J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 16 oct. 2020 05:48

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Une anecdote: hier j'écoutais l'album dans la voiture, un pouce levé, je m'arrête, quand je suis seul je m'arrête toujours, c'est un impôt que je dois à ma jeunesse, le gars s'assoit à côté de moi, grand, chemise paramilitaire, mais faut pas se fier aux apparences, je lui dis "j'vous dépose où?" lui "au prochain rond-point", l'album tournait "c'est à cause de la pluie qui arrive". Je m'apprête à baisser le volume, lui "Qui est-ce qui joue?" Je lui tends la pochette, il la photographie avec son portable ..."C'est du jazz? de la musique contemporaine?" Je lui dis "Oui, plutôt jazz, mais sans l'assise rythmique habituelle, juste le piano"...
Il a été "pris"!


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L’album n’est pas récent puisqu’il est paru en 2012, il n’y a pas d’actualité particulière non plus, mais au rayon des duos saxo/piano, il vaut vraiment le détour. Il est sorti sur ACT, le label allemand qui cartonne bien à la poursuite d’ECM, et met en lumière le jeune pianiste Michael Wollny qui collaborera un peu plus tard, assez souvent, avec notre duo français Emile Parisien et Vincent Peirani, tous de la même génération.

Pour l’heure il est en duo avec un vétéran, le saxophoniste ténor Heinz Sauer né en 1932. Je ne possède par ailleurs qu’un seul autre enregistrement de lui, l’excellent « Frankfurt Workshop '78 : Tenor Saxes » en co-lead avec Archie Shepp et George Adams sur Circle records, en tant que sideman il participe également à deux disques du Globe Unity que j’ai également plaisir à programmer. Je suis convaincu en écoutant cet album, où il frôle les quatre-vingts ans de quelques mois, qu’il mérite une grande attention.

Déjà, « le vieux », il le sait, est arrivé au bout d’un long parcours, comme d’autre légendes du jazz il s’est départi des artifices, du superflu, de ce qui fatigue le corps et son poumon sans plus-value, il se concentre sur l’essentiel, ce qui vient de loin, de l’intérieur, du fond de l’âme… Tout ce qui sort, qui vibre et suinte, le raclement de fond de gorge, le feulement, le mi-cri, le truc qui sonne étrange et vous sort la larme, toute cette émotion qui surgit…

Il retrouve l’émerveillement de l’enfance en jouant « Nothing Compares 2U », une telle force évocatrice n’appartient qu’à certains élus. Il fait renaître Billie dans une interprétation à fleur de peau de « Don’t Explain », lui redonne corps et vie, il franchit les barrières entre les mondes, le temps d’une apparition !

C’est sûr, il a roulé sa bosse « le vieux », et il est encore capable de longues cavalcades, mais parfois peu suffit, le bout d’un souffle court et répété cela suffit, un soupir qui mange les notes ça suffit aussi, des mi-phrases, trois notes qui montent, l’étonnement qui surgit, le vent qui franchit la fenêtre, un sourire, ça suffit. Comme sur « There Again » de Michael Wollny.

C’est leur quatrième album commun sous la forme du duo à ces deux-là, le jeune qui soutient le vieux, et le vieux qui lui montre le chemin. Beaucoup d’écoute et de tendresse ici, ça transpire, c’est une association qui marche bien, c’est enregistré au Stadtkirche Darmstadt, peut-être dans une église, les gens qui sont là et qui applaudissent à la fin des morceaux sont heureux, ça s’entend.

L'album d'une vie?

Nothing Compares 2 U (Live)


Don't Explain (Live)


There Again (Live)


Space Cake (Live)


All Blues (Live)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 17 oct. 2020 03:14

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Howard Riley est un pianiste anglais qui a bénéficié d’une formation classique puis qui s’est orienté vers le jazz, il a beaucoup enregistré mais ne bénéficie pas d’une très grande notoriété, bien qu’il soit très connu dans son pays. J’ai déjà parlé d’un petit coffret le concernant page six, des enregistrements au long cours qui m’ont énormément plu.

