J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 26 sept. 2020 07:32

DaFrog a écrit :
sam. 26 sept. 2020 06:18
Encore merci Douglas pour tes chroniquettes !

J’aurais bien craqué pour Exp Unltd mais en cd, c’est rare et cher :/
J'ai acheté la réédition vinyle 2020 dont le prix est raisonnable, mais il n'y a pas de lien vers les fichiers.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » sam. 26 sept. 2020 19:36

j'ai reçue l'intégrale columbia du grand Miles , et je commence l'exploration après avoir réecouté cookin , relaxin workin et steaming :

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Sortie la même année , ces deux disques sont pourtant bien différents.
Le premiers est plein de fougue , porté par une rythmique fiévreuse que les notes cristallines du piano permettent de tempérer.
Sur the Miles of 1958 , le pianiste a changé , il sous entend le tempos plus qu'il ne l'impose , et son jeu est plus adapté à un album composé de mid tempos et ballades.
Je suis aussi un grand fan du duo Coltrane Aderley , que j'avais découvert sur le grandiose "kind of blue".

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 27 sept. 2020 05:15

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Nicole Mitchell est née en 1967, c’est une flûtiste et compositrice de jazz, habitante de Chicago, elle a été également présidente de l’A.A.C.M., qui œuvra tant pour le renouveau du jazz. Voici un de ses albums les plus emblématiques « Mandorla Awakening II: Emerging Worlds » qui sortit sous la forme d’un double LP en 2017. Beaucoup tiennent cet enregistrement pour son meilleur, ayant un peu parcouru sa discographie je manque cependant encore du recul nécessaire pour émettre un avis valable et compétent, mais c’est bien possible, bien qu’il y ait de bien belles pages qu’il faudrait encore partager.

Elle est souvent rattachée au courant de « l’afro futurisme », créé sur le tard, à mon avis pour des raisons mercantiles. On y trouverait principalement Sun Ra et Alice Coltrane, des peintres, des danseurs et des écrivains, et donc Nicole Mitchell. Bon, franchement on peut faire sans.

L’album a été enregistré en mai 2015 au « Museum of Contemporary Art » de Chicago. L’œuvre s'inspire d'un récit de science-fiction écrit par Nicole Mitchell elle-même. Il raconte le voyage d’un couple entre deux civilisations, une qui prône le bien et l’autre le mal, le féminin d’un côté et le masculin de l’autre, pour faire vite.

Je passe à la musique car l’album est formidable, il semble « massif » tellement il est riche de toutes choses, une impression d’immersion dans une abondance de créativité. L’album est captivant, il nous tient, nous retient et ne nous lâche plus jusqu’à sa fin. Il est d’une variété extraordinaire, se renouvelle sans cesse, ne recule devant aucune audace sans jamais tomber dans l’agressivité. La musique voyage, dans le psychédélisme dès l’ouverture, puis glisse vers la mystérieuse musique japonaise et les secrets de l’orient…

Plus loin sur la face deux on côtoie le classicisme de la musique européenne, et, dans le même temps des motifs nippons. Il faudrait également parler des extraordinaires musiciens, de la flûte de Nicole qui illumine l’album, elle est d’ailleurs multi récompensée aux USA pour les distinctions concernant les meilleurs flûtistes de jazz.

Le second album est un peu plus « roots » et rencontre les rythmes de l’Afrique. Trois longs poèmes, habités, descriptifs et propices à faire naître des images sont lus par « avery r young », tandis que blues, funk et gospel se mélangent aux sonorités électros pour nous émerveiller encore et encore…

Egoes War


Shiny Divider


Forestwall Timewalk


Dance of Many Hands

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 28 sept. 2020 03:44

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Je vous ai déjà proposé des enregistrements de Kaoru Abe, cet album, sorti il y a peu, a été conçu suite à la découverte récente de nouvelles bandes inédites concernant le saxophoniste. Il s’agit d’une séquence d’une durée assez courte, environ une trentaine de minutes, qui correspond à des improvisations pendant l’été de 1977, au ténor seul, c’est l’habitude de Kaoru,. Il était à Sapporo dans un club de jazz, le « Ayler » qui n’existe plus aujourd’hui.

