J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

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Cooltrane
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » dim. 21 juin 2020 08:16

J'avais des potes qui avaient fondé un groupe de jazz qui ne faisait que du Horace Silver :baille:


Perso, j'ai tjs préféré un autre Horace: Tapscott :ghee:







Pas le même genre de Horace, tu vas me dire... :hehe:

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Douglas
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 juin 2020 16:25

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Julien Palomo est un homme de grande qualité et le jazz lui doit. Il a créé le magnifique label « Improvising Beings » en 2009 et a enregistré des tas de gens dont la musique est formidable et qui étaient oubliés, inconnus ou en retrait, on peut citer François Tusques, Linda Sharrock, Jean-Marc Foussat, Alan Silva et bien d’autres encore…

Parmi ces autres il faut compter Sonny Simmons auquel il a ouvert en grand ses studios, l’enregistrant énormément, avec gourmandise, sans compter. Il ne reste qu’à le remercier pour cette mémoire qu’il a su capter. Une pièce de l'album, la dernière, a toutefois été enregistrée à New-York.

Il faut également parler de Delphine Latil, harpiste et lauréate de plusieurs distinctions artistiques dans l’univers de la musique classique. C’est elle qui ouvre en solo le premier des deux Cds, dans une atmosphère zen et tranquille, elle interprète quatre de ses compositions. La cinquième est partagée avec Sonny Simmons qui, au cor anglais et au saxophone alto, pénètre son univers et poursuit une conversation pleine de quiétude, très féconde, on prend le temps qu’il faut, ici quarante-sept minutes sont nécessaires pour se dire, s’écouter, se comprendre et s’unir. "Sacred Moment" est en écoute sur le tube.

Sur le second album on retrouve Sonny Simmons, mais il est cette fois-ci en duo avec Thomas Bellier, un guitariste français établi aux Etats-Unis. Le style de celui-ci est très rock, complètement psyché avec une guitare soumise aux effets les plus savants. Ça plane un max entre la voix étirée du cor anglais ou de l’alto et la guitare qui réverb et dont le son se transforme sous l’effet des pédales. On gagnera à se concentrer davantage sur le jeu de Simmons, souvent plus varié que celui de son partenaire dont le style reste relativement uniforme pendant la durée de ce second Cd dessinant de vastes nappes sonores aux tessitures mouvantes.

Un album qui mérite attention et considération, même s’il sort des sentiers battus.

Sonny Simmons Sacred Moment

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 22 juin 2020 06:45

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Frank Lowe est un artiste majeur du free-jazz, son aire d’évolution artistique se situe entre 1973 et 2003, l’année de son décès, pas énormément d’albums dans sa discographie en vérité, mais une place de choix pour ce musicien tout à fait exceptionnel. Cet album n’est sans doute pas le mieux indiqué pour faire connaissance, « Duo Exchange » tiendrait mieux ce rôle, il est cependant d’une très haute tenue, le cinquième enregistré sur le fameux label italien Black Saint.

Frank est saxophoniste, l’un des meilleurs, Léo Smith joue de la trompette, du bugle et de la flûte, Joseph Bowie du trombone, Alex Blake de la basse acoustique ou électrique, et Charles Bobo Shaw joue à la batterie.

Une formation formée par la jeune garde de l’AACM de Chicago qui joue avec passion et conviction, portant « la flamme ». Le porteur en est sans doute Alex Blake, musicien inconnu mais pivot sur cet album, tant tout tourne et s’organise autour de son axe. C’est lui le timonier qui permet au lyrisme contenu dans les bulles du saxophone d’éclater, au cri tendu de la trompette de chanter sa plainte, au trombone de cuivrer le son, à la batterie d’exploser en vrac ou même d’exprimer le funk torride de « Third St Stomp » !

Il y a dans le souffle de Franck Lowe un côté rebelle et menaçant qui n’appartient qu’à lui, une sorte de rage intérieure qui s’échappe, forte et sauvage d’avoir été trop contenue, comme une colère qui s’exprime. Il y a un aspect irréductible sur cet album et, si la photo de pochette nous montre un Franck Low interrogatif, au dos il semble guerrier.

Frank Lowe est un artiste majeur du free-jazz.

Image

Frank Lowe 1976 The Flam

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 22 juin 2020 17:54

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Voici un des albums les plus fous qui soit. C’est à la fois un chef d’œuvre et un échec. Un album en avance sur son temps mais qui a les yeux fixés dans le rétro. Une fusion inédite avant que la fusion ne soit à la mode. Non pas du jazz-rock mais du free-rock ! Bref le seul et unique album du « Barney Wilen And His Amazing Free Rock Band ».