Ici l’exercice est différent, il l’écrit à l’intérieur du livret dans une courte déclaration où il explique qu’en concert il aime partir de rien et improviser, mais que parfois il joue des pièces du répertoire jazz et parfois fait les deux. Ici le titre clarifie tout ça.

Mais, en fait, là n’est pas le problème en réalité, Howard aborde la cinquantaine, en 2013, avec ce qui représente le pire cauchemar pour un pianiste, il n’arrive plus à jouer à cause de la maladie de Parkinson. La médecine fera beaucoup pour lui, il n’est que d’écouter cette merveille d’album pour s’en convaincre, le premier qu’il enregistre après son drame. Faire appel au « répertoire » semble raisonnable et circonscrit la concentration sur des efforts d’une durée limitée.

Il joue quatre de ses propres compositions, trois standards dont « Body and soul » et surtout cinq morceaux signés Thélonious Monk qui le plongent certainement dans son passé, dans les moments où il travaillait sur son clavier pour percer et analyser la démarche du moine. C’est vraiment du grand art et une leçon de piano qu’il nous donne, l’impression étrange d’entrer dans la tête de Monk et de faire du Monk à partir des compositions de Monk ! Du Monk au carré, en quelques sorte. Bon, il est certain que tout a été analysé, disséqué et standardisé depuis, des grands musiciens comme Steve Lacy sont passés, mais il n’en reste pas moins que ce qu’on entend ici est très surprenant, particulièrement sur « Round’ Midnight » dont on pensait connaître tous les secrets.


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 18 oct. 2020 03:40

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Suite à un trop court passage télé du groupe Lounge Lizards, je me suis réécouté ce « Live in Berlin Vol.1 » capté en mars 91. Curieusement le concert est sorti en deux volumes séparés, pour l’heure je n’ai que la première partie, c’est comme ça ! Il y a aussi une embrouille sur le titre des deux albums, 1 & 2 pouvant tout aussi bien correspondre à 2 & 1, il faut donc regarder le nom des morceaux enregistrés sur le support pour ne pas se tromper...

Un petit mot sur les « petites boîtes » dans lesquelles on aime mettre les groupes où les artistes, pour mieux les vendre sans doute… A l’écoute il apparaît évident de cataloguer le groupe en « jazz » bien qu’à une époque, celle des débuts, la case « no wave » aurait pu convenir, et tous ces passages rythmés pourraient faire penser à de la « world music » ce qui, à l’occasion, pourrait convenir également, ou même l'étiquette « avant-garde » ferait également l'affaire de temps en temps…

Lounge Lizards c’est un peu tout ça et c’est ce qu’on aime, on pourrait le rattacher au rock également par la personnalité de son leader charismatique « John Lurie » qui compose et joue du sax alto et soprano. Sur scène c’est lui la vedette avec son look endimanché et son air de gigolo branché, celui qui capte la lumière et balance des solos de feu comme sur « not a rondo ».

Pour équilibrer la balance en écoutant le reste du groupe on peut compter sur le percussionniste Billy Martin et le batteur G. Calvin Weston qui groovent avec assurance et s’offrent des solos qui chauffent et réchauffent, ou bien sur la guitare de Michele Navazio qui parfois s'enflamme!

Il y a quelques grands moments et c’est très frustrant de raccrocher après le premier Cd (il existe aussi en vinyle), c’est promis je vais essayer de me procurer la suite…

No Pain for Cakes


John Lurie & The Lounge Lizards,Live in Berlin 1/10


John Lurie & The Lounge Lizards, Live in Berlin 3/10


John Lurie & The Lounge Lizards,Live in Berlin 4/10

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » dim. 18 oct. 2020 16:33

Je poursuis ma découverte de Miles avec un de ses orchestre les plus fulgurant :

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Les deux premiers titres démarrent le bal tout en douceur , les note de Hancock sont claires comme la rosé du matin.
Puis la batterie chorus furieusement , initiant un dérèglement totale des cadences et des repères jazzistiques. Bref un grand disque.

