J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 7 févr. 2020 21:30

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On le sait le travail de John Zorn donne lieu à de nombreuses productions, c’est un musicien très prolifique et sa soif de composer semble inaltérable, à tel point que ses œuvres sont souvent regroupées par thèmes, chaque volume s’intégrant dans un ensemble plus grand.

Voici par exemple "Secret Lives", le onzième volume des « Filmworks », comme le nom l’indique il s’agit de musique de film. La série des Filmworks est aujourd’hui achevée, elle compte désormais vingt-cinq volumes dont la publication s’est déroulée entre 1995 et 2013. Les "bande sons" ont été importantes pour John Zorn car elles ont généré des revenus (souvent petits) et lui ont permis d’enregistrer, le plus souvent avec un brio extrême, des musiques assez populaires, voire « mainstream » (ce qui ne veut pas dire au rabais), ça lui a également permis de faire travailler nombre de musiciens exceptionnels, comme ici.

C’est la musique d’un documentaire sur les « justes », ainsi nommés car ils sauvèrent, au péril de leur vie, des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. C’est Aviva Slesin la cinéaste, elle et ses producteurs ont des idées arrêtées sur la musique qu'ils souhaitent pour le film, mais cela ne convient pas à John Zorn… Il a vu et aimé le documentaire, il se sent concerné jusque dans sa chair et il est rare qu’un projet lui tienne autant à cœur, il demande qu’on lui fasse confiance : il sait la musique qui tiendra le film.

Il fait appel au pianiste Jamie Saft et à son épouse Vanessa qui chante, ainsi qu’au « Masada String Trio » : Erik Friedlander au violoncelle, Greg Cohen à la basse et Mark Feldman au violon. Le volume est exceptionnel, servi par des musiciens qui réussissent à transmettre les émotions grâce à une sensibilité, une précision et une cohésion rare, on passe par le drame, la tristesse et l’espoir, des formes simples, classiques ou discrètement klezmer, vingt et un titres et autant d’occasions de porter les sentiments, les sensations et de sauver l’innocence perdue de l’enfance…

John Zorn's FilmWorks XI Secret Lives Track 1


John Zorn's FilmWorks XI Secret Lives Track 13


John Zorn's FilmWorks XI Secret Lives Track 15


John Zorn's FilmWorks XI Secret Lives Track 20

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 8 févr. 2020 21:56

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Avant de bouger les villes en mouvement avec Makaya McCraven, Antoine Berjeaut avait exploré les terrains vagues et les voies désertées en compagnie de Stéphane Kerecki à la basse, Fabrice Moreau à la batterie, du claviériste Jozef Dumoulin et de Julien Lourau qui est derrière, lorsque le ténor gronde… Antoine, lui, il assure côté compo, bugle et trompette, tous ensemble ils élèvent et portent les mots de Mike Ladd, poète et rappeur étatsunien qui officie entre chant et spoken word véhiculant une réalité rude, de celle qui ne fait pas de cadeau, comme disait l’autre…

Cet album de 2014 incarne à merveille ce que peut être une rencontre entre jazz et rap bien réussie, le flow rythmé, flamboyant et revendicatif se voit magnifié par les vents qui allument la mèche et strient l’espace tandis que la rythmique pousse avec une redoutable efficacité. D’ailleurs Bergeaut et Lourau disent beaucoup eux aussi, à leur façon, ils initient rythmes et thèmes, alternant les climats sonores, brumeux, soyeux ou bien vifs et étincelants, la musique se décline en de multiples voies et chemins, riches et variés, sans jamais se perdre. La faute à Jozef Dumoulin aussi, au service, efficace et subtile qui régale au fil des morceaux. Un grand album, c’est sûr, accessible aussi, alors pourquoi se priver ?

Pour écouter:

Slow Motion (Pt. 1 & 2)


Nightshift


Antoine Berjeaut & Mike Ladd - "J.D."


