J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » mar. 6 avr. 2021 09:53

Je vais sûrement me procurer ce disque.

Chroniques de résistance était déjà un disque fort réussi. Je vais le ressortir, puisque finalement je l'ai peu écouté.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par The lad » mar. 6 avr. 2021 12:40

The lad a écrit :
mer. 17 févr. 2021 15:44
Avez vous entendu parlé de ce projet ? https://pitchfork.com/news/pharoah-sand ... new-album/
Avis dithyrambiques via certains canaux — pas entendu, mais la pochette est superbe.

Image
Voyage puissant, j'ai trouvé ça très beau.
Affreux, sale et méchant.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 6 avr. 2021 13:05

Harvest a écrit :
mar. 6 avr. 2021 09:53
Je vais sûrement me procurer ce disque.

Chroniques de résistance était déjà un disque fort réussi. Je vais le ressortir, puisque finalement je l'ai peu écouté.

Un album épique avec le terrible "Je trahirai demain":

Modifié en dernier par Douglas le mar. 6 avr. 2021 17:56, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 6 avr. 2021 13:10

The lad a écrit :
mar. 6 avr. 2021 12:40
The lad a écrit :
mer. 17 févr. 2021 15:44
Avez vous entendu parlé de ce projet ? https://pitchfork.com/news/pharoah-sand ... new-album/
Avis dithyrambiques via certains canaux — pas entendu, mais la pochette est superbe.

Image
Voyage puissant, j'ai trouvé ça très beau.
A la suite de ton post je l'avais commandé et il est arrivé, mais je ne l'ai pas encore écouté...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » mar. 6 avr. 2021 21:28

Pas encore écouté ce FP/LSO/PS
Après les critiques dithyrambiques et le consensus me font parfois un peu peur :)

Pour l'instant je me mets un classique personnel avec le 1er et pour l'instant l'unique album solo de la saxophoniste norvégienne Mette Henriette
Image

Jazz d'avant-garde, libre ; l'album est double (+ de 100mn !) et est sorti en 2015 sur ECM
Au menu, abstractions, ambiances. Une musique minimale à l'approche parfois contemporaine qui nous plonge mystérieux.


NB : il existe bien une version vinyle mais elle est simple, rognant plus de la moitié de l'album. :evil:
Passez votre chemin et rabattez-vous sur le CD, une fois n'est pas coutume

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 7 avr. 2021 03:54

Piranha a écrit :
mar. 6 avr. 2021 21:28
Pas encore écouté ce FP/LSO/PS
Après les critiques dithyrambiques et le consensus me font parfois un peu peur :)

Pour l'instant je me mets un classique personnel avec le 1er et pour l'instant l'unique album solo de la saxophoniste norvégienne Mette Henriette
Image

Jazz d'avant-garde, libre ; l'album est double (+ de 100mn !) et est sorti en 2015 sur ECM
Au menu, abstractions, ambiances. Une musique minimale à l'approche parfois contemporaine qui nous plonge mystérieux.


NB : il existe bien une version vinyle mais elle est simple, rognant plus de la moitié de l'album. :evil:
Passez votre chemin et rabattez-vous sur le CD, une fois n'est pas coutume
Je te suis parfaitement dans tes conclusions et je plussois!
D'ailleurs l'album à l"époque avait été bien reçu, on peut s'étonner de la discrétion de la saxophoniste norvégienne depuis... D'un autre côté ce dernier est la conclusion d'un travail cumulé de dix années, ce qui pourrait expliquer le mutisme apparent de la musicienne...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 7 avr. 2021 04:04

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Mine de rien, avec sa discographie de Croquemitaine, il semblerait bien que ce soit l’un des rares albums en trio du vénérable guitariste, et son second sur Blue Note après « Harmony » sur lequel chantait délicieusement Petra Haden, je vous en avais dit un mot en page soixante.

