THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

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alcat01
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THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par alcat01 » dim. 14 févr. 2021 21:18

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The Blues Project est un groupe Américain de Blues du quartier de Greenwich Village formé en 1965 à New York et dissous une première fois en 1967, avant de se reformer et dissoudre de nouveau à plusieurs reprises jusque dans les années 1970.
Leurs chansons s'inspiraient d'un large éventail de styles musicaux. On se souvient surtout de cette formation comme l'un des praticiens les plus astucieux de la musique Pop, influencé par le Folk, le Blues, le Rhythm & Blues, le Jazz et la Pop Music de l'époque.

The Blues Project n'a pas été très médiatisé en premier lieu. ils ont commencé sur la Côte Est, et le groupe avait une bonne réputation live en couvrant tout, du Folk au R&B, mais n'a jamais trouvé beaucoup de succès.
Leur demi-Hit, "Flute Thing", était un peu hors de caractère aussi, s'appuyant sur le bassiste Andy Kulberg montrant ses talents de flûtiste classique.

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En 1964, soit un an avant que le groupe ne se forme, le label Elektra Records avait produit un album de compilation de divers artistes intitulé "The Blues Project" qui comportait différents morceaux de blues acoustique interprétés par plusieurs musiciens blancs de la région de Greenwich Village qui jouaient de la musique blues acoustique dans le style des musiciens noirs.

Parmi ces artistes, l'un des artistes en vedette sur l'album était un jeune guitariste nommé Danny Kalb, qui avait été payé 75 $ pour ses deux chansons. Peu de temps après la sortie de l'album, cependant, Kalb avait abandonné sa guitare acoustique pour un modèle électrique.
L'arrivée des Beatles aux États-Unis plus tôt dans l'année avait assourdi le folk et le mouvement de blues acoustique qui avait balayé les États - Unis au début des années 1960.

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Au Printemps 1965, Kalb avait formé son premier groupe de Rock and Roll, un quatuor composé du guitariste rythmique Artie Traum, du bassiste Andy Kulberg et du batteur Roy Blumenfeld; ses membres se produisent sous différents noms.

Quand Traum est parti en Europe pendant l'Eté, le guitariste Steve Katz (comme Kalb, un ancien élève du guitariste Dave Van Ronk) s'est joint en tant que premier remplaçant temporaire puis il est devenu membre permanent.

Le groupe jouit rapidement d'une popularité dans les environs. Plus tard, le groupe a ajouté le chanteur Tommy Flanders et a changé son nom pour The Blues Project, comme une allusion à la première incursion de Kalb sur disque.

La formation comprend alors Danny Kalb et Steve Katz à la guitare, Roy Blumenfeld à la batterie, Andy Kulberg à la basse et à la flûte et Tommy Flanders au chant.

À la fin de l'année, le groupe a auditionné pour Columbia Records. Pendant la session pour les auditions, le producteur Tom Wilson a embauché le musicien de session Al Kooper, à l'origine guitariste, qui avait travaillé avec lui sur "Like a Rolling Stone" de Bob Dylan issue de l'album "Highway 61 Revisited", pour fournir le piano et l'orgue, alors que Kooper débutait tout juste aux claviers.
Celui-ci, qui avait travaillé avec Blumenfeld et Kulberg pendant les sessions pour sa contribution à la compilation de "What's Shakin'" enregistrée en Juin 1966, a été invité à se joindre au groupe.

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Lorsque Columbia refusa finalement de signer le groupe, Wilson, qui à la fin de 1965 avait déménagé chez MGM Records, signa The Blues Project à la filiale Verve / Folkways de MGM.

Il faut savoir que The Blues Project était devenu le groupe résident du club Cafe Au Go Go de New York, attirant de foules assez importantes et devenant rapidement l'un des groupes les plus populaires de New York, avec le renouveau du Blues florissant en arrière-plan et la naissance du Blues Rock.
Il n'est donc guère surprenant qu'il ait enregistré son premier disque en live dans ce club, même si commencer avec un album live n'était guère une norme acceptable à l'époque. Ils ont cependant toujours été bien plus forts en live, comme le prouveront leurs futurs opus.

Le groupe a donc commencé à enregistrer son premier album "live at The Cafe Au Go Go" de Greenwich Village à la fin Novembre 1965. Il s'étale sur une semaine de Novembre 1965. Mais une autre session fut nécessaire et l'album a été terminé avec une autre semaine d'enregistrements en Janvier 1966.

Entre-temps, le chanteur Tommy Flanders avait quitté le groupe et, en conséquence, il n'apparait que sur quatre chansons.

Enregistré à la fin de l'année 1965, c'est un album très énergique composé pour la majorité de reprises de Willie Dixon, Muddy Waters, Bo Diddley et Chuck Berry, les mêmes noms invariablement répétés dans le répertoire de presque tous les jeunes groupes avec lesquels ils ont commencé à mélanger le Blues et le Rock.

C'est, de fait, le seul album de The Blues Project avec le line-up original intact. Pourtant, Flanders était déjà parti quand cela a été publié.
Selon Al Kooper, le groupe était composé de cinq gars juifs de New York et d'un enfant catholique de Boston, donc, cela pouvait créer des conflits. Et, bien que Flanders soit crédité comme unique chanteur, il y a quatre autres membres du sextet qui ont chanté; en fait, Danny Kalb gère autant de leads que Flanders, Steve Katz occupe le devant de la scène sur "Catch the Wind" de Donovan et Al Kooper est s'occupe de "I Want to Be Your Driver" de Chuck Berry.

Il faut savoir que le disque comprend deux sessions, la première avec le chanteur Tommy Flanders, qui a quitté le groupe peu de temps après, et la seconde après son départ.

Bien que fermement ancré dans la tradition du Blues, le groupe joue un étrange amalgame de mélodies, qui comprend des aventures psychédéliques précoces, du Rock, du Jazz et du Rhythm & Blues,créant un son unique et innovant en chemin.

Cet album, enregistré alors que The Blues Project n'était vraiment ensemble que depuis quelques mois, les montre déjà très bien gérer un large éventail de chansons de Blues... leur principale force est le Hard Blues comme "Goin' Down Louisiana", "I Want To Be Your Driver" et "Who Do You Love", mais ils sont aussi très efficaces sur des morceaux plus lents comme "Alberta" et "Spoonful". Deux airs folks, "Catch the Wind" et "Violets of Dawn", montrent la voie vers le mélange plus éclectique qui apparaîtra sur "Projections".

Kalb intervient astucieusement à la guitare, Kooper a toujours été brillant à l'orgue et au piano électrique et les autres membres du groupe ont contribué à leur part, ce qui, tous ensemble, sonnait assez brillant. On peut souligner que Kooper apprenait encore fondamentalement son chemin autour de l'orgue à ce stade, c'est pourquoi son jeu a tendance à être encore quelque peu limité par rapport à celui des autres membres.

En tout cas, l'album regorge de gemmes admirablement interprétées par le groupe. Ils font pour la plupart des reprises de Blues bien connus. En particulier, ils reprennent trois chansons de Willie Dixon notamment "Back Door Man" et juste pour changer de tempo, leurs versions de "Catch the Wind" de Donovan et "Violets of Dawn" d'Eric Andersen sont tout à fait exceptionnelles.

Ces gars-là étaient vraiment super et pour 1966 ils sonnaient bien en avance sur leur temps.

Le disque commence par une belle version très énergique du Blues "Goin' Down Louisiana" écrit par McKinley Morganfield (Muddy Waters).
Le morceau suivant, "You Go And I'll Go With You" est un autre Blues qui a été écrit par Willie Dixon.
Il va de soi que "Catch The Wind", éclectique et sans vergogne, écrit par Donovan est une bonne interprétation.
Vient ensuite un Blues proche du Rock, "I Want To Be Your Driver", écrit par Chuck Berry.
La vision maussade de Kalb sur "Alberta", un Blues traditionnel réarrangé par Huddie William Ledbetter (Lead Belly), est parfaitement transcendante.
"The Way My Baby Walks" est la seule création de l'un des membres du groupe, Andy Kulberg
"Violets Of Dawn",un autre morceau éclectique, écrit par Eric Anderson est le premier chanté par Tommy Flanders.
Le classique du Blues écrit par Chester Burnett et Willie Dixon, "Back Door Man", est lui aussi chanté par Flanders.
Le groupe savait être prenant et c'est le cas avec la lecture de Kalb de "Jelly, Jelly Blues", un classique écrit par Billy Eckstine et Earl Hines.
Ecrit par Willie Dixon, "Spoonful", un énorme classique du Blues encore chanté par Flanders est jouée avec vigueur. L'arrangement upempo est étonnamment efficace.
Pour finir, "Who Do You Love?", un autre grand classique du Blues, écrit par Ellas McDaniel (Bo Diddley) et chanté par Flanders est tout autant efficace.

Rétrospectivement, ce n'est pas seulement de la bonne musique, mais un excellent voyage dans le passé.

A noter que le label Acadia a réédité "Live at the Café Au Go Go" en 2004 avec six titres bonus, dont une version alternative de "Who Do You Love?"...

Le disque connaît un succès relatif et le groupe part en tournée dans tous les États-Unis pour le promouvoir.
L'étape phare est le concert au Fillmore Auditorium à San Francisco, en Californie en Avril 1966.
Les critiques sont très élogieuses; The Blues Project s'apparente au pendant New-Yorkais de The Grateful Dead. Les membres de Grateful Dead qui étaient présents se déclarent impressionnés par les capacités d'improvisation dont font preuve les membres du groupe (Source: Rock Family Trees - programme télévisé).

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La formation se lance dans l'enregistrement d'un deuxième album, "Projections", à leur retour à New-York à l'Automne 1966.

Ils s'appelaient The Blues Project mais, dans l'esprit de l'époque - le milieu des années 60 - le Blues n'était que leur point de départ. Comme Cream, The Paul Butterfield's Blues Band et de nombreuses autres formations de cette époque, le quintuor basé à New York, bien qu'il partageait certainement une grosse passion pour le Blues, cherchait continuellement à se développer dans plusieurs autres directions.
Sur "Projections", le seul enregistrement en studio avec leur programmation classique, ils l'ont fait.