« Dear Prof. Leary » sort en juin 1968, à peu près trente-cinq minutes d’un délire organisé. Six musiciens, trois jouent côté rock : Mimi Lorenzini (guitare), Günter Lenz (basse) et Wolfgang Paap (batterie) et les trois autres jouent côté jazz : Aldo Romano (batterie), Barney Wilen (saxophone ténor et soprano) et Joachim Kühn (piano et orgue).

Côté compo c’est également assez partagé mais avec un avantage côté rock, « The Fool On The Hill » de Lennon McCartney, « Respect » d’Otis Redding, « Why Do You Keep Me Hanging On » de Mize et Allen, « Lonely Woman » d’Ornette Coleman, le morceau titre est de Joachim Kuhn, « Dur, dur, dur » de Wilen et Lorenzini et « Ode To Billie Joe » de Bobbie Gentry.

Le côté positif du projet c’est déjà son audace, vouloir faire cohabiter free et rock constituera un objectif pour bien d’autres musiciens, il faudra cependant sans doute éviter de créer deux équipes qui parfois apparaissent, sans être antagonistes, du moins trop peu complémentaires. La basse 100% rock devient un handicap. La musique reste intéressante et l’album s’écoute avec beaucoup de plaisir, il réserve quantité de surprises.

Nul doute désormais, le créateur du free-rock, c’est Barney !

The Fool On the Hill


Respect


[You Keep Me] Hangin' On


Lonely Woman

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Harvest » mar. 23 juin 2020 10:05

J’aime beaucoup ce disque. Foutraque, audacieux, barré et psychédélique.

Avec le futur guitariste de Triangle.

Mériterait une bonne réédition vinyle.

Je ne me manifeste pas souvent ici. Mais je découvre des choses fréquemment. Alors merci.

Frank Lowe est effectivement un musicien qui mériterait d’être mieux connu.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 juin 2020 15:42

Harvest a écrit :
mar. 23 juin 2020 10:05
J’aime beaucoup ce disque. Foutraque, audacieux, barré et psychédélique.

Avec le futur guitariste de Triangle.

Mériterait une bonne réédition vinyle.

Je ne me manifeste pas souvent ici. Mais je découvre des choses fréquemment. Alors merci.

Frank Lowe est effectivement un musicien qui mériterait d’être mieux connu.
Merci pour tes encouragements, ici c'est un forum où on en apprend tous les jours des uns et des autres.
J'ai peu parlé de Frank Lowe mais il fait parti également de mes favoris.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 juin 2020 15:52

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Voici un autre album de free de la fin des sixtees, « Humility – In the light of the Creator » par le Maurice McIntyre Ensemble. Plus simplement on appelle le saxophoniste « Kalaparusha ». C’est sorti sur Delmark Records et on y retrouve des composantes de l’AACM de Chicago qui, alors, étaient peu connues, comme Amina Claudine Myers aux claviers ou Leo Smith aux cuivres, Malachi Favors, à la basse, avait une renommée naissante, d’autres sont restés dans un relatif oubli comme Ajaramu et Thurman Barker aux batteries ou John Stubblefield au soprano.

Encore un album que l’on pourrait ranger dans la Spiritual Music sous l’arbre coltranien, particulièrement pour le jeu très lyrique de Kalaparusha au ténor, ce n’est pas pour rien s’il met l’« Humilité » en exergue sur cet hommage aux musiques venues d’ailleurs, mélangées aux accents de l’avant-garde de Chicago.

En fait c’est un album que j’ai depuis longtemps dans sa version française de 75, depuis je l’ai donné à un ami, l’original anglais s’étant présenté à moi. Il résiste magnifiquement au temps, ni élitiste, ni naïf, c’est un des albums majeurs de l’AACM, porte-drapeau du collectif, il fait figure de classique et semble indémodable.

Il va bien ici, dans la lignée Frank Lowe, David S. Ware, Marion Brown et Dave Burrell !

