J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Monsieur-Hulot
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » dim. 18 oct. 2026 13:22

Je n'ose comprendre de quoi parle le titre...... :hehe:
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 19 oct. 2026 03:44

Monsieur-Hulot a écrit : ↑
dim. 18 oct. 2026 13:22
Je n'ose comprendre de quoi parle le titre...... :hehe:
Oui, il y a un double sens, l'expression signifie « C’est comme ça, et c’est du tonnerre ! », mais il y a également une connotation sensuelle...
::d
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 19 oct. 2026 03:58

William Parker, Joe Morris, Hamid Drake – Eloping With The Sun.jpg
William Parker, Joe Morris, Hamid Drake – Eloping With The Sun.jpg (133.5 Kio) Vu 143 fois
William Parker, Joe Morris, Hamid Drake – Eloping With The Sun – (2002)

Cet album réunit trois pointures du free jazz, de grands noms déjà, bien que l’on ne soit qu’en début de siècle. Ce qui surprend c’est le choix des instruments de chaque musicien, pour cet album. C’est un peu comme si la consigne qui avait été donnée était « Surtout, voyagez léger ! »

Ainsi William Parker joue du « zintir », qui est une sorte de luth à trois cordes d’origine marocaine. Joe Morris joue du banjo et du banjouke, ce dernier est un hybride entre le banjo et l’ukulélé, quant à Hamid Drake il joue du tambour sur cadre, ainsi pas de contrebasse, ni de guitare, ni de batterie !

Ce dépouillement s’entend et la musique semble un peu ramassée, avec moins d’ampleur et plus centrée. Le registre est donc plutôt minimaliste et répétitif, par choix acoustique, et assez proche des sonorités folks, type world music.

L’album comprend cinq compos, les trois dernières sont les plus conséquentes, entre treize et seize minutes, ce qui peut sembler assez long, compte tenu des moyens utilisés. Ainsi les motifs répétitifs sont extrêmement centraux et définissent d’une certaine façon l’objectif de cette musique : atteindre un état de transe hypnotique, propre à se mettre dans un état second.

Le zintir de William Parker n’offre pas mille variations, même s’il est habile à ce jeu-là, il se met au centre du creuset et distille des séquences graves et répétitives qui arrivent directement au ventre. Hamid Drake à l’arrière avec son tambour qu’il frappe dans ses mains offre une assise relativement basique et uniforme, mais solide.

Joe Morris a pour charge de dynamiser l’avant, lui aussi avec des moyens relativement ténus, cantonnés dans un registre assez restreint, il s’efforce d’envoyer mille piqûres, comme des déferlantes de notes serrées et répétitives, ajoutant lui aussi à l’effet de transe qui s’impose dans une relative uniformité, à laquelle on ne peut échapper.

C’est un album original et à part, unique dès sa conception, qui va aussi loin que possible en conservant des limites infranchissables, un concept à lui seul…

L'album est limité à deux mille, mais je ne pense pas que ce soit la raison pour laquelle je ne trouve d'extrait nulle part...
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 19 oct. 2026 04:09

john zorn Seven Sonnets.jpg
john zorn Seven Sonnets.jpg (77.24 Kio) Vu 143 fois
John Zorn – Seven Sonnets – (2026)

« Seven Sonnets » réunit une nouvelle fois deux immenses guitaristes, Julian Lage et Gyan Riley. Les deux se sont rencontrés une première fois en deux mille quinze, déjà sous les auspices de John Zorn, autour des « Bagatelles ». Cette collaboration entre les trois musiciens ne cessa de grandir. On vit parfois le génial Bill Frisell ajouter ses talents à cette confrérie, toujours pour le meilleur.

« Seven Sonnets » est déjà leur sixième album en duo, me semble-t-il, ils ont par ailleurs uni leur talent avec Frisell sur sept autres albums. A chaque fois nous sommes éblouis par leur talent et leur virtuosité, pourtant cette dernière n’est jamais une fin en soi, juste une conséquence de leur habileté conjuguée.

William Shakespeare est souvent en toile de fond avec Zorn, c’est à nouveau le cas ici, avec ces « Sept Sonnets », chacun est une petite pépite, une fine miniature ciselée avec art, délicatesse et douceur. Elles sont cependant uniques et ne se ressemblent pas nécessairement, chacune porteuse d’une personnalité forte.

A nouveau l’album s’écoule bien vite pour un total de trente-sept minutes environ, sans qu’on ne s’ennuie une seconde. On fréquente ici des allées bien différentes et des chemins de toutes sortes, passant par la musique ancienne et ses formes surannées, à la musique minimaliste des grands d’aujourd’hui…

Le folk et le jazz se côtoient également, le blues même a sa place avec le sonnet cinq. Cette grande diversité réunit toutes les musiques en une, et cet album possède cette grande magie de réunir, plutôt que de diviser. L’équation Zornienne est tout à fait fabuleuse, unissant ce qui est épars, avec un lyrisme très puissant.

Cet album s’annonce comme le début d’une nouvelle série de Zorn autour de ces fameux « Sonnets » de William Shakespeare avec lesquels il ouvre une sorte de dialogue.

Vivement la suite !

