensé quand vous avez entendu Tangerine pour la première fois et constaté que Jimmy Page ne créditait que lui pour ce morceau ?

Jim : Knowing that I’m losing You est l’une des cinq chansons que nous avons enregistrées avant la séparation du groupe, probablement en 1968. Je ne pensais pas grand chose de ce matériel jusqu’à ce que je l’entende récemment. Jimmy est certes beaucoup à l’origine de ce morceau, mais c’est Keith qui en a écrit les paroles. Et il me semble qu’elles ont été en partie reprises pour Tangerine. Jimmy n’écrivait pas de paroles, alors vous pouvez en tirer vos propres conclusions…

Béatrice : Quels musiciens écoutiez-vous à l’époque où vous avez fondé Renaissance ? Lesquels vous ont inspirés ?

Jim : Pour Renaissance, nos influences allaient de Simon and Garfunkel à Hair en passant par le jazz, et évidemment la musique classique que John Hawken a ajouté à l’équation.

Béatrice : Pourquoi n’avez-vous enregistré qu’un seul album avec Shoot ?

Jim : Je souhaitais en enregistrer un autre avec Shoot, mais le succès était si mince que la maison de disques n’a pas souhaité y donner suite.

Béatrice : Les années 60 et 70 ont été un terrain propice à l’expérimentation de toutes sortes de drogues. Puis vint la mort de Jimi Hendrix, de Janis Joplin, de Jim Morrison, l’intérêt du public pour d’autres musiques qui vous poussaient hors de la scène. Comment les musiciens ont-ils vécu cette difficile période de transition ?

Jim : Cette période était très autodestructive ! Un jour, j’ai eu une si mauvaise expérience en prenant de l’acide que j’ai rejeté tout ça pour de bon. Mais d’autres n’ont pas eu autant de chance…

Béatrice : Parlez-nous de Keith Relf. Comment a-t-il vécu l’après Yardbirds ? Dans quel état d’esprit vivait-il dans les années 70 ? On lit ici ou là qu’il était ruiné, déprimé. Rumeur ou réalité ?

Jim : Keith s’est vraiment perdu avant de mourir en 1976. Il était très fauché, se droguait et devait s’occuper de ses deux fils. Je ne pouvais plus travailler avec lui. Il était trop lourdement dépressif.

Béatrice : Quel est l’album dont vous êtes le plus fier (que ce soit avec un groupe ou en solo) ?

Jim : Je pense que Roger the Engineer a été l’album le plus amusant à enregistrer. Nous composions beaucoup dans le studio, avions l’occasion de rire. Nous avons enregistré les parties de batterie plutôt chouettement, alors j’étais satisfait du résultat. C’était aussi une belle expérience d’enregistrer Out of the Dark, mon album solo. Il y a tellement de personnes qui m’ont encouragé, et quand c’était terminé, j’étais heureux d’avoir mon propre CD.

Béatrice : Quels sont vos projets sur le plan artistique ?

Jim : Je suis en train de terminer un autre album solo que j’enregistre à Toronto, avec quelques excellents musiciens locaux. Un disque de meilleure qualité que Out of the Dark, mais bientôt, je vais devoir me heurter au problème de la distribution…

Béatrice : Arrive-t-il qu’on vous aborde en vous confondant avec le Jim McCarty de Cactus ? Si oui, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Jim : Je n’ai vécu qu’une situation où on m’a confondu avec l’autre Jim McCarty. Quelqu’un m’a envoyé un email pour me commander des enregistrements de rockabilly, et j’ai réalisé qu’il pensait s’adresser à l’autre Jim McCarty. Je suis aussi allé à un concert de Steely Dan dans les années 70, et Jeff Baxter a annoncé que la prochaine chanson était dédicacée à Jim McCarty, mais je ne sais pas s’il parlait de moi !

Béatrice : Quels sont les disques que vous aimez écouter en ce moment ?

Jim : J’écoute toujours tous les styles de musique, mais pas trop en ce moment. J’ai un CD de Ali Farka Toure que j’aime beaucoup. Il n’y a plus beaucoup de chanteur comme ça aujourd’hui !