Kalaparusha Maurice Mcintyre - Humility In The Light Of The Creator
Suite: Ensemble Love
A1 Hexagon 1:03
A2 Kcab Emoh 5:23
A3 Pluto Calling 2:22
A4 Life Force 3:52
A5 Humility In The Light Of The Creator 2:51
Suite: Ensemble Fate 19:45
B1 Family Tree
B2 Say A Prayer For
B3 Out Here (If Anyone Should Call)
B4 Melissa
B5 Bismillah


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mar. 23 juin 2020 20:04

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Faton Bloom soit l'association comme c'est écrit sur la pochette de Francois "Faton" Cahen et Didier "Bloom Malherbe. Jazz fusion avec à la basse (fretless et a 5 cordes tant qu'on y est) Remy Sarrazin le bassiste des Musclés :hehe:

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 juin 2020 06:49

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En 2017 est paru un album Cd du trio japonais Ton-Klami extrait d’un concert donné en 1995 à Yamaguchi, au japon. Ce trio est constitué par un saxophoniste alto, Kang Tae Hwan, un pianiste, Masahiko Satoh et une percussionniste également joueuse de marimba, Midori Takada. L’album se nomme « Prophecy of Nue » qui est également le titre de la première des trois compositions.

L’ambiance est très zen pendant de longues minutes où les musiciens semblent jouer en quartet avec le silence comme quatrième partenaire, le piano égrène des notes de pluie et le saxophone, cantonné dans le suraigu, semble sonner le rappel en se déclinant autour d’une note prolongée. Avec l’arrivée des tambours nous voilà conviés à une promenade à la fois tranquille et aventureuse, risquée peut-être, le scénario n’est pas écrit à l’avance, il se crée au fil de l’improvisation et les scénaristes sont de véritables et étonnants experts…

Pendant le second titre, « Manifestation », Kang Tae Hwan utilise la technique du souffle continu pendant une durée qui semble défier l’entendement, dans le même temps marimba et piano martèlent de concert, rythmant une course qui bientôt s’achève et fait place au doux son du saxo qui se cantonne dans l’aigu, tandis que piano et percussions hésitent entre fulgurances étincelantes et dramatisation, jusqu’à l’arrivée du tambour, solennel, qui sacralise la voie que nous empruntons…

« Incantation » termine ce singulier périple, cymbales et piano s’interrogent et avancent de concert, le flux du saxo s’intègre et fait le liant, bien qu’encore retenu, on se presse et s’agite. Les roulements de tambours sèment le rappel et, soudain, tout bouge, court, grouille et s’active en tous sens. L’heure est venue du grand rassemblement …



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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 juin 2020 14:51

TonKlami


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 juin 2020 04:44

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A la façon de nunu, j’aime également « suivre » des artistes, pas forcément connus mais qui, pour une raison ou une autre, accrochent, et semblent porteurs d’un message singulier. La bassiste Sarah Murcia fait partie de cette catégorie et, son nom sur un album attire irrémédiablement mon attention. La voici aux côtés de Kamilya Jubran embarquée dans un projet autour de la poésie bédouine : « Habka ».

Nous sommes face à la voix de Kamilya qui clame, portée et entourée par une formation acoustique composée de différents instruments à cordes, outre la basse dont nous avons fait mention et l’oud dont joue Kamilya il faut ajouter le violon de Régis Huby, l’alto de Guillaume Roy et le violoncelle d’Atsushi Sakaï.

Je ne vous cache pas que les textes dits par la musicienne palestinienne échappent complètement à ma compréhension strictement verbale. Pourtant ils sont portés par une telle force émotionnelle qu’ils chantent à l’intérieur, cette émotion s’exprime avec une telle puissance qu’une « compréhension » s’installe de fait, au-delà des mots, uniquement par la magie des sentiments qu’ils véhiculent sous l’effet d’une diction toute en finesse et sensibilité. C’est un panel extrêmement large d’informations qui sont transmises par la voix, ses inflexions, hésitations, enthousiasmes ou douleurs.

Les cordes elles aussi s’emballent dans la joie et l’allégresse, pleurent dans la tristesse et la douleur, elles donnent corps au texte, le souligne et le ponctue mieux que ne le ferait une machine à écrire. Les cordes vibrent sous les caresses et s’en vont vers la voute céleste, ainsi voguent airs et chansons, libérés des liens…

Intro M / Miftah Al Ghorfa


Balad


Nouriya


Suite nomade 4

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » jeu. 25 juin 2020 05:18

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Un album que je découvre, crédité au nom des 3 artistes :
Paul Smith au piano, surtout connu pour avoir été l'accompagnateur d'Ella Fitzgerald
Ray Brown à la basse, le plus connu des 3, connu pour sa participation a l'un des plus grands trios de l'histoire du jazz, celui d'Oscar Peterson avec Herb Ellis en 3 ° membre.
Louis Bellson a la batterie, alors lui pour moi c'est incroyable a quel point on l'a oublié deja dans ce sujet sur 43 pages sauf si j'ai mal fait la recherche c'est la premiere fois qu'on parle de lui.

