J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Piranha
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » sam. 20 févr. 2021 12:37

Douglas a écrit :
ven. 19 févr. 2021 20:20
Piranha a écrit :
ven. 19 févr. 2021 13:52
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Ca ressort (1971 originellement), toujours sur Black Jazz.
Sympathique. Si vous aimez Benson
J'avais parlé de son second album " Proceed With Caution !" P.22, je l'avais alors comparé à Wes Montgomery, mais il est vrai que les deux albums sont assez différents, certains préfèrent le premier et d'autres le second...
C'est vrai que ça réédite en ce moment, mais les prix gonflent en traversant l'Atlantique!
Oui, à Souffle Continu on arrive à les trouver à des prix abordables. Le magasin label qui reste certainement le spécialiste français du jazz aventureux

A réécouter, c'est sympa quand même. Le printemps sûrement. J'irai écouter le second album.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 févr. 2021 07:43

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Ce nouvel album de Cecil Taylor sorti le mois dernier correspond à un concert donné au « Tampere Jazz Happening », en Finlande, le trente octobre 1998. Cecil Taylor est à la tête d’un quintet qui comprend Tristan Honsinger au violoncelle, Harri Sjostrom au sax soprano, Teppo Hauta-Aho à la basse et Paul Lovens à la batterie, aux cymbales et aux gongs, et, bien sûr, Cecil Taylor au piano.

Cette formation avec un accompagnement très européen est plutôt inhabituelle dans l’univers du pianiste. Ce qui frappe en premier lieu, à l’écoute de l’album, c’est la place du piano dans le spectre sonore, pas vraiment centrale, côté gauche, en équilibre avec la batterie de Paul Lovens, celle-ci est très en avant. La basse se pose centre droit et le soprano plus à droite encore, le violoncelle, lui, est central.

Il est toujours intéressant de « spatialiser » les instruments dans le free jazz, car c’est une musique qui se nourrit des espaces dans les trois dimensions, plus marquant encore c’est l’égalité de traitement entre les instruments ou plutôt entre les musiciens, car Cecil Taylor n’est qu’un cinquième ici, ce qui fait intervenir la notion d’équilibre.

La pièce jouée « Despérados » s'étale sur une durée de plus de soixante-quinze minutes, l’improvisation est totale, extrêmement dense, créant une masse sonore où chacun évolue dans son pré carré, à l’écoute des autres membres de l’ensemble. Cecil Taylor, Paul Lovens et Teppo Hauta-Aho quasi sans discontinuer tout au long du morceau, les interventions de Tristan Honsinger et de Harri Sjostrom sont plus ponctuelles, en alternance ou ensemble, c’est selon.

Ce qui fait l’intérêt d’un album de Cecil Taylor c’est souvent ce que j’appellerais « l’effet tempête » ou même « tornade », on n’y échappe pas ici, et c’est tant mieux parce que c’est ce que recherche l’auditeur, se sentir pris, happé par un tourbillon sonore qui ne s’épuise pas, se réinvente sans cesse, sans discontinuer, gagnant même en puissance, tout juste se calme-t-il légèrement aux alentours des cinquante minutes et de l’heure, pour mieux repartir…

Quand Paul Lovens lâche pied à dix minutes de la fin il est intéressant d’observer le piano de Cecil qui semble étendre son périmètre tandis qu’Harri sjostrom s’épuise dans les plus beaux chants. Quand le piano se tait vers la soixante-troisième c’est le violoncelle de Tristan Honsinger qui aussitôt occupe l’espace central, et là, on voit bien que tous s’amusent, Tristan chante et parle, en écho à la scène d’ouverture, formant ainsi comme une boucle… Ainsi, la tempête étant passée, tout se calme et se tait.

Cecil Taylor Quintet ‎– Lifting The Bandstand

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » dim. 21 févr. 2021 10:53

Douglas a écrit :
mer. 17 févr. 2021 06:52
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Voici l’album qui est pour moi le plus attendu de cette rentrée, le duo Archie Shepp en compagnie de Jason Moran, je les ai déjà écoutés lors de la retransmission d’un concert et ça volait haut, le genre de truc qu’on écoute recueilli, et, quand c’est fini, on se dit « Putain de bordel de Dieu, pourvu que ça dure ! » Il n’est plus tout jeune l’homme au biniou, mais quand il joue, il a encore vingt piges.