Béatrice : Parlons de Renaissance… Quel rôle avez-vous réellement joué entre les albums Illusion et Prologue ? On sait qu’en 1970, les membres fondateurs se sont retirés un à un et que John Hawken a pris le destin du groupe en mains, réunissant de nouveaux membres, dont quelques-uns recrutés chez les Nashville Teens. On sait qu’Hawken ne s’est finalement pas reconnu dans la formation avec Binki Cullom et qu’il s’est retiré. Vous êtes alors revenu. Quel était alors votre rôle dans ce groupe ?

Jim : Au départ, Keith et moi avions décidé de cesser de jouer dans le groupe et de nous contenter de rester dans l’ombre, en écrivant ou en produisant. Puis Keith a vite disparu, et j’ai continué à travailler sur mes idées de chansons. Jane Relf m’a parlé d’une poétesse de Cornwall, Betty Thatcher, qui souhaitait écrire des chansons. Elle m’a proposé de m’envoyer les poèmes que je pourrais essayer de mettre en musique. Je pense que le meilleur exemple de cette collaboration est Bound for Infinity, qui n’était pas vraiment une réussite sur l’album de Renaissance. Ma version était meilleure, mais personne ne l’entendra jamais ! Par la suite, ils ont écrit leurs propres chansons avec Mickey Dunford, et comme je ne faisais plus partie du groupe, j’ai fini par perdre contact avec eux…

Béatrice
Pour Vapeur Mauve
(magazine gratuit à télécharger là :
http://www.rock6070.com/Vapeur.html

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Par quels albums commencer pour découvrir Jim McCarty en musique ?

Yardbirds
Roger the Engineer
1966
À écouter ici : http://www.rock6070.com/indexyards1.html

null

Renaissance
Same
1969
À écouter ici : http://www.rock6070.com/KeithJim1.html

Renaissance
Illusion
1971
À écouter ici : http://www.rock6070.com/KeithJim2.html

Shoot
On the Frontier
1973
À écouter ici : http://www.rock6070.com/McCarty1.html

Illusion
Out of the Mist
1977
À écouter ici : http://www.rock6070.com/KeithJim3.html

Stairway
Moonstone
1988
À écouter : http://www.rock6070.com/McCarty2.html

James McCarty
Out of the Dark
1994
À écouter ici : http://www.rock6070.com/McCarty3.html

Jim McCarty Blues Band
Outside woman blues
2001
À écouter ici : http://www.rock6070.com/McCarty4.html

Vous aimez la musique ? Fuyez les festivals !

28 juin 2008

 

(Attention ! Humour féroce ! Pas prendre au premier degré…)

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J’aime pas les gens. Enfin, j’aime les gens que j’aime. Les autres m’exaspèrent. Ils jacassent comme des pies, paradent comme des paons, sentent le bouc ou la poule de luxe. Le monde est un vaste zoo. 

Quand, attendant sagement devant la caisse d’un magasin, je subis les nuisances verbales d’une pygmée au téléphone, je donne raison à toutes ces théories sur la sélection naturelle. Si dieu existait, il trierait à la naissance. Tout potentiel emmerdeur périrait avant d’avoir 1 an. Mais dieu n’existe pas. Alors je souffre… 

Et mon calvaire me pèse encore plus en ces temps de festivités estivales où les concerts gratuits en plein air attirent immanquablement des troupeaux entiers de chieurs mal-éduqués. Vous êtes confortablement assis sur les estrades qui donnent vue sur la scène principale de la rue Sainte-Catherine. Arrivent 5 grognasses chanelées qui viennent s’asseoir juste derrière vous. Pas 3 rangées plus haut, à 50 cm de votre nuque ! Et elles pérorent, et elles bavassent… Agacé, vous vous retournez, l’index posé droit sur vos lèvres, et vous leur dites « chut » en leur balançant un regard assassin. Mais les pipelettes vous toisent, furieuses, et pipelettent de plus belle ! Devant vous, le spectacle n’est pas moins affligeant. Un mouflet qui hurle comme si toutes ses dents de lait lui poussaient en même temps, une minette qui glousse fort devant un mâle qui lui reluque allègrement l’échancrure… 

