J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 15 juin 2020 03:33

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Un autre pianiste, français, jeune, qui en est à sa troisième sortie d’album avec cet hommage à Michel Petrucciani. Un musicien porté par les magazines de jazz français qui lui ont consacré pas mal de pages, il le mérite. Je vous avais parlé de son premier album « Gravity Zerø », qui était construit autour des claviers électroniques et des musiques sans doute plus actuelles.

Ici, on ne se sépare cependant pas d’une certaine modernité, à l’orgue ou au piano Laurent Coulondre relit les thèmes de Petrou avec une verve qu’il doit à son modèle. Depuis l’enfance il s’est toujours intéressé à la musique de Michel, pleine de vie et de joie. Accompagné par Jérémy Bruyère à la basse et André Ceccarelli à la batterie il nous offre une balade dans l’univers de ses souvenirs musicaux les plus précieux, ceux qu’il vénère et sert avec beaucoup de respect et de sensibilité.

Au milieu des thèmes signés par Michel on remarquera la présence d’un standard « All the things you are », d’un titre composé par Eddy Louiss qu’il aimait jouer en sa compagnie « Les grelots », et « Michel on My Mind » et « Chorinino » écrits en hommage pour cet album par Laurent Coulondre lui-même.

She Did It Again


Les Grelots


Michel on My Mind


Brazilian Like

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » lun. 15 juin 2020 07:38

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Kiyo Sen-Chocolate Booster

Un duo fusion Japonais avec a la batterie Senri Kawaguchi dont j'ai parlé avant et aux claviers,orgues, programmations Kiyomi Otaka la claviériste de Casiopea, mythique groupe de fusion japonais qui tourne depuis plus de 40 ans (elle n'est pas dans le groupe depuis tout ce temps par contre) et si besoin elle font appel à d'autres musiciens pour completer la formation type basse ou guitare


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 15 juin 2020 18:03

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Pour en revenir à Avishai Cohen et, dans le même temps, à l’actualité du disque, il faut signaler la sortie de l’album « Big Vicious », nom de l’album et également de la formation qui opère ici. Pour être précis c’est sorti fin mars chez ECM et toujours enregistré aux Studios « La Buissonne » de Pernes-les-Fontaines.

Avishai s’éloigne un chouilla de l’esprit de ses derniers albums pour nous offrir un nouvel opus qui, me semble-t-il, est fait pour cartonner. On s’en doute un peu dès le premier titre mais ça s’avère évident avec le très rock « King Kutner », un peu plus loin on trouve une reprise de Massive Attack « Teardrop » qui semble confirmer cette ouverture, il y a également une reprise plus surprenante de la « Sonate au clair de Lune » de Beethoven qui confirme la volonté de servir une musique plus populaire. Les autres pièces sont signées soit par Avishai, soit par l’ensemble de la formation « Big Vicious », ce qui laisse présumer une part importante d’improvisation, il faut dire que chaque musicien en place est un virtuose. Tout cela est fait avec beaucoup de classe et un souci du détail impressionnant.

Je suis vraiment très fan de cet album que j’ai déjà beaucoup écouté. Avishai, outre sa trompette, joue des effets et du synthé, il est accompagné par Uzi Ramirez à la guitare, Yonathan Albalak à la guitare et à la basse et de deux batteurs, Aviv Cohen et Ziv Ravitz. La tonalité dominante est très « ECM », un mélange réussi de jazz, de musique planante, électro, acoustique et électrique. Avishai Cohen n’a aucun mal à poser le son clair et ciselé de sa trompette, s’inscrivant en soliste inspiré et s’offrant à son public avec le souci affiché de plaire.

Honey Fountain


Teardrop


Avishai Cohen's Big Vicious - "Moonlight Sonata" (Beethoven) @ Jazz sous les pommiers 2019

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 16 juin 2020 09:39

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Un album de la part du feu-follet du jazz Thomas de Pourquery, musicien charismatique un peu fou-fou que l’on retrouve dans plein de projet différents, complémentaires, que ce soit en musique ou même dans le milieu du cinéma ou ça lui arrive de faire l’acteur. C’est un homme prêt à toutes les audaces, les plus folles et les plus inattendues si possible.