Trio donc, avec des fidèles, Thomas Morgan à la basse et Rudy Royston à la batterie. Vraiment un très bel album, il faudrait pinailler pour avoir quelque chose à redire. Un peu de folk, une pincée de country, épicé au blues avec une grosse dose de jazz, c’est la recette concoctée ici…

La musique de Bill Frisell possède ce truc apaisant qui donne une irrésistible envie de le poser direct en haut de la pile, une musique de la sérénité des grands espaces, une grande respiration, il me fait le même effet qu’autrefois les albums de JJ cale, un bien fou pour l’âme, qui retenait le temps dans ses petits bras. Une pause, juste une pause qui fait du bien, rend heureux et donne envie de sourire à la vie.

Si, confiné dans ta taule, tu sens la ta tête prise comme dans un étau, essaie « Valentine » de Bill Frisell. Alors apparaîtront le soleil, le vert de la mer et l’immensité des sables. Des vibrations apaisantes, la sensation d’être « cool » après une bonne bouffée, quand tu aimes ce qu’il y a autour de toi. Bon j’arrête sur le côté « remède et bonne médecine », déjà parce que l’album s’adresse à tous, pareillement.

Frisell a une bonne vie, un air d’étudiant attardé, de garçon stable et posé qui rassure le bourgeois, en plus il parle toujours tout doucement. C’est un peu vrai, c’est pour ça qu’il n’est jamais en tête de rien et qu’on parle peu de lui, on sent pas le gros déconneur, ni alcool, ni fumée. C’est peut-être comme ça en vrai, mais la gratte à la main, c’est un fameux lapin, il ne s’énerve pas, dessine des paysages, improvise des heures sans s’arrêter, trouve des trucs qui le font sourire, lui donnent l’œil brillant, ça le rend heureux, et aussi ceux qui jouent avec lui et ceux qui l’écoutent aussi.

Beaucoup de pièces signées par Bill ici, et quelques reprises également, celle qui marque le plus c’est sans doute le gospel traditionnel « We Shall Overcome » qui termine l’album, comme un message à Trump. Mais il y a aussi la reprise de « What The World Needs Now Is Love » de Burt Bucharach qui est splendide, ou encore le titre d’ouverture de Boubacar Traoré « Baba Drame », mais pour tout dire il n’y a aucune faiblesse ici.

What The World Needs Now Is Love


Valentine


Bill Frisell - We Shall Overcome


Baba Drame

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » mer. 7 avr. 2021 10:48

Douglas a écrit :
mer. 7 avr. 2021 03:54
Piranha a écrit :
mar. 6 avr. 2021 21:28
Pas encore écouté ce FP/LSO/PS
Après les critiques dithyrambiques et le consensus me font parfois un peu peur :)

Pour l'instant je me mets un classique personnel avec le 1er et pour l'instant l'unique album solo de la saxophoniste norvégienne Mette Henriette
Image

Jazz d'avant-garde, libre ; l'album est double (+ de 100mn !) et est sorti en 2015 sur ECM
Au menu, abstractions, ambiances. Une musique minimale à l'approche parfois contemporaine qui nous plonge mystérieux.


NB : il existe bien une version vinyle mais elle est simple, rognant plus de la moitié de l'album. :evil:
Passez votre chemin et rabattez-vous sur le CD, une fois n'est pas coutume
Je te suis parfaitement dans tes conclusions et je plussois!
D'ailleurs l'album à l"époque avait été bien reçu, on peut s'étonner de la discrétion de la saxophoniste norvégienne depuis... D'un autre côté ce dernier est la conclusion d'un travail cumulé de dix années, ce qui pourrait expliquer le mutisme apparent de la musicienne...
Oui, c'est étrange. Elle participe bien à d'autres projets mais rien de très probant.
Je remarque que ma dernière phrase a été amputée de quelques mots ("qui nous plonge [dans un monde] mystérieux") ::d

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » mer. 7 avr. 2021 13:33

Douglas a écrit :
mar. 6 avr. 2021 13:10
The lad a écrit :
mar. 6 avr. 2021 12:40
The lad a écrit :
mer. 17 févr. 2021 15:44
Avez vous entendu parlé de ce projet ? https://pitchfork.com/news/pharoah-sand ... new-album/
Avis dithyrambiques via certains canaux — pas entendu, mais la pochette est superbe.

