Archive pour novembre 2007

The Savage Resurrection - Le retour ?

Samedi 24 novembre 2007

Ils n’ont enregistré qu’un seul album en 1968. Une bombe de heavy psyché qui n’a connu qu’un succès relatif en cette époque si florissante sur le plan musical qu’inévitablement, aussi géniaux qu’ils aient pu être, moult groupes sont passés entre les mailles d’une reconnaissance immédiate.

Fort heureusement, grâce à Internet et aux nombreux blogspots tenus par des dingues de musique, The Savage Resurrection goûte aujourd’hui à une notoriété tardive. Leur album étant proposé en téléchargement libre un peu partout sur la toile, nombre de passionnés de rock des années 60 le découvrent maintenant. Il est ainsi passé du statut de galette poussiéreuse oubliée à celui de disque culte qu’on s’arrache sur eBay à des prix astronomiques.

Les membres de Savage Resurrection ont eu la gentillesse de m’accorder une entrevue exclusive. Que voici :

Béa : Comment était le monde musical de la fin des années 60 ?

Randy : Le monde de la musique avait explosé, et vibrait d’une façon incroyable. Il y avait littéralement des groupes partout. Il est très dur d’imaginer ce que c’était, sans y avoir participé à l’époque. C’était aussi tellement innocent, avec l’idéalisme de la jeunesse. Écoutez la musique, elle parle toute seule. Malheureusement, comme la musique et la scène musicale se mélangeaient à toutes les drogues, à la fin des années 60, cette innocence avait quasiment disparu.

Jeff : C’était une époque spéciale. Je faisais de la musique par amour pour cet art, et je me foutais de l’argent. J’avais la chance d’être musicien, et de pouvoir en faire mon métier pendant 25 ans. Mais il faut de l’argent pour survivre, comme vous le savez. Il y avait une camaraderie entre musiciens, qui existe toujours. Certaines personnes sont jalouses du succès des autres. Les choses étaient moins tendues à cette époque, moins crispées, et bien sûr, il y avait les drogues et tout ça.

Les musiciens étaient-ils amis ou rivaux ?

Randy : Les deux à la fois. Même dans notre groupe, Jon et moi étions proches comme des frères, et constamment en compétition avec les autres, comme des rivaux. Cette tension, de toute façon, contribuait directement à la dynamique de notre son (duquel vous entendez seulement une partie édulcorée, sur l’album). Au sujet de la scène musicale de Richmond, je me souviens de rivalités explosives avec les autres groupes locaux, mais aussi d’une fascination mutuelle, du respect et de l’amitié. Il est toutefois important de noter qu’à Richmond, nous étions tous des gamins, presque des ados, plein d’hormones, de drogues et de rock and roll.

Aujourd’hui, on idéalise les années 60, le mouvement peace and love, les drogues. Était-ce vraiment chouette d’être musicien à l’époque ?

Jeff : Oui, c’était une grande époque pour les musiciens, probablement parce que nous étions tellement respectés alors. Il y avait des tonnes de concerts gratuits, c’est comme ça que le Dead et beaucoup d’autres groupes se sont fait connaître. Des milliers de gens allaient à tous ces shows, ils payaient parfois 3 à 6 $ pour voir trois grands concerts au Fillmore ou à l’Avalon Ballroom. Les groupes avaient la possibilité de rassembler les gens pour des causes politiques. Faire cesser la guerre du Vietnam, conscientiser sur les problèmes écologiques par exemple. Et quand vous étiez musiciens, vous aviez plus facilement accès aux drogues. Et au sexe, seulement si vous le vouliez, bien sûr.

Randy : Nous étions en présence d’une musique nouvelle, d’idées nouvelles, c’était une vraie renaissance, tant humaine que musicale, et il est dur d’imaginer que cela puisse se reproduire un jour. D’un autre coté, je trouvais que c’était vraiment trop, et je me suis trouvé carbonisé par l’intensité, relativement rapidement.

Comment le groupe s’est-il formé ? Vous connaissiez-vous depuis votre enfance ou vous êtes-vous rencontrés plus tard ?

Savage Resurrection : Nous vivions tous dans la Baie de L’Est, près du pont de San Francisco. En 1964, alors qu’il avait 13 ans, Randy Hammon faisait partie des Clouds, le premier groupe d’El Sobrante. Par la suite, il a rejoint The Boys, band dans lequel John Palmer jouait lui aussi.

The Boys reprenaient le répertoire des meilleurs groupes anglais : les Kinks, les Animals, les Stones et les Troggs, mais également celui de formations américaines comme les Turtles et Beau Brummels. Ils ont participé à la Battle of The Bands, au Cow Palace de San Francisco.

Bill Harper, Steve Lage et Jeff Myer étaient membres des Ravens. Ils venaient aussi de la Baie de l’Est. Ils ont choisi de s’appeler Whatever’s Right vers 1965. Le groupe reprenait entre autres des chansons des Stones, des Byrds et beaucoup de surf music.

