Les reprises et leurs originales.

Venez discuter ici de tout ce qui n'entre pas dans les autres catégories et concerne les années 60 et 70, de sujets divers mais musicaux.
Avatar du membre
juthova
Contributeur
Contributeur
Messages : 206
Enregistré le : sam. 28 sept. 2019 11:04

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par juthova » ven. 17 juin 2022 16:36

Toujours aussi amusant et barré, Kyle Gass et Jack Black, le duo de Tenacious D, revient nous claquer un medley à leur sauce. Au programme, les reprises de trois titres cultes des Who : Pinball Wizard, There's A Doctor et Go The Mirror (Tous extraits de l'opéra rock Tommy, sorti en 1969).
Un clip très drôle et complétement décalé, à l'image du groupe, a été partagé dans la foulée. Costumes, maquillage, perruques... Une fois encore Jack Black et Kyle Gass ne lésinent pas sur l'attirail pour en mettre plein la vue à leurs fans.
Une version vinyle est également disponible à l'achat afin de récolter des fonds pour l'association "Everytown For Gun Safety", le plus grand organisme de prévention des armes à feux aux Etats-Unis. Ce dernier a pour but d'aider à sensibiliser les américains sur le sujet, en introduisant des solutions anti-violence dans toutes les villes.


Tekilla1953
Membre
Membre
Messages : 30
Enregistré le : dim. 25 août 2019 22:20

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par Tekilla1953 » ven. 17 juin 2022 18:45

Zézette a écrit :
dim. 8 mai 2022 14:56
nunu a écrit :
dim. 8 mai 2022 14:10
A son image, un alcoolo qui chante dans un bar avec 3 grammes dans chaque bras
Certes. Mais ça on peut le dire aussi de Gainsbourg, Reggiani, Winehouse, Joplin, et pourtant...
Ou Dutronc.
Dutronc ! j'ai entendu des extraits de ses duos père-fils. Aïe aïe aïe. Ils auraient pu se contenter de divulguer les enregistrements à la famille proche.
Bref, que Renaud soit un picolo c'est pas un scoop. Moi son album, il m'a ému.
on ne va pas comparer Renaud à Grainbourg, Reggiani, Joplin ni Dutronx ou MaisonduVin... Qu'il soit alcoolo ou shooté m'importe peu, 1 ce n'est pas un chanteur (désolé si çà en froisse certains), 2 ce n'est pas un "musicien", juste un petit "bricoleur" je dirais; 3 seuls certains de ses textes trouvent grâce à mes yeux.
Autrement dit je ne goûte que très peu ses chansons, ses musiques et le bonhomme me fait pitié, c'est triste :priezzz:

Avatar du membre
juthova
Contributeur
Contributeur
Messages : 206
Enregistré le : sam. 28 sept. 2019 11:04

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par juthova » sam. 18 juin 2022 17:07

Début des années 70, Slabfork, bourgade industrielle de moins de 1 000 habitants au cœur de la Virginie Occidentale, petit état rural de l'Est américain pas franchement réputé pour sa production musicale. Là-bas, Bill Withers, trente ans, tout juste, travaille à l'usine du coin. Ses journées sont rythmées par l'assemblage de cabines de toilette pour les avions Boeing.
Du genre discret et solitaire, l'homme aime passer son temps libre à gratter sa guitare et composer quelques chansons. Il a bien essayé de se professionnaliser en approchant quelques maisons de disque, mais à l'aube des 70's, un homme seul à la guitare acoustique, pas franchement charismatique de prime abord, ça ne fait pas rêver.
Durant son temps libre, Bill Withers regarde également des films et l'un d'eux va particulièrement le marquer. Il s'agit du "Jour du vin et des Roses" de Blake Edwards, sorti au cinéma en 1962. Mettant en scène Jack Lemmon et Lee Remick, le film raconte l'histoire d'un alcoolique mondain, en proie à la dépression, qui va rencontrer une femme l'aidant à remonter la pente avant de plonger à nouveau à ses côtés. Une fois le film terminé, Bill Withers part se balader et repense à ce qu'il vient de voir. C'est alors que les paroles de ce qui deviendra Ain't No Sunshine commencent à lui venir.
Quelques paroles et une ligne de guitare, voici ce qui compose la démo que reçoit le producteur Clarence Avant sur son bureau. Malgré le côté peu dégrossi de la démo envoyée par l'artiste, Clarence Avant perçoit le potentiel d'Ain't No Sunshine et de son auteur. Il propose de lui signer un contrat pour l'enregistrement et l'édition d'un album. Bill Withers, qui ne dispose alors d'aucune autre offre, accepte.
En studio, l'inexpérimenté chanteur de Slabfork fait équipe avec Booker T & The MG's. Lorsqu'il se présente devant ces légendes de la Soul de Memphis, Withers peine à cacher son intimidation teintée d'admiration. Muni de sa guitare, il leur présente alors sa version d'Ain't No Sunshine. Une version pas tout à fait terminée puisqu'en attendant de composer le dernier couplet, il remplace les paroles par 26 "I Know" répétés en boucle. Cette courte phrase énoncée encore et encore offre une profondeur dramatique et mélancolique à la chanson. Booker T. Jones s'en rend bien compte et persuade alors le chanteur de laisser ce couplet intact.
Sorti en 1971, Ain't No Sunshine s'empare rapidement de la 3e place du Bilboard Hot 100 et lance immédiatement la carrière de Bill Withers. Depuis, plusieurs centaines d'artistes à travers le monde ont proposé leur version de la chanson. De Michael Jackson à Sting, en passant par Nancy Sinatra, Isaac Hayes, Neil Diamond ou Al Jarreau, tous ont repris cette ballade métaphorique sur le manque de l'être aimé et la solitude.