Ce soir, assistant à un spectacle aussi lamentable pendant le Festival de jazz de Montréal, j’ai fermé les yeux un instant pour m’évader dans un monde meilleur. Je me voyais, yeux hagards, cheveux au vent, tronçonneuse à la main. Je zigzaguais dans la foule et je décapitais à tout va ! Quel bonheur ! Mais il a fallu que je me résolve à rouvrir les paupières et à comprendre qu’il ne s’agissait que d’un doux rêve… Alors j’ai quitté les lieux du non-crime en me faisant cette promesse : demain, au réveil, je choisirai entre les deux options suivantes : devenir tueuse en série, ou ne plus jamais aller à un concert gratuit en plein air ! La réponse dans les faits divers des journaux. Ou pas…

Béa

Bert Jansch - Adam Jansch : Une entrevue exclusive

18 avril 2008

Si le folk était une autoroute à péage dans une vallée touristique, Bert Jansch serait une rutilante Jaguar qu’on admirerait ébahi quand elle nous dépasse fièrement à 200 kilomètres à l’heure. Mais ce style musical est plutôt un petit chemin de terre qui mène loin du brouhaha de la grande ville, sillonné par ceux qui préfèrent l’authenticité artistique aux lumières aveuglantes des gratte-ciel de la capitale. 

Bert Jansch est donc une énigme. S’il est encensé depuis toujours par ses pairs, son nom éveille trop peu l’intérêt du public. Malgré une carrière de plus de 40 ans et une discographie impressionnante, dont presque rien n’est à jeter, il semble voué à connaître le même destin que Nick Drake, qu’il a inspiré. Si le monde musical ne se réveille pas enfin dans les prochaines années, Bert ne goûtera probablement pas de son vivant à l’immense reconnaissance qu’il mérite. Un jour peut-être, après son départ, au détour d’une quelconque publicité qui utilisera l’une de ses chansons, ce sera la révélation. Trop tardive… 

Bert a un fils, Adam, musicien lui aussi. Principalement bassiste. Il a entamé son parcours artistique récemment. S’il n’est donc pas encore connu du public, le talent qu’il a hérité de son père devrait lui permettre de se faire un prénom dans un proche avenir. Bert et Adam m’ont accordé une entrevue exclusive. Micro ! 

Adam, que pensez-vous de la musique de Bert ? Vous a-t-elle inspiré ? 

Adam : J’aime énormément la musique de mon père, que je trouve pure et riche, venant de son cœur et de son expérience. Elle est exempte de corruption artistique, ce qui est très important pour moi. Je suis certainement influencé par lui, mais surtout par la façon dont il a mené sa vie. D’une certaine manière, lui et moi venons du même moule musical, alors je ne sais pas trop si on peut réellement parler d’influence. 

Et vous, Bert, que pensez-vous de la musique d’Adam ? 

Bert : Je pense qu’elle est excellente, très peu commune. Adam a sans conteste sa propre signature musicale. Je ne sais pas trop dans quel style on peut le classer, mais j’aime ce qu’il fait. 

Votre fils a joué de la basse sur deux de vos albums. Comment avez-vous vécu l’expérience d’enregistrer avec lui ? 

Bert : C’était extraordinaire, j’aurais souhaité qu’il y en ait eu d’autres! 

Et vous, Adam, quel souvenir en gardez-vous ? 

Adam : En fait, enregistrer avec mon père est comme enregistrer avec n’importe quel musicien. Cela dit, l’atmosphère est évidemment bien plus détendue, d’une part grâce à la relation que nous entretenons et, d’autre part, parce que nous enregistrons dans son propre studio, ce qui nous laisse amplement le temps de le faire convenablement. Je serai certainement prêt à renouveler l’expérience quand il en sera temps. 

Pensez-vous qu’être le fils d’un musicien vous a influencé à faire vous-même de la musique ? 

Adam : Certainement, mais c’est une influence inconsciente. Le fait de baigner dans la musique depuis ma naissance m’en a nourri même passivement. Bien sûr, j’ai pris des cours quand j’étais enfant. Mais lorsque j’ai arrêté d’apprendre, le côté musical en moi a continué sa route. Aujourd’hui, je serais incapable de vivre sans musique.  

