Archive pour avril 2008

Bert Jansch - Adam Jansch : Une entrevue exclusive

Vendredi 18 avril 2008

Si le folk était une autoroute à péage dans une vallée touristique, Bert Jansch serait une rutilante Jaguar qu’on admirerait ébahi quand elle nous dépasse fièrement à 200 kilomètres à l’heure. Mais ce style musical est plutôt un petit chemin de terre qui mène loin du brouhaha de la grande ville, sillonné par ceux qui préfèrent l’authenticité artistique aux lumières aveuglantes des gratte-ciel de la capitale. 

Bert Jansch est donc une énigme. S’il est encensé depuis toujours par ses pairs, son nom éveille trop peu l’intérêt du public. Malgré une carrière de plus de 40 ans et une discographie impressionnante, dont presque rien n’est à jeter, il semble voué à connaître le même destin que Nick Drake, qu’il a inspiré. Si le monde musical ne se réveille pas enfin dans les prochaines années, Bert ne goûtera probablement pas de son vivant à l’immense reconnaissance qu’il mérite. Un jour peut-être, après son départ, au détour d’une quelconque publicité qui utilisera l’une de ses chansons, ce sera la révélation. Trop tardive… 

Bert a un fils, Adam, musicien lui aussi. Principalement bassiste. Il a entamé son parcours artistique récemment. S’il n’est donc pas encore connu du public, le talent qu’il a hérité de son père devrait lui permettre de se faire un prénom dans un proche avenir. Bert et Adam m’ont accordé une entrevue exclusive. Micro ! 

Adam, que pensez-vous de la musique de Bert ? Vous a-t-elle inspiré ? 

Adam : J’aime énormément la musique de mon père, que je trouve pure et riche, venant de son cœur et de son expérience. Elle est exempte de corruption artistique, ce qui est très important pour moi. Je suis certainement influencé par lui, mais surtout par la façon dont il a mené sa vie. D’une certaine manière, lui et moi venons du même moule musical, alors je ne sais pas trop si on peut réellement parler d’influence. 

Et vous, Bert, que pensez-vous de la musique d’Adam ? 

Bert : Je pense qu’elle est excellente, très peu commune. Adam a sans conteste sa propre signature musicale. Je ne sais pas trop dans quel style on peut le classer, mais j’aime ce qu’il fait. 

Votre fils a joué de la basse sur deux de vos albums. Comment avez-vous vécu l’expérience d’enregistrer avec lui ? 

Bert : C’était extraordinaire, j’aurais souhaité qu’il y en ait eu d’autres! 

Et vous, Adam, quel souvenir en gardez-vous ? 

Adam : En fait, enregistrer avec mon père est comme enregistrer avec n’importe quel musicien. Cela dit, l’atmosphère est évidemment bien plus détendue, d’une part grâce à la relation que nous entretenons et, d’autre part, parce que nous enregistrons dans son propre studio, ce qui nous laisse amplement le temps de le faire convenablement. Je serai certainement prêt à renouveler l’expérience quand il en sera temps. 

Pensez-vous qu’être le fils d’un musicien vous a influencé à faire vous-même de la musique ? 

Adam : Certainement, mais c’est une influence inconsciente. Le fait de baigner dans la musique depuis ma naissance m’en a nourri même passivement. Bien sûr, j’ai pris des cours quand j’étais enfant. Mais lorsque j’ai arrêté d’apprendre, le côté musical en moi a continué sa route. Aujourd’hui, je serais incapable de vivre sans musique.  

Quand avez-vous commencé à composer vous-même ? 

Adam : Ma première expérience en la matière remonte à l’école primaire. Deux amis et moi-même voulions assembler de la musique pour un projet de jeu informatique que nous avions concocté, même si aucun de nous n’était capable de faire de la programmation sur ordinateur ! C’était d’ailleurs ma première approche de la musique assistée par l’informatique. J’utilisais le studio de mon père, qui était alors équipé d’un Atari. Je composais aussi un peu pour des travaux liés aux cours de musique à l’école, mais ce n’est réellement qu’en 1999, à l’entrée au collège, que j’ai commencé à créer sérieusement.  