Vers la fin de 1966, Randy et deux autres membres sont allés rejoindre Whatever’s Right. Tous se fondirent dans Button Willow. John Palmer s’est ajouté à eux. Leur répertoire comprenait des originaux, composés par Bill, John et Randy. En 1967, le groupe s’est finalement appelé Savage Resurrection et se composait de Bill, Randy, John, Steve et Jeff.

Comment avez-vous enregistré votre unique album ?

Randy : Thing in E a été enregistré sous forme de démo, avec Jammin, à Sunset Studios sur Sunset Boulevard, pendant l’été 1967. La version de Thing In E a été utilisée pour l’album, Jammin a été réenregistrée, avec les autres morceaux, à Amigo Studios, Hollywood Nord, en une semaine de précipitation.

Jeff : Oui, c’était Amigo (Sound). On nous avait seulement accordé une semaine d’enregistrement. Le producteur était Abe « Voco » Kesh, DJ sur KSAN, une radio très populaire de San Francisco. KSAN était une des premières stations de radio à passer autre chose que les hits du Top 40. Ils passaient des extraits d’albums que ne diffusaient pas les autres radios, des chansons de 6, 8 ou 10 minutes. Les radios Top 40 passaient seulement des chansons de 3 ou 4 minutes. Le visage de la radio avait changé, pour un temps. De toute façon, on semble revenu à l’ère du top 40.

Pourquoi n’avez-vous enregistré qu’un seul album ?

Le groupe s’est séparé. Dans le style classique d’un groupe punk, le groupe s’est séparé quand le succès était en vue.

Pensez vous que vous auriez pu faire l’album sans drogue (si vous en preniez) ?

Jeff : Je suis certain que les drogues influençaient la musique de beaucoup de gens. Mais de toute façon, il y avait du talent et de la créativité, avec ou sans drogues. Les drogues étaient une partie de la culture et de la rébellion pour les jeunes de l’époque. Elles ont pu avoir une influence sur beaucoup de bonne musique, celle de Jimi Hendrix par exemple. Mais elles sont aussi responsables de la chute de pas mal d’excellents artistes, comme Janis Joplin.

Bill : Pas de drogues.

Randy : Je ne prenais rien en faisant l’album, je pense que ça gène mon jeu, et que j’aurais mieux sonné si j’avais attendu pour partir, après l’enregistrement. Mais bon, vivez et apprenez.

Avez-vous du matériel inédit enregistré dans les années 60? Si oui, pourrons-nous l’entendre un jour ?

Jeff : Si Savage Resurrection a du matériel inédit, ce sont des répétitions, et j’ignore où elles sont.

Bill : Peut être.

Randy : On n’en connaît aucune, mais nous avons certainement dû être enregistrés en concert. Il est possible qu’il y ait quelque chose quelque part. Nous avons aussi fait quelques enregistrements en parallèle, pendant les sessions de l’album, que je trouvais incroyables. Malheureusement, je n’ai aucune idée de ce qui leur est arrivé. Nous soupçonnons Voco de les avoir gardés, donc peut être qu’un de ses enfants les possède. Je suppose que la raison principale qui les a empêché de sortir est que nous avons fait deux bœufs incroyables avec un guitariste très connu, et que Jon et moi l’avons ridiculisé. Je pense qu’ils sont restés inédits pour ne pas embarrasser ce mec, dans la mesure où Vocco ou Mercury étaient en relation avec lui.

Savez-vous que votre album est devenu culte pour beaucoup de gamins, qui ont découvert votre musique à travers Internet ? Que pensez vous du téléchargement illégal ?

Randy : J’ai découvert ça il y a 8 ans, par accident, alors que je m’ennuyais au bureau. J’ai tapé mon nom, puis Savage Resurrection sur Google. Putain de merde ! Je pensais que notre musique était morte et enterrée sous trente ans de sable. Quel choc ça a été. J’ai immédiatement pris contact avec les potes du groupe, et j’ai découvert que tout le monde était dans le coin, en bon état.

J’aime ça ! C’est un bon antidote au poison de la cupidité de l’industrie musicale, qui vend et laisse la musique et l’art sans vie, encule les musiciens, sans les rémunérer correctement. Juste retour des choses. Et j’aime le fait qu’ils se focalisent sur la musique, et l’écoutent.

Par contre, j’ai un vrai problème avec les pirates, qui font de l’argent en volant la musique des autres pour la revendre. Pour moi c’est vraiment du vol, et je trouve ça encore plus cynique que l’industrie du disque, dans la mesure où ces gens sont conscients de ce qu’ils font, mais se foutent pas mal d’arnaquer les musiciens.

