Autant je loue l'action de Creed Taylor (Impulse!) d'avoir dépensé une fortune (à l'époque) pour débaucher Trane de chez Ertegun (Atlantic), autant je me suis souvent posé des questions sur les trois albums de suite que sont Ellington, Hartman et Ballads - qui me semblent être une régression (oui, je sais parler de Duke et régression dans la même phrase peut fait bondir ) dans le chemin que Trane se traçait. D'autant plus que Creed avait bien spécifié que c'était pour supprimer les rênes de Trane et qu'il prenne son envol là où il voulait aller.
Ces trois albums ont-ils été créés suite à des pressions pour vendre bcp de disques et amortir le débauchage et passage de Trane dans les rangs du label?
N'étant pas un spécialiste, je ne peux te répondre que selon mon ressenti!
Je n'écoute que les disques qui me font véritablement vibrer, et ceci, même si cela peut être des albums que l'on peut considèrer comme plus 'commerctaux'!
"Exposed" était un assez bon album, mais il a néanmoins été éclipsé par le dernier de Strider, "Misunderstood", qui a encore été étoffé par la présence de Jenny Haan qui était alors sur le point de quitter Babe Ruth. Et la production a été confiée à Damon Lyon-Shaw, par ailleurs également ingénieur du son.
Ce deuxième effort est tout à fait différent du premier, en quelque sorte, un Classic Rock sophistiqué.
Il démontre que le groupe peut vraiment faire du Rock and Roll quand il le veut. C'est du Hard Rock pur et solide avec des claviers et un très bon chanteur. Certainement l'un des meilleurs albums de l'époque enregistré par un groupe serieux composé de grands musiciens.
Un très bon Hard Rock sans être excessivement Heavy, dans l’esprit du milieu des années 70, porté par un chanteur, Rob Elliot, à la voix puissante et chaude, mais Gary Grainger à la guitare et Ian Kewley aux claviers volent vraiment la vedette, ce qui rend cet album beucoup plus intéressant que son prédécesseur.
Il n'y a pas vraiment de morceau décevant sur l'ensemble de l'album. La musicalité est superbe ainsi que la production.
On trouve de superbes chansons, une bonne musicalité et une superbe dynamique comme "Open Your Eyes", la piste d'ouverture qui donne le rythme à un crescendo de voix et de guitare qui explose.
Suit "Misunderstood", la chanson titre, qui semble si facile avec son intro rentre-dedans.
"Crossed Lines" est un Hard Rock mid tempo avec un superbe solo de guitare de la part de Grainger.
"Seems So Easy" est un autre Hard Rock, meilleur que le précédent, où le groupe semble vraiment s'éclater.
"Already Monday" est certainement la chanson, un Blues Rock, où Gary Graingers en solo est le meilleur.
Quelques morceaux de la deuxième face présentent des cordes de Mellotron, mais ce ne sont pas exactement des classiques du genre; "Wing Tips" est excellent, un peu mini-épique et elle montre que le groupe a un côté plus doux qui met en évidence sa capacité d'écriture de chansons.
Tandis que "Take It Or Leave It" est plus un Rock que "Wing Tips", avec une rafale rapide de Mellotron dans le lent passage du milieu et sa reprise.
L'album se termine avec "Searching The Clouds", un dernier Hard Rock où Graingers sort un de ses solos dont il a le secret.
Cet album aurait dû être un album classique et l'aurait été si Strider avait obtenu la percée qu'il méritait.
Au moment de ce deuxième opus, "Flying" était définitivement l'hymne du groupe et le préféré du set scénique, même si le nouveau disque offrait huit nouvelles compositions. Mais avec seulement seize chansons à leur répertoire, des jams prolongés et une reprise R&B occasionnelle étoffaient l'ensemble.
Le groupe avait cependant, semble-t'il, atteint ses limites. Les querelles internes étaient finalement devenues trop importantes et le groupe s'est séparé en 1974. Cette situation avait été exacerbée par les efforts de Rod Stewart pour attirer Grainger loin d'eux.
Alors qu'il semblait que ce grand groupe allait se révéler, ils se sont séparés.
Strider n'a donc sorti que deux albums et ne l'a fait qu'en tant que note de bas de page dans l'Histoire du Rock, mais leur héritage a largement dépassé leur contribution en tant que groupe en raison du travail que leurs membres ont fait après leur rupture.
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"White hot" sorti en 1977 pourrait être considéré comme un embryon du style Pop Metal joué plus tard par des groupes comme Bon Jovi. Punky Meadows est l'un des plus grands guitaristes de Rock sous-estimés.
L'album a été produit par Eddie Leonetti et il offre les classiques "Don’t Leave Me Lonely" et "The Winter Song", que le groupe joue dans 'American Bandstand' de Dick Clark et aussi avec 'the California Boys Choir'.
L'emballage d'origine comprenait des reproductions des mini affiches et des mini cartes avec la 'track listings' et des informations sur le groupe.
"White Hot" n'est cependant pas plus proche du Heavy Metal que "Helluva Band" ne l'était. Les membres d'Angel étaient complètement désespérés à ce stade de leur carrière car le groupe était pourtant vraiment plus un groupe de Rock Prog qu'un groupe de Stadium Metal.
