C'est clair que le son rappelle complètement Coltrane
C'est dingue à quel point même, ca en est presque une imitation.
J'aime vraiment beaucoup ce que j'ai entendu, franchement, mais le son de sax me gêne un peu..je trouve ça too much
Oui, aussi on parlera plus de "savoir faire" que de créativité...
D'ailleurs elle ne s'intéresse qu'à une période coltranienne en gros, celle entre 63 et 66, avec une loupe sur "A love Supreme".
On est loin de la démarche du maître, habitée et torturée, se remettant systématiquement en cause, creusant et et cherchant avec une incroyable ténacité...
Il y a un autre groupe qui a suivi une démarche voisine à celle de Muriel Grossmann, avec deux beaux albums dont je vous ai parlé y'a pas mal de temps, pour mémoire les voici:
Franklin Kiermyer - Pharoah Sanders, John Esposito, Drew Gress – Solomon's Daughter (1994)
Scatter The Atoms That Remain – Exultation (2019) avec le même Franklin Kiermyer mais sans pharoah sanders
Beaver Harris 360° Music Experience – Negcaumongus – (1981)
Je vous ai déjà parlé des deux premiers albums de « The 360 Degree Music Experience », « From Rag Time To No Time » qui date de soixante-quinze, et de l’excellent « In:Sanity » chez Black Saint paru en soixante-seize. Cette sortie de quatre-vingt-un correspond à un album live enregistré en juillet soixante-dix-neuf à l’Université du Massachusetts.
Le nom du batteur Beaver Harris est mis en avant sur la pochette, mais très vite s’ajoute celui de Don Pullen dont l’importance est cruciale. Il faut compter également avec Francis Haynes au « steel drums », Ken McIntyre au sax alto, au hautbois et à la flûte, Ricky Ford au ténor, Hamiet Bluiett au sax baryton et Cameron Brown à la basse.
C’est vraiment du costaud avec de grands noms à tous les postes, ce trio de solistes à l’avant est tout à fait exceptionnel et nourrit l’album de façon continuelle. Ce dernier est formé d’une très longue pièce du nom de l’album, « Negcaumongus » qui occupe la première face durant vingt-six minutes et la prolonge sur la face B pendant plus de vingt-cinq minutes.
Une autre pièce « Well Kept Secret » est également incluse à la fin de cette face et s’écoute indistinctement de la seconde partie de « Negcaumongus ». Elle figurera sur le futur et dernier album de la formation, qui paraitra en quatre-vingt-quatre. Hélas la prise de son en public n’est pas optimum et ne permet pas de jouir de la musique autant que sur le fabuleux « In:Sanity » par exemple. Pour autant les solistes sont vraiment exceptionnels et le disque est sauvé par la qualité des musiciens.
Les passages où Francis Haynes joue ses solos de steel drum sont probablement les plus difficiles, ayant du mal à sortir de la masse, à un moment même il s’y noie, cet instrument est pourtant agréable à l’oreille bien qu’atypique, mais il a besoin d’un bon rendu sonore pour montrer toute sa profondeur.
Malgré cette prise de son qui ne rend pas justice aux musiciens, l’enregistrement préserve son intérêt grâce à la qualité des solos qu’il contient.
Beaver Harris 360° Music Experience - Negcaumongus - Part 1
Beaver Harris 360° Music Experience - Negcaumongus - Part 2 / A Well Kept Secret
C'est clair que le son rappelle complètement Coltrane
C'est dingue à quel point même, ca en est presque une imitation.
J'aime vraiment beaucoup ce que j'ai entendu, franchement, mais le son de sax me gêne un peu..je trouve ça too much
Oui, aussi on parlera plus de "savoir faire" que de créativité...
D'ailleurs elle ne s'intéresse qu'à une période coltranienne en gros, celle entre 63 et 66, avec une loupe sur "A love Supreme".
On est loin de la démarche du maître, habitée et torturée, se remettant systématiquement en cause, creusant et et cherchant avec une incroyable ténacité...
Il y a un autre groupe qui a suivi une démarche voisine à celle de Muriel Grossmann, avec deux beaux albums dont je vous ai parlé y'a pas mal de temps, pour mémoire les voici:
Franklin Kiermyer - Pharoah Sanders, John Esposito, Drew Gress – Solomon's Daughter (1994)
Scatter The Atoms That Remain – Exultation (2019) avec le même Franklin Kiermyer mais sans pharoah sanders
Oui c'est tellement dommage car j'ai pour le coup aussi écouter son dernier album sortie fin d'année dernière et qui est aussi excellent (vraiment, je l'ai écouté deux fois de suite) hormis le sujet du son de son sax
Après c'est peut être moi qui fait trop un focus la dessus
C'est clair que le son rappelle complètement Coltrane
C'est dingue à quel point même, ca en est presque une imitation.
J'aime vraiment beaucoup ce que j'ai entendu, franchement, mais le son de sax me gêne un peu..je trouve ça too much
Oui, aussi on parlera plus de "savoir faire" que de créativité...