Il possède déjà une belle discographie qui égrène ses multiples expériences, avec le groupe DPZ d’abord, puis DPZ & the Holy Synths, puis Rigolus, et encore The Endless Summer, et, enfin avec le groupe Supersonic que l’on entend ici. J’avais déposé quelque part sur le forum un extrait où il chantait "Dancing Alone" avec Jeanne Added en compagnie du Magnetic Ensemble d'Antoine Leymarie. J’ai suivi avec intérêt son parcours, au fil des albums, avec pas mal de surprises et de titres vraiment chouettes qui parsèment sa discographie.

Celui-ci est sorti en 2018, en série limité à 500 exemplaires, uniquement en vinyle. C’est la bande son d’un film « The Bride ». Les musiciens sont également acteurs de la performance cinématographique, une œuvre qui se présente comme un road-movie musical.

Deux faces comme il se doit, la première se nomme Face Death et elle contient un titre d’un quart d’heure qui se nomme « Anathomy of a Zombie » composé par Supersonic, un titre qui monte petit à petit en puissance, avec paliers successifs, avant d’éclater en jouissance free. La seconde, Face Life, contient trois titres, le premier signé par Arnaud Roulin et les deux autres par De Pourquery qui clôt l’album avec "Give The Money Back" qui laisse sa trace sur le tube.

Thomas de Pourquery & Supersonic - "Give The Money Back"

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Message par Douglas » mer. 17 juin 2020 03:38

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Un formidable document sonore que voilà, sorti des limbes par le label NoBusiness Records qui fait œuvre de redresseur du temps, exhumant les trésors cachés, enfouis dans les souvenirs des initiés ou des acteurs de ces années-là.

Dès la première pièce Gossip/Fortunado on est saisi par la beauté de la musique et la complicité qui unit l’altiste Marion Brown et le pianiste Dave Burrell. Dix-sept minutes de bonheur, point. Le lyrisme de Brown caresse à fleur de peau et Burrell ponctue avec une délicatesse infinie. « La Placita » l’autre composition signée par Marion est plus insouciante et nostalgique, comme un rappel joyeux aux bons souvenirs qui parsèment la vie.

Et voici la première des deux compositions de Billy Strayhorn « My little Brown Book » une ballade douce, émouvante, tendre sans jamais être sucrée. A ce moment on comprend l’admiration que le duo porte à celui qui écrivit tant de beaux thèmes, notamment pour Duke Ellington.

Dave Burrell lui aussi a apporté trois compos dans sa sacoche. « Punaluu Peter » vive, enjouée, virevoltante. Marion Brown s’en empare avec un appétit gourmand, ce duo est magnifique, fécond, mille idées à la seconde, ça brille, pétille, éclate, une sorte de « machine à bonheur » s’exprime ici. Le maître du piano joue ses atouts et éclate de joie, une telle complicité, aussi visible, est rare, très rare, ça suinte la tendresse…

Dans ma campagne, au petit matin, la fenêtre est ouverte et la fraîcheur pénètre la maison, le casque posé sur les oreilles, je regarde les vieilles pierres aux alentours, le jour s’est installé déjà, le café est chaud, noir et corsé et je recueille alors un don précieux, sans doute immérité, le sublime « Pua Mae Ole », comme une faveur en provenance du ciel…

Ça continue avec « Crucifacado », c’est presque trop et je songe à me blinder, en vain… La faute à Marion, je commence à me demander si c’est pas moi qui déconne ce matin, pourtant tout ça semble bien réel… Et « Lush Life » qui arrive…


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Message par Douglas » mer. 17 juin 2020 17:51

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Monster Melodies est le nom d’un magasin de vente de vinyles situé en plein cœur de Paris, mais c’est surtout, grâce au dynamisme des proprios, un fabuleux label qui déniche des enregistrements inédits, enfouis dans le cœur du temps, et les édite en vinyle avec un soin tout particulier, ajoutant des documents d’époque, des inserts, le tout dans une belle pochette bien solide, comme on les aime. Le catalogue a belle allure avec quinze parutions à son actif, dont quelques incontournables.

