WAPASSOU (Bio)

Venez lire ou déposer ici vos biographies de musiciens ou de groupes, vos chroniques d'albums autres que l'album de la semaine.

WAPASSOU (Bio)

Messagepar alcat01 » 24 Juin 2017, 18:14

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Encore un groupe à (re)découvrir!!!

En France, plusieurs groupes de Prog ont atteint un certain niveau de renommée, au moins nationale, dont Ange, Magma, et Taî Phong.
Wapassou n'a pas connu tout à fait la même notoriété.
Peut-être que c'est parce que cette formation est l'un des groupes de Prog les plus originaux de tout ceux formés au milieu des années 70 et qu'ils ne sont comparables pratiquement à aucun autre groupe, sauf peut-être à Art Zoyd, mais seulement leur premier album.
Leur musique mêle démarches progressives et musique contemporaine. Ainsi, celle du premier album éponyme de Wapassou tend vers le RIO comme 'formule' de construction en utilisant des dimensions rythmiques inhabituelles.

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Wapassou est un de ces groupes qui sont bien difficiles à définir, donc à classer comme véritable groupe Prog car il n'est pas vraiment sur le côté Rock du Prog, mais il serait quand même dommage de ne pas l'inclure dedans, de même qu'un Art Zoyd ou autre Univers Zero.

Fondé en 1972, Wapassou est donc un groupe Français de style Prog Rock originaire de Strasbourg.
Leur line up est tellement peu conventionnel qu'il n'y a pas de batterie ni de basse, concentrant tout entre le violon, les guitares électriques et les orgues et tout cela a un côté plutôt intrigant.

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Composé de Freddy Brua (claviers), Karin Nickerl (guitare, basse), Jacques Lichti (violon), Fernand Landmann (son) et des participations occasionnelles différentes selon les enregistrements, par exemple Benoît et Geneviève Moerlen, respectivement percussionniste de Strasbourg et chanteuse, Wapassou a été productif de 1972 à 1986.
Il se distingue principalement par sa composition en trio claviers, guitares, violon.

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Wapassou est un groupe ambitieux et original, qui mêle démarche progressive, voire symphonique et musique contemporaine.
Au fil des albums, leur musique est faite de passages d'une rare intensité, souvent étrange, avec des combinaisons et constructions de thèmes basée sur les claviers, le violon et la guitare, on y retrouve des mélodies lancinantes et variées, des climats envoûtants ou se développent orgue et de violon, en séquences répétitives, ou les nombreuses interventions de flûte, guitare, clarinette ou sitar font un contrepoint idéal à une réelle pulsation Rock.
En fait, leur musique est un mélange de moments classiques avec des moments de méditation (presque hippie) et de musique éthérée spatiale.
Ni batterie ni basse pour Wapassou qui ouvre alors d’autres horizons au Rock. Parfois austère mais toujours habité, le 'Rock Progressif' des Alsaciens place le clavier au centre de ses préoccupations, donnant ainsi à sa musique une dimension spaciale aussi moderne qu’ésotérique qui n’est pas sans rappeler Amon Düül II et où Bach et Wagner semblent être des points de référence incontournables.

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http://www11.zippyshare.com/v/pBkBGq9D/file.html

Au moment de la publication du premier album de Wapassou en 1974, le claviériste Freddy Brua était responsable de toutes les compositions, à seulement 18 ans.
Ses deux camarades Karin Nickerl à la guitare et Jacques Lichti au violon en avaient seulement 19 et 18 ans. La formation très jeune a été favorisée dans son premier travail par l'apparition de divers musiciens invités, comme le percussionniste Benoit Moerlen qui sera plus tard au service de Gong.