Le Cd est augmenté d’un petit livret qui nous présente un texte en japonais, par chance, en tournant la page, le même texte est traduit en anglais. Mais la chance s’arrête là, en tournant à nouveau la page, on ne voit pas de traduction française. Mais des photos. De Kaoru. Plusieurs, jusqu’à la fin du livret, sur la dernière on aperçoit, derrière le bar, trois rangées de vinyles, ça donne soif !

En écoutant les applaudissements, à la fin des titres, on comprend qu’il n’y avait pas foule, c’est souvent comme ça, quand on écoute du jazz, quand il est free… Pourtant bat le cœur de Kaoru, lyrique, et même très. On entend Ayler aussi, dans le jeu de Kaoru, frères de larmes peut-être … Parfois le même tremblement, puis, comme pour s’excuser d’avoir fait Ayler au Ayler Club, Kaoru fait du Kaoru, mais c’est triste aussi, à force de souffler dans le désert.

Il arrive toujours un moment avec Kaoru où ça prend aux tripes, pour ceux qui sont encore là, qui ne sont pas encore partis. D’ailleurs, sont-ce mes sens qui me trompent ? Il joue du Dylan le bougre, il souffle dans le vent, puis, ouf, il se repend, oublie la mélodie change le rythme et tempête. La quatrième improvisation est vive, enjouée, très dynamique, très courte, et on ne peut s’empêcher de penser que cet enregistrement a été réalisé exactement un an avant la mort du saxophoniste, à l’âge de vingt-neuf ans, comme si l’énergie qu’il consumait là, était comptée dans son temps.

Le seul extrait que j'ai trouvé, évidemment on y trouve pas l'ampleur du son sur le Cd...
https://www.soundohm.com/product/19770916-ayler-sapporo

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » lun. 28 sept. 2020 20:05

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"Lost Lake" 1er disque du Duo Endless
Composé d'un saxophoniste et d'un pianiste le groupe propose un jazz très onirique..parfait pour se laisser doucement glisser dans le pays des songes

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Message par vox populi » lun. 28 sept. 2020 20:21

Abrazo de Peirani et Parisien

Ces deux là je les adore sur scène. Lorsqu'ils passent en tête d'affiche ou en side project dans mon coin je ne les manque jamais.
Sur scène c'est vraiment merveilleux et ils représentent parfaitement le renouveau du jazz Francais depuis quelques années
Sur disque..Ben je me fais chier
Déjà en 2014 ils avaient enregistré un album en hommage aux jazz des années 20, un disque auquel je n'ai pas du tout accorché.
Là ils passent sur le tango, qui déjà à la base m'emmerde complètement ..
Dommage, mais s'ils passent sur scène près de chez vous foncez!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » lun. 28 sept. 2020 21:02

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JE replonge dans ce disque doux/dingue à travers lequel j'ai découvert Parisien et Peirani qui ont beaucoup apporté à Humair (et inversement )
Incroyable de voir comment ce bonhomme qui avait alors déjà largement passé l'âge légal de la retraite tient la dragée haute à la nouvelle scène qui était sur le point d'exploser

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 29 sept. 2020 03:29

vox populi a écrit :
lun. 28 sept. 2020 20:21
Abrazo de Peirani et Parisien

Ces deux là je les adore sur scène. Lorsqu'ils passent en tête d'affiche ou en side project dans mon coin je ne les manque jamais.
Sur scène c'est vraiment merveilleux et ils représentent parfaitement le renouveau du jazz Francais depuis quelques années
Sur disque..Ben je me fais chier
Déjà en 2014 ils avaient enregistré un album en hommage aux jazz des années 20, un disque auquel je n'ai pas du tout accorché.
Là ils passent sur le tango, qui déjà à la base m'emmerde complètement ..
Dommage, mais s'ils passent sur scène près de chez vous foncez!