D'ailleurs elle ne s'intéresse qu'à une période coltranienne en gros, celle entre 63 et 66, avec une loupe sur "A love Supreme".
On est loin de la démarche du maître, habitée et torturée, se remettant systématiquement en cause, creusant et et cherchant avec une incroyable ténacité...
Il y a un autre groupe qui a suivi une démarche voisine à celle de Muriel Grossmann, avec deux beaux albums dont je vous ai parlé y'a pas mal de temps, pour mémoire les voici:
Franklin Kiermyer - Pharoah Sanders, John Esposito, Drew Gress – Solomon's Daughter (1994)
Scatter The Atoms That Remain – Exultation (2019) avec le même Franklin Kiermyer mais sans pharoah sanders
Oui c'est tellement dommage car j'ai pour le coup aussi écouter son dernier album sortie fin d'année dernière et qui est aussi excellent (vraiment, je l'ai écouté deux fois de suite) hormis le sujet du son de son sax
Après c'est peut être moi qui fait trop un focus la dessus
En fait elle a érigé son style en "système" et elle fait, peu ou prou, invariablement des variations du même album...
Ce qui n'empêche pas que ce soit très agréable, perso j'aime bien me plonger de temps en temps dans la marmite !
Jean-Luc Cappozzo, Douglas R. Ewart, Joëlle Léandre, Bernard Santacruz, Michael Zerang – Sonic Communion – (2015)
Après avoir découvert, puis être tombé dans le chaudron de ces « Bridge Sessions », je me suis enquis de ce premier volume du genre, qui réunit de fabuleux musiciens, avec déjà le souci de réunir des musiciens américains et des musiciens français, ainsi réunis autour d’un projet commun.
Côté US il y a du lourd avec Douglas R. Ewart aux instruments à bois, comprendre saxos sopranino et alto, clarinette, basson, flûte et flûtes de bambou, ainsi que « bruits d’objets » … Il y a également le batteur de Chicago Michael Zerang. Côté français il y a Jean-Luc Cappozzo à la trompette et au bugle, ainsi que Joëlle Léandre et Bernard Santacruz aux basses.
Les notes de pochette indiquent que cet album est un témoignage sonore, laissé après une tournée en France entre le quatorze et le vingt-sept octobre deux mille treize, au sein de « The Bridge », réseau transatlantique de création musicale.
C’est tout simplement magnifique et je pourrais m’arrêter là.
Mais je sens qu’il faut argumenter un peu, parce que, certes, j’ai fait mes preuves en matière de bon goût, mais également en termes d’excès, de boursouflure, tissant parfois d’excessives louanges voire de dithyrambiques éloges, alors que d’autres n’y entendent que cris et hurlements, vacarme et barouf, autant de souffrances infligées aux fragiles tympans des auditeurs flouées…
Bob, bon, ici ils sont tous terribles, des maîtres improvisateurs, de France ou d’ailleurs, de Capozzo à Santacruz, de Zerang à Ewart, et de Joëlle à Léandre, quel festival ! Cinq pièces qui se suivent fricotant avec l’heure de musique…
Ici s’entendent les musiques du monde, comme un fil qui relie les pièces, bien sûr les flûtes, et les sonorités exploitées par le grand Douglas Ewart, mais aussi par les couleurs de la batterie de Michael Zerang qui évoquent l’Afrique et ses sonorités. Il faut également saluer l’extraordinaire duo des basses, rarement une telle complicité s’est manifestée, ils sont tous les deux terribles et redoutables, offrant à cette jungle une épaisseur considérable. Capozzo est lui aussi lumineux, comme il sait faire quand l’heure de faire arrive.
Après un tel démarrage, quand les ponts furent franchis, comment ne pas continuer à bâtir d’autres ouvrages d’art ?
Encore un album de la pandémie, c’est presque un genre désormais, il faudra bientôt classer tous ces albums dans un petit coin à part, en souvenir de la petite cuisine, où de la partie du salon où les musiciens hibernaient… La reformation du trio est une sorte de réponse à cette léthargie, à ce miasme collectif, comme s’il fallait faire renaître l’énergie, faire le point et créer à nouveau.
C’est ainsi que le saxophoniste Ivo Perelman, le pianiste Matthew Shipp et le batteur White Dickey se retrouvèrent tous les trois, reconstituant le trio de deux mille quinze, à l’origine de l’album « Butterfly Whispers ». Pourtant, depuis cette date les trois n’ont cessé de se rencontrer, Perelman et Shipp, de très nombreuses fois, mais aussi Shipp et White Dickey depuis longtemps associés à David S. Ware, Dickey encore aux côtés de Perelman, sur « Clairvoyant » de deux mille douze et beaucoup parmi les albums suivants encore…
Ici ce sont un peu des retrouvailles, des liens privilégiés qui se reconnectent, d’ailleurs les trois signent les compos, car la création est collective, ils se connaissent tellement qu’il n’y a guère à préparer, l’amitié et la confiance aveugle font le reste, avant de dire ils savent, il ne reste plus que le « faire », rendre visible ce qui tient de l’indicible, concrétiser par le souffle, le toucher et la frappe, donner forme au son, à la musique.