"Wapassou" est un mélange assez follement incroyable, mais plutôt charmant et intéressant de Folk, de Prog et de Psychédélisme, ce qui lui donne un charme à la fois expérimenté et amateur.
Contrairement aux œuvres ultérieures du groupe dans le cas de quelques chansons avec encore un tambour, le son de Wapassou se trouve encore dans cette première phase de structures Rock plutôt traditionnelles.
Au lieu des sons électroniques qui domineront plus tard, il y a toujours un son d'orgue fougueux qui est complété par le violon plus geignard-romantique avec des inserts de guitare très discrets.
Toujours dans cette première étape, l'accent romantique de la musique du trio est déjà bien reconnaissable. Les mélodies coulent soigneusement d'elles-mêmes et sont libres d'éruptions ou d'accélérations dynamiques. Les paysages sonores fragiles sont accentués par les vocaux restreints de Karin Nickerl. La plupart des textes sont inhalées plutôt que chantés. Ainsi, les performances vocales subtiles se classent parmi la nature transfigurée des flux de mélodies romantiques.

Ce premier album est encore une sorte de brouillon de leur musique à venir, mais avant 1976, ils ont été vraiment installés avec leurs sons uniques d'une manière ou d'une autre entre Popol Vuh, Catharsis, Univers Zero et Opus Avantra.
Ce groupe semble, cependant, assez unique car il n'a pas de batteur. Cela rend leur style un peu original dans le genre Prog Rock.
Les différents claviers déterminent les événements (orgue électronique principalement, mais aussi piano, piano électrique et un synthétiseur éminent), accompagné du violon, du chant de Karin Nickerl et des guitares acoustiques plutôt rares.
Quelques invités ont aidé le groupe en studio, de sorte que, par exemple, dans "Musillusion", musique acoustique, incrustations de violon folklorique, clarinette et chant de chorale rendent l'atmosphère presque slave. Dans "Chatiment" et le "Trip" final, on utilise également une batterie, et dans "Trip", il y a aussi une basse électrique jouée par Jean-Pierre Schaal, ce qui fait de la pièce leur production la plus Rock.

L'album est un peu différent par rapport à leur travail ultérieur. Il comprend des éléments psychédéliques clairs qui ne peuvent être trouvés dans leurs enregistrements suivants. L'album est un mélange de compositions longues et courtes qui sont toutes très intéressantes. Un bon mélange de Psyché et de Chamber Rock par un groupe avec un son propre.

Le morceau d'ouverture, ''Mélopée", est un morceau poignant de musique de Chambre / classique douce avec des flûtes et des violons en avant, assez hypnotique mais aussi assez engageante.
On y découvre un son de flûte rêveuse au rendez-vous avec le violon joué de façon émotionnelle.
Avec le long ''Rien'', le groupe mélange de façon impressionnante le Psyché et le Rock de Chambre: Les sons sombres de l'orgue, les passages acoustiques avec des parties de violon effrayant et les vocaux emphatiques de Karin Nickerl présentent le visage vraiment personnel du groupe. Ces premières lignes vocales fragiles gagnent plus tard en devenant quelque chose de plus dramatique.
Dans les deux morceaux suivants, "Misillusion" et "Châtiment", on peut également entendre préalablement une clarinette jouée par Jean-Jacques Bacquet.
''Musillusion'' est clairement sur le côté le plus populaire des choses grâce à la combinaison de guitares acoustiques et de violons avec quelques sections symphoniques ajoutées et Karin est de nouveau en bonne forme.
''Chatiment'' est la première piste à contenir un jeu de batterie lent de la part de Jean-Michel Biger, à nouveau un joli mélange de musique cathodique de type Catharsis et de musique de Chambre dirigée par un violon, soutenu par l'expressivité du Chant narratif de K. Nickerl avec une grande section de flûte de Geneviève Moerlen vers la fin.
Les lignes vocales de Karin confinent à la rêverie d'une manière presque érotique.
Dans la mélodie monotone, une humeur hypnotique est établie malgré le dispositif stylistique simple, ce qui marque le point culminant de l'album et anticipe les caractéristiques des albums suivants.
Le long morceau de clôture, ''Trip'', comporte également le bon travail de percussion de Benoit, frère de Pierre Moerlen dans une piste qui ressemble à quelque chose comme un blocage psychédélique prolongé avec des solos d'orgue de feu à côté de la batterie et des percussions avant de prendre un peu de flamme de Ange, où les guitares électriques et les orgues se combinent bien.
Dans le son romantique élégiaque se glissent des éléments sonores psychédéliques qui apparaissent enfin au premier plan. Après un début sphérique et rêveur viennent en effet des sons psychédéliques répétitifs.
L'orgue voluptueux et un rythme sans cesse renaissant produisent un son hypnotique.
Dans la phase finale, le son du sitar de Christian Laurent et des tablas font même un détour dans les champs de méditation d'Extrême-Orient.
Ce morceau est une jam psychédélique, rapide, qui pourrait aisément provenir de Ash Ra Tempel, pourvu cependant d'un ton assez jazzy et d'un insert de sitar à la fin.