D’ailleurs, depuis quelques années il s’est mis à chanter, il chante juste bien sûr, on ne le prendra pas en défaut, mais la voix est rauque, rocailleuse, avec des trémolos, on sent pourtant qu’elle vient de loin, comme à travers un vieux conduit de cheminée pas très bien ramoné, elle monte la voix, ça pousse derrière, et, quand elle sort, toute remplie de l’émotion de l’intérieur, elle vous déchire, aussi sûrement que le ferait le cri vacillant de son sax.

Mis à part « He Cares » signé par Jason Moran toutes les compos sont des standards, des reprises, comme « Wise One » de John Coltrane, où des traditionnels, il y a bien longtemps qu’Archie consacre tout son art à l’interprétation, c’est avec de vieux trucs éculés qu’il parvient à nous fendre l’âme, à nous faire pleurer, et nous laisser tout sec, vidés et anéantis, étendus au bord de l’assiette, comme de vieilles arêtes de poisson mort.

Ici il ne joue pas, il se donne, ses yeux regardent ailleurs dans un coin à lui, un filet de bave coule de sa bouche et s’étale sur le vêtement tandis qu’il joue les chants les plus déchirants, il les paie au prix de son eau, qu’importe, il faut donner encore, son chapeau est le plus beau et sa mise est la plus digne.

Jason est un parfait compagnon, Shepp a souvent aimé jouer, accompagné du seul piano, d’ailleurs il en joue lui aussi, sa discographie est traversée à intervalles régulier par ces duos et, à chaque fois ça a donné lieu à de merveilleux albums, sans coup férir. Jason est à l’écoute, il épaule et soutient, porte le flux du soprano ou du ténor, commente le chant, aide à l’élever, jusqu’à la pointe, puis, il sen va de son solo et nous montre pourquoi il est le mieux placé pour relire l’histoire de l’héritage de la Black Music.

Cet album est né des performances live enregistrées à Paris en septembre 2017, lors du festival « Jazz à la Villette » et à Mannheim en novembre 2018 à l’« Enjoy Jazz Festival », Shepp est toujours vaillant et j’attends avec hâte et fébrilité les nouvelles aventures enregistrées de Shepp. Pour info Archie Ball est le petit label de Shepp et tous les dessins ornant les albums de son label sont illustrés par Wozniak et c’est un régal pour les yeux.

Go Down Moses


Sometimes I Feel Like a Motherless Child


Round Midnight


Wise One
Acheté hier. Écouté ce matin. Excellent musicalement. Me remémore les deux albums en duo avec Horace Parlan parus sur Steeplechase en 79 et 80.

Une déception néanmoins. Le pressage vinyle est moyen. Manque de dynamique et de plus un disque est légèrement voilé et ça s’entend. Cette mésaventure se produit trop souvent ces derniers temps.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » dim. 21 févr. 2021 14:55

Merci pour ton retour Bruno.
Je pense l'acheter après l'écoute "digitale" effectuée.

Le prix semble ''correct" comparé à d'autres sorties (il est à 19/20 euros), ce qui explique peut-être la qualité ?

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 févr. 2021 17:53

Je partage l'ensemble de vos remarques mais le prix est très correct pour un double album. Le vinyle a l'avantage de la pochette et de la couleur plus chaude du son, mais le Cd celui d'un meilleur rendu sonore bien souvent et d'un prix plus abordable, bien qu'ici la différence soit assez minime.
Après avoir été amateur de vinyle je ne dédaigne plus désormais le Cd qui a fait ses preuves en matière de qualité sonore.

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Message par Douglas » lun. 22 févr. 2021 06:26

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Kip Hanrahan - Exotica

Un musicien que j’ai suivi depuis son premier album, avec une certaine assiduité, celui-ci est son sixième et on y trouve ce que j’aime chez lui, un éventail de climats très particuliers dont lui seul possède la formule.

Kip Hanrahan est percussionniste, je vous en avais déjà parlé en page 42 à propos d’un merveilleux E.P. « A Few Short Notes for the End Run », où déjà on entendait Jack Bruce qui est un collaborateur régulier de Kip, tant en tant que bassiste qu’en tant que chanteur, et comme je suis assez fan du bassiste, tout baigne !