Le titre, « Garden Of Jewels », aussi nom de la première compo, pourrait sembler imagé, mais il n’en est rien, même si cela reste anecdotique, il éclaire Ivo Perelman d’une autre façon. En effet, le bijou visible sur la pochette est une création du saxophoniste, il aime créer des bijoux à ses heures de loisir. Et cet album, au travers des titres qui en marquent les étapes, égrène des noms de pierres plus ou moins précieuses, « Tourmaline », « Amethyst », « Onyx », « Turquoise », « Emerald », « Sapphire » et « Diamond ».
Après avoir écouté l’album lorsqu’il fut terminé, Perelmann déclara : « Nous sommes comme des scientifiques qui s'occupent du son, chaque enregistrement est un moyen de vérifier notre évolution. » C’est qu’il inscrit ce travail collectif sur une sorte de trajectoire, comme s’il pouvait le jauger avec des abscisses et des coordonnées, juste pour aller un peu plus loin, explorer un nouveau domaine ou faire avancer une proposition.
Cette démarche dans un cadre un peu scientifique peut surprendre au domaine de la musique et de la spontanéité, mais elle traduit son désir de bien faire, et de parfaire même, toujours mieux et davantage, ne jamais se contenter et mesurer le chemin qu’il reste encore à accomplir. Cette démarche est celle de Coltrane qui n’a jamais cessé de faire reculer les possibles, les frontières, jusqu’à tout oser…
Jemeel Moondoc Quartet – The Astral Revelations – (2018)
Je vous ai mis la pochette « bandcamp », celle avec les photos, dans la réalité elle est sans, et les photos que l’on voit sont placées dans un volet intérieur. Mais c’est pratique pour les présentations, de la gauche vers la droite, Matthew Shipp au piano, Jemeel Moondog au saxophone alto, Hilliard Greene à la contrebasse et Newman Taylor à la batterie. Je vous ai de temps en temps parlé de Jemeel Moondoc, un musicien qui m’a marqué.
Il a percé pendant la période des Lofs à New-York, en compagnie de William Parker, avant de s’effacer et de presque disparaître. Des enregistrements sont parus avec le fabuleux coffret trois Cds « Muntu Recordings » édité par No Business Records qui regroupait des enregistrements de soixante-quinze à soixante-dix-neuf. Je crois vous avoir parlé également de « The Intrepid Live In Poland » de quatre-vingt-un également, avec encore Roy Campbell… Et d’autres encore, que l’on peut retrouver grâce à l’option recherche du fofo…
Ce qu’il y a de particulier avec Jemeel, ce qui le rend vraiment unique, rare, c’est qu’il a suivi sa propre route, comme Charles Gayle par exemple, certes, il est moins radical que Gayle : c’est qu’il est sans doute plus doux, moins jusqu’au boutiste, moins radical, mais certainement tout aussi intègre, authentique dans son art, un bijou poli et brut, qui, par ailleurs, a laissé une trace qui touche au sublime, sur cet enregistrement.
Cet album est issu d’un concert qui a eu lieu à Amsterdam, au club Bimhuis, en deux mille seize. Quatre pièces au total pour plus de cinquante-trois minutes de musique, les deux premières sont déjà connues, « Cosmic Nickelodeon » et « Blues for Katie » et les deux autres sont inédites, « Here Now, Gone Now » et le véritable trésor de cet album dont je vous parlais plus haut, le genre de truc qui vous chavire, un hommage à Ornette Coleman qui méritait bien cet honneur, le plus court titre ici, sept minutes et dix-sept secondes déchirantes à en pleurer, « Ornette Gone Bye ».
Bon quand on est un peu malin c’est le genre de truc qu’on lâche à la fin du billet, quand tout est déjà dit, mais là j’étais trop pressé… Reste à parler du fabuleux Matthew Shipp qui s’est partagé entre William Parker, Jameel Moondoc et Ivo Perelman et beaucoup d’autres encore, extrêmement parfait et stimulant, un créatif de tous les instants, l’écouter au sein d’un band et se consacrer sur son jeu, c’est vivre un truc à part, il est vraiment extraordinaire et possède une très grande dimension.
Cet album est tout simplement magnifique, et pas que pour la dernière pièce, car ici, comme l’indiquait Brassens, « Tout est bon chez lui, y’a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter. »
Blues For Katie ~ Jemeel Moondoc Quartet The Astral Revelations 2018
Oan Kim & The Dirty Jazz – Rebirth Of Innocence – (2024)
Peut-être vous souvenez-vous de l’album « Oan Kim & The Dirty Jazz » paru en deux mille vingt-deux, une belle surprise cette année-là qui avait été primée pat le journal « Jazz Magazine », qui, ainsi, honorait son rôle de défricheur de talent en le déclarant « Révélation Française de l’année ». Je vous avais alors fait part de ma surprise et de mon engouement.
