J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 28 juin 2020 05:05

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Suite de la publication des archives concernant Sam Rivers. Je vous avais proposé il y a quelques temps le second volume, je vais aujourd’hui vous présenter le premier alors que le troisième vient juste de sortir, il attend sur la pile, pas loin, huit volumes au total devraient être publiés. Chaque parution d’un enregistrement de Sam Rivers est une fête, le second était exceptionnel, celui-ci en trio est antérieur, il date du trois juin 1971 et a été enregistré au « Boston Jazz Workshop ». Une seule suite « Emanation », divisée en deux parties, la première fait trente-neuf minutes, la seconde quarante-cinq et des poussières.

On le sait Sam Rivers est un parfait multi-instrumentiste, aussi à l’aise avec chacun des instruments dont il joue, le saxophone, ténor ou soprano, la flûte et le piano. On l’oublie souvent car il a été connu sur le tard mais il appartient à la génération Coltrane, d’ailleurs il a enregistré sur Blue Note et a joué aux côtés de Miles Davis dans les sixties débutantes. Pour l’accompagner il est entouré de Cecil McBee à la basse et de Norman Connors à la batterie, c’est sa formation habituelle à cette époque, on la retrouve sur l’album « Streams » de 73 sorti sur Impulse. Un petit mot pour regretter la faiblesse de la prise de son concernant la basse, elle est présente mais très éloignée, pouvant parfois laisser penser que nous sommes face à un duo (j'exagère à peine).

Pour avoir déjà assisté à un concert de Sam Rivers, je connais sa capacité à jouer sur un temps long, sans compter, à construire ses improvisations, à les emmener à un aboutissement. Ici la tension accumulée atteint une sorte de sommet, d’apothéose, lorsque la voix de Sam crie et s’exclame, juste avant le solo de piano qui termine l’album, mais aussi pendant ce même solo, le sentiment d’être parvenu au bout du chemin, au point culminant d’où on ne peut que descendre, ou transmettre au silence…

Emanation, Part 1


Emanation, Part 2

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 29 juin 2020 03:55

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Après avoir agité le monde du jazz avec « Nu Creative Methods », joué aux côtés de Pascal Comelade sur « The Oblique Sessions » dont on a un peu parlé, sorti un album aux côtés de « Klimperei », Pierre Bastien a retrouvé ses jouets et s’est concentré sur celui qu’il préfère : le mécano !

« Mecanoid » est sorti en 2001 sur Rephlex, le label de Richard D. James aka Aphex Twin. Comme il y a des mots pour tous les genres de musique, il suffit de trouver la bonne boîte pour se donner une idée. Si je regarde Discogs des efforts ont été faits, trois termes proposés, le premier, « electronic » ne convient pas trop, ça flirt un peu avec ce genre de son mais on passe à côté. Les deux autres termes sont meilleurs, « Experimental, Minimal », c’est en effet de la musique expérimentale et il y a du minimalisme ici, mais surtout des boucles et des répétitions, d’où l’appellation qui correspond bien : « Musique Machinale », on pourrait dire également « Musique jouet », on accepte aussi. Pierre Bastien n’est pas le seul à se réclamer de ce genre, il a des petits camarades.

Pour l’heure il est seul avec son mécano, il l’utilise énormément pour créer des boucles musicales sans fin, l’énergie est fournie par le jouet et ses moteurs électriques silencieux, les mécanismes répétitifs sont également fabriqués avec les pièces vissées et assemblées de façon à produire un rythme, des objets usuels, du quotidien, sont arrimés au mécanisme afin de provoquer les sons désirés, créer une sorte de boîte à musique inouïe, géniale, sortie du cerveau du musicien-ingénieur qui régale ici.

Soyez sûrs d’une chose, ici c’est le musicien qui s’exprime et son exigence est avant tout musicale, aucune autre velléité n’a de place ici. D’ailleurs Pierre Bastien joue de la trompette également, du piano électrique, de l’orgue, du kundi, du godge… j’arrête ici car la liste est longue, elle figure sur le livret intérieur où tout est indiqué dans le détail. On y trouve également deux photos de ses créations mécaniques.

Un album merveilleux, comme est merveilleux, parfois, le pays de l’enfance, on pense fort également à Pascal Comelade, pas loin au milieu du jardin (d’enfants).

