J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 27 juil. 2020 18:26

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On a évoqué Yochk'o Seffer page précédente à propos du groupe « Perception », nous voici en sa compagnie une décennie plus tard, le temps pour lui de passer par Magma et Zao et de créer Neffesh Music. Au travers de ces expériences il a pris une dimension colossale, s’affirmant en tout premier lieu comme un grand conciliateur des cultures, également trait d’union entre musique savante, jazz et, bien sûr, musique traditionnelle hongroise.

C’est donc en cette année 1983 que sort Chromophonie 2 ou « Le Livre de Bahir ». Chromophonie est une collection de dix albums consacrés aux œuvres musicales et picturales (la magnifique pochette) de Yochk'o Seffer. Il y joue de multiples instruments, si certains collectionneurs ne savent pas où ranger leurs disques, il y a des musiciens qui doivent avoir le même problème avec leurs instruments : Piano acoustique et électrique, saxophones ténor et soprano ainsi que clarinette basse sont à la fête sur cet album. Sur deux pièces, celle qui ouvre l’album (Magyar-Lo) et celle qui le ferme (Daâth), les cordes du Quatuor Margand participent également à l’album.

Celui-ci est, dans son intégralité, vraiment très beau, mais mon cœur est jazz et certains morceaux flattent mes choix, comme « Gyenenna-Tuze » où Yochk’o, s’accompagnant lui-même au piano, nous livre un solo de ténor échevelé. Le très court « Natsar II » qui évoque irrésistiblement la période Magma, nous fait entendre la clarinette basse et le piano accompagnant un chant folklorique. « Daâth » est une superbe ballade ou Yochko se fait lyrique au ténor, accompagné par les cordes, la tension lente et brûlante monte avec une grande douceur…

Sans basse ni batterie, accompagné le plus souvent du seul piano, le ténor de Yochk’o baigne dans un lyrisme tourmenté qui envoute et surprend. Un plaisir rare.

Gyehenna-tuze


Natsar II


Daath


Magyar-lo

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 29 juil. 2020 03:09

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Retour vers le Don Rendell / Ian Carr Quintet qui nous a enchanté avec « Shades Of Blue » et « Dusk Fire » il y a quelques temps. Une bonne raison pour poursuivre la quête avec ce « Change - is » sorti en 1969, toute dernière livraison de la formation avant sa dissolution. En effet, Iann Carr se consacrera désormais à Nucleus et Don Redell à la direction de sa propre formation.

La face une est carrément d’excellente tenue, on pense à "Boy, Dog And Carrot" avec Garrick jouant du clavecin, mais je ne m’y attarde pas, le « hors norme » auquel le groupe nous a habitué à chacun de ses albums c’est davantage sur la face deux que l’on s’en approche. « Cold Mountain » est signé Michael Garrick, tiens, tiens, il avait déjà écrit l’extraordinaire « Dusk Fire » en son temps. La pièce est lente, elle avance mystérieuse et pleine d’interrogations, entre air bluesy et accents dépaysants.

« Mirage » signé par Rendell clôt l’album avec une grande classe, certes sans atteindre la grâce rare des temps passés, mais la pièce est ravissante et offre à chacun des solistes l’occasion de tirer sa révérence en laissant la signature, pour chacun d’eux, d’un magnifique solo, avec une grande élégance et une distinction toute britannique.

Une remarquable réédition en 2019, bénéficiant d’une remastérisation à Abbey Road, à partir des bandes originales, a été effectué par Jazzman Records. L’originale étant hors de prix c’est l’occasion de s’offrir un fac-similé avec la technologie d’aujourd’hui.

Cold Mountain


Mirage


Elastic Dream


Boy, Dog And Carrot

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Pablitta » mer. 29 juil. 2020 08:30

Douglas a écrit :
dim. 26 juil. 2020 21:01
Je poste uniquement ici, pas d'autre forum ni de blog, de vieux textes qui trainent sur le net ici ou là...
:chapozzz:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 29 juil. 2020 12:46

Pablitta a écrit :
mer. 29 juil. 2020 08:30
Douglas a écrit :
dim. 26 juil. 2020 21:01
Je poste uniquement ici, pas d'autre forum ni de blog, de vieux textes qui trainent sur le net ici ou là...
:chapozzz:
C'est que l'adresse doit être bonne!
;)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » mer. 29 juil. 2020 19:09

Douglas a écrit :
mer. 29 juil. 2020 03:09
Image

Retour vers le Don Rendell / Ian Carr Quintet qui nous a enchanté avec « Shades Of Blue » et « Dusk Fire » il y a quelques temps. Une bonne raison pour poursuivre la quête avec ce « Change - is » sorti en 1969, toute dernière livraison de la formation avant sa dissolution. En effet, Iann Carr se consacrera désormais à Nucleus et Don Redell à la direction de sa propre formation.

