ERIC JOHNSON (Bio)

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ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar alcat01 » 15 Nov 2017, 17:00

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Eric Johnson, né le 17 août 1954, est un guitariste virtuose Américain, compositeur, et chanteur originaire d'Austin, au Texas.
Surtout connu pour ses grandes capacités à la lead guitare, il est également un bon chanteur et il joue aussi de la guitare acoustique, de la lap steel guitar, de l'instrument à résonateur (de style dobro), de la basse et même du piano.
Il est à l'aise dans un large éventail de genres musicaux différents, ce qui est particulièrement visible dans ses travaux en studio et sur scène, dans lesquels il incorpore divers éléments de Rock, de Blues électrique ou acoustique, de Jazz, de Fusion, de Soul, de Folk, de New Age, de Classique et de Country.
Dans un portrait réalisé par le magazine 'Keyboard mag', Johnson a été qualifié de "l'un des guitaristes virtuoses les plus respectés de la planète".
En 1990, son album "Ah Via Musicom" a été certifié disque de platine.
Le single "Cliffs Of Dover", extrait de cet album, lui a valu, en 1991, le Grammy award de la "meilleure prestation Rock instrumentale".
A noter que Johnson a participé en 1996 à la tournée Américaine de Joe Satriani en compagnie également de Steve Vai: Ils formaient alors la première version du groupe G3.

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Eric Johnson est né dans une famille passionnée par la musique; son père, qui pratique le sifflement musical, incite ses trois sœurs et lui à prendre des leçons de piano.
Eric commence à apprendre passionnément la guitare à l'âge de 11 ans et il découvre rapidement des musiciens qui vont fortement l'influencer tels que Chet Atkins, Eric Clapton, Jimi Hendrix, Wes Montgomery, Jerry Reed, Bob Dylan, et Jeff Beck, entre autres.

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A peine 'âge de 15 ans, il rejoint son premier groupe professionnel, Mariani, un trio de Rock Psychédélique.

C'est donc en 1969 que commence véritablement la carrière d'Eric:
Le petit label "Sonobeat Records" voulait former un nouveau groupe pour répéter le succès remporté par Johnny Winter sur l'album "The Progressive Blues Experiment", numéro 49 dans le Billboard, et sorti sous leur label.

Image Vince Mariani

Bill Josey Sr., un producteur de musique et l'un des propriétaires du label, avait contacté le batteur recherché Vince Mariani, qui avait rapidement accepté de participer à ce projet.
Il faut dire que Mariani était un batteur suffisament bon pour auditionner sérieusement pour être le remplaçant de Mitch Mitchell dans le groupe de Jimi Hendrix. Au lieu d'obtenir le poste, il a été persuadé par le producteur d'Austin et propriétaire de l'étiquette Bill Posey de former son propre groupe.

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Eric Johnson n'avait donc que quatorze ans quand il avait pour la première fois rencontré le batteur Vince Mariani.
Plus tard, alors que Vince cherchait à former un groupe, Eric a été invité à auditionner au studio Western Hills Drive d'Austin, au Texas. Après avoir jammé avec Johnson, il a engagé le jeune Eric pour être son guitariste car celui-ci avait impressionné tout le monde avec sa guitare pyrotechnique étonnante.
Le bassiste Bob Trenchard avait été choisi pour prendre la basse du groupe, qui n'avait encore aucun nom.
À l'Automne 1969, une décision fut prise, le groupe s'appellerait Mariani, puisque Vince Mariani était un batteur bien connu au Texas.
Bill Josey Sr. de Sonobeat Records suggéra que le groupe enregistre des démos avant de s'engager dans un album, et le groupe a enregistré deux instrumentaux sans titre.
Peu de temps après l'enregistrement de ces morceaux, Bob Trenchard quitta le groupe, bientôt remplacé par un bassiste et chanteur appelé Jay Podolnick et avec ce musicien, ils ont rapidement commencé à composer plusieurs chansons ensemble.
En 1970, le groupe enregistra son premier single, intitulé "Re-Birth Day", chanson composée par Vince et Eric avec les paroles de Herman M. Nelson, et une voix doublée par Jay.
La copie d'avance du single a été publiée dans une pochette en caoutchouc.
Un peu plus tard, le groupe enregistra un autre single "Memories Lost and Found".

Après avoir enregistré ces deux singles, Podolnick avait été remplacé par Jimmy Bullock à la basse et Bill Wilson, un aviateur alors stationné à la base aérienne de Bergstrom d'Austin, au chant. Le groupe a également été rejoint par Darrell Peal, junior de l'Université St. Edward.
Mais, avant d'enregistrer leur unique album, le groupe a travaillé et enregistré quatre autres nouvelles demos, dont deux longues jams instrumentales avec de nouvelles versions de "Re-birth Day" et "Memories Lost and Found".
Le groupe a finalement enregistré son album intitulé "Perpetuum Mobile" dont seulement 100 copies ont été pressées. L'album n'a jamais réellement été commercialisé.
En 2008, l'un de ces rares exemplaires survivant sera même vendu sur e-Bay pour 2850 $. Dans cette copie, se trouvait une note manuscrite de Vince:
"Il s'agit de l'une des 100 copies jamais enregistrés (et réalisées) et c'est devenu un excellent objet de collection dans cette galaxie".

Le titre de l'album, "Perpetuum Mobile", lui avait été donné afin de reconnaître les solos de guitare d'Eric Johnson et le jeu de batterie complexe et non-stop de Vince Mariani. Dans ce contexte, l'expression "perpetuum mobile" ne se réfère pas au mouvement perpétuel, concept hypothétique de la physique, mais c'est plutôt un synonyme du terme musical "moto perpetuo", signifiant des notes jouées très rapidement et continuellement.

La musique est un peu dans la lignée de Cream. Et, étant donné que c'est le groupe de Vince, lui et sa batterie attirent l'attention la plupart du temps, mais 'Lil 'Eric' avait beaucoup d'espace pour briller.
Il n'était pas encore au niveau de Clapton, comme on pouvait s'y attendre, mais il avait déjà un très bon niveau.
Il montrait une bonne maîtrise de la pédale wah wah, ce qui était déjà bien en 1970.
Dans le morceau "Re-Birth Day", qui a été édité pour une sortie en single, Johnson montre un éclair dans son break de guitare qui fournit une forte indication de la carrière solo qu'il allait lancer de nombreuses années plus tard.
L'instrumental "The Unknown Path" est en grande partie un exercice à la Hendrix. Dans beaucoup d'autres endroits, il montre encore plus de cette promesse; peut-être que ce n'est pas encore un style distinctif, mais c'est de bon augure.

À son apogée, à la fin des années 60, le groupe a même partagé la scène avec des groupes consacrés tels que ZZ Top et Bloodrock dans leur État natal du Texas.
Mariani ne sera pourtant réellement connu que des années plus tard pour avoir été le premier groupe d'Eric Johnson, alors âgé de 15 ans.


Bien que le groupe ait fait la promotion de son album en tournée avec Deep Purple, "Perpetuum Mobile" n'a pas eu beaucoup d'impact.
Après quelques années, le groupe s'est effondré sans enregistrer un autre album et les individus ont poursuivi d'autres intérêts.

En 2001, Akarma Records publiera une version de l'album tirés à seulement 100 exemplaires.
En 2012, l'album sera re-publié, avec de nouvelles chansons.

Après cela et après avoir été diplômé de l'enseignement secondaire, Johnson étudie brièvement à l'Université du Texas à Austin puis il part en voyage avec sa famille en Afrique.

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De retour à Austin en 1974, il se joint à un un groupe de Fusion local appelé the Electromagnets dont les autres membres sont le batteur Bill Maddox, le bassiste Kyle Brock, et le claviériste Stephen Barber.