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Des délires free capturés dans un carcan bop ... Je ne trouve pas de meilleurs définitions de cette musique.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par DaFrog » dim. 18 oct. 2020 17:44

Deux très bons albums mais je ne vois pas bien où sont les délires free de Miles Smiles qui est du bon post bop/ modal avec ce terrible quintet dont les membres sont bien loin du free de l’époque
Dynamiteur d’aqueducs :modo:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 18 oct. 2020 21:33

Beaucoup de grands albums chez miles, perso j'aime beaucoup sa période électrique avec ce "water babies" par exemple, mais les années 80 marqueront tout de même une baisse de régime...
Modifié en dernier par Douglas le lun. 19 oct. 2020 13:01, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 19 oct. 2020 03:37

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Voici un album paru en 2019 sur le label lithuanien « NoBusiness Records » enregistré en public le 26 mars 1997 au Aka-Renga de Yamaguchi. Il met en scène deux musiciens extraordinaires, Masahiko Satoh au piano et Sabu Toyozumi à la batterie, le titre de l’album se nomme « The Aiki ».

A ce stade il faut remarquer que deux versions existent sur deux supports différents, vinyle et Cd. Elles sont dissemblables dans le contenu, le Cd comporte deux compositions, « The Move For The Quiet » d’une durée de 37:21 et le titre miroir « The Quiet For The Move » qui dure 19:50, c’est la version que je possède. Le vinyle comporte trois compositions, les deux présentes sur le Cd ainsi que le titre « The Aiki », il est limité à trois cents exemplaires, j’ai toutefois un doute sur l’intégralité de la première pièce, le vinyle semblant simple, ce ne serait pas la première fois que le label présenterait un extrait seulement de l’œuvre et on connait les limites du support, à vérifier donc, d'autant que sur ce label les doubles sont souvent d’un prix nettement supérieur.

« The Aïki » est le nom du sport de combat l’aïkido dont le principe consiste à renvoyer vers son agresseur sa force et son agressivité. Ce sont les règles posées que l’on peut entendre dans ce duo, le pianiste Masahiko Satoh plutôt dans le rôle de « l’agresseur » et Sabu Toyozumi dans celui qui renvoie, bien entendu c’est plus à une danse qu’à un combat auquel nous sommes conviés, encore que ce raccourci soit un peu simple pour exprimer l’extraordinaire architecture sonore qui s’édifie ici.

Ces deux virtuoses sont des figures historiques du jazz nippon, ainsi, le percussionniste Sabu Toyozumi joue-t-il depuis le début des années soixante, c’est une figure incontournable du jazz japonais mais également international, il fut ainsi le premier membre non américain de l’AACM de Chicago ! Il a également collaboré avec deux autres musiciens que j’ai souvent évoqués, Masayuki Takayanagi et Kaoru Abe. Le pianiste Masahiko Satoh est également légendaire et désormais à la tête d’une discographie très considérable.

L’écoute de cet album entièrement improvisé et spontané est une véritable fête, un enchantement où brillance et créativité étonnent et ravissent…


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Ben-J » lun. 19 oct. 2020 08:57

DaFrog a écrit :
dim. 18 oct. 2020 17:44
Deux très bons albums mais je ne vois pas bien où sont les délires free de Miles Smiles qui est du bon post bop/ modal avec ce terrible quintet dont les membres sont bien loin du free de l’époque
Le côté plus "libre" des improvisation m' y fait un peut penser. Miles smiles me donne l'impression qu il a capturé la folie du live at plugged Chicago dans un carcan bop.

Waters babies fait le lien entre ce "bop libre" et la période électrique qui pointe son nez sur la seconde face.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 19 oct. 2020 09:24

Ben-J a écrit :
lun. 19 oct. 2020 08:57
DaFrog a écrit :
dim. 18 oct. 2020 17:44
Deux très bons albums mais je ne vois pas bien où sont les délires free de Miles Smiles qui est du bon post bop/ modal avec ce terrible quintet dont les membres sont bien loin du free de l’époque
Le côté plus "libre" des improvisation m' y fait un peut penser. Miles smiles me donne l'impression qu il a capturé la folie du live at plugged Chicago dans un carcan bop.