Balcony

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 9 févr. 2020 15:54

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Voici venue l’heure de la résurrection pour un concert qui se déroula le 6 novembre 1977 à Berlin, il est sorti chez "NoBusiness Records" il y a quelques mois avec un joli son remastérisé. C’est la formation de Sam Rivers que l’on entend, il joue du saxo ténor ou soprano, de la flûte et du piano. Joe Daley est au tuba et à l’euphonium, Dave Holland à la basse et au violoncelle et l’excellent Barry Altschul ainsi que Charlie Persip sont à la batterie.

Lors de cette tournée européenne c’est le seul concert qui connut cette formation, Sam Rivers jouant tantôt en duo, en trio ou en quartet. La formule la plus usuelle à cette époque consistait au trio qu’il formait avec Dave Holland et Barry Altschul, cependant nul regret, ce soir-là, la configuration à deux batteurs a été gagnante !

Le groupe joue un seul morceau, « Universal Message » d’une durée de plus de cinquante-trois minutes, on pourrait le partager en quatre parties, la première consacrée au ténor, la seconde à la flûte, la troisième au piano et la dernière au soprano, bien entendu chacune de ces sections est agrémentée de nombreux passages en solos ou en improvisations collectives, dans de multiples configurations, chacun des musiciens s’exprime abondamment et les deux batteurs s’écoutent chacun sur un canal différent.

La bonne nouvelle c’est que cet enregistrement historique n’est que le deuxième volet du « Sam Rivers Archive Project » de NoBusiness Records qui devrait en compter huit ! Il faudrait aussi que je vous parle prochainement du premier volume, Emanation, sorti également en 2019…

Universal Message

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » dim. 9 févr. 2020 17:16

merci pour les deux

Berjeault, j'adore sans le rap (piste 2 & 4), mais oins quand c'est chaté (un peu rappé, quoi) :cote:

Pour l'autre, faut s'accrocher, mais j'ai trouvé une plage (ou pioste) pendant 10 minutes où j'ai pris mon pied.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 9 févr. 2020 19:25

Cooltrane a écrit :
dim. 9 févr. 2020 17:16
merci pour les deux

Berjeault, j'adore sans le rap (piste 2 & 4), mais oins quand c'est chaté (un peu rappé, quoi) :cote:

Pour l'autre, faut s'accrocher, mais j'ai trouvé une plage (ou pioste) pendant 10 minutes où j'ai pris mon pied.

Pour Mike Ladd on pourrait presque parler de slam, à côté du chant, mais le spoken word va bien.

J'adore Sam Rivers que j'écoute sans difficulté de mon côté et avec un immense plaisir, cet album par exemple m'a renvoyé à ce que j'aime le plus, je n'ai pas voulu décrire mes émotions dans la présentation, chacun pensera ce qu'il veut, ici ce ne sont que des propositions que j'essaie de faire variées et diversifiées.
Sinon sam Rivers je l'ai vu une fois en région parisienne au début des années 80, la faute à une publicité inexistante nous étions moins d'une centaine de spectateurs dans une immense salle de sport, il a joué comme si nous étions dix mille et ça restera un de mes grands souvenirs de concert...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 10 févr. 2020 13:33

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Le second album du groupe El Dor El Awal a été publié en 2009, trois ans se sont déroulés depuis le premier essai et le groupe a gagné en maturité.

Naïssam Jalal a quitté Le Caire en 2006, elle continue à mener une vie artistique intense et se produit fréquemment avec le rappeur libanais Rayess Bek, je n’ai cependant pas trouvé de trace discographique concernant cette période, par contre un album (déjà présenté) est tardivement paru lors de sa collaboration avec le joueur de Oud égyptien Hazem Shahine, c’est également le moment où elle fonde « Noun ya » avec Yann Pittard qui verra la sortie de l’album « Aux résistances », cette même année 2009 elle participe brillamment à « Aa'tareeq » en compagnie de la formation sise au premier étage.

