J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Blues traditionnel ou blues blanc, jazz, soul, funk, c'est ici.
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Piranha
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » jeu. 17 sept. 2020 16:38

Douglas a écrit :
jeu. 17 sept. 2020 12:08
Leutte a écrit :
jeu. 17 sept. 2020 10:11
Douglas a écrit :
mer. 16 sept. 2020 06:02

Idris Ackamoor est un des fondateurs du groupe « The pyramids » qui eut son heure de gloire entre 73 et 76. Après « We Be All Africans » et « An Angel Fell » il poursuit son retour chez « Strut Records », malgré ses soixante-dix printemps. Il faut l’en féliciter. « Shaman ! » est donc le troisième album qu’il enregistre en quatre années et c’est l’artiste japonais Tokio Aoyama qui signe la peinture dont est issue la très belle pochette.

Un beau double-album avec, à l’intérieur, un bon de téléchargement, c’est à signaler car c’est très pratique, un peu comme si vous pouviez écouter le vinyle en voiture, un truc à généraliser. Chaque face est composée par un acte, la durée est correcte, pas comme ces doubles LP qui contiennent quatre faces de treize minutes… On regrettera le pressage un peu cheap et le trou central du second vinyle au diamètre mal dimensionné.

Ici souffle l’esprit de Pharoah Sanders, l’influence est prégnante, Idris est clairement un enfant de ce que l’on a appelé le « spiritual jazz », les codes sont là, d’où une impression de déjà entendu qui n’enlève pas le plaisir de l’écoute, c’est à noter. Quelques beaux solos du ténor ou de l’alto tonifient l’album, il faut noter également le retour d’un « fondateur », Dr Margaux Simmons à la flûte qui offre une nouvelle palette de couleurs au groupe, qui possédait déjà le magnifique son du violon de Sandra Poindexter. La rythmique est également de feu, tout est bien en place.

La basse électrique de Ruben Ramos est un axe fondamental dans le « son » du groupe qui groove souvent de façon répétitive, avec également des riffs de guitares, ainsi se révèle l’autre influence majeure du groupe, celle du Miles période « électrique », cet aspect « funky » est la seconde jambe sur laquelle repose le style de ce groupe, bien armé pour affronter les lois du marché.

Alléché par la jolie pochette et par ton post. J'écoute actuellement.
Très plaisant. A la fois cool et groovy. Ce qu'il me fallait..
C'est également mon ressenti, du bon travail mais un côté "ron-ron" agréable fait pour plaire...
:)
Cooltrane a écrit :
jeu. 17 sept. 2020 11:50
aka Moon est tjs au top, il faut le reconnaitre. :super:

j'en avais parlé dans le fofo album 2020 et il tourne depuis un mois, avec le nouveau Nubya.

C'est pas mal dans le genre, mais les Pyramids remonte au débuts des 70's avec trois très bons albums (jamais réédité en CD, par contre) :snotyzzz: , mais Ackamoor est le seul survivant de cette époque

L'album est aussi un simple CD dont le poster pliable avec la feuille des textes. La pochette me fait penser à Matti Klaeweinf et Mwandishi: on est entre Bitches Brew, Sextant et Crossings, je trouve.

Sinon, j’espère que le trou du disque 2 (le vortex, quoi) est trop petit (c'est remédiable) plutôt que trop grand (irrémédiable).
Cela m'arrivait dans les 70's et je devais l'agrandir avec mon cran d’arrêt précautionneusement de chaque coté du disque
En fait non, Margaux Simmons (qui joue ici) et Margo Ackamoor sont la même personne.
Oui trop ron-ron peut-être.
Je vais attendre pour l'achat par rapport aux précédents que j'avais acheté rapidement après leur sortie

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Goldandlink » jeu. 17 sept. 2020 16:44

Ackamoor l'a décrit comme étant un album introspectif (dixit le titre), alors que An Angel Fell était clairement un album de protestation sociale.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 18 sept. 2020 02:34

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Un petit retour vers le label Black Fire avec l’album de la formation « Experience Unlimited » et l’album « Free Yourself » dont le titre « People » figurait sur la compile. L’album original est sorti en 1977 et on saisit bien vite que le nom du groupe fait référence à « l’Experience » d’Hendrix, reconnaissons-le, il y a pire influence ! L’album fleure bon la soul et le funk, les grattes évoquent le Santana de la grande période et, pas de doute, le souffle est là ! C’est bon, la qualité du son est exceptionnelle, en prise direct des masters d’époque.