On connaît les pièges du second album qui pourrait révéler une sécheresse créative, après avoir tant donné lors du premier effort, je vous rassure de suite, ce n’est pas le cas, bien qu’il y ait tout de même un léger tournant.
Peut-être la faute à l’écriture, à ce besoin d’être parfait, de tourner autour d’un format court, propre aux chansons. Ainsi le jazz s’éloigne un peu, pour ne devenir qu’une influence parmi d’autres, de la chanson à la variété chic, chaque pièce est bien emmaillotée et l’album se construit autour de douze vignettes bien alignées, qui se succèdent en offrant autant de climats variés, avec des flashs pop, et même rock.
Il est au goût du jour et ne déparera aucune discothèque, certainement pas la mienne qui se moque des genres au moment du rangement, car il faudrait, autrement, se creuser le crâne avant de trouver la bonne case…
Ainsi l’album est très chouette, avec parfois quelques solos sympas, quand même. On retrouve l’influence cinématographique déjà évoquée lors du premier album, par exemple sur « Kicking The Doors » qui se montre évocateur d’images, comme une trame qui pourrait se poser sur la mélodie. « The Last Dinosaur » convoque l’esprit de Julien Doré à son meilleur et crée la distance et l’humour.
Bien que le saxophone disparaisse de temps à autres, remplacé par la voix et le chant, le titre d’ouverture « Crime Jazz » semble indiquer qu’il est toujours là, pas tout à fait mort, d’ailleurs l’influence de Miles Davis se fait sentir au travers d’une B.O. restée emblématique… Mais c’est sur la pièce « At Home » que l’on retrouve le mieux cette « fêlure » qui marquait l’identité du premier opus.
A suivre, donc…
Oan Kim - Crime Jazz & Lush // featuring Gabi Hartmann (Official Music Video)
Oan Kim & The Dirty Jazz "Last Dinosaur" en version TSFJAZZ!
Ayant « découvert » Myra Melford depuis quelques temps, notamment à l’écoute du remarquable « For The Love Of Fire And Water » de deux mille vingt-deux, je l’ai retrouvée partenaire sur certains albums que je possédais, mais j’ai également remonté un peu le temps vers un album marquant de ses débuts, « Jump » qui vous salue bien !
Bien entendu Myra Melford est au piano et comme, à ses débuts, on est souvent plutôt classique dans ses choix, on opte volontiers pour une formation, piano, basse, batterie, ce qui est ici le cas. Lindsey Horner tient la contrebasse et Reggie Nicholson joue de la batterie. Sept pièces se succèdent et Myra en a composé six, seul « The World Wears Away » est une reprise, Lindsey Horner est la compositrice.
Il n’est pas si aisé de laisser sa marque dans la jungle des albums jazz interprétés dans ce format à trois, pourtant Myra y parvient haut la main, son interprétation de la version de « The World Wears Away » est particulièrement touchante, elle bouleverse, son toucher est si gracieux et retenu qu’elle réussit là une prouesse de délicatesse et de sensibilité.
Mais la force de cet album c’est également de proposer des pièces très free, qui semblent n’obéir qu’à elle-même, qu’à l’instant présent, mais qui, par habileté et acrobaties techniques, réussissent à retomber sur leurs pieds et retrouver une stabilité étonnante, poursuivant un parcours presque ordinaire, comme « Sun On The Sound » par exemple…
Ainsi l’improvisation est totale et reine, dans un univers paradoxalement très structuré, écrit et, semble-t-il, composé. Ainsi écriture et improvisation sont extrêmement liées, formant un ensemble unique et saisissant, révélant une maîtrise étonnante au service de titres souvent poignants et viscéraux.
Le titre de la seconde pièce, « Some Kind Of Blues », dit un peu plus qu’il ne semble, tant il résume la démarche artistique de l’artiste, qui semble jouer de façon ambivalente entre les sentiments, passant de la joie à la tristesse, de l’espoir à la fatalité, jouant une sorte de blues accablant ou au contraire plein d’optimisme et d’insouciance.
Vraiment un bel album qui plaira probablement aux amateurs de cette forme de trio.
(Hélas pas d'extrait, donc je vous posterai un autre album dans la matinée...)
Un album vinyle au format dix pouces, autrement dit vingt-cinq centimètres, regroupant des titres souvent rares, treize au total dont quatre inédits. C’est dire si ça file vite, car ils sont le plus souvent extrêmement courts, cinq sont sous la minutes et la plupart à peine plus. Le tout doit frôler les vingt et une minutes environ, oui, ça file vite…
C’est pourquoi on évoque pour chacun l’image de la carte postale, du message envoyé d’un bout du monde, Minsk, Berlin Est, New York, la Lettonie ou Chișinău Moldova, la capitale de la Moldavie. Le voyage est aussi à travers le temps, entre quatre-vingt-neuf au « Lisylis Pavillon » à octobre deux mille vingt-deux, avec « Extaz », enregistré à Villejuif avec Vincent Epplay qui a fait un gros boulot de remix et de montage sur cet album.