Aujourd'hui, l'album a, bien sûr, perdu de sa fraîcheur, peut-être en raison de l'absence d'une véritable énergie, mais on découvre encore des surprises avec le concept de combiner deux musiques différentes.
Mais, dans l'ensemble, ces débuts peuvent déjà convaincre par de belles ambiances sonores, il manque juste encore un peu de finesse...
Bien sûr, tout cela semble même un peu poussiéreux et il manque l'élégance qui viendra dans les années qui suivront.

A SUIVRE!

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La même année est paru un premier single intitulé "Femmes-Fleurs / Borgia"...

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https://www.youtube.com/watch?v=Fd6_p6mB1Po

En janvier 1976, Wapassou signe sur le label de Jean-Claude Pognant, Crypto, pour trois albums: "Messe en ré mineur" (1976), "Salammbô" (1977) et "Ludwig, un roi pour l'éternité" (1979).
Il s'agit d'une trilogie sur la vie, la mort et l'éternité composé par le claviériste du groupe, Freddy Brua.

Le deuxième album, "Messe en Ré mineur", a été enregistré au Studio Azurville en Juillet 1976.
Plus de basse de Jean Pierre Schall cette fois, mais ils ont recruté une chanteuse nommée Eurydice et l'ingénieur du son Fernand Landmann, qui avait joué des pièces acoustiques dans le premier album, figure encore parmi les invités.
Si le premier album ne comportait que cinq morceaux, le groupe ose une longue suite séparée en deux parties sur le format LP pour sa première sortie sur Crypto où ils retrouvent leurs confrères Mona Lisa, Tangerine et Carpe Diem (mais aussi Ganafoul et Little Bob Story). Clin d’œil au "Mass in F minor" d’Electric Prunes, "Messe en Ré mineur" forme une trilogie avec les deux suivants qui de leurs côtés accentuent les références à Bach ou Wagner au moins dans la construction. Il s'agit d'une trilogie sur la vie, la mort et l'éternité composé par le claviériste du groupe Freddy Brua.

Ce deuxième album diffère beaucoup de leurs débuts: Alors que le premier comprenait des pistes longues et courtes avec beaucoup de psyché, "Messe en ré mineur" représente l'avant-prog avec beaucoup d'éléments électroniques en un seul morceau. ''Messe en re mineur'' mérite l'attention de l'auditeur pour sa musique classique / Folk / Avant guarde avec une ambiance quasi mystique.
Celle-ci est très atmosphérique avec une saveur de Space Rock.

Certes, l'un des groupes les plus singuliers, Wapassou est bien dans la tradition Française de groupes très inhabituels comme Magma, Art Zoyd, Flamen Dialis, Dün et quelques autres groups totalement inclassables.
Le son peut aussi générer des comparaisons avec Gryphon, mais les mélodies, les accords, le développement de la composition et les émotions sont assez différents.

Ce tour de force musical consiste en une longue pièce traversant de nombreux thèmes et développements mélodiques, avec la voix éthérée d'Eurydice, qui change constamment et se transforme pendant une quarantaine de minutes.
La musique rappelle, par certains côtés, les musiques encore plus anciennes d'un "Interstellar Overdrive" de Pink Floyd ou d'un "Ultima Thule" de Tangerine Dream.
C'est à la fois délicat et étonnant, un chef-d'œuvre de beauté chatoyante. La grande interaction des claviers de Freddy Brua, de la guitare de Karin Nickerl, du violon de Jacques Lichti et du chant sans parole d'Eurydice est plutôt passionnante et parfaitement innovante même encore selon les normes d'aujourd'hui.