Tout bon groupe de funk nécessite une section rythmique de poids, solide et efficace, le batteur Anthony “Block” Easton est entouré par les percussionnistes Anthony “Block” Easton, "Nivram" Marvin Coward et David Williams qui prête la main. Le bassiste Gregory "Sugar Bear" Eliot chante également, Michael Hughes est aux claviers, Donald R. Fields aux guitares et au chant. La section de cuivres et anches est formée par un tromboniste également chanteur, Greylin T. Hunter, un trompettiste, Philip Harris et le saxophoniste Clarence "Oscar" Smith. Quatre choristes chanteurs apportent ce côté « soul » qui va bien. L’ensemble est massif et impressionnant !

Difficile aujourd’hui d’expliquer pourquoi ça ne marcha pas si bien que çà à l’époque, sans doute le manque d’appui financier et médiatique, mais l’heure semble venue de réévaluer le groupe, il le mérite bien. Je ne sais si c’est le côté « jazz » mais l’album m’impressionne vraiment, surtout quand je le compare à d’autres sortis alors dans ce même créneau.

Il y a aussi cette pochette qui est bien belle, avec des anges sexués, le verso nous en dira un peu plus… Ah oui, j’allais oublier, dans la réédition il y a un bon gros livret avec photos et lecture !

Experience Unlimited - Free Yourself 1977 Full Album
Tracklist:

1/ It's All Imagination 0:00
2/ Functus - 3:25
3/ Peace Gone Away - 8:09
4/ Free Yourself - 12:53
5/ Hey You - 20:50
6/ People - 24:30
7/ Funk Consciousness - 30:35


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 19 sept. 2020 04:37

Image

Avant tout bien faire attention car le vinyle se lit en 45 tours. Cet album est la réédition de l’album double de 73 devenu introuvable ou très cher. En fait l’enregistrement s’est déroulé en 1972, notre trio de musiciens, Brötzmann au saxophone, Van Hove au piano et Bennink aux percussions se trouve plongé dans un groupe de quinze enfants improvisateurs, c’est la concrétisation d’un travail détaillé par le menu sur la sous-pochette de l’album, en allemand.

Dans le cadre d’une activité culturelle organisée par l'Académie des Arts de Berlin, quinze enfants de huit à dix ans se sont réunis pendant quatre jours, encadrés par notre trio pour élaborer des pièces de musique improvisées. Trois pôles se sont organisés en fonction des instruments :
Saxophone = respirer= ballons, fléchettes, pipes, tubes en plastiques avec embouts buccaux.
Piano = toucher = piano préparé, piano, radios à transistors.
Percussions = motricité = batterie, cymbales, piano préparé, cadre, pierres, générateur de bruit percussif.

Le premier jour les enfants se sont spontanément occupés principalement des instruments à percussion. L’observation indique qu’à cet âge les enfants sont soumis aux clichés et aux modèles, les rythmes sombrant dans la monotonie. Il faut canaliser l’agressivité et libérer la créativité.

Le deuxième jour, seuls les deux premiers ateliers sont proposés avec la formation de petits groupes et une prise en charge plus individualisée. Des personnalités s’affirment et un début d’organisation se fait jour, qui s’est approfondi les jours suivants.

Bilan – Les musiciens professionnels déclarent avoir bénéficier d’une expérience utile et importante à leur propre travail. La démarche utilisée montre qu’il ne faut pas se contenter des méthodes conventionnelles d’éducation artistique. Il faut populariser ces nouvelles démarches auprès d’un plus grand public d’enfants.