Avatar du membre
Zézette
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 825
Enregistré le : mar. 30 juil. 2019 19:12
Localisation : Lyon

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par Zézette » dim. 19 juin 2022 05:16

Je suis dingue de la version originale dont je ne me suis jamais lassé.
Cette reprise ne m'a pas (du tout) embarqué mais elle est brille par la tessiture du chanteur.
Encore une découverte.
Joyeux Noël Félix !

Avatar du membre
juthova
Contributeur
Contributeur
Messages : 206
Enregistré le : sam. 28 sept. 2019 11:04

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par juthova » dim. 19 juin 2022 09:54

Zézette a écrit :
dim. 19 juin 2022 05:16
Je suis dingue de la version originale dont je ne me suis jamais lassé.
Cette reprise ne m'a pas (du tout) embarqué mais elle est brille par la tessiture du chanteur.
Encore une découverte.
Bonus : L'analyse de la prestation


Avatar du membre
alcat01
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 3002
Enregistré le : mar. 30 juil. 2019 20:51
Localisation : campagne

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par alcat01 » jeu. 23 juin 2022 15:42

Laissez moi vous raconter l'histoire de la chanson "Save Me" d'Aretha Franklin...



Il fait savoir que "Save Me" chantée par Aretha Franklin ressemble beaucoup au "Gloria" de Them écrite par Van Morrison!
Them avait sorti "Gloria" en Décembre 1964 alors que Aretha sortit "Save Me" en 1967 et King Curtis plus tard.



Le mérite du compositeur de cette chanson reviendrait pourtant à Aretha avec sa sœur (et choriste) Carolyn et le saxophoniste King Curtis, mais nul ne peut nier que la chanson, cependant, n'est essentiellement qu'une réécriture du morceau de 1966 " Help Me " du chanteur de R&B Ray Sharpe, qui avait écrit la chanson avec Curtis et l'avait interprétée avec le King Curtis Orchestra.

En fait, Sharpe avait lui-même été initié au "Gloria" de Them par King Curtis lorsqu'il s'était joint à Curtis pour la jouer lors de l'after-party du concert des Beatles au Hollywood Bowl en 1965 (Curtis en avait fait la première partie).
Et, alors que Sharpe jouait "Gloria" avec l'orchestre du Galaxy à Los Angeles, King Curtis et Cornell Dupree étaient présents et Cornell "...n'arrêtait pas d'entendre quelque chose d'autre que ce que je chantais...".
Ils avaient donc réécrit "Gloria" pour en arriver à "Help Me".

La session avait eu lieu au studio Atlantic de New York le 21 Janvier 1966 avec Ray Sharpe (gtr,voc) Cornell Dupree, Jimi Hendrix (gtr) Chuck Rainey (bass) Ray Lucas (dms) Melvin Lastie (tpt) King Curtis (tenor sax) Willie Bridges (bar. sax)...



Pour en revenir finalement à "Save Me", les racines Gospel des sœurs Franklin sont apparentes sur ce morceau, où Aretha chante un amour qui a mal tourné. Elle était mariée à l'époque, et n'avait eu aucun problème à évoquer une chanson convaincante de chagrin d'amour.
C'est King Curtis qui joue du saxophone ténor sur cette chanson et il joua avec Aretha dans plusieurs de ses spectacles.