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Je réagis sur ce poste car je suis d'un avis contraire, bien que je respecte ton goût. L'album auquel tu fais référence, "Belle Epoque", n'est pas un album rétro, bien qu'ils reprennent deux titres de Bechet, traités de façon moderne. Il est sûr qu'en direct, lors d'un concert, la perception de la musique d'un groupe est forcément plus chaude et flatteuse, surtout avec de tels musiciens, tout simplement exceptionnels. le Cd pourtant n'est pas froid, bien que la musique soit précise et millimétrée, tout en laissant la place à l'improvisation et à l'émotion.
Pour celui qui vient de sortir, j'ai laissé mon avis page 50, et il est contraire au tien. Il y a des extraits qui peuvent permettre à chacun de se faire une idée, dans un sens et pourquoi pas dans un autre.
A titre personnel je trouve dommage de passer à côté d'un genre, il suffit parfois de peu pour rentrer "dedans" et commencer à apprécier.
Tout comme toi, je dirais également: "S'ils passent sur scène près de chez vous foncez!"

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 29 sept. 2020 03:35

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Pour cet album il faut avant tout citer Jean-Marc Foussat, déjà parce qu’il occupe en solo le premier Cd et aussi parce qu’il est le pivot autour duquel s’articule le second Cd, où il est rejoint par Daunik Lazro et Evan Parker. On a déjà parlé un peu de Jean-Marc Foussat, pour son label Fou Records qui publia « Enfances » avec Daunik Lazro Joëlle Léandre et George Lewis, mais aussi pour son album, « l’homme approximatif » avec Moss et Pauvros.

Pour ma part j’ai déjà écouté plusieurs albums où Jean-Marc Foussat est leader, co-leader ou participe et il n’est plus pour moi un second couteau depuis longtemps, même s’il reste toujours modeste.

Sur ce premier Cd, où il officie seul avec son Synthi AKS et sa voix, c’est l’occasion de prendre sa mesure en tant que musicien. La pièce est assez courte, trente et une minutes et trente cinq secondes pendant lesquelles on perçoit, non seulement l’extraordinaire maîtrise instrumentale, mais aussi l’immense créateur d’une fresque sonore qui pourrait être la bande-son d’un film imaginaire, qui se livre en plusieurs étapes. Ici tout est fluide et s’organise autour d’une progression très maîtrisée, organisée avec un feeling hors pair. Ce pourrait être l’album parfait pour faire connaissance…
Toujours invité de l’Oto Cafe de Londres, ce vingt-deux janvier de cette année, Foussat est rejoint par l’immense Evan Parker au soprano et Daunik Lazro au ténor et au baryton. Curiosité : ce dernier se nommera « Daulaz » concernant ses autres fonctions sur le livret. Le trio improvise autour d’une composition appelée « Présent Manifeste ».

La musique évolue curieusement, presque anodine au départ et devient très intense autour de la vingtième minute où nous sommes plongés dans un univers d’une extrême tension, assez cataclysmique, une atmosphère de plaintes, de prières, et de fin du monde, le tocsin sonne et nous plonge dans une transe post-apocalyptique, des bruitages évoquant différents engins de locomotion traversent la scène où nous sommes plongés. La musique est extraordinairement suggestive et très réaliste, véhiculer une telle charge évocatrice nécessite une maîtrise superlative de la part des musiciens. Le trio est tout simplement magnifique, un grand disque !

Bien entendu la qualité Cd est nettement supérieur au rendu de youtube... qui garde cependant l'avantage du visuel !
Jean Marc Foussat | Daunik Lazro | Evan Parker @ Cafe OTO, Dalston, London 22-01-2020


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » mar. 29 sept. 2020 06:01

Douglas a écrit :
mar. 29 sept. 2020 03:29
vox populi a écrit :
lun. 28 sept. 2020 20:21
Abrazo de Peirani et Parisien

Ces deux là je les adore sur scène. Lorsqu'ils passent en tête d'affiche ou en side project dans mon coin je ne les manque jamais.
Sur scène c'est vraiment merveilleux et ils représentent parfaitement le renouveau du jazz Francais depuis quelques années
Sur disque..Ben je me fais chier
Déjà en 2014 ils avaient enregistré un album en hommage aux jazz des années 20, un disque auquel je n'ai pas du tout accorché.
Là ils passent sur le tango, qui déjà à la base m'emmerde complètement ..
Dommage, mais s'ils passent sur scène près de chez vous foncez!