Et le bilan c’est surtout cet album, non conventionnel, libéré de nombreux carcans et s'inscrivant dans une façon libre de s’exprimer. Il restera un témoignage précieux, par- delà le petit monde du jazz, en interrogeant utilement la communauté éducative.

Modifié en dernier par Douglas le sam. 19 sept. 2020 15:01, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » sam. 19 sept. 2020 13:48

popscene a écrit :
mer. 7 août 2019 03:31
Image

Sun Ra-Nothing Is... (1966).

Il s'agit ici d'une captation de concert donné par Sun Ra et son Arkestra en 1966.

C'est déjà pas mal cintré parfois mais cela reste un disque pas trop expérimental dans la (longue) carrière de Sun Ra.

Gros coup de coeur pour le magnifique morceau "Exotic Forest", très évocateur.

https://www.nicovideo.jp/watch/sm20480200
J ai réussi à récupérer pas mal de ses disques devenues introuvables.
Les meilleurs restent selon moi sleeping beauty jazz in silhouette et magic city

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 20 sept. 2020 05:50

Image

Parmi cette « nouvelle » vague anglaise j’avoue un petit faible pour Oscar Jerome, ‎l’écoute de son dernier album « Breathe Deep » est donc un passage obligé. J’ai fait sa connaissance avec son premier EP éponyme de 2016, très recommandable, avec des invités qui sauront se faire un nom. Le second EP de 2018 a confirmé tout le bien que m’inspirait ce musicien, un jazz-funk tout à fait excellent. Il participera en 2019 au premier EP du groupe kokoroko dont il est membre et sortira un formidable album live dont j’ai parlé ici lors de sa parution.

La trajectoire est sans faute, la musique n’est pas révolutionnaire mais fraîche, vive et inspirée, on pourrait même dire assez « classe » avec des racines qui plongent loin. Rien des qualités qui font la marque du guitariste n’est absent de ce nouvel album studio. Ainsi on retrouve une version de « Give Back What You Stole From Me » qui fermait l’album live, une petite pépite très groovy avec des paroles pleines de bonnes intentions. Du bon travail de superpositions de pistes sur « Coy » qui paresse gentiment. « Gravitate » le titre taillé pour les passages radio, et « Draggin’ My » qui rend hommage à George Benson.

« Your Saint » avec Brother Portrait est également très réussi, autour du thème des réfugiés, un des sommets de l’album, mais il n’en manque pas. « Timeless » par exemple, quasi folk avec la voix de Lianne La Havas. Pas mal d’invités donc, mais aussi des figures solides de la scène londonienne aux côtés du guitariste, Joe Armon-Jones aux claviers, Theo Erskine au sax qu’il aime avoir à ses côtés, Sheila Maurice-Grey à la trompette.

Voilà, voilà…

Oscar Jerome - Your Saint ft. Brother Portrait


Coy Moon


Gravitate


Oscar Jerome - Give Back What You Stole From Me

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 20 sept. 2020 17:54

Ben-J a écrit :
sam. 19 sept. 2020 13:48

J ai réussi à récupérer pas mal de ses disques devenues introuvables.
Les meilleurs restent selon moi sleeping beauty jazz in silhouette et magic city
Chez Sun Ra la carrière est immense et la discographie énorme, il faut la considérer par période et par lieux géographiques auxquels se rattachent des styles très différents: Chicago, New-York, Philadelphie. Du coup selon les périodes on peut retenir des albums très différents. Si tu aimes Sleeping Beauty il te faut Lanquidity, avec Jazz in silhouette il faut The Nubians of Plutonia. Concernant Magic City il est à noter que l'album est free et un peu froid, je ne sais trop comment il s'est trouvé sélectionné par David Rassent sur un livre chez "le mot et le reste" consacré au rock psychédélisme, mais ça l'a rendu populaire!
Je recommande également "New Steps" qui pourrait plaire à beaucoup.
Il est à noter également qu'à la fin de sa vie Sun Ra s'est remis à jouer dans la veine de ses débuts...
Autrement, le marché du disque a créé la notion d'afrofuturisme à des fins strictement commerciales, Sun Ra se vend très bien. Il y a un côté sombre et sectaire chez lui dont on parle peu, par exemple la bio chez "le mot et le reste" ne le mentionne pas.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » dim. 20 sept. 2020 19:13