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The Electromanets avait été formé en 1973 par Bill Maddox (batterie), Steve Barber (clavier) et Kyle Brock (basse), alors qu'ils collaboraient avec de nombreux percussionnistes et joueurs de cuivre à leurs débuts. Un an plus tard, la section de cuivres fut abandonnée et Eric Johnson prit sa place à bord du navire.
Ce groupe a suivi le chemin de groupes de Fusion tels que the Mahavishnu Orchestra, créant un amalgame de Rock, de Jazz, de Blues et d'Avant-Garde. À la différence de beaucoup de leurs pairs, the Electromagnets semblent relâchés, et ils s'amusent en distordant le rythme.

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https://www.youtube.com/watch?v=fFYS8wf6TLg

Leur premier album "Electromanets" sorti en 1975 est pratiquement devenu un must de légende.
Il faut dire que le Jazz Rock Fusion des années 70 ne pouvait être que formidable avec de superbes albums comme celui-ci. Le jeune Eric Johnson le joue dans le style classique du début des années soixante-dix.
Il a une telle agilité pétillante, et pas seulement en termes de vitesse, mais aussi de variations de son, de contour mélodique, de contrôle de feedback. Il pouvait obtenir un son léger, boisé, chantant comme personne.
Johnson est quasiment exceptionnel non seulement par ses capacités techniques mais aussi par sa capacité à générer des sons et des paysages sonores uniques à partir de sa guitare. Très Mahavishnu Orchestra dans l'esprit, mais toujours unique à sa manière.

Ce fut vraiment l'un des meilleurs disques de Fusion de l'époque, et on ne peux pas dire que l'on en a entendu beaucoup depuis lors qui lui correspondent dans l'exubérance juvénile, un sens lumineux de la découverte excitée, mais aussi une grâce modeste.
Il est vraiment dommage qu'il soit passé inaperçu.
Il faut surtout retenir que the Electromanets fut un groupe important de Jazz Fusion des années 70 mais malheureusement trop méconnu.

Initialement enregistré comme demo et ensuite remasterisé pour sa sortie indépendante en 1975, le groupe réussit musicalement, en particulier avec l'interaction, comparable aisément avec John McLaughlin et Jan Hammer dans the Mahavishnu Orchestra, entre le guitariste Eric Johnson et le claviériste chanteur Stephen Barber dont le travail sur le piano électrique, l'orgue et le synthétiseur mini-Moog est scintillant.
Plusieurs invités apparaissent dont le chanteur Chris Geppert qui a ensuite couru les Charts Pop sous le nom de Christopher Cross.

Pourquoi the Electromagnets n'ont pas acquis une plus grande reconnaissance est déroutant, certaines choses n'arrivent tout simplement pas.
C'est vraiment dommage pour Eric, parce que si cet album avait eu plus de succès commercial, il l'aurait lancé dans la grande catégorie des grands guitaristes plus tôt. Il aurait pu être une icône de la guitare dans les années 70 plutôt que le début des années 90.
Ce sont pourtant tout simplement de superbes claviers, une belle basse, d'excellentes percussions et une guitare extrêmement chaude, le tout solidement ancré dans un groove solide.
Car ce groupe personnifie parfaitement ce qui est génial dans le Jazz Fusion. Tous les musiciens sont fantastiques: Même si Eric passe le plus clair de son temps en solo, tous les autres membres du groupe sont remarquables dans leur jeu.
Si cet album de Jazz Fusion de très haute énergie était sorti sur un grand label à l'époque, il ne fait aucun doute que les fans de Jazz Rock Fusion parleraient de the Electromagnets dans le même souffle que Return To Forever, Jean-Luc Ponty, Jeff Beck, Brand X, John McLaughlin, Al DiMeola, et autres Steve Morse and the Dixie Dregs.

Certains enregistrements laissent leurs empreintes et résistent à l'épreuve du temps; c'est certainement l'un d'entre eux.
Ce disque regorge de superbes compositions, de solos et de jams, et ce n'est pas seulement le jeu incroyable d'Eric qui fait cette superbe musique. Les quatre membres du groupe sont des musiciens hautement qualifiés et d'excellents compositeurs et arrangeurs; en effet, c'est la force des compositions qui impressionne au plus haut point et qui fait regretter de ne pas avoir entendu cet album à sa parution.
La production est excellente et fait ressortir le meilleur de la musique. La seule chose qui manquait à ces gars-là pour atteindre la renommée de la fusion jazz fut certainement une connexion à Miles Davis dans leur curriculum vitae.

Cette Jazz Fusion est vraiment puissante, progressive et complexe avec de nombreuses approches différentes.
Des rythmes groovy énergiques aux pistes de Fusion à base de guitare fougueuse avec des breaks brusques et d'un 'mellow Jazz' emmené par un sax moelleux au piano electrique centré sur un 'smooth Jazz Rock' façon Weather Report. Souvent, les morceaux ont une ambiance improvisée avec Johnson produisant d'excellents solos jazzy. La section rythmique est fantastique avec de lourdes lignes de basse et des percussions furieuses, tandis que le clavinet de Barber rappelle Gentle Giant.
C'est peut-être tout simplement l'un des meilleurs albums du genre jamais sorti et la musicalité y est exceptionnelle.

Il est presque entièrement instrumental à l'exception de "Salem". Une fonctionnalité intéressante pour rendre l'album plus diversifié. Toutes les chansons sont bonnes mais "Hawaiian Punch" et surtout le un peu plus agressif "Dry Ice" sont les meilleures chansons de l'album.
Il y a quelques chansons plus douces sur l'album comme "Motion" et "Salem".
Chaque morceau ouvre la voie à un solo créatif de Johnson et de Barber. Les pistes ont une sensation de vie, car le timing semble gonfler et devenir élastique. La musique ne traîne jamais, elle engage l'esprit et apaise l'oreille. Le ton de Johnson est si doux, il semble toujours choisir les bons espaces, ne jamais trop jouer.
Le mouvement a cette douce fluidité sensuelle dans son effet global sur les sens de chacun.
"Hawaiian Punch" est un morceau de Jazz Rock ludique qui aurait été dépareillé sur un album de Tony Williams Lifetime.
"Dry Ice" est une séance de travail dure emmenée par un piano électrique, avec un Johnson déchirant juste des notes en petits morceaux. La basse de Kyle Brocks prend un peu de place pour prendre quelques leads alors que les trois interviennent sur le groove hyper-actif de Maddox. "Blackhole" ajoute plus de jazz dans le mixage, avec un rythme serré, des coups de guitare savoureux et un clavier plus qu'habile.
"Salem" ralentit le rythme et Stephen Barber prend la direction des opérations sur son Fender Rhodes.
Enfin, les invités, Chris Geppert, mieux connu sous le nom de Christopher Cross apparait au chant sur "Motion" et Thomas Ramirez ajoute de son sax sur "Minus Mufflers" et donne à l'air une inflexion de Jazz plus lourde.

En conséquence, leur album est plus agréable à écouter que la plupart des albums de Fusion des années 70, même quand ils s'aventurent dans des clichés Prog, leur musicalité les sort d'affaire.
La présence de Johnson a fait de the Electromagnets une curiosité, mais elle fait aussi de ce disque plus qu'un étrange objet historique.

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http://mp3zv.me/music/Electromagnets

Un second CD composé de matériel de studio de Décembre 1975, a fait surface bien plus tard.
Enregistré à peu près en même temps que leur album éponyme, "Electromagnets II" voit le jour pour la première fois à la fin de cette année-là..
En tant que tel, il se présente comme un artefact historique à une époque expansive lorsque l'audace et la virtuosité du Jazz fusionnaient avec l'énergie à haute tension du Rock.
Les sonorités flamboyantes et immédiatement reconnaissables de Johnson fournissent les points forts de l'album, et l'interaction frénétique entre le guitariste et claviériste Stephen Barber, le bassiste Kyle Brock, et le batteur Bill Maddox est palpable.
Certainement inspirés par Weather Report, Return to Forever, et Jeff Beck, entre autres, Electromagnets était un groupe talentueux avec des musiciens puissants.
Frank Zappa en était fan, appelant le groupe local populaire "...un Mahavishnu avec un sens de l'humour...".