Richard Raux est saxophoniste et flûtiste, il a appartenu à la vague rock et jazz française de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Il a participé à Melmoth, au groupe Magma qu’il quitta, regrettant de ne pas avoir de place pour improviser. Il est devenu ensuite un très réputé musicien de sessions d’enregistrement pour la variété française, tout en continuant de sortir des albums pour sa propre formation, Hamsa, ainsi que pour le Richard Raux Quartet.

Malheureusement je ne possède pas le premier disque du groupe Hamsa, également premier album enregistré au Château d’Hérouville, qui mériterait sans doute une réédition, je connais par contre les autres albums de la formation. Cette parution tombe donc à point nommé puisqu’elle suit de près le premier album sorti en 1975. Ces bandes live ont été enregistrées le 16 décembre 1976 au Studio 105 de « La Maison de la Radio France », peu après que Richard Raux ait participé à l’enregistrement d’Opération Rhino dont j’ai parlé à la page précédente.

Sans être extraordinaire la qualité de la prise de son est suffisante pour permettre d’apprécier à sa juste valeur la formation en présence. Je ne retiens ici que quelques noms, Richard Raux au sax ténor, à la flûte, au piano et au chant, son frère Patrice Raux à la guitare, Jano Padovani le batteur et le grand Sigfried Kessler au piano.

Nous sommes face à une bande de freaks s’échappant du rock pour se lancer dans une jam pleine de vie, entre jazz, rock et funk, on peut trouver ici ou là des influences indiennes ou afro typiques de l’époque. Le groupe reprend quelques titres du premier album et n’est pas sans rappeler, lors de quelques passages, « Gong » ou la « spiritual music ». Côté textes ça reste assez pauvre, voici les paroles du titre "narguilé", « Dans la fumée de mon narguilé, J’ai découvert des morceaux de l’univers, J’ai voyagé dans les pays passés, Traversé des déserts couleur de la lumière », d’un autre côté ça sent bon l’époque et le vécu, c’est d'ailleurs là qu'il faut chercher tout le charme…

Pour écouter:

https://www.sofarecords.fr/richard-raux ... 88663882,2

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 18 juin 2020 07:37

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Voici « Vanished Gardens », le second album de Charles Lloyd & The Marvels, auquel s’ajoute la chanteuse Lucinda Williams. Le premier album était paru en 2016 et celui-ci en 2018. Le dernier opus de Charles Lloyd dont on a parlé m’a semblé si bon que je me suis décidé à creuser un peu sa discographie. C’est un musicien dont je connais mieux les albums de ses débuts dans les années soixante, que ses dernières parutions.

Il y avait un attrait supplémentaire pour l’achat de cet album, l’homme à droite sur la pochette dont les doigts se touchent de façon œcuménique, comme pour unir, rassembler et faire le lien. Ce rôle lui va bien, c’est un homme bienveillant et son jeu à la guitare est tout en finesse et discrétion, il procède par petites touches, comme un coloriste, et son talent est immense: Bill Frisell, lui aussi, est un géant.

Charles Lloyd joue du saxophone ténor et de la flûte. Eric Harland est à la batterie, Reuben Rogers à la basse et Greg Leisz à la Pedal Steel Guitar et au Dobro. Lucinda Williams chante sur un titre sur deux et a écrit quatre compositions.

La couleur générale de l’album peut sembler quelque peu inédite, la musique est tiraillée dans plusieurs directions, le jazz bien entendu, mais également la country et le folk. Ça sent les grands espaces, d’ailleurs les morceaux sont tous étirés, ils prennent leur temps. Charles Lloyd représente le pôle jazz, Greg Leisz la country et Lucinda le folk, Bill Frisell est l’alchimiste du groupe, celui qui fait que tout tient, que chaque pièce est magnifique, ça pourrait même s’appeler de la « World Music », la musique est souvent belle quand elle se mélange, s’encanaille et fraternise.