"Projections" sort en Novembre et se fait aussitôt remarquer pour son éclectisme musical. En effet, certains morceaux se rattachent au Blues ou au Rhythm and Blues alors que d'autres sont plus proches du Folk Rock, du Jazz ou bien encore assimilés au style Psychédélique.
En à peine un an, la formation était donc devenu une formidable force d'exploration créative, incorporant des éléments d'autres genres allant du Folk au Jazz et jetant le tout dans un mixeur psychédélique.

Bien que la liste des morceaux soit toujours orientée vers les reprises, Kooper et Katz ont également contribué à des chansons, suggérant qu'ils n'étaient pas si puristes qu'ils étaient limités à la mise à jour des œuvres des maîtres de Chicago et du Delta.

Les pièces maîtresses, la clef de voûte de l'album qui est une longue version de plus de 11 minutes du standard de blues de Muddy Waters "Two Trains Running" qui témoigne encore de leur goût pour l'improvisation, comportant Kalb au chant et à la lead guitare, et le "Flute Thing" qui est un instrumental de Kooper avec Kulberg à la flûte.

Avec Tom Wilson (ayant déjà produit Bob Dylan, Simon et Garfunkel, The Velvet Underground, The Mothers of Invention et bien d'autres) produisant sept de ses neuf titres, le quintuor est entré en studio pour commencer à assembler leur deuxième album. (Les deux autres morceaux, "Flute Thing" et "Fly Away", ont été produits par le publiciste de Columbia Records Billy James, bien qu'ils soient crédités sur l'album à Marcus James, son fils).

"Projections" est publié par Verve / Folkways en Novembre 1966, l'album était leur première sortie en studio et montrait un son plus basé sur le Rock. Jim Marshall a été crédité comme le photographe de la couverture de l'album.

Le claviériste et chanteur Al Kooper était le membre le plus en vue du groupe. Cependant, "Projections" était vraiment un effort de groupe, développant le style unique du groupe qui s'inspirait d'influences Blues, Jazz, Folk, Soul et Psyché.

Selon Danny Kalb, la maison de disques n'était pas intéressée par le mérite artistique du groupe et "...voulait juste gagner quelques dollars...".
Le groupe a été déçu par ce manque de créativité et n'a pas vu la pochette de l'album ni entendu le mixage jusqu'à la sortie de l'album.

Ce deuxième effort du Blues Project a été leur meilleure oeuvre. En moins d'un an, le groupe live enthousiaste était devenu un ensemble de studio des plus chevronnés.
Les fonctionnalités de Steve Katz étaient du folk léger mais Al Kooper avait retravaillé deux thèmes Gospel ("Wake Me, Shake Me", "I Can't Keep from Crying") en des compositions Blues Rock ambitieuses, et Danny Kalb prouvait qu'il n'était pas un simple folkleux avec les versions étendues de "Two Trains Running" et "Caress Me Baby". Le bassiste Andy Kulberg était passé à la flûte et Kalb était devenu psychédélique sur le jazzy "Flute Thing",écrit par Kooper.

Considérant qu'il a été enregistré en trois jours avec peu de préparation, "Projections", avec une photo de couverture du célèbre photographe Rock Jim Marshall et des notes de doublure du nouveau manager du groupe, (promoteur du concert des Beatles) Sid Bernstein, qui a qualifié l'album de "travail de détermination", a atteint le numéro 52 dans les Charts Billboard LP.

Rétrospectivement, a déclaré Kooper, cela aurait pu être un meilleur enregistrement si le groupe et le producteur avaient eu plus de temps pour travailler avec lui.
Néanmoins, il a reçu une diffusion substantielle sur les nouvelles stations de Rock FM émergentes et a apporté une renommée aux cinq membres clés.

Dans des interviews exclusives, les quatre membres survivants du Blues Project ont partagé les histoires derrière les morceaux originaux et les réarrangements qui étaient devenus "Projections". "...D'après ce dont je me souviens, le processus était: avons-nous assez de chansons?..." dit Katz. "...Je pense que nous en avions juste assez pour faire l'album...".