Comme dans les trois albums suivants, le Rock est inexistant, et le style peut être décrit comme un symphonique progressif, créé sous l'influence forte de la musique classique, en particulier le temps du baroque.
En plus des claviers, dirigé par un 'Ensemble à cordes' ARP, dans des arrangements impliquant des parties de guitare acoustique classique, de la flûte, du hautbois et du violon, ce dernier joue le rôle de premier plan en tant qu'instrument soliste.
La musique est un peu triste, mais, en général, elle finit par s'illuminer. Elle se développe en fait constamment, même si le rythme varie de lent à 'une mesure', à savoir, jamais vite. Cependant, après avoir écouté l'album, vous savez que dans ce cas, ce n'est pas vraiment une nécessité.

C'est, en fait, une Suite coupée en deux parties en raison des limites du vinyle, présentant un mélange de sons de musique de Chambre et de Psyché avec des références classiques, un peu semblables aux parutions mystiques du groupe Italien Saint Just ou des références croisées avec tous les sons des Français de Catharsis.
Mais contrairement à d'autres groupes, le son est exclusivement piloté par les claviers, la guitare et le violon sans aucun équipement supplémentaire. Le résultat est un voyage bizarre et atmosphérique avec des touches classiques et folkloriques et une attitude assez expérimentale, basée sur l'accord calme de progressions de la guitare et les paysages étranges, produits par les isolations de clavier et de violon.
Musique véritablement unique avec un esprit progressif / expérimental, qui surmonte l'absence d'un son plus riche avec l'affichage de mélodies éthérées, de paysages symphoniques et de textures psychédéliques avec Eurydice ajoutant une dimension supplémentaire avec ses chœurs angéliques et sans mots.
La musique est assez douce avec des passages totalement acoustiques et des explosions électrique rares, fondamentalement structuré autour de l'orgue de Freddy Brua et de la combinaison excentrique des chœurs et des violons.
Il y a même des couleurs gothiques et médiévales tout au long de l'écoute authentique et profondément personnelle.

Une voix féminine émerge de la brume synthétisée accompagnée d'une guitare déchirée, avant que la musique ne s'installe entre un réglage du clavier en constante évolution et le violon, la guitare restant souvent en arrière-plan.
L'absence d'instruments rythmiques typiques donne à la musique un sentiment encore plus grand.
Difficile de classer la musique de Wapassou, car le contexte liturgique n'est pas si éloigné des chœurs de Magma à l'heure de la messe, mais ressemblerait plus à un Univers Zero incroyablement plus positif ou au groupe français étrange comme Catharsis.
L'orgue Farsifa de Brua donne également une saveur différente à la musique que l'habituel orgue Hammond Asd, mais les voix ultra-haut placées d'Eurydice ne sont pas toujours faciles à apprécier...

L'album contient de la musique éthérée méditative progressive où seuls sont présents les claviers, la guitare et le violon, plus une merveilleuse voix féminine.
Bien que ce travail soit cohérent et symphonique, l'album donne l'impression qu'il n'y a pas de véritable développement. Ce n'est pourtant pas juste simplement un mélange de bruit et de sons, car on y découvre des mélodies qui passent, des solos de violon et des riffs d'orgues, faisant écho au chant choral féminin, avec, parfois le chaos se résolvant dans des paysages sonores.
En gros, cet album est composé de belles pièces qui passent en douceur de l'une à l'autre, mais n'ont pas de thèmes 'général', 'principal'.
Peut-être qu'en raison de cette caractéristique, l'impression n'est pas si puissante, bien qu'elle soit très bonne. Il est bien difficile de traduire les émotions et les sentiments générés.