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Je réagis sur ce poste car je suis d'un avis contraire, bien que je respecte ton goût. L'album auquel tu fais référence, "Belle Epoque", n'est pas un album rétro, bien qu'ils reprennent deux titres de Bechet, traités de façon moderne. Il est sûr qu'en direct, lors d'un concert, la perception de la musique d'un groupe est forcément plus chaude et flatteuse, surtout avec de tels musiciens, tout simplement exceptionnels. le Cd pourtant n'est pas froid, bien que la musique soit précise et millimétrée, tout en laissant la place à l'improvisation et à l'émotion.
Pour celui qui vient de sortir, j'ai laissé mon avis page 50, et il est contraire au tien. Il y a des extraits qui peuvent permettre à chacun de se faire une idée, dans un sens et pourquoi pas dans un autre.
A titre personnel je trouve dommage de passer à côté d'un genre, il suffit parfois de peu pour rentrer "dedans" et commencer à apprécier.
Tout comme toi, je dirais également: "S'ils passent sur scène près de chez vous foncez!"
J'aurai vraiment aimé être de ton avis (et de celui de presque tout le monde car cet album a de très bonnes critiques)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » mar. 29 sept. 2020 19:59

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Geraldine Laurent dans un style très Bop
c'est une saxophoniste au grand talent, même si parfois je trouve qu'elle manque un poil de souffle par rapport aux très grands du genre.
Quoi qu'il en soit j'aime beaucoup cet album et aussi grâce à la présence du pianiste Paul Lay qui est vraiment trop peu connu mais qui éclabousse ce disque par son talent

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 30 sept. 2020 05:05

vox populi a écrit :
mar. 29 sept. 2020 19:59
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Geraldine Laurent dans un style très Bop
c'est une saxophoniste au grand talent, même si parfois je trouve qu'elle manque un poil de souffle par rapport aux très grands du genre.
Quoi qu'il en soit j'aime beaucoup cet album et aussi grâce à la présence du pianiste Paul Lay qui est vraiment trop peu connu mais qui éclabousse ce disque par son talent
Je plussois, j'en avais également dit le plus grand bien à sa sortie, une piqûre de rappel nécessaire...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 30 sept. 2020 05:13

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C’est pas que du jazz, non, non ; pas que du rock non plus et pas du jazz-rock, ce serait trop facile, mais c’est un peu tout ça mélangé avec une note de blues, d’expérimental et même de poésie ; un hybride ficelé bizarrement, avec des chansons et des airs de fin des mondes, une association de genres qu’on oppose et qui se nient, mais qui, rassemblés ici, font sens « A tort et au travers ».
C’est Jean-François Pauvros qui fait ici son retour sur le label nato accompagné par Antonin Rayon avec ses claviers et son synthé et Mark Kerr, à la batterie, aux percussions et à la flûte également.

L’album est beau, avec un chouette livret qui accompagne. Un trio de choc donc, qui vogue à vue, sans boussole, qui trace sa route et nous emmène au large, guidé par le vieux matelot dégingandé Pauvros, le nez qui sent le vent, le dos rond courbé vers sa gratte qui fend la vague et nous emmène…

Ça commence par une chanson tendance rock, « Zigomar », où on se déchaîne dans le noir… Ensuite on part à toute allure pour un voyage instrumental qui décoiffe sévère, puis se calme soudain, devient même mélodique et se métamorphose au fil des chapitres. « Les ponts » poème de Rimbaud extrait des « illuminations » mis en musique et dit par Pauvros, avec sa voix caverneuse, nous surprend et nous happe.