A signaler deux reprises, « Monk’s Mood » de Thelonious et «Angel » de jimi.

Defiant


Vanished Gardens


Angel


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Slade » jeu. 18 juin 2020 11:29

"It was really a bad motherfucker," dixit Miles Davis lui même dans son autobiographie .
Live in Europe 1969: The Bootleg Series Vol. 2 est composé de 3 CD + 1 DVD du Miles Davis Quintet avec le saxophoniste Wayne Shorter, le pianiste Chick Corea, le bassiste Dave Holland et le batteur Jack DeJohnette. Les CD contiennent des enregistrements de deux concerts en France et un en Suède et le DVD a un concert supplémentaire enregistré en Allemagne.
Les deux premiers disques ont été enregistrés au Festival Mondial du Jazz d'Antibes, La Pinède à Juan-les-Pins, France, les 25 et 26 juillet 1969 avec le premier concert initialement sorti au Japon en 1993 sous le nom de 1969 Miles Festiva De Juan Pins. Le troisième disque contient le concert du 5 novembre 1969 au Folkets Hus de Stockholm. Le DVD a été enregistré en Allemagne de l'Ouest le 7 novembre 1969 au Berliner Jazztage de l'Orchestre philharmonique de Berlin.


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » jeu. 18 juin 2020 11:32

Slade a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:29



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Elle est super cette série des Bootlegs de Miles, j'ai tous les volumes (sauf si ya un 7 ° qui est sorti et que j'ai raté)

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Message par Slade » jeu. 18 juin 2020 11:38

nunu a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:32
Slade a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:29

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Elle est super cette série des Bootlegs de Miles, j'ai tous les volumes (sauf si ya un 7 ° qui est sorti et que j'ai raté)
Je la découvre . J'ai les 3 premiers pour le moment et c'est vraiment extraordinaire.Miles est probablement le seul artiste de Jazz que je connaisse vraiment et dont je ne me lasse jamais quelque soit sa période ..
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 18 juin 2020 11:40

nunu a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:32
Slade a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:29



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Elle est super cette série des Bootlegs de Miles, j'ai tous les volumes (sauf si ya un 7 ° qui est sorti et que j'ai raté)
J'en suis resté à six également, tout simplement indispensable, mais c'est très consistant.

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Message par nunu » jeu. 18 juin 2020 11:48

Ma préférence va au 3 premiers et au 6 °, du Live comme j'aime avec une seule formation (ou presque ya quelques bonus dans le 3), le 4 celui de Newport est pas mal du tout non plus, le 5 c'est surement celui que j'aime le moins, on est vraiment sur des sessions studios

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 18 juin 2020 14:01

nunu a écrit :
jeu. 18 juin 2020 11:48
Ma préférence va au 3 premiers et au 6 °, du Live comme j'aime avec une seule formation (ou presque ya quelques bonus dans le 3), le 4 celui de Newport est pas mal du tout non plus, le 5 c'est surement celui que j'aime le moins, on est vraiment sur des sessions studios
Je suis d'accord avec toi, le 5 est le moins bon, heureusement les deux derniers Cds sauvent la mise.
J'avais parlé du 6 ici: viewtopic.php?f=27&t=103&start=300 .
J'ai la chance d'avoir le 3 en vinyle, c'est une tuerie, les deux premiers sont également excellents, quant au quatrième il se déploie sur une longue période, mais les amateurs du Miles électrique seront convaincus par les deux derniers Cds, les autres me semblent également indispensables.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 18 juin 2020 20:18

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Le « James Carter Organ Trio » est une formation intermittente qui a sorti trois albums, le premier en 2005, le second en 2011 et le troisième, celui-ci, en 2019. James Carter mène par ailleurs une vie d’artiste florissante. On le retrouve ici au saxophone ténor au festival de Newport, entouré par Gerard Gibbs à l’orgue Hammond B-3, le même que Jimmy Smith, et par le batteur Alex White, sûr, carré et efficace en diable.