Quand avez-vous commencé à composer vous-même ? 

Adam : Ma première expérience en la matière remonte à l’école primaire. Deux amis et moi-même voulions assembler de la musique pour un projet de jeu informatique que nous avions concocté, même si aucun de nous n’était capable de faire de la programmation sur ordinateur ! C’était d’ailleurs ma première approche de la musique assistée par l’informatique. J’utilisais le studio de mon père, qui était alors équipé d’un Atari. Je composais aussi un peu pour des travaux liés aux cours de musique à l’école, mais ce n’est réellement qu’en 1999, à l’entrée au collège, que j’ai commencé à créer sérieusement.  

Vous êtes bassiste. Pourquoi avez-vous choisi cet instrument ? 

Adam : Je n’ai pas choisi cette direction musicale par ambition, ou parce que j’avais toujours rêvé de devenir bassiste. J’ai simplement commencé à remarquer davantage les lignes de basse dans la musique alors que j’entrais à l’école secondaire et qu’il m’était permis de prendre des leçons sur l’instrument de mon choix. J’ai donc opté pour celui-ci. Je dois d’ailleurs remercier mon père car je n’aurais jamais eu de basse s’il n’en avait tenu à lui. Merci papa !   

Bert, Jimmy Page vous encense, Neil Young, Donovan et tant d’autres aussi. Même si plusieurs générations d’amateurs de folk vous portent aux nues, vous n’êtes pas aussi célèbre que nombre de musiciens que vous avez inspirés. Qu’en ressentez-vous ? Êtes-vous satisfait de votre parcours artistique, ou auriez-vous aimé être une grande star ? 

Bert : J’ai tendance à vivre dans mon propre monde, peuplé principalement d’autres musiciens folks, auxquels se joignent parfois quelques artistes qui viennent du blues ou du jazz. Je n’ai pas de temps pour le succès. 

La relève folk vous cite souvent comme l’une de ses plus grandes influences. C’est le cas de Devendra Banhart, Fionn Regan ou encore Espers. Que pensez-vous de ce qu’on a tendance à appeler le renouveau du folk ? 

Bert : Lorsqu’un musicien crée des chansons, a des idées, son point de départ est forcément ancré dans le monde musical de la génération précédente. Dans mon cas, c’était Brownie McGhee, Big Bill Broonzy. Et, bien sûr, Davy Graham. 

Vous étiez l’une des influences de Jackson C. Frank, et je crois savoir que vous étiez vous-même influencé par lui. L’avez-vous bien connu ?  

Bert : En fait, je ne crois pas que Jackson ait été influencé par moi. Mais c’est absolument vrai dans l’autre sens. Je l’ai connu pendant une courte période dans les années 60 lorsqu’il jouait au Cousins et dans d’autres clubs autour de Londres. 

Pentangle était un groupe fort célèbre dans les années 60. Par la suite, le folk a été malmené par l’arrivée d’autres courants musicaux comme le rock psychédélique ou progressif. Que pensez-vous de ce revirement soudain dans l’univers musical d’alors ? 

Bert : Le monde de la musique est constamment en changement. Les modes arrivent, repartent, reviennent… Pentangle s’est séparé dans les années 70, alors peut-être que le moment est vraiment venu pour que le groupe fasse son retour !  

Vous avez enregistré un grand nombre d’albums de 1965 jusqu’à aujourd’hui. Quel est celui que vous préférez, et quel est celui que vous aimez le moins ? 

Bert : En général, je n’aime aucun disque de moi en particulier. J’aime plutôt des chansons prises individuellement. S’il faut choisir parmi les albums, je pense que Jack Orion et Rosemary Lane seraient mes préférés. Et Nicola, celui que j’aime le moins. 

La plus grande partie de votre répertoire a été rééditée en CD, mis à part trois des quatre albums que vous aviez enregistrés pour le label Charisma. Pensez-vous que leur réédition serait prochainement possible ? 