La face une est carrément d’excellente tenue, on pense à "Boy, Dog And Carrot" avec Garrick jouant du clavecin, mais je ne m’y attarde pas, le « hors norme » auquel le groupe nous a habitué à chacun de ses albums c’est davantage sur la face deux que l’on s’en approche. « Cold Mountain » est signé Michael Garrick, tiens, tiens, il avait déjà écrit l’extraordinaire « Dusk Fire » en son temps. La pièce est lente, elle avance mystérieuse et pleine d’interrogations, entre air bluesy et accents dépaysants.

« Mirage » signé par Rendell clôt l’album avec une grande classe, certes sans atteindre la grâce rare des temps passés, mais la pièce est ravissante et offre à chacun des solistes l’occasion de tirer sa révérence en laissant la signature, pour chacun d’eux, d’un magnifique solo, avec une grande élégance et une distinction toute britannique.

Une remarquable réédition en 2019, bénéficiant d’une remastérisation à Abbey Road, à partir des bandes originales, a été effectué par Jazzman Records. L’originale étant hors de prix c’est l’occasion de s’offrir un fac-similé avec la technologie d’aujourd’hui.
je crois que c'est le dernier de leur 5 albums et celui qui me plait moins, surtout que l'on a l'impression que le groupe a commencé en force, en proposant un jazz modal assez poussé (Dusk Fire est un album grandiose)

Avec celui-ci, j'ai presqu'envie de dire qu'il y a une forme de "régression" et un retour aux 50's

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 30 juil. 2020 04:13

Cooltrane a écrit :
mer. 29 juil. 2020 19:09

je crois que c'est le dernier de leur 5 albums et celui qui me plait moins, surtout que l'on a l'impression que le groupe a commencé en force, en proposant un jazz modal assez poussé (Dusk Fire est un album grandiose)

Avec celui-ci, j'ai presqu'envie de dire qu'il y a une forme de "régression" et un retour aux 50's
Perso je ne partage pas cette analyse, une seule pièce est franchement hard-bop et j'entends plus une continuité, sans renouvellement. Je pense que ce facteur a joué dans les raisons de la séparation.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 30 juil. 2020 04:47

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Tristan Tzara fonde le mouvement dada dès 1916, au printemps 1925 il poursuit son aventure littéraire en écrivant un long poème intitulé « L’Homme approximatif ». Puis il rejoint les surréalistes vers la fin des années vingt en même temps que paîtra le dernier chant de cette oeuvre.

Cet album est une porte d’entrée rêvée pour pénétrer l’univers de ce poème, les deux premiers chants y figurent, "Dimanche lourd couvercle..." et "la terre me tient serré...", lus à la façon d'un maître par l’extraordinaire Jean-François Pauvros qui délaisse sa guitare pour se transformer en un magnifique récitant. La voix posée, grave, tantôt sombre ou caverneuse se pose sur les mots et leur donne vie et chair, comme une invitation offerte à l’auditeur de pénétrer l’univers cru, nu et révolté, du premier des dadaïstes.

Jean-Marc Foussat au Synthé et Jamal Moss aux flûtes, piano et cordes, habillent brillamment la diction du narrateur qui se promène ainsi, austère, au milieu d’un halo lumineux de sons et de musique. A noter que l'album est sorti chez Fou Records, le label de Jean Marc Foussat, ce dernier est une figure importante de la musique underground française à partir de la fin des années 70. Ce type de musique se transforme en "expérience musicale" pour peu qu'un environnement favorable soit propice à cette forme de "dégustation" relativement rare. Sans doute est-il nécessaire de se concentrer entièrement sur la musique et le texte, d'y plonger pour s'y fondre...