C’est pas free, c’est pas rock, mais ça dépasse de partout, un album vraiment superbe à ne pas négliger !

Par contre, pas d'extrait...
:-|

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » mer. 30 sept. 2020 16:54

L’achat de ce disque est prévu. Vais devoir le commander. Risque pas de le trouver par chez moi.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » mer. 30 sept. 2020 21:23

vox populi a écrit :
mar. 29 sept. 2020 06:01
Douglas a écrit :
mar. 29 sept. 2020 03:29
vox populi a écrit :
lun. 28 sept. 2020 20:21
Abrazo de Peirani et Parisien

Ces deux là je les adore sur scène. Lorsqu'ils passent en tête d'affiche ou en side project dans mon coin je ne les manque jamais.
Sur scène c'est vraiment merveilleux et ils représentent parfaitement le renouveau du jazz Francais depuis quelques années
Sur disque..Ben je me fais chier
Déjà en 2014 ils avaient enregistré un album en hommage aux jazz des années 20, un disque auquel je n'ai pas du tout accorché.
Là ils passent sur le tango, qui déjà à la base m'emmerde complètement ..
Dommage, mais s'ils passent sur scène près de chez vous foncez!

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Je réagis sur ce poste car je suis d'un avis contraire, bien que je respecte ton goût. L'album auquel tu fais référence, "Belle Epoque", n'est pas un album rétro, bien qu'ils reprennent deux titres de Bechet, traités de façon moderne. Il est sûr qu'en direct, lors d'un concert, la perception de la musique d'un groupe est forcément plus chaude et flatteuse, surtout avec de tels musiciens, tout simplement exceptionnels. le Cd pourtant n'est pas froid, bien que la musique soit précise et millimétrée, tout en laissant la place à l'improvisation et à l'émotion.
Pour celui qui vient de sortir, j'ai laissé mon avis page 50, et il est contraire au tien. Il y a des extraits qui peuvent permettre à chacun de se faire une idée, dans un sens et pourquoi pas dans un autre.
A titre personnel je trouve dommage de passer à côté d'un genre, il suffit parfois de peu pour rentrer "dedans" et commencer à apprécier.
Tout comme toi, je dirais également: "S'ils passent sur scène près de chez vous foncez!"
J'aurai vraiment aimé être de ton avis (et de celui de presque tout le monde car cet album a de très bonnes critiques)
C'est pas pour dire mais je commence à grave changer d'avis sur ce disque

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 1 oct. 2020 04:06

Harvest a écrit :
mer. 30 sept. 2020 16:54
L’achat de ce disque est prévu. Vais devoir le commander. Risque pas de le trouver par chez moi.
Je te souhaite une bonne écoute, c'est vraiment un très bon cru !
vox populi a écrit :
mer. 30 sept. 2020 21:23

C'est pas pour dire mais je commence à grave changer d'avis sur ce disque
Parfois il faut peu pour "rentrer dans une œuvre", moi-même, hier j'ai écrit un billet avec une petite réserve concernant le dernier album de Pacéo, mais c'est surtout que l'attente est grande après Circles et Yôkai, peut-être que je vais m'en mordre les doigts après quelques ré-écoutes...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 1 oct. 2020 04:14

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La première caractéristique de « Samâ » le dernier album d’Anne Pacéo est sa brièveté, d’une durée qui nous plonge dans les années anciennes, un peu plus de vingt-huit minutes, c’est peu, mais la masse ne fait pas la grâce et la durée l’intensité…

La similitude de la pochette avec « Bright Shadows », son précédent album, n’est pas la seule, Anne cultive la fidélité musicale et on retrouve ses partenaires de l’album de 2018. On retrouve également deux des cinq compositions proposées ici.