C’est vraiment du pur Berrocal avec ce côté expé et novateur de cet éternel ombre de l’underground, alors ça brille, ça pétille, ça ne ressemble à personne et c’est totalement barré. Alors il y a au menu de l’inattendu, forcément de l’électro, des enregistrements sonores d’extérieurs, et même « Amarena », cette fois-ci plutôt en intérieur et même dans l’intimité, imagine-t-on, le titre est dédié à Lana Del Rey, c’est le plus long de l’album, pas très loin des cinq minutes…
Berrocal est toujours ce dandy du jazz, en costume trois pièces, qui arpentait les clubs autrefois, au milieu des babas cools certifiés d’époque, toujours très classe, décalé, avec ce jeu de trompette si incisif, on retrouve tout ça dans ces vignettes, ou plutôt à l’écoute de ces cartes postales, qui décidément filent vite, si vite…
Jac Berrocal s'intéresse au patrimoine avec ce 45 tours limité à 493.
La Zilveli Villa s'ouvre à la fois sur Montmartre et la Tour Eiffel.
Virginie Despentes y a créé un squat imaginaire pour un des personnages de "Vernon Subutex".
Elle est inhabitée et promise à la démolition. Jean-Paul Goude l'a acheté aux enchères pour 2,2 millions d'euros, il se propose de la reconstruire à l'identique.
Jac, lui en a fait un objet musical, ainsi que médiateur d'une lettre à un ministre, qui, bien comprise, aurait pu tout changer...
Jac Berrocal + David Fenech + Vincent Epplay – Zilveli Villa
Voici le premier et l’unique album de la formation ScoLoHoFo, dont le nom est une construction habile formée à partir de celui des musiciens qui la compose. Ainsi on découvre dans l’ordre, le guitariste John SCOfield, Joe LOvano au sax ténor et soprano, Dave HOlland à la basse et enfin le batteur Al FOster, une sorte de supergroupe, pourrait-on dire.
C’est un « Blue Note » live enregistré au « two-track » les trente et trente et un juillet deux mille deux. L’album dépasse les soixante-dix-sept minutes d’enregistrement, c’est parfois un peu inégal car certains « hauts » sont plus hauts que d’autres, mais avec de tels musiciens, on ne s’ennuie jamais, même si certains titres se détachent sensiblement.
L’ambiance qui se dégage de cet album pourrait évoquer une « Jam » à l’ancienne pendant laquelle les deux solistes à l’avant, Lovano et Scofield prennent la part du lion, idéalement soutenus par cette section rythmique de rêve, composée de Dave Holland et Al Foster. Chacun est aisément audible tant l’album est admirablement mixé, et la définition du son excellente.
Lovano est évidemment sensationnel, très à l’aise dans cet environnement, il a composé la première et belle pièce qui donne son titre à l’album « Oh ! », ainsi que « New Amsterdam », la pièce la plus longue de l’album et un des sommets du set, où le saxophoniste performe, il a également signé « The Dawn of Time ».
Mais celui qui, me semble-t-il, s’en sort le mieux, c’est John Scofield, extrêmement lumineux et passionnant lors de ses solos, il apporte des couleurs magnifiques, profitant à plein de cette base rythmique à la fois solide et créative. Il compose « Right About Now » la très belle seconde pièce, « Shorter Forme » ainsi que « Oh I See » très bluesy, qui termine magnifiquement l’album.
Dave Holland apporte également trois pièces ici, « The Winding Way » qu’illumine Scofield par un très beau solo, tout comme le calme « In Your Arms » qui l’inspire également, la troisième compo de Dave est « Faces » où il brille magnifiquement. Al Foster, lui, emmène « Bittersweet » et « Brandyn » dans sa besace, complétant ainsi le répertoire joué ces deux soirs là.
Un chouette album à quatre où chacun apporte sa pierre à l’édifice, difficile à classer autrement que dans les réussites du genre, même s’il n’y eut qu’un album au compteur. Comme indiqué la jauge est restée haute tout du long, ce qui n’annonce que du bon…
Baba Andrew Lamb Trio – The Night Of The 13th Moon – (2019)
Andrew Lamb est un saxophoniste né en cinquante-huit en Caroline du Nord, il joue également de la flûte mais pas sur cet album. Ce dernier est paru sur le label LFDS, c’est à dire « Le Fondeur De Son » qui se consacre aux musiques peu commerciales, comme cet album qui baigne dans le free jazz. Le label est français comme les deux accompagnateurs, Yoram Rosilio à la basse et Rafael Koemer à la batterie.
L’enregistrement est une captation live effectuée au « Bab-Ilo » à Paris, le vingt-neuf juin deux mille dix-huit, une nuit chaude, celle de la treizième lune… Assez curieusement cet album possède une caractéristique devenue rare, il est en effet enregistré en mono, ce qui lui donne un impact particulier, le son est centré, compacte et direct, ce qui va bien avec le style du « Baba Andrew Lamb Trio », engagé et puissant.