Suivant la version du disque achetée, la piste principale s'appelle "I Can't Keep from Cryin' Sometimes" ou simplement "I Can't Keep from Crying", et a été écrite par Kooper ou plus exactement arrangée par lui à partir de la version originale de Blind Willie Johnson, que le bluesman avait appelé "Lord I Just Can't Keep from Crying". L'arrangement énergique de Kooper incorpore des éléments psychédéliques et gospel. Il avait précédemment enregistré une version solo de la chanson pour l'album de compilation appelé "What's Shakin'", mais l'enregistrement de Blue Project l'a pratiquement réinventé de fond en comble, s'ouvrant sur un jaillissement d'électricité qui secoue et qui avertit immédiatement ceux qui s'attendraient à plus de Blues. Se déplaçant à un clip propulsif, l'arrangement du groupe, dès les premières notes, laisse beaucoup d'espace aux cinq musiciens pour façonner la direction de la piste, qui se transforme en un crescendo hurlant, puis laisse reprendre son souffle avant que Kalb ne déclenche un barrage de notes pour ramener le tout là où il a commencé.
Kooper: Cela ne me dérangeait pas "I Can't Keep From Crying". Cette version ne me dérangeait pas. C'était une vieille chanson de Blues et je l'ai en quelque sorte réorganisée.
Kalb: Je viens de l'écouter l'autre jour, et il y a eu des moments différents au cours des quarante dernières années où j'ai pensé que je n'aimais peut-être pas ce qu'il en faisait. Mais maintenant je ne ressens pas ça. Maintenant je sens qu'il l'a emmené ailleurs. Et l'énergie brute de cette chanson, même si elle s'est transformée en paroles d'amour, les paroles d'amour n'ont pas d'importance car c'est une aventure psychédélique et une puissante chanson gospel ensemble. Et cela a du sens.
La seule contribution du guitariste Steve Katz à l'écriture de l'album, "Steve's Song", la première chanson jamais écrite par Katz, devait être intitulée initialement "September Fifth", mais une mauvaise communication entre le label MGM Records et le manager du groupe a abouti au titre générique utilisé pour la sortie.
C'est un sursis bien mérité après l'ouverture incessante. Le morceau comporte une introduction baroque mettant en vedette une guitare acoustique quasi baroque, le jeu de flûte d' Andy Kulberg et celui de Kooper sur l'Ondioline qui cèdent la place à une ballade Folk Rock chantée plaintivement par Katz.
Le titre, a déclaré Katz, est apparu lorsqu'un dirigeant de la maison de disques a appelé le manager du groupe pour lui demander le titre de la chanson, qui n'avait pas été noté sur les documents soumis. "...Oh, that's Steve's Song (c'est la chanson de Steve)..." répondit le manager, et c'était assez bien pour le label. S'ils avaient pris la peine de demander à Katz, il leur aurait dit qu'il prévoyait de l'appeler "September Fifth".
Katz: J'ai écrit cette chanson, la première chanson que j'ai jamais écrite. Je l'ai appelé "September Fifth". Ce n'était même pas encore le 5 Septembre, je voulais juste voir ce qui s'était passé ce jour-là. C'était comme une chanson d'amour psychédélique. Nous avons tagué un petit truc baroque que j'avais écrit au début.
Kooper: Quand nous l'avons mis (en route) ensemble, Steve et Andy ont créé l'intro. Et Andy voulait vraiment jouer plus de flûte, c'était donc une bonne occasion pour lui de jouer de la flûte dans l'intro. Et cela a parfaitement fonctionné. Et ce que Roy jouait dans l'intro était vraiment super aussi, du point de vue de l'arrangement. J'adore cette intro.
Blumenfeld: Andy m'avait excité vers "Dances From Terpsichord" et ces petits trucs de batterie médiévaux. Alors j'y suis allé un peu. Ce genre d'évolution a évolué avec le temps au fur et à mesure que nous jouions, comme il se doit. Nous avons joué ensemble, c'est comme ça que ça a changé et (que ça s'est) développé, l'intro à la mélodie. Parce que sans cette intro, il aurait juste eu ça... et le tambour est entré. Il y avait ce genre de libération de tension, qu'est-ce qui va se passer ensuite. C'est devenu une expérience sonore intéressante.
Katz: Je suis à plat à plusieurs endroits. J'ai essayé de refaire ma voix, et Tom Wilson a dit qu'il n'y avait pas assez de temps parce qu'Eric Burdon arrivait. Nous étions (jouions) strictement par sessions de trois heures et c'était à peu près tout. Il y a peut-être eu quelques séances consécutives, mais ce n'était pas plus de six. Nous avons été expulsés du studio à la fin de nos sessions. Ils n'avaient pas vraiment trop confiance en nous, je suppose. Nous étions sur la route et, bien sûr, il n'y avait pas de téléphone portable à l'époque. MGM appelle notre manager [Jeff Chase], qui est comme un idiot total, et ils ont dit: "Nous avons les illustrations, nous avons les bandes master, mais il nous manque le nom de la deuxième chanson sur la première face." Alors Jeff a dit: "Deuxième chanson, première face? Deuxième chanson, première face? Oh, c'est la chanson de Steve." Ils ont dit: "Merci, Jeff" et ont raccroché. Nous sortons de la route une semaine plus tard et je regarde les preuves et j'ai dit: "...Qu'est-ce que c'est que 'Steve's Song ?...".
Sur la version accélérée de "You Can't Catch Me" de Chuck Berry, Danny Kalb est au chant et, bien sûr, à la lead guitare.
La comparaison du morceau tel qu'il est enregistré avec les paroles originales de Chuck Berry révèle que le chanteur saute initialement la deuxième strophe. Il perd alors sa place après le vers, "...La petite chose la plus douce que j'aie jamais vue…", et marmonne un peu avant de reprendre les paroles restantes de la strophe. Il y a un peu de rafistol age après cela, suggérant une signalisation frénétique au sein du groupe alors que la bande roule. Puis ils retournent à la deuxième strophe pour terminer la chanson.
Blumenfeld: C'était un morceau de Chuck Berry . Celui-là avait une sorte de groove vraiment cool dans lequel nous nous sommes installés. Danny a fait un vrai travail remarquable en le faisant sortir du parc quand il l'a fait. Il a chanté avec sincérité et (bon) sens. Et cela pour moi l'emporte vraiment sur une sorte de gymnastique vocale que les gens font qui n'ont vraiment pas ce sens de la signification connective et organique des paroles et des mots. Alors je dois le remettre à Danny sur tout ça, c'est très authentique en ce sens.
Kalb: J'ai toujours aimé Chuck Berry, et il a été l'une de mes premières influences car j'ai commencé à écouter du Rock'N'Roll, ce que j'ai fait très tôt. J'avais un groupe à l'université, deux types de gars italiens de la classe ouvrière et deux hommes de la classe moyenne juive. Cela s'appelait les Gay Notes - avant que gay ne soit gay, vous savez? [ Rires ] Et nous avions l'habitude de jouer Elvis Presley et Jerry Lee Lewis, le grand Rock'N'Roll des années 50 et nous n'étions pas mauvais, nous n'étions pas mauvais.
Kooper: Très tôt dans notre carrière, nous avons soutenu Chuck Berry au Town Hall de New York. C'était l'un de nos premiers grands concerts. Nous avons ouvert pour lui puis nous l'avons soutenu. C'était angoissant car il était très difficile de travailler avec lui. Heureusement, je connaissais toutes les chansons donc il ne m'a pas donné de (s ---)!. Il était très dur. Donc la répétition était effrayante. Pas pour moi cependant. J'avais aussi joué des concerts de Rock'N'Roll au début de ma carrière quand j'étais au Royal Teens. J'ai joué beaucoup de concerts de Rock'N'Roll où il y avait quatorze groupes sur l'affiche et tout le monde jouait quelques chansons. Alan Freed Show, des trucs comme ça. Non seulement j'ai grandi là-dessus, mais j'y ai également participé. Vous pouvez vous tenir dans les coulisses et regarder Jackie Wilson et Buddy Holly. C'était incroyable. Je n'oublierai jamais ça. J'avais l'habitude d'aller en tant que spectateur en 56 et 57 et en 58 et 59, j'étais au Royal Teens et donc je jouais dans ces spectacles. C'était une tête-(f ---)! pour moi. C'était incroyable. C'est comme si Dieu s'était penché et m'avait touché.
Et "You Can't Catch Me" laisse la place au plus long morceau de l'album, au rythme funèbre de reconstruction de "Two Trains Running" de Muddy Waters.
C'est un hommage du guitariste Danny Kalb à ce grand bluesman, l'une des plus grandes influences du groupe. Cette interprétation de plus de 11 minutes est très différente de la version originale et a été développée pendant que le groupe la jouait en live.
Kalb y brille à nouveau - il était dans son élément sur ce genre de Blues sans encombre - et le guitariste en tire même le meilleur parti quand une des cordes de guitare s'est désaccordée vers la fin de la chanson, en l'utilisant pour conduire spontanément la jam dans une autre direction. Il l'avait réajusté instinctivement sans que le groupe s'arrête, créant un moment tout à fait mémorable.
Katz: C'était l'hommage de Danny à Muddy Waters. Danny a vécu pour Muddy Waters, ce qui est assez compréhensible étant donné à quel point Muddy et certaines de ses chansons étaient merveilleuses et monumentales. Et c'était l'une de ses chansons les plus monumentales.
Kooper: Nous avons commencé à la jouer et à mesure que nous sommes devenus un meilleur groupe, elle est devenue un meilleur arrangement. Et il y avait des choses incroyables dedans. C'était un très bon arrangement. Cela n'a rien à voir avec la version de Muddy Waters.
Kalb: C'est l'une des grandes choses faites par n'importe quel groupe de Blues, blanc ou noir. Et on passe par là et c'est puissant, c'est comme un opéra Rock mais bref. Et c'est Muddy Waters. Mais c'est aussi nous. Et cela montre aussi que l'Amérique s'engageait dans la voie de la musique et de beaucoup d'autres choses d'intégration. La musique incitait les gens à jeter un second regard sur la haine.
Kooper: Ce qui est vraiment drôle dans la version de l'album, c'est que une corde de Danny s'est désaccordée et dans le cadre de l'arrangement, il l'a réaccordée. C'était fabuleux, nous n'avons pas eu à nous arrêter. Normalement, vous vous arrêteriez. Mais il en a fait une partie de l'arrangement. Ce fut un grand moment.
Kalb: Nous étions là-haut dans le studio et il y a de la magie dans l'air. Nous étions juste avant la fin et j'ai frappé une mauvaise note, mais j'ai rapidement transformé la mauvaise note en une bonne note en un quart de seconde. Et la chose se rassemble et se termine bien et nous avons un chef-d'œuvre.
Katz: Il n'y avait aucune créativité chez les ingénieurs. Ils étaient occupés à préparer Eric Burdon. Ils apportaient probablement des microphones pendant que nous faisions notre travail.
Kalb: J'y jouais depuis longtemps. J'étais un guitariste Folk et un guitariste de Blues. J'ai étudié avec le grand Dave Van Ronk, il était mon professeur. Dave était l'un des plus grands. Un grand chanteur de Blues, un grand professeur et une grande âme. Il est mort il y a quelques années. Il a changé ma vie, il a changé la vie de [Bob] Dylan. Nous avons toujours rendu hommage à nos mentors. Quand nous avons joué sur la même affiche que Muddy Waters, qui était notre héros, un top man, nous avons fait "Two Trains Running". Après le concert, son groupe faisait ses valises, le concert était terminé et je faisais mes valises et j'ai vu Muddy quitter le Cafe au Go Go et j'ai dû découvrir, dans ma partie la plus profonde, ce qu'il pensait de notre version de cet air cela a commencé dans le Sud il y a de nombreuses années, avant qu'il ne l'enregistre avec un groupe électrique. Et ces étranges blancs faisaient cette chanson. De quoi s'agissait-il? Alors juste avant que Muddy n'ouvre la porte pour y aller, je suis allé à Muddy Waters et je lui ai dit: "...M. Waters - eh bien, qu'avez-vous pensé?..." Et je savais à ce moment-là qu'il savait ce que je lui demandais. Et il m'a dit: "...Tu m'as vraiment touché...." Si j'étais mort à ce moment-là, cela aurait suffi.
La face deux du vinyle original démarre à peu près de la même manière que la première face, avec le délire galopant d'un Rock. "Wake Me, Shake Me" a ses racines dans un morceau de gospel traditionnel que Kooper avait entendu dans un club de New York et c'était un véhicule d'improvisation que le groupe utilisait souvent pour clôturer ses concerts.. Réarrangé pour s'adapter au style du groupe, il a battu violemment, avec Kooper donnant sa performance vocale la plus passionnée de l'album alors que les autres tournaient dans certaines des œuvres instrumentales les plus lysergiques du canon du Blues Project.
Kooper: Il y avait une boîte de nuit que la foule possédait sur la 47 ième entre la septième et la huitième. Elle s'appelait the Sweet Chariot. Et c'était une boîte de nuit gospel. Donc, il n'y avait que des gospels qui jouaient là-bas, et les serveuses étaient habillées en anges. Et quand tu entrais, ils te donnait un tambourin à jouer et tu le laissais quand tu partait. Maintenant, j'avais commencé très tôt la musique gospel à cause des gens avec qui j'allais à l'école quand j'avais 13, 14 ans. Ils m'ont tourné vers la musique gospel. C'était donc une grande partie de ma vie. Donc ce groupe, the Golden Chords qui jouait au Sweet Chariot m'avais terrassé avec leur version de "Wake Me Shake Me". C'était tellement bon que je ne pouvais pas la faire avec the Blues Project parce que je savais que nous ne pourrions pas la faire aussi bien qu'eux. J'ai donc dû trouver mon propre arrangement.Mais ça a très bien fonctionné parce que le groupe s'y est mis et tout le monde a joué des trucs super. Donc c'était vraiment bien et ça nous a donné beaucoup de place pour improviser en live. C'est donc devenu notre plus finale. Nous terminerions avec. Et c'était une grosse chanson pour nous. Mais c'est de là que ça vient. C'est une chanson gospel traditionnelle.
Kalb: Al a fait son propre truc avec, et c'est comme ça que ça se passe dans la musique. Rien ne vient de l'air frais. Vous accédez à ce qui vous est utile. Dylan fait ça. Tout le monde fait ça.
Ensuite vient une reprise animée de la captivante "Cheryl's Going Home" du folk-rocker Bob Lind.
Kalb: C'était une chanson d'un autre compositeur, Bob Lind, que je viens d'écouter récemment. La version de Blues Project est excellente, la version de Bob Lind est excellente, c'est le meilleur des deux mondes.
Katz: Il avait eu un Hit avec "Elusive Butterfly". Je suppose que j'avais un album de Bob Lind ou le single, et j'ai aimé la face B et j'ai pensé que ce serait bien pour nous de le faire. Mais c'était un mixage horrible.
"Flute Thing", un instrumental Jazz Rock signé Kooper, présente un jeu de flûte de premier plan joué par Kulberg, ainsi que des solos de Kooper, Kalb et du batteur Roy Blumenfeld.
Il est considéré par beaucoup comme le tour de force de l'album. Composé par Kooper à la guitare acoustique, inspiré d'un riff de guitare Jazz qu'il avait entendu, c'était certainement le morceau le moins bluesy de l'album. Kooper joue d'un premier clavier électronique appelé Ondioline (mais que the Blues Project a surnommé le Kooperfone) et la flûte qui domine la piste est une gracieuseté de Kulberg, délaissant sa fonction de bassiste habituelle. En concert, la pièce a été prolongée et utilisée comme base pour des explorations sonores supplémentaires.
Kooper: L'une des premières répétitions que nous ayons eues en tant que groupe, Andy m'a dit: "Je joue aussi de la flûte et j'aimerais jouer de la flûte avec le groupe si vous avez quelque chose ou si vous pouvez écrire quelque chose là où nous pourrions faire cela, ce serait formidable pour moi. " Et donc j'ai eu ce coup de langue, une cadence jouée par Barney Kessel comme la touche finale d'une chanson. Je l'ai appris à la fin des années 50 à la guitare et je l'ai joué plus que je n'aurais dû. Et alors cette touche m'est venue et j'ai pensé: "Cela sonnerait bien à la flûte. Pourquoi est-ce que je ne fais pas ça [démontré dans la première partie ] et ensuite j'avais juste besoin de [démontré dans la deuxième partie ] et j'avais une chanson pour Andy..."
Blumenfeld:La préparation de la chanson "Flute Thing", qui est devenue le 'Muzak' de beaucoup de voyages à l'acide sur la côte ouest. C'était, pour ainsi dire, leur ascenseur métaphorique. L'air lui-même a commencé à devenir plus qu'un air de flûte vedette. Al avait un solo, Danny avait un solo, Steve a posé la ligne de basse, il n'était pas vraiment un bassiste en soi. Et j'ai eu un solo. Mon solo est venu après celui d'Al. Je me suis inspiré de beaucoup de batteurs de Jazz très cool que j'écoutais. J'écoutais aussi beaucoup de Jazz et très tôt, un an ou deux avant, je rendais visite à Al dans son appartement à New York et il avait un mur d'albums, des disques qu'il jouait depuis longtemps. Il allait à un, il en tirait un, comme "Salt Peanuts". Il me jouait ces différents morceaux, disait: "Regarde ça."Il m'inspirait vraiment à regarder dans d'autres idées de batterie et à écouter les joueurs parce que je grandissais rapidement en tant que joueur et j'écoutais beaucoup de choses.
Kooper: Nous devions le jouer d'une certaine manière qui était plus jazzy que rock 'n' roll. Mais cela montre simplement que nous pouvons le faire. Donc je ne pensais pas que c'était une mauvaise chose. Mais je veux dire que si vous étiez un bon joueur de jazz et que vous écoutiez ce morceau, vous iriez probablement vomir. Mais nous avons fait de notre mieux et ce n'était pas si mal. Considérant que nous avions 22 ans ou quelque chose comme ça.
Un autre slow Blues prolongé, "Caress Me Baby" de Jimmy Reed, suit, donnant à Kalb un autre moment sous les projecteurs.
Kalb: Je pense que c'était une bonne version de cette chanson de Jimmy Reed. Vous devez faire Jimmy Reed à votre façon. Et ce qui est génial avec le Blues Project, c'est ce que nous avons fait. Nous ne sommes pas un groupe imitant même si nous avons très souvent utilisé le matériel des autres. Mais ce n'est pas parce que vous écrivez vos propres chansons, à moins que vous ne soyez un grand auteur-compositeur comme Dylan ou quelqu'un comme ça, que toutes vos chansons sont géniales simplement parce que vous les avez écrites. Je crois en cela. Je crois en l'écriture de chansons et je l'encourage. Mais nous étions un super groupe. C'est tout ce que je veux dire.
"Projections" se finit avec "Fly Away", un Folk Rock assez agréable, bien que non essentiel, de Kooper à propos de la dissolution de son premier mariage.
Kooper: C'est une chanson que j'ai écrite sur mon premier mariage. Et j'avais un bon arrangement pour cela, que mon premier mariage aurait pu utiliser. C'était donc facile pour nous parce que je montrais à tout le monde ce qu'il fallait jouer. C'est l'un de ceux où l'arrangement était égal sinon meilleur que la chanson. C'était un très bon arrangement. Et donc il n'y a pas de trous. Je pense que cela a vraiment aidé à le faire fonctionner et nous jouions tous vraiment ensemble. Tout le monde joue exactement ce qu'il devait jouer. Il n'y a pas de mauvais côtés. De quoi ai-je été influencé? Probablement plus de Dylan dans les versets. Je dirais Dylan dans les couplets et le refrain était assez original. Je n'ai pris ça de personne. Sauf dans l'arrangement, il y a peut-être un petit "Down in the Boondocks".