Mais j'ai déjà lanquidity chère ami. :chapozzz:
J'ai aussi cosmos , space is the place , the futuristic sound of sun ra , jazz by sun ra , jazz in silhouette ( une des plus belle ouverture du jazz) , celestial love
discipline 27 II, et magic city.
J'ai d'ailleurs chroniqué magic city et jazz in silhouette pour mon site.
Pour Sun Ra , il avait une idéologie politique assez proche des indigénistes d'aujourd'hui, il pensait que les noirs ne pouvait vivre avec les blancs.
Mais , à part le mot et le reste , je ne connais pas de bonne bio de ce grand musicien.
Si vous avez de bon tuyaux pour trouver d'autre de ces disques à prix abordable je suis preneur.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 20 sept. 2020 21:03

Ben-J a écrit :
dim. 20 sept. 2020 19:13
Mais j'ai déjà lanquidity chère ami. :chapozzz:
J'ai aussi cosmos , space is the place , the futuristic sound of sun ra , jazz by sun ra , jazz in silhouette ( une des plus belle ouverture du jazz) , celestial love
discipline 27 II, et magic city.
J'ai d'ailleurs chroniqué magic city et jazz in silhouette pour mon site.
Pour Sun Ra , il avait une idéologie politique assez proche des indigénistes d'aujourd'hui, il pensait que les noirs ne pouvait vivre avec les blancs.
Mais , à part le mot et le reste , je ne connais pas de bonne bio de ce grand musicien.
Si vous avez de bon tuyaux pour trouver d'autre de ces disques à prix abordable je suis preneur.
Pour la bio, en français je te recommande un travail universitaire publié chez Harmattan par Aurélien Tchiemessom: "Sun Ra Un noir dans le cosmos". Les albums je les connais également. Rien d'étonnant à ses réticences concernant la mixité raciale, vu ce qu'il a connu aux Etats-Unis.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 21 sept. 2020 04:51

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Jon Hassell est un musicien américain né en 1937, ce qui lui fait cette année quatre-vingt-trois ans, il fait encore parti de l’actualité du disque car il vient de sortir un nouvel album, « Seeing Through Sound (Pentimento Volume Two) », le volume un, son album précédent était sorti en 2018. Il est principalement compositeur et trompettiste, mais, sur le présent album, on le voit assez souvent derrière son clavier et ses synthés.

Plus jeune il est venu en Europe pour étudier la musique électronique et sérielle avec Karlheinz Stockhausen. Ensuite, à New-York, il a rencontré et joué avec La Monte Young et Terry Riley, puis s’est intéressé à la musique indienne de Pandit Pran Nath. Ce long parcours l’a amené à rencontrer également Brian Eno. Ce préambule étoffé donne du crédit à la démarche d’une vie, et, si on catalogue sa musique « d’ambient » ou de « jazz-ambient », on voit bien qu’il est du côté des pionniers et pas des suiveurs.