En dépit du fait qu'ils avaient l'image, le logo cool, le support de leur label, la presse, le spectacle grande scène, les chansons et que tout le reste allait pour eux, ils n'ont pas pu percer comme leurs camarades de label comme KISS ou Parliament.
Afin d'obtenir un public plus large, Angel s'est orienté vers un son complètement Pop Rock. Cela les a aidé à stimuler légèrement leurs ventes car "White Hot" est devenu le disque du groupe le plus vendu.
Chaque chanson est un véritable petit chef-d'œuvre Pop:
Des chansons comme "Don't Leave Me Lonely" et "Over and Over" sont d'excellents exemples de la Pop rencontrant le Rock des années 70 avec des voix plaintifs.
Les accords de Giuffria dans le morceau Rock d'ouverture "Don't Leave Me Lonely" sont magnifiques! C'est un des meilleurs de l'album.
La musique est plutôt polie d'une manière assez inoffensive, mais cela ne veut pas dire que ce disque est mauvais. Même si Angel ne parvient pas à aller jusqu'au bout de son entreprise, certains morceaux sont très accrocheurs, particulièrement "Ain't Gonna Eat Out My Heart Anymore" et "Hold Me, Squeeze Me".
Ils ont dépoussiéré une reprise de the Rascals prétendant au Top 40 "Aint Gonna Eat My Heart Out Anymore", une chanson très accrocheuse. C'est une ré-invention particulièrement musclée.
"Ain’t Gonna Eat Out My Heart Anymore" est devenu le single d'Angel le plus élevé dans les Charts au numéro 44.
Une chanson comme "Over and Over" pourrait être beaucoup moins pop, avec une production différente, tandis que "Under Suspicion" est en fait plutôt un bon Hard Rock.
"Got Love if You Want It" montre que ces gars-là peuvent effectivement jouer du bon vieux Hard Rock. C'est, en fait une chanson assez Heavy qui aurait pu l'être davantage avec une production un peu plus sale et plus méchante.
Dans "Stick like glue", le verset révèle une connexion évidente avec l'approche du Rock mélodique des années 1950/1960.
"Flying With Broken Wings (Without You)" est l'une des chansons les plus magnifiquement écrites de leur histoire et c'est un clin d'œil merveilleusement mélodique aux Fab Four.
La grande chanson finale "The Winter Song", une chouette petite ballade, ramène une obsédante mélodie, et c'est une finale parfaite pour un album agressif. Cette chanson a été retravaillé plus tard en une chanson de Noël appelé "The Christmas Song". À la dernière minute "The Winter Song" a été rajouté à cet album en remplacement d'une chanson intitulée "Better Days", qui a été publié sur un très obscur single.
"The Winter Song" a été enregistré à l'origine sous le titre "The Christmas Song" qui sera publié en Octobre en fingle avant la sortie de "White Hot".
N.B.: Cet album d'Angel a atteint le numéro 55 au Billboard.
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1971 : For Ladies Only
Peu de temps après la sortie de 7, Steppenwolf voit le départ du gratteux Larry Byrom parti former Ratchell. Il est remplacé par le guitariste de Blues Image, Kent Henry. Ce dernier rejoint le chanteur John Kay, le bassiste George Biondo, le batteur Jerry Edmonton et le claviériste Goldy McJohn pour la sortie 8ème album du loup des steppes, For Ladie Only un 33-tours engagé où John Kay chante la condition féminine. Mal interprété, cela vaudra au groupe d’être considéré comme sexiste pour y avoir collé à l’intérieur une photo d’un bolide en forme de phallus.
For Ladie Only publié en novembre 1971 sur ABC Dunhill n’est pas aussi direct que 7. Steppenwolf semble avoir levé le pied comme on peut l’entendre dans la balade folk aux dérives bluegrass « Shackles And Chains », le mélancolique « Tenderness » et le désabusé « In Hopes Of A Garden » en conclusion. Il y a bien des titres rock solides comme « I’m Asking », le vicieux « Jaded Strumpet » (tous deux chantés par Jerry Edmonton), « The Night Time’s For You » le ténébreux « Ride With Me » fait pour la route et « The Night Time’s For You ». Mais le groupe propose un disque plus sophistiqué en frappant aux portes du prog par des changements de tempos à l’image des 9 mn du titre éponyme en ouverture. Une piste parsemée de break mais surtout d’un piano et d’un orgue qui élaborent des mélodies plus raffinées. D’ailleurs Goldy McJohn n’a jamais été aussi expressif, faisant un excellent travail dans chaque titre à l’image du nerveux et désenchanté « Sparkle Eyes » ainsi que l’instrumental stratosphérique « Black Pit » et son xylophone kaléidoscopique. Par endroit il est bien accompagné par la guitare de Kent Henry qui sent les grands espaces.
« For Ladie Only » ne rencontre pas le grand succès. De plus ce Lp apparait comme étant l’affaire de George Biondo, Goldy McJohn, Kent Henry et Jerry Edmonton voire même de Mars Bonfire (ex-Steppenwolf qui signa « Born To We Wild ») venu apporter quelques compos. John Kay n’est accrédité que sur 3 morceaux. Laissant la main, ce dernier a la tête ailleurs, sa carrière solo probablement. La motivation s’échappant, alors qu’il chantait la condition féminine et l’amour, Steppenwolf se sépare le jour de la Saint Valentin 1972.