Disponible uniquement sur le site personnel de Johnson, "Electromagnets II" est un disque de Fusion très convaincant, avec un jeu de guitare encore plus agressif que le premier album et une aide supplémentaire dans les compositions d'Eric Johnson, telles que "Cannonball" et "Wake Up".
Les solos explosifs d'Eric exsudent toutes sortes d'influences de l'époque: Beck, Bolin, Hendrix, McLaughlin, le tout mélangé dans un ragoût chaud et fusionné.
Pour la fraîcheur de son jeu, il suffit d"écouter "Chickin' Pickin'". Il était alors étonnamment mature et féroce; pas trop mal pour un gamin de seulement 21 ans.

En fin de compte, on ne peut encore se demander ce qui se serait passé si the Electromagnets avaient été découverts à l'époque, s'ils avaient été signés sur un grand label spécialisé en Jazz Rock de l'époque comme Columbia / Epic ou Nemperor, et s'ils avaient sorti des albums de ce calibre, Johnson aurait certainement pu être compté parmi les meilleurs guitaristes de la génération.

Le groupe ne tournant et n'enregistrant qu'à l'échelle régionale, il ne parvient pas à attirer l'attention des majors nationales, et finit par se séparer en 1977.
Toutefois, notamment en raison de la qualité du jeu d'Eric Johnson, the Electromagnets ne passent pas complètement inaperçus, se créant un petit groupe de fans; des décennies plus tard leurs deux albums devenus culte connaissent finalement une diffusion importante en ressortant sous le format CD.

Après la disparition de the Electromagnets, Eric Johnson forme un trio, the Eric Johnson Group, avec le batteur Bill Maddox et le bassiste Kyle Brock, avec lequel il part en tournée dans la région d'Austin.

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Entre 1976 et 1978, ce groupe enregistre un album complet intitulé "Seven Worlds".

Johnson avait auparavant signé un contrat d'exclusivité avec la société d'agent artistique Lone Wolf Produtions qui est donc chargée d'obtenir un contrat avec une maison de disque pour publier l'album.
Espérant parvenir avec un accord avec une major, Lone Wolf refuse plusieurs offres de labels moins importants; finalement, l'album ne peut sortir.
Ce n'est que bien plus tard, en 1998, que "Seven Worlds" pourra être enfin publié.
En fait, en raison de divers différends, la sortie générale a été différée jusqu'à ce que Johnson n'ait enfin obtenu les droits sur les masters d'enregistrement, vingt ans plus tard.

Johnson avait, entre temps ré-enregistré les titres "Zap" et "Emerald Eyes" pour son premier album général paru en 1986, "Tones".
"Seven Worlds" est une véritable perle rare pour les fans de ce guitariste-compositeur acclamé.
Cet album est bien plus qu'une collection prometteuse de demos; c'est un album complet, entièrement produit, qui met en valeur tout le talent déjà impressionnant de Johnson, non seulement en tant que virtuose de la guitare, mais aussi en tant que compositeur de Pop Rock. Un seul petit bémol, les vocaux un peu faiblards.
Comme plus tard avec Eric Johnson, les vocaux sont plutôt ringards. Mais il a quand même amélioré sa voix au cours des huit années passées.

Encore une fois, Eric était vraiment en avance sur son temps, comme le montre cet album. La production sur la plupart des chansons parait peut-être quelque peu datée et certaines des paroles sont aussi un peu 'ringardes', mais le travail et le jeu d'Eric est tout simplement exceptionnel! Le solo de "By Your Side" est même incroyable.
Des morceaux tels que "Showdown" montrent clairement son talent, même à un stade encore assez précoce.
Un faux départ chic pour une grande carrière, et un must pour les fans d'Eric Johnson.
Et il ne faut pas oublier une super section rythmique, avec surtout un énorme batteur, Bill Maddox.
Bien qu'il s'agisse d'enregistrements qui datent, certains sont inédits et d'autres sont des versions originales des meilleurs morceaux de l'album de 1986, "Tones"; le jeu est toujours exceptionnel, et le fait qu'il s'agisse d'un enregistrement beaucoup plus 'brut' que les précédents incite vraiment à l'écouter plus encore.
Bien que cet album n'offre pas le paysage sonore écrasant de l'album de 1996, "Venus Isle", sa production dépouillée laisse grandement éclater le jeu d'Eric.

C'est surtout un disque qui comporte certaines des meilleures chansons d'Eric. "Emerald Eyes" et "A Song for Life" ont été inspirés par un vieil 'ami'.
Les deux premières chansons, "Zap" et "Emerald Eyes" apparaissent également sur les albums suivants. Cependant, ils sont présentés ici dans un état moins mature.
"Zap" est un morceau de guitare bouillante. C'était le premier clip vidéo d'Eric sur MTV. C'est un grand morceau, tous ses fans vont adorer ajouter cela à leur collection.
La troisième piste, "Dry Ice", donne une pépite de style 'Beck' avec les harmoniques et la brillance pure de l'improvisation.
"Showdown", apparemment une chanson sur un duel au pistolets dans l'ouest Américain, comporte des guitares et des vocaux presque poppy. C'est un peu court et pas très varié, mais la mélodie est jolie, tout comme la guitare.
L'intrumental "A Song for Life" est tout aussi merveilleux.
Il est cependant difficile de croire à quel point cette musique sonne encore fraîche à l'heure d'aujourd'hui!

En attendant de pouvoir se libérer de son contrat, Eric Johnson commence à travailler en tant que musicien de studio, notamment pour des artistes aussi connus que Christopher Cross sur son album "Christopher Cross" de 1976, ou Carole King sur son album "One to One" de 1979.
Il apparait sur des albums d'artistes moins connus comme Alessi sur l'album "Long Time Friends" de 1982, ou Marc Anthony Thompson sur son album éponyme de 1984.
Dans le même temps, il continue à jouer dans des concerts locaux, et à développer son style personnel.

Sa carrière rebondit en 1984 avec sa signature chez Warner Bros Records, facilitée par l'expiration de son contrat avec Lone Wolf Productions. Plusieurs versions circulent sur les circonstances entourant la signature de ce contrat:
Selon l'une, ce serait Prince qui aurait recommandé au label de signer Johnson; une autre veut que Warner aurait suivi une recommandation de Christopher Cross, pour qui Johnson avait été musicien de studio.

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"Tones", le premier album d'Eric Johnson sur une major, Reprise Records, sort en 1986.
Une édition remasterisée sera rééditée le 23 février 2010 par Wounded Bird Records.

A cette époque, deux géants de la guitare plus ou moins connus représentaient la scène locale d'Austin et il y avait, bien sûr, une rivalité très amicale entre les deux. Bien que très différent l'un de l'autre, il ne fait aucun doute qu'Eric a été inspiré par Stevie Ray Vaughn, et il ne fait aucun doute que Stevie Ray était motivé pour continuer à élever la barre plus haute - car il ne pouvait s'empêcher d'entendre parler de la façon dont Eric était reçu dans les cercles de musique d'Austin et au-delà.
Ce fut un moment vraiment spécial, et avoir ces deux là, en tant que pairs, jouant et évoluant à Austin ensemble, a créé un genre de creuset qui a fait que tous ceux qui aspiraient à être musiciens à Austin étaient beaucoup mieux, parce qu'ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance avec le public ou la critique, ou même l'obtention de réservations dans les bars là-bas, s'ils ne pouvaient pas tout d'abord être à la hauteur.
Les poseurs étaient systématiquement rejetés. Tous les musiciens de l'époque ont bénéficié de cet environnement que Stevie, puis Eric, ont contribué à créer et à légitimer.
Stevie Ray Vaughn et Eric Johnson ont d'ailleurs joué ensemble plusieurs fois: Ils ouvraient et / ou étaient tête d'affiche l'un pour l'autre dans certaines occasions. Ils ont ainsi joué ensemble, par exemple, à la Austin Opry House.