Voici la conclusion de ces musiciens:
Kalb: Malheureusement, la maison de disques voulait juste gagner quelques dollars. Ils n'étaient pas intéressés par les artistes, et sur le dos de "Projections", l'un des grands albums des années 60, je ne pense pas que nos noms y figurent. C'est criminel.
Katz: Je dois dire que notre maison de disques était vraiment horrible. Il y avait des choses comme ça qui ont été manquées. De changer le nom de ma chanson, de ne pas nous donner assez de temps en studio, de ne pas y mettre nos noms. Il y a eu juste beaucoup d'erreurs. Il y en a toujours eu avec Verve Folkways. C'était horrible.
Kooper: Nous n'avons jamais vu la couverture jusqu'à ce qu'elle soit en magasin, et tout ce genre de choses. Nous n'avions aucun contrôle. Nous n'avons jamais entendu les mixages jusqu'à ce qu'il en magasin.
Kalb: Je pense que la façon dont the Blues Project a été oublié ou dissous est honteuse. Nous étions l'un des groupes les plus excitants de cette période. Nous avons pris de gros risques, spirituellement et musicalement, et c'est de la merde.

Car leur durée de vie en tant que groupe était déjà en train de s'acheminer vers une finale au moment de la sortie de "Projections".
Peu de temps après la fin de l'album, le groupe a commencé à se désagréger.
Et, peu après la sortie du gisque, Al Kooper quitte le groupe au début de l'année 1967 quand il voit son souhait d'inclure un cor d'harmonie refusé par Kalb et le groupe termine alors un troisième album, "Live At Town Hall" sans lui.

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Cela n'empêche donc pas la sortie de ce troisième album dans le courant de cette année.

Ce "Live at Town Hall" (en fait enregistré à l'Université Stony Brook et en studio), renforce même leur position parmi les connaisseurs.

Contrairement à ce qu'indique le titre du disque, une seule chanson a été enregistrée à Town Hall (la mairie de New York!); de plus, seuls trois des sept titres de l'album ont été enregistrés en live, les autres pistes proviennent de différents concerts ou même de prises studio auxquelles sont rajoutés des applaudissements surdubbés pour faire croire à une prestation live, et il n'est pas difficile de repérer le masquage.
The Blues Project était bien connu pour ses performances live, et à juste titre, car ces morceaux montrent comment les musiciens ont habilement fusionné leurs influences Blues, jazz et Psyché, ce n'est surtout pas pour rien qu'ils sont considérés comme l'un des premiers groupes de 'jamming' d'Amérique.

Les morceaux live, "(Electric) Flute Thing", "I Can't Keep From Crying" et "Wake Me, Shake Me" montrent The Blues Project dans son environnement naturel, interprétant des versions légèrement étendues des morceaux de leur excellent LP studio de 1966 "Projections". Selon les propres mots de Kooper, un seul d'entre eux a vraiment été enregistré à Town Hall (New York).
Ce sont tous des versions plutôt fidèles, parfois prolongées, des chansons tirées de "Projections", notamment "Flute Thing'' dans toute sa splendeur et plus encore, avec des séances supplémentaires de peinture psychédélique, des morceaux de bruitage et des passages statiques de rêve incorporés dans la section improvisée. Andy Kulberg joue en la circonstance sur une flûte électrique, ce qui permet un peu plus de hooliganisme sonore de temps en temps. Même ainsi, le résultat ne s'éloigne jamais ni de la forme ni de l'esprit de l'original. Pas plus que "Wake Me, Shake Me", dont les crescendos frénétiques R&B faisaient déjà partie de la conception du studio, ou "'I Can't Keep From Cryin'", qui sonne presque comme une recréation note par note, punch pour punch.

Parmi les autres morceaux, le plus recommandable, le point culminant incontestable (et peut-être même leur meilleur moment) se trouve être le single Garage Art Pop de Kooper "No Time Like The Right Time'' qui aurait dû grimper plus haut que le numéro 96 dans The Hot 100 (qui a même fait son entrée dans les Nuggets collection, et pour une bonne raison) avec un changement de tonalité plutôt idiot, mais captivant qui transforme l'extase romantique du couplet en une simple convoitise adolescente du refrain.
Kooper avait pu y participer avant son départ, c'est aussi le seul single du groupe qui parvient à se hisser dans un classement musical.
"Mean Old Southern" est une danse Blues basée sur la basse et l'harmonica du style du Butterfield Blues Band avec ce qui est probablement le meilleur moment de Danny Kalb sur l'album, un solo de Country Blues rapide, flashy et d'une précision exaspérante.
Les deux autres morceaux sont des ballades Folk Pop plutôt insignifiants et ils peuvent s'oublier assez rapidement.

Les applaudissements surdubbés sont heureusement limité aux secondes d'ouverture et de fermeture de chaque piste, et est donc discret et il n'y a aucune raison de se plaindre du niveau général des performances car le groupe fait du Rock aussi fort qu'il est capable, et le public doit avoir obtenu ce pour quoi il est venu, assez pour répandre quelques 'faux applaudissements' pour le ajouts de studio.
Ces quatre chansons sont tous inclues sur la compilation de 2 CD "Anthology", tandis que les titres live sont, quant à eux, exclusifs à cet album.
Malgré sa nature bricolée à la hâte, "Live At Town Hall" permet une bonne écoute et est recommandé aux fans de blues et / ou psychédélisme des années 60.
De plus, ces applaudissements sont heureusement limité aux secondes d'ouverture et de fermeture de chaque piste, et c'est donc discret et il n'y a aucune raison de se plaindre du niveau général des performances car le groupe fait du Rock aussi fort qu'il est capable, et le public doit avoir obtenu ce pour quoi il est venu, assez pour répandre quelques 'faux applaudissements' pour le ajouts de studio.

Bref, l'album a certainement tous les signes d'une obligation contractuelle: des morceaux live mélangés à ce qui devait probablement être des sorties studio des sessions précédentes.
Étrangement, cependant, il n'a pas fermé le livre sur The Blues Project, mais simplement tourné les pages les plus lues de son histoire.

Sorti en 1967, "Live At Town Hall" fera malheureusement tomber le rideau sur la période la plus fertile du groupe.

N.B: L'album lui-même a même fini par monter jusqu'à la 71e place du Billboard en 2004.

Le groupe avait été réservé pour jouer le tristement célèbre Murray the K, organisé en Avril 1967, au RKO 58th Street Theatre de New York, où Cream et The Who ont joué leurs premiers concerts Américains, mais The Blues Project a été perturbé à la fin du Printemps, due en grande partie à l'antagonisme entre Kalb et Kooper.

Le dernier coup d'éclat de The Blues Project a lieu sans Kooper lors de l'unique édition du Monterey International Pop Festival en Californie qui se déroule en Juin 1967. Mais à cette époque, la moitié des membres de la formation originale est déjà partie.
Al Kooper se produit d'ailleurs dans ce même festival mais avec un autre groupe crée sous son impulsion, jouant son propre set impromptu et il a aussi servi en qualité de "directeur de scène adjoint" (régisseur) à "Chip" Monck.

Steve Katz s'éloigne à son tour, rapidement suivi par Danny Kalb.

