J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Yochk'o Seffer, François Causse – Hangosh (L'Homme Primitif) – (2016)
Voici « Hangosh (L'Homme Primitif) », l’un des plus récents albums du saxophoniste hongrois Yochk'o Seffer qui joue sur cet album du sax sopranino et du ténor, ainsi que du piano. L’album est conçu en duo avec François Causse, batteur-percussionniste qui joue également du vibraphone et du Hang, un instrument inventé en l’an deux mille, composé par deux coupelles métalliques que l’on frappe en les maintenant entre les genoux, il permet de jouer jusqu’à sept notes différentes.
La première pièce entièrement improvisée autour du sopranino et du Hang permet de plonger directement au cœur de cette musique, « Hang J » semble pourtant posséder tous les aspects d’une pièce écrite et pensée dans ses moindres détails, ce qui en dit long sur l’expertise de ces deux-là qui trouvent rapidement la voie de l’esthétique essentielle.
« Titly » qui succède à cet élan est la pièce la plus longue de l’album, quatorze minutes intenses et pénétrantes qui nous emmènent vers d’autres voies plus déchirées et complexes, avec une belle trempe qu’il faut saluer, entre free et jazz plus conventionnel…
« Houlousi » fait place au compositeur Didier Malherbe qui se joint au duo avec l’instrument du même nom que la pièce, ce sera également le point de départ de « l’Ethnic Trio » nouvelle version, avec Didier à la place de Faton Cahen. Cette pièce inaugurale est superbe.
La pièce suivante est dédiée à John Coltrane, elle est construite autour des harmonies de « Giant Steps », Yochk’o l’a baptisée en écrivant le nom de Coltrane en verlan, ce qui donne « Enartloc », il y joue du piano en solo, ainsi que du ténor dans le final.
Toujours en solo Yochk’o dédie la pièce suivante à Ornette Coleman, trois saxs ténor et un harmoniseur fabriquent « la Ruche ». Il se souvient d’Ornette arrivant à Madrid pour se joindre à l’album « Ornette For ever » qu’il jouait en l’honneur du grand homme, ce dernier l’appelant le « Yougoslave » et conservant un grand souvenir de lui.
« Fajdalom » qu’il joue au piano et au ténor est également grandiose, « morceau typique de la nostalgie magyare, avec ses gammes fluides, modales et mélancoliques ». Un sommet.
Pour finir sur un standard, « Stella by Starlight », une régalade au piano/ténor. Vraiment un chouette album aux atours qui méritent détours et retours.
Hang J
Titly
Houlousi
Zongora pour Kotrab
Voici « Hangosh (L'Homme Primitif