Il y a un autre géant ici, Don Pullen, pianiste extraordinaire et hors normes, il joue de l’orgue également, l’un des seuls que l’on puisse comparer à Cecil Taylor, encore sous-estimé en France il est mieux reconnu en Italie où il se sent comme chez lui. Ceci dit avec Kip c’est plutôt le climat de New-York qui transpire, celui des minorités, ça jazz, ça funk, ça respire musique cubaine et rythmes latinos, les percus sont toutes à la fête ici, ça jubile, c’est bon et ça fait du bien !

D’ailleurs il y a aussi David Sanchez et Mario Riviera aux saxophones, le premier au ténor et le second à l’alto, ajoutez le violon d’Alfredo Triff, la guitare de Leo Nocentelli et la batterie de Robby Ameen et des invités qui s’ajoutent encore et encore et, c’est certain, ça groove méchamment, mode tape du pied et balance le haut du corps sur le bouton « on » ! Il faut dire que la section des percussions s’épaissit à l’occasion avec Ralph Peterson Jr, Anthony Carillo, Richie Flores et Milton Cardona !

Nous avons un album chaud mais atypique. Sans doute parce qu’il a fait des études d’architecture Kip Hanrahan bâtit des édifices très personnels et ne s’inspire pas des folklores, il regarde côté fenêtre et jazz, et joue des rythmes, il regarde côté jardin et devient poète avec la voix de Jack qui touche et émeut, il voit aussi côté rue, la musique populaire qui fait danser la jeunesse et éclater la joie et les rires…

C’est un peu tout cela cet album, il regarde dans plusieurs directions, et vire carrément romantique sur « As in the Red Morning » juste avant que n’arrive « The Last Song on the Album »…

Kip Hanrahan - You can tell A Guy by his Anger


Kip Hanrahan - Red Star


Kip Hanrahan - The Last Song


Jack Bruce - Kip Hanrahan- G-d is Great Imagining-New-Orleans-1992

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » lun. 22 févr. 2021 10:39

Tien en parlant de Jack Bruce

Le premier et seul album du groupe Spectrum Road sorti en 2012, le groupe est composé de Jack Bruce à la basse, de John Medeski a l'orgue et au mellotron, de Cindy Blackman à la batterie et de Vernon Reid à la guitare. Et McLaughlin en guest sur un morceau.




Un seul morceau original, le reste c'est des reprises avec 4 morceaux du Tony Williams Lifetime entre autres

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 22 févr. 2021 12:00

nunu a écrit :
lun. 22 févr. 2021 10:39
Tien en parlant de Jack Bruce

Le premier et seul album du groupe Spectrum Road sorti en 2012, le groupe est composé de Jack Bruce à la basse, de John Medeski a l'orgue et au mellotron, de Cindy Blackman à la batterie et de Vernon Reid à la guitare. Et McLaughlin en guest sur un morceau.




Un seul morceau original, le reste c'est des reprises avec 4 morceaux du Tony Williams Lifetime entre autres
Ah! Oui je l'ai celui-là, très très bon, il faut aussi parler de la pochette qui possède un rendu magnifique, digne d'être transformée en objet de déco...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 22 févr. 2021 18:14

Douglas a écrit :
mer. 17 févr. 2021 15:54

A ce propos une petite précision, le double LP correspond exactement au Cd, ce qui est une bonne nouvelle, mais il existe des bonus tracks de haute qualité également, elles figurent sur les sites de téléchargement, par contre je ne les ai pas trouvé sur support matérialisé type Cd à tirage limité...
Si quelqu'un voit passer ça...
Je me cite moi-même et je comprends bien que cela ne se fait pas mais c'est pour faire court. J'ai en effet contacté le responsable d'Archie ball qui m'a confirmé que les bonus tracks ne sont effectivement disponibles qu’en ligne.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par coltan » lun. 22 févr. 2021 18:40

Tiens j'ai trouvé celui ci cet hiver, c'est franchement excellent dans le genre.

Je vais rester attentif à sa disco, j'en ai déjà croisé d'autres de ces albums dans le coin, je n'hésiterai plus maintenant.