Savez vous que nombre de mélomanes cherchent à se procurer votre vinyle original, qui se vend à des prix démentiels ?

Jeff : Je suis au courant de ça, c’est pour cette raison qu’on a sorti le CD sur Mod Lang, parce qu’il y avait une demande.

Bill : Bien.

Randy : Longue vie au vinyle. Et longue vie aux DJ’s qui l’ont conservé vivant. Les CD sont morts (vraiment) mais les vinyles survivent. Qui l’aurait prédit ?

Vous pourrez lire l’entrevue complète dans le deuxième numéro de Vapeur Mauve, disponible bientôt ici :

http://rock6070.com/Vapeur.html

Pour découvrir The Savage Resurrection en musique, je vous propose l’écoute de quelques chansons :

Fox is sick

Jammin

Changing

Tahitian Melody

Thing in E

Leur page MySpace :

http://www.myspace.com/thesavageresurrection

Béa

Fred Vidalenc : l’entrevue sincérité

Vendredi 16 novembre 2007

Ex-bassiste de Noir Désir, Fred Vidalenc fait cavalier seul depuis 1996. J’écrivais ceci à son sujet dans une précédente entrée :

En théorie, le fait que Fred ait été le bassiste de Noir Désir aurait dû lui assurer de rencontrer une oreille publique attentive. Mais la direction qu’il a choisi de prendre pour enregistrer ses deux albums en solo le mène loin du manège médiatique. Sur le sentier à la fois paisible et tortueux des souvenirs de son enfance, ou au large, en mer, là où il est bien. Frédéric se fait habile conteur et nous chante d’une voix douce, à la singularité attachante, ses petites terreurs d’hier dans lesquelles on redessine les nôtres. Trop somptueux pour la radio, divine offrande pour le fin mélomane.

Fred Vidalenc a eu la gentillesse de m’accorder un peu de son temps pour me parler de sa musique, de celle des artistes qui l’ont inspiré, de son opinion sur le téléchargement illégal. Entrevue sincérité avec l’un des musiciens les plus attachants de la scène française actuelle.

Quand est né véritablement ton désir d’enregistrer en solo ? Était-ce alors que tu faisais encore partie de Noir Désir ?

Fred : Non, je ne faisais plus partie de Noir Désir quand j’ai commencé à écrire en solo. Noir Désir est un vrai groupe, avec une grande implication de chacun des musiciens. C’est un groupe fatiguant, avec lequel il y avait pas mal d’engueulades, de désaccords, mais aussi beaucoup de complicité, de fraternité, de complémentarité. Je n’avais pas envie alors d’écrire des choses pour moi-même parce que j’étais pleinement heureux au sein de cette grande famille.

Écrire des chansons pour moi m’est venu peut-être un an après mon départ de Noir Désir, quand j’ai commencé à m’emmerder un peu. Au début, je trouvais ça assez chouette de faire autre chose que de la musique. Mais peu à peu, je me suis assis de nouveau à une table, pour jouer de la guitare et installer des ambiances. Puis j’ai écrit des textes sur ses ambiances, d’abord en me faisant aider par une amie dont j’apprécie beaucoup l’écriture. Et puis j’ai fini par lui faucher le stylo pour tout écrire moi-même.

Tes deux albums sont résolument plus orientés vers le folk que vers le rock. Tu collaborais à la composition des morceaux de Noir Désir. Qu’y apportais-tu précisément ?

Oui, effectivement, les deux albums sont plus folks. C’est quelque chose qui me convient mieux, que je fais assez naturellement. J’aime bien cette expression, elle rejoint ce que j’ai toujours écouté dans mon coin. Ça correspond bien au langage et au type de voix que j’ai. Je suis très sensible aux mélodies simples du folk, aux guitares sèches.

Dans Noir Désir, c’était complètement différent. Je n’ai plus eu véritablement envie de faire du rock tout seul parce que je crois que le rock, c’est un truc de groupe. Je me suis toujours senti extrêmement à l’aise en groupe pour faire et écrire du rock. Ce que j’apportais à Noir Désir ? Peut-être justement des morceaux un peu plus mid tempo comme Septembre en attendant, par exemple. Mais vraiment, c’était plutôt mélangé. À l’intérieur de Noir Dez, j’avais une inspiration tout à fait rock. Et d’ailleurs, je pense que si je devais rejouer en groupe, j’aimerais probablement faire du rock.

Travailles-tu sur un troisième album ? Quels sont tes projets sur le plan musical ?

Oui, je travaille sur un troisième album. C’est un vrai bazar, parce qu’il faut à chaque fois repartir complètement dans le vide, se dire qu’une fois qu’on aura fini, on n’est pas sûr d’avoir un contrat avec une maison de disques. Même si ce n’est pas censé jouer un rôle sur le plan de la composition d’un album, malgré tout, ça travaille un peu au fil du temps. Cette impression de monter tout le temps la même colline, de se réveiller et de se retrouver en bas. Je n’ai pas encore d’orientation bien précise pour ce nouvel album. Je commence à écrire des chansons, et je vais voir ensuite vers où elles veulent partir. Je ne pense pas que ce disque sera radicalement différent. Mais j’ai toujours envie de tenter de nouvelles aventures.