Bert : Tous les disques de Charisma sont maintenant la propriété d’EMI. Je suppose qu’ils les ressortiront au bon moment.  

J’ai entendu dire que vous aviez dû racheter vous-même l’album L.A. Turnaround en vinyle sur eBay parce que vous n’en possédiez pas de copie. Est-ce vrai ? Si c’est le cas, comment a réagi le vendeur quand il a su que vous étiez l’acheteur ? 

Bert : Oui, c’est la vérité. La réaction du vendeur ? Il m’a demandé de lui envoyer un exemplaire de mon dernier album autographié en échange !  

Adam, que pensez-vous de la condition des musiciens d’aujourd’hui ? À votre avis, le téléchargement illégal les aide-t-il à se faire connaître davantage, ou leur nuit-il plutôt ?  

Adam : Je n’ai pas suffisamment d’expérience pour répondre adéquatement à la première question, mais je suppose qu’être un musicien aujourd’hui n’est en rien différent de ce que ça a toujours été depuis l’invention du phonographe. Pour moi, les vrais musiciens font ce métier par amour de la musique avant tout, et c’est une vie particulièrement difficile, surtout quand on crée soi-même les oeuvres qu’on défend. On doit être préparé à faire passer la musique devant tout le reste. L’évolution de la technologie ne changera jamais rien à cela. Quant au téléchargement illégal, je ne crois pas qu’il affecte les artistes sans contrat qui doivent de toute façon travailler très fort pour en arriver à un stade où les internautes veulent télécharger leurs chansons. Aussi, je pense que les artistes s’aideraient eux-mêmes en cherchant à comprendre comment fonctionne l’industrie de la musique en matière de respect des droits d’auteur, de promotion et de distribution, et nous pouvons en apprendre sur le sujet bien plus aujourd’hui qu’auparavant. S’ils comprenaient réellement comment tout cela marche, ils seraient davantage en mesure de véhiculer leur musique vers le bon public sans compromettre leurs droits sur leurs oeuvres.  

Bert, quel est le disque que vous écoutez le plus ces derniers temps ? 

Bert : L’album d’une chanteuse-compositrice américaine : Meg Baird. Elle fait partie du groupe Espers. 

Avez-vous l’intention de venir jouer en France, en Belgique ou au Canada dans les prochains mois, en solo ou avec Pentangle ? 

Bert : Je sais que Pentangle jouera au Royal Festival Hall à Londres au mois de juin, et qu’une tournée en Angleterre est prévue. Après cela… qui sait ? 

Et vous, Adam, quelle musique aimez-vous particulièrement écouter en ce moment ? 

Adam : Je ne suis pas intéressé par un style en particulier. J’aime surtout les musiques qui utilisent des structures, des instrumentations ou la technologie de manière innovatrice. Si je devais balancer des noms, je dirais Steely Dan, Talk Talk, XTC, David Bernabo, The Doldrums et Radiohead. 

Vous avez étudié dans une branche liée à la musique, et vous étudiez encore. Souhaitez-vous devenir un musicien à plein temps ou vous orientez-vous plutôt vers un métier en relation avec vos études ? 

Adam : Mon avenir à long terme n’est aucunement planifié, mais j’espère bien continuer à faire de la musique tout au long de ma vie !

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Par quels albums commencer pour découvrir la musique de Bert Jansch ?

Bert Jansch (1965)

À écouter :

Running from Home

Needle of Death

 

Birthday Blues (1968)

À écouter :

The Bright New Year

Come Sing Me A Happy Song To Prove We Can All Get Along The Lumpy Bumpy Long And Dusty Road

 

L.A. Turnaround (1974 - non réédité en CD pour le moment)

À écouter :

Fresh as a Sweet Sunday Morning

One for Jo

 

The Black Swan (2003)

À écouter :

High Days

 

Pour découvrir la musique d’Adam Jansch : 

http://www.adamjansch.co.uk/

http://www.myspace.com/adamjansch

À écouter :

The Lost Zoyd - The End of my World (2007)
(plus d’informations :

http://www.adamjansch.co.uk/music_library.php?albums=death_rebirth

Trees (2003)

Dreaming of a Revolution (2002)

Béatrice André