Après deux albums solos sur ABC Dunhill, John Kay relance Steppenwolf pour 3 albums avec le label Epic sans Kent Henry (atteint de la maladie d’Ahlzeimzer, il disparait en mars 2009) remplacé par Bobby Cochran. Puis suite à une nouvelle séparation le combo se présente comme John Kay & Steppenwolf dans les années 80 avec d’autres musiciens (Jerry Edmonton décède en novembre1993 d’un accident de voiture, Goldy McJohn meurt d’un arrêt cardiaque en aout 2017 et George Biondo devient musicien de sessions) jusqu’à son concert d’adieu le 6 octobre 2007 au Ripken Stadium à Aberdeen dans le Maryland.
Reste que le loup des steppes aura marqué l’histoire de la musique américaine par son rock sauvage, libre et engagé.
jeanjacquesperez
Cet album n'est pas aussi mauvais que certains veulent bien e dire!
Même si ce n'est plus du Steppenwolf pur jus, il se laisse encore bien écouter...
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En tout cas, Angel n'avait pas plus peur du ridicule que Kiss
c'est fou que ces deux groupes partageaient la même écurie à Casablanca.
Les deux premières pistes du premier album d'Angel sont OK, mais ils ont sombré tds par après.
Je ne peux même pas en dire autant de Kiss.
Cet album n'est pas aussi mauvais que certains veulent bien e dire!
Même si ce n'est plus du Steppenwolf pur jus, il se laisse encore bien écouter...
Je n'ai aucun problème à coller FLO à la période classique du Loup. C'est vrai que la bite sur roue, c'était un peu ba-lourdaud.
Par contre, les albums sortis chez Epic à sa reformation en 74/5, je n'ai jamais pu m'y faire, même si le batteur était encore là (et le claviériste pour un des 3 ou 4 albums).
J'ai cru comprendre qu'un coffret des années Epic vient de sortir (ce sera sans moi).
1957 Round About Midnight
Round About Midnight étant le premier enregistrement de Miles Davis chez Columbia, il s'agit à la fois d'un début et d'une fin. Certainement le début de sa carrière discographique avec le label qui a publié la plupart, sinon la totalité, de ses enregistrements importants ; et les débuts discographiques d'un nouveau groupe passionnant qui comptait dans ses rangs Philly Joe Jones, Paul Chambers, le pianiste Red Garland et un ténor pratiquement inconnu du nom de John Coltrane.
Le titre a été choisi en raison de son interprétation unique avec une trompette en sourdine, et a été présenté pour la première fois au festival de jazz de Newport l'été précédent, où il a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements. Cette date marque également une sorte de fin, car au moment de la sortie de l'album, Davis avait déjà séparé le groupe, qui s'est reformé avec Cannonball Adderley un an plus tard sous la forme d'un sextuor, mais l'année a été tendue.
Musicalement, ce son est aussi inhabituel et aussi beau qu'il l'était lors de sa sortie en 1956. Davis avait déjà mené la charge à travers deux changements dans le jazz - à la fois le cool jazz et le hard bop - et commençait à se déplacer dans une autre direction qui ne serait pas définie avant deux ans. Outre la beauté lyrique et harmonique évidente de "Round About Midnight", qui est sans doute sa version définitive, même par rapport à celle de Monk, il y a les bords de "Au Leu-Cha" de Charlie Parker, avec sa bluesologie qui s'échappe de chaque changement d'accord de la main gauche de Red Garland. Le solo de Coltrane est lui aussi remarquable pour son contraste frappant avec celui de Davis : il choisit une approche angulaire où il trouve le cœur du mode et joue une mélodie en contrepoint harmonique avec les changements, sans jamais s'en éloigner. Dans "All of You" de Cole Porter, Davis cite le "Basin Street Blues" de Louis Armstrong dans son solo qui enlève la mélodie, et Coltrane n'a jamais autant respecté une mélodie. Mais c'est dans "Bye-Bye Blackbird" que l'on peut entendre le groupe s'unir, en commençant par Davis qui joue la mélodie, en sourdine et en douceur, légèrement bémolisé jusqu'à ce qu'il atteigne l'harmonie sur le refrain et commence son solo sur une note aiguë. Garland ne se contente pas de jouer en arrière-plan ; il glisse des formes d'accords dans les intervalles et les modifie tandis que la section rythmique maintient un "temps doux". Lorsque Coltrane intervient pour son break, au lieu de la méthode dépouillée de Davis, il égrène les notes rapidement tout au long du corps mélodique de la mélodie et Garland doit compenser harmoniquement, en élevant le mode et le tempo d'un cran jusqu'à ce que son propre solo puisse le faire redescendre. Ce qu'il fait avec une magnifique lecture all-blues de la mélodie en utilisant d'abord une main, puis les deux mains pour créer de gros accords harmoniques qui ramènent Davis à la fin du morceau. La fluidité de l'ensemble est époustouflante.
Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire, si ce n'est que 'Round About Midnight' est l'un des enregistrements les plus essentiels de Davis sur Columbia.
Thom Jurek
Encore un bon disque que j'ai découvert dans les années 90 et acheté au feeling!!!
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:21, modifié 1 fois.