Pierre Bastien - Mecanoid (Full Album)

1) 0:00 - Damn Mad
2) 3:34 - Revolt Lover
3) 7:32 - No Eon
4) 11:07 - Gnu Lung
5) 16:05 - Tender Red Net
6) 25:22 - Revel Ever
7) 28:41 - Avid Diva
8) 33:03 - Deep Speed
9) 37:47 - Sore Eros
10) 41:00 - Rev Over


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 29 juin 2020 16:12

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C’est l’histoire d’un album enregistré le trente mai 1994, le jour du « Memorial Day », celui où l’on se souvient des anciens combattants. Un album quasi privé, ultra limité, vingt-deux exemplaires c’est peu. Heureusement Nobusiness Records a fait office, une fois de plus, de sauveur, en exhumant les précieuses bandes.

A l’origine de ce projet de trio on trouve le jeune guitariste Robert Andreano, vingt-deux ans, qui rencontre une légende du jazz, Sunny Murray. Pour qui s’intéresse d’assez près au génial batteur il demeure, sinon une énigme, du moins un sujet d’étonnement, comment se fait-il que ce géant (il a tout de même révolutionné la technique sur son instrument) joue assez souvent dans des formations ou en compagnie de musiciens peu renommés ?

La réponse est malheureusement toute simple, Sunny était souvent en quête d’engagement, à la recherche d’un travail, et il répondait par l’affirmative aux moindres sollicitations, il joue ici avec un brio remarquable et un plaisir qui s’entend. Le troisième personnage de l’histoire c’est Bob Dickie qui joue de la basse, un ami de Robert Andreano.

La session est totalement improvisée, on joue, on fonce. Première remarque Sunny Murray est relativement sobre, comparé au jeu tout feu, tout flamme de sa jeunesse, il aime toujours les cymbales mais avec un peu plus de modération qu’autrefois. Sur le quatrième titre “Why You Need a Lawyer When Your Pants on Fire” il s’offre un solo de batterie de très longue durée (environ 18 mn), celui-ci réveillera les souvenirs des amateurs de rock qui, pendant les concerts des années soixante-dix, étaient invités à ce passage obligé. Les deux joueurs de cordes, galvanisés par cette compagnie se donnent corps et âme, guitare et basse assurent très convenablement, relevant le défi du « free » total lors du dernier et très court titre.

Sunny Murray, Robert Andreano, Bob Dickie ‎– Homework
1.Homework 18:56
2.Swell 9:11
3.Good Things 11:16
4.Why You Need A Lawyer When Your Pants On Fire 18:54
5.Memorial Day 7:02
6.In 1:35


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » lun. 29 juin 2020 16:28

Douglas a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:12
(il a tout de même révolutionné la technique sur son instrument)
Il est crédité comme étant l'inventeur du blast beat ou du moins de quelque chose s'en approchant.

C'est quand meme marrant de voir que deux des choses qui sont a la base de la batterie dans le metal, a savoir la double grosse caisse et le Blast Beat (et l'un ne va pas sans l'autre puisque sans double grosse caisse pas de blast beat, pour ca que Murray c'est pas tout a fait un blast beat) ont été inventé par des jazzmen.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 29 juin 2020 17:42

nunu a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:28
Douglas a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:12
(il a tout de même révolutionné la technique sur son instrument)
Il est crédité comme étant l'inventeur du blast beat ou du moins de quelque chose s'en approchant.

C'est quand meme marrant de voir que deux des choses qui sont a la base de la batterie dans le metal, a savoir la double grosse caisse et le Blast Beat (et l'un ne va pas sans l'autre puisque sans double grosse caisse pas de blast beat, pour ca que Murray c'est pas tout a fait un blast beat) ont été inventé par des jazzmen.
Grâce à toi j'ai appris ça:
Le blast beat (littéralement : rythme explosif en anglais) est une technique de batterie très utilisée dans le metal extrême, qui consiste en une superposition de doubles croches effectuées aux pieds et aux mains à un tempo élevé (>150 bpm).
;)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » lun. 29 juin 2020 17:50

Douglas a écrit :
lun. 29 juin 2020 17:42
nunu a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:28
Douglas a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:12
(il a tout de même révolutionné la technique sur son instrument)
Il est crédité comme étant l'inventeur du blast beat ou du moins de quelque chose s'en approchant.