Tu veux bien me parler de tes premières amours musicales ?

Mes premières amours musicales remontent à ce que j’écoutais enfant. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille qui écoutait plutôt de la musique de qualité. Je veux dire qu’on n’écoutait pas Sheila et Ringo, ou des trucs comme ça. Pas de la variété mauvaise. Ma mère écoutait beaucoup ce qu’on appelait les grands chanteurs français. Brel, Piaf, Barbara, Ferré… Mon premier amour musical était sans doute Piaf, dont le côté mélodramatique me tordait le cœur.

Quels sont les musiciens qui t’ont donné envie de jouer de la musique à ton tour ?

Des copains, qui avaient ramené une guitare à l’école, et qui jouaient des chansons de Brassens ou Lennon. C’est ça qui m’a donné envie de faire de la musique. Pouvoir participer à ce truc-là, prendre ce bout de bois pour faire de la musique avec les autres.

Te souviens-tu de ta première rencontre avec la musique ? Ton premier choc ? Peux-tu me le raconter ?

Des grands chocs, il y en a eu plusieurs ! Les Clash en concert, le Gun Club, que j’adorais. D’ailleurs, j’écoute de la musique pour ça, je vais à des concerts pour prendre des tartes. Mais ça n’arrive pas tous les jours, seulement quelques fois dans une vie.

Peux-tu me citer les musiciens des années 60 et 70 que tu admires le plus, que tu écoutes encore aujourd’hui ?

J’adore Leonard Cohen, c’est l’une de mes influences de base. Et Neil Young, évidemment, les Moody Blues, Janis Joplin. La voix de l’ange… Et Hendrix, bien sûr. Curieusement, pas tellement les Doors. C’est assez drôle, parce qu’on a souvent fait un rapprochement entre les Doors et Noir Désir. Mais moi, ils m’ont toujours un peu emmerdé…

Et parmi les musiciens actuels, lesquels t’intéressent particulièrement ?

C’est marrant, parce que j’ai peu l’habitude de dissocier les musiciens d’hier et ceux d’aujourd’hui. Je mélange un peu tout, quoi ! J’aime bien Herman Düne. Il y a quelque chose d’élégant là-dedans. Dans un autre registre, j’aime Jan Garbarek, presque froid, terriblement technique, avec des énormes arrangements. Ce que j’écoute sinon : le dernier album de The Coral, c’est bien foutu, c’est le savoir-faire anglais pour monter une mélodie imparable. Isobel Campbell et Mark Lannegan aussi, pour l’ambiance que j’aime beaucoup.

Chez les Français, le dernier Benjamin Biolay me semble bien. Et je viens d’écouter le nouvel album d’Alexandre Varlet. Vachement bien aussi. Et il y a Philippe Katerine, qui a fait un truc génial, entre l’extrêmement fin et le complètement secoué. Il faut un sacré talent pour faire ça.

J’ai moi-même découvert ta musique en solo parce qu’elle circulait illégalement sur Internet. J’ai tant aimé que j’ai fini par acheter tes deux albums. Que penses-tu du piratage ? Es-tu totalement contre ou es-tu plutôt heureux que le téléchargement illégal puisse te faire connaître plus largement ?

Je suis entièrement pour le téléchargement le plus débridé possible. Dans mon cas, c’est une formidable opportunité. En solo, je dois vendre peut-être 4000 albums. Donc l’ouverture qui se crée grâce à Internet est extraordinaire. Alors n’hésitez surtout pas !

Par contre, il y a un truc qui pourrait être rigolo. On se pose souvent la question : « Combien de fois on a été téléchargé ? Combien de gens nous ont écouté ainsi ? » Avant, quand ça ne circulait que par disques, on le savait, ça nous donnait un renseignement précieux pour notre propre satisfaction. Alors je ne sais pas, il y aurait peut-être un truc à faire de ce côté-là. Par exemple, quand un mec télécharge notre album, il pourrait nous envoyer un mot pour nous souhaiter notre anniversaire, nous dire « Tiens, je t’ai téléchargé. » Ça pourrait être une sorte de code. Comme ça on saurait qu’on a été téléchargé tant de fois, ça fait toujours plaisir…

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Pour en savoir plus sur Fred, rendez-vous sur son site à cette adresse : http://www.fred-vidalenc.com

À écouter : de l’album La latitude des chevaux (2001)

Les petites terreurs

La photo d’Espagne

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De l’album Quelque chose dans l’ordre (2005)

Les chevaux de Mangin

Liza les ombres