En tout cas, Angel n'avait pas plus peur du ridicule que Kiss
c'est fou que ces deux groupes partageaient la même écurie à Casablanca.
Les deux premières pistes du premier album d'Angel sont OK, mais ils ont sombré tds par après.
Je ne peux même pas en dire autant de Kiss.
Cet album n'est pas aussi mauvais que certains veulent bien e dire!
Même si ce n'est plus du Steppenwolf pur jus, il se laisse encore bien écouter...
Je n'ai aucun problème à coller FLO à la période classique du Loup. C'est vrai que la bite sur roue, c'était un peu ba-lourdaud.
Par contre, les albums sortis chez Epic à sa reformation en 74/5, je n'ai jamais pu m'y faire, même si le batteur était encore là (et le claviériste pour un des 3 ou 4 albums).
J'ai cru comprendre qu'un coffret des années Epic vient de sortir (ce sera sans moi).
J'ai découvert chaque album de Steppenwolf pratiquement à sa sortie (merci BEST, EXTRA, et autre R&F) quand ma discothèque vinyle s'étoffait.
Quand j'ai vendu mes vinyles, j'ai racheté tout naturellement les albums en CD.
Je ne renie, en effet, aucun disque du groupe, chacun étant porteur de 'bonheur' à sa manière!
P.S. J'ai même poussé le vice jusqu'à acheter les disques solo de John Kay, "Forgotten Songs & Unsung Heroes" et "Heretics & Privateers"...
Bayou Country (1969)
Le premier album éponyme de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, sorti en mai 1968, a été un premier pas discographique encourageant qui laissait supposer que le groupe emmené par les frères Fogerty était capable de monter très haut. Sans perdre de temps, les membres de CCR sont entrés en studio pour mettre en boite son successeur et tenter de marquer leur territoire.
Le line-up est exactement le même par rapport au premier album. La seule évolution notable se situe au niveau de la production puisque c’est John Fogerty en personne qui s’est chargé de cette tâche. Le second album de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL a pour titre Bayou Country et sort dès les premiers jours de l’année 1969, le 5 janvier pour être tout à fait précis. En gros, 7 mois séparent les sorties des 2 premiers albums du groupe.
L’envie d’en découdre des musiciens est très perceptible sur ce disque et CCR accouche de 2 hymnes intemporels, incontournables. Il est impossible de passer sous silence « Proud Mary », devenu avec le temps un immense classique du Rock et même du patrimoine musical américain. Il faut dire que ses mélodies de guitares restent facilement imprimées dans les cerveaux, au point d’avoir fait le tour du monde, au même titre que le refrain, fédérateur en diable. Et la section rythmique est suffisamment efficace pour faire spontanément taper du pied. La chanson fut en son temps un immense succès puisqu’elle s’est classée 2ème aux USA et au Canada, mais également n°1 en Autriche, en ex-Yougoslavie et en Afrique du Sud, 3ème en Nouvelle-Zélande, 4ème en Allemagne et en Suisse, 5ème en Australie, 6ème en Norvège, 8ème en Grande Bretagne, 11ème aux Pays Bas, 13ème en Suède et en Irlande. « Proud Mary » a d’ailleurs été repris par la suite à de nombreuses reprises: en cette même année 1969 par le groupe de Rhythm & Blues CHECKMATES, LTD. (qui a atteint pour l’occasion la 65ème place aux USA), puis en 1971 par Ike & Tina TURNER qui en ont fait un beau succès international (4ème aux USA, 5ème aux Pays Bas, 11ème au Canada, 21ème en Allemagne). Même Elvis PRESLEY a repris ce titre lorsqu’il partait en tournée entre 1970 et 1972. L’autre grand classique incontournable est « Born On The Bayou », emmené par des riffs et des mélodies de guitares inoubliables et surtout le coffre de John Fogerty. Ce titre a contribué à poser les bases du Heartland-Rock et s’avère tellement prenant, enivrant qu’il serait trop tentant d’en redemander.
En ce qui concerne les autres titres, ils confirment que CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL a franchi quelques paliers depuis son premier album. Par exemple, si « Bootleg » est un titre Folk Psychédélique solidement ancré dans son époque, il parvient à accrocher l’oreille, captiver l’attention grâce à des textures de guitares envoûtantes. Egalement dans l’air du temps, « Penthouse Paper », une compo Blues-Rock bien conçue avec des guitares aiguës qui pleurent plus que de raison et le chant de John Fogerty, plus posé ici. Enfin, CCR s’est montré à la fois plus ambitieux et plus expérimental sur « Keep On Chooglin’ « , un long titre de 7’41 qui commence comme un morceau de Blues-Rock classique, puis oblique vers une longue jam instrumentale qui voit l’harmonica s’inviter à la fête et rivaliser avec force avec les guitares. Puis, un solo à la tonalité aiguë précède des guitares qui se font plus dures, flirtant même avec ce qu’allait être le Hard Rock. Ce titre magistral est la définition même de ce qu’est le style Jam-Rock et a sûrement servi d’inspiration à GOV’T MULE et WIDESPREAD PANIC, notamment. L’autre long titre du disque, « Graveyard Train », voit la voix de John Fogerty et les guitares lui servir de colonne vertébrale, se signale aussi par un solo d’harmonica, mais sa mélodie de base est répétitive, redondante et apparaît, selon moi, comme le titre le moins inspiré de l’album. Enfin, une cover de LITTLE RICHARD vient compléter ce disque: « Good Golly, Miss Molly » (qui date de 1958) a été remise au goût du jour par CCR, qui a proposé une version musclée, rugueuse à souhait, mais toujours respectueuse de l’original avec ses guitares exubérantes et le rendu passe comme une lettre à la poste.
