J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 20 nov. 2020 07:07

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Un tout petit label avec, dans son panier, deux albums, l’un d’eux me parle particulièrement puisqu’il est signé de Sarah Murcia dont je vous ai parlé à propos de « Never Mind The Future » et de « Habka » avec Kamilya Jubran.

Celui-ci est encore différent, très jazz, mais aussi « pop » car on y chante. Etrange également avec ce tuba qui improvise et cette batterie électronique ou quelque chose comme ça. Il y a la basse qui rassure quand elle est pincée mais inquiète quand on la frotte. Même on y trouve « volonté avec un nuage de lait » qui est chanté en français :
« J’aime pas les câlins, mais toi bien sûr que j’taime
Pose les tes questions, sur l’étagère, à côté du linge sale »

Les musiciens de ce quartet boiteux sont tous fameux, outre Sarah qui chante, joue de sa basse et patouille de l’électro également, il y a Benoit Delbecq, son piano et les effets électro, François Thuillier au tuba et Olivier Py aux saxophones soprano et ténor.

C’est sorti y’a pas longtemps et comme le label est tout petit on n’en parle pas, ce qui est dommage. Tout le monde regarde vers Londres, Shabaka & C°, qu’on aime bien ici c’est sûr, et on leur souhaite le meilleur, mais chez nous, il se passe des choses aussi, ça me semble plus créatif même, plus osé, plus risqué et, de fait, très underground.

Il y a un livret avec les paroles et une pochette avec un carton dur, c’est bien emballé et bien emballant, pourquoi se priver ?

The Caretaker


Eyeballing


Volonté avec un nuage de lait


Come Back Later

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Message par nunu » ven. 20 nov. 2020 07:48

t'as un lien vers le label ou vers un endroit ou on peut acheter

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 20 nov. 2020 08:15

nunu a écrit :
ven. 20 nov. 2020 07:48
t'as un lien vers le label ou vers un endroit ou on peut acheter
Il y en a sur discogs:
https://www.discogs.com/fr/sell/release/15589287?ev=rb

FNAC:
https://www.fnac.com/SearchResult/Resul ... sft=1&sa=0

Bandcamp en dématérialisé:


Sur le label je ne l'ai pas vu en vente... J'ai acheté le mien à sa sortie, vers le début de l'année, il dormait sous la pile, mais Sarah Murcia c'est toujours surprenant, celui-ci est très bon!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » ven. 20 nov. 2020 08:45

Merci

Je vais voir pour l'acheter

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 21 nov. 2020 06:23

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J’avais pris une bonne claque en écoutant « Don’t Explain-Live In Concert » du duo Heinz Sauer/Michael Wollny. Il me fallait remonter la pente du temps pour approfondir un peu, nécessairement c’était découvrir les albums studio du duo, voici une première étape avec « Melancholia » sorti en 2005 où sont interprétés pour la première fois quelques perles musicales reprises sur le live : « Don't Explain » et « Space Cake ».

On retrouve notre duo face à de nombreuses petites miniatures, dix-huit titres se succèdent dont le plus long est une reprise de « Round Midnight » du Sieur Monk qui atteint cinq minutes et trente secondes, et le plus court « Melancholia », une autre reprise cette fois-ci signée Ellington, qui pèse une minute et huit secondes. Quatre titres n’atteignent pas les deux minutes et sept autres se situent entre deux et trois minutes.

Ces courtes durées indiquent un gros travail sur les thèmes et, possiblement, excluent les improvisations, tout du moins au long cours. En effet ce qui prime avant tout, c’est la forme et l’interprétation. Pour Heinz Sauer c’est le phrasé qui porte l’émotion. L’intensité, le poids, l’hésitation, tout compte et transpire. La technique tout entière est au service de l’expressivité et chaque pièce est une œuvre aboutie où tout est finement pensé, dans le moindre détail, jusqu’au léger souffle qui s’échappe lorsque le bec quitte les lèvres.

Michael Wollny, dans cette affaire, n’est pas un simple comparse, son rôle est bien sûr essentiel même si on est porté à suivre le cheminement du ténor. Il se pose en interlocuteur de l’ancien, converse et propose, souligne et commente les traits, indique de nouveaux chemins et de nouvelles directions. Lui aussi manie le registre de l’expressivité, donne la couleur des pièces, leur rythme aussi.

Par ailleurs tous deux apportent leurs compositions qui font bon ménage avec quelques reprises et d’autres qu’ils signent ensemble. Un bien beau duo…

Dry Icarus


Trouble with Mutation


Deep River


Dreaming Field

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 22 nov. 2020 07:20

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Un album qui nous renvoie aux souvenirs du groupe Soft Machine, certainement l’un des plus réjouissants de l’histoire de la musique récente britannique. Il date de soixante-dix-sept et illustre parfaitement le « déchirement » artistique entre les tenants d’un certain classicisme d’écriture excluant les improvisations, à savoir Mike Ratledge et Karl Jenkins versus les tenants d’une musique plus libre, incorporant des moments improvisés tels Hugh Hopper et Elton Dean.