Un album vraiment agréable, pas agressif c'est bien pour le matin

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » jeu. 25 juin 2020 06:05

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J'en parlais au dessus, le Oscar Peterson Trio avec Brown et Ellis. Son meilleur trio et meme si Peterson est pas mon pianiste favori j'ai toujours trouvé son trio atypique avec l'absence de batterie. J'ai fouillé dans ma mémoire mais j'ai pas de souvenir d'une formation jazz aussi célébre que celle ci sans batteur

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 juin 2020 06:22

nunu a écrit :
jeu. 25 juin 2020 06:05
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J'en parlais au dessus, le Oscar Peterson Trio avec Brown et Ellis. Son meilleur trio et meme si Peterson est pas mon pianiste favori j'ai toujours trouvé son trio atypique avec l'absence de batterie. J'ai fouillé dans ma mémoire mais j'ai pas de souvenir d'une formation jazz aussi célébre que celle ci sans batteur
On peut penser à la formation "The Jimmy Giuffre 3" avec "The Easy Way " et "7 Pieces" deux chefs-d’œuvre.
Jimmy Giuffre a enregistré pas mal d'albums sans batteur avec ce trio.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 juin 2020 14:29

Happy Man - 1959



Bass – Red Mitchell
Clarinet, Tenor Saxophone, Baritone Saxophone, Composed By – Jimmy Giuffre
Guitar – Jim Hall

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 juin 2020 15:55

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Voici le dernier album du « Francesco Bearzatti Tinissima 4et », il date de 2015 et manquait dans les rayons. Son titre « This Machine Kills Fascists » est sans ambiguïté, qui plus est en Italie, bien que l’état policier s’installe n’importe où si on lui creuse son nid, c’est une lèpre. Le Tinissima s’est fréquemment engagé, souvent derrière un nom porteur de promesse et de liberté, Tina Modotti, ou contre le racisme et pour l’égalité, Malcolm X. On se souvient également de cette formation qui a créé un album à l’esprit ludique autour de Monk et du rock.

Ici l’album est un hommage à Woody Guthrie qui avait écrit le slogan « This Machine Kills Fascists » sur sa guitare en 1942, le Tinissima regarde à nouveau l’Amérique pour y célébrer un rebelle engagé dont il reprend le titre « This Land is your land », à la fin de l’album, juste après l’hommage à Sacco & Vanzetti.

Les titres sont inspirés par la vie de Woody Guthrie, des instantanés captés au x moments forts de cet artiste intègre. Des lieux, « Okemah » la ville de sa naissance, « N.Y. » son périple dans la grosse pomme, « Hobo rag » fait références aux années difficiles et « Witch Hunt » au MacCarthysme.

La copie est magnifique avec des moments forts : « N.Y. », « When U Left », « One for Sacco And Vanzetti » et « This Land is Your Land ».

Francesco Bearzatti Tinissima Quartet “This Machine Kills Fascists” - Jazz & Wine of Peace 2016


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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 26 juin 2020 04:06

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Peut-être que certains se souviennent du groupe Ky dont j’ai déjà parlé ici. « Désespoir agréable » est le troisième album de la formation, toujours formée par le duo franco-japonais Maki Nakano qui joue du sax alto, de la « metal » clarinette et chante, en compagnie de Yann Pittard qui joue des guitares et de l’oud, il chante également.

Cet album, toujours dans un esprit folk-jazz s’ouvre également à la musique classique de chambre, le temps d’une face entièrement consacrée à Erik Satie. De l’easy listening bien agréable avec la « Première Gnossienne », les « Véritables préludes flasques (pour un chien) », « Désespoir agréable », « Danses de travers » et enfin « La Diva de l’Empire ». La seconde face est consacrée aux musiques traditionnelles, Bretonne et arabe, mais aussi aux improvisations et à de simples chansons.

C’est donc un album un peu fourre-tout qui ne possède pas l’unité du précédent « Musique Vagabonde » que je lui préfère, néanmoins c’est toujours un plaisir de se poser et de l’écouter, car ce groupe ne déçoit jamais tant il sait étonner et surprendre, sauter d’un répertoire à l’autre tout en restant dans une maîtrise totale et un savoir-faire jamais démenti.