On retrouve ce mélange entre musique traditionnelle, populaire et musique actuelle, mais les compositions sont originales, souvent signées par Ahmat Omar ou Mohammad Samy. C’est aussi une musique ouverte vers le monde, on trouve quelques traces d’afrobeat et de reggae et même à certains moments une influence européenne, également des traces de jazz bien sûr. Tout est bien en place, très rôdé, les solos sont souvent passionnants particulièrement ceux joués par Naïssam Jalal, Nour Ashour et Mohammad Samy.
Je ne pense pas qu’il existe de troisième album concernant cette formation, mais je n’en suis pas sûr…

Je n'ai pas trouvé d'extrait youtube pour cet l'album, mais il existe des extraits de concert, sans Naïssam Jalal et (hélas) au-dessous du niveau de l'album:

El Dor El Awal Band - Ala El Tareeq


El Dor El Awal Band - Kitty

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 11 févr. 2020 11:22

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Un des premiers albums du franco-américain Barney Wilen, est sorti en 1960, issu d’enregistrements « live » au Club St-Germain en avril 1959. Simplement appelé « Barney » il regroupe un fameux quintet composé d’un mélange de musiciens jeunes ou chevronnés. Barney lui-même n’a que vingt-trois ans et jouit déjà d’une réputation internationale, il est accompagné par le pianiste Duke Jordan, le bassiste Paul Rovère et le jeune Daniel Humair à la batterie, pour couronner le tout et adouber définitivement Barney Wilen, le trompettiste Kenny Dorham est à la trompette.

La musique se cantonne à un bop enlevé, d’une exécution parfaite de bout en bout, Barney se montre véloce, précis, efficace et lumineux, mais on s’en doutait, c’est là son habitude. Duke Jordan est souvent concis à la façon d’un Count Basie, redoutable de justesse dans son swing et percutant dans ses solos. Kenny Dorham est assez économe dans ses interventions, sans doute une sorte de respect pour l’hôte du soir…

On remarque dans la discographie un grand nombre de rééditions japonaises, on le sait, Barney est adulé au pays du soleil levant, loin de l’hexaghosn. Si vous n’êtes pas l’heureux possesseur d’une version vinyle, ne pas négliger la version Cd, remastérisée et sérieusement augmentée de quatre titres issus des mêmes concerts, doublant la durée du disque et offrant une version de « Témoin dans la ville » bande-son du film de Molinaro. On peut même y écouter Barney au soprano, ainsi que sur le standard « Everything Happens to me ».

Barney Wilen Besame Mucho


Barney Wilen & Kenny Dorham - 1959 - Barney - 03 Jordu


Barney Wilen & Kenny Dorham - 1959 - Barney - 08 Temoin Dans La Ville

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 12 févr. 2020 10:01

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Magnifique détournement de l’une des plus célèbres pochettes de la musique de jazz, l’album « Underground » de Monk sorti en 68. Thelonious se voit ligoté sur une chaise à la place de l’officier allemand sur la pochette originale. Cependant la farce ne s’arrête pas là, l’album se nomme « Monk ‘N’Roll » et la pochette n’est que le premier pas d’une vaste et ludique entreprise de détournement musical.

C’est le quartet Tinissima, formé sous la houlette de Francesco Bearzatti (sax ténor et clarinette) qui entreprend de fusionner la musique de Monk avec quelques pièces rock parmi les plus célèbres qui soient, s’essayant avec malice au mariage de la carpe et du lapin. Ainsi les « Misterioso », « Round Midnight », Brilliant Corners », « Blue Monk » ou « Criss Cross » et d’autres encore vont-ils frayer avec « Billie Jean », « Walkin on the moon », « Back in Black », « Immigrant Song » ou « Walk this way » … Chacun s’apercevra que Queen, Led Zeppelin, Police, Pink Floyd ou AC/DC ne sont pas si loin que ça de l’univers de Monk !

En plus de Francesco Bearzatti, Tinissima regroupe d’autres musiciens italiens, Giovanni Falzone à la trompette, Danilo Gallo à la basse et Zeno de Rossi à la batterie et aux percussions. On s’en doute, le jazz ne suffira pas aux musiciens pour faire passer la sauce, il va falloir s’électrifier et utiliser des effets pour réussir les glissements vers la musique rock ou pop, au final mission réussie pour un hommage ludique peu banal !