C'est quand meme marrant de voir que deux des choses qui sont a la base de la batterie dans le metal, a savoir la double grosse caisse et le Blast Beat (et l'un ne va pas sans l'autre puisque sans double grosse caisse pas de blast beat, pour ca que Murray c'est pas tout a fait un blast beat) ont été inventé par des jazzmen.
Grâce à toi j'ai appris ça:
Le blast beat (littéralement : rythme explosif en anglais) est une technique de batterie très utilisée dans le metal extrême, qui consiste en une superposition de doubles croches effectuées aux pieds et aux mains à un tempo élevé (>150 bpm).
;)
Er donc le premier "Blast Beat" par Murray serait sur Holy Ghost de Albert Ayler dans l'album Albert Ayler in Greenwich Village Complete Impulse Recordings (et uniquement dans cette version celle vu que le morceau est pas sur le LP d'origine) et le premier usage de la double grosse caisse ca serait Louis Bellson

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 30 juin 2020 03:54

nunu a écrit :
lun. 29 juin 2020 17:50
Douglas a écrit :
lun. 29 juin 2020 17:42
nunu a écrit :
lun. 29 juin 2020 16:28


Il est crédité comme étant l'inventeur du blast beat ou du moins de quelque chose s'en approchant.

C'est quand meme marrant de voir que deux des choses qui sont a la base de la batterie dans le metal, a savoir la double grosse caisse et le Blast Beat (et l'un ne va pas sans l'autre puisque sans double grosse caisse pas de blast beat, pour ca que Murray c'est pas tout a fait un blast beat) ont été inventé par des jazzmen.
Grâce à toi j'ai appris ça:
Le blast beat (littéralement : rythme explosif en anglais) est une technique de batterie très utilisée dans le metal extrême, qui consiste en une superposition de doubles croches effectuées aux pieds et aux mains à un tempo élevé (>150 bpm).
;)
Er donc le premier "Blast Beat" par Murray serait sur Holy Ghost de Albert Ayler dans l'album Albert Ayler in Greenwich Village Complete Impulse Recordings (et uniquement dans cette version celle vu que le morceau est pas sur le LP d'origine) et le premier usage de la double grosse caisse ca serait Louis Bellson
Merci pour les précisions, malheureusement je n'ai que le LP original et pas la complète, mais je suppose qu'il a utilisé ce même procédé plus tardivement. Pour Sunny Murray je pensais davantage à son jeu sur les cymbales, complètement atypique, cf les enregistrements ESP et Byg. Il semble que son jeu soit devenu plus académique au fil des années, très pur et "fou-fou" dans sa prime jeunesse, puis, plus en attente avec ce qu'on attendait d'un batteur.
Lors de son décès, Anne Pacéo avait écrit un petit mot dans une revue de jazz, assez émouvant, sur son sens du partage, il n'hésitait pas à faire part de son savoir, quitte à remettre en cause les "bases" sur lesquelles elle avait construit son jeu de batterie.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 30 juin 2020 07:35

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Il semble qu’il y ait un travail d’édition assez conséquent concernant les « live » de David S.Ware. Cet album « Théâtre Garonne 2008 » en est le plus récent exemple. L’intitulé de la formation a son importance David S. Ware New Quartet, « new » car un changement est intervenu dans la formation habituelle de David, Matthew Shipp le génial pianiste est parti pour construire son œuvre, il est remplacé par un guitariste.

Joe Morris apporte un vent nouveau dans le son du quartet, il s’inscrit d’emblée et avec assurance dans les gènes de la formation, comme s’il avait toujours été là, d’une certaine façon il allège et adoucit les tensions qui pèsent dans le jeu du quartet, intervenant avec beaucoup d’autorité.

Il officie aux côtés du fidèle et remarquable William Parker à la basse et de Warren Smith à la batterie. Le répertoire est entièrement consacré aux nouvelles pièces qui sortiront en janvier 2009 sur l’album « Shakti » où joue la même formation, la quasi-totalité des titres est dédiée à la spiritualité hindoue « Crossing Samsara », « Durga », « Namah », « Samsara ». En cette période David S.Ware est atteint par la maladie, ce qui le contraint à jouer assis, pourtant son jeu ne semble en rien affecté, toujours aussi généreux et puissant, physique et entier, habité, le feu brûle de l’intérieur, il ose même le souffle continu, offrant à son public tout ce qu’il peut donner.