Le titre de l’album est tout autant un concept qu’une gageure, « Voir à travers le son », c’est ce qui nous est proposé ici… Enfin, chacun fera ce qu’il pourra, bien qu’il soit aisé de faire naître des images de son imagination en écoutant une telle musique. Musique du rêve, de l’esprit qui vagabonde, propice à la relaxation, au repos, gaffe à la sieste quand même…

Le long « Fearless » devrait déjà vous détendre et vous plonger dans un climat de repos et de détente, la pièce suivante « Moons of Titan » vous prend par la main et vous fais voyager, vous voilà explorateur découvreur de nouveaux espaces. Le bref « Unknown Wish » est plus mystérieux, le voyage se fait intérieur comme s’il fallait se regarder, soi. Dernière plage de la face « Delicado », répétitif et hypnotique évolue en s’étirant, s’en va, respire et repart, respire à nouveau…

Sur cette face une, on peut entendre la trompette électronique de Jon, par contre il n’en joue que sur un titre de la face B, se consacrant à l’électro et aux claviers. J’ai reconnu deux musiciens à ses côtés, le passionnant guitariste Elvind Aarset et Adam Rudolph aux « tambours africains », donc la pléiade des autres intervenants m’est inconnue, souvent les musiciens n’enregistrent que sur un titre et puis s’en vont. On sent bien que l’important se fait après, autour du travail sur les bandes, coupage, collage, mélange…

Les amateurs d’ambient adoreront… (J’allais oublier: inclus bon de téléchargement mp3, flac, wav).

Jon Hassell ‎– Seeing Through Sound (Pentimento Volume Two) - [2020 - Album]

[00:00] 1. Fearless
[08:02] 2. Moons of Titan
[12:21] 3. Unknown Wish
[15:18] 4. Delicado
[19:20] 5. Reykjavik
[21:37] 6. Cool Down Coda
[23:23] 7. Lunar
[29:56] 8. Timeless


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 22 sept. 2020 05:39

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Narada Burton Green est un pianiste de jazz né à Chicago en 1937, c’est un musicien dont je suis épisodiquement l’évolution, au travers de plusieurs formations il a laissé sur son chemin des traces discographiques particulièrement intéressantes. C’est un artiste ESP avec les albums « Burton Greene Quartet » en 1966 et « On tour » en 1968, on le trouve également sur la collection BYG Actuel avec l’excellent « Aquariana » de 1969, il est également enregistré chez Futura en 1970 avec l’album "Célesphere", il enregistre encore aujourd’hui, de temps en temps, il est sorti l’année dernière un album enregistré en 2017.

C’est un homme des « petits labels », il n’aura jamais droit aux majors et aux contrats juteux, pourtant je ne lui connais pas d’enregistrement médiocre ou même moyen. Cet album, « Structures », ne faillit pas à la règle, et c’est aussi l’occasion de vous parler d’un petit label allemand particulièrement intéressant.

« Circles Records » a essentiellement enregistré des albums de free entre 76 et 79. Sam Rivers, James Newton, David Murray, Sunny Murray, Human Arts Ensemble, Keshavan Maslak, Gil Evans, c’est Rudolf Kreis qui dirige le label depuis Cologne en publiant des enregistrements live issus du Bimhuis d’Amsterdam. D’autres albums sortiront plus tard, jusque dans les années quatre-vingt-dix avec Shepp, Chet Baker, Lee Konitz et George Adams.

Cet enregistrement du trio de Burton Green est tout à fait excellent, Mark Miller est à la basse et Rob Peters à la batterie. Narada est un musicien complet, virtuose, mais jamais dans la démonstration. Il s’est illustré en s’ouvrant aux musiques du monde, en précurseur, il s’intéressera à la musique klezmer et enregistrera sur Tzadik.

Au piano il dessine des paysages sonores qui contractent le temps avec une infinie délicatesse, évoquant les anciens, Duke Ellington ici, à la fois romantique et nostalgique, mais il ne manquera pas d’évoquer les musiques plus modernes également, en un saut de puce nous voici au milieu de variations free, pourtant douces bien que dissonantes… Sur le dernier morceau, « Nicolai Cavaci Variations », kashavan Maslak rejoint le groupe et joue du ténor et du piccolo, quatorze minutes en quartet tout à fait merveilleuses…

Par contre je n'ai pas trouvé d'extrait...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 23 sept. 2020 01:56

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Jazz Focus '65 (Bulgarian Jazz Quartet)

Cet album est bien plus qu’une simple curiosité musicale venue de l’est, il possède de réelles qualités qui ont surpris, lors d’une tournée en 1967, l’ouest européen. Les musiciens sont bulgares, un quartet émérite qui n’a pas froid aux yeux, Milcho Leviev est le leader de la formation, il joue du piano, Simeon Shterev joue de la flûte, Lyubomir Mitrov est à la basse et Peter Slavov à la batterie. Ayant suscité un réel engouement le groupe s’est vu signé la sortie d’un album chez MPS Records.