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En 1968, Kooper et Katz ont uni leurs forces pour répondre au désir de Kooper de former un groupe de Rock avec une section de cuivres, un groupe du nom de Blood, Sweat and Tears avec lequel ils enregistrent leur phénoménal premier album, "Child Is Father to the Man".
Alors que Kooper a dirigé ce groupe sur ce premier disque, il n'a pris part à aucune autre sortie ultérieure de cette formation.

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Peu de temps après, Kooper, alors producteur pour Columbia Records, il enregistrera avec Bloomfield, Stephen Stills et Harvey Brooks pour l'album intitulé "Super Session", avant de faire plusieurs albums solo dont un avec Shuggie Otis. Katz, d'autre part, est resté avec le groupe dans les années 1970.

Le reste de The Blues Project a déménagé sur la Côte Ouest, en attendant que le guitariste Danny Kalb les rejoigne.
Mais Kalb ne l'a jamais fait, et Kulberg a donc mis sur pied Blood, Sweat & Tears, entamant un long partenariat avec le parolier Jim Roberts.

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Les membres restants, le flûtiste / bassiste Andy Kulberg et le batteur Roy Blumenfeld forment alors le groupe appelé Sea Train avec Jim Roberts, l'ancien guitariste de Mystery Trend, John Gregory, Richard Greene, l'ancien violoniste du Jim Kweskin Jug Band et le saxophoniste Don Kretmar.

La formation s'installe initialement à Marin County, en Californie, puis, plus tard, à Marblehead, dans le Massachusetts.
On peut qualifier la musique de Sea Train comme une sorte de American Roots Fusion...

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Sea Train a enregistré son premier album, "Planned Obsolescence", en 1968, mais celui-ci a dû sortir en tant qu'album de The Blues Project pour répondre à volonté du label Verve Records (certainement pour raisons contractuelles).

Avec ce disque, les musiciens vedettes Kooper, Kalb et Katz étant partis, il faut s'attendre à entendre un Blues Project entièrement différent musicalement parlant.
Kooper était le corps et l'âme de ce groupe, et son manque de présence et de vision est douloureusement apparent.

Le jeu est, malgré tout, de premier ordre, et le dernier morceau, "Dakota Recollection" est aussi bon que tout ce que le groupe original a pu enregistrer.
La fusion stylistique que The Blues Project avait initialement commencé sur certains morceaux de "Projections" a fait avancer la musique du groupe de sorte que leurs racines de Blues sont laissées loin derrière sur cet album.

Le résultat peut probablement être appelé du Prog Rock avec un mélange unique et intelligent de Rock, de Jazz, de Folk, de Psychédélisme et de Classique ... Une partie déterminante du son est le jeu virtuose du violon de Richard Greene, parallèlement à l'utilisation de la flûte et du saxophone dans l'instrumentation. Cet album démontre que l'Amérique sait faire du Rock Progressif.
Ils semblent, en fait, être généralement restés fidèles à la même ambiance Jazz Blues que Jethro Tull, bien que sans le même dynamisme ou la même force ("She Raised Her Hand", "If You Gotta Make a Fool of Somebody").

Pourtant, ils prédisent également dans quelle direction Jethro Tull se dirigeait, jouant de la musique Classique / Folk traditionnelle dans d'autres endroits ("Calypso," Turtle Dove ", une chanson folklorique traditionnelle arrangée en un morceau de Blues bien déguisé).
Malgré cela, personne ne peut confondre cela avec un groupe Anglais, bien que peu de groupes de Rock se plongent aussi loin dans le Jazz, en dehors de Spirit ou Soft Machine et son album "Third".

Une chose plus inhabituelle est leur utilisation de Jim Roberts en tant que parolier dévoué pour le groupe, plutôt que comme membre interprète.
À l'exception d'une reprise de "If You Gotta Make A Fool Of Somebody" de Rudy Clark, toutes les chansons sont des originaux du groupe.

"Planned Obsolescence" est vraiment un effort de groupe (Sea Train), et avec le violon (Greene), le sax (Don Kretmar) et la flûte (Andy Kulberg) à leur disposition, un excellent mélange de Blues, de Jazz et de Folk sont en jeu.
L'album anticipe, en quelque sorte, le Rock Progressif du début des années 70. Il y a beaucoup de flûte et de violon, et beaucoup de sauts de genre effrénés, du Rock au Jazz en passant par des madrigaux.

En écoutant "Planned Obsolescence", on a un sentiment de calme et de sérénité, peut-être a cause du fait que c'était un album qui était censé remplir un contrat.

La pochette de l'album attribue la production et l'arrangement au Blues Project, tandis que le disque le donne évidemment à Sea Train.
Cette incarnation peut facilement livrer "Mojo Hannah", une tranche fascinante de Blues et de Soul, puis suivre avec "Niartaes Hornpipe", un air folklorique qui incorpore du Bluegrass de la part de Greene.

Même si c'était en 1968, seuls quelques 'ficelles' de production inoffensives apparaissent (musique passée à l'envers à la fin de "Calypso" par exemple) et un chose assez audacieuse, faire jouer Kulberg contre une bande retardée de lui-même ("Dakota Recollections").
Les arrangements ne sont pas tout à fait à la hauteur des débuts officiels de Sea Train, mais ils sont toujours bons.

C'est dommage que cet opus ne se soit que peu vendu, il lui manquait peut-être des cuivres pour parfaire le tout!. Sorti en 1968, “Planned obsolescence” a raté son coup, pourtant on est bien loin de la qualification de "a loose collection of the quintet’s final recordings" de certains critiques de l'époque.
Certes, quelques titres trop conventionnels peuvent contrarier le tissage de ce riche brocart, mais le reste préfigure, égale même parfois, la splendeur du premier Sea Train.

Bien sûr, cet album ne sonne pas comme un album de Blues Project; car Blues, ce n'est pas vraiment le cas. Oh bien sûr, il y en a quelques-uns là-dedans, mais le problème est qu'il y a beaucoup de choses là-dedans, et finalement, le manque de concentration nuit à l'album.

Les deux premiers morceaux portent véritablement la marque de Sea Train avec des paroles poétiques de Jim Roberts.
La reprise "If You Got To Make A Fool Of Someone" de Rudy Clark est un étourdissant scherzo avec le gazouillis velouté de la flûte, le verbiage du violon, les crissantes éraflures de la guitare. Comment ne pas succomber à la fièvre mesurée, aux syncopes expertes des percussions et ne pas s’égarer parmi les “répons” des voix doublées de leurs échos lointains?... Echos qui hantent d'ailleurs les titres suivants.
Le morceau qui suit, “Calypso”, est une douce aubade contant l’histoire d’une fille vivant sur des îles lointaines, amoureuse d’un irréductible marin. La voix de John Gregory s’élève dans l’éther argentin de subtiles résonances que traverse un air de danse évoquant la courtoisie du Moyen-Age.
“Frank ‘n’ Curt: Incensed”, signé Gregory, est un Blues Rock impérieux à la cadence opiniâtre, un Rock ciselé de fuzz, nuancé des volutes folâtres et des trilles incandescents du saxophone et du violon avec des paroles dylanesque et une jolie ligne de Jazz de Kretmar au milieu.
Le magnifique “Turtle Dove” est un madrigal d’une tendresse infuse, ses notes sont des perles de brume que le ménestrel dépose aux pieds de sa belle: "...Oh the crow that’s black my little turtle dove, Shall change it’s color white, Before I’m false to the maid that I love, The noon day shall be night my dear...".
“Mojo Hannah” est une embardée de Swamp Rock, carrée, juteuse, efficace: "...I’m talkin about a woman named Hanna, She live down in Louisana, They tell me she’s a mojo worker, She’s gonna work that thing for me, She’s got to end my misery..." brâme John Gregory.
“Niartaes Hornpipe” est un instrumental où se promènent cor anglais et mandoline: excellent apertise des musiciens qui s’achève en une gigue endiablée.
“Endless Sleep”, avec sa grosse ligne de basse, ses crampons wah-wah, ses riffs acides et tordus, son assise bluesy, fuligineuse, ses halètements sybarites et les vocaux off-the-cuff de Gregory, s’impose comme un véritable tribut au Psychédélisme.
“She Raised Her Hand” est de la musique Pop rythmée qui rappelle ardemment les Doors de “The Soft Parade” (“Tell all the people” ou “Runnin’ blue) sur laquelle la batterie s’éparpille avec fougue, le sax folâtre, prolixe, exubérant, tropical.
La clôture de l'album, “Dakota Recollection”, est une délicate mosaïque combinant les chatoiements d’un folklore chevaleresque et les divagations ludiques d’un Jazz serein et placide. La batterie frétille et caracole, la basse musarde, volubile, docile, la flûte ondule, tournicote, la fuzz, entêtée, ricoche et crépite, le violon se répend, leste et capricieux; le tout durant plus de douze minutes, mais rien n’est redondant, rien n'est superflu!
C'est une jam jazzy traditionnelle et méditative, en ce sens que chacun a la chance de sortir et de se mettre en valeur en solo, avant de se retirer et de soutenir les autres.
Ce morceau est un peu comme un "Flute Thing" étendu; au début et à la fin, et d'ailleurs, il semble incorporer les effets de boucle de bande utilisés sur la version de "Flute Thing" de l'album "Live at Town Hall".

Après la sortie de "Planned Obsolescence", le nouveau groupe devient officiellement Sea Train et mixe avec succès à peu près tout (Blues, Jazz, Folk, Bluegrass, Classique).

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En 1969, Sea Train sort, pour des débuts vraiment officiels, un premier album éponyme "Sea Train" sur A&M Records, que l'on peut considérer comme l'un des meilleurs exemples de Rock Progressif Américain.
Car cette année-là fut une très grande année d'incubation pour ce type de musique.

L'ensemble de l'album est d'une grande originalité, compte tenu de son utilisation de la flûte, du saxophone et du violon. Aucun autre groupe de Rock n'a ce style et bien peu ont, ne serait-ce que failli utiliser cette variété d'instruments, à part, peut-être, Love d'Arthur Lee. Quelques unes des chansons de cet album peuvent se comparer favorablement aux chefs-d'œuvre de Love que sont "She Comes in Colours", "Stephanie Knows Who", ou "Orange Skies".
C’est un mélange de musique intéressant et éclectique, fusionnant le Rock avec la Country, le Jazz et le Bluegrass. De nombreux changements de tempo divertissants et des changements soudains d'instruments en font son originalité première. Beaucoup de ces changements sont des interférences d'étude notables, peut-être, tout simplement, une conséquence du groupe essayant de rapiécer tout son matériel. À cet égard, c'est sans doute un peu daté, mais surtout toujours d'une manière charmante.