Vous êtes bassiste. Pourquoi avez-vous choisi cet instrument ? 

Adam : Je n’ai pas choisi cette direction musicale par ambition, ou parce que j’avais toujours rêvé de devenir bassiste. J’ai simplement commencé à remarquer davantage les lignes de basse dans la musique alors que j’entrais à l’école secondaire et qu’il m’était permis de prendre des leçons sur l’instrument de mon choix. J’ai donc opté pour celui-ci. Je dois d’ailleurs remercier mon père car je n’aurais jamais eu de basse s’il n’en avait tenu à lui. Merci papa !   

Bert, Jimmy Page vous encense, Neil Young, Donovan et tant d’autres aussi. Même si plusieurs générations d’amateurs de folk vous portent aux nues, vous n’êtes pas aussi célèbre que nombre de musiciens que vous avez inspirés. Qu’en ressentez-vous ? Êtes-vous satisfait de votre parcours artistique, ou auriez-vous aimé être une grande star ? 

Bert : J’ai tendance à vivre dans mon propre monde, peuplé principalement d’autres musiciens folks, auxquels se joignent parfois quelques artistes qui viennent du blues ou du jazz. Je n’ai pas de temps pour le succès. 

La relève folk vous cite souvent comme l’une de ses plus grandes influences. C’est le cas de Devendra Banhart, Fionn Regan ou encore Espers. Que pensez-vous de ce qu’on a tendance à appeler le renouveau du folk ? 

Bert : Lorsqu’un musicien crée des chansons, a des idées, son point de départ est forcément ancré dans le monde musical de la génération précédente. Dans mon cas, c’était Brownie McGhee, Big Bill Broonzy. Et, bien sûr, Davy Graham. 

Vous étiez l’une des influences de Jackson C. Frank, et je crois savoir que vous étiez vous-même influencé par lui. L’avez-vous bien connu ?  

Bert : En fait, je ne crois pas que Jackson ait été influencé par moi. Mais c’est absolument vrai dans l’autre sens. Je l’ai connu pendant une courte période dans les années 60 lorsqu’il jouait au Cousins et dans d’autres clubs autour de Londres. 

Pentangle était un groupe fort célèbre dans les années 60. Par la suite, le folk a été malmené par l’arrivée d’autres courants musicaux comme le rock psychédélique ou progressif. Que pensez-vous de ce revirement soudain dans l’univers musical d’alors ? 

Bert : Le monde de la musique est constamment en changement. Les modes arrivent, repartent, reviennent… Pentangle s’est séparé dans les années 70, alors peut-être que le moment est vraiment venu pour que le groupe fasse son retour !  

Vous avez enregistré un grand nombre d’albums de 1965 jusqu’à aujourd’hui. Quel est celui que vous préférez, et quel est celui que vous aimez le moins ? 

Bert : En général, je n’aime aucun disque de moi en particulier. J’aime plutôt des chansons prises individuellement. S’il faut choisir parmi les albums, je pense que Jack Orion et Rosemary Lane seraient mes préférés. Et Nicola, celui que j’aime le moins. 

La plus grande partie de votre répertoire a été rééditée en CD, mis à part trois des quatre albums que vous aviez enregistrés pour le label Charisma. Pensez-vous que leur réédition serait prochainement possible ? 

Bert : Tous les disques de Charisma sont maintenant la propriété d’EMI. Je suppose qu’ils les ressortiront au bon moment.  

J’ai entendu dire que vous aviez dû racheter vous-même l’album L.A. Turnaround en vinyle sur eBay parce que vous n’en possédiez pas de copie. Est-ce vrai ? Si c’est le cas, comment a réagi le vendeur quand il a su que vous étiez l’acheteur ? 