Kip Hanrahan ‎: Piri Thomas / Every Child Is Born A Poet (2005)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 févr. 2021 04:37

coltan a écrit :
lun. 22 févr. 2021 18:40
Tiens j'ai trouvé celui ci cet hiver, c'est franchement excellent dans le genre.

Je vais rester attentif à sa disco, j'en ai déjà croisé d'autres de ces albums dans le coin, je n'hésiterai plus maintenant.

Kip Hanrahan ‎: Piri Thomas / Every Child Is Born A Poet (2005)

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Celui-ci je ne le connais pas, il va falloir réparer, perso j'aime bien le premier "coup de tête" qui a déclenché fortement l'envie et le double (LP+EP) "Desire Develops An Edge " un continent à explorer... Mais il y a du bon dans tous les albums, il y a également "Conjure ‎– Music For The Texts Of Ishmael Reed" mais dans un tout autre registre, à écouter avant achat (avec Taj Mahal).

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 févr. 2021 04:50

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Voici un « coffret » 4 Cds de Charles Mingus @ Bremen en 1964 et 1975. Je mets coffret entre guillemet car ce sont des volets dépliants peu en rapport avec la qualité attendue vu le prix de vente. Ceci étant dit, niveau musical c’est tout à fait exceptionnel. Il y a environ quatre heures de musique, deux Cds sont consacrés au concert de 1964, les deux autres à celui de 1975. Pour des raisons pratiques je vais vous parler ce jour du concert de 64, je complèterai plus tard avec le second concert.

L’orchestre formé pour cette tournée de 64 en Europe est tout à fait extraordinaire, on n’y trouve que des stars, Charles Mingus à la basse, Johnny Coles à la trompette, Eric Dolphy au saxophone alto, à la flûte ainsi qu’à la clarinette basse, Clifford Jordan au ténor, Jaki Byard au piano et Dannie Richmond à la batterie. Peut-être que certains ont pu voir le film sur le Dvd « Jazz Icons » concernant trois des concerts du groupe de Charles Mingus en Belgique, en Norvège et en Suède (bon y’a pas tout).

Je dois reconnaître que la musique de Mingus et d’autres grands classiques du jazz sont pour moi une histoire un peu ancienne, concernant plutôt mes débuts dans la culture jazz, Mingus, Coltrane, Dolphy, Coleman, Don Cherry et plein d’autres encore, je les ai écoutés en abondance il y a pas mal d’années, et plutôt en profondeur, les thèmes et les morceaux ont imprégnés mon apprentissage jazz et ont nourri la passion.

Ceci pour expliquer le choc émotionnel ressenti à l’écoute de cet enregistrement « Live », tout est remonté à la surface en une fois, ça commence avec « Hope So Eric », en fait « So Long Eric » paru sur l’album « Town Hall Concert » de 64 pour saluer le départ de Dolphy qui quittait la formation, quelques mois avant son décès. Vingt-six minutes déjà glorieuses !

Et puis ça continue avec « Fables Of Faubus » qui dépasse les trente-trois minutes, une version d’anthologie, le morceau est paru deux fois dans la discographie de Mingus, la première sur « Mingus Ah Um » en 59, mais la version a été censurée par la maison de disques, il ressortira sous un autre nom « Original Faubus Fables » sur « (Charles Mingus) Presents Charles Mingus » en 61, cette fois-ci avec les paroles. C’est une charge contre Orval Faubus, gouverneur de l’Arkansas, raciste et ségrégationniste.

C’est pas fini, sur le second Cd une ouverture au piano solo de Jaki Byard, un jour on saura à quel point il était grand, je vous recommande son album sur « Futura », absolument excellent. Un petit tour par « Sophisticated Lady » et deux totems ensuite, « Parkeriana » de plus de vingt et une minutes et le sublime « Meditations On Integration » qui dépasse les vingt-cinq minutes et que l’on retrouve entre autres sur « Mingus At Monterey » de 65.