On peut affirmer que le style est orienté Folk Rock avec des éléments de Psychédélisme, de Jazz Rock et de Prog ajoutés au mélange. Quelques petites influences Country peuvent également être entendues, mais extrêmement limitées.
Un mélange unique et subtilement équilibré de Folk mélodique, Country, Rock Psychédélique, Funk, Blues, Jazz et même Classique (principalement des fugues baroques à la Bach) joué sur un riche ensemble d'intruments. Un des plus beaux mondes de l'allégorie psychédelique, comme un rêve autour de l'histoire de la musique.

Une forte saveur de Jazz Prog avec du saxophone, de la flûte et de la guitare fuzz en font un album unique et plein de fraicheur assez spécial, un véritable trésor en quelque sorte. Cet enregistrement a quelque chose en commun avec la toute première musique "folk rock progressif" de King Crimson, Traffic et autre Jethro Tull. Très bon jeu et arrangement instrumentaux. Richard Greene au violon et autres instruments à cordes joue magnifiquement. Andy Kulberg a fait l'arrangement de la musique. Les voix "effacées" et les paroles sont parfois très stylisées et peuvent être difficiles à écouter.

L'écriture est formidable, le chant exceptionnel et il y a de belles chansons avec des motifs complexes et une grande musicalité. Andy Kulberg est un artiste merveilleux, et bien sûr Richard Greene est flamboyant et fantastique.
Le son a beaucoup d'échanges entre tous les membres du groupe. Sea train a un parolier dévoué, Jim Roberts, dont les paroles sont poétiques se concentrant sur l'expérience personnelle et la romance vaporeuse. Ce qui en fait un parolier très lyrique, généralement associé à Kulberg ou à Gregory dans l'écriture de chansons.
Gregory a une voix ténor chaleureuse, mais pas pure, et il se livre à ce que l'on pourrait appeler "des cris amicaux et légers" quand il devient plus fort ("As I Lay Losing"). Dans le même temps, le groupe a évité les longues chansons normalement associées à la musique progressive. Non pas qu'ils n'aient pas manqué de talent musical pour réaliser de tels morceaux, comme le démontre un instrumental plus long comme "Sweet Creek's Suite". Au contraire,leur incroyable capacité d'arrangement leur a permis d'attiser le talent de chacun et de créer un montage fascinant.

Alors que de simples associations comme Greene = bluegrass, Kretmar = jazz, Gregory = folk, Kulberg = classique, seraient des plus tentantes, elles ne raconteraient certainement pas toute l'histoire, comme, par exemple, là où le Blues entre en jeu. tout le monde joue de tout, et souvent. Prenons le morceau d'ouverture éponyme, par exemple: un étrange hybride de Classique, de Jazz et de Blues.
Au moment de cet enregistrement, les musiciens avaient déjà de nombreuses années d'expérience et cela s'en ressent. Le groupe peut être sophistiqué et proche de ses racines à la fois, et le résultat est unique.

En fait, l'autoproduction de Sea Train est assez légère, sans instruments hurlants, et les seuls instruments électriques (guitare et basse) dépourvus de presque toute leur puissance électrique. Même la batterie de Blumenfeld est un style plus ancien. Il n'y a pas non plus de vrais trucs de production, seulement un son fuzz attaché ici et là à la guitare ou au violon.

La musique au-delà du Rock simple n'avait pas encore vraiment de nom, alors des groupes comme Sea Train ont expérimenté comme ils l'entendaient, insufflant des éléments musicaux plus avancés dans la musique qu'ils jouaient naturellement. Tout était possible, car personne ne savait dire comment on appelait un genre. Mieux encore, personne ne s'en souciait. Tout le monde essayait de surpasser l'autre par un excellent travail.

Chaque chanson est un pur joyau, tous les morceaux sont magnifiquement assemblés et la musicalité est parfaite.

Le morceau d'ouverture "Sea Train" est du pur bonheur. Les mots commencent, "...Comin 'on easy on the seatrain, walking again under the fog...". La musique est calme, avec une guitare tourbillonnante en arrière-plan, un peu comme le début de "White Ship de HP Lovecraft. Mais ensuite, il y a une transition où une explosion d'énergie continue commence et le début de ces paroles, "...I'm going under, and comin' on out, to see you again...".
"Let the Duchess No" est comme une chanson lente Country et Western, sauf qu'elle est contient un violon à double piste et une flûte. C'est une très jolie ballade.
Mais Sea Train sonne anglais avec la flûte de Kulberg et un timing étrange donne lieu à une autre comparaison de Jethro Tull sur "Pudding Street", un instrumental commençant par un riff descendant jazzy à la flûte, puis une partie au son tourbillonnant, et se poursuivant avec une guitare aléatoire jouant de belles parties, une flûte merveilleuse et un violon virevoltant.
Car, malgré le style manifestement américain de la musique, Sea Train est aussi plutôt anglais en ce sens qu'il est subtil. Il aurait été facile d'être autoritaire avec autant de musiciens talentueux pour faire un gâchis, mais cet album a de la profondeur. Par exemple, la chanson de Gregory / Roberts "Portrait of the Lady as Young Artist" est basée sur la guitare, mais pas du tout submergée par la guitare.
Cela commence comme un morceau de Jazz tranquille. Mais il y a ensuite une transition, où un son répétitif semblable à un ciseau provenant des claviers et un motif d'accord descendant. Une fois que la tension est montée par le son répétitif et les accords descendants étranges, les paroles commencent par: "...Elle reste dans un château de sa propre fabrication, des imbéciles dans la cour avec un bouffon ou deux...".
Et à la beauté feutrée de "As I Lay Losing" de Gregory fait écho à des Zombies sans orgue avant que le rythme ne démarre vraiment et Kretmar se laisse aller avec un joli solo. En fait, beaucoup de lignes classiques ont la sensation de la ligne de Bach inclus dans "Beechwood Park" des Zombies.
C'est une si belle chanson qu'il pourrait être intéressant de chercher une autre version de cette même chanson, et il en existe une sur l'album "Marblehead Messenger" de Seatrain sur lequel la chanson s'intitule "Losing All the Years" et le chanteur s'appelle Peter Rowan.
"Rondo" est une chanson au son triste, une simple ballade avec juste un chanteur, une guitare acoustique et une basse électrique.
"Sweet's Creek's Suite" est un instrumental, signé Kulberg, qui se distingue par une pléthore de mélodies et d'ambiances fines. On y retrouve un sax qui pleure, comme on peut le trouver sur un premier album d'Elvis, un intermède de de guitare surf amusant à la Ventures, et une partie ressemblant à un violoncelle jouant de la musique de film d'horreur effrayante. C'est un collage très arrangé de styles incluant sons de musique de chambre, Surf Music, folk et jazz avec des paroles poétiques. Parfois, il parcourt les climats comme une musique de film. On y trouve une saveur psychédélique parfaitement définie.
La chanson passe directement sans interruption dans "Outwear the Hills".
"Out Where the Hills", une très belle chanson Rock, a une qualité anthémique avec une superbe mélodie. C'est une excellente façon de clôturer cet album.

Hélas, c'est un échec commercial, et le groupe devra faire face à un changement majeur de membres quelques mois plus tard.

Lorsque Kulberg réunit à nouveau Sea Train, ils sont devenus Seatrain, beaucoup plus un groupe de Rock classique et se concentrent beaucoup sur les talents de l'excellent violoniste Richard Greene.

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Le deuxième album éponyme du groupe est sorti en 1970 sous le nom unique de "Seatrain" sur le label Capitol. À ce moment-là, Blumenfeld, Gregory et Kretmar avaient été remplacés par le batteur Larry Atamanuik, le claviériste Lloyd Baskin et l'ancien guitariste de Earth Opera et de Blue Grass Boy, Peter Rowan.
Avec ce nouveau line-up et un nom légèrement transformé, Seatrain a commencé à travailler sur cet album.

Tout comme sur Sea Train, Andy Kulberg et Jim Roberts jouent un rôle important dans le processus d'écriture des chansons. Ils ont écrit quatre des huit chansons, dont "Song Of Job", "Broken Morning", "Out Where the Hills" et "13 Question". Le nouveau guitariste et chanteur Peter Rowan qui était l'écrivain prédominant de son ancien groupe Earth Opera a participé en écrivant trois chansons, "Home To You", "Waiting for Elijah" et "Oh My Love".

Mais avant cela, le groupe a dû traverser l'Atlantique et travailler avec l'un des producteurs les plus célèbres de l'histoire de la musique populaire, George Martin. Celui-ci a produit l'album, marquant la première fois qu'il jouait à ce titre avec un groupe de Rock depuis son travail avec les Beatles.

Martin avait pour domicile, pour ainsi dire, les prestigieux Air Studios et c'est là que "Seatrain" a été enregistré.
Il y avait donc une section rythmique composée du batteur Larry Atamanuik et du bassiste et flûtiste Andy Kulberg, et le guitariste et lead chanteur Peter Rowan. Il partageait les fonctions de chanteur avec Lloyd Baskin, tandis que Richard Greene jouait du violon, de l'alto et même des claviers.

Pendant ce temps, George Martin avait pris en charge la production et il avait joué son rôle dans ce qui fut un album très différent de leurs débuts car le son du groupe avait sérieusement commencé à évoluer.

Une fois "Seatrain" terminé, les critiques ont reçu des copies de l'album produit par George Martin. Ils ont été séduits par un album soigneusement conçu de East Coast Rock et de Country Soul. C'est un album qui a une sonorité beaucoup plus commerciale.

Musicalement parlant, ce Seatrain a une sensation entièrement différente, et bien que l'équipe d'écriture de chansons Kulberg / Roberts soit toujours en place, Kulberg cède un certain contrôle aux nouveaux arrivants.
Roberts est même devenu officiellement membre du groupe à part entière, ce qui en fait l'un des rares groupes Américains autre que Grateful Dead avec un parolier désigné en interne.

On peut constater que cette nouvelle formation a décidé de réduire considérablement son son en termes de styles: Presque plus de Jazz, la flûte de Kulberg ne sort qu'une seule fois sur "Broken Morning". Presque plus de Classique, certaines parties des claviers de Baskin sont réduites considérablement, il sonne comme Michael Brown devant un clavecin électrique sur "Waiting for Elijah".
Ce qui reste, c'est du bon vieux Roots Rock américain. Là où le point focal de Sea Train avait constamment changé, Seatrain se concentre principalement sur le violon de Greene et c'est une excellente chose.