Heureux ceux qui, ce soir-là, se sont posés au Théâtre Garonne, c’est un concert qu’ils n’ont pas dû oublier, de ceux qui restent dans un coin de sa mémoire, avec les éblouissements associés…

Modifié en dernier par Douglas le mer. 1 juil. 2020 18:11, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 1 juil. 2020 03:16

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Un album de 2016 concocté par un duo de musicien qui se connaît bien, le pianiste Baptiste Trotignon, élevé au classique il découvre le jazz lors de son adolescence et en devient un émérite interprète, accompagné par Minino Garay percussionniste argentin qui joue également du cajón, un instrument péruvien et du Bombo, une sorte de tambour, il chante également. L’album s’appelle « Chimichurri » un condiment argentin à base de piment.

Pour autant, même en abusant, nous n’irons pas en enfer, la route est parfaitement bien balisée, l’interprétation parfaite et la complicité entre nos deux musiciens exemplaires. Le répertoire en lui-même est un avant-goût de ce qui nous attend, à la façon d’un programme lorsqu’on pénètre dans une salle de spectacle. Cinq pièces de Leonard Berstein, on revisite « West Side Story », si jamais ça vous manque, l’occasion s’offre à vous, un petit tour par Monk, un autre par McCartney, on visite Charlie Parker et on stationne avec deux titres chez Carlos Gardel via le Brésil d’Hermeto Pascoal. Ah ! Oui deux compos signés Trotignon et le morceau titre aux saveurs d’Espelette signé par notre duo.

Un album bercé par l’easy listening qui joint un certain exotisme à l’agréable, deux savants interprètes qui sauront vous distraire et vous éblouir.

Jenny Wren


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 1 juil. 2020 20:21

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A nouveau un enregistrement de Charles Lloyd, mais celui-ci n’a pas grand-chose à voir avec les deux précédents albums présentés, plus de cinquante années les séparent et le temps a fait son ouvrage, vers le meilleur pour ce qui concerne Charles Lloyd qui semble se bonifier au fil des années. Il serait vain de tirer de trop rapides conclusions en condamnant le Charles Lloyd des débuts, bien au contraire, sa trajectoire et ses enregistrements d’alors sont très intéressants.

L’année 67 est très prolixe pour Lloyd qui enregistre beaucoup, « Forest Flower », « Love-In », « Journey Within », « Nirvana » qui sortira en 68 et, surtout, « In The Soviet Union: Recorded At The Tallinn Jazz Festival » enregistré en 67 et sorti en 70 qui sera un point culminant de ses débuts discographiques. Pour rester dans l’actualité musicale et retourner en même temps en 67 voici enfin publiés les enregistrements live du premier festival de Montreux où Charles Lloyd se présente avec son fabuleux quartet.

Le patron, au ténor et à la flûte, est entouré de Keith Jarrett en provenance des Jazz Messengers, de Ron McClure à la basse et de Jack DeJohnette à la batterie, un accompagnement de jeunes musiciens tout à fait exceptionnels et un concert passionnant, réparti sur deux Cds recueillant plus d’une heure trente de musique, avec deux morceaux qui tournent chacun autour de la demi-heure : Sweet Georgia Bright et Forest Flower.

Au chapitre des curiosités on assiste à de légers glissements free de Keith Jarrett, ce qui peut surprendre, la section rythmique est vraiment splendide, DeJohnette dont le style est déjà arrivé à maturité éblouit et McClure est parfait, le leader est brillant et convaincant au sax mais moins à la flûte, d’ailleurs il en joue peu.

Un inédit qui plaira aux fans de Charles Lloyd trentenaire.

Sweet Georgia Bright (Live at Montreux Jazz Festival 1967)


Forest Flower (Live at Montreux Jazz Festival 1967)


Lady Gabor (Live at Montreux Jazz Festival 1967)


Love Song to a Baby (Live at Montreux Jazz Festival 1967)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 2 juil. 2020 16:52

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L’un de ces albums empilé parmi des centaines de milliers d’enregistrements qui dorment sans que jamais on puisse les réveiller, qui gisent, anonymes au fond des entrepôts où dans un grenier, au mieux classés chez un amateur qui les choie, désolé de ne pouvoir en apprécier qu’un seul à la fois.