Précisément, ces deux derniers viennent d’enregistrer l’excellent album « Hopper Tunity Box » ce qui leur donne l’envie de continuer la collaboration. Il se rapprochent donc du batteur et percussionniste américain Joe Gallivan, d’autant que celui-ci possède une autre corde à son arc : il s’intéresse au synthétiseur et au Moog. Pour compléter la formation, Keith Tippett, qui nous a quitté cette année, est contacté, il accepte de se joindre au trio, bien que la pochette ne lui attribue que l’usage du piano, il semble préférable de dire claviers, on entend en effet de temps à autre le son caractéristique du Fender Rhodes.

Une tournée d’une quinzaine de jours est organisée en Scandinavie, elle passera par l’enregistrement de l’album à Oslo, en Norvège, c’est le label local « Compendium Records » qui sortira l’album. Assez curieusement, pourrait-on dire, on quitte assez vite la ligne artistique habituelle utilisée par Hugh Hopper et Elton Dean et le free caractéristique du duo ne brille que sur l’excellent premier titre « Seven drones », ensuite la musique s’échappe et s’ouvre dans plusieurs directions, il faut dire que Keith Tippett et Joe Gallivan sont de fortes personnalités musicales.

Ainsi l’album devient-il plus varié que prévu, Gallivan fait un usage intensif du Moog synthétiseur et Keith Tippett du Rhodes. La composition qu’il signe « Echoes », planante, éthérée prend l’album à contrepied. La seconde face est encore plus réussie, improvisée presqu’entièrement, trois des quatre titres sont signés par le groupe en entier. « Square Enough Fire » le titre le plus long de l’album est excellent.

Un album qui ravira les amateurs de jazz mais également les passionnés de « l’Ecole de Canterbury » qui se sentiront à leur aise.

Hopper / Dean / Tippett / Gallivan - Seven Drones


Hopper / Dean / Tippett / Gallivan - Square Enough Fire


Hugh Hopper / Elton Dean / Keith Tippett / Joe Gallivan "Bjorn Free" & "Soul Fate"


Hopper / Dean / Tippett / Gallivan - Echoes

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Message par Piranha » dim. 22 nov. 2020 11:51

Il est hors concours celui-ci Douglas :super: ::d

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 22 nov. 2020 15:32

Piranha a écrit :
dim. 22 nov. 2020 11:51
Il est hors concours celui-ci Douglas :super: ::d
Il doit plaire à pas mal de monde ici, je pense, perso je suis un inconditionnel de Soft Machine et des groupes apparentés.
:cote:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 23 nov. 2020 06:18

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Il a déjà été question de Manfred Schoof à propos de son album en compagnie de Mal Waldron, page 39, sorti également sous le nom de « One-Upmanship » avec, en leader le « Mal Waldron Quintet With Steve Lacy ». Il figure également au sein de l’album du Globe Unity Orchestra « Pearls » dont il est question page 49. Merci au moteur de recherche du forum vraiment épatant.

Je dois dire que cet album, en compagnie de grandes figures nippones du free jazz, est une véritable tuerie, on pourrait presque dire « pour initié » s’il n’y avait ce côté un peu prétentieux, il faut reconnaître que cet album qui pourtant brille de mille éclats, possède une renommée tout de même assez confidentielle. Il n’est pourtant ni rare, ni cher.

« Mitochondria » la composition du saxophoniste alto Akira Sakata occupe à elle seule la première face, d’une durée de plus de vingt minutes. S’il fallait trouver un seul mot pour la définir, je pense qu’« énergie » conviendrait assez bien. Le quartet est au complet, avec Yosuke Yamashita au piano, Takeo Moriyama à la batterie et Manfred Schoof à la trompette.

La captation est live et l’énergie délivrée est tout simplement phénoménale, la vitesse d’exécution fournie par les musiciens semble alimenter un fantastique brûlot qui s’embrase en consommant une énergie qui se renouvelle en continu, alimentée par des musiciens survoltés qui relancent sans cesse, sans jamais montrer la moindre fatigue ou même le moindre désir de souffler, comme si la course était vitale et exigeait le don de soi, une forme jamais vue de générosité se met à l’œuvre et devient continue, laissant l’auditeur attentif et sans repère hagard et fasciné !

On retrouve cette même offrande sur le dernier morceau de l’album, « Hachi » composé par Takeo Moriyama, dix minutes free totalement hors norme. Cette seconde face s’est ouverte sur deux performances solos, celle de Manfred Schoof au bugle qui interprète « ‘Roun’ About Midnight » de qui vous savez et celle du pianiste Yosuke Yamashita qui interprète une de ses compositions « Distant Thunder ».