Waters babies fait le lien entre ce "bop libre" et la période électrique qui pointe son nez sur la seconde face.
Le quintet composé par Herbie Hancock, Ron carter, Tony Williams et le dernier arrivé, Wayne Shorter en 1964, sera appelé le quintet "de rêve" tellement il arrive à la perfection, il semble impossible d'aller plus loin dans cette voie, on pourrait presque dire que ça déstabilisait Miles, une telle osmose... Tous les albums de cette période sont extraordinaires, mais Miles saura se renouveler et viendra "In a Silent Way" !

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 20 oct. 2020 05:00

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Retour vers « Black Jazz records » et une vague de rééditions qui semble s’amorcer grâce au label « Real Gone Music ». Voici le premier de la série « Spirit Of The New Land », il concerne un album de Doug et Jean Carn, lui gère tout ce qui est claviers et son épouse chante. Il est à noter que les prix des originaux montent et deviennent prohibitifs pour qui ne se les est pas procurés suffisamment tôt. Hélas même la réédition est assez onéreuse sur le marché français, l’album est simple, avec un insert et une sous pochette de qualité.…

Je vous avais parlé des albums « Infant Eyes » et « Revelation » en page 22, voici celui qui se glisse entre les deux, le très bon « Spirit of The New Land » originellement sorti en 1972. Les musiciens qui officient sont de très grande qualité, je pense à Charles Tolliver, fondateur du label indépendant « Strata East » qui joue du bugle, au batteur Al Mouzon qui ne tardera pas à se faire un nom, à Earl McIntyre au tuba que l’on retrouvera sur une myriade d’enregistrements, à Garnett Brown au trombone et à George Harper aux divers saxophones, clarinette et flûte.

Sans crainte on peut parler de spiritual music ici, mais par le biais d’un mélange de jazz et de soul, ça groove tout du long, on y trouve également des références au « Black Power » encore en vogue à l’époque, c’est donc une musique engagée, dans la lignée de Trane qui influence grandement. Cet album est probablement le meilleur des trois que je possède de Doug Carn.

Doug Carn - Search For The New Land


My Spirit


Arise and Shine


Jazz Fusion - Doug Carn - New Moon

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 21 oct. 2020 07:06

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Il existe deux couvertures, l'une marron et l'autre bleue, celle du Cd est très différente.
whereisbrian a écrit :
dim. 18 oct. 2020 07:55
Pharoah Sanders, Pharoah, 1977
Et cette merveille de titre, Harvest Time, juste après l'image, groove et spiritualité !
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Je saisis l’opportunité qui m’est donnée pour dire deux petits mots de cet album très particulier dans la discographie de Pharoah Sanders. J’ai déjà évoqué sa grande rareté, elle s’explique assez facilement, Pharoah était en errance de label et une opportunité lui est proposée par "India Navigation Company", un label underground basé à New York, il signe. Faute de moyens le tirage est relativement confidentiel alors que la renommée de Pharoah ne cesse de grandir, la distorsion engendrée par ce grand écart explique les prix. Les seules rééditions vinyles qui se trouvent sur le marché sont pirates, imitant tant bien que mal l’original. Il y a fort à parier que les « masters » n’ont pas été utilisés.

Par contre, comme le dit fort bien whereisbrian « Harvest Time » qui occupe à lui seul la première face est une « merveille de titre [plein de] groove et [de] spiritualité ». Il se distingue du reste de la discographie de Pharoah par une économie de moyen et une certaine sobriété. Il est accompagné par le guitariste Munoz avec lequel il joue en duo pendant l’introduction, le bassiste Steve Neil et, vers la fin du titre, par Lawrence Killian aux percussions et Bedria Sanders à l’harmonium.

Le titre est très zen, ici pas de luxuriance au niveau des percussions ni d’exubérance d’aucune sorte, cette sobriété ne signifie pas une économie d’investissement de la part de Pharoah qui joue quasiment tout du long, en laissant un peu de place aux impros de ses partenaires tout de même, sans jamais risquer le cri dont il est habituellement un grand amateur. Le bassiste Steve Neil est le grand interlocuteur de Pharoah sur cette pièce, le son de la basse est primordial ici, lancinant, répétitif, plein de calme et de sérénité. Pharoah se repose sur ce groove délicat pour dérouler un solo passionnant où même la respiration s’entend, la prise de son est délicate, quel contraste avec la face deux beaucoup plus négligée !