Bert : Oui, c’est la vérité. La réaction du vendeur ? Il m’a demandé de lui envoyer un exemplaire de mon dernier album autographié en échange !  

Adam, que pensez-vous de la condition des musiciens d’aujourd’hui ? À votre avis, le téléchargement illégal les aide-t-il à se faire connaître davantage, ou leur nuit-il plutôt ?  

Adam : Je n’ai pas suffisamment d’expérience pour répondre adéquatement à la première question, mais je suppose qu’être un musicien aujourd’hui n’est en rien différent de ce que ça a toujours été depuis l’invention du phonographe. Pour moi, les vrais musiciens font ce métier par amour de la musique avant tout, et c’est une vie particulièrement difficile, surtout quand on crée soi-même les oeuvres qu’on défend. On doit être préparé à faire passer la musique devant tout le reste. L’évolution de la technologie ne changera jamais rien à cela. Quant au téléchargement illégal, je ne crois pas qu’il affecte les artistes sans contrat qui doivent de toute façon travailler très fort pour en arriver à un stade où les internautes veulent télécharger leurs chansons. Aussi, je pense que les artistes s’aideraient eux-mêmes en cherchant à comprendre comment fonctionne l’industrie de la musique en matière de respect des droits d’auteur, de promotion et de distribution, et nous pouvons en apprendre sur le sujet bien plus aujourd’hui qu’auparavant. S’ils comprenaient réellement comment tout cela marche, ils seraient davantage en mesure de véhiculer leur musique vers le bon public sans compromettre leurs droits sur leurs oeuvres.  

Bert, quel est le disque que vous écoutez le plus ces derniers temps ? 

Bert : L’album d’une chanteuse-compositrice américaine : Meg Baird. Elle fait partie du groupe Espers. 

Avez-vous l’intention de venir jouer en France, en Belgique ou au Canada dans les prochains mois, en solo ou avec Pentangle ? 

Bert : Je sais que Pentangle jouera au Royal Festival Hall à Londres au mois de juin, et qu’une tournée en Angleterre est prévue. Après cela… qui sait ? 

Et vous, Adam, quelle musique aimez-vous particulièrement écouter en ce moment ? 

Adam : Je ne suis pas intéressé par un style en particulier. J’aime surtout les musiques qui utilisent des structures, des instrumentations ou la technologie de manière innovatrice. Si je devais balancer des noms, je dirais Steely Dan, Talk Talk, XTC, David Bernabo, The Doldrums et Radiohead. 

Vous avez étudié dans une branche liée à la musique, et vous étudiez encore. Souhaitez-vous devenir un musicien à plein temps ou vous orientez-vous plutôt vers un métier en relation avec vos études ? 

Adam : Mon avenir à long terme n’est aucunement planifié, mais j’espère bien continuer à faire de la musique tout au long de ma vie !

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Par quels albums commencer pour découvrir la musique de Bert Jansch ?

Bert Jansch (1965)

À écouter :

Running from Home

Needle of Death

 

Birthday Blues (1968)

À écouter :

The Bright New Year

Come Sing Me A Happy Song To Prove We Can All Get Along The Lumpy Bumpy Long And Dusty Road

 

L.A. Turnaround (1974 - non réédité en CD pour le moment)

À écouter :

Fresh as a Sweet Sunday Morning

One for Jo

 

The Black Swan (2003)

À écouter :

High Days

 

Pour découvrir la musique d’Adam Jansch : 

http://www.adamjansch.co.uk/

http://www.myspace.com/adamjansch

À écouter :

The Lost Zoyd - The End of my World (2007)
(plus d’informations :

http://www.adamjansch.co.uk/music_library.php?albums=death_rebirth

Trees (2003)

Dreaming of a Revolution (2002)

Béatrice André 

Musiciens, votre avenir dépend de vous !