Un extrait chez Soundohm, suivi du texte correspondant.

https://www.soundohm.com/product/l-homm ... ximatif-lp

dimanche lourd couvercle sur le bouillonnement du sang
hebdomadaire poids accroupi sur ses muscles
tombé à l’intérieur de soi-même retrouvé
les cloches sonnent sans raison et nous aussi
cloches sans raison et nous aussi
nous nous réjouirons au bruit des chaînes
que nous ferons sonner en nous avec les cloches
quel est ce langage qui nous fouette nous sursautons dans la lumière
nos nerfs sont des fouets entre les mains du temps
et le doute vient avec une seule aile incolore
se vissant se comprimant s’écrasant en nous
comme le papier froissé de l’emballage défait
cadeau d’un autre âge aux glissements des poissons d’amertume
les cloches sonnent sans raison et nous aussi
les yeux des fruits nous regardent attentivement
et toutes nos actions sont contrôlées il n’y a rien de caché
l’eau de la rivière a tant lavé son lit
elle emporte les doux fils des regards qui ont traîné
aux pieds des murs dans les bars léché des vies
alléché les faibles lié des tentations tari des extases
creusé au fond des vieilles variantes
et délié les sources des larmes prisonnières
les sources asservies aux quotidiens étouffements
les regards qui prennent avec des mains desséchées
le clair produit du jour ou l’ombrageuse apparition
qui donnent la soucieuse richesse du sourire
vissée comme une fleur à la boutonnière du matin
ceux qui demandent le repos ou la volupté
les touchers d’électriques vibrations les sursauts
les aventures le feu la certitude ou l’esclavage
les regards qui ont rampé le long des discrètes tourmentes
usé les pavés des villes et expié maintes bassesses dans les aumônes...
Tristan Tzara

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Pablitta » jeu. 30 juil. 2020 12:59

Je viens de comprendre que les lyrics d'Indochine c'était du surréalisme :confusezzz:

:sivousme:

C'est pour rire, Douglas, hein ? Le jazz semble être un sujet si sérieux que je tenais à préciser :cote:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 30 juil. 2020 14:44

Pablitta a écrit :
jeu. 30 juil. 2020 12:59
Je viens de comprendre que les lyrics d'Indochine c'était du surréalisme :confusezzz:

:sivousme:

C'est pour rire, Douglas, hein ? Le jazz semble être un sujet si sérieux que je tenais à préciser :cote:
:hehe:
En fait, c'est pas vraiment du jazz, plutôt dans la veine électro/expérimentale peut-être...
ça se rattache au jazz par l'antériorité musicale des participants, mais ça reste la "valse des étiquettes"...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 31 juil. 2020 03:18

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Un album sorti au début de la période du confinement, il salue la rencontre entre un groupe italien, Astral Travel, et un feu follet du jazz, le chanteur de Los Angeles, Dwight Trible. Celui-ci commence à avoir une carte de visite assez fournie, il a été le chanteur attitré de Build An Ark et de The Gathering, il a enregistré également avec le Kahil El'Zabar's Ritual Trio sur l’album « Follow the Sun » et a effectué quelques concerts avec cette formation. La nature de son chant peut dérouter au premier contact, il est presque lyrique, très solaire, un peu illuminé.

Astral Travel est mené par le batteur Tommaso Cappellato, Marco Privato est à la contrebasse, Fabrizio Puglisi au piano et Piero Bittolo Bon au sax alto, à la flûte et à la clarinette basse, il insuffle également une touche d’électro qui contribue positivement à l’éclat de cette musique. Dwight Trible n’est pas le seul vocaliste, bien souvent il dialogue avec Camilla Battaglia.

Bien que l’album ait été conçu en studio, il a été créé à partir d’improvisations coupées, collées et agencées. Le résultat est bluffant, on semble découvrir un nouveau Dwight dans un univers déjanté, mobile, échappant à la lourdeur conventionnelle, ça flotte, avance, véhiculé par un groove très free, qui créée des espaces, entre magie et immatérialité.

Il est signalé sur la pochette l’influence de Sun Ra sur la musique jouée, et bien dont acte, on ne peut que s’incliner devant un tel résultat, pour moi certainement une des meilleures sorties de cette année.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 1 août 2020 04:34

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Souvent les pochettes signées A.R. Penck se reconnaissent assez vite. Le titre Endless Jazz / After 997 correspond aux deux pièces de l’album, une sur chaque face. En vedette américaine sur la face une Clarence Sharpe qui, autrefois, participa assez anecdotiquement aux enregistrements de « Kwanza » et « For Losers » de Shepp sur Impulse. On retrouve également Coen Aalberts et Dennis King Charles aux batteries, Lisle Ellis à la basse et les deux éléments de TTT, le troisième, Heinz Wollny, est, je suppose, préposé à la prise du son, mais rien n’est écrit.