Après l’extraordinaire réussite de la première face, la seconde passe (un peu) à côté. La formation se modifie avec l’arrivée de Jiggs Chase à l’orgue et de Greg Bandy à la batterie qui remplacent leurs homologues. "Love Will Find A Way" est très enlevé avec Pharoah au chant et aux percussions, on retrouve le sens de la joie et de la fête qui se manifeste souvent dans sa musique, festif et joyeux donc, mais la prise de son est lointaine pour la batterie et trop imparfaite, heureusement le solo de ténor est particulièrement réussi, ce qui équilibre l’impression d’ensemble, le solo de guitare de Munoz plaira aux amateurs de Carlos Santana qui retrouveront la couleur du maître guitariste.

Le dernier titre « Memories of Edith Johnson » en souvenir probablement de l’actrice de ce nom, est le plus court, cinq minutes, c’est sans doute également le moins mémorable, il prend la forme d’un spiritual, malheureusement la prise de son n’est pas à la hauteur.

On retiendra essentiellement cette première face éblouissante.

PHAROAH SANDERS - Harvest time
Modifié en dernier par Douglas le mer. 21 oct. 2020 09:49, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par whereisbrian » mer. 21 oct. 2020 09:07

Bien écrit. Le titre est magnifique, avec en contrepoint rythmique, presque du Sun Ra (je ne sais pas comment dire autrement).
J'espère qu'il sera un jour réédité, parce que d'occasion l'album est hors de prix.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Silence » mer. 21 oct. 2020 09:29

Je n'ai que tout récemment découvert la musique de Pharoah Sanders. Et suis tout à fait tombé sous le charme.

Découvert un peu par hasard lors de la sortie d'un disque sur le label de Jonathan Fitoussi, qui lui même œuvre dans un domaine tout à fait différent.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par The lad » mer. 21 oct. 2020 09:44

Douglas a écrit :
mer. 21 oct. 2020 07:06
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Il existe deux couvertures, l'une marron et l'autre bleue, celle du Cd est très différente.
whereisbrian a écrit :
dim. 18 oct. 2020 07:55
Pharoah Sanders, Pharoah, 1977
Et cette merveille de titre, Harvest Time, juste après l'image, groove et spiritualité !
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Je saisis l’opportunité qui m’est donné pour dire deux petits mots de cet album très particulier dans la discographie de Pharoah Sanders. J’ai déjà évoqué sa grande rareté, elle s’explique assez facilement, Pharoah était en errance de label et une opportunité lui est proposée par India Navigation Company », un label underground basé à New York, il signe, faute de moyens le tirage est relativement confidentiel alors que la renommée de Pharoah ne cesse de grandir, la distorsion engendrée explique les prix. Les seules rééditions vinyles sont pirates, imitant tant bien que mal l’original. Il y a fort à parier que les « masters » n’ont pas été utilisés.

Par contre, comme le dit fort bien whereisbrian « Harvest Time » qui occupe à lui seul la première face est une « merveille de titre [plein de] groove et spiritualité ». Il se distingue du reste de la discographie de Pharoah par une économie de moyen et une certaine sobriété. Il est accompagné par le guitariste Munoz avec lequel il joue en duo pendant l’introduction, le bassiste Steve Neil et, vers la fin du titre, par Lawrence Killian aux percussions et Bedria Sanders à l’harmonium.

Le titre est très zen, ici pas de luxuriance au niveau des percussions ni d’exubérance d’aucune sorte, cette sobriété ne signifie pas une économie d’investissement de la part de Pharoah qui joue quasiment tout du long, en laissant un peu de place aux impros de ses partenaires tout de même, sans jamais risquer le cri dont il est habituellement un grand amateur. Le bassiste Steve Neil est le grand interlocuteur de Pharoah sur cette pièce, le son de la basse est primordial ici, lancinant, répétitif, plein de calme et de sérénité. Pharoah se repose sur ce groove délicat pour dérouler un solo passionnant où même la respiration s’entend, la prise de son est délicate, quel contraste avec la face deux beaucoup plus négligée !