Pour finir et ne pas trop m’éterniser les heureux possesseurs du triple album vinyle « The Great Concert of Charles Mingus » enregistré à Paris au « Théâtre des Champs-Elysées » le 19 avril 64, c’est-à-dire trois jours après ce même concert, ont évidemment un aperçu du concert de Brème. J’ai souvent placé ces concerts parisiens dans le haut du panier des albums de Mingus. Il faut signaler également « Revenge! The Legendary Paris Concerts » enregistrés salle Wagram le 17 avril qui est sorti en 96. Par bonheur cette tournée ne manque pas de témoignages et de documentations sonores !

Hope So Eric


Fables of Faubus


Meditations On Integration


Parkeriana

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mar. 23 févr. 2021 05:42

Je l'ai ce Breme 64. Excellent concert.

Par contre la pochette est trompeuse avec le noms des musiciens parce que je pense pas que Dolphy eu été la en 75 :hehe:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 févr. 2021 14:27

nunu a écrit :
mar. 23 févr. 2021 05:42
Je l'ai ce Breme 64. Excellent concert.

Par contre la pochette est trompeuse avec le noms des musiciens parce que je pense pas que Dolphy eu été la en 75 :hehe:
En effet, sans doute pas,
::d
mais il devait certainement être présent dans l'esprit de Charles Mingus et Dannie Richmond qui étaient aux deux concerts!
:)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par coltan » mar. 23 févr. 2021 18:51

Tiens moi aussi je suis avec un live d'un autre grand du jazz.

Thelonious Monk Quartet : Live In Stockholm 1961

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Charlie Rouse est toujours parfait, presque dommage qu'il ait fait si peu en leader.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 févr. 2021 05:09

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Avec ce second volume nous voici revenu à Brème mais en 1975, du coup le sextet historique n’est plus là, mais aux côtés de Charles Mingus, figure toujours le fidèle d’entre les fidèles, Dannie Richmond, à son poste derrière la batterie. Aux côtés des anciens il y a le fabuleux Don Pullen au piano, l’immense Georges Adams au saxo ténor et le grand Jack Walrath à la trompette, un quintet donc.

Les bandes proviennent à nouveau des enregistrements radio, mais le son est sensiblement de meilleure qualité. Le répertoire est centré sur les deux volumes de « Changes » qui viennent de sortir, le « One » et le « Two ». Seules les fables de Faubus et Cherokee ne traversent pas le tamis de « Changes ».

J’avoue ne pas ressentir la même émotion qu’avec les deux Cds précédents, mais ça reste fameux, enlevé, la « patte » de Mingus est toujours là, c’est le lot des très grands d’être reconnus après quelques mesures, et, s’il y en a un qui est grand et qui se plaît dans la démesure c’est bien Charles Mingus et je ne parle pas de son tour de taille, ni même de l’envergure de sa guitare !

Ici on ne ressent pas l’urgence du précédent enregistrement, cet emballement presque étouffant qui détruit tout sur son passage, mais attention, ça joue en virtuose, les solos sont stratosphériques, jack Walrath et ses montées dans les aigus, George Adams ce monstre du saxophone, Don Pullen qui allient classicisme et avant-garde dans le même solo, les tambours de Dannie ne sont pas en reste et c’est l’Afrique qui frappe à la porte, quant à Charles Mingus il est tout simplement extraordinaire, rythmicien hors-pair, mélodiste subtil, il tient la barque et montre la voie.

A noter la pièce "Free Cell Block F 'Tis Nazi USA", marquant une nouvelle position explicite et engagée de la part de Mingus qui compose pour protester contre les conditions dans lesquelles les Afro-Américains étaient alors détenus dans les prisons des États du sud et "Remember Rockefeller At Attica, " qui revient à l’épisode de la révolte de 71 qui avait déjà inspiré Shepp pour son célèbre « Attica Blues ». Si on ajoute également une nouvelle et sublime reprise de « Fables Of Faubus » on voit que « l’homme en colère » est toujours en alerte !

Paradoxalement c’est peut-être l’album qui pourrait plaire davantage à certains, car il correspond à une période un peu négligée par les amateurs de jazz, tous pressés, non sans raison, autour des albums de fin des années cinquante et ceux des débuts des sixties. Cette décennie des soixante-dix, un peu négligée, est pourtant très riche, elle se découvre ici avec de jolis atours et pourrait inciter quelques-uns à de belles explorations, comme avec le très bon « Three Or Four Shades Of Blues » ou « Mingus At Antibes » ou encore « Let My Children Hear Music ».