Image
Voyage puissant, j'ai trouvé ça très beau.
A la suite de ton post je l'avais commandé et il est arrivé, mais je ne l'ai pas encore écouté...
Acheté samedi en LP. Très apaisant. Et audacieux comme mélange. Rien de free pour ceux qui aurait craint une musique partant dans tous les sens. :super:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 7 avr. 2021 16:27

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Floating Points, en fait, c’est un homme, Sam Shepherd, musicien électronique britannique, entre autres activités, c’est lui l’initiateur de ce projet. Son trait de génie ici porte un nom : Pharoah Sanders, la légende en marche, encore debout… et en fauteuil aussi.

Avec ses vieux restes qui tiennent toujours et l’extraordinaire maturité musicale dont il fait preuve, il porte sur ses épaules une bonne partie de l’album et l’élève tout là-haut. Certes, ce n’est plus l’éclat flamboyant de la jeunesse, l’engagement physique total qui se terminait autrefois dans le cri, devenu le prolongement naturel de son expression, dans l’éclat de sa vérité et la pureté de sa sincérité.

Le vieux Pharoah puise dans ses ressources pour transmettre désormais la paix et la quiétude, la sagesse et l’harmonie, c’est une belle âme qui se livre, pleine de spiritualité. Pour cela il faut remercier Sam Sheperd car il a permis que cela arrive.

Le « London Symphony Orchestra » est aussi de la fête, mais grâce à un collage sonore : il n’est pas raconté que Pharoah ait rencontré les cordes. Il y a neuf mouvements qui se succèdent et l’orchestre symphonique intervient à partir du sixième, la force puissante des cordes réunies soulève aussi et c’est beau, à beaucoup on peut faire beaucoup.

Et puis il y a Sam également, il a trouvé un agencement avec sept notes qui filent tout au long de l’album, une répétition entêtante qui ne s’arrête pas, pour former un thème qui apaise, mais qui, au fil des minutes et des écoutes peut risquer la monotonie. Il joue également du piano, du clavecin et du celesta, c’est lui l’organisateur, le démiurge. Il décide du climat musical, privilégie l’ambiant, la musique qui plane.

Il y a ce côté futuriste qui se frotte au classicisme et à la réalité organique. L’électro, le grand orchestre symphonique et le saxophoniste, Sam Shepherd, le London Symphonique Orchestra et Pharoah Sanders. Une trinité improbable qui se rencontre ou se croise, dès la conception il y a un aspect « préfabriqué », avec des assemblages dont seul Sam possède la clef.

Un grand merci à lui pour avoir pensé au grand souffleur et s’être occupé de lui, en retour, ce dernier lui a fait également la plus belle des offrandes.

Floating Points, Pharoah Sanders & The London Symphony Orchestra - 'Promises' Full Album

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 8 avr. 2021 05:44

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Ce n’est ni Satchmo, ni Dizzy, ni Miles, ni Chet
Non, non, c’est Jean-Luc Cappozzo !

Ce n’est ni Max, ni Art, ni Elvin, ni Jack, ni Sunny
Non, non, c’est Didier Lasserre !

Ça n’se passe ni au Village Vanguard, ni au Fillmore, ni au Carnegie Hall, ni à l’Olympia
Non, non, c’est à « La Maison Peinte » !

Ça s’déroule ni à New-York, ni à L.A., ni à Londres, ni à Rome, ni à Beijing, ni à Paris
Non, non, c’est à Labarthe-Sur-Lèze !

Ce n’est pas sur Blue Note, ni sur Impulse, ni sur verve, ni sur E.M.I., ni sur E.C.M
Non, non, c’est chez NoBusiness Records !

Ce n’est ni aux US, ni en GB, ni en Deutschland, ni en Chine, ni en France
Non, non, c’est en Lithuania !

Ce n’est pas un LP, ça ne dure pas très longtemps, ça ne prend pas de place

Y’en n’a pas une, y’en n’a pas trois, mais deux,
parties

Y ‘en n’a pas un, Y’en n’a pas trois, mais deux,
musicos

Y’en n’a pas un, y’en n’a pas trois, mais deux,
titres :
Ceremony’s a Name For The Rich Horn (part 1)
Ceremony’s a Name For The Rich Horn (part 2)

Et, au bout d’une vingtaine de minutes
Les gens applaudissent,
Et là,
C’est Fini !