Avec Bayou Country, CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL a sorti un vrai classique du Classic Rock mondial, même s’il y a un titre un peu en dessous des autres. Le groupe américain a gagné en assurance, en maturité et John Fogerty a pris une dimension supplémentaire en tant que chanteur et compositeur. Désormais, CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL est prêt à enfiler le costume de grand groupe, de chef de file du Rock américain. Bayou Country est monté à la 7ème place du Billboard US où il est resté durant 88 semaines et a été consacré 2 fois platine au pays de l’Oncle Sam. Cette fois, la machine CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL est bien lancée.
Trendkill
C'est le premier album de CCR que j'ai acheté dès sa sortie (j'avais alors 14 ans)!
54 ans après, pour moi, il tient encore la route...
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:21, modifié 1 fois.
1976 Flying High
Le premier album de Blackfoot en 1975, No Reservations (nommé ainsi en référence à leur sang amérindien), avait été un échec critique et commercial pour leur label indifférent, Island Records.
Après avoir été libéré de son contrat, le groupe de rock sudiste plein de ressources s'est immédiatement associé à Epic Records, plus respectueux du rock, pour la sortie de leur deuxième album, Flyin' High, l'année suivante. Malheureusement, comme la plupart des albums de deuxième année, certaines chansons de Flyin' High souffrent clairement d'avoir été créées à la hâte, par rapport à la lente gestation dont bénéficiait le premier album du groupe.
En fin de compte, Blackfoot était encore à la recherche de son groove en matière d'écriture sur la voie de l'établissement d'un style plus lourd de rock sudiste qui les distinguerait finalement de Skynyrd et de tous leurs clones. Mais en ce qui concerne Flyin' High lui-même, le premier de ces deux faits concerne l'abondance de morceaux mal cuits et de seconde classe comme " Stranger on the Road ", " Junkie's Dream " et " Madness ", tandis que le second explique quelques-uns des morceaux au son anormalement " joyeux " comme l'ouverture " Feelin' Good ", l'hymne de cow-boy urbain " Dancin' Man " et la douceur country sans entrave de " Mother ".
Bien sûr, même les albums les plus lourds de Blackfoot à venir faisaient invariablement de la place pour une ballade épique de rock sudiste, mais même selon la plupart des mesures, l'exemple bien nommé de Flyin' High, "Try a Little Harder", était particulièrement médiocre. Et même si les effets négatifs d'une production peu sympathique ne doivent pas être négligés (les efforts ultérieurs seraient enregistrés comme des albums de hard rock d'abord, de rock sudiste ensuite), le fait est que seule une poignée de ces titres -- "Save Your Time", "Island of Life", le morceau-titre -- passe effectivement la rampe selon les standards élevés de Blackfoot à l'avenir. Rétrospectivement, on ne sait pas ce qu'un soutien promotionnel adéquat aurait pu faire pour Flyin' High (après tout, Blackfoot dans un mauvais jour a quand même battu l'enfer de la concurrence), mais l'album a été complètement ignoré par les consommateurs, a vu le groupe abandonné pour la deuxième année consécutive, et a rejoint son prédécesseur dans les bacs à découper, languissant hors d'impression pendant des décennies.
Lorsque Blackfoot revient sur le devant de la scène avec l'album watershed Strikes LP de 1979, de nombreux nouveaux fans supposent simplement qu'il s'agit du premier album du groupe, plutôt que d'une troisième fois bien méritée.
Eduardo Rivadavia
Sur ce disque, le son du groupe commence à se durcir par moment, le tout commence à prendre forme, mais ce n'est pas encore tout à fait ça, mais cela ne va pas tarder à venir!
De très bons passages cependant.
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:21, modifié 1 fois.
Impressions (1963)
Pour avoir un aperçu de la muse de Coltrane au début des années 1960, peu d'albums sont aussi représentatifs que Impressions.
Le disque rassemble des interprétations en concert et en studio et offre un assortiment de compositions qui, ensemble, illustrent à quel point le maître pouvait être polyvalent. Bien qu'aucun des morceaux de cette édition la plus récente ne soit inédit et que la majorité soit disponible sur deux coffrets récents ( Complete 1961-Village Vanguard Sessions et Complete Classic Quartet ), ce disque unique offre toujours une distillation passionnante de l'immense talent de Coltrane.
"India" et le morceau-titre sont deux exemples de la synergie qui existait entre Trane et Eric Dolphy sur la scène. Le premier met en vedette la combinaison de clarinette soprano et de clarinette basse, tandis que le second se concentre sur un tandem ténor/alto. La raison pour laquelle ces deux variantes étaient les combinaisons préférées du duo est ouverte à l'interprétation, mais l'urgence et la profondeur de leurs créations deviennent immédiatement évidentes dans l'une ou l'autre configuration. "Up 'Gainst the Wall" et "After the Rain" sont des détours intéressants, mais la brièveté de chacun d'entre eux laisse les oreilles sur leur faim.