Devil Blues


Sue’s Changes


Cherokee


Free Cell Block F, ‘Tis Nazi USA

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 févr. 2021 07:06

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Restons encore un peu avec les grands anciens, sans pour autant quitter l’actualité du disque, avec cette sortie assez récente puisqu’elle date du mois de décembre pour la sortie Cd, la sortie vinyle est antérieure mais un peu hors de prix, série prestige, numérotée etc…

Il s’agit des concerts Hollandais de Sonny Rollins, « Rollins In Holland » très exactement, qui datent de mai 1967. Nous sommes face à un trio formé sur place avec un spécialiste du bop/hard bop à la basse, Ruud Jacobs qui remplit son rôle avec excellence. Le batteur est une légende de l’instrument, Han Bennink, Sonny ne pouvait rêver mieux.

Moi non plus je dois dire, car je suis absolument fan des formations en trio de Sonny Rollins, «A Night At The "Village Vanguard"» avec Wilbur Ware ou Donald Bailey à la basse et Pete La Roca ou Elvin Jones à la batterie a été l’album qui m’a élevé au jazz, aux standards, et je dois bien reconnaître que ce fut une grande chance pour moi, à un moment où écouter un album, c’était aussi l’apprendre par cœur.

Il ne faut pas oublier le double LP « More Fron The Vanguard » avec des enregistrements de 1957 également qui complète le précédent avec le même niveau de qualité, et, pour en finir avec les trios de Sonny il ne faut surtout pas oublier celui de 1958 avec Oscar Pettiford et Max Roach, « Freedom Suite » que demander de plus ?

Ceci pour vous dire que Sonny est ici à son affaire, d’ailleurs l’abondant livret nous renseigne sur la joie qu’il a connu lors de ces journées du mois de mai. Il y a trois sessions d’enregistrement très différentes. La première est la mieux réussie car elle se déroule en studio et nous livre des inédits, vingt-trois minutes et quatre titres resplendissants : Blue Room, Four, Love Walked In et Tune Up de Miles Davis.

Le même jour, deux pièces « Live At The Go-Go Club » à Loosdrecht, sont jouées et diffusées « Sonnymoon For Two » un standard signé Rollins et « Love Walked In », les deux morceaux approchent les dix-huit minutes. Ces deux titres sont d’un niveau très inférieur en qualité sonore, en mono avec interruption au milieu pour une annonce, mais méritent incontestablement de figurer ici, pour ma part je m’en réjouis.

«Three Little Words » qui clôt le premier Cd, et qui pèse près de vingt-deux minutes, fait partie du troisième lieu de captation, Live At Academie voor Beeldende Kunst à Arnhem, daté du 3 mai, qui précède donc les autres sessions. Le second Cd est donc tout entier consacré à la suite de ce concert, je n’insiste pas sur le répertoire qui tourne autour des standards et de la qualité du son qui se dégrade encore en avançant vers la fin de la prestation. Juste signaler qu’à cette période Sonny venait de sortir « East Broadway Run Down » en 66 et qu’il était donc dans sa grande maturité, on retrouve son gros son, très incisif, le hard bop à son meilleur.

Mon conseil, si vous ne connaissez pas les albums de 57 et 58 ça me paraît être une démarche assez prioritaire, mais si celui-ci vous tente, foncez quand même. Pour le vinyle, vu le prix, je conseillerais plutôt le format Cd, plus abordable, car, malgré tout, une grande partie de l’album est en deçà du niveau de qualité sonore attendu en 2021. Maintenant la qualité de la musique, ou l’esprit « collector » peut justifier un emballement chez quelques-uns.

Tune Up (VARA Studio 5, Hilversum, the Netherlands, May 5, 1967)


Sonny Rollins "Rollins In Holland" (Mini-Documentary)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 26 févr. 2021 07:25

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Kahil El’Zabar - Spirits Entering

Le percussionniste Kahil El’Zabar est un petit peu chez lui, en 2001, lorsqu’il enregistre cet album chez Delmark Records, en compagnie du violoniste Billy Bang qui fit un p’tit bout de route avec le Ritual Trio et plus particulièrement avec Kahil qu’il côtoie depuis un très grand nombre d’années. Il se trouve que j’apprécie énormément ces deux musiciens, séparément bien sûr, mais la réunion de ces deux talents ne fait qu’amplifier la joie de les savoir à nouveau ensemble, au pays de ceux qui conjuguent la musique à deux.