La formation possède incontestablement une culture « jazz » très affirmée, cependant chacun des musiciens possède également une formation classique à laquelle il rend hommage à la fin de l’album en interprétant, le temps d’une minute et quatorze secondes, une « badinerie » provenant de la Suite en si mineur de Bach.

Les Beatles sont également à l’honneur à la fin de la première face, avec une interprétation survitaminée de « Yesterday » très surprenante, le thème est joué en fin de piste. On trouve également un hommage à Charlie Parker « Billie’s Bounce », merveilleusement interprété, une nouvelle fois l’exposition du thème est évitée dans sa forme originale, il est contourné par des variations propices à une libre interprétation. Les autres compositions sont signées par Milcho Leviev et ne manquent ni d’intérêt, ni de souffle, ni de qualité. Par contre on respecte les thèmes qui se montrent propices aux improvisations.

Notons que, toujours cette même année 1968, ils se voient décerner le prix de la critique internationale au Montreux Jazz Festival, ce qui n’est pas rien…

Blues in 10


Yesterday


Billie's Bounce


Blues in 12

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mer. 23 sept. 2020 09:44

Je fouille youtube a la recherche de concerts Jazz

Et je tombe sur ses deux concerts du Dave Brubeck Quartet, l'un en 64 l'autre en 66



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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2020 02:09

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Tchangodeï, Ferdinand de son prénom, est né à « Casa » l’industrielle, pourtant il doit être béninois car son nom signifie « la foudre » ou « le tonnerre » dans cette langue. C’est à Lyon qu’il s’installe et devient musicien professionnel, pianiste de jazz, plus tard il tiendra un bar, « piano-bar » serait plus juste, et peintre également: la palette est riche et variée.

Varié son jeu au piano également, rythmique souvent, mais plein de détours et d’ellipses, avec des chemins tortueux, de ceux qu’aimait parcourir Thélonious Monk, la référence obligée, presque unique pour cet exigeant du piano qui joue, des espaces, des silences, des intervalles et des clusters également. L’autre modèle, géant, c’est Cecil Taylor, celui qui a montré la route et tracé la voie. Hormis le feu béni de ces monstres sacrés auxquels il ne peut échapper, son jeu exprime une forte personnalité et ne ressemble à personne, il se hisse à haut niveau et peut jouer avec n’importe qui.

Steve Lacy, ici, compagnon de route et de jeu, idéal, ça s’entend. La complicité est évidente, la joie de jouer explose, les deux instruments, le saxophone soprano et le piano s’imbriquent intimement, la foudre, encore. Parfois il arrive à Steve Lacy d’être un peu austère, ou sérieux, et bien écoutez cet album espiègle, taquin ou on s’amuse !

Les pochettes de Tchandodeï sont souvent sobres, avec très peu de renseignements, l’enregistrement est « live » mais on ne sait où, juste une date sur le label, 84. Un poème également, sur la couverture, signé Charles Juliet, « obscur est l’ordre, imprévisible le chemin… », et les titres au verso, sans durée précisée.

La discographie de Tchangodeï est assez maigre, mais il a joué avec les plus grands, des albums solos également, beaux, alors si vous croisez un album, par hasard, alors, dites-vous bien, en le prenant dans vos mains, que de hasard il n’y a pas, tout au plus de la chance !