Au fil de l'écoute, on peut, par exemple, entendre ce qui semble être une wedding march ou l'Ave Maria.
En tout état de cause, cette musique donne du mérite au titre de l'album.
Peut-être est-ce une réponse des années 70 à Handel!
Wapassou présente même un peu de Raga et pendant les dix dernières minutes, le groupe arrive au sommet de son art avec un climat de ce que les Anglo-Saxons appellent 'Chamber Rock'. L'orgue, le violon, les voix féminines, une fois de plus se construisent en émotion...
Oui, si vous désirez commencer quelque part dans l'avant-garde, c'est un endroit formidable...

Par conséquent, "Messe en ré mineur" est un album vraiment unique, original et différent.
En fait, ce disque ne crée pas une ambiance sombre, mais, en même temps, ce n'est pas une musique 'éclairante' comme Yes ou Le Orme.

Cet album est un véritable must pour tout fan de Progressive Music qui ne se limite par un cliché 'rockisant'.

"Messe En ré Mineur" ayant été un succès artistique. Naturellement, Wapassou va répéter la formule pour ses deux albums suivants avec le même genre de succès, ces trois albums apparemment formant une trilogie.

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http://www.mediafire.com/file/49r7xcu6kz24jx1/WaSa.zip

Après la messe, ils tentent de nouveau, en 1977, une autre grande pièce de musique divisée en deux longues pièces par face...
Mais quelque chose a changé: l'ensemble est moins redondant, un peu plus commercial, et fortement cohérent.
Dans cet album intitulé "Salammbô", on ne remarque même plus le manque total de percussions.
Cela fonctionne bien mieux: toujours une suite en deux parties, mais cette fois beaucoup plus compacte mais certainement mieux structurée. Même la division en deux parties semble logique.

Cet opus est inspiré par l’œuvre de Gustave Flaubert. Les climats envoûtants se développent en séquences répétitives d’orgue et de violon. Ce qui confère à la musique une solennité, un symphonisme grave et sombre. C'est clairement un tout plus diversifié que son prédécesseur, ce qui est positif dans ce cas précis.
Un album étrange, mélange de sons symphonique, de musique classique et d'ambiance, parfois.
C'est un disque qu'il faut écouter plusieurs fois pour en saisir son essence et sa subtilité.

Le style du groupe implique généralement des textures de synthétiseurs et des motifs d'orgue fringants, sur lesquels fonctionnent des couches de violon et un certain badigeonage de guitare hallucinogènes.
Les instruments sont pilotés de manière intermittente à travers divers processeurs d'effets, créant essentiellement des paysages sonores trompeusement vastes qui vont quasiment de l'émotion à la beauté frappante.
Le sentiment d'absence de forme n'est exacerbé que par l'absence complète d'une base percussive, et le groupe semble prendre certaines libertés avec le tempo.
À la fin cependant, cela ne sert qu'à accroître l'effet faussement amorphe, de flux de conscience que l'album pourrait avoir.

Avec "Salammbô", Wapassou est arrivé à un croisement presque parfait de la musique populaire Française, de la musique électronique, de la grandeur orchestrale et de l'avant-garde.
Bref, c'est un album extrêmement novateur, mais, en même temps, profondément magnifique.
Certes, le groupe s'appuie sur des thèmes apparemment inspirés par le folkore, ainsi que des magnifiques mélodies de sonorité conventionnellement classiques, mais c'est dans leur conception subtile d'un effet rêvé et désincarné où réside une grande partie du pouvoir de cet enregistrement.

Le voyage mystique continue donc avec ''Salammbô'', qui repose sur deux suites largement orientées vers l'acoustique, avec des violons et des claviers en avant et quelques voix féminines / masculines éparses (Monique Fizelson et Jean-Pierre Massiera).
Le son se termine par de la musique psyché éthérée avec des liens avec Catharsis évidents et une aura folle plus prononcée grâce à l'utilisation du violon. La musique est sombre et mystérieuse avec de longs effets de claviers, des terribles lignes d'orgues et des notes de violon étendues.
Les deux pièces progressent essentiellement de la même manière, en passant par une variété de thèmes, parfois avec des voix féminines éparses, avant d'arriver à des conclusions particulièrement émouvantes et évocatrices.
Cet album est chaleureusement recommandé aux amateurs Français de Rock progressif, en particulier ceux qui ont le goût du côté plus avant-gardiste du spectre...Juste un chef-d'œuvre, rien de plus, rien de moins!