"Dear Old Stockholm", le morceau-titre d'un album précédent d'Impulse, est ajouté à ce disque pour une raison inexplicable. Pour ce dernier morceau, Roy Haynes remplace Jones et apporte une présence résolument différente, mais non moins dynamique, en tant que point d'ancrage rythmique du quatuor.
Tous les morceaux, bien que d'origine disparate, s'intègrent remarquablement bien les uns aux autres, ce qui en fait une collection à conserver précieusement, en particulier pour ceux qui ne veulent pas dépenser les ducats des coffrets onéreux.
Derek Taylor
Un album qui doit absolument être écouté pour connaitre l'univers musical de Coltrane!
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:22, modifié 1 fois.
Otis Spann - The Biggest Thing Since Colossus (1969)
Après avoir débuté sa discographie en 1960 de manière intimiste en duo chant/piano et guitare, celui qui fut pianiste dans le Chicago Blues de Muddy Waters poursuit sa route en groupe. On peut citer les respectueux The Blues Of Otis Spann (1964), Otis Spann’s Chicago (1966) Blues ou encore The Bottom Of The Blues (1968).
En 1969, Otis Spann publie The Biggest Thing Since Colossus qui a une saveur toute particulière. En effet, parmi le line-up se trouve des membres de Fleetwood Mac. Pour explication sous l’impulsion du producteur Mike Vernon, responsable du label Blue Horizon, Fleetwood Mac en pleine tournée nord-américaine participe en janvier 69 à des sessions à Chicago avec de grands bluesmen de l’écurie Chees (Otis Spann, Buddy Guy, Willie Dixon, S.P. Leary, Honeboy Edwards…).
Le courant passant bien entre Otis Spann et les membres de Fleetwood Mac, vient l’idée de réaliser cet album pour le compte de Blue Horizon, enregistré durant ces mêmes sessions. Il faut préciser que de Fleetwood Mac ne participent que le bassiste John McVie ainsi que les guitaristes Peter Green et Danny Kirwan. Mick Fleetwood laissant sa place au batteur S.P. Leary à la demande d’Otis Spann pendant que le guitariste Jeremy Spencer resté à Londres se préoccupe de son Lp solo.
Curieusement, The Biggest Thing Since Colossus n’est pas le 33-tours le plus connu du pianniste/chanteur. Pourtant il offre un Lp explosif de Chicago blues urbain fusionnant avec le british blues boom. Flagrant dans les blues rock « It Was a Big Thing », « Dig You » et « She Needs Some Loving » sans parler que c’est limite hard rock avec le tribal « Walkin' ».
Dès les premières notes du titre d’ouverture, « My Love Depends On You » sur un tempo lent au climat cafardeux, on reconnait le style étincelant de Peter Green à la guitare qui croise le fer avec le jeu bavard et boogie du pianiste accompagnant un chant grave, rauque, chaud et engagé. On est dans le même registre stoner avec « I Need Some Air » mais surtout les 6 mn torrides de « Temperature Is Rising (100.2°F) ».
Les musiciens nous offrent aussi une magnifique balade remplie de spleen, un soupçon exotique avec « Ain’t Nobody’s Business » du crooner Jimmy Witherspoon.
Pour le reste nous sommes dans la pure tradition du Chicago blues avec les rythm & blues « No More Doggin' » de Rosco Gordon et « Someday Baby » en conclusion.
The Biggest Thing Since Colossus sera le dernier album studio en tant que lead du vivant d’Otis Spann. Il décède le 24 avril 1970 âgé de moins de 50 ans.
jeanjacquesperez
Un disque que j'ai découvert dans les années 80.
C'est de l'excellent Blues et l'entente entre Otis Spann et une partie des membres du Fleetwood Mac de Peter Green est vraiment très bonne.
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:22, modifié 1 fois.
Sinful (1979)
Le cinquième album d'Angel, "Sinful" (initialement intitulé "Bad Publicity") sort en 1979. A ce moment-là, le groupe se porte vraiment assez mal.
Eddie Leonetti qui est le même producteur qui était présent sur leur album le plus vendu, "White Hot" produit une nouvelle fois le groupe avec "Sinful'.
Grâce à lui, la progression des choeurs est enfin une réalité: Pour les trois premiers albums, Frank Dimino avait effectué toutes les voix avec des résultats assez moyens. Depuis que "White Hot" est sorti, Frank a partagé les choeurs avec le bassiste Felix Robinson et le batteur Barry Brandt.
Le résultat a été à la hauteur sur "White Hot", et bien sûr aussi sur "Sinful". "L.A.Lady" par exemple, est pratiquement tout en backing vocals.
"Sinful" est pourtant considéré comme le plus faible (et le dernier) album du catalogue studio original, un peu superficiel et simpliste avec peu de profondeur musicale mais toujours du Pop Rock aéré inoffensif avec quelques bonnes mélodies à jouer.
Plus de guitare et moins de claviers ici par rapport à "White Hot". C'est un album plus concentré sur la guitare que"White Hot" ne l'était, mais pas autant que l'explosion Arena Rock qu'avait donné Eddie Kramer avec "On Earth as It Is in Heaven".
Et bien, l'album entier, même les chansons d'amour, est bon.