Mais, revenons à ce disque...
Les chansons qui composent "Tones" avaient, bien sûr, été écrites et enregistrées quelques années avant sa sortie. Il présente certains des meilleurs travaux qu'Eric ait jamais écrits.
Johnson n'est peut-être pas le guitariste le plus connu mais il est par contre l'un des plus doués. Son travail est toujours nouveau, frais et agréable à entendre. Il y a beaucoup de chansons qui ne peuvent que piquer la curiosité de tout auditeur, notamment "Soulful Terrain", "Friends", "Emerald Eyes", "Off My Mind" ou encore "Zap".
Les ponts, les sons et l'atmosphère de "Tones" qui ne manque pas d'énergie ne sont pas du hard rock ou du heavy metal, mais c'est assez génial toutefois et c'est encore de l'art musical à l'état pur!

Au cours des années de carrière d'Eric, son style de jeu et de chant a quelque peu changé.
Beaucoup de gens critiquent sa voix mais, après tout, on n'achète pas un disque d'Eric Johnson pour son chant.
Et, bien évidemment, les paroles ne sont pas géniales, mais elles s'adaptent à la musique, et Johnson n'a jamais prétendu être un chanteur...
Par contre, il peut faire chanter, crier, parler, et même chuchoter sa guitare.

Les diverses pistes de "Tones" sont étonnantes et apaisantes:
Ce disque commence avec "Soulful Terrain" qui introduit l'un des plus grands guitaristes du Texas. Celui-ci a une capacité technique et une sensation musicale et tonale pratiquement inégalée.
"Friends" propose quelques moments de Jazz cool avec des paroles introspectives.
"Emerald Eyes", qui avait été enregistré pour "Seven Worlds", trouve ici sa place dans une version plus élaborée.
"Off My Mind" a été un petit Hit local à la radio au Texas.
Le travail d'Eric sur la belle, paisible et mystérieuse "Desert Song" est incroyable et capture définitivement une atmosphère désertique comme à Sedona dans le Southwest.
"Trail of Tears" est une ode d'Eric pour les Amérindiens qui chemine jusqu'à "Bristol Shore", une chanson pleine d'espoir sur un véritable amour.
"Bristol Shore" est un morceau rafraîchissant et cette note de clôture (sonnerie) sur le solo de "Bristol Shore" est une révélation, aussi bien que tout ce qui a jamais été enregistré dans le monde de la musique.
L'album se clôt par l'instrumental "Zap", sorti en Face B du single "Off My Mind ", qui est une autre chanson remaniée qui était incluse à l'origine sur "Seven Worlds". Ce power-blues instrumental permet aux autres membres du groupe de briller.
Il a été nominé pour la meilleure performance instrumentale Rock aux 1987 Grammy Awards.

Il faut aussi se rappeler, à toutes fins utiles, qu'en 1986, la majorité de la musique était de l'ère de la New Wave et des 'Hair Bands'.
Eric ne se réclame ni l'un ni l'autre, et "Tones" se distingue parmi ses constituants comme une forme de musique vraiment nouvelle qui a sa place parmi les artistes talentueux qui ne seront probablement pas égalés par d'autres.
Certes, il y a d'autres musiciens qui approchent le niveau d'expertise d'Eric en matière de capacité, mais pour inclure la composition et l'arrangement dans le cadre de leur talent, Eric reste pratiquement une exception...

Avec "Tones", Eric a des années d'avance sur ses contemporains, en ce qui concerne les qualités esthétiques agréables, et la structure de la chanson.
De la Fusion de Jazz ardente à une belle pièce acoustique, "Tones" est un chef-d'œuvre de bon goût intemporel et cet album renversant tient encore bien la route aujourd'hui...

Malgré les marques d'intérêt et de bonnes critiques dans la presse, l'album ne se vend qu'à 50 000 exemplaires.
Warner Brothers qui juge ce résultat insuffisant laisse expirer le contrat d'Eric.
Celui-ci rejoint alors le label indépendant Cinema Records qui lui laisse une liberté totale pour son prochain album

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En Mai 1986, Johnson fait la couverture du magazine 'Guitar Player'.
Il continue, de temps en temps, à faire quelques travaux comme musicien de studio: il apparait, par exemple, sur l'album "Stand Up" du Steve Morse Band en 1985 et sur "Street Language" de Rodney Crowell en 1986.

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Au moment de la signature avec Cinema, le label indépendant bénéficiait d'un accord de distribution avec Capitol Records, mais alors que Johnson travaille à son prochain disque, ce contrat est résilié.
Capitol accepte cependant de reprendre sur son catalogue ce qui va devenir l'album "Ah Via Musicom", convaincu par le matériel déjà enregistré par le guitariste.
L'album n'est pourtant finalisé que bien plus tard, Johnson se montrant très exigeant, réenregistrant à de nombreuses reprises les mêmes parties jusqu'à obtenir le son qu'il souhaite.
Au total, la réalisation de "Ah Via Musicom" prend quinze mois de travail en studio, avec des sessions de 14 heures par jour. L'album ne sort finalement qu'au début de l'année 1990.

Eric n'est pas seulement l'un des plus grands guitaristes actuel, mais il crée des chansons qui sont des paysages musicaux.
Il peint des paysages merveilleusement variés sur ce tour de force de jeu de guitare étonnant et de musique envoûtante.
Il a un ton incroyable, une technique, une vitesse aveuglante, et une bonne idée de comment mélanger le tout.
Il y a de tout, des morceaux épais d'harmonies complexes, au solo le plus fluide et le plus rapide jamais entendu. La musique est fantastique, lyrique et cérébrale, et elle offre beaucoup de bon temps.
Toutes les pistes sont quasiment parfaites, depuis les pistes hard-rockeuses aux riffs flamboyants jusqu'aux inspirations Blues du Texas.
Pas une seule mauvaise chanson, mais une musique différente pour s'adapter à différentes ambiances. Bien que parfois sa perfection soit un défaut en soi, l'énergie brute et l'émotion sont perceptibles.
Johnson chante sur quelques-unes des pistes et ses vocaux ne sont pas déplaisants, il semble avoir fait quelques progrès dans ce domaine.

Son attention est clairement sur l'écriture et les arrangements, mais il ne déçoit jamais avec son jeu. Sa technique de guitare est incomparable et c'est un perfectionniste de studio qui prend le temps d'enregistrer, encore et encore, afin qu'il puisse obtenir la prise parfaite.
Les morceaux représentent une grande variété de styles musicaux différents, y compris certains pickin' Country et joli Blues acoustique.

Dans l'ensemble, la meilleure chose à propos de cet album est que la musique de Johnson est le Rock le plus joyeux et le plus brillant jamais entendu. Cette musique virtuose est si excitante, si belle et si joyeuse que l'on ne peut qu'applaudir.
Roscoe Beck et Kyle Brock se partagent la basse, Tommy Taylor à la batterie et Steve Barber aux claviers. Avec Johnson, ce groupe est concis et joue parfaitement bien.
Plusieurs chansons sont dédiées à d'autres guitaristes: Johnson a déclaré dans une interview avec 'Guitar Player' en 1990 que "Steve's Boogie" est dédié à Steve Hennig, pedal steel guitariste habitant à Austin, et "Song for George" à son ami de 80 ans, le guitariste George Washington. De plus, "East Wes" est dédié au guitariste de Jazz Wes Montgomery et tient son nom de l'album "East-West" de 1966 de the Paul Butterfield Blues Band.

L'album "Ah Via Musicom" est un mélange de travail de guitare instrumentale et de chansons, mais il est, bien sûr, principalement axé sur la guitare. Contrairement à "Tones", il y a des morceaux plus courts et plus d'instrumentaux.

