BULL ANGUS (Bio)

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BULL ANGUS (Bio)

Messagepar alcat01 » 07 Jan 2016, 01:51

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Originaire de Poughkeepsie, dans l'état de New York, Bull Angus fut un groupe éphémère de Hard Rock avec inspirations bluesy psychédéliques et quelques penchants importants vers le Prog.
Avec quatre membres sur les six qui sont des descendants Italiens, le line-up est composé du batteur Geno Charles, des guitaristes Larry LaFalce et Dino Paolillo, du claviériste Ron Piccolo, du chanteur Frankie Previte (il joue aussi de la flûte à bec et des percussions), et du bassiste Lenny Venditti.
Le groupe a souvent été comparé à une version Américaine de Uriah Heep ou peut-être encore une version moins oppressive de Deep Purple.

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Connu principalement par les fanatiques du vinyle de la fin des années 60 / début des années 70, Bull Angus fut formé par le duo de guitaristes LaFalce et Paolillo.
Ce tandem redoutable, qui avait autrefois joué avec le groupe de New York The Pyramid, fut par la suite rejoint par des musiciens venant, pour deux d'entre eux, de divers groupes de la fin des années 1960 de Hudson Valley, état de New York: Frankie Previte était l'ancien chanteur de The Oxford Watchband et Ron Piccolo, l'ancien claviériste de The Revells.

Une fois le groupe réuni, le combo loue une ferme comme site de répétition à Rhinebeck, New York.
Or, cette ferme est entourée et à proximité de fermes d'élevage de taureaux de race Angus...
Ils décident alors, tout naturellement, de s'appeler Bull Angus.

Après quelques répétitions, ils font plusieurs dates dans les clubs et de vastes tournées locales qui finissent par attirer l'attention de Mercury Records qui leur font signer un contrat d'enregistrement...

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Cela entraîne l'enregistrement d'un premier album savamment intitulé "Bull Angus" qui sortira en 1971.
Pour ce faire, Ils entrent au Ultrasonic Recording Studio, à Hempstead, New York, pour faire leurs premiers pas...

Produit par Vinny Testa, l'album présente un premier set de Hard Rock assez original, mais avec quelques influences évidentes comme Atomic Rooster, Uriah Heep, Deep Purple ou même Lynyrd Skynyrd.
A noter que la pochette est une œuvre en gatefold signée Dan Clyne.

Album de bon Heavy Hard Rock du début des années soixante dix très solide avec de magnifiques duos de guitares et beaucoup d'excellents travaux aux claviers, il n'en faut pas plus pour produire un son très dense.
Huit pistes, quatre par face, pas plus de 7,5 minutes par morceau, mais un assez large spectre sonore, où le duo de guitare domine mais pas outrageusement, laissant beaucoup d'espace pour tout le monde à jouer plus ou moins librement, sans affecter l'étanchéité des chansons du groupe.

Le songwriting largement écrit par l'équipe de Previte, LaFalce, et Paolillo, n'est peut-être pas superbe ni particulièrement original ou révolutionnaire, mais les airs sont bien écrits et c'est très agréables à écouter pour toute personne qui aime le heavy prog emmené par le hammond et la guitare.
Les chansons basées sur un solide Heavy Blues sont uniformément fortes et agréablement entraînantes, inspirées et sans excès...

Comme dit précédemment, ce n'est pas un enregistrement très original car leur matériel a souvent été comparé à des poids lourds comme Uriah Heep et Atomic Rooster ainsi même que Grand Funk Railroad, mais la dextérité du groupe et leur expérience montrent qu'ils pouvaient parfois laisser derrière eux le Hard Rock et tremper dans un style Folk proche du King Crimson du début car les arrangements musicaux sont d'excellente facture...

Leux guitaristes, mariant Blackmore et DuCann, se renvoient la balle à coup de riffs et de solos vertigineux. Les notes de la pochette contiennent l'information utile: "notes stéréo: la guitare de Larry est sur la gauche, Dino est sur la droite".
La section rythmique est très rigoureuse: Le batteur omniprésent, technique et souple, bat la mesure d'une manière efficace et entraînante et les lignes de basse assurent au fur et à mesure que les morceaux s'enchaînent.
L'orgue Hammond de Piccolo, sonnant comme Crane ou Lord, mène sa folle cavalcade à travers les méandres de l'harmonie du groupe avec un doigté proche des meilleurs.
Par-dessus tout cela, une voix mélodique accompagnée de choeurs placés finement permettent à Bull Angus d'atteindre un pur moment de bonheur musical.
En effet, Previte a la voix parfaite pour le genre; capable de déplacer sans effort des grondements métalliques vers un registre plus haut en un instant.
Et il y a de bonnes harmonies vocales même dans les choeurs, et le chanteur très dynamique rappelle parfois Gillan, Byron ou même Farlowe.