D’abord, le répertoire, presqu’en entier consacré à Django Reinhardt, sauf « La valse des Niglos » écrite par Auguste Malha. James est familier de l’univers de Django dont il aime jouer les compositions. Au vu de l’orgue Hammond et du nom de Django ce serait une erreur de penser à un hommage en règle, non, non, ici on crée, on réinvente, ça bouge et ça secoue, n’espérez pas une relecture sage et soumise, « Le Manoir de mes Rêves » est chamboulé, l’interprétation est totalement réactualisée, laissant place à une vision très moderne qui chagrinera les experts « puristes ». James carter n’hésite pas à s’embarquer dans certaines envolées free véritablement dévastatrices qui enchantent le public.

Le côté « live» est un facteur déterminant sur cet album, la chaleur de l’atmosphère, ponctuée par les nombreuses réactions du public, fait rentrer l’auditeur dans ce qui fut très certainement un concert génial, de plus, pas de limites ici, les musiciens n’hésitent pas à se lancer dans de longues improvisations, la pièce la plus courte dépasse les huit minutes !

L’autre charme de l’album c’est le retour du vieil orgue Hammond-B3 qui ressuscite ici, après avoir été supplanté, écrasé par l’arrivée du Fender Rhodes, il renaît avec ses nappes sonores, ses accents inimitables, son groove particulier. Un album-plaisir qui fait du bien.

Le Manoir De Mes Reves (Live)


Melodie au Crepuscule (Live From Newport Jazz Festival, Newport, RI / 2018 / Audio)


Pour Que Ma Vie Demeure (Live)


Fleche d'Or (Live)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 19 juin 2020 15:35

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Un album que connaissent bien les fidèles de David S.Ware, un de ceux qui méritent vraiment le titre de « spiritual music » si galvaudé et mis à toutes les sauces, l’album d’un homme mais aussi celui d’un extraordinaire groupe qui s’avère sublime à chacun des étages. Le saxophoniste est entouré de Matthew Shipp au piano, William Parker à la basse et Guillermo E. Brown à la batterie. Que des noms déjà cités ici, Shipp et Parker représentent sa fidèle garde d’alors.

1999, l’année d’un grand cru pour David S.Ware qui va tout au long de cet album faire preuve d’un lyrisme exceptionnel, finalement assez rarement rencontré, où alors ce sont les grands noms qui surgissent, ceux qui ont construit la légende, Trane, Albert et Pharoah, rien que ça !

« Peace Celestial » qui ouvre l’album donne le ton et se montre déjà sublime, on ne sait s’il « monte » toujours plus haut, ou s’il « creuse » encore et encore… Mais, escaladant les cimes ou forant toujours plus profond, entre les anges célestes et les anges déchus des enfers, ma courbe me pousserait plutôt vers le haut, bien que le regard plonge vers le bas…

David grogne avec hargne, c’est un fougueux, il aime plonger dans les graves et remonter la pente, explorer en prolongeant le flux, avec détermination, il a trouvé le « son » fleurtant avec les dissonances et prolongeant dans le feulement et le cri. L’album en entier est porteur de cette densité.

Deux reprises ici, "Sweet Georgia Bright" de Charles Lloyd et "African Drums" de Beaver Harris, ce dernier titre clôt l’album de façon dantesque, épique, dix-sept minutes de feu, mais il serait injuste de ne pas signaler les titres signés par le leader «Peace Celestial», «Theme of Ages», « Glorified Calypso » et «Surrendered» qui sont tous taillés dans l’airain, alliage forgé entre le monde des profondeurs et celui des airs…

Peace Celestial


David S. Ware: Surrendered


David S. Ware - African Drums


Glorified Calypso

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 20 juin 2020 06:44

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Je crois qu’il a déjà été question de Ashley Henry sur ce fil mais je n’ai pas réussi à remonter la piste, ce devait être à propos de cet album car pour l'instant il est unique dans ce format, Ashley est anglais et bénéficie du puissant éclairage qui illumine la scène londonienne actuelle, le vinyle est sorti vers la fin 2019. Sur cette scène les albums des uns et des autres constituent le champ d’un vaste chassé-croisé où les musiciens s’expriment d’une session à l’autre au gré des affinités. Ainsi sur cet album, le temps d’une apparition sur un titre, on rencontre Makaya McCraven, Keyon Harrold, Ben Marc, Luke Flowers, MC Sparkz, Jaimie Branch, Binker Golding, Moses Boyd, Théo Croker et Joshua Idehen.