Oui, la production est lisse, mais cela ressemble à ce que tous les groupes d'Arena Rock faisaient à l'époque...
Punky Meadows est un grand guitariste, le batteur Barry Brandt est incroyable et le reste des mucisiens du groupe sont tous talentueux.
C'est finalement un bon album de Pop Metal. Toutes les chansons sont ici très concentrées, la production très serrée et très sagement accrocheuse.
"Sinful" est rempli de bons morceaux qui rockent: Des morceaux comme "LA Lady", "Can't buy love"ou "Bad Time" sont ravageurs.
Greg Guifria se retrouve toujours plus au second plan mais il présente encore de bonnes choses: "Don't Take Your Love" ouvre l'album avec des vocaux nets et un rythme de batterie très carré, c'est un chanson sur une crise cardiaque imminente. Certes, cette chanson est un effort délibéré pour tenter d'être aussi radiophonique que possible. Pourtant, même le clavier Heavy synthétisé a des qualités rédemptrices dans la mélodie.
Le reste de l'album qui semble reprendre là où "White Hot" avait fini, mais avec plus de vernis sur la production, montre cependant un niveau de maturité au sein du groupe qui a finalement été atteint en cette période malheureuse de l'histoire du Rock:
Les choses s'allégent un peu avec "L.A. Lady", morceau ressemblant presque à du Aerosmith ou du Van Halen avec la ligne mélodique magique jouée par Greg Guiffria avec bonheur aux claviers. C'est une stupide grande chanson d'Eté qui est pratiquement sûre de plaire.
Le duo dynamique de "Just Cant Take It" et "You Can't Buy Love" établissent bien des choses en commun concernant les enjeux du Pomp Rock. Ils ont de la guitare acoustique, du moog jusqu'à la machine à applaudissements électronique.
Comme les enchaînements de piste dans "Just Cant Tak It" via une guitare acoustique toute calme, le groupe aime malgré tout la simplicité du style de Pop Rock. Ces deux chansons ont probablement été collées ensemble parce qu'elles sonnent si semblables l'une l'autre.
Le chanteur Frank Dimino sonne mieux que jamais: Il nous donne quelques mélodies de qualité réelle, parfois ressemblant habilement aux Beatles eux-mêmes. Par exemple, "You Can't Buy Love", un titre qui est un peu trop près de "Can't Buy Me Love" contient des mélodies et des harmonies qui rappellent the Fab Four.
Le dernier morceau de la face 1 "Bad Time" est un peu plus pessimiste lyriquement, mais ce n'est pas une mauvaise chanson.
C'est la chanson la plus Heavy et la plus méchante de l'album. Punky Meadows devient enfin le 'guitar hero' qu'il aurait du être dès le départ et Felix Robinson possède un jeu de basse très groovy. Le chant de DiMino sonne peut être trop comprimé mais le reste du groupe groove parfaitement avec un riff accrocheur.
Meadows expédie l'intro de "Waited A Long Time" et même si la voix de Frank DiMino est un peu tendue, la section mucicale au moment du pont est à couper le souffle.
La chanson Pop suivante, l'un des meilleurs morceaux de l'album, "I'll Bring the Whole World To Your Door" avec un changement de clé à la fin rappelle les Beatles et elle possède une superbe ligne mélodique.
"I'll Never Fall In Love Again" est élégamment complet avec ses claviers fanfare. Il sonne comme la Power Ballad ultime avec la présence des solides claviers de Greg Giuffria.
Cette ballade enchaîne avec "Wild and Hot" d'une manière qui lie les deux morceaux ensemble avec brio. Le premier verset de "Wild and Hot", une crise de colère adolescente, imite la mélodie de "I'll Never Fall In Love Again", puis elle se transforme en une énergie plus élevée, dans un style très Cheap Trick.
Le meilleur du meilleur a été littéralement gardé pour la fin avec "Lovers Live On" qui pourrait être la plus grande chanson d'Angel. Peut être que ce petit joyau caché mériterait plus l'attention.
Elle clôt l'album d'une manière particulièrement puissante et inspirée et elle ressemble au morceau Glam Metal idéal. C'est comme si Angel voulais enfin laisser le sentiment qu'il était devenu une groupe majeur.
Malheureusement, ce n'était pas le cas!
"Bad Time" et "Wild and Hot" (utilisé dans le film "Detroit Rock City") auraient pu et dû être des Power-Glam classics.
L'album atteint finalement un lamentable numéro 159 dans le Top 200 Album du Billboard.
"Sinful" sera le dernier album d'Angel pendant dix ans, et le dernier dans cette configuration-là.
Peut-être que si Angel s'était établi un peu plus tôt, il aurait pu survivre: KISS, Aerosmith ou Queen par exemple y ont réussi, mais surtout en raison du succès qu'ils avaient eu avant la fin des années 70...
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:22, modifié 1 fois.
1974 : Slow Flux
Le jour de la Saint Valentin 72, Steppenwolf se sépare après 8 albums au service d’un rock sauvage. Le chanteur/leader John Kay tente une carrière solo où il pond deux Lp pour le compte du label ABC Dunhill qui abritait le loup des steppes.
Une tentative solo en demi-teinte. En effet, pour John Kay le compte n’y est pas, probablement à ce maudit hit « Born To Be Wild » qui lui colle à la peau et que les fans retiendront. ABC arrête donc les frais ne publiant qu’une compilation en 1973 pour service rendu.