C’est la première fois que les musiciens donnent un concert ensemble, ce sera donc une « jam » dont la musique se crée autour de l’impro, de l’inspiration de l’instant, dans la droite lignée de la tradition du free. Andrew Lamb fait figure ici de vétéran, il a pas mal bourlingué, sans arriver à un statut de « star », souvent confiné dans les petites salles, ou, comme ici, dans une petite cave, avec un public assez confidentiel qui répond présent et apprécie la performance.
Il serait vain de chercher un rapport entre la notoriété et la qualité du musicien, c’est bien simple, il n’y en a pas, alors goutons ces trois sets qui nous sont proposés, sans véritable titre, mais une combinaison avec des A ou des B, des uns ou des deux…
Ils sont bien solides nos deux petits français et se montrent très efficaces dans le soutien, particulièrement Rafael Koerner, très en verve avec ses tambours, offrant une répartie crédible au saxophoniste. Ce dernier se montre entier, entêté, suivant sa route et creusant son chemin, son jeu est souvent haletant, au bord du cri…
Un Cd qui ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval…
Thomas De Pourquery - Let The Monster Fall – (2024)
Au rayon jazz de mon magasin préféré voilà que je vois cette pochette avec, en gros plan, un visage bien connu. Il faut dire que je suis Thomas De Pourquery assez fidèlement, dans ses délires, ses dérives, comme musicien habituellement, mais même en tant qu’acteur, il faut dire qu’il est multi -casquette, et qu’il saute d’un sujet à l’autre à la vitesse d’une puce affamée…
Nul doute, avec cet album il a de nouveau fait un saut de côté, pris la tangente et s’est grimé en crooner, chanteur décalé, et aspirant vedette de la chanson française dans un univers pop ou peut-être même de variet’. Lui, le super musicien extrêmement doué, bourré de dons un peu dans tous les genres, semble à la quête d’une reconnaissance plus vaste.
Peut-être pour les tunes, allez savoir, mais j’en sais rien, il n’a pas forcément bien visé d’ailleurs, malgré les concessions, ça reste encore un peu chic, pas si populaire… Ça remonte à loin, les prémisses, « Rigolus » deux mille sept, « The Endless Summer » deux mille douze, avec des Hits formatés pour bien marcher, bien décalés. Il y a également les collaborations avec Jeanne Added, François & The Atlas Mountains ou Oxmo Puccino, et bien voici une suite…
Entre temps Pourquery a pris de l’épaisseur, une nouvelle dimension, et son nom renvoie à une image, cette fois-ci est peut-être la bonne… Les compos sont pas mal, travaillées, les arrangements sont copieux, bon je ne marche pas à tous les coups, la faute à cette prod un peu années quatre-vingts, de quoi m’interroger… Les chansons sont en anglais, il a quitté sa voix à la « Louis Armstrong » qu’il utilisait parfois, pour s’installer dans un registre qui monte dans les aigus, sans surprise…
Pour moi c’est forcément une déception car je m’attendais à un album d’un autre registre, je le confesse, mais, puisque vous risquez de tomber dessus dans les rayons jazz, je préfère vous avertir. De façon similaire, je pense également à Marion Rampal, qui, elle, lors d’une démarche voisine, a parfaitement marqué l’essai, mais je reste assez dubitatif devant celui-ci, mais peut-être suis-je sévère, vu qu'on se marre bien quand même en visionnant les clips...
On remarque « Soleil », en duo avec Clara Ysé, qui est le seul morceau en français, « Dirty Love » qui me rappelle quelque chose, l’instrumental « The Worm », « Rise Again », le clip …
Thomas de Pourquery - Dirty Love (Official Music Video)
Thomas de Pourquery - The Rhythm Changed (Official Music Video)
Thomas de Pourquery - Rise Again (Official Music Video)
Thomas de Pourquery - Let The Monster Fall (Official Music Video)
La formation « Illegal Crowns » regroupe des habitués qui se connaissent et se fréquentent, au moins pour trois d’entre eux. Le cornettiste Taylor Ho Bynum, qui joue également du bugle, et la guitariste Mary Halvorson, ont joué ensemble aux côtés d’Anthony Braxton. Ils forment également avec le batteur Tomas Fujiwara la formation « The Thirteenth Assembly », il n’y manque que Jessica Pavone dont je vous ai parlé il n’y a pas si longtemps, alors qu’elle jouait en duo avec Mary Halvorson. Le pianiste Benoît Delbecq est le quatrième membre du quatuor, il joue également du piano préparé.
Les voici rassemblés ce dix-huit mai deux mille quatorze, au studio de Meudon, dans la banlieue ouest parisienne. Taylor Ho Bynum explique sur les notes de pochette que la notion de « groupe », en matière de jazz, implique que l’on peut diriger ou être dirigé, en dehors de toute hiérarchie, les rôles s’échangeant d’une pièce à l’autre, ou encore à l’intérieur d’une même pièce.
