BLONDE ON BLONDE (Bio)

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BLONDE ON BLONDE (Bio)

Messagepar alcat01 » 04 Fév 2013, 22:29

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Blonde on Blonde est un groupe de Proto Prog et Rock Psychédélique originaire de Newport, dans le Sud du Pays de Galles, nation réputée pour son coté teigneux.
Son nom est tiré du célèbre album de 1966 de Bob Dylan et le line up original était composé du chanteur guitariste Ralph Denyer, du batteur Les Hicks, du bassiste organiste Richard Hopkins (alias Richard John) et du guitariste sitariste et luthiste Gareth Johnson (celui-ci étant un guitariste hors du commun).

Blonde On Blonde s'est formé à Londres en 1967 à partir d'un trio Gallois Gareth Johnson, Richard Hopkins et Les Hicks, issus d'un groupe de Blues appelé The Cellar Set, qui cherche à faire évoluer ses influences Blues Rock vers quelque chose de plus progressif.
Ces trois musiciens déménagent pour Londres en 1967, où ils recrutent deux musiciens, les guitaristes Ralph Denyer, trouvé par l'intermédiaire du magazine musical Melody Maker, et Simon Lawrence qui rejoint le groupe pour jouer de la guitare à 12 cordes. Le groupe ainsi formé s'installe officiellement sous le nom de Blonde On Blonde.

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Lawrence avait joué dans des formations Folk et il amène un nouvel éclairage à la musique du groupe qui commence très vite à écrire ses propres chansons et à tourner dans les clubs du centre de Londres.
En 1968, le groupe donne des concerts, jouant dans des clubs tels que Middle Earth, et figurant dans la série TV de la BBC "How Late It Is".
Le groupe diversifie son répertoire en ouvrant pour des groupes comme Traffic, The Pretty Things ou The Deviants.
À l'Eté 1968, le groupe est suffisamment installé dans la scène underground pour participer à 'A Magical Mystery Tour' (un événement de deux jours de Middle Earth à The Roundhouse).
Le groupe participe au premier 'Isle Of Wight Festival', et il sert de groupe d'ouverture pour The Doors lors de leurs premières tournées anglaises et le retour du Jefferson Airplane à The Roundhouse, le tout en l'espace de trois week-ends consécutifs.
Tout cela permet à Blonde On Blonde de se faire remarquer par la presse musicale.

Cette publicité les amène à rencontrer le producteur Barry Murray qui les prend sous sa coupe.
Un premier single "All Day All Night / Country Life" sort en Novembre 1968.
Bien que ce 45 tours n'entre pas dans les Charts Britanniques, il suffit à attirer sur Blonde On Blonde les faveurs de la maison Pye Records qui les signe à la fin de l'année 1968 pour la réalisation de leur premier album.
Juste avant d’entrer en studio, Simon Lawrence décide de quitter Blonde On Blonde en raison de divergences musicales. Le groupe veut en effet se démarquer du Folk et réaliser un album davantage Rock.

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Réduit à un quatuor, le groupe enregistre son premier album, "Contrasts", avec une pochette 'gatefold' colorée, produit par Barry Murray, publié à la mi-1969.
L'album inclus les reprises de "No Sleep Blues" et "I Need My Friend" de Robin Williamson et une reprise de The Beatles, "Eleanor Rigby".
"Contrasts" est un album qui s’inscrit dans la première vague de ces groupes qui ne sont pas encore tout à fait progressifs mais ne sont déjà plus véritablement psychédéliques.
On sent des influences Psyché sur cet album qui explore aussi les voies du Prog en devenir, avec une reprise bien académique d'"Eleanor Rigby" des Beatles, assorties de cuivres dramatiques.
Les titres les plus remarquables sont "Ride with Captain Max", "I need my friend" ou le très beau et ambitieux "Mother Earth".
L’album nous réserve de bons moments comme "Spinning Wheel" où Gareth Johnson éclabousse de génie ce morceau par des interventions inspirées à la guitare fuzz.
L’organiste Richard Hopkins est également très présent sur cet album où se multiplie les effets et autres bricolages sonores.
Musicalement le groupe explore les domaines lancé en 1967 par des groupes psychédéliques comme Pink Floyd, Jefferson Airplane et même Cream, mais à une échelle d'influences beaucoup plus large qu'eux, ayant une palette musicale plus large que ces formations qui les influencent, offrant beaucoup à l'auditeur, ouvrant leur propre style, avec un peu de qualité de production variée.