L'orgue Hammond et le tandem de guitares sont présents dans toute l'album, livré d'une manière très énergique, avec une bonne interaction, des riffs et des solos croquants.
L'attaque de guitare donne parfois une saveur plus Black Sabbath, Led Zeppelin ou Deep Purple mais parfois ils jètent quelques saveurs Southern Rock style Lynyrd Skynyrd; tout à fait un savoureux mélange.
A noter aussi que la façon de placer les chœurs et les harmonies vocales est très typée début 70’s.
Il y a même certains passages qui correspondent vraiment à des thèmes où le chanteur joue de la flûte, mais la flûte n'intervient pas systématiquement dans tous les morceaux et ne prend pas des proportions extravagantes de Jethro Tull, mais quand elle joue, c'est un vrai délice, apportant un vrai plus au régime sonore global.

Bull Angus joue donc un Rock énergique quelque part entre Deep Purple, Uriah Heep et AtomicRooster (ère Farlowe), et le fait qu'ils soient six leur permet plus de liberté instrumentale.
Les chansons sont aussi complexes et suffisamment dynamique dans les mêmes conditions que, par exemple, Uriah Heep, pour être apprécié à leurs juste valeur
Et pourtant, malgré tout cela, le groupe n'est jamais devenu un groupe reconnu ou un groupe culte et il est resté sous-estimé jusqu'à ce jour.

Enfin, "Bull Angus" est un LP solide et musical à jouer très fort, fortement varié et bien produit!
Bon jeu, chant et production.
Le tandem de guitaristes est très efficace! il semble avoir beaucoup de punch!

L'album ouvre avec "Run Don't Stop", un brillant Rock flamboyant bien arrangé avec beaucoup de solos dynamiques plaisants joués par les deux guitares, une bonne section rythmique, une mélodie tueuse et la voix étonnante de Previte.
Grand sujet pour la suite; une maman avec des tendances lesbiennes.
Avec l'orgue omniprésent de Piccolo, et le chant hargneux de Previte, "Mother's Favorite Lover (Margaret)" révèle un immense talent.
Cela rappelle Deep Purple, mais le solo de flûte jazzy de Previte sur le passage du travail de l'orgue Hammond n'est pas un trait Purpleien. Derrière tout ça, beaucoup de psychédélisme et un peu de Hard Rock.
Le sujet de "Uncle Duggie's Fun Bus Ride" reste un mystère, mais cette chanson arbore une mélodie accrocheuse, un peu de lead guitare tueuse, et il présente des superbes harmonies vocales tueuses du groupe.
En contraste marqué avec le reste de l'album, "A Time Like Ours", une sorte d'imitation de la chanson de Deep Purple "Lazy", montre le groupe poursuivant dans une direction progressive distinctive.
Propulsé par la paire de duettistes de lead guitares astucieux, il n'a rien à voir avec le prog pompeux style Emerson, Lake and Palmer, mais il faut le voir plutôt comme une simple curiosité de l'album.
La chanson est aussi intéressante pour mettre en valeur de façon inattendue les superbes harmonies vocales du groupe.
"Miss Casey" est un excellent morceau de plus de sept minutes où le chanteur est un vrai lion qui sort ses griffes.
Le groupe réussit à concocter tous les éléments qui sont maintenant associés à une chanson Hard Rock, les vocaux hurlés, terre-à-terre, avec des paroles hyper sexistes, un orgue plaintif aux petits oignons, des lead guitares jumelles flamboyantes, une basse lourde, et de multiples changements de tempos.
Ecrit par LaFalce, "Pot of Gold" est leur morceau le plus grand public et commercial de l'album.
Avec une mélodie forte, un grand motif de lead guitare, et quelques merveilleuses harmonies vocales, celui-ci aurait tout à fait pu faire un hit FM.
Venant comme une surprise totalement inattendue, la ballade acoustique "Cy" présente le côté 'sensibles' du groupe. Belle chanson avec guitares acoustiques fantastiques et il a même inclus un peu de scat...
Pour finir, "No Cream for the Maid" montre le groupe se défaussant de leurs mouvements métalliques standard pour intégrer quelques mouvements progressistes.
Ces excellents musiciens sont assez talentueux pour en faire l'un des meilleurs morceaux de l'album.

En résumé, fans de Hard des années 70, cet album est fait pour vous!

Alors que "Bull Angus" n'a pas marché commercialement, il a recueilli des critiques généralement favorables conduisant Mercury à financer un deuxième album.

Produit par Vinny Testa, Mercury a à nouveau exploité l'album pour en tirer un single, mais le label a peu fait pour le promouvoir: 'Children Of Our Dreams' / 'Loving Till End' paru en 1972 et ce fut sans grand succès.

Bull Angus tourne ensuite avec Rod Stewart, Deep Purple et Fleetwood Mac et le groupe joue au Festival de Pocono, en Pennsylvanie, le 8 Juillet 1972 qui a acueuilli plus de 300.000 personnes.

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Malheureusement, de mauvaises commercialisation et ventes du premier album signifiaient que le groupe ne publiera pas un nouvel album "Free For All", édité en 1972, avant que Bull Angus ne se soit séparé...