C'est réellement un très bon album de Wapassou; original pour être du symphonic prog et souvent beau.
Comme précédemment indiqué, la musique est une forme symphonique d'Art Rock avec une sensation évidente de bande son.
Tout se passe de la manière la plus charmante, même si le début est plutôt terrible (discours d'Hitler, piano percussif, voix obscure de fausset), le reste peut être très satisfaisant.
A noter les chœurs qui semblent être inspiré par Mike Oldfield au milieu de la première face.

Wapassou a donné quelques concerts pendant une période de trois ans, ce qui a fini par les laisser assez épuisés à la fin de la décennie.

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https://www.youtube.com/watch?v=RuILAADl5DU

Dans l'album suivant, "Ludwig - Un Roi Pour L'Eternité", paru en 1979, le son s'améliore par rapport au précédent album.
Le groupe est, alors, un quintuor sur cet album magique et le line up original est complété par deux invités, Marc Dolisi aux synthés et Véronique Nickerl aux vocaux.
Les voix féminines sont à considérer plus comme instrument qu'autre chose car les mots n'ont pas beaucoup de sens. Mais en tant qu'instrument, cela marche très bien. C'est le langage universel de la musique.

Avec cet album, Wapassou traverse pratiquement un 'no-mans land'. C'est un peu trop étrange pour les rockers prog traditionnels et pas assez étrange et trop mélodique pour la foule avant-gardiste. Cet album est, en fait, à mi-chemin entre les deux.

Le disque a été inspiré par Ludwig II Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach (Louis II de Bavière), qui a été l'un des derniers rois de Bavière. Il aimait Wagner, il en fut le mécène, et il fit construire un bon nombre de chateaux, dont le célèbre château de Neuschwanstein.
En 1870, il a été déclaré malade mentale et on l'arrêta même quelques années plus tard, en 1886. Le lendemain, on retrouva son corps noyé dans le lac de Starnberg.
A l'heure actuelle, c'est toujours un mystère de savoir la raison de sa mort.

Le style de cet opus est une musique de chambre avec synthétiseur qui montre de belles images et de belles émotions. Ses mélodies rappellent même Mike Oldfield. Le plus gros de l'album est basé sur beaucoup de synthés et des violons.
Le disque est vraiment un long chant ou un 'hymne" comme le groupe avait choisi de l'appeler et son meilleur morceau semble être est celui qui est intitulé "Ludwig", long d'une trentaine de minutes.

En Juillet 1979, Wapassou décide de moderniser et de renouveler le son du groupe en ajoutant un batteur du nom de Dominique Metz pour donner une assise rythmique plus conventionnelle et plus énergétique puis, en 1980, le groupe engage une chanteuse appelée Christine Maillard.

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Cette même année, le groupe enregistre un nouvel album intitulé "Genuine" sur le label Sterne, distribué par Musidisc.

Comme beaucoup de groupes catalogués prog au début des années 80, Wapassou intègre alors une bonne dose de Pop bien commerciale dans sa musique, avec batterie disco incluse.
Ce qui n'est pas crédible un seul instant car les compositions signées par Brua présentent encore souvent des influences classiques, et Lichti est toujours en première ligne, donc le son est original mais plutôt incongru pour un groupe qui cherche, apparemment en vain, à se faire une place dans le paysage New Wave de l'époque.

Malgré le titre, ce n'est certainement pas un album 'authentique' (traduction de 'genuine') de Wapassou. Il ne ressemble à rien de leur travail antérieur.
Pourtant, en se développant en un quintuor, le groupe offre des Rocks accrocheurs, un peu proggy sur les bords, et un travail élégant de synthétiseur et de violon.
Les musiciens n'arrivent d'ailleurs pas à tenir complètement leurs résolutions, puisque l'album s'achève par "Torquemada", certainement le meilleur morceau de l’album, un instrumental prog de plus de onze minutes soi-disant inspiré de Victor Hugo, mais incluant bizarrement un peu de rythme Reggae...