Leur musique est une danse entre les contrastes de l'impressionnisme libre jumelé avec des éléments mélodique prédéfinis plus soigneusement construits, variant d'un côté fûté vers des niveaux élevés de la spiritualité, de sons folkloriques, des parties de guitare classique et de mantra comme pistes instrumentales, regorgeant d'influences musicales orientales, introduisant des 'drones cosmiques' fonctionnant sous hypnose sur différentes échelles du temps, et tout cela de paire avec des tons de Hard Rock de guitare Psychédélique Heavy similaires à Jimi Hendrix et au travail de Pete Townshend pendant les années soixante.
Il y a aussi une forte présence de la section rythmique batterie / basse avec du piano calin, du clavecin et des orgues.

Leurs paroles sont des poèmes cools assez basiques, mais aussi interrogatifs, émotionnels et même intéressants, un peu dans l'esprit de The Incredible String Band dont ils reprennent deux chansons ("No Sleep Blues" and "I Need My Friend").
Les disques les plus psychédélique des Beatles semblent une influence évidente (ils reprennent "Eleanor Rigby"). On découvre de la mélancolie dans leur musique, mais il y a aussi de l'espoir et du bonheur à l'intérieur.
Comme le nom de leur premier album l'indique, le groupe est plein de contrastes, comme des éléments différents qui se rencontrent de façon réussie, des résultats souvent intéressants et uniques sont nés.
Ce premier opus attire quand même l’attention malgré ses ventes modestes.

La même année, cet Eté-là, une certaine consécration voit Blonde On Blonde faire une apparition au second 'Isle Of Wight Festival' qui a pour thème 'Help Bob Dylan' en Août, peu avant que Ralph Denyer ne quitte le groupe et ne soit remplacé par David Thomas.
Le bassiste Richard John remplace également Richard Hopkins.
Le contrat avec Pye expire et le groupe signe avec le label Ember, devenant également un élément régulier du show télévisé "Whatever what", sur la BBC.

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Dave Thomas, un ami d'école futur chanteur du groupe, a dit que la source de ces contrastes était leur région d'origine, qui a été la campagne fortement industrialisée. Il remplace Ralph Denyer après que le groupe ait signé pour Ember Records à la fin de 1969, après la sortie du single "Castles in The Sky / Circles".
Ralph Denyer les quitte pour un groupe appelé Aquila, qui sortira un album intitulé "The Aquila Suite" pour RCA Records plus tard cette même année et Dave Thomas les rejoint seulement quelques semaines avant qu'ils ne jouent au deuxième Isle of Wight Festival.
En plus du chant, Dave joue un rôle actif dans l'écriture de chansons. Sa voix est douce, instruite et possède un vibrato agréable, n'atteignant pas l'aigu des 'fjord vocals' des groupes 'eavy 'etal de 1970.

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La critique est plutôt positive, et le groupe s’attèle en 1970 à son second opus, le bien nommé "Rebirth", qui une fois encore sera publié sous forme de 'gatefold' avec livret et notes rédigées par le futur Disc Jockey de Radio 1, Tommy Vance.

L'introduction de Thomas a donné au groupe un son plus Rock, plus Heavy même. L'album inclut la ballade de style Moody Blues ("Castles In The Sky"), les chansons de Rock Progressif ("You'll Never Know Me / Release") et les Rocks de base avec guitare fuzz ("November").

Cet album étant mieux maîtrisé et plus homogène que le premier, le groupe peut alors s’aventurer dans un Rock plus progressif où la guitare de Gareth fait des merveilles.
Notamment sur "Circles", où sur près de huit minutes, Gareth plaque des riffs tortueux et acides.

Sur les huit morceaux qui composent cet album, cinq suivent le schéma psychédélique relativement simple de "Castles In The Sky" avec un son véritablement proto-prog.
"Heart Without A Home" est un excellent morceau de plus de cinq minutes avec une utilisation superbe de la stéréo, une compétence malheureusement oublié et un son de lead guitare vraiment sale.
"Without A Home" groovant à souhait contient une partie de guitare bizarre, mais agréable et c'est l'une des meilleures chansons.
D'autre part, certaines chansons comme "Castles in the Sky" et "Time Is Passing" s'enfoncent largement dans le territoire Pop avec des références retro à la beat music.
D'ailleurs, "Time is passing" rappelle quelque peu le style de Gary Puckett and the Union Gap.
Reste trois titres qui constituent en fait bien plus de la moitié de l'album:
Le premier d'entre eux, "Circles", poursuit l'ambiance psychédélique mais d'une manière beaucoup plus complexe et acide. Il y a des nuances des morceaux les plus longs des Doors, la chanson passant par des changements constants de rythme et de mélodie.
Une fois de plus, le travail de la lead guitare est superbe, même si elle est remisée au loin dans un seul canal ne laissant que la batterie dans l'autre! Alors qu'il semble un peu décousu, il y a un attrait certain sur la façon dont les éléments constitutifs forment l'ensemble.
La plus longue chanson s"appelle "Colour Questions" et elle dure environ douze minutes.
Ce monstrueux morceau démarre à une vitesse fulgurante, sonnant comme une prise alternée de l'interprétation de "Sabre Dance" de Love Sculpture.
Thomas arrive alors pour mettre un peu d'ordre dans le chant, mais même celui-ci est moins bien structuré que sur les chansons courtes.
Les couplets alternent avec des parties de guitare sauvage qui une fois de plus remettent en question la séparation crée pour une stéréo maximum, tandis qu'un bon vieux mellotron dérive ça et là.
Le dernier morceau est en fait une combinaison de deux chansons plus courtes pour en former une de huit minutes: "You'll never know me / Release" est un morceau plus orthodoxe, mais qui comporte un peu de délicieux passages au piano.
Quoi qu'il en soit, la musicalité est encore d'un niveau élevé.
Enorme travail de basse, remarquable sur "November" par exemple et David Thomas possède une voix expressive.