Un très bel album qui plaira aux amateurs de free et peut-être également à ceux de musique « extrême » qui, en poussant le son, y trouveront de quoi s’éclater.

Manfred Schoof, Akira Sakata, Yosuke Yamashita, Takeo Moriyama ‎– Mitochondria


Hachi


Round Midnight


Distant Thunder

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 24 nov. 2020 06:11

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Voilà un album où la pochette renseigne. Le nom des musiciens d’abord, et une photo qui témoigne de ce que va donner à entendre le vinyle. Les instruments d’abord, côté gauche un trombone, celui de Radu Malfatti certainement, à droite, couchée sur le côté, une dame, grave et généreuse, la basse d’Harry Miller. Un duo donc, sur le sol une balle, un verre, des objets que l’on peut agiter, frotter, sur lesquels on peut frapper, objets du quotidien, pièces de monnaie dans les poches, tout ce qui peut faire son, bruit ou manifester un intérêt sonore s’élèvera au rang d’instrument de percussion.

Un morceau par face au menu, « The Audient Stood on its Foot » occupe la première et possède une durée de vingt et une minute et quarante-cinq secondes. Sur la seconde, la pièce est beaucoup plus courte « Friendly Duck » dure seize minutes et vingt secondes. Les enregistrements proviennent d’un concert enregistré à South Hill Park, Bracknell, fin juillet 1977. Les morceaux sont signés par les deux musiciens, le matériel étant très largement improvisé.

Il ne faut pas chercher ici d’aspiration à la mélodie, ou à un quelconque contenu qui pourrait tendre vers la séduction, si une telle chose arrivait, par hasard, elle ne saurait durer ou se répéter. On sent bien que la basse serait parfois encline à glisser vers quelque chose qui ressemblerait à quelque chose, mais elle se reprend, avant parfois de glisser à nouveau…

Le trombone lui reste dans un univers totalement abstrait, il se plaît, s’amuse et batifole, sujet à l’expérimentation, objet de recherche et producteur de sons inusités. Le trombone s’y prête avec son embouchure et son piston, il a même un aspect curieux et même comique, augmentant de taille comme le nez de Pinocchio, une véritable bête de cirque …

Le dialogue se cherche et se trouve, pointilliste souvent, discontinu, épars. Parfois ils semblent se trouver puis se séparent à nouveau, en attente d’une prochaine rencontre. Au final, une sorte de marivaudage hélas, à l’abri d’une torride passion.

Pas d'extrait sonore non plus, juste un bon vinyle pour pouvoir écouter...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » mar. 24 nov. 2020 23:06


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 25 nov. 2020 06:58

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A nouveau une rencontre entre musiciens japonais et européens. L’un des plus fameux musiciens du pays du soleil levant, le trompettiste Terumasa Hino, qui fait la couverture, est à l’honneur dans ce projet. Pour faire bonne mesure il faut lui adjoindre son pendant européen, Heinz Sauer au saxophone ténor et Pierre Favre, l’excellent batteur suisse, pour finir et s’ouvrir à un autre continent, il y a un américain à la basse, le pétillant Peter Warren.

Ce projet d’album a pris forme en marge du Festival de Jazz de Berlin, il est enregistré en studio, le sept novembre 1971. L’album se nomme « Vibrations », ce titre pourrait nous faire songer à Albert Ayler, ce qui à l’écoute n’est pas faux, bien qu’on s’écarte d’un quelconque patronage musical. L’exposition des thèmes, dans la forme, renvoie à l’ange tutélaire, mais son exploitation passe d’un hard bop tranchant, très acéré, à un free cinglant, maîtrisé dans la durée.

On y trouve deux titres signés par Hino, deux autres par Sauer et un dernier, un standard, autrefois chanté par Bing Crosby « I’am an old Cowhand ». Les deux titres de Terumasa Hino offrent les plus longs développements et sont propices à de longs et riches solos, ainsi « Into the Heaven » qui ouvre l’album, sur une grille « hard jazz » s’étire-t-il en séquences contrastées entre temps forts et passages calmes, offrant de magnifiques moments où le timbre de sa trompette flirt avec la musique spirituelle.

En contraste les pièces signées par Heinz Sauer sont beaucoup plus courtes, c’est ainsi qu’il les aime, intenses d’émotion et serrées dans la magnificence de leur éclat. Rendons grâce au lumineux Pierre Favre, l’un des batteurs les plus doués et les plus prolixes du jazz européen, quant à Peter Warren c’est un plaisir de suivre le chemin de sa basse, enregistrée suffisamment vers l’avant pour qu’on ne rate rien du sautillement de ses doigts sur les cordes et des enchaînements savants qu’il crée.

Terumasa Hino - Vibrations


A1 Into The Heaven (Terumasa Hino)
A2 I'm An Old Cowhand (Johnny Mercer)
B1 Crackling (Heinz Sauer)
B2 Ph-Ph-T (Terumasa Hino)
B3 Dig It (Heinz Sauer)

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