Il commence par le surréaliste "Ah Via Musicom", qui agit comme une sorte d'introduction à "Cliffs of Dover". Cette chanson se compose de sons pacifiques, quelque peu spatiaux, qui ressemblent à un groupe se réchauffant. C'est un collage de textures, d'émotions et de styles qui met en valeur le talent d'Eric, sa persévérance et ses talents de compositeur. Cette chanson et le morceau de blues acoustique "Song for George" avait fait partie dans son set de chansons pendant des années avant la sortie de cet album.
Ensuite, il y a l'étonnant "Cliffs of Dover" dans lequel Johnson flambe à travers une conception pentatonique dans l'ouverture. Son ton est cristallin même lorsqu'il est déformé, ce qui donne un grand son à la mélodie de ce morceau.
"Desert Rose" est une chanson d'amour Rock; l'une des rares chansons qui comportent des paroles, qui sont chantées par Johnson lui-même. Les autres comprennent "High Landrons", "Nothing Can Keep Me From You" et "Forty Mile Town". Même s'il n'est pas connu pour être un chanteur, il est quand même un peu sous-estimé en tant que tel. C'est une belle chanson avec l'un des meilleurs solos de guitare jamais entendus.
"High Landrons" est probablement la chanson la plus Heavy de l'album.
"Steve's Boogie" est un morceau de Rockabilly rapide et furieux.
Un autre grand morceau s'annonce avec "Trademark" qui suit la même formule que "Righteous", mais en beaucoup plus décontracté. "Trademark" commence avec un sentiment de tristesse mais reprend rapidement et se termine après un solo calme. C'est un instrumental Jazz Blues, qui a probablement ouvert la voie à "SRV" sur L'album suivant "Venus Isle"; quoique dans des tempos différents, les mélodies semblent relativement similaires.
"Nothing Can Keep Me From You", dont l'ouverture est excellente, est une autre chanson d'amour, lumineuse et positive.
Johnson s'empare cette fois de sa guitare acoustique pour un solo rapide sur "Song for George" qui est absolument magnifique.
"Righteous" est un réel chef-d'œuvre et le second morceau le plus Heavy de l'album. C'est un Blues qui a de l'énergie et un travail de guitare similaire à celui de "Cliffs of Dover". Eric construit ses solos directement à partir du rythme d'une manière transparente qui garde la sensation de la chanson même au plus profond de son solo.
Le point le plus faible de Johnson a toujours été sa voix, mais cela semble aller avec son jeu. "Forty Mile Town" est un exemple parfait de ce mélange de guitare et de voix. C'est probablement la chanson la plus introspective, lyriquement et musicalement: "...The things of this world we never really own..." (Les choses de ce monde que nous ne possédons jamais vraiment).
Pour clore l'album vient la mélancolie avec "East Wes" qui est dans le style de l'octave du jeu de Wes Montgomery. En raison de son ton triste et changeant d'humeur et de son rythme lent, il laissera probablement à l'auditeur une sorte de bleu à l'âme.

En conclusion, si vous aimez la guitare ou simplement la bonne musique, alors cet album doit absolument être dans votre collection.

Une édition DVD-Audio de "Ah Via Musicom" avait été publiée en 2002 à travers Capitol Records, mais sans la contribution de Johnson.
Après avoir exprimé sa déception quant à la qualité sonore et au mixage, il fut bientôt retiré par le label après 2500 exemplaires vendus.
Dans un numéro de Guitar Player paru en Août 2005, il confirmait qu'une édition 5.1 DVD-Audio autorisée de l'album était en préparation, mais pour l'instant sans date de sortie.

L'album "Ah Via Musicom" qui a lancé véritablement la carrière d'Eric Johnson a atteint le numéro 67 dans le U.S. Billboard 200 et il est resté à ce niveau pendant 60 semaines.
Les quatre singles qui en ont été tirés ont figuré au Billboard's Mainstream Rock Chart, trois d'entre eux étant des Hits du Top 10: "High Landrons" au numéro 31, "Righteous" au numéro 8, "Cliffs of Dover" au numéro 5 et "Trademark" au Numéro 7.
"Cliffs of Dover" a remporté le prix de la meilleure performance instrumentale rock aux Grammys de 1992.
"Cliffs of Dover" est, par ailleurs, devenue la chanson la plus connue de Johnson et c'est un pilier de ses concerts. Elle a été classée numéro 17 dans une liste de "100 Greatest Guitar Solos" par le magazine 'Guitar World', numéro 34 dans une liste de "50 greatest guitar tones of all time" par le magazine 'Guitarist', et cela reste un incontournable de la guitare communauté.

Après ce gros succès, Johnson ne parvient pas à donner un successeur à "Ah Via Musicom" avant plusieurs années.
Toujours perfectionniste, ce qui allonge considérablement la durée des sessions d'enregistrement, il rencontre également des problèmes personnels ainsi qu'avec ses musiciens habituels, le bassiste Kyle Brock et le batteur Tommy Taylor, qui le quittent après de nombreuses années de collaboration fructueuse.

Entre temps, Eric continue les sessions comme musicien de studio. Il apparait sur pas mal de disques entre 1990 et 1995:
Willie Jones et son album éponyme en 1990, pour Stuart Hamm sur "The Urge" en 1991, pour Richard Marx sur "Rush Street" en 1992, pour Jennifer Warnes sur "The Hunter" en 1992, pour son ami Christopher Cross sur "Rendezvous" en 1992, pour Herman Harris sur "Herman Harris & the Voices of Hope" en 1993, pour Chet Atkins sur "Read My Licks" en 1994 et pour Carla Olson sur l'album "Wave of the Hand" paru en 1995.

Image

http://www9.zippyshare.com/v/28791302/file.html
muro

Johnson revient à sa carrière solo dans les années 1990 avec un nouvel album intitulé 'Venus Isle', et c'est celui-ci qui finalement le rendra vraiment célèbre.
Ce n'est pas un simple album de guitare, mais plutôt un album traitant de Pop avec certains penchants jazzy.
Travaillant dans son propre studio à Austin, où il peut aller à son rythme, Johnson aura mis six ans à créer ce disque.

De nouveau, adepte de la perfection, il a jeté l'équivalent d'un album presque terminé et il a recommencé à partir de zéro.
Il a également changé le titre du disque qui était censé s'appeler "Longpath Meadow".
Il a de nouveau travaillé dans le studio, passant littéralement des jours à essayer de perfectionner le son de la guitare pour un seul solo, et obsédé au point qu'il a endommagé son audition par un travail presque constant à côté des amplis de guitare.
Bidouillant à l'infini, essayant parfois plus de vingt amplis de guitare différents jusqu'à ce qu'il trouve un son qu'il aimait.
Johnson est connu pour se plaindre des différences de son entre les différentes marques de batteries dans ses boîtes d'effets. Ceci, contrastant avec sa réputation en tant que l'un des gars vraiment gentils du Rock, toujours poli, à la voix douce et effacé. Il a expliqué que l'une des raisons pour lesquelles il a pris si longtemps était qu'il essayait de ne pas se répéter et de se déplacer dans de nouvelles directions, tout en conservant son approche perfectionniste.

Le titre original de l'album enfin fini devait être "Travel One Hope", mais cela a été changé à la dernière minute par Capitol pour "être trop oblique". Les CDs promotionnels de "Travel One Hope" sont depuis devenus un objet de collection.

"Venus Isle" est sorti le 3 Septembre 1996 chez Capitol Records. Par rapport aux précédentes œuvres du guitariste, il se distingue en particulier par des touches de World Music qui témoignent d'une nette évolution dans son style.
L'album reçoit un accueil qui n'est pas à la hauteur de celui qu'avait connu son prédécesseur: les critiques sont plutôt mitigées, et les ventes nettement plus faibles.
"Venus Isle" a cependant atteint le numéro 51 dans le U.S. Billboard 200 et il y est resté pendant six semaines.
"Pavilion" est sorti en single et atteint la 33ème place dans le Billboard's Mainstream Rock Chart, tandis que son côté "S.R.V." est un hommage au guitariste Stevie Ray Vaughan et met en vedette son frère aîné Jimmie Vaughan en tant que soliste invité,et "Camel's Night Out" est présenté comme contenu téléchargeable pour le jeu vidéo Guitar Hero World Tour (2008) et peut également être exporté vers Guitar Hero 5 (2009).