L'album "Rebirth" est lui aussi bien accueilli par la critique, mais la consécration tarde encore à venir.

Lorsque ces enregistrements furent achevés, le groupe commence le tournage de "Whatever Next" pour la BBC télévision 'Saturday Night Special'.
Ils se produisent également à Londres et dans les universités et les collèges, les mairies et les clubs à travers le Royaume Uni avec des groupes comme Deep Purple, Jefferson Airplane, Atomic Rooster, Genesis, Wishbone Ash, Fleetwood Mac et Roy Harper.

Richard Hopkins est remplacé à la mi-1971 par le bassiste guitariste et banjoiste Graham Davis. Cette incarnation de Blonde On Blonde enregistre en Octobre 1971 l'album "Reflections On A Life" aux Rockfield Studios de Monmouth, et celui-ci sort sur le label Ember la même année.

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"Reflections On A Life", publié en 1971, se veut accessible au grand public, et Blonde On Blonde se lance alors dans un Folk Rock proche de la Country Américaine et du Hillbilly.
Gareth Johnson et Les Hicks s’occupent eux-même de la production de ce disque qui est vraiment assez déroutant car dans ce troisième enregistrement, le sens du style, du jugement et de la spiritualité du groupe semble avoir été perdu.
Il est étonnant de constater que sur cet album se trouvent peut-être les quelques instants les plus expérimentaux de leur carrière, comme une île perdue au milieu de chansons de style Hillbilly assez ternes.
Climats plus apaisés, des morceaux acoustiques, le disque est plus léger que ses prédécesseurs, le groupe ne parvenant pas vraiment à décoller sur ces onze titres où Gareth Johnson donne presque l’impression de s’ennuyer sur des accords folkeux qu'il plaque placidement.
Pourtant, ce disque va beaucoup plus loin dans les contrastes thématiques avec des passages sonnant plus expérimentaux comme l'aliénation et la folie de Syd Barrett, couplé avec des morceaux de pur Boogie et des belles formes mélodiques.

Commercialement parlant, ce troisième opus marche mieux, mais encore une fois, Blonde on Blonde ne connait qu'un succès commercial mitigé. Cela signe finalement la fin du groupe au début de l'année 1972.
Blonde on Blonde semble avoir eu une carrière similaire en qualité à d'autres groupes comme, par exemple Culpeper's Orchard, deux grands disques et un dernier plus décevant.
On regrettera alors que Gareth Johnson ne poursuive pas l’aventure en solo, car des disques de Blonde On Blonde restera ses solos et ses interventions quasi-extraterrestre émanant du manche de Gareth.

De nombreuses rééditions des albums de Blonde On Blonde sont apparues depuis, surtout dans les années 90. La réédition signée Esoteric Recordings se détache du lot par les deux titres du premier single en bonus et, enfin, la reproduction exacte de la belle pochette de ce premier album.

Depuis leur séparation, les allées et venues des différents membres de Blonde On Blonde restent un mystère mais il est généralement admis que, suite à la disparition du groupe, aucun d'entre eux n'a poursuivi sa carrière dans la musique, si ce n'est le chanteur et guitariste David Thomas.

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Mais, Ralph Denyer a continué à co-écrire "The Guitar Handbook" avec Isaac Guillory.
Ce livre a connu un énorme succès...

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David Thomas est donc resté sur la scène musicale, revenant en fin de compte à ses premières amours, le Blues.
David a sorti en 2010 un album de Blonde On Blonde. Le disque comprenait des chansons de Blonde On Blonde provenant de spectacles qui n'avaient pas été préalablement publiés et un matériel très récent. Ce nouvel opus, intitulé "Coldharbour" (autre nom de Newport) a été publié finalement sous le nom de Dave Thomas, probablement pour des raisons contractuelles...

Discographie

Contrasts (1969)
Rebirth (1970)
Reflections On A Life (1971)

Sources: David Thomas, François Becquart, amazon
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Re: BLONDE ON BLONDE (Bio)

Messagepar alcat01 » 31 Jan 2014, 18:48

bio mise à jour!
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