La face B est composée par deux reprises live de l’album précédent, « Tomorrow » et « The Shell », captés en concert à la Philharmonie de Paris en juin 2019, avant les événements. Ces deux reprises sont, pour moi, le meilleur de cet album, improvisations et chaleur rassemblés. Pour être juste il faudrait ajouter le dernier titre de la face studio, « Le cri » qui ne démérite pas, avec l’excellent Christophe Panzani qui dépote.

Les voix ont un rôle important dans la musique d’Anne Pacéo, depuis le magnifique « Circles » avec Leïla Martial, j’attends de retrouver cette flamme qui emporte et soulève, mais là je reste un peu à côté, ou bien est-ce moi qui avale trop rapidement les albums sans avoir le temps de le digérer ? Déjà le précédent marquait une petite déception, mais je ne me résous pas à restreindre sa discographie aux trois premiers albums, j’en suis sûr, l’inspiration reviendra…

Tomorrow (Live at Cité de la Musique - Philharmonie de Paris, 15/06/2019)


Le cri


The Shell (Live at Cité de la Musique - Philharmonie de Paris, 15/06/2019)


Anne Paceo - Samâ (Le Grigri Premiere)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 2 oct. 2020 03:30

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Il m’arrive parfois de tricher un peu, et si un disque que j’aime bien ne respire pas jazz, enfin pas essentiellement, car tout est dans tout (admirez la galipette), j’y vais quand même et, ainsi, je maintiens mon rythme. On pourrait penser récemment à Virginie Despentes (p.51) ou à Innocent X (p.49) où se trouvait le titre « trois fois barbare » avec le poème de Tristan Corbières.

Quand je le peux j’aime approfondir. Et c’est avec l’album d’Emmanuel Tugny que l’occasion m’a été donnée, sept poèmes de « Triste en corps bière » (1845-1875) mis en musique sur l’album « Armor » et présentés également sur un très utile livret d’accompagnement. Le choix artistique s’impose avec une grande simplicité, une récitante, Chloé Lavalou, la voix posée vers l’avant, chaude, amie, captivante et presque neutre. Elle est au service des mots, les dit, les rythmes, respecte la césure et le vers, elle nous parle au creux de l’oreille…

Il se trouve qu’Emmanuel Tugny était en Egypte, au Caire, à l’heure où le projet a pris forme. Plutôt que de s’enferrer dans la musique Bretonne et de mettre en avant la racine, il a choisi, avec l’audace du poète, d’orientaliser les couleurs, d’épicer les ambiances. Il ressemble à ses metteurs en scène qui font traverser les époques aux opéras, en les actualisant.

Ainsi les mots de Corbières gardent la grammaire de l’époque, la dureté crue, l’âpreté et leur saveur rêche, tandis que la guitare de Tugny se tord, hurle et geint et que la voix de Moustafa Ibrahim chante à l’arrière, le blues du désert…

A Roscoff où il habitait, Corbière était surnommé l’Ankou, il portait un air de mort, cette maigreur osseuse sans doute, il était malade et sa vie était souffrance et, parfois même, un supplice, elle sera courte, le temps d’écrire cent un poèmes réunis dans le recueil « Amours jaunes ».

Le Cd d’Emmanuel Tugny semble perdu dans le désert, zéro vente sur Discogs où il est répertorié, et il est vendu, état neuf, moins de cinq pesos chez bezos, soit le prix d’un pack de bières, alors… Par contre, ce qui est vraiment extraordinaire, c’est de trouver un extrait sur le tube, la pièce la plus longue de l’album, dommage qu’il n’y ait pas le texte pour accompagner…

LA RAPSODE FORAINE / LE PARDON DE ST ANNE


Edit: J'amende un peu la fin du texte car les exemplaires présents chez "bezos" semblent vendus depuis ce matin... Bonne écoute et grand plaisir aux heureux acquéreurs!

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 3 oct. 2020 05:17

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Retour vers le label de Jimmy Gray, « Black Fire » fondé au milieu des années soixante-dix et surtout à son groupe vedette « Oneness of Juju » dont le premier album « African Rhythms » sorti en 75 a été réédité récemment sous la forme d’un double LP par « Strut ». Le label anglais à fait du bon travail en récupérant les masters et en proposant un inédit « Afrobeat », un titre sympa resté en carafe, ce sont des choses qui arrivent.