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 8 avr. 2021 12:49

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Pharoah

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 9 avr. 2021 06:20

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Un incroyable duo ! Certainement l’un des plus grands qui soit, on avait passé un peu de temps, enfin quelques heures de musique quand même au fil de quatre Cds, au Dreher, à Paris, en 1981 en compagnie de Steve Lacy et Mal Waldron. Une union artistique qui s’est pérennisée dans le temps, d’ailleurs ces albums parisiens ne sont sortis qu’en quatre-vingt-seize, c’est-à-dire une année avant cet enregistrement en forme de « Communiqué ».

Cet un album Black Saint ou plutôt « Soul Note », le label cousin, enregistré en studio, à Milan, en quatre-vingt-quatorze qui se retrouvera chez les disquaires trois années plus tard, le temps de fignoler et surtout de financer.

Quand ils se retrouvent ces deux-là c’est toujours sous l’égide de Monk, ce sont en effet deux grands spécialistes de l’univers Monkien, particulièrement Steve Lacy qui a fait plusieurs fois le tour des compos du moine. Du coup ils ouvrent l’album avec « Who Knows » dont ils donnent une interprétation engagée, un peu plus tard ils feront une autre visite du patrimoine monastique avec un « Blue Monk » un chouïa austère.

Au chapitre des reprises deux titres de Mingus « Peggy's Blue Skylight » et « Smooch », une très belle ballade, co-signée par Miles Davis, que Steve Lacy transcende en l’élevant au statut de longue plainte douloureuse, un déchirement de l’âme, que soulignent les accords de Mal Waldron, délivrés en grappes lentes et économes.

Les autres compos sont partagées entre les duettistes. On retrouve cette sorte de « bleu à l’âme » sur le « No More Tears » signé par le pianiste et par « Wickets », un titre répétitif en forme de question-réponse, que lui renvoie Steve Lacy. Quelle est cette douleur commune, ce blues plaintif et primordial qu’ils nous envoient à la face à chacune de leurs rencontres ? Ces plaies qui s’ouvrent à qui sait les voir, et ce titre « Prayer », long solo au soprano, comme une offrande pieuse… à laquelle Mal répond avec « Fondest Recollections », comme un message d’espoir qu’il envoie au piano solo. L’album se termine avec « Communiqué », le titre de l’album, cosigné par les deux artistes, un titre où les deux ne font qu’un.

Encore un superbe album, un chef d’œuvre de plus de la part de ce duo magnifique, qui reste encore (et c’est incroyable) à découvrir par le plus grand nombre.

Steve Lacy & Mal Waldron "Esteem"


Mal Waldron/Steve Lacy - Peggy's Blue Skylight

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 10 avr. 2021 05:05

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« Jazzaway » est un label norvégien créé par le saxophoniste Jon Klette. Il a sorti ses premiers albums en 2003 et semble avoir terminé ses activités en 2016. Le temps pour Sonny Simmons d’y enregistrer quelques beaux albums, je vous avais parlé en page seize de « The Traveller », le premier qu’il a enregistré sur ce label, dès 2005. Celui-ci « I'll See You When You Get There » est sorti l’année suivante. Il en paraîtra cinq au nom du saxophoniste sur le label d’Oslo.

Sonny est toujours à l’alto et au cor anglais, il est accompagné ici, alternativement par trois musiciens. Le bassiste se nomme Mats Eilertsen, il apparaît sur six duos et la complémentarité avec Sonny est épatante. Le premier titre « Ancient City of Petra » est brillantissime, le thème est merveilleux et le déroulé magnifique, avec une tension palpable libérée sans doute par la beauté du lieu que Sonny a su restituer avec beaucoup de sensibilité.

Ole Thomas Kolberg est batteur, il participe à deux duos, son jeu est très dynamique, plein, c’est vraiment un grand technicien et il se hisse au niveau du saxophoniste en donnant le meilleur de lui-même. Les rires complices qui ponctuent la fin de « Fancy Free » en disent long sur la complicité dont ils ont su faire part lors de l’enregistrement des deux pièces.