Samedi 5 avril 2008

Il y a une dizaine d’années, un jeune Américain créait Napster, ignorant sans doute alors qu’il venait de poser les fondations d’une possible révolution sociale et culturelle. Qui n’a finalement jamais eu lieu… Une décennie plus tard, la musique est toujours une simple marchandise qu’on achète aujourd’hui à la tranche. Comme le jambon.

Napster n’avait en fait rien de vraiment révolutionnaire. Le logiciel ne faisait que moderniser l’échange de musique entre copains qui se pratique depuis la nuit des temps. Dans les années 70, un gamin allait acheter un vinyle qu’il copiait sur des cassettes pour les distribuer à ses amis. Parmi eux, il se trouvait quelques fétichistes qui découvraient ainsi un album, et couraient dès le lendemain chez leur disquaire pour acheter la galette. Et il y avait ces autres qui ne s’intéressaient pas suffisamment à ce qu’ils venaient d’entendre pour vouloir y investir leur argent de poche de la semaine. Ils se contentaient de la cassette.

En 2008, le téléchargement illégal n’est que l’évolution logique d’une tradition établie. Ce qui en fait l’ennemi public numéro un de l’industrie du disque n’est pas sa vocation, mais son étendue géographique et son efficacité. On ne partage plus son engouement pour un groupe entre quelques copains qui vivent dans le même quartier, on distribue ses copies au monde entier.

Dès le départ, l’industrie a fait preuve d’un manque de clairvoyance flagrant qui l’a menée à la situation délicate qu’elle connaît maintenant. Le piratage, c’est une grosse boule noire qui roulait très lentement vers une rangée de quilles industrielles statiques qui ne la voyaient pas venir. Lorsque la boule a atteint les quilles, plusieurs d’entre elles sont tombées, mais pas toutes. Celles qui ont résisté à l’assaut essayent de faire échec à l’adversaire par tous les moyens possibles. Si elles y parviennent tant bien que mal, c’est parce qu’elles peuvent compter sur l’appui de nombre de musiciens qui n’ont jamais pris conscience de l’opportunité qu’ils ont eue, tout au long des dix dernières années, d’utiliser les moyens technologiques dont ils disposent pour prendre en main leur carrière et ne plus être traités comme de vulgaires produits de consommation.

Dans un monde idéal, les artistes auraient été plus visionnaires que l’industrie qui les exploite. Ils auraient compris dès le début que le très maigre pourcentage que leur verse leur maison de disques sur la vente de leurs oeuvres ne pèse pas lourd dans la balance des scrupules des internautes. Pourquoi le public branché accepterait-il de respecter les droits des auteurs et des musiciens alors qu’eux-mêmes ont si peu d’amour-propre qu’ils ne bronchent pas quand l’industrie remplit le réservoir d’essence de sa limousine avec le fruit de leur labeur, et les laisse marcher derrière ?

Nombreux sont les artistes qui ont dérouté les internautes en ne cherchant jamais à comprendre qu’ils devraient s’allier à eux pour trouver une solution acceptable pour tous, et qui ont choisi de diaboliser leurs admirateurs en se faisant les porte-parole du discours agressif de leur maison de disques. D’autres musiciens ont plutôt décidé d’aller seul leur chemin, produisant eux-mêmes discrètement leurs disques qu’ils vendent sur leur site. Quelques coups d’éclat ont certes tonné çà et là, démontrant qu’il s’en trouve tout de même certains qui souhaitent ouvrir la porte à une évolution qui jetterait à terre le mode de distribution dépassé et inéquitable que l’industrie tente de maintenir à flot. Mais le manque de solidarité des artistes a tué dans l’oeuf toute possibilité de révolution qui aurait pu conduire la musique à redevenir ce qu’elle fut jadis : un art noble et vertueux, et non un produit de consommation jetable que l’industrie range sur des tablettes en fonction de son potentiel lucratif.