Lors de la présentation de la compile je vous avais déjà présenté un extrait du titre vedette, enregistré « Live in Washington DC », à l’occasion de cette réédition de 2018, une seconde version est également proposée : « African Rhythms » en deux parties, issus de la première édition sous la forme d’un 45 tours avec ses deux faces. Le premier titre en lecture ici:



Les rythmes africains et afro-cubains sont le noyau autour duquel la musique du groupe va évoluer en intégrant et en mélangeant deux ingrédients essentiels de la musique noire américaine, le funk et le R&B.

L’autre titre qui cassera la baraque « Don’t Give Up » est le témoignage parfait de cette fusion réussie. Les notes de pochette contiennent une interview de James "Plunky" Branch, le leader de la formation qui raconte la lente émergence du titre « African Rhythms » passant au fil du temps d’une reconnaissance locale, à un destin international.

Le Juju dans la culture ouest africaine représente le grisgris, le talisman et plus largement la magie. Je pense que beaucoup, comme moi, penseront, à l’énoncé du nom du groupe, à un autre « Juju », celui de King Sunny Adé And His African Beats, avec l’album « Juju Music », tout aussi exceptionnel, mais provenant cette fois-ci du Nigéria…
Ah ! Oui, un lien vers bandcamp est joint !

Don't Give Up


Mashariki


Oneness of Juju - Poo Too


Oneness Of Juju - Incognito

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 4 oct. 2020 03:14

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S’il fallait parler de « famille » à propos de Nouduzo Makhathini, on pourrait en trouver plusieurs. Tout d’abord la prestigieuse famille Blue Note, puis que son album sort sous l’aura du vénérable label. Il faudrait ajouter la famille Sud-Africaine et surtout Dollar Brand, car lui aussi est pianiste, en creusant encore un peu on verrait apparaître également la famille de Shabaka and The Ancestors, puisqu’il joua sur le premier album de la formation, il n’est d’ailleurs pas anodin que Shabaka écrive une petite bafouille sur le livret qui accompagne le Cd.

Mais ce n’est pas tout, pour être complet il faudrait parler de sa famille proche, puisque sa propre sœur, Linda Sikhakhane, participe à l’album en jouant avec un très grand talent du saxophone ténor. A ce sujet il faut noter la regrettable coquille sur le livret qui écrit « tenor sex » à la place de « ténor sax » au-dessus de la photo de la musicienne.

C’est sûr, l’heure de Nduduzo Makhathini est arrivée, on le chronique ici ou là, on le passe dans les radios, il a le vent en poupe, c’est l’artiste à la mode. Quand on parle de lui on évoque Kamasi Washington, ou Shabaka, Abdullah Ibrahim et même Wayne Shorter et bien sûr Pharoah, car il croque lui aussi de la « Spiritual Music » !

Finalement rien de surprenant car il tient également du Griot, c’est un visionnaire et un guérisseur aussi, il sait parler aux esprits, mais il est également chef de village, c’est un homme important. Personnellement, je suis intimement convaincu concernant la force de ses pouvoirs, la preuve, sa musique guérit, et toc !

L’album est long et dépasse largement les soixante-dix minutes, les musiciens sont tous excellents et le jeu de piano de Nouduzo fait penser au grand McCoy avec une main gauche ferme, les codes « anciens » ne sont pas loin et on entend des réminiscences de qui vous devinez. Il y a également des chants, c’est beau, ça respire l’Afrique avec tous ces rythmes fous, les solos de sax, épatants, je l’ai déjà mentionné, mais aussi ceux de Ndabo Zulu à la trompette qui sont merveilleux…

Un album qui va compter…

Beneath The Earth


Isithunywa


Shine


Unyazi
Modifié en dernier par Douglas le dim. 4 oct. 2020 06:27, modifié 1 fois.

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