Cette équipe est réunie uniquement sur la face une, se lançant dans une longue jam improvisée comme on aime, c’est vif, sautillant, énergique et plutôt basique. Clarence Sharpe se lance bille en tête et cravache joyeusement. La présence des deux batteries assure une assise rythmique confortable d’autant que basse et guitare assument volontiers un soutien de qualité.

La face B « After 997 » fait place à un trio formé par A.R. Penck à la flûte et au piano, Franck Wollny à la basse et Dennis King Charles à la batterie, je suppose que Heinz est au son, mais c’est sans certitude. On parle plus souvent de Penck comme organisateur, peintre et graphiste que comme musicien, il y a sans doute une raison, mais l’intention est pure et cela seul compte. Un joli jeu de basse de la part de Franck, poussé par la batterie qui assure, le plaisir de jouer est là, il transpire et chacun a droit à sa prise de risque et repousse ses propres limites. Il existe une petite impro cachée à la fin de l’album, sans titre.

Un plaisir d’écoute sans cesse renouvelé.

TTT / A.R. Penck – Endless Jazz (1984)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Suricate » sam. 1 août 2020 19:15

Douglas a écrit :
ven. 31 juil. 2020 03:18
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Un album sorti au début de la période du confinement, il salue la rencontre entre un groupe italien, Astral Travel, et un feu follet du jazz, le chanteur de Los Angeles, Dwight Trible. Celui-ci commence à avoir une carte de visite assez fournie, il a été le chanteur attitré de Build An Ark et de The Gathering, il a enregistré également avec le Kahil El'Zabar's Ritual Trio sur l’album « Follow the Sun » et a effectué quelques concerts avec cette formation. La nature de son chant peut dérouter au premier contact, il est presque lyrique, très solaire, un peu illuminé.

Astral Travel est mené par le batteur Tommaso Cappellato, Marco Privato est à la contrebasse, Fabrizio Puglisi au piano et Piero Bittolo Bon au sax alto, à la flûte et à la clarinette basse, il insuffle également une touche d’électro qui contribue positivement à l’éclat de cette musique. Dwight Trible n’est pas le seul vocaliste, bien souvent il dialogue avec Camilla Battaglia.

Bien que l’album ait été conçu en studio, il a été créé à partir d’improvisations coupées, collées et agencées. Le résultat est bluffant, on semble découvrir un nouveau Dwight dans un univers déjanté, mobile, échappant à la lourdeur conventionnelle, ça flotte, avance, véhiculé par un groove très free, qui créée des espaces, entre magie et immatérialité.

Il est signalé sur la pochette l’influence de Sun Ra sur la musique jouée, et bien dont acte, on ne peut que s’incliner devant un tel résultat, pour moi certainement une des meilleures sorties de cette année.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par lienard » sam. 1 août 2020 20:02

:confusezzz:

J'ai essayé mais j'ai pas pu, sorry .. :ghee:

Je retourne à mes Rory Gallagher ..

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Message par Cooltrane » sam. 1 août 2020 21:25

les deux singles du nouveau Tigran Hamasyan




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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 2 août 2020 02:03

Suricate a écrit :
sam. 1 août 2020 19:15

Douglas, grâce à toi je suis comme un gamin découvrant les saveurs de pots de confitures dont je n'avais même pas conscience Merci. :chapozzz:
Je te remercie pour ce retour, d'autant que parfois il faut perdre ses repères, de plus le chant de Dwight Trible n'est pas évident à aborder...

lienard a écrit :
sam. 1 août 2020 20:02
:confusezzz:

J'ai essayé mais j'ai pas pu, sorry .. :ghee:

Je retourne à mes Rory Gallagher ..
C'est tout de même sympa de goûter des confitures avec un goût qui peut sembler inhabituel...
Rory j'adore!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 2 août 2020 02:25

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C’est sorti au mois d’avril, le groupe s’appelle Błoto, à priori ça veut dire « la boue » en polonais. Oui, la formation est polonaise issue du groupe EABS, une formation de jazz plutôt « classique ». Ça s'est passé lors d'une sorte de mini tournée où il advint que quatre des six membres se trouvèrent libres pendant une journée, ils prennent un véhicule et se retrouvent dans un studio où ils jouent pendant trois ou quatre heures.