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » jeu. 24 sept. 2020 07:35

nunu a écrit :
mer. 23 sept. 2020 09:44
Je fouille youtube a la recherche de concerts Jazz

Et je tombe sur ses deux concerts du Dave Brubeck Quartet, l'un en 64 l'autre en 66


Je te recommande l album time out

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2020 10:25

La série des "Jazz Icons" comprend cinq coffrets de documents provenant de la fin du vingtième, particulièrement les années soixante. On y trouve:

série1:
• Art Blakey & The Jazz Messengers • Live in '58
• Dizzy Gillespie • Live in '58 & '70
• Louis Armstrong • Live in '59
• Quincy Jones • Live in '60
• Thelonious Monk • Live in '66
• Buddy Rich • Live in '78
• Ella Fitzgerald • Live in '57 & '63
• Count Basie • Live in '62
• Chet Baker • Live in '64 & '79

Série 2:
• John Coltrane • Live in '60, '61 & '65
• Dave Brubeck • Live in '64 & '66
• Duke Ellington • Live in '58
• Sarah Vaughan • Live in '58 & '64
• Dexter Gordon • Live in '63 &'64
• Wes Montgomery • Live in '65
• Charles Mingus • Live in '64

Série 3:
• Sonny Rollins • Live in '65 & '68
• Cannonball Adderley • Live in '63
• Bill Evans • Live '64-'75
• Rahsaan Roland Kirk • Live in '63 & '67
• Lionel Hampton • Live in '58
• Oscar Peterson • Live in '63, '64 & '65
• Nina Simone • Live in '65 & '68

Série 4:
• Jimmy Smith • Live in '69
• Coleman Hawkins • Live in '62 & '64
• Art Farmer • Live in '64
• Erroll Garner • Live in '63 & '64
• Woody Herman • Live in '64
• Art Blakey • Live in '65
• Anita O'Day • Live in '63 & '70

Série 5:
• John Coltrane • Live In France 1965
• Art Blakey's Jazz Messengers •Live In France 1959
• Thelonious Monk •Live In France 1969
• Johnny Griffin •Live In France 1971
• Freddie Hubbard •Live In France 1973
• Rahsaan Roland Kirk •Live In France 1972

Ce sont le plus souvent des documents remarquables, des concerts en général de bonne qualité, il y a par exemple le concert de Coltrane à Antibes filmé en partie par Jean-Christophe Averty, le Mingus avec Dolphy, Thelonious absolument génial qui circuite autour de son piano, Chet Baker rare et excellent, Roland Kirk émouvant, Sonny Rollins magistral et Dave Brubeck en écoute sur cette chaîne...
Les TVs spécialisées dans la diffusion jazz tapent assez souvent dans ce stock de choix pour donner du poids à la qualité des diffusions.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2020 14:16

Parmi les concerts incroyables il y a le fameux concert de Coltrane à Comblain La Tour, en Belgique, fin 65 (automne je crois).
Le quartet historique est au complet, il y a des plans extraordinaires.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 25 sept. 2020 04:06

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Il y a peu on évoquait Sun Ra par ici, et, à cette occasion, je notais que lors de sa dernière période d’activité son regard se portait vers sa jeunesse et ses débuts discographiques. On glisse souvent sur les débuts de Sun Ra avant qu’il n’ait entamé une carrière discographique, pourtant les années d’après-guerre sont fondamentales, particulièrement l’année 1946 où il va rencontrer et jouer dans le grand orchestre de Fletcher Henderson en tant que pianiste, suppléant le « vieux » Fletcher, mais surtout en tant qu’arrangeur, c’est là qu’il personnalisa son style, il se raconte que certains musiciens de l’orchestre étaient perdu dans les arrangements rutilants du jeune « Sonny » comme on l’appelait à cette époque.