Francesco Bearzatti Tinissima 4et - 'Round Midnight


Francesco Bearzatti Tinissima 4et - Criss Cross


Francesco Bearzatti Tinissima 4tet - In Walked Bud

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Message par Piranha » mer. 12 févr. 2020 17:48

Evidemment en écoute

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A noter. Un extrait du morceau As Falls Wichita, So Falls Wichita Falls (passage du « compte à rebours ») est utilisé depuis 1988 pour la publicité du parfum Fahrenheit de Christian Dior. (Wiki)

https://www.youtube.com/watch?v=v8YDZk_Cs7U

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par gabuzomeuzomeu » jeu. 13 févr. 2020 08:35

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Tryphon - Métamorphose (1988) Vieux truc et avec bonne basse ! Algernon connaît Tryphon mais c'est pas le même ! :hehe:

"Plus tard, tu seras l’œil qui surveille le monde. Tu iras regarder les hommes jusqu'au fond de leur nuit." Les Aventures de Boro, reporter photographe, La Dame de Berlin (1987) de Jean Herman, dit Jean Vautrin

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 13 févr. 2020 10:54

gabuzomeuzomeu a écrit :
jeu. 13 févr. 2020 08:35
Tryphon - Métamorphose (1988) Vieux truc et avec bonne basse ! Algernon connaît Tryphon mais c'est pas le même ! :hehe:
Y'a du Tournesol la d'sous!

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Voici à nouveau le groupe franco-japonais « Ky », mais, cette fois-ci il s’est enrichi de nouvelles sonorités apportées par des musiciens africains. La rencontre s’est consolidée en 2008 lors du festival Africolor qui se déroule chaque année entre novembre et décembre, dans la région parisienne.

Pour être concret voici la troupe des musiciens : Maki Nakano (JP) – alto saxophone, metal clarinet, vocals ; Yann Pittard (FR) – baritone guitar, oud, percussion, effects, vocals ; Moussa Hema (Burkina Faso) – balafon, percussion, vocals ; Bachir Sanogo (Côte d’Ivoire) – donso & kamale ngoni, percussion, vocals ; Gaston Zirko (FR) – drums, percussion.

Le groupe ainsi constitué prend le nom de « Ky x Bala Dée », le terme « Bala Dée » signifie « son du bois », matière noble avec laquelle on fabrique les instruments, mais aussi instrument par nature, si on le choisit et le percute. Le groupe ainsi constitué effectue une tournée au Burkuna Faso et au Japon entre 2011 et 2012. L’album « Out of Place » est sorti pendant cette période, en 2011, toujours sur Openmusic.

Le projet n’est pas de fusionner les cultures pour créer le « son » nouveau d’un groupe, mais plutôt de partir de sa propre culture et de la proposer aux autres membres du groupe qui en font une interprétation qui conserve l’identité de départ, particulièrement la structure. Ainsi on puise dans le répertoire de chacun mais aussi dans le folklore japonais pour un titre et même chez Eric Satie pour un autre.

Attention, la musique n’est pas corsetée et les improvisations sont bien là, la créativité est au top et le groove également !
Le cd n’est pas trop facile à trouver, la distribution est limitée (Paris Jazz Corner et Souffle continu) et il ne semble pas rester beaucoup d’exemplaires.