Le jeu de cette nouvelle incarnation est également beaucoup plus simple. Le producteur George Martin tend à faire de Baskin le support central de chaque chanson, de sorte que l'on oublie souvent que Rowan existe même.

L'album entier peut ne pas avoir de solo de guitare dessus, mais souvent Rowan est complètement inaudible. Ce groupe repose plus sur le rythme que sur les notes (comparez les deux "Out Where the Hills"), et la production est assez propre, comparée au chevauchement intentionnel de Sea Train.

Les deux chansons les plus fortes viennent en fait de l'extérieur du groupe, la chanson signature de Lowell George, "I'm Willing", et une excellente reprise du duo de compositeurs Gerry Goffin et Carole King, "Creepin 'Midnight".

Le nouveau Seatrain est donc un groupe de moindre importance, un groupe plus concentré. L'écriture des chansons est très bonne sur toute sa longueur et c'est un album qui mérite.
La production en fait également une excellente expérience d'écoute.

Un son toujours éclectique, avec un peu de Rock Prog semi-Country, et avec du violon et/ou du violon électrique, et un peu d'inspiration Gospel. La combinaison des claviers et du violon peut rappeller un peu Kansas.

Aussi, "Seatrain" est toujours difficile à classer car il utilise une collection d'instruments très variés, allant des flûtes aux violons. La sélection des chansons est vraiment bonne.

C'est peut-être une certaine déception par rapport à leurs débuts, mais c'est, malgré tout, un album bon et solide. Le groupe vraiment intéressant, avec le violon de Greene en tête, aucun autre groupe ne sonne comme ça.

C'est un groupe qui essaie de trouver son propre son, ou son propre style. Les choses semblent un peu forcées par rapport aux efforts ultérieurs.
Il y a beaucoup de belles musiques, mais il faut plus que ça pour faire un bon album.
Mais avec un groupe aussi talentueux, cela n'a pas pris beaucoup de temps.

L'album débute avec l'ode à la drogue "I'm Willing" écrite par Lowell George, certainement un cadeau de Lowell George car il a laissé Seatrain jouer sa chanson pour cet album avant que Little Feat ne la mette sur l'album "Sailin Shoes" de 1972. Cette excellente version adéquate sonne un peu comme the Band, mais avec un grand violoniste en plus.
Sur "Song Of Job" écrit par Andy Kulberg et Jim Roberts, les paroles de Roberts ne sont pas aussi fortes qu'habituellement; c'est un récit plutôt bavard de la vieille histoire biblique, qui manque de suspense.
Seul "Broken Morning" écrit par Kulberg et Roberts se rapproche du travail antérieur de parolier de Roberts, mais seulement proche.
"Home To You" est une ballade romantique, une version légèrement remaniée du Hit de Earth Opera signée Peter Rowan.
Réellement, Seatrain retravaille l'un des temps forts de Sea Train, "Out Where the Hills", écrit par Andy Kulberg et Jim Roberts, le rendant plus joyeux et amusant avant qu'il n'entre dans le Greene-land. Cette version est loin d'être proche de l'original, mais elle a toujours l'arrangement le plus complexe de l'album.
"Waiting For Elijah" écrit par Rowan est une chanson Folk lente qui est agréable et douce
Leur seul single, "13 Questions", par Kulberg et Roberts, est une étrange rencontre d'OVNI à l'envers, mais avec un refrain totalement indépendant qui se trouve être la partie la plus accrocheuse de la chanson.
"Oh My Love" écrite par Rowan est une jolie ballade romantique standard.
On sait que Greene est un violoniste d'un talent exceptionnel, et il le laisse briller non seulement dans ses morceaux phares ("Sally Goodin" et "Orange Blossom Special" qu'il a arrangées et adaptées, les faisant sonner comme Fairport Convention) mais tout au long de l'album, souvent avec une pédale wah-wah attachée.
Sur "Creepin' Midnight" écrit par Gerry Goffin et Carole King, la voix de Baskin se vautre dans la Soul.
Le morceau de clôture, le trop souvent enregistré "Orange Blossom Special", écrit par Ervin T. Rouse est une reprise respectable adaptée par Greene qui sonne avec fraîcheur.

Lorsque "13 Questions" tiré de l'album est sorti en single en 1970, il est devenu un Hit mineur aux États Unis, pour atteindre le numéro 49 dans le Billboard 100 américain. Malgré ce succès, "Seatrain" n'a pas réussi à se hisser dans les Charts lors de sa sortie plus tard en 1970.

Ce fut une véritable déception, étant donné que "Seatrain" était probablement le meilleur et le plus accompli des albums de la carrière du groupe.

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Malgré l'échec commercial de "Seatrain", Capitol n'a jamais perdu confiance dans le groupe. Le label a même encore engagé George Martin pour produire le troisième album, "The Marblehead Messenger".

Mais, cette fois-ci, c'est Martin qui a rejoint Seatrain aux Seaweed Studios, à Marblehead, dans le Massachusetts.
À cette époque, Seatrain jouissait d'une équipe bien rodée et ils espéraient que les changements de line-up étaient chose du passé et que désormais, le groupe resterait stable.

C'est donc la même composition de groupe que sur l'album précédent, à savoir Larry Atamanuik, Andy Kulberg, ter Rowan, Lloyd Baskin, et un Richard Greene plus mesuré, qui enregistre ce nouvel opus alors que Martin reprenait en charge la production de ce qui s'est avéré être un album déterminant pour la carrière du groupe.

L'album contient dix chansons toutes écrites par les membres de Seatrain.
Le partenariat d'Andy Kulberg et Jim Roberts a encore écrit un grand nombre des chansons de l'album. Cette fois-ci, ils ont contribué à six chansons, "Gramercy", "The State of Georgia's Mind", "Marblehead Messenger", "London Song", "Losing All The Years" et "Despair Tire". Peter Rowan a contribué à trois, "Protestant Preacher", "How Sweet Thy Song" et "Mississippi Moon". Le claviériste Lloyd Baskin a fait ses débuts de compositeur avec "Lonely's Not the Only Way to Go".

Les chansons semblent peut-être légèrement moins bonnes que sur "Seatrain", et le duo Kulberg / Roberts semble prendre une direction un peu différente; Les paroles de Roberts sont généralement meilleures comme sur "The State of Georgia's Mind", mais la musique de Kulberg ne suit pas toujours forcément à bon escient.

Les décisions de restreindre un peu la virtuosité de Greene au violon, de simplifier un peu les parties de Baskin et de faire monter Rowan davantage, prive certainement le groupe de son identité musicale réelle...Du moins celle qui semblait se dessiner précédemment.

Mais, là où la surprise est de taille, c'est avec Rowan, dont les compétences en écriture se sont parfaitement épanouies. Il contribue à trois chansons, dont deux sont des chansons plutôt amusantes ("Protestant Preacher" avec des paroles de type Roberts, et la ballade "Mississippi Moon").

Ce nouveau Seatrain donne un sentiment différent, l'imprégnant d'une convivialité plus chaleureuse au lieu de sa lecture originale plus froide et sombre, ce qui n'est certainement pas un mal.

Le Folk de "Gramercy", une composition du duo Kulberg / Roberts, est d'humeur joyeuse et festive.
Suit "The State Of Georgia's Mind", écrit par Kulberg et Roberts, qui est une jolie ballade Rock mid tempo très mélodique.
"Protestant Preacher" de Rowan est une ballade Country avec omni-présence du violon.
Baskin a écrit le Country Rock "Lonely's Not the Only Way to Go" qui, à la première écoute peut ressembler à une chanson sur le fait d'être amis, mais en y regardant de plus près, elle semble traiter de multiples personnalités!
"How Sweet Thy Song", signé Rowan, est une composition très mélodique qui fait ressortir la production de Martin avec un côté 'beatlessien', surtout par le jeu de basse.
La chanson titre, "Marblehead Messenger" de Kulberg / Roberts, pourrait être une chanson anti-guerre
Kulberg a étonnamment essayé de ressusciter le son hybride classique de Sea Train jusqu'à la guitare fuzzy sur "London Song", mais la surprise n'est cependant pas aussi bonne. d'Andy Kulberg et Jim Roberts
"Mississippi Moon", écrit par Rowan, est une chouette ballade Country caractéristique.
La résurrection de "As I Lay Losing" de Sea Train, signé Kulberg / Roberts, est rebaptisé "Losing All the Years" pour les besoins de l'album et c'est une approche bien différente de l'original.
Greene a son unique morceau de parade, "Despair Tire", composé par Kulberg / Roberts, une étrange combinaison de son violon bluegrass hyperspeed entrecoupé d'interventions de Roberts lisant intentionnellement des paroles loufoques quelque part entre le Dr Seuss et Shel Silverstein. Un mélange étrange, et on préfère de beaucoup écouter Greene que Roberts faisant continuellement des calembours sur l'expression "despair tire".

Une fois "The Marblehead Messenger" terminé, les critiques ont eu leur mot à dire sur ce troisième album de Seatrain. C'est un autre opus soigneusement conçu et cohérent, où Seatrain a atteint sa maturité musicale. Ils mûrissaient en tant que musiciens, chanteurs et auteurs de chansons. Pendant ce temps, la musique de "The Marblehead Messenger" était mélodique et comportait des paroles poétiques. Les critiques s'accordent à dire que "The Marblehead Messenger" a été l'heure de gloire de Seatrain.

Encouragés par les critiques, les dirigeants de Capitol ont pensé que ce serait l'album qui allait faire connaître Seatrain au grand public. Ils étaient encore l'un des secrets les mieux gardés de la musique. Malheureusement, Seatrain l'est resté.
Aujourd'hui, "The Marblehead Messenger" est considéré comme un joyau caché.

Malgré l'échec commercial de ce disque, Seatrain entreprend pour la première fois une tournée Britannique. Certaines des dates de cette tournée ont vu Seatrain en première partie de Traffic. Si Seatrain a bien été accueilli par le public, ce sera la première et la dernière tournée de Seatrain en Grande-Bretagne.

Cependant, en 1972, Richard Greene et Peter Rowan quittent leur poste pour former Muleskinner, tandis que Roberts et Atamanuik rejoignent le groupe d'accompagnement d'Emmylou Harris.