Ce n’est pas une musique joyeuse, de fête, qui traduit une manifestation de joie. Elle n’est ni futile, ni à consommer, et, s’il y a à boire et à manger, ce serait plutôt de nourriture spirituelle dont il serait question ici. On pourrait même percevoir une sorte de recueillement dans cette musique, une vive spiritualité en émane, comme une prière qui s’échappe des cordes du violon portées par les percussions, les tambours, le kalimba (piano à pouces sur The Ituri Fantasy) ou le berimbau de kahil.

Il faut parler aussi de « Old Time Religion » chanté par Kahil en même temps qu’il frappe les peaux, une sorte de négro spiritual envoûtant auquel s’accroche le violon plaintif de Billy Bang. Cet album est jazz par ses improvisations, ses envolées, mais il est folk par son esprit, son dénuement, son rythme économe, il se raccroche aussi aux traditions africaines par la foi qui le traverse et les couleurs des instruments qui l’habite.

Cet album est une sorte de petit miracle où tout arrive, rien qu’avec des petits bouts de petits riens…

Spirits Entering


Love Outside Of Dreams


The Ituri Fantasy


Old Time Religion

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 27 févr. 2021 05:36

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Voici le Dux Orchestra avec l’album « Duck Walks Dog (With Mixed Results) » paru en version vinyle uniquement, sur NoBusiness Records, en mai 2020, dans une version limitée à cinq cents. Il s’agit, une nouvelle fois, d’une opération de sauvetage, ressusciter de vieilles bandes enregistrées, les exhumer pour leur donner vie et reconnaissance.

L’enregistrement de départ date du seize octobre 1994 à New-York, il a été effectué par Steve Guttenberg (on m’apprend que celui-ci ne manquait pas de caractères). Dux Orchestra c’est avant tout JC Morrison, compositeur et guitariste, il est aussi la figure centrale de ce regroupement de musiciens, sans lui rien ne serait arrivé.

Il faut dire qu’il a eu la main heureuse, on trouve deux saxophonistes barytons dans la formation, Dave Sewelson et Mats Gustafsson, un clarinettiste alto, Will Connell Jr, un bassiste Dave Hofstra et deux batteur.euse.s (hi hi ) Susie Ibarra et Walter « Sweets » Perkins (on me susurre que Susie est très sweet aussi).

A l’époque Morrison côtoyait William Parker et Susie Ibarra, ils jouaient dans les clubs et les autres musiciens de l’album, sauf l’invité Mats Gustafson, jouaient dans la formation de Parker, ainsi, tout ce petit monde s’est côtoyé, a joué ensemble avant de se réunir pour enregistrer.

Le titre de vingt-deux minutes sur la face une, « Duck Walks Dog » est très révélateur de la formation, du free très improvisé autour du canevas écrit par l’excellent Jean-Christophe à la guitare électrique. Les drumer.euse.s exploitent chacun.e un canal alors que les cuivres s’expriment dans le spectre central. La basse électrique est dans la couleur de l’œuvre (la coul.oeuvre, m’avalise-t-on).

La face B est très courte, « Mixed Results » en deux parties distinctes de quatorze minutes au total. L’album se termine quand des voisins du loft de Chelsea, où se déroule l’enregistrement, viennent frapper à la porte, suffisamment violemment pour qu’on entende très clairement les coups portés sur l’huis. Cet évènement marque la fin de l’album car il est une heure où il faut savoir laisser dormir les braves gens…


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 28 févr. 2021 05:35

coltan a écrit :
mar. 23 févr. 2021 18:51
Tiens moi aussi je suis avec un live d'un autre grand du jazz.

Thelonious Monk Quartet : Live In Stockholm 1961

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Charlie Rouse est toujours parfait, presque dommage qu'il ait fait si peu en leader.
Cet album-ci sorti chez "Strata-East" est chaudement recommandé:

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