Dix ans après Napster, quelle est la situation des musiciens ? La même qu’en 1998, la même que dans les années 80. Ils n’ont pas su profiter de l’arrivée d’Internet pour améliorer leur sort. iTunes enrichit considérablement Apple en utilisant la bonne vieille méthode efficace qui exploite les artistes. Dans un article écrit pour le magazine Wired, le musicien David Byrne révélait qu’un album vendu sur iTunes ne rapporte que 14 % à l’artiste, alors que son label empoche la plus grosse part du gâteau (56 %) et le distributeur Apple les 30 % restants. La somme versée au musicien ne serait donc que de 1,40 $ pour un prix de vente de 9,99 $.

MySpace a annoncé le 3 avril 2008 qu’elle entrait à son tour dans la danse en ouvrant bientôt son propre magasin virtuel. Le but de la célèbre plateforme n’est pas de proposer un moyen de diffusion révolutionnaire qui saurait rétribuer les musiciens selon leur juste valeur, mais plutôt de porter un coup dur à  Facebook qui lui fait de plus en plus de l’ombre. MySpace s’allie donc à trois des quatre principaux acteurs de l’industrie du disque et proposera à ses utilisateurs d’acheter non seulement de la musique, mais aussi des places de concerts, des t-shirts, et probablement toutes sortes d’objets promotionnels que les musiciens vendent normalement eux-mêmes lors de leurs spectacles. Si les clauses du contrat que signeront les artistes n’ont pas encore été révélées par la firme de Rupert Murdoch, il ne fait quasiment aucun doute qu’elles seront tout aussi inéquitables que celles que l’industrie impose depuis des décennies.

En effet, l’ouverture prochaine du MySpace Music Store n’est en rien une surprise, le projet ayant déjà été échafaudé il y a quelques mois. On apprenait alors que MySpace empocherait au moins la moitié du prix de vente d’un MP3 valant 0,99 $. C’était toutefois sans compter sur les majors qui, pour la mouture finale de la boutique virtuelle, ne sont plus seulement les complices de MySpace, mais ses associés.

Le mariage de l’industrie du disque et celle des technologies n’augure rien de bon pour les musiciens. Il y a malheureusement fort à parier qu’ils ne réagiront pas davantage quand le nouveau système d’exploitation de News Corp et des majors sera mis en place. Pourtant, ils ont presque toutes les cartes en main pour reprendre possession de leur destinée artistique. La seule qui manque à la plupart d’entre eux est la volonté d’agir.

En 2007, Radiohead a prouvé qu’il est fort possible de se passer d’intermédiaires gourmands et de commercialiser soi-même sa musique. Le dernier album du groupe a été proposé en téléchargement libre aux internautes qui pouvaient choisir de payer un prix qu’ils fixaient eux-mêmes, ou d’acquérir les fichiers numériques gratuitement sans sombrer dans l’illégalité. Dès le premier mois, un million d’admirateurs ont répondu à l’appel. 40 % d’entre eux ont payé au groupe une somme qui se chiffre en moyenne à 6 $. Le bénéfice de l’opération est donc incroyablement plus élevé pour les artistes que celui qu’ils auraient obtenu en commercialisant leur disque à l’ancienne. Il se calcule en millions de dollars malgré les 60 % de téléchargements sans rétribution. Preuve est faite que l’internaute n’est pas un charognard qui fonce aveuglément sur sa proie, mais qu’il est prêt à passer à la caisse quand il a le sentiment que son argent va majoritairement dans la bonne poche.

En cette ère numérique, les voies menant vers une relation fraternelle et respectueuse entre les musiciens et leur public sont nombreuses. La possibilité pour les artistes de vivre de leur passion en se dissociant de l’industrie du disque sous sa forme actuelle aussi. Ne reste plus qu’à espérer qu’ils aient enfin l’audace de prouver qu’ils sont plus clairvoyants et solidaires que leurs exploitants…

Béatrice André
Pour Québec Micro