Pour Seatrain, ce fut une perte énorme. Richard Greene était un multi-instrumentiste de talent, Peter Rowan était le guitariste et le chanteur principal de Seatrain. C'était une autre perte énorme. Tout comme la perte du batteur Larry Atamanuik, qui a décidé de quitter Seatrain après deux albums.

Soudain, Seatrain cherchait trois nouveaux membres.
La recherche a commencé et plusieurs musiciens ont été auditionnés. Finalement, Seatrain a choisi le batteur Julio Coronado, le claviériste Bill Elliott et le guitariste et chanteur Peter Walsh.
C'est ainsi que s'est achevée la cinquième formation de Seatrain.

Ils feront leurs débuts discographiques sur "Watch", le quatrième album de Seatrain, mais leur premier pour Warner Bros.

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C'est donc deux ans plus tard, en 1973, que Seatrain revient avec un nouvel opus baptisé "Watch", qui est, de loin, leur album le plus éclectique. C'est une fusion d'Americana, de Blues, de Country, de Folk, de Gospel, de Pop, de Rock Progressif, de Rock et de Soul: Seatrain cherchait l'inspiration dans le passé et le présent musical Américain.

Deux des grands noms et capteurs d'attention du groupe étant partis, Rowan et Greene, et sans ces ancres Roots Rock en place, le nouveau Seatrain semble dériver d'une piste à l'autre. Mais vu que le son était plutôt bien posé, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose.

Dans les faits, Seatrain est devenu sensible aux tendances du milieu des années 70, ajoutant des passages funky, une guitare à la Shaft et bien d'autres chose.

"Watch" marque le début d'un nouveau chapitre pour Seatrain, et en particulier pour Andy Kulberg. Il est le dernier des membres fondateurs du groupe, et il a été omniprésent tout au long de la carrière du groupe.

Jim Roberts et Andy Kulberg ont décidé de renouveler leur partenariat d'écriture de chansons et celui-ci a contribué à un trio de chansons, dont "Pack of Fools", "Freedom Is The Reason" et "North Coast". Andy Kulberg a écrit seul "Scratch", et il avait écrit "Abbeville Fair" avec Richard Greene, avant son départ de Seatrain. Lloyd Baskin a contribué à "Bloodshot Eyes" et "We Are Your Children Too". Des reprises de "Watching The River Flow" de Bob Dylan et de "Flute Thing" d'Al Kooper sont ajoutés, et le tout, "Watch", est produit par Buell Neidlinger.

La nouvelle section rythmique comprenait donc le batteur et percussionniste Julio Coronado et le bassiste et flûtiste Andy Kulberg. Ils ont été rejoints par le guitariste et chanteur Peter Walsh et les claviéristes Lloyd Baskin et Bill Elliot et un certain nombre de musiciens de session sont venus compléter Seatrain.
Parmi eux figurent le guitariste Paul Prestopino, le joueur de banjo Bill Keith, la flûtiste Jill Shires, le hautboïste Allan Vogel, le joueur de tuba Bob Stuart et une section de cordes.
Ils ont été rejoints par les chanteurs Wayne Daley, Sandra Lee et Sha Na Na.
Le producteur Buell Neidlinger a également joué de la basse dans "Watch", qui a progressivement pris forme.
C'est un album très différent de "The Marblehead Messenger" et le nouveau guitariste Peter Walsh a toutes les occasions de se déchaîner et de s'amuser et il ne s'en prive pas.

Cette nouvelle formation de Seatrain a entrepris de réinventer sa musique sur "Watch".

Les choses commencent bien avec la chanson d'ouverture "Pack of Fools" qui est un partenariat entre Kulberg / Roberts, un morceau joyeux, sur lequel la basse se fait ronde et le guitariste Peter Walsh montre tout son savoir faire.
Une autre chanson du duo Kulberg / Roberts, "Freedom Is The Reason", suit et c'est de style Roots / Gospel et cela ressemble quelque peu à une piste de James Gang.
La première chanson de Baskin, "Bloodshot Eyes", est une aventure ragtime amusante avec le soutien traditionnel de Dixieland.
"We Are Your Children Too" donne à Baskin l'opportunité de ressembler à un pasteur aux cheveux longs qui chante un hymne contemplatif à Dieu, avec l'apparition de la flûte de Kulberg et le groupe adopte principalement un son typiquement louisianais, animé par le nouveau claviériste Bill Elliot.
Poursuivant le thème de la Louisiane, "Abbeville Fair", écrit par Andy Kulberg et Richard Greene, a probablement été conçu pour être un morceau joué par Greene, mais il se fait sans lui (l'orchestration aide à remplir le son), c'est un chouette air de danse cajun / folk.
La chanson de l'équipe Kulberg / Roberts "North Coast" a ce son de fête en cours (on peut même entendre des voix demander où est Richard Greene, avec assez humour), avec une partie du piano baril-house d'Elliott qui conduit la chanson.
"Scratch" écrit par Kulberg est une simple et jolie histoire Folk mélodique.
Seatrain cherchait clairement un nouveau son sans Rowan et Greene, mais ils ne l'ont pas vraiment trouvé. L'écriture semble s'être quelque peu asséchée, précipitant une version bluesy plutôt intéressante de "Watching the River Flow" de Bob Dylan.
C'est peut-être aussi la raison pour laquelle la fin de l'album est occupée par une longue version de l'ancien morceau du Blues Project, "Flute Thing" d'Al Kooper remise au goût du jour.

Bien que les critiques aient été positiuvement impressionnés par "Watch", le groupe n'a pas réussi à trouver un public parmi les acheteurs de disques. Le succès commercial leur a encore échappé. C'était une histoire familière, que le membre fondateur Andy Kulberg avait déjà bien souvent entendue.

Malgré l'éclectisme de "Watch", cela n'a pourtant pas pu transformer la fortune de Seatrain. C'est un album sous-estimé et souvent négligé, et il s'est avéré être le chant du cygne, d'un des grands groupes Américains perdus, ...Seatrain.

Peu de temps après, Seatrain s'est séparé, mais cette fois-ci pour de bon.
Et Andy Kulberg a finalement rejoint The Blues Project qui s'était reformé...
En 1971...

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Car, entre-temps, The Blues Project, avec un line-up plus que modifié, s'était reformé brièvement au début des années 1970.

En 1971, Danny Kalb, éloigné de sa consommation d'acide, et Roy Blumenfeld avaient mis sur pied une nouvelle formation de Blues Project, et Kalb avait signé un contrat d'enregistrement avec Capitol / EMI.
En effet, le batteur Roy Blumenfeld n'était resté avec Seatrain que pour un album, et en 1971, il avait rencontré le guitariste original du Blues Project, Danny Kalb et les deux amis avaient alors décidé de reformer le groupe, en quelque sorte…
Se joignant à eux à la basse et au saxophone, Don Kretmar venait, lui aussi, de Seatrain.

Ce trio (vraisemblablement avec l'aide d'amis et de musiciens de studio) a alors enregistré un album sous le nom de Blues Project.

A SUIVRE

Discographie:

Blues Project:

Live at The Cafe Au Go Go (1966)
Projections (1966)
Live at Town Hall (1967)
Planned Obsolescence (1968)
Lazarus (1971)
The Blues Project (1972)
Reunion in Central Park (1973)

Sea Train:

Sea Train 1969
Seatrain 1970
The Marblehead Messenger 1971
Watch 1973

Sources: Wikipedia, Dan Forte, Jazzis, fatpidgeon, Jeff Tamarkin, Frank Mastropolo, carcamousse, Tom Brody
Modifié en dernier par alcat01 le sam. 27 févr. 2021 22:43, modifié 45 fois.
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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par Witchy » dim. 14 févr. 2021 22:26

Merci pour cette bio, Alain. Fabuleux groupe, l'un de mes préférés de cette époque.

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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par gyan29 » lun. 15 févr. 2021 07:34

Witchy a écrit :
dim. 14 févr. 2021 22:26
Merci pour cette bio, Alain. Fabuleux groupe, l'un de mes préférés de cette époque.
+1 :chapozzz:

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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par Echoes » lun. 15 févr. 2021 08:11

Tiens je ne connaissais pas du tout, j'écoute en ce moment Projections et j'aime beaucoup. Je vais suivre cette bio avec curiosité! :super:
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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par dada52 » lun. 15 févr. 2021 08:25

Je vais suivre cette bio avec attention aussi. J'aime beaucoup les deux premiers albums de Seatrain que je possède,
mais j'avoue ne pas connaitre le premier groupe de ces messieurs. Merci Alain.... :chapozzz:

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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par Monsieur-Hulot » lun. 15 févr. 2021 08:36

Merci Alcat !!!!! Enfin des "nouveautés" ! :chapozzz:
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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par alcat01 » lun. 15 févr. 2021 14:15

Witchy a écrit :
dim. 14 févr. 2021 22:26
Merci pour cette bio, Alain. Fabuleux groupe, l'un de mes préférés de cette époque.
Le plus amusant, c'est que je n'avais jamais le rapprochement entre ces deux groupes, alors que j'avais une bonne partie de leurs discographies!
Si le vaccin immunise, pourquoi avoir peur des gens qui ne se feront pas vacciner ?

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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par alcat01 » lun. 15 févr. 2021 14:17

Echoes a écrit :
lun. 15 févr. 2021 08:11
Tiens je ne connaissais pas du tout, j'écoute en ce moment Projections et j'aime beaucoup. Je vais suivre cette bio avec curiosité! :super:
Je pense que tu ne devrais pas être déçu!
Mais je peux me tromper...
Si le vaccin immunise, pourquoi avoir peur des gens qui ne se feront pas vacciner ?

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Re: THE BLUES PROJECT / SEA TRAIN / SEATRAIN (Bio)

Message par alcat01 » lun. 15 févr. 2021 14:19

dada52 a écrit :
lun. 15 févr. 2021 08:25
Je vais suivre cette bio avec attention aussi. J'aime beaucoup les deux premiers albums de Seatrain que je possède,
mais j'avoue ne pas connaitre le premier groupe de ces messieurs. Merci Alain.... :chapozzz:
Si tu aimes Seatrain, tu devrais pouvoir apprécier The Blues Project!
Si le vaccin immunise, pourquoi avoir peur des gens qui ne se feront pas vacciner ?

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