Mais, le défaut peut-être le plus rédhibitoire réside dans le choix de la chanteuse, Christine Maillard, car, sauf à l'occasion de certains refrains qui nécessitent d'aller dans les aigus et où elle devient supportable, sa voix est probablement l'une des plus hideuses jamais entendues, braillante et / ou chevrotante.

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A propos de collection, il est à noter que, pour une raison inconnue, la pochette porte bien le titre "Genuine" mais que les étiquettes du disque lui-même indiquent "Le Lac d'Argent", un titre qui s'avèrera être aussi celui de leur ultime album, publié en 1986...

Au final, "Genuine" n'est pas vraiment un mauvais album, bien qu'ils n'aient certainement pas utilisé de syndrums sur les deux premières pistes, cet effet paraissant tellement éculé.

Wapassou fait des tournées jusqu'en 1983 et certains de ses membres (Freddy Brua et Karin Nickerl) créent à Strasbourg un studio du nom de R.B.O.(Rock et Belles Oreilles).

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https://itunes.apple.com/au/album/le-la ... 1104393479

Après quelques années de silence, Wapassou se reforme avec une nouvelle chanteuse, Sylvia B, et tente un retour en 1986 pour enregistrer "Orchestra 2001 - Le lac d'argent".
Ce dernier album unifie certains aspects différents de leurs travaux antérieurs.
Comme sur "Genuine", la musique est mélodique et dominante avec des arrangements de bande complète et de courtes pistes, mais comme avec la trilogie précèdente, elle est fortement influencée classiquement, avec des vocaux principalement sans mots.

Dans l'ensemble, c'est une fin assez agréable pour leur carrière, sans être un disque particulièrement aventureux ou mémorable.
L'album sort en 1986, mais il ne rencontre pas le succès commercial escompté.

L’absence de succès met un terme aux activités du groupe qui se sépare officiellement fin 1986 avec plus de 300 concerts à son actif.

A noter que chacun de leurs six albums a présenté une chanteuse différente, représentant ainsi un modus operandi très étrange.

Discographie

1974 : Wapassou
1976 : Messe en ré mineur
1977 : Salammbô
1979 : Ludwig, un roi pour l'éternité
1980 : Genuine
1986 : Orchestra 2001

Sources: Wikipédia, rockmadeinfrance, Hugues Chantraine, Horst Straske, Achim Breiling, Henry Schneider, Sean Trane, Greg Northrup
Dernière édition par alcat01 le 14 Juil 2017, 17:29, édité 22 fois.
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar 33rpm » 24 Juin 2017, 19:27

De bonnes têtes de drogués :))
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar arsen33 » 25 Juin 2017, 12:21

Pourtant, je ne pense pas que Freddy Brua (le pilier du groupe) se droguait.

Il me semblait qu'il y avait déjà la participation anonyme (parce qu'elle était mineur) de la chanteuse sur le premier album (quelques effets de voix à un moment), je me trompe?
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar titis » 25 Juin 2017, 19:40

Bonne idée cette Bio :respect:
Je ne connait pas très bien la musique de ce groupe , je le connait surtout de réputation via la presse de l'époque
" L'éternité c'est long surtout vers la fin"
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar bratislava1 » 11 Juil 2017, 19:43

Salammbô et Ludwig me semble les plus aboutis.
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar Cooltrane » 03 Aoû 2017, 13:26

bratislava1 a écrit:Salammbô et Ludwig me semble les plus aboutis.


Meese En Ré Mineur est du même acabit
Ma collection de disque a décuplé en passant des musiciens drogués aux musiciens fou-toqués
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Re: WAPASSOU (Bio)

Messagepar astu » 20 Oct 2017, 18:14

Cooltrane a écrit:
bratislava1 a écrit:Salammbô et Ludwig me semble les plus aboutis.


Meese En Ré Mineur est du même acabit

Je suis de ton avis .
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