Anders Aarum est pianiste et lui aussi participe à deux pièces, l’impression qu’il donne un peu est de se faire tirer par le saxophoniste, bon ce n’est pas très grave car la beauté des pièces tient beaucoup au jeu du saxophoniste.

Celui-ci signe la totalité des compos excepté les deux dernières, une superbe reprise du « Round Midnight » de Thelonious Monk qu’il joue avec une grande sincérité qui transpire ici. L’autre standard c’est « Tenderly » qui connut des interprétations impressionnantes par Sarah Vaughan, Billie Holiday, ou Chet Baker également. De quoi mettre le niveau assez haut, il faut croire que Sonny ne se laisse pas facilement impressionner car l’interprétation qu’il effectue avec le bassiste est au taquet.

Ancient City of Petra


Too Late for Tears


Fancy Free


Colours

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » sam. 10 avr. 2021 10:30

Décédé dans un réel dénuement à NYC...grande tristesse.

Le disque que tu présentes est de ceux qui peuvent te forcer à regarder ta discothèque et à te dire que quantité de disques sur les étagères sont inessentiels. Mais que celui-ci, ce Simmons, y a conquis sa place de plein droit...suffit juste de faire un peu de vide.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 10 avr. 2021 21:09

Harvest a écrit :
sam. 10 avr. 2021 10:30
Décédé dans un réel dénuement à NYC...grande tristesse.

Le disque que tu présentes est de ceux qui peuvent te forcer à regarder ta discothèque et à te dire que quantité de disques sur les étagères sont inessentiels. Mais que celui-ci, ce Simmons, y a conquis sa place de plein droit...suffit juste de faire un peu de vide.
C'est après la découverte du "coffret" 8 cds " Leaving Knowledge, Wisdom And Brilliance / Chasing The Bird?" sur Improvising Beings, le label de Julien Palomo que je suis parti en quête de ce musicien trop longtemps classé au rang des seconds couteaux. J'ai trouvé le coffret sur le site Discogs du label et j'ai pris le dernier, bien qu'il manquait un encart, mais on peut le dénicher assez facilement je pense. Les quatre premiers Cds sont vraiment excellents et les quatre autres très bons également.
Pour les étagères, je partage ce problème mais je ne me suis lancé dans aucune opération de tri...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 11 avr. 2021 01:18

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Le flow trio c’est Louie Belogenis aux saxs ténor et soprano, Joe Morris à la basse et Charles Downs à la batterie. Comme indiqué dans le titre l’enregistrement se déroule « Live at the Stone » à New-York en avril 2009. Le Cd tient dans un boîtier plastique de faible épaisseur, il contient trois titres pour cinquante-cinq minutes de musique.

On comprend que les titres sont longs et qu’ils s’étalent. Ils prennent le temps de se développer, ainsi le morceau titre, « Set Theory » frôle la demi-heure. Un morceau que l’on pourrait qualifier de « free » je suppose, pourtant il avance assez lentement, la faute à Belogenis qui s’exprime en phases assez courtes, peu riches en notes le plus souvent, mais il aime étirer la dernière, jouer des nuances, la faisant vibrer un peu comme le faisait Albert.

Les notes il aime les tordre doucement, les faire vibrer, en tirer un écho, une émotion, et, comme il prend le temps, il en fait le tour, fait évoluer les séquences avec lenteur, il utilise volontiers le vibrato, et son « flow » se révèle chaleureux et intense. Sans coup férir les tensions naissent sous l’effet d’une accélération du tempo, rien de furieux mais une accélération suffisante pour faire « tripper » l’auditeur.

La rythmique est essentielle dans l’exploitation de cette perte de repère, Joe Morris est absolument parfait dans son rôle, particulièrement avec son archet qu’il utilise pour en tirer des sons discordants, sans cesse renouvelés, frottant et accélérant sans cesse la tension, poussant Belogenis dans ses retranchements. Impossible sur la seconde pièce « Infintrinty » de ne pas penser au trio d’Albert Ayler, à Gary Peacock dont le jeu de basse semble le modèle référent ici, que les cordes soient frappées ou frottées. On conserve un son assez propre tout de même.