Johnson réalise ce qu'il a entrepris de faire, c'est à dire se développer artistiquement, mais construire sur son travail passé.
C'est un disque qui est à la fois agréable et intéressant musicalement: plein de jeux de guitare à la fois imaginatifs et flashy, et une corne d'abondance de sons de guitare qui prouvent qu'il y a beaucoup plus à faire avec la guitare Rock que de jouer du Heavy Metal ou même du Blues. Johnson retrouve également son premier instrument et joue une bonne quantité de piano acoustique.

Il y avait beaucoup de spéculations autour de l'attente de six ans pour "Venus Isle". Beaucoup de gens ont dit qu'il était à court d'idées. D'autres ont dit que son perfectionnisme l'emportait sur lui. Mais la réalité c'est qu'Eric avait beaucoup de choses à son actif pendant ce temps, il avait Capitol qui le poussait pour produire un autre blockbuster comme "Ah Via", la mort de sa petite amie dont il pleurait la perte, et son propre perfectionnisme était en train de finir le disque.
Il avait créé assez de chansons pour un nouvel album, mais il avait abandonné ces chansons, et il avait commencé à travailler sur un album complètement différent. Donc, en regardant en arrière, c'est probablement un miracle que ce disque soit sorti étant donné la tourmente qui avait entouré sa création.

Cet album est tout simplement fabuleux avec certains morceaux entièrement instrumentaux et quelques balades à couper le souffle; ce prodige de la guitare nous offre un album de grande classe, une sonorité plutot Pop voire Jazz sur quelques morceaux!
Par rapport à "Ah Via Musicom", "Venus Isle" offre un niveau plus cohérent et émotionnel.
C'est en tout cas l'album le plus abouti. Techniquement, c'est au top, quasi maniaque dans les effets. Des sons clairs aux saturés, jamais distordus, les sons de sa guitare sont un veai régal et les compositions sont plus qu'honorables.

Au fil des ans, tout le monde s'est plaint du chant d'Eric, mais il vogue, ici encore, de progrès en progrès; il structure d'ailleurs beaucoup de sa musique autour de ses vocaux. Qu'il chante ou non, son jeu de guitare et son haut niveau de musicalité n'ont jamais été négligés. Il a toujours trouvé des façons créatives d'interposer son style de guitare avec sa voix.
Une autre bonne chose est le fait qu'Eric ne semble plus simplement s'adresser à la foule la plus amoureuse de la guitare, mais il fait plutôt appel à des gens qui jouent de la musique créative. Ce n'est bien sûr pas pour dire qu'il n'y a pas d'improvisations de guitare extraordinaires sur cet enregistrement, mais il semble avoir calmé cet aspect de sa musique pour se concentrer réellement sur quelque chose de beaucoup plus artistique.

Eric a toujours eu tendance à écrire beaucoup de choses qui lui sont très personnelles, parfois même assez maladroitement. Il écrit à propos du fait d'être malade dans un hôpital quand il était enfant. Il écrit à propos de jouer de la guitare quand il était gamin à Austin. Il chante sur les amis, ses amours et les événements. Sa poésie ne semble pas toujours être particulièrement sophistiquée, mais il se soucie évidemment beaucoup de cela.
C'est peut-être parce que ce n'est pas un maître parolier que ses hommages les plus sincères sont des instrumentaux, qui expriment le mieux son vrai sentiment, s'exprimer par la musique.

"Venus Isle", qui a longtemps été considéré comme le prolongement de "Ah Via Musicom", représente une progression logique dans l'évolution d'Eric Johnson en tant que l'un des rares virtuoses de la guitare qui ont façonné le son, le style et l'utilité de la guitare.
Si "Cliffs of Dover" de Johnson représentait une étoile brillante dans le vaste ciel sombre de la médiocrité de la guitare, alors "Venus Isle" est une véritable constellation.

"Venus Isle" valide les références d'Eric en tant que compositeur 'génial', combinant des atmosphères texturales et des pistes sonores gonflées d'adrénaline dans des œuvres aussi symétriques dqns la structure qu'elles peuvent être érotiques dans leur présentation.
Les chansons se construisent en un crescendo et s'écrasent avec émotion à la fin. L'un des guitaristes instrumentaux de Rock mélodieux les meilleurs de son genre, Johnson est incroyablement talentueux, extrêmement polyvalent et parfaitement précis dans ses mélodies.
Et il fait tout cela grâce à son ton de guitare distinctif, son style de jeu fluide et de chants rafraîchissants et magiques.
Contrairement à tellement d'autres guitaristes sur la scène aujourd'hui, Eric ne se contente pas de jouer les notes qu'il peut atteindre, il joue les notes qui atteignent les auditeurs.

"Venus Isle" défie toute véritable catégorisation, car il n'y a pas deux chansons qui se ressemblent: Chacune a une nouvelle signification, sa propre vie. Les chansons s'enchaînent parfaitement et glissent spontanément dans et hors des autres, et l'album dans son ensemble regorge de qualité musicale.
L'apogée de l'album est marquée par les trois morceaux successifs, "Song For Lynette", "When The Sun Meets The Sky" et "Pavilion" qui personnifient la gamme de Johnson en tant que styliste, instrumentiste et compositeur.
De l'élégance simple de l'arrangement piano / guitare acoustique sur "Song For Lynette", à la mélodie introspective sur "When The Sun Meets The Sky", à l'explosif "Pavilion", l'auditeur est emporté pour une excursion musicale dans un voyage transcendantal à travers des paysages cosmiques dans un coin reculé de l'âme musicale de Johnson.

Le jeu de guitare et la technique sont tout simplement parfaits, mais il n'est pourtant pas aussi 'propre' que dans "Ah Via Musicom", cachant ses talents de doigté derrière des murs d'effets et de réverbérations, mais le son est toujours meilleur que la plupart des autres virtuoses peuvent le faire.
Au niveau son, l'album est excellent. Les sons de la guitare sont vraiment impressionnants, et le mixage global a plus de dynamique que ce à quoi on pourrait s'attendre pour ce Rock électrique.
Avec Johnson et l'ingénieur et coproducteur Richard Mullen qui travaillent si intensément avec les sons de la guitare, les autres instruments, bien que raisonnablement bien enregistrés, ont tendance à paraître décevants en comparaison. Johnson met aussi pas mal de réverbération et des effets de retard sur sa voix à certains moments.

Le line up comprend des survivants de sa dernière sortie, le batteur Tommy Taylor, et le bassiste Roscoe Beck, qui étaient retournés au groupe the Electromagnets, et le bassiste Kyle Brock, qui était également sur "Ah Via Musicom", avec le claviériste Steve Barber. En plus de Jimmie Vaughan, les invités sur "Venus Isle" incluent Christopher Cross, qui fait quelques choeurs, et quelques percussionnistes.

Il semble que son langage musical ait beaucoup mûri pendant ces six années entre les albums. Son style est devenu beaucoup plus raffiné, mais ce n'est pas sans moments d'intensité. Eric fait des grands morceaux de guitare et les mélange avec d'autres trucs plus moelleux. Ils sont beaucoup plus doux que ses efforts précédents, mais ils sont mélodiques et accrocheurs néanmoins.
Il explore encore de nouvelles frontières en exprimant la grande musique qu'il écrit... ce CD ne peut que plaire aux fans de 'Ah Via'.
A la première écoute, on peut être frappé par cette sensation de douceur.