Sonnet I
Sonnet II
Sonnet III
Sonnet V
Sonnet VII
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 20 oct. 2026 00:35

Ivo Perelman  Karl Berger – Reverie.jpg
Ivo Perelman Karl Berger – Reverie.jpg (77.08 Kio) Vu 77 fois
Ivo Perelman, Karl Berger – Reverie – (2014)

Voici une rencontre entre deux musiciens, suffisamment étonnante pour en parler un peu. Le brésilien Ivo Perelman est au sax ténor, et l’allemand Karl Berger, qui oublie son vibraphone, pour se consacrer, le temps de cet album, au piano.

Le deux ne sont pas spécialement proches, une poignée de main dans le studio et quelques mots de bienvenue avant l’enregistrement suffiront à ce qui s’avèrera être un grand moment. Perelman s’attendait à du dense, du lourd, du massif, le style allemand comme on peut l’imaginer, parfois, parce que l’on a des préjugés et qu’on s’y tient, sans même émettre le moindre doute…

Et puis voilà que tout s’effondre d’un coup, le jeu de Berger est léger, fin, lumineux et d’une grande beauté. Perelman est un grand émotif, il désarme et se laisse porter par le flot des notes pianotées, qui l’emmène dans des coins où il aime aller, des endroits secrets qui le remuent et le secouent, c’est probablement cet effet « surprise » qui donnera son nom à cet album, « Rêverie ».

Karl Berger joue une partition qui jongle entre simplicité et une sorte de minimalisme, portant un lyrisme qui emporte Ivo vers des sensations qui l’emportent et l’emmènent dans ce même monde, dans lequel il se sent bien, chaud, il se prend au jeu et part lui aussi en quête de ce doux rêve…

Voilà ce qu’il confia plus tard à la suite de cette session de studio : « Il y avait certains morceaux dont je garde un souvenir impérissable, tant ils m'ont marqué. Cette séance a changé, a transformé mon jeu à jamais ! Chaque fois que je retrouve cet esprit « Karl Berger » en jouant avec d'autres musiciens, je laisse le courant passer. Je laisse cette sensation imprégner mon jeu, je l'honore et je la chéris. »

Cet album célèbre en outre le vingt-cinquième anniversaire de carrière discographique d'Ivo Perelman, fêté par la plus belle des façons, au travers de la fragilité poétique des pièces enregistrées. A l’écoute de l’album l’auditeur est en effet lui aussi piégé dans ces beaux rets, entre romantisme, lyrisme et sensibilité à fleur de peau.

Transcendence
Contemplation
Pensiveness
Reverie
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 21 oct. 2026 01:33

Tim Berne's Bloodcount – Memory Select The Paris Concert.jpg
Tim Berne's Bloodcount – Memory Select The Paris Concert.jpg (174.24 Kio) Vu 2 fois
Tim Berne's Bloodcount – Memory Select : The Paris Concert – (1995)

Et voici le troisième volume du « Paris Concert » capté aux Instants Chavirés, à Montreuil dans la banlieue parisienne, entre le vingt-deux et le vingt-cinq septembre quatre-vingt-quatorze. Je vous avais déjà présenté le second volet et je n’ai toujours pas écouté le premier…

Celui-ci contient deux pièces signées de Tim berne, « Jazz Off » qui dure environ dix-huit minutes et « Eye Contact » qui pèse cinquante et une minute et vingt secondes, du lourd donc. Tim est toujours en compagnie de l’excellent « Bloodcount ».

Il joue des saxs alto et baryton, Chris Speed lui joue du ténor et de la clarinette, Michael Formanek joue de la contrebasse, Jim Black est à la batterie et Marc Ducret à la guitare électrique. Mon exemplaire est la réédition très soignée par « Winter & Winter », de deux mille cinq.

Le sous-titre de cette troisième séquence est « Memory Select », et ça commence tout doux, à la clarinette avec Chris Speed pour un premier volet somme toute très calme et serein, malgré un Marc Ducret qui s’éveille et semble vouloir piquer un peu, de temps à autre.

On y retrouve les climats propres à Tim Berne, souvent sous le couvercle, quand la température monte sans jamais vraiment exploser, mais riche et pleine de sensibilité. « Eye Contact » semble suivre ce même chemin, avec l’alto de Berne à l’avant qui tire l’ensemble avec un fort lyrisme, dans la première partie de la pièce.

Au signal de la guitare de Ducret, l’alto de Berne s’échappe en solo et se libère en une montée décisive et impressionnante, avec l’appui de l’entourage, pourtant la douce atmosphère de musique de chambre subsiste encore et renaît en toile de fond comme si de rien n’était. Formanek, avec sa contrebasse dépose alors un long solo, nous ne sommes pourtant qu’au milieu de la pièce…

Un autre passage notable est confié à la guitare de Ducret qui avance en solo, à coup de secousses, par salves brèves, comme il aime, avec la batterie à l’arrière qui pulse et pousse. L’électricité prend la place et s’installe, bientôt rejointe par les souffleurs. Nous sommes-là au plus haut, mine de rien, Berne nous a emmené vers les sommets par un chemin détourné et plein de malice, typique d’une démarche qui n’appartient qu’à lui !

La déflagration qui s’installe alors est énorme, bien qu’elle semble destinée à laisser la place… Ce qui aurait pu très bien constituer un final s’étiole doucement alors que les forces en présence semblent s’éloigner, mais ce n’est là qu’apparence puisque le véritable final surgit à nouveau, pour un second coup de massue ! Diable, ce Berne nous a encore berné !

Jazz Off
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