De même, composition et improvisation ne se divisent pas nécessairement mais coexistent plus sûrement, même si les contours sont flous et indistincts. C’est ce qui explique ces liens invisibles qui réunissent les musiciens de jazz, le plaisir de se retrouver pour continuer à creuser le sillon, tout autant que la force invisible qui pousse à élargir encore le cercle des rencontres, chaque musicien étant une promesse d’aventures, au vocabulaire plus ou moins « hybride ou corrompu ».
C’est ce qui a présidé à la création d’« Illegal Crowns », avec dans le rôle de celui qui entre dans le cercle, Benoît Delbecq, dont le jeu s’inséra avec justesse au sein de cette nouvelle famille, qui deviendra ainsi source de création, et donc produira d’autres albums. Ainsi chacun apporta ses compositions pour ce quartet, les rôda lors des concerts, avant que d’entrer dans cette maison de Meudon, se rencontrer autour du pain, du fromage, et du saucisson, sans oublier le bon vin qui va bien, pour mettre huile et folie dans les rouages…
C’est ainsi que ça se passa, lors de cette première rencontre qui se renouvela, « RogueArt », le label à l’allure austère, a capturé cette belle musique, au bon moment, puisqu’il célébrait la rencontre, magnifique et si belle, tant écrite qu’improvisée, de quatre musiciens réunis autour de l’art français… de la table !
Vijay Iyer, Linda May Han Oh, Tyshawn Sorey – Compassion – (2024)
Voici un trio piano, basse, batterie, enregistré en mai deux mille vingt-deux, mais paru cette année sur le label ECM. C’est un très bel album avec Vijay Iyer au piano, Linda May Han Oh à la contrebasse et Tyshawn Sorey à la batterie. Cette formule est très usitée jusqu’à devenir presque un « style » dans la musique du jazz.
Ils n’en sont pas à leur coup d’essai, puisqu’en deux mille un est paru le très beau « Uneasy », déjà sur le label Munichois. L’album est copieux, il réunit douze compositions, en plus de soixante-six minutes de musique, et garde un haut niveau tout du long. Evidemment on se concentre en premier sur le pianiste, virtuose et lyrique, très habile, et d’une très grande finesse mélodique, il n’a pas son pareil pour vous envelopper de ses notes et vous arracher à la réalité.
L’australienne d’origine malaisienne, Linda May Han Oh, est une rythmicienne avisée et sa basse combine gracieusement avec les tambours tantôt vibrants, tantôt clairsemés de Tyshawn Sorey. La paire rythmique propulse souvent le pianiste vers des inspirations fulgurantes qui démarrent souvent à partir de motifs rythmiques répétés, qui se déforment et se transfigurent habilement sous les doigts du créatif pianiste.
Il y a vraiment beaucoup de beaux thèmes, comme « Maelstrom » écrit pendant la pandémie, il en porte le malaise et une beauté toute en tension, « Overjoyed » de Stevie Wonder, « Arch » écrit en hommage à Desmond Tutu, ou encore le bref et brûlant « Nonaah » de Roscoe Mitchell. Il y a encore l’époustouflant « Ghostrumental » qui semble transpirer à l’énergie rock, avec l’ombre de Chick Corea qui plane sur la pièce. « Where I Am » met en avant la basse de Linda May Han Oh, avant que ne s’échappe le piano de Vijay, tout en acrobaties virevoltantes…
L’album est une vraie réussite, au travers des neuf compos de Vijay, mais aussi grâce à l’énergie débordante du trio qui brille dans tous les genres, avec une très grande virtuosité et une entente remarquable, chacun extrêmement brillant à son poste.
Les amateurs de piano ne rateront sans doute pas ce rendez-vous, qui allie à la fois la verve improvisée et belles mélodies.
Vijay Iyer Trio: COMPASSION (Full track video)
Vijay Iyer Trio - Prelude: Orison (from the new album 'Compassion') | ECM Records
Vijay Iyer Trio: "Ghostrumental"
Vijay Iyer - Tempest (extrait from the new album 'Compassion) | ECM Records
Un p’tit Grant Green de temps en temps ne peut que faire plaisir, c’est une cure sympathique à laquelle il est bon de s’inscrire, histoire d’entretenir le bon feeling, l’optimisme et la joie de vivre. Grant Green est familier, à cette époque, des albums à thème. Par exemple « The Latin Bit » qui regarde vers la musique latine, ou « Goin' West » plus axé sur la country music.
Celui-ci est également typé et s’intéresse à la musique Gospel, avec cet éclairage on comprend mieux le titre de cet album, « Feelin' The Spirit », un bon titre très certainement. Il y a donc cinq pièces de traditionnels sur l’album original, augmenté d’un autre sur la version Cd augmenté et remasterisé.
Le choix opéré ne vous étonnera pas, ou alors très peu, ces traditionnels sont hyper connus, mais ils font malgré tout plaisir, et les versions qui en sont données ici sont à peu près toutes merveilleuses. Voici donc le menu certifié Bonn’Zique par Mr. Green, et il s’y connaît !