Ici, c’est juste un peu trop sans doute et ces allées et venues n’apportent pas nécessairement une réelle plus-value, mieux vaut s’intéresser au jeu du leader, à ses compositions, ses choix et au talent qu’il manifeste au fil de l’album.

Nous sommes plongés dans un univers un peu touche à tout, jazz sans aucun doute, qui penche côté easy listening, tout ici est lisse, soyeux et confortable, même les incartades rap, hip hop, parfois punk sont policées, finalement rien ne dépasse et nous sommes pris par la main pour un voyage sécurisé et sans prise de risques. C’est le prix (agréable) qu’il faut payer pour goûter aux superbes mélodies, aux arrangements hyper léchés et au grand savoir-faire de Ashley Henry.

Une belle réussite dans l'air du temps et un album qui devrait séduire.

Introspection


Cranes (In the Sky)


Realisations


COLORS

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » sam. 20 juin 2020 09:58

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La Bande a Badault, je connaissais pas faut reconnaitre que c'est pas mal



Alto Saxophone – Bobby Rangell
Bass – Marc Michel
Directed By – Denis Badault
Drums – Umberto Pagnini
Guitar – Lionel Benhamou
Percussion – Gérard Carocci
Piano, Keyboards – Andy Emler
Piano, Keyboards, Organ – Emmanuel Bex
Tenor Saxophone – Xavier Cobo
Trombone – Jean-Louis Pommier
Trumpet – François Chassagnite, Phillippe Slominski*
Tuba – Michel Godard
Violin – Dominique Pifarély

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » sam. 20 juin 2020 20:51

Doug,

merci pour David Ware

Connaissais pas du tout cet album. :chapozzz:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 juin 2020 04:59

Cooltrane a écrit :
sam. 20 juin 2020 20:51
Doug,

merci pour David Ware

Connaissais pas du tout cet album. :chapozzz:
Un musicien qui mérite qu'on lui porte attention! Des albums "live" sont parus récemment.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 juin 2020 05:06

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Terry Ex est le guitariste du groupe (mythique) « The Ex », à l’origine anar, punk, expérimental, groupe de squat à Amsterdam, il eut une grande influence sur l’underground de l’époque et continue à jouer sous la forme du quatuor à la forme mouvante ou du duo Andy Moor/Terry Ex. D’emblée vous savez où vous mettez les pieds. L’autre c’est le batteur Paal Nilssen-Love, il y a eu quelques albums déjà présentés ici, rien d’étonnant donc à cette rencontre tout à fait épatante.

De l’impro en vrac, batterie et percussions d’un côté et guitare électrique de l’autre, c’est fort et puissant, on lance la machine et elle se nourrit de l’énergie produite, s’auto-alimentant sans cesse, s’arrêtant quand l’envie de boire un coup devient impérieuse ou quand l’impression d’avoir dit ce qu’il fallait dire l’emporte sur l’envie de continuer, ce qui nous fait quatre pièces supérieures à la dizaine de minutes…

L’album, sorti en 2011, a été enregistré en novembre 2009, en Hollande, aux Jottem Studio de Wormerveer. Le fil conducteur des improvisations se concentre autour de l’Ethiopie comme l’indique le titre de l’abum: Hurgu !

Ici c’est de l’art brut, les tambours de Nielssen-Love sont percutés sèchement, les baguettes prolongent les mouvements du corps, les cymbales claquent et l’espace en entier est occupé. La guitare de Terry geint, les sons saccadés se tordent et petit à petit se déploient comme une hydre. La force évocatrice de la musique est puissante et fait naître des images, des sensations et des impressions, voire des sentiments, même.

Un album cru et percutant paru sur PNL, le label de Paal Nilsen-Love.



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