Charles Downs, alias Rashid Bakr, dont on a déjà parlé sur l’album « Ticonderoga » en compagnie de Joe McPhee, Jamie Saft et Joe Morris, est le batteur, parfois métronome, mais souvent agitateur, il aime créer des espaces, ouvrir des possibles, ne s’inquiétant pas nécessairement du tempo et s’en libérant assez souvent.

Un disque plutôt tranquille, taillé pour Louie Belogenis qui se déplace entre blues plaintif et ballades souvent écorchées.


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 11 avr. 2021 10:29

Les listes d'écoute c'est souvent sympa, en voici une qui provient de Colombie, du département "Musique" de l'université "Javeriana". Elle s'intéresse au jazz, à la musique classique et traditionnelle ainsi qu'à la danse. La pratique instrumentale y est enseignée (le reste également) et les élèves travaillent du matin au soir (premier cours à 7 heures). Il y a du solide, du basique et de l'aventureux! Les infos proviennent d'Ingebrigt Haker Flaten qui y donna des cours pendant quelques semaines:


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 12 avr. 2021 05:12

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Voici un authentique album de free jazz grande cuvée, je préviens à l’avance… C’est issu d’un concert qui se déroula au « Jazzbed », le nom d’un club qui servira également de titre à ce disque. Ça s’est déroulé à Tokyo le 27 septembre 1970.

Le vinyle « Craftman Records » est paru en septembre 2020, pressage japonais réunissant toutes les garanties d’excellence, pourtant la qualité sonore peut paraître décevante, bien que le rendu corresponde à ce que la technologie peut faire de mieux en matière de récupération du son actuellement. D’ailleurs le prix est assez conséquent. Mais quels musiciens free justifient-ils une telle attention ?

Un groupe et trois noms, « New direction » avec Masayuki Tagayanagi à la guitare et à la guitare électrique, Kaoru Abe au saxophone alto, à la basse clarinette et à d’autres instruments et Hiroshi Yamasaki à la batterie et aux percussions. Je vous ai déjà parlé des deux premiers à d’autres occasions. Il y a un titre par face, Jazzbed 1st, d’une durée de vingt-sept minutes quarante-sept secondes et Jazzbed 2nd qui dure trente et une minutes et douze secondes, et on est bien sur du vinyle !

En 1970, Kaoru Abe a vingt et un ans, on sait qu’il s’éteindra en 1978. Ce n’est pas un type ordinaire, il aime la littérature française par exemple. Il a déclaré un jour : « J’ai un fort sentiment de haine et plus je le ressens mieux je sonne ». D’ailleurs il est autodidacte, il joue souvent en solo, mais pas ici. Il sonne à sa façon, en s’engageant, à fond, c’est d’ailleurs intéressant de l’écouter à la clarinette basse en fin de face deux, il semble presque doux, à la recherche du vibrato, il s’avère très lyrique, recherchant les sons les plus graves et les plus aigus de l’instrument.

Il est en compagnie de Masayuki Tagayanagi qui circuite depuis un paquet d’années, il est d’une toute autre génération et n’hésite pas à s’embarquer avec de jeunes fous. On dit que c’est un précurseur de la guitare noise, il a trouvé avec Kaoru un partenaire de taille, c’est d’ailleurs la rareté de la rencontre, par bonheur enregistrée, qui explique ce « ram-dam » autour de cet album et la nécessité de sa parution.

Hiroshi Yamazaki lui aussi est plutôt ancienne génération et, cette même année il a joué en duo avec Kaoru Abe, c’est dire que c’est bien la fibre free qui les réunit tous les trois. Ce n’est pas le mieux servi côté son, bien qu’il soit tout de même audible. Très ardent, voire mordant sur la face une il se montre plus aérien face deux.

On ne peut conseiller un tel album pour une première rencontre avec ces musiciens, il génère une certaine frustration, côté Masayuki Tagayanagi on trouvera aisément des albums d’excellente qualité sonore pour faire la rencontre, côté Kaoru on peut penser à « Winter » et pour écouter les deux ensembles, voici le meilleur lien : https://www.discogs.com/fr/%E9%AB%98%E6 ... ster/60596

Masayuki Takayanagi , Kaoru Abe, Hiroshi Yamazaki - Jazzbed, 1970

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