L'album commence par une piste d'ouverture audacieuse et envoûtante avec une introduction très agréable, avec un peu de ce que l'on pourrait appeler du Psyche World Music: "Venus Isle' débute dans une sorte de musique free, avec des sons exotiques et des voix... Ce morceau contient des notes de musique Indienne qui rappellent les Beatles, avec le chanteur Amit Chaterjee ajoutant encore à l'ambiance de l'introduction... avant que la piste ne devienne ce qui pourrait être appelé du Johnson classique, avec ses excellents travaux de guitare et sa palette sonore multicolore.
C'est une chanson Blues lente, avec de superbes paroles et un excellent travail de guitare. La voix chaleureuse d'Eric ne surpasse pas la musique, il la mélange avec et l'ajoute à la musique dans une ambiance un peu jazzy, et débouche sur un super solo de guitare à la fin...
Tout simplement magnifique à tous points de vue!
Le morceau suivant, "Battle We Have Won" est enchainé au précédent. C'est une ballade magnifique avec arrangement de cordes, avec une belle mélodie, de bonnes percussions, une guitare magique et de superbes vocaux d'Eric avec des paroles très rythmées.
C'est une réussite incroyable avec les synthétiseurs et la guitare, et la voix d'Eric correspond parfaitement. Les paroles sont phénoménales: Eric dit qu'on ne devrait pas se décourager dans sa vie, que tôt ou tard tout ira bien.
A noter que Johnson semble consacrer une attention particulière aux fins de ses morceaux.
Pour les fans de Rock pur, il y a, ensuite, l'instrumental appelé "Camel's Night Out" qui est un Rock instrumental arrangé en power trio, avec principalement une seule guitare, basse et batterie, et Johnson improvisant en grande partie le solo de guitare.
C'est probablement l'un de ses airs les plus Heavy, plein de jeu de guitare rapide et autres joyeusetés: Il présente, en effet, des frettes d'une rapidité fulgurante. Ça fait mal aux doigts simplement en y pensant.
Pour ceux qui ont déjà vu Eric jouer cette chanson en live (comme sur "Austin City Limits", par exemple), il faut voir comment il joue des parties avec une glissade de doigt, qu'il laisse tomber pour jouer un solo rapide.
Ce morceau reflète sincèrement une apparence toute méditerranéenne au rythme percutant et à travers ses changements mélodiques tonaux.
La plus longue chanson de l'album, "All About You", est très romantique remplie de passages scintillants, c'est à la fois doux et optimiste avec beaucoup de guitare.
Ce morceau à propos de l'amour est presque comme une jam, mais tout est très bien organisé et ne devient jamais ennuyeux.
Cette chanson reflète étroitement à travers le style et la grâce une réminiscence de "Cliffs of Dover".
Elle commence avec des 'African Drums', puis ralentit un peu et Eric commence à chanter. Après chaque couplet, celui-ci joue un super riff rapide.
La chanson possède quelques passages de guitare virtuose intéressants au milieu de tous ces tambours autoritaire.
Elle entre en mode instrumental à mi-chemin et elle donne plus de place à Eric pour éblouir... des courses électrisantes et parfaitement intégrées dans le rythme.
Le morceau qui suit, "SRV", une ode convaincante et géniale à Stevie Ray Vaughan, est une grande pièce instrumentale, très mélodieuse et bluesy avec la participation d'un guitariste invité, Jimmie Vaughan, frère de Stevie Ray qui intervient cordialement avec une improvisation de guitare en amour pour son frère.
C'est un bel hommage, approprié et émouvant à son cher ami disparu. Cette chanson émouvante et envahi par la nostalgie, plonge dans le temps quand les jeunes Stevie Ray Vaughan et Eric Johnson jouaient dans les bars, salles de concert et auditoriums d'Austin dans les années quatre-vingt.
C'est un arrangement captivant avec une tapisserie des rythmes engageants et un ton de guitare dans le dévouement à la grande légende de Blues d'Austin, une composition brillante qui exprime toute l'appréciation et le respect de Johnson pour un véritable ami musical qu'il espère garder vivant à travers la chanson.
Tout est génial dans cette chanson, rien à ajouter.
Le frère de Stevie, Jimmy Vaughn place un bon solo de guitare, mais Eric n'est pas en reste.
L'hommage de Stevie Ray montre une fois de plus la diversité musicale de Johnson, mais ne fait que renforcer le fossé qui existe entre Johnson et les autres guitaristes.
C'est peut-être bien le meilleur morceau de l'album.
Le secret de son amour est enfermé et son sourire type Mona Lisa est le message éloquemment mis en musique dans une autre ballade, "Lonely in the Night", crédité au compositeur Vince Mariani.
Une section de cordes apparaît sur cette chanson d'amour non partagé qui rappelle quelque peu des groupes comme 10 CC ou Supertramp.
La chanson se termine par un super solo où Eric est, une fois encore, excellent!
Il y avait un morceau intitulé "East Wes" sur le dernier album de Johnson qui était un hommage à feu Wes Montgomery. Ce disque en contient un autre intitulé "Manhattan" avec Johnson jouant dans les octaves qui étaient la marque déposée de Montgomery.
Mais Eric inclut beaucoup de sons de guitare qui n'ont jamais fait partie du vocabulaire sonore de Montgomery.
"Manhattan" est vraiment la pièce la plus éthérée et rêveuse du disque. Son atmosphère est si visionnaire que l'auditeur peut vraiment sentir la vue de la grande ville de New York et sa vie nocturne abondante.
C'est certainement l'un des meilleurs morceaux de Jazz qu'Eric ait jamais joué.
C'est un air jazzy très décontracté, sympathique... instrumentale et ...'confortable'.
L'instrumental "Song for Lynette" est un air magnifique...
Ce morceau de piano / guitare lent qui combine la grâce, la paix et la mélodie, ressemble à quelque chose que Vince Gueraldi aurait pu écrire, le piano et la façon dont c'est arrangé est si apaisant.
C'est la chanson la plus frappante et romantique dans sa forme, remplie de piano réconfortant et d'un message d'espoir, un lieu et une époque pour tout et tout le monde, et l'excitation de l'anticipation ou de l'accomplissement.
Il semble aussi provoquer des humeurs: "even if all is going wrong, and the sky is a rainy gray everyday, just being alive and full of spirit is fulfilling enough." ("même si tout va mal, et le ciel est grisâtre tous les jours, juste être vivant et plein d'esprit est assez satisfaisant").
Chaque femme devrait avoir une chanson spéciale dédiée à elle!
Au début Eric joue d'une guitare acoustique, puis le piano commence à jouer; et là, il faut se souvenir qu'Eric est aussi un bon pianiste. Par ailleurs, le premier instrument qu'Eric a commencé à jouer était le piano.
En fait, ce piano porte le morceau, plutôt que les guitares qui sont assez discrètes.
Le morceau suivant, le très bon air relaxant "When the Sun Meets the Sky" est pratiquement parfait: Sa mélodie, son arrangement, sa passion et chaque note sont uniques et parfaits.
Cette chanson d'amour, intouchable pour ne pas dire sacrée, commence par des effets étranges.Tout est super avec ce morceau: Eric chante et sa guitare joue. Et le refrain de la chanson est vraiment accrocheur.
Ce morceau mélodieux donne envie de l'écouter encore et encore. Et comme le dit la carte d'incrustation du CD, "Nothing bolder, nothing grander, than tuning into love" ("Rien de plus audacieux, rien de plus grand que de se concentrer sur l'amour"). Les harmoniques à la fin sont super.
Pour clôturer l'album, deux morceaux enchainés:
-"Pavilion" que l'on pourrait qualifier de simple Rock a un air intéressant, avec, entre autres, une guitare espagnole.
- et "Venus Isle Reprise", une pièce instrumentale assez brève, qui reprend le thème de la chanson-titre, dans un rajeunissement instrumental de toutes sortes. et c'est fini...

Il est difficile d'exprimer avec des mots à quel point cette musique est belle, élégante, incroyablement texturée, délicate et puissante. On peut affirmer que "Venus Isle" n'est pas seulement de la musique, c'est de l'art!
Ce CD est très proche de la perfection. Peut-être un peu plus produit mais il coule comme une rivière et vous emmène dans un merveilleux voyage; pour ceux qui veulent le comparer à "Ah Via Musicom", c'est un album différent et a un objectif différent.
De l'aveu même d'Eric, cet album était trop produit et il a une sensation différente de ses autres albums.
Trop d'artistes mettent des choses qui se ressemblent d'un album à l'autre, mais pas Eric.

