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The Wicker ManGreg Lake (1981)
Avec la séparation d’Emerson, Lake And Palmer, Greg Lake se lance tout naturellement dans une carrière solo. Après tout, son single de 1975, « I Believe In Father Christmas » n’avait-il pas été un gros succès ? Il part donc aux Etats-Unis pour travailler sur ses nouveaux morceaux avec les requins de studios de l’époque (dont une bonne partie des musiciens de Toto), mais le résultat ne le satisfait pas. Il veut un vrai groupe. Il va donc contacter rien de moins que Gary Moore à la guitare, Ted McKenna à la batterie et Tommy Eyre aux claviers. Décidant de laisser choir la basse pour reprendre la guitare, il confiera la quatre-cordes à un certain Tristram Margetts. Le Greg Lake Band était né. Ce premier album contient donc la prestation du groupe mêlé aux résidus des sessions américaines et va nous montrer un Lake très différent de son travail avec ELP et King Crimson.
Et c’est clair qu’on commence en force avec un « Nuclear Attack » bien musclé qui préfigure la carrière solo de Gary Moore (qui l’a composé et le reprendra sur son album Dirty Fingers et en live). La voix claire et chaude de Lake se marie à merveille à la guitare rugissante de l’Irlandais et à la frappe de galérien de McKenna. Bref, c’est une entrée en matière fracassante et qui a dû désarçonner plus d’un fan d’ELP. La rage baisse d’un cran pour un « Love You Too Much » plus léché dans un style Hard Rock tirant vers l’AOR. Les claviers sont plus présents mais le titre est on ne peut plus accrocheur. Depuis ELP on sait que Lake aime bien les ballades poignantes. « It Hurts » n’est donc pas vraiment une surprise, même si Gary Moore y apporte un petit mordant bienvenu. Voilà qui plaira aux ours mal léchés que tous les rockeurs sont secrètement au fond d’eux. Si le début de « Black And Blue » laisse présager du pire, le titre se transforme heureusement en agréable Pop/Rock 80’s, quand bien même ce n’est pas celui qu’on retiendra en priorité de l’album. Moore revient en force sur « Retribution Drive » un mid-tempo AOR dynamique et légèrement funky qui fait du bien par où il passe.
Les arrangements de « Long Goodbye » sont moins heureux et rendent le résultat un peu surnagé et confus. Dommage car avec plus de sobriété le titre aurait pu être très efficace (bonne ligne de chant). Entre Hard Rock et Pop atmosphérique, « The Lie » est peut-être le titre à laisser le plus percevoir le passé Rock Progressif de Lake. On est tout de même bien loin de « Tarkus » et « Karn Evil 9 ». Le saxophone de Clarence Clemons du E Street Band fait une apparition remarquée sur le Pop jazzy « Someone ». Un titre qui, il faut dire, dénote avec le reste de l’album même si la patte de Lake reste présente ne serait-ce que par sa voix si identifiable. Quant à la ballade très américaine « Let Me Love You Once Before You Go », il s’agit très probablement d’une survivante des sessions US car la prod et le jeu des musiciens y sont très différents, bien plus Easy Listening. On verrait bien ce titre dans une comédie romantique américaine de l’époque. On termine avec « Fore Those Who Dare », un titre AOR avec des influences celtiques pas toujours heureuses en raison de l’utilisation de claviers bien kitsch.
En conclusion, ce premier album solo de Greg Lake est un bon album mais, on regrettera une seconde partie bien moins réussie que la première tant par son caractère décousu que par des compositions moins solides. On regrettera également que Moore et Lake n’aient pas essayé de composer ensemble, cela aurait pu permettre de laisser de côté les titres moins convaincants terminant l’album. Ce sera pour l’album suivant. Les ventes, elles, furent correctes mais bien en deçà de ce qu’on pouvait attendre pour la carrière solo du chanteur de ce qui avait été un des plus gros groupes du monde. Mais sans doute le style a-t-il déplu aux fans d’ELP tandis que les amateurs potentiels n’ont-ils pas attendu un tel disque de la part de Lake et ne lui ont pas laissé sa chance. C’est donc l’occasion de le redécouvrir. Sans être un chef d’oeuvre, il y a franchement de quoi faire le bonheur de plus d’un fan de Rock.