Celui-ci se classe lettre « F », Firehouse c’est le nom de la formation « Live at Glenn Miller Café », le titre de l’album. Le groupe est suédois, bien que les noms des musiciens soient restés relativement inconnus, ils font tous parti du gratin local et bénéficie de la considération du monde du jazz scandinave, en cette année 2004, qui vit la captation de ce concert. C’est Jan Ström, patron alors d’Ayler Records, qui produisit l’album que l’on peut d’ailleurs toujours se procurer directement sur le label, dépaysé depuis en France.

Le boss c’est le guitariste John Lindbloom, compositeur des titres, sa guitare électrique ne rechigne pas, elle s’encanaille vers le rock sans aucune hésitation, animée de l’énergie qui convient, elle strie et dépote à l’envie. Les deux solistes aux instruments à vent ne sont pas en reste, Magnus Broo à la trompette est un fou furieux, dès le premier titre, « Cyclone Song », il met les pendules à l’heure. Fredrick Ljungkvist au ténor et à la clarinette est également brillantissime, il éclate sur « Nothing too Eccentric », bien vite on comprend qu’ici, rien n’est anecdotique et que le niveau est élevé. Johan Berthling est à la basse et Kjell Noreson à la batterie.

L’atmosphère se situe entre un jazz-rock énervé et de jouissifs passages constitués de solos post bop ou free, très décapants de la part des différents solistes. Les morceaux alternent entre tempos vifs et titres plus calmes.

Côté références, au fil des morceaux les noms défilent à grande vitesse, Miles, Ornette et même Albert sur le dernier titre, c’est brillant et jamais en deçà de l’attente. Recommandé.

Firehouse


Firehouse


Sur Ayler Records deux titres en écoute avec un meilleur son, se rapprochant de la qualité Cd
http://www.ayler.com/firehouse-live-at- ... -cafe.html

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 3 juil. 2020 13:19

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Une incursion dans l’underground de l’époque avec « Parallèles », le génial album de Jacques Berrocal sorti sur le label « d'Avantage » fondé par Michel Potage, Roger Ferlet et Jac Berrocal en 1975. Vous l’avez remarqué Jacques devient « Jac » ou même « Catalogue » quand il marche en formation.

« Parallèles » est le second album du « dandy » du jazz, en accointance avec le groupe Nurse With Wound il devient vite un album mythique, fabriqué de « bric et de broc », sans règle, au fil du temps qui passe et des rencontres. Des noms ! Des noms ! Alors en voici : Vince Taylor, Bernard Vitet, Michel Potage, Roger Ferlet et Pierre Bastien font partie du panel.

L’album s’ouvre avec « Parallèles » un incroyable duo entre Ferlet au trombone et Berrocal à la valve de trombone, ça vous plonge dans l’ambiance, de l’inouï s’il vous plaît ! Avec « Post card » nous voici compilé dans une drôle de machine, Michel Potage nous parle et joue de la guitare, Berrocal du trombone, Ferlet de la trompette de poche, un texte surréaliste en forme de « tranche de vie », une carte postale, donc. Arrive « Galimatias » un solo au cornet de Jacques qui déchire le silence, puis arrive le tube « Rock'n Roll Station » avec Vince Taylor himself.

Jac parle de la rencontre : « Vince était comme un OVNI allant et venant avec une souplesse de félin : un voyant et un séducteur au regard faisant mouche […] Vince Taylor a incarné le rock à un point inimaginable de folies sensuelles et scéniques. Si certains depuis ont élevé le rock comme un art, lui seul en fait a fait une messe imprévisible et troublante. Alors l’idée de « Rock’n Roll Station » m’est venue, son image s’est imposée immédiatement, et l’enregistrement fut bouclé en une heure. « Rock’n’Roll Station » c’est une chose qui m’a complètement échappée ; un geste rapide que j’ai mis vingt ans à chanter sur scène. » C’est dit, pour les amateurs le titre est également dispo en 45 tours.

La face B est entièrement dévolue à « Bric-à-brac (To Russolo) » un titre de vingt-quatre minutes de musique expérimentale rassemblant un octet jouant d’une vingtaine d’instruments en conversation improvisée, c’est surprenant, étonnant quelque chose de la vraie vie, de la fanfare, de la joie, mais aussi du questionnement au fil de l’eau, du temps et de l’air qui se promène dans les valves en faisant un drôle de bruit…

Il existe une version Cd augmentée.