"Venus Isle" a donné un coup de pouce positif et bien mérité à la popularité et à l'image de Johnson. C'est certainement le travail le plus durable et captivant depuis son bijou nominé au grammy, "Cliffs of Dover".
Eric a peaufiné et perfectionné la plupart des sensations à partir d'un grand nombre de chansons, et la complexité du long processus a apparemment semé la discorde entre Eric et ses partenaires de longue date, le batteur Tommy Taylor et le bassiste Kyle Brock. Les deux partiront après l'achèvement de l'album.

Mais, comme dit plus haut, à sa sortie,"Venus Isle" a reçu un accueil plutôt mitigé, et les ventes furent nettement plus faibles.
En conséquence, Eric est alors contraint de quitter Capitol Records.

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https://www.youtube.com/watch?v=_9l49sk59IE

Eric rebondit en participant d'Octobre à Novembre 1996 à une tournée qui rencontre un grand succès en compagnie de Joe Satriani et Steve Vai, la tournée G3.
En effet, les célèbres guitaristes de Rock Instrumental les plus influents de la dernière décennie que sont Satriani, Johnson et Vai ont uni leurs forces sur le nom de G3 pour une tournée Américaine en Octobre 1996. C'était un événement sans précédent, car jamais auparavant ces trois guitaristes de premier ordre n'étaient apparus et n'avaient voyagé ensemble.
Deux mots pour présenter ce projet G3: Joe Satriani, virtuose de la guitare aussi original que talentueux, décide de monter une tournée avec deux autres 'dieux de la six-cordes', son ami de toujours Steve Vai, et le Texan plus discret, Eric Johnson.

Chaque guitar-héros nous dispense une Jazz Rock Fusion propice à une démonstration incroyable de dextérité, les guitaristes amateurs peuvent remiser leur instrument, on est dégouté devant ces sur-doués de la descente et de la remontée de manche en vrille à vitesse grand V! Et si certains déplorent le manque de feeling de ce style de guitariste, leur version de "Red House" peut faire taire à jamais cette appréciation tant les musiciens savent faire parler leur guitare pour faire passer l'émotion du Blues!

Chacun fait son concert avec ses propres musiciens, et à la fin, les trois guitaristes se retrouvent avec la section rythmique de Satriani pour un boeuf géant.
Ainsi, on retrouve sur ce CD live trois morceaux de chacun plus trois autres où les trois guitaristes se réunissent pour exécuter des reprises à leur manière.
On retiendra du show de Satriani une certaine tendance Blues (deux ans après son album de Blues "Joe Satriani") et la très bonne version live de "Summer song".
Pour Eric Johnson, son style tout en touché et en fluidité rappelle par moment Santana, notamment sur "Manhattan".
Quant à Vai, il va beaucoup plus loin dans l'expérimentation de l'instrument, mais on a droit à une partie hallucinante qui doit être une sorte de taping exécuté à toute vitesse sur "Answers". Du pur bonheur.

Mais le plus beau reste à venir, car c'est bien le but du projet que de voir ces trois maîtres jouer tous ensemble.
Ce spectacle qui fait l'objet d'un CD live et d'un DVD certifiés disque de platine intitulés "G3: Live in Concert" 1997 fut capturé lors de cette tournée et il présente les performances des trois guitaristes, ainsi que la finale de la soirée où Joe Satriani, Eric Johnson et Steve Vai ont joué ensemble sur scène pour la première fois pour une jam incendiaire sur leurs trois morceaux préférés de tous les temps: le classique "Going Down" de Don Nix, joué à la façon de Freddie King / Jeff Beck, où chacun y va de son solo; l'immortel "My Guitar Wants To Kill Your Mama" de Frank Zappa, très pêchu, et enfin l'apothéose sur le Blues "Red House" d'Hendrix, dont on ne pouvait rêver plus bel hommage fait au père spirituel de tous les guitar-heroes.
Ce morceau s'étend sur plus de neuf minutes et c'est là que l'on se rend compte que l'on a affaire à trois guitaristes d'exception, monstres de technicité et de feeling, aux styles bien différents et donc reconnaissables si on les écoute avec attention.
On distingue bien les trois guitares, au début se succédant, puis s'envolant en même temps comme dans un tourbillon pour couper le souffle du public, que l'on sent médusé autant qu'admiratif devant une telle symbiose.
Tout simplement phénoménal!

En marge de sa carrière solo, Johnson s'était lancé en 1994 dans un projet parallèle appelé Alien Love Child avec lequel il jouait de manière sporadique pendant la période d'enregistrement de "Venus Isle".
Mais, le succès de ces concerts auprès des fans incita finalement Johnson à donner un caractère plus permanent au groupe, avec lequel il commença à tourner de manière beaucoup plus soutenue.

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Il en a résulté un album live, "Live And Beyond", qui est sort en 2000 sur le label Favored Nations de Steve Vai.
Avec ce projet, Johnson retrouve une certaine spontanéité en acceptant de publier une musique enregistrée en direct, à l'opposé des innombrables prises qui caractérisent ses productions en studio.

A SUIVRE!



Discographie:

Mariani

1970 : Perpetuum Mobile

Electromagnets

1975 : Electromagnets
2006 : Electromagnets 2

Eric Johnson

1978 : Seven Worlds (réédité en 1998)
1986 : Tones
1990 : Ah Via Musicom
1996 : Venus Isle
2002 : Souvenir
2005 : Bloom
2005 : Live From Austin, TX
2010 : Up Close
2010 : Live From Austin TX'84
2014 : Europe Live
2016 : ej

G3

1997 : Live In Concert (avec Joe Satriani et Steve Vai)

Alien Love Child

2000 : Live and Beyond

Eric Johnson and Mike Stern

2014 : Eclectic

Sources: wikipedia, Marios, Stephen Thomas Erlewine, Pete Prown, Kudos, Shawn M. Haney, CoverHit, George Graham
Dernière édition par alcat01 le 14 Déc 2017, 21:14, édité 39 fois.
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Re: ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar nunu » 15 Nov 2017, 20:48

Il manque un album dans la discographie

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EJ album acoustique sorti en 2016
Bono se pointe vers moi et me dit « Ça va fiston ? » Je ne suis pas ton fiston, connard. Ce mec là a fait un ou deux bons disques, mais de là à m'appeler fiston... (Liam Gallagher, 1995)
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Re: ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar alcat01 » 15 Nov 2017, 21:07

Merci, nunu!
je complète :chapeau:
Dans la vie, ce qui est grave, c'est pas tellement d'être con, c'est de le rester

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Re: ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar nunu » 15 Nov 2017, 21:14

MErci en tout cas, je suis content de voir une bio de johnson, c'est un guitariste que j'adore
Bono se pointe vers moi et me dit « Ça va fiston ? » Je ne suis pas ton fiston, connard. Ce mec là a fait un ou deux bons disques, mais de là à m'appeler fiston... (Liam Gallagher, 1995)
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Re: ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar alcat01 » 15 Nov 2017, 21:36

Je trouve que c'est un guitariste trop sous estimé, du moins en France!
j'espère arriver à faire quelque chose d'intéressant et cohérent!
Dans la vie, ce qui est grave, c'est pas tellement d'être con, c'est de le rester

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Re: ERIC JOHNSON (Bio)

Messagepar olivier » 15 Nov 2017, 21:47

Un de mes guitaristes préférés dans la catégorie des shredders. Un vrai musicien et non et dégeulleur de gammes comme les autres (cf. Joe Satriani, Vinnie Moore etc.) et son style bluesé est plus dans mes goût et son son n'est pas typé années 80 (avec le fameux gated reverb) que tous ces guitaristes susmentionnés utilisent encore de nos jours et qui a tellement mal vieilli. :-(
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