Après l’extraordinaire réussite de la première face, la seconde passe (un peu) à côté. La formation se modifie avec l’arrivée de Jiggs Chase à l’orgue et de Greg Bandy à la batterie qui remplacent leurs homologues. "Love Will Find A Way" est très enlevé avec Pharoah au chant et aux percussions, on retrouve le sens de la joie et de la fête qui se manifestent souvent dans sa musique, festif et joyeux donc, mais la prise de son est lointaine pour la batterie et trop imparfaite, heureusement le solo de ténor est particulièrement réussi, ce qui équilibre l’impression d’ensemble, le solo de guitare de Munoz plaira aux amateurs de Carlos Santana qui retrouveront la couleur du maître guitariste.

Le dernier titre « Memories of Edith Johnson » en souvenir probablement de l’actrice de ce nom, est le plus court, cinq minutes, c’est sans doute également le moins mémorable, il prend la forme d’un spiritual, malheureusement la prise de son n’est pas à la hauteur.

On retiendra essentiellement cette première face éblouissante.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » mer. 21 oct. 2020 16:31

Silence a écrit :
mer. 21 oct. 2020 09:29
Je n'ai que tout récemment découvert la musique de Pharoah Sanders. Et suis tout à fait tombé sous le charme.

Découvert un peu par hasard lors de la sortie d'un disque sur le label de Jonathan Fitoussi, qui lui même œuvre dans un domaine tout à fait différent.

Heureux hasard. Je l’ai écouté cet après-midi. Me le suis procuré chez mon disquaire il y quelques temps. Vraiment épatant.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Silence » mer. 21 oct. 2020 17:08

Je me suis dit que j'allais l'achter aussi, mais j'ai vu tout à l'heure qu'il était épuisé. D'ailleurs, tu as jeté un coup d'oeil aux sorties du label ? c'est plutôt sympa non ?
https://transversales.bandcamp.com/music
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 21 oct. 2020 17:28

whereisbrian a écrit :
mer. 21 oct. 2020 09:07
Bien écrit. Le titre est magnifique, avec en contrepoint rythmique, presque du Sun Ra (je ne sais pas comment dire autrement).
J'espère qu'il sera un jour réédité, parce que d'occasion l'album est hors de prix.
Ce serait souhaitable en effet, il y a bien eu une sortie en 2020, mais c'est à nouveau un pirate, concernant mon exemplaire (pirate US de 2008) il n'est pas parfait côté son, mais c'est inégal entre les deux faces, si bien qu'on pourrait penser que l'original lui-même est un peu juste, ce qui se pourrait vu le peu de moyen du label... Patience donc...
Silence a écrit :
mer. 21 oct. 2020 09:29
Je n'ai que tout récemment découvert la musique de Pharoah Sanders. Et suis tout à fait tombé sous le charme.

Découvert un peu par hasard lors de la sortie d'un disque sur le label de Jonathan Fitoussi, qui lui même œuvre dans un domaine tout à fait différent.

L'album est bien sympa en effet, mais pour qui s'en va à la découverte de Pharoah tous les Impulse sont, à mon avis, recommandables ...

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Silence » mer. 21 oct. 2020 17:32

C'est aussi pour ça que, dans la foulée j'ai acheté la compilation "Impulse - Spiritual Jazz Vol. XII" dont je parlais ici même il y a peu.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 21 oct. 2020 17:35

Silence a écrit :
mer. 21 oct. 2020 17:32
C'est aussi pour ça que, dans la foulée j'ai acheté la compilation "Impulse - Spiritual Jazz Vol. XII" dont je parlais ici même il y a peu.
J'ai vu ça, une compile de dingue !

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Silence » mer. 21 oct. 2020 18:29

J'ai toujours adoré les compilations, un excellent moyen de découvrir un domaine que l'on ne connait pas. J'ai écouté les Pebbles et Nuggets en boucle ! puis les compilations du Freak Emporium ... ça donne des envies de creuser, de découvrir, d'apprendre.
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