Le morceau sera repris par beaucoup de monde, dont:


Julie Driscoll & Brian Auger with The Trinity Novembre 1967


Nina Simone Octobre 1969


Root & Jenny Jackson 1970


James Knight & The Butlers 1971


The Saints Octobre 1978


Peter Zaremba's Love Delegation 1986


Meeker 2000


Grand Wazoo 2006


Martha High & Speedometer Octobre 29, 2012


Morgan James Décembre 2012


Nina Van Horn 2017
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire".
Einstein.

Avatar du membre
Romulien
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 984
Enregistré le : mar. 30 juil. 2019 19:50
Localisation : Lévis, Québec

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par Romulien » ven. 1 juil. 2022 21:41

Bryan Ferry-Let's stick together


La version originale par Wilbert Harrison

Avatar du membre
juthova
Contributeur
Contributeur
Messages : 206
Enregistré le : sam. 28 sept. 2019 11:04

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par juthova » sam. 2 juil. 2022 16:20

@ alcat01 : Bravo pour l'histoire de Save Me. Et joli choix dans les reprises.

Oye Como Va, l'une des chansons de "jazz latin" les plus célèbres de tous les temps, a été écrite par Tito Puente dès 1956. Cependant, elle a été enregistrée pour la première fois en 1962, lorsqu'elle a été incluse sur l'album El Rey Bravo qui fait référence à son surnom populaire de Roi du mambo.
Tito Puente, originaire de New York et d'origine portoricaine, a été l'une des forces majeures du développement de la salsa et l'un des musiciens les plus polyvalent se spécialisant dans les percussions. Oye Como Va reste sa chanson la plus populaire et deviendra finalement sa chanson signature.
Le texte, au-delà de son apparente légèreté - l'auteur invite les danseurs inexpérimentés à se laisser guider par la musique au rythme facile et entraînant - constitue une intéressante illustration de l'histoire de la musique latine aux Etats-Unis. Beaucoup de danses de loisirs inventés en Amérique du nord au cours des 60 dernières années - Mambo, Cha cha cha, et plus récemment Salsa - sont en effet directement dérivées des rythmes traditionnels afro-caraïbes, simplifiés et adaptés aux goûts et aux possibilités corporelles du public local. Et c'est exactement cette transformation qui est décrite dans les paroles de la chanson de Tito Puente.
Huit ans plus tard, Carlos Santana reprend cette chanson sur l'album Abraxas et en fait un succès planétaire. A ce jour, on compte plus de 140 versions.
Coté anecdote : Tito Puente s'est très largement inspiré d'une chanson d'Israel Cachao Lopez, contrebassiste et musicien cubain de génie. Cette chanson c'est Chanchullo (Magouille en français).
Elle a été composé par le cubain en 1937 et s'appelait d'abord Rareza de Meliton.



Avatar du membre
Algernon
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 9456
Enregistré le : mar. 30 juil. 2019 17:36

Re: Les reprises et leurs originales.

Message par Algernon » sam. 2 juil. 2022 18:37

On peut prolonger "Let's Stick Together" avec "Let's Work Together" du même Wilbert Harrison,
qui vient naturellement à l'esprit (ou pas), avec son gros gros air de famille. Repris bien sûr par Canned Heat.





Image

"Let's Stick Together" is a blues-based rhythm and blues song written by Wilbert Harrison. In 1962, Fury Records released it as a single. Harrison further developed the song and in 1969, Sue Records issued it as a two-part single titled "Let's Work Together". Although Harrison's original song did not appear in the record charts, his reworked version entered the U.S. Top 40.
Original songs
"Let's Stick Together" is a mid-tempo twelve-bar blues-style R&B song. According to music writer Richard Clayton, "Harrison probably intended 'Let’s Stick Together' as his follow-up single [to 'Kansas City'], but a contract dispute prevented him from releasing it while his star was in the ascendant".
In 1959, "Kansas City", written by Jerry Leiber and Mike Stoller, was a number one hit for Harrison on both the Billboard R&B and Hot 100 singles chart.
In 1962, Harrison recorded "Let's Stick Together" for Fury Records, one of several labels operated by record producer Bobby Robinson, that had issued "Kansas City". Fury pressed the single with two different A-side and B-sides: "Kansas City Twist" (Fury 1059) and "My Heart Is Yours" (Fury 1063). It had been three years since Harrison's last chart appearance and the singles failed to reach the charts.
In 1969, Harrison reworked the song with the title "Let's Work Together".[3] The two songs use the same melody line and structure, but the lyrics differ.


Image
Je ne suis pas trop vieux pour ces conneries.

Répondre