On ouvre avec « Just a Closer Walk with Thee », peut-être un des moins célèbres, ensuite « Joshua Fit de Battle of Jericho », cette fois-ci vous connaissez certainement, tout est normal. La troisième pierre se nomme « Nobody Knows The Trouble I’veSeen », un incontournable, tous ceux qui sont familiers de la musique de Louis Armstrong retrouveront tous ces titres dans la discographie du trompettiste-chanteur.
On continue avec du très gros, « Go Down Moses », puis celui que je préfère « Sometimes I Feel Like A Motherless Child » qui donne envie de verser une larme, et enfin le titre bonus de la version Cd, « Deep River » de Harry Burleigh, que des trucs énormes interprétés par des géants du jazz.
Bien sûr Grant Green à la guitare, très en forme, toujours extraordinaire, ensuite il y a le merveilleux Herbie Hancock qui montre ici quel fabuleux pianiste il est, pour qui en douterait, il est incroyable, tant au niveau du toucher que du feeling, il y a le solide Butch Warren à la basse et Billy Higgins à la batterie, juste une légende, et, enfin, le « petit plus », le joker qui fait la différence, Garvin Masseaux au tambourin !
Comme indiqué dans les notes de la pochette intérieure signée Joe Goldberg, les gospels sont souvent constitués par « la répétition d'une seule phrase mélodique, souvent simple, encore et encore avec une intensité croissante, jusqu'à ce que la tension devienne presque insupportable. »
Tout ça est enregistré au Van Gelder Studio d’Englewood Cliffs, comme le veut la légende, et produit par Albert Lion avec une photo de pochette de Francis Wolf et une pochette organisée pat Reid Miles, le gars qui vendait ses « Blue Note » pour acheter des albums classiques…
Joshua Fit De Battle Of Jericho (2004 Remaster)
Sometimes I Feel Like A Motherless Child (2004 Remaster)
Shabaka – Perceive Its Beauty, Acknowledge Its Grace – (2024)
Lorsque parut l’E.P « Afrikan Culture » je vous avais fait part du virage constaté. Shabaka s’est débarrassé de ce qui l’a rendu fameux et gouleyant, chef de fil de la scène londonienne, et se terra, et se terra… Exit « Son of Kemet », « The Comet is Coming », « Shabaka and The Ancestors », « Melt Yourself Down », exit même le saxophone, sa dernière utilisation a eu lieu le sept décembre dernier, lorsqu’il a joué « A Love Supreme » de John Coltrane, à l'Institute of Contemporary Arts de Londres, y-a-t-il de plus belle fin ? Exit enfin « Hutchings », son patronyme …
Reste uniquement « Shabaka », c’est simple, direct, et suffisant, d’ailleurs, ici, c’est ainsi qu’il était reconnu. Pourtant je vous confie que j’espérais secrètement que « Afrikan Culture » ne soit qu’une parenthèse, mais il faudra s’y résoudre, Shabaka vire côté naturel et dénuement, pour ce qui concerne la musique. Selon Shabaka les deux titres de ses deux derniers albums doivent se lire en un seul message, « Culture africaine, percevoir sa beauté, reconnaître sa grâce ». Possiblement le message grandira au fil des albums, je présume…
Côté instrumental il nous renvoie au royaume des flûtes, différents types, dont le shakuhachi et le svirel, ainsi que la clarinette, de temps en temps. Il y a ici une myriade d’intervenants, dont son propre père Anum Lyapo sur la dernière piste, Carlos Niño, Jason Moran, André 3000, Saul Williams, Nduduzo Makhathini, Charles Overton, Brandee Younger, Esperanza Spalding, Laraaji et Floating Points, j’arrête ici mais la liste est encore bien longue…
C’est un Impulse dont l’enregistrement s’est effectué aux historiques Van Gelder Studios, dans le New Jersey. Les musiciens se plaçaient en cercle pour que chacun s’entende et se voit. Shabaka a amassé tous ces enregistrements et les a travaillés, jusqu’au produit fini que nous écoutons.
Que dire en fait de cet album si étonnant, les pièces sont sans queue ni tête, comprendre qu’il ne semble y avoir ni début, ni fin, à moins que ce ne soit l’inverse, et qu’il n’y ait que le début et la fin, le corps manquant, alors… L’album passe comme un rêve, avec une douceur cotonneuse, suscitant la méditation et le voyage, il semble être une parenthèse, un élément détaché de l’espace-temps…
Juste beau.
Shabaka - End Of Innocence - Piano: Jason Moran, Drums: Nasheet Waits, Percussion : Carlos Niño
Shabaka - Insecurities ft. Moses Sumney
Shabaka - I’ll Do Whatever You Want (Visualizer) ft. André 3000 - Teotihuacan Drone Flute, Floating Points - Rhodes Chroma,Laraaji - Vocal, Tom Herbert - Bass, Dave Okumu - Guitar, Esperanza Spalding - Bass, Marcus Gilmore - Drums, Carlos Niño – Percussion
Shabaka - Song Of The Motherland (Audio) ft. Anum Iyapo