Ky 『Désespoir agréable 心地よい絶望 』

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 26 juin 2020 14:45

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DDAA ou « Déficit des Années Antérieures » est un groupe qui s’est formé en 1977, son champ d’action se situe dans l’univers underground français. Les esprits curieux, les dénicheurs de talents le connaissent depuis longtemps déjà, particulièrement pour l’album « Les Ambulants » de 1984 qui a connu une sorte de succès, il le mérite bien.

Jean-Philippe Fee (voix, guitares, percussions et batterie), Sylvie Martineau-Fee (voix, guitares, synthe, piano, flûte) et Jean-Luc André (basse, guitare, koto, piano, percussions) sont les trois musiciens à l’œuvre, leur berceau se situe en Basse-Normandie.

Voici l’album « Action and Japanese Demonstration » leur premier véritable album bien que le groupe se soit déjà exprimé au travers de cassettes qui sont une composante importante de sa discographie. Le livret associé indique que cet album est construit autour d’une vision mentale et occidentale du Japon, un japon fantasmé en quelque sorte, un « faux japon » fascinant et finalement si proche d’une conception que nous-mêmes avons.

Comme pas mal de groupe underground de l’époque DDAA utilise les collages sonores, son univers est plasticien et cela s’entend au travers d’une certaine complexité. Sans jamais copier et dans une démarche parfaitement singulière et originale, la formation fait naître en nous des images sonores qui remontent subrepticement de notre mémoire musicale, ce sont alors Can ou Nurse With Wound qui surgissent, un univers entre free et expérimental extrêmement fascinant, de magnifiques fresques sonores se déploient avec une grâce inattendue qui font place à des passages de musiques tribales très percussives, et même à des sons captés directement dans la nature.

Cet album est remarquable, il existe une version LP d’origine ainsi qu’une autre sous forme de Cd remastérisé, comptant de très nombreux inédits véritablement passionnants. Il est très difficile de choisir.

Déficit des années antérieures "Marche sur Tokyo"


Déficit des années antérieures "Path In The Wakasa Forest"


Deficit Des Années Antérieures - Passage sur le pont Nihon


DDAA ‎- Rain Of May On Silk Paper (1982)

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 27 juin 2020 07:53

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Voici un aspect souvent moins connu de l’œuvre de John Zorn, dans la série des « Archives » un volet est entièrement consacré à l’orgue, elle se nomme « The Hermetic Organ », voici le vol.8 « For Antonín Artaud » sorti en octobre 2019.

L’orgue est souvent associé aux instruments austères, surdimensionnés et sacrés. Il faut aller à lui, faire une démarche et, quand on s’appelle John Zorn, il est parfois difficile d’en obtenir l’accès. Arrivé en Slovénie dans le but d’enregistrer cet album il s’est vu plusieurs fois refuser l’autorisation de jouer dans les églises, accusé de croire « en des pouvoirs surnaturels » et plus probablement de ne pas avoir la « bonne » religion.

C’est donc au « Gallus Hall » le plus grand centre de congrès de Slovénie à Ljubljana qu’il va effectuer cet enregistrement. Je ne saurais me prononcer sur le concept en lui-même, il m’a semblé toujours surprenant de vouloir enregistrer l’orgue, l’impression qu’aucune technique d’enregistrement ne saurait rendre sa force, son ampleur et sa majesté à une aussi grosse machine, à un souffle aussi puissant. Donc, je monte le son !

Déjà un défi pour John, il joue de l’orgue et, par moments (les plus délicieux) du saxophone alto… en même temps ! Du coup le corps en entier se déploie sur les touches qu’il attrape par nappe, coude, avant-bras et même les pieds dit-on. Je ne regrette pas la démarche d’achat, bien au contraire, le parti-pris de John Zorn, inspiré par l’esprit d’Antonin Artaud, celui qui créa le « théâtre de la cruauté » et influença les « situationnistes », de juxtaposer des masses sonores ou de les empiler pour dramatiser la musique est habilement mené, ainsi la douleur et la « folie » du sieur Antonin transparaît au travers de la seconde composition « The Extreme Point of Mysticism », treize minutes juste démentielles.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 28 juin 2020 04:44

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Pour rester un moment avec Antonin Artaud un petit fascicule de 36 pages présentant deux poèmes dont "Ci-gît", accompagné par un mini Cd De Nurse With Wound comprenant le titre inédit "TO ANOTHER AWARENESS". Chez Lenka Lente, c'est juste un peu épuisé (9€).

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