A partir de là, ça s’affole. Grave. Il sorte un vinyle tiré à 200 exemplaires via bandcamp, tout disparaît en quelques heures. Un second tirage de trois cents copies est effectué, ça dégage fista. On parle de plus en plus de l’album au japon, une série spéciale avec un titre supplémentaire est édité, bon, forcément il n’en reste plus, ainsi que le troisième tirage vinyle, épuisé lui aussi. Côté Cd ordinaire, à l’heure où j’écris il en reste trente-quatre sur un pressage de mille. Bon, soyons raisonnables, même en comptant la totalité des albums vendus, finalement il n’y a rien de si impressionnant. Si quand même, la musique.

Ils sont quatre, Latarnik au piano, aux synthés et aux percussions, Wuja HZG à la guitare basse et aux percussions, Cancer G à la batterie et Książę Saxonii au saxophone ténor et aux percussions. Les morceaux ont été joués et pliés avec une grande rapidité, l’habitude de jouer ensemble, d’improviser et de créer explique la performance, mais cette musique, aussi moderne qu’elle soit, n’est pas nouvelle. IL suffit d’écouter le batteur avec un peu d’attention pour comprendre qu’il doit énormément à Mark Guiliana, son jeu porte le groupe, on pourrait parler de l’influence de Bigyuki également. On retrouve les racines de cette musique dans le groove propre au hip-hop et à ses descendances new-yorkaises. Błoto a su s'inscrire avec efficacité dans cette modernité là, ça plaît et c'est tant mieux!

Même si l’influence est patente ça n’enlève rien à la beauté de cet album et à sa forte puissance addictive, une belle surprise qui nous offre un visage plus souriant de la Pologne, un pays qui a toujours su cultiver une authentique et véritable culture jazz.

Błoto - Czarne ziemie


Błoto - Bagna


Błoto - Gleby brunatne


Bielice

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 3 août 2020 04:41

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Allez une petite perle maintenant, c’est pour tout le monde, petits et grands, amateurs de comptines, petits airs jolis, douces mélodies et rythmes mieux trempés. Ne vous fiez à la réputation d’ogre de Frank Lowe, aujourd’hui il est gentil, doux, il aime le gazouillis des oiseaux et les contes de fée.

C’est un duo, Frank Lowe, l’apôtre du free est né en 1943 et il a vu le temps passer. Le voici en 1999, la cinquantaine bien dépassée, il a côtoyé les plus grands noms du free et le voilà aux studios « La Buissonne » de Pernes les Fontaines dans le sud de la France, et le projet est peu ordinaire.

L’autre musicien est bassiste, né à Alger en 1956, il s’appelle Bernard Santacruz. Je l’écoute pour la première fois, mais il a joué avec Charlie Haden, Ron Carter, Charles Tyler, Denis Charles et donc Frank Lowe. Il le connaît bien depuis qu’il a enregistré un album à ses côtés, en quartet avec Cheikh Tdiane Fall et Dennis Charles.

Pas de longs gigs ni de longs trips ici, quatorze morceaux dont le plus long dure moins de six minutes, des mélodies en pagaille, chacun apporte ses créations et on fait quelques reprises, comme « Watusi Egyptian March » que jouait Sun Ra avec son Arkestra, en traversant la foule en un long défilé coloré, musiciens et danseurs chantants et jouant des percussions, avant de remonter sur scène pour finir le morceau dans la transe. Le duo reprend des airs de Don Cherry, Dollar Brand et Denis Charles également.

Dans ce format court on apprécie le son chaud et expressif de Frank, qui ne gomme pas toutes les aspérités de son jeu cependant. Ça correspond bien au matériel joué ici, de chouette mélodies, parfois un peu naïves ou simplette, des thèmes qui enjôlent l’auditeur avec candeur. Bernard Santacruz possède un lyrisme naturel au-delà de l’habituel, cette propension à s’adresser au cœur ajoute encore à la beauté de la musique, il possède également un don pour l’écriture de thèmes à la fois simples et mélodieux (Walk in Matosinhos).

Cet album est sans nul doute un bon compagnon de route.