Ky+Bala Dee 1 - en live, pas repéré d'extrait dispo

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 14 févr. 2020 08:26

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Mats Gustafsson s’est lui-même décrit comme un homme « debout avec une jambe dans le seau punk / garage et l'autre dans le seau free jazz / improvisation » ce qui semble parfaitement convenir, d’ailleurs la pochette de cet album avec ces crocs de boucher peut en effet laisser à penser que cet homme possède sans doute des pulsions assez extrêmes…

On pourrait également penser qu’il aime l’énergie, quelque chose qui va avec le dépassement de soi, comme un engagement total et sincère, puissant et moteur dans son engagement musical. La connaissance aigüe qu’il possède des instruments desquels il aime sortir des sons inattendus, surprenants ou même inouïs est phénoménale ! Ici il joue ici du sax baryton et de l’altoflûteophone (sic) mais aussi du « slide saxophone », un instrument hybride entre le sax et le trombone…

L’album s’appelle « The Vilnius Explosion », le même jour il a également enregistré en solo « The Vilnius Implosion » qui doit-être un chef d’œuvre, je pense. Sur celui-ci il est entouré de la fine fleur de la musique créative lituanienne, des pointures, deux batteurs très complémentaires, Arkadijus Gotesmanas et Marijus Aleksa, Eugenijus Kanevicius est à la basse et Liudas Mockunas, qui souffle aussi, joue des anches : baryton, soprano, ténor et également de la clarinette basse …

L’enregistrement est live, au théâtre de Vilnius, c’est finalement très beau, varié, riche en couleurs, en timbres, en sons, en découvertes multiples, un très grand album !

Pour écouter:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 15 févr. 2020 06:50

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Bea Benjamin est compositrice et chanteuse, c’est aussi l’épouse du pianiste et organisateur de cette session, Dollar Brand. « African Songbird » est sorti en 1976, c’est le premier album de la vocaliste, trois morceaux seulement, mais une pépite du « spiritual jazz » avec « Africa », une pièce de plus de vingt et une minutes qui occupe à elle seule la première face et justifie l’achat de l’album.

Bea Benjamin est née et a grandi au Cap, en Afrique du Sud. Rien d’étonnant donc, cet hommage à l’Afrique. « Africa » se développe sur un tapis de percussions mid tempo, la voix chaude, douce et lancinante de Bea paresse, chante et décortique le mot « Africa » avec obsession, l’étirant, syllabe par syllabe, apportant à chaque fois une nuance nouvelle, y revenant sans cesse comme pour mieux se l’approprier, « I’ve come home, I’ve come home… »

Basse répétitive, ténor qui se languit et flûte curieuse et furtive se croisent avec la voix qui psalmodie. Derrière, le clavier électrique tisse des motifs funky, la trompette se glisse et dessine, en fond, des sonorités hallucinées, l’atmosphère d’abord plaintive et douloureuse s’échappent vers un univers planant et, poussée certainement par les griots, quasi hallucinatoire.

Les deux autres pièces sur la seconde face occupent un autre registre, « Music » est dédié à Dollar Brand et « African Songbird », interprété a cappella et dédicacé à Duke Ellington dans l’orchestre duquel Bea a autrefois chanté.

Pour écouter:
Modifié en dernier par Douglas le lun. 17 févr. 2020 03:40, modifié 3 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » sam. 15 févr. 2020 07:26

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Codona-Codona

Un album ECM ca faisait longtemps :hehe:

Premier album du Trio sorti en 78 avec Don Cherry à la flute et a la trompette, Colin Walcott au sitar, tabla, kalimba et hammered Dulcimer. Il a été l'un des premiers a amené le sitar, qu'il a appris avec Ravi Shankar, dans le jazz (on l'a entendu dans le groupe Oregon, en leader son premier album avec DeJohnette, Dave Holland et John Abercrombie est plus que recommandable), et pour completer le tableau, Nana Vasconcelos, avec ces percussions et son Berimbau.

Le groupe fera deux autres albums sobrement intitulé Codona 2 et Codona 3 en 80 et 82. Colin Walcott nous quittera en 84 a 39 ans suite a un accident de voiture durant une tournée d'Oregon en Allemagne

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 15 févr. 2020 10:22

nunu a écrit :
sam. 15 févr. 2020 07:26
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Codona-Codona

Un album ECM ca faisait longtemps :hehe:

Premier album du Trio sorti en 78 avec Don Cherry à la flute et a la trompette, Colin Walcott au sitar, tabla, kalimba et hammered Dulcimer. Il a été l'un des premiers a amené le sitar, qu'il a appris avec Ravi Shankar, dans le jazz (on l'a entendu dans le groupe Oregon, en leader son premier album avec DeJohnette, Dave Holland et John Abercrombie est plus que recommandable), et pour completer le tableau, Nana Vasconcelos, avec ces percussions et son Berimbau.