Vient l’idée pour le chanteur canadien de reformer Steppenwolf. De l’ancienne époque il rappelle l’organiste Goldy McJohn, le bassiste George Biondo et le batteur Jerry Edmonton. Pour la guitare on fait appel à un nouveau venu, Bobby Cochran qui a pour oncle le chanteur de rockabilly Eddie Cochran.
Tous ce beau monde signe chez Epic et pond en 1974 un 33-tours intitulé Slow Flux.
Nous sommes en 1974 et le hard rock, émanation du blues rock, a franchi une étape. Deep Purple inonde les ondes de riffs hard funk, Black Sabbath impose un heavy métal de plus en plus sombre, sans parler de nouveaux venus prometteurs comme Aerosmith ou Thin Lizzy au style plus direct.
Fait de 10 morceaux, ce Slow Flux apparait comme décalé. Au fond avec Steppenwolf, on est habitué. A peine « Born To Be Wild » balancé en 1968 que le combo mené par John Kay fut ringardisé l’année suivante par les deux premiers albums de Led Zep, deux brulots incendiaires jamais entendu auparavant. Un comble pour celui qui fût un des inventeurs du hard rock.
Le disque débute par « Gang War Blues » où l’on retrouve le rock bien caractéristique du loup des steppes, rugueux, pesant et engagé. On reconnait l’orgue caverneux de Goldy McJohn, la voix nerveuse et éraillée de John Kay. De plus Bobby Cochran fait un excellent travail avec sa six cordes électrique au jeu vicieux tant dans les rythmiques que dans les soli apportant un souffle nouveaux. Un bon démarrage qui nous renvoie avec nostalgie à Second et Monster.
On perçoit cet esprit dans « Children Of Night », le tapageur « Get into the Wind », le malsain « Jeraboah », le groovy « A Fool’s Fantasy » ainsi que la balade « Smokey Factory Blues » aux effluves country et prog. Il y a aussi cette ballade naïve, « Morning Blue » qui nous remémore un certain au passé.
Ça c’est pour le bon côté de ce 33-tours. Le mauvais (ou le moins terrible si vous préférez) c’est ces chansons accompagnées de cuivres, dont on se demande ce qu’ils font ici. Fort dommage, cela gâche un peu la fête. A commencer par la balade « Justice Don’t Be Slow », ainsi que le rythm & blues « Straight Shootin’ Woman ». Heureusement par endroit Bobby Cochran sauve la mise. Le pire c’est le titre final, « Fishin’ in the Dark » avec son chamberlin tout droit sorti d’un carnaval des Caraïbes.
Bref, un disque bancal se montrant toutefois attachant mais après plusieurs écoutes. Slow Flux sera la dernière contribution de Goldy McJohn. John Kay mécontent de ce denier le limoge. Son orgue sonnant peut être rétro. Membre fondateur, il décède en aout 2017 des suites d’un arrêt cardiaque à l’âge de 72 ans.
jeanjacquesperez
Un album plutôt réservé aux fans du groupe!...
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:22, modifié 1 fois.
1957 Bags' Groove
Il y a une multitude de raisons pour lesquelles Bags' Groove reste une pierre angulaire du genre post-bop.
Bien sûr, il y aura toujours l'attrait du mythe urbain entourant la session de la veille de Noël 1954 - à laquelle participait Thelonious Monk - qui est documentée sur les deux prises du morceau-titre. Il y a évidemment des éléments plus tangibles, comme les échanges quasi télépathiques entre Davis et Sonny Rollins (saxophone ténor). Ou encore l'étrange capacité d'Horace Silver (piano) à fournir un flot de progressions d'accords qui constituent une deuxième piste discrète sans jamais prendre le dessus.
Le choix de Milt Jackson (vibrisses), Kenny Clarke (batterie) et Percy Heath (basse), anciens membres du Dizzy Gillespie Orchestra et du Modern Jazz Quartet, est manifestement judicieux. Ce combo est devenu synonyme de capacité à improviser avec goût et à fournir des lignes de bop bluesy dans des contextes variés. La syncope à tempo élevé et aux accents latins de l'ouverture de "Airegin" débouche sur des lignes et des phrasés en accords mineurs qui réapparaîtront plusieurs années plus tard dans l'épopée Sketches of Spain de Davis. L'amusant et légèrement maniaque "Oleo" présente l'une des performances les plus impressionnantes de Heath sur Bags' Groove. Son accompagnement en staccato montre la facilité avec laquelle ces géants du jazz sont capables d'incorporer des séries de solos dans un ensemble plus vaste. Bags' Groove est la pierre angulaire de toutes les collections de jazz. De même, le néophyte comme l'amateur de jazz chevronné trouveront beaucoup à découvrir et à redécouvrir tout au long du disque.
Lindsay Planer
Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:23, modifié 1 fois.
Hé oui, nous n'avons pas eu la même approche que les plus jeunes, surtout avec l'avènement du Web!
Et temps que l'on parle de Steppenwolf .. sur le double cd "Retrospective" il y a (sur le cd 2) une version d'enfer de Born to be wild (live 1987) que je n'arrive pas à trouver sur le web .. si tu trouves ..