Frank Lowe & Bernard Santacruz - Watusi Egyptian March (Sun Ra)


Frank Lowe & Bernard Santacruz - Walk in Matosinhos


Frank Lowe & Bernard Santacruz - Fuschia Norval


Frank Lowe & Bernard Santacruz - Mopti (Don Cherry)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 4 août 2020 05:06

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Voici « Oblique Sessions II » second volume, mais sans véritable rapport avec le premier volet déjà présenté, si ce n’est la présence de Pascal Comelade. Celui-ci retrouve un vieux compagnon de la période qui l’a vu entrer dans la musique enregistrée, avec le retour de Richard Pinhas, héros de Heldon et autre trublion de la musique. Ils se sont côtoyés au milieu des années soixante-dix et n’ont cessé de se rencontrer depuis, avec cet album, la complicité musicale qui les a souvent rassemblé marque une nouvelle étape.

Pascal Comelade joue avec ses jouets, guitares en plastique, piano-jouet, grand piano et orgue électrique. Richard Pinhas est crédité sur la pochette de guitares électriques, avec des pédales d’effets sans doute, les synthés ne sont pas cités. Je recommande en premier lieu l’album aux amateurs de Brian Eno et de Robert Fripp qui devraient apprécier le menu.

Je suis un très grand amateur de la musique de Pascal Comelade, son côté bricoleur surdoué me fascine et j’engrange ses enregistrements. Ici on retrouve ses habituels traits de génie, un rythme fabriqué avec un vieux jouet cassé, ou une mélodie arrachée avec de vieilles cordes de guitares accolées à une caisse de « résonnance » en plastique, c’est fou : ça marche ! Il me fait penser à Han Bennink qui continuait à jouer de la batterie en concert après avoir quitté son instrument, en frappant du plat de la main le plancher de la scène, l’instrument, c’est soi, ce qu’on touche, ou ce qui est à sa portée.

Pour être partenaire aux côtés de Richard Pinhas, il faut laisser la place, le maître de l’ambient, des textures et des tessitures massives a besoin d’espace, il peint, crée des boucles, sature et tapisse le décor avec une science maîtrisée de son art.

A l’arrivée, rien à dire un album extraordinaire, original, sans doute inimitable même.

Wings on rock


Here come the warm jets


Saint-augustin tombant vers le haut


Le piètre tableau d'un monde riant

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 5 août 2020 04:01

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Voici un de mes musiciens familiers, vers lequel je reviens assez régulièrement, comme pour prendre le pouls de mes humeurs musicales. Steve Lacy est le musicien idéal pour ça, le niveau de qualité est constant, avec des hauts et des hauts, et varié, avec des formules orchestrales qui reviennent et d’autres qui varient. L’entendre est toujours insuffisant, il faut l’écouter, la maîtrise est immense.

Ici il revient à la formule du trio, son trio fétiche, avec le bassiste français Jean-Jacques Avenel et le batteur états-unien John Betsch. Sur deux pièces la compagne du saxophoniste soprano, Irèbe Aebi, vient chanter, avec le temps je me suis habitué à sa voix, un peu « ampoulée », elle est toujours parfaitement juste mais demeure assez clivante pour l’auditeur occasionnel souvent surpris.

Monk s’est révélé auprès de Steve Lacy il y a bien longtemps, avant même qu’il ne soit à la mode et que son jeu soit devenu idolâtré, j’allais dire standardisé. Alors, Steve puise dans les compos moins connues du pianiste, « Shuffle Boil » révèle ses secrets dans le souffle de Lacy qui en livre toute la complexité avec une aisance désarmante. Le titre ouvre l’album et montre le chemin.

« Blue Jay » est un hommage au bassiste français Jean-François Jenny Clark qui fut son ami et son premier partenaire, lorsque Steve Lacy s’installa à Paris, en soixante-cinq, le morceau est vif et enlevé, debout, mais se finit sur des notes tragiques. Encore un hommage, à l’extraordinaire saxophoniste Guinéen Jo Maka, décédé à Paris. Sur ce titre, « Clichés », Jean-Jacques Avenel joue en virtuose du kalimba et fait renaître la fulgurance équatoriale.

Le trio visite également son répertoire à travers « The Flake » créé en soixante et onze ou "The Wane" qui remonte à la guerre du Vietnam. Une chose est sûre, l’album est à l’image de la discographie du musicien, exigeant et abouti.

Shuffle Boil


Blue Jay


Clichés


Flakes

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