Jac Berrocal "Rock'n'roll station"


Jacques Berrocal - Post-Card (1977)


Jacques Berrocal - Cryptéa IV (1973)


Jacques Berrocal - Occupé (1977) Uniquement sur la version Cd

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 4 juil. 2020 06:39

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Voici « The Dreamers » un des projets les plus « Easy Listening » de la part de John Zorn, du coup l’album est devenu clivant, soit adoré, soit détesté, bien qu’il ne mérite pas ce dernier sort, pour ma part je n’hésite pas à me ranger du côté de ceux qui aiment et qui admirent.

Déjà Zorn a sorti « La grosse Bertha » appelant les musiciens du groupe Electric Masada à la rescousse, Marc Ribot à la guitare, Jamie Saft aux claviers, Joey Baron à la batterie, Trevor Dunn à la basse, Cyro Baptista aux percus et Kenny Wollesen au vibraphone, Zorn joue de l’alto sur un titre.

De la musique populaire donc, et fière de l’être, John revisite les genres avec gourmandise, justesse et un talent roué. Un grand voyage s’ouvre à l’auditeur, ça démarre à Hawaï avec de la « surf music », continue vers les musiques de film, des ambiances à la Ennio Morricone, il semble que l’on croise Carlos Santana au travers d’un miroir déformant, la world music, la musique de dessin animé, le minimalisme, l’exotica, le funk, le rock, le klezmer, tout y passe, la galerie des styles et des genres défile à grande vitesse et s’exécute avec un talent immense.

« Tout est bon chez lui, y’a rien à jeter » pourrait-on penser à l’écoute de cette exécution parfaite, qui soigne les détails, même le packaging est dans le ton, c’est là le savoir-faire et le grand professionnalisme de tzadik, l’artwork contient une plaquette d'autocollants représentant des personnages dessinés par la designer Heung-Heung Chin.

Un album grand public de Zorn qui, malgré cela, ne plaira pas à tout le monde…

John Zorn - The Dreamers [Full Album] (ne ratez pas Anulikwutsayl)
00:00 Mow Mow
03:02 Uluwati
06:42 A ride on Cottonfair
11:06 Anulikwutsayl
20:08 Toys
22:58 Of wonder and certainty [for Lou Reed]
27:28 Mystic circles
33:38 Nekashim
37:38 Exodus
44:42 Forbidden tears
47:50 Raksasa


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 4 juil. 2020 20:57

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Cet album de Cecil Taylor est sorti en 1963 mais je ne l’ai écouté que lors d’une réédition sur une compilation de 1976 qui réunissait cet album en compagnie de « Nefertiti, The Beautiful One Has Come » enregistré ce même jour par « The Cecil Taylor Unit ». Lorsque je l’ai écouté, avec treize années de retard par rapport à sa véritable sortie, il m’a semblé être encore très en avance et, quand je le réécoute aujourd’hui, je pourrais penser encore la même chose, le temps ne semble pas avoir de prise sur cet album.

L’occasion se présentant, j’ai enrichi ma discothèque de la version nippone de 1965 et, l’usure même, semble ne pas avoir eu prise sur le vinyle, comme si la musique échappait aux forces naturelles qui régissent les choses et les objets et qu’elle s’élevait, échappant aux lois de l’attraction terrestre, son sillon se lisait sans se creuser sous la caresse du diamant.

Un trio, fabuleux, définitivement hors norme, inclassable, ici sur cet album et également sur l’album associé « Nefertiti, The Beautiful One Has Come ». Cecil Taylor au piano, Jimmy Lyons au saxophone alto et Arthur Murray aka Sunny Murray aka Sonny Murray à la batterie, tous ces Murray représentent le même homme, élevé, en quelque sorte, au biberon Cecil Taylor. Il ne s’en est jamais remis d’ailleurs, génial déjà.

Le plus raisonnable, celui qui permet de garder le contact avec une certaine matérialité, et de rester accroché aux racines, c’est certainement Jimmy Lyons, une sorte de gardien qui ramène tout ce petit monde vers la bergerie. Ce soir-là c’était jour de fête au Café Montmartre à Copenhague ce 23 novembre 1962 et cet album est un magnifique témoignage de la musique jouée alors, d’autant que Cecil enregistrait alors très peu, incompris et intransigeant, il va connaître une assez longue traversée du désert …

Call - Cecil Taylor 1962


Lena - Cecil Taylor 1962


Cecil Taylor - D Trad, That's What


Trance

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » dim. 5 juil. 2020 08:04

le tout nouveau Nat Birchall


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