Le groupe fera deux autres albums sobrement intitulé Codona 2 et Codona 3 en 80 et 82. Colin Walcott nous quittera en 84 a 39 ans suite a un accident de voiture durant une tournée d'Oregon en Allemagne
ECM est incontournable et cet album magnifique, toujours chez ECM il y a aussi "El Corazón " un duo entre Don Cherry et Ed Blackwell ‎qui vaut son pesant d'écoute!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 16 févr. 2020 06:29

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Connu à ses débuts en tant que tromboniste, notamment dans l’orchestre de Lionel Hampton où il a joué pendant deux années, Horace Tapscott s’est consacré au piano et à la composition en créant le Pan-African Peoples Arkestra dans les années soixante, cette structure à l’esprit familiale s’est développée à Los Angeles. Bien des années plus tard, à partir de 1978, Horace Tapscott et son Arkestra ont enregistré, ce désintérêt pour les enregistrements provient de Tapscott qui se méfiait de l’Industrie capitaliste musicale, lui préférant les concerts et l’activisme.

Je vous avais présenté l’excellent « Flight 17 » il y a quelques temps, la même année sort son second album « The Call » également passionnant. Une question se pose pour les magnifiques solos de piano qui traversent l’album, Horace tapscott et Linda Hill sont tous les deux crédités sur l’album pour ce qui concerne cet instrument, je suis incapable de distinguer qui joue quoi, mais c’est de peu d’importance, le principal élément ici, celui qui compte et captive, c’est l’Arkestra dans son ensemble !

Outre Linda Hill on remarque quelques solistes de poids, la flûtiste et chanteuse Adele Sebastian, Red Callender à la basse et au tuba, Jesse Sharps au ténor, soprano et à la flûte et Michael Session au sax alto, mais tout l’Arkestra est au top. Quatre compositions de durée équivalentes sont présentes ici, les deux dernières qui occupent la face deux me semblent sonner un peu différemment, peut-être la section de cordes, mais ça reste une impression très personnelle car l’ensemble est splendide, comme ce solo de soprano en fin d’album sur « Peyote Song No. III » qui est parfait !

Pour écouter:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 17 févr. 2020 03:40

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Voici le saxophoniste Binker Golding, la moitié de Binker and Moses, à la tête d’un quartet de jazz comprenant quelques grands noms de la scène londonienne. On retrouve Joe Armon-Jones au piano, Daniel Casimir à la basse et Sam Jones à la batterie qui jouent tous les trois également aux côtés de Nubya Garcia. Plus que de post-bop on pourrait même parler de hard bop tant on se plonge dans le style ancien, Binker se replie sur ses fondamentaux en interprétant les sept titres de l’album, tous de sa composition, avec ce quartet entièrement acoustique et ce son rétro. Un certain classicisme, y compris dans le lieu d’enregistrement puisqu’il s’est déroulé dans les mythiques studios « Abbey Road ».

D’une certaine façon c’est assez osé, il y a du panache à se mesurer aux artistes « Blue Note » à l’ancienne, dans un genre et un style où tout semble avoir été dit, les « grands noms » surgissent du passé et d’une certaine façon sont également honorés par ce « petit nouveau » au talent affirmé qui se pose là, avec brio. Il faut citer également Joe Armon-Jones qui est assez époustouflant dans ce cadre, mais aussi les deux autres, brillants également, qui se régalent de quelques solos ! Le dernier titre, « Fluorescent Black » s’échappe vers un tempo très rapide qui emporte, un clin d’œil habile qui semble signifier : « Alors, vous avez-vu ? » La réponse est un « oui » catégorique !