Il est étrange que cet énorme combo n'ait pas eu un impact plus important à l'époque; leur empreinte de Heavy Blues post-Psychédélique avait pourtant réussi avec succès un croisement entre jam de Southern Rock et Prog en herbe, mais ce groupe de qualité a disparu trop prématurément, comme souvent, en raison d'une mauvaise promotion.

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http://www73.zippyshare.com/v/2aaW4pNv/file.html
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Après avoir partiellement réussi le mélange Heavy Prog / Hard Rock standard dans leur album éponyme, Bull Angus a enregistré un autre album intitulé "Free for All".
Celui-ci est paru en 1972...
Une fois de plus, l'art de la couverture en gatefold est assez divertissant.

Malheureusement il présente un matériel encore plus mainstream dominé par un Hard Rock trop typique avec saveur Pop forte.
Le contenu ne peut vraiment pas être appelé Heavy Prog du tout, car il ne contient que quelques influences progressives.
Les compositions sont moins convaincantes, moins surprenantes, mais encore assez bonnes à écouter...

En outre, c'est un album qui se révèle plutôt faible, qui ne mérite pas trop d'attention de la part des fans de Prog Rock, et les amateurs de Hard Rock occasionnels peuvent aussi le trouver trop Pop / mainstream.
En comparaison avec le premier album, les compositions sont assez boiteuses...
Et le claviériste semble être hors de forme!...

"Free for All" débute moyennement: "Lone Stranger" est une chanson Rock bien jouée et dirigée par les deux guitares omniprésentes et une mélodie plutôt banale au piano... Mais où est passé le groupe du premier album?
Le morceau qui suit, "City Boy", est une autre chanson avec un air plutôt banal, très doux, mais sans grand intérêt.
Rien de Hard ni de Prog.
Cela sonne plus comme un Rock'n'Roll du milieu des années 60.
Quelques jams de Blues Rock avec le piano et les guitares dans la deuxième partie de la chanson relèvent le niveau, mais c'est encore bien moyen.
Enfin, un matériel plus ambitieux avec "Loving Till End".
Chanson tout à fait calme et atmosphérique avec chants passionnés et quelques fragments de belle flûte.
Certainement le moment le plus Prog Rock de l'album.
Leur version du "Savoy Truffle" des Beatles (George Harrison) est jouée de façon très Pop.
Les chœurs très Soul / R'n'B sont particulièrement terribles.
Et, enfin, Ron Piccolo joue de l'orgue Hammond! C'est seulement un solo standard mais cela vaut la peine d'être mentionné.
Vient ensuite "Drivin' Me Wild" qui est un autre Hard Rock avec un refrain plutôt banal.
Beaucoup de riffs de guitare un peu plus intéressants et un solo d'orgue cool.
Vers la fin, il y a quelques duels de guitare des plus énergiques et de bons passages de Hammond.
Quant à "(We're the) Children of Our Dreams", c'est une jolie ballade Rock avec un refrain assez accrocheur.
Plutôt standard, mais agréable à écouter... Certaines belles harmonies vocales similaire à Queen, mais rien de révolutionnaire!
Pour terminer ce disque, "Train Woman Lee" est un excellent morceau plus Psyché Prog avec la mélodie principale jouée par Ron à l'orgue.
Parfois, Uriah Heep ou Deep Purple viennent à l'esprit à l'écoute, mais au cours du solo d'orgue prolongée apparaissent clairement les influences d'Atomic Rooster... Peut-être le meilleur morceau du disque!..

Finalement, peut-être que Bull Angus n'a pas eu la reconnaissance qu'il aurait mérité, car il n'avait pas un morceau qui se démarque vraiment du reste (peut-être "Cy", sur le premier LP, qui définit une humeur différente pour sa nature acoustique), d'où un faible succès commercial, deux albums et c'était fini!...

Par la suite, Franke Previte forme Franke & the Knockouts et ils enregistrèrent le Hit "Sweetheart" en 1981.

En 1987 Previte a co-écrit "(I've Had) The Time of My Life" pour le film "Dirty Dancing" et il remporta un Academy Award pour la meilleure chanson originale, un Grammy Award pour la Meilleure Performance Pop par un duo ou un groupe avec chant et un Golden Globe Award de la meilleure chanson originale.

Discographie:

Bull Angus 1971
Free for All 1972

Sources: Progarchives, badcatrecords.com
Dernière édition par alcat01 le 08 Jan 2016, 16:31, édité 12 fois.
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Re: BULL ANGUS (Bio)

Messagepar titis » 07 Jan 2016, 08:11

Première écoute et je trouve ça pas mal du tout , je connaissais pas merci :respect:
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Re: BULL ANGUS (Bio)

Messagepar boosty » 07 Jan 2016, 12:36

j'ai les 2 LP de ce groupe. très bon tout les 2 :respect:

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Re: BULL ANGUS (Bio)

Messagepar titis » 07 Jan 2016, 13:19

En lp la classe :chapeau:
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