Pendant un grand nombre d’années Sun Ra a donc été un arrangeur et conducteur de grande formation avant tout, c’est un savoir qu’il maîtrise à la perfection, du coup, vers la fin de sa vie il retourne à ses « classiques » et son orchestre reprend les codes d’autrefois, comme sur cet album « Mayan Temples » enregistré en 1990, le troisième sorti chez « Black Saint » après « Reflections In Blue » et « Hours After » qui, eux, sont tous les deux sortis en vinyle. Ce retour aux goûts anciens est déjà très perceptible sur « Sunrise In Different Dimensions » sorti sur Hat Hut et enregistré en 1980. Toutefois les deux variations autour du « Theme On The Stargazers » échappent clairement à l’orthodoxie. Attention le son n’a rien de vieillot et ça fait feu de tout bois et ça scintille de tout cuivre !

Pour autant si le cadre se fige davantage, les solistes restent fougueux et les improvisations parfois sauvages. Les musiciens de l’orchestre sont remarquables, on pense à John Gilmore au ténor, à Marshall Allen à l’alto et à la flûte, à Ahmed Abdullah et Michael Ray aux trompettes, il faudrait citer également June Tyson qui chante (trop peu) et à Sun Ra lui-même qui nous gratifie de superbes solos de piano. Des constantes également, comme le rôle prépondérant des percussions, l’album est long, plus de soixante-dix minutes, on y trouve trois standards me semble-t-il, dont « Time After Time » qui a su séduire notre mage, et qui sert de tremplin à Gilmore pour un superbe solo de plus.

Un Cd pas trop cher et beaucoup de bonne musique ici, l’un des tout derniers albums avant que la maladie n’arrive…

Les morceaux dispos sur le tube:

Sun Ra Arkestra - Opus In Springtime


Sun Ra Arkestra - Sunset On The Night On The River Nile


Sun Ra Arkestra "Bygone"

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 26 sept. 2020 05:38

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On connaît les Studios La Buissonne pour la qualité des enregistrement qu’ils effectuent dans le sud de la France, on a également remarqué que des artistes enregistrant pour « ECM », label réputé pour la pureté du son dans ses enregistrements, passaient par Pernes-les-Fontaine, aussi cet album est-il l’occasion de célébrer le partenariat entre ECM et le label « La Buissonne » qui œuvre depuis pas mal d’années autour de musiciens de plus en plus reconnus, Paolo Fresu, Vincent Courtois, Bruno Angelini, Gilles Coronado et, bien sûr Andy Emler, célébré, ce mois-ci, pour son nouvel album, par Jazz Magasine.

« No solo » est donc le dernier album du pianiste, sur la pochette est écrit le nom des intervenants et des invités, il faut le dire de suite, chacun apporte le meilleur de lui-même et tout ce qui défile ici n’est que beauté et bonheur.

L’album s’ouvre avec Andy et son piano, deux titres seuls, interprétés avec les notes de l’absolue nécessité, déjà ça subjugue, il faudrait sans doute énumérer les musiciens qui passent et trouver le mot pour chacun d’eux, car ils ressemblent à ces feuilles d’automne qui tombent, laissant derrière leur passage, chacun sa dance qui virevolte, son extrait de parfum, sa signature et sa grâce, le meilleur de lui-même.

C’est sûr, c’est un peu « concon » de le dire comme ça, mais ça correspond vraiment à ce que je ressens, à l’écoute de cet album qui tourne, qui tourne, encore et encore ces temps derniers, souvent le soir, entre chien et loup, un copain d'endormissement… Je recommande.

Allez, vas-y Andy, c’est bon ! Vas-y Andy c’est bon, bon, bon !

PRES DE SON NOM


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par DaFrog » sam. 26 sept. 2020 06:18

Encore merci Douglas pour tes chroniquettes !

J’aurais bien craqué pour Exp Unltd mais en cd, c’est rare et cher :/

Edith : seulement 2 exemplaires sur discogs à 66€ et plus mais je suis tombé sur la fnac où j’ai commandé une réédition japonaise à 22€. Un peu étonné, j’attends de voir si la commande sera finalisée, ils sont spécialistes des ruptures de stock au dernier moment...
Modifié en dernier par DaFrog le sam. 26 sept. 2020 07:34, modifié 1 fois.
Dynamiteur d’aqueducs :modo:

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