Binker Golding - You, That Place, That Time


... And I Like Your Feathers


Fluorescent Black

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 18 févr. 2020 06:50

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Que se cache-t-il derrière cet album démonétisé, un Cd que l’on trouve à moins d’un euro sans se donner trop de mal ? Un nanar ?

Un Blue note tout de même, avec deux têtes d’affiche loin d’être inconnues, le pianiste franco-étatsunien Jacky Terrasson et la chanteuse à la voix grave Cassandra Wilson… A l’écoute, si vous aimez les ambiances piano bar avec chanteuse qui vous fait dresser… les poils, vous êtes à la bonne adresse !

Terrasson est vraiment parfait dans le rôle délicat de metteur en scène qui tisse un écrin de velours sur lequel se pose la voix chaude et sensuelle de Cassandra… La note est subtile, très à propos, avec l’intensité calculée, un orfèvre est à l’œuvre, il éblouit, surprend et convainc sans difficulté.

Cassandra vous accompagnera pendant vos rêveries, ou vous aidera à glisser dans la sieste, ou encore vous caressera vers quelque chose de doux et relaxant, les standards se succèdent sous un climat chaud et paresseux, entre deux mondes…

Autumn Leaves


Old Devil Moon


Jacky Terrasson & Cassandra Wilson Tea For Two

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 18 févr. 2020 22:42

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Julien Desprez est un guitariste français, Mette Rasmussen joue du saxophone alto, elle est danoise et s’est installé en Norvège. Tous les deux aiment le free et n’ont rien contre les expérimentations et les musiques un peu extrêmes. « The Hatch » signifie « la trappe » et elle s’est refermée un soir de concert au Music Unit de Montreuil en 2016, l’album lui est sorti en 2019.

S’il fallait chercher des références on pourrait penser à des influences comme celle d’Albert Ayler ou de Peter Brötzmann, quelque chose de dur, rêche, avec des aspérités, du gros son qui grince, couine ou crie. Mais ce serait trop simple, car la musique s’étale aussi, feule et se prolonge, souvent elle se pose à la limite, dans un entre-deux, semblant hésiter, comme un questionnement qui interpelle l’auditeur, une dimension qui invente une douceur nouvelle… Et puis il y a « Matters of the soul » en début de seconde face, une pièce folle, très expressive, qui arrache et emporte, le truc qui secoue bien…

J’ai l’album vinyle mais le Cd comporte deux morceaux supplémentaires, de quoi faire réfléchir, de plus j’attends toujours les droits d’accès aux fichiers compressés pour enfin accéder aux morceaux qui me manquent…

Pour écouter l'album:


Un titre live et improvisé du duo sur le tube... Mette Rasmussen & Julien Desprez @ Atelier MC Gayffier 9-13-16

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 19 févr. 2020 19:55

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Sorti en 2018 chez International Anthem, le label de Chicago qui fait parler de lui, « Downtown Castles Can Never Block The Sun » est un album du cornettiste Ben Lamar Gay. Le genre de disque qui tape en plein dans le cœur de ce label, spécialisé dans les secours aux naufragés, tendant la main aux exclus du système, à ceux qui n’ont pas encore de nom, ou si peu… Ben Lamar Gay a bien fait quelques albums, mais dématérialisés, dispos uniquement sur le net, sans nourrir son homme !

Du coup cet album est issu de cette somme, pas sans queue ni tête le style, ce serait faire offense, mais disparate, sautant d’un genre à l’autre, quinze pièces de bric et de broc assemblées sur les deux faces de l’album. Passages instrumentaux, chants, rap, jazz, soul, électro, musique brésilienne, soul, c’est vif, sautillant, allumé, ça groove, ça pulse, agite le pied et balance la tête… Un gros travail sur les bandes aussi, comme souvent, des bidouillages de toutes sortes qui, en se mélangeant, fabriquent des rythmes improbables sur lesquels se posent voix ou instruments.
Écoute...

Ben LaMar Gay - "Muhal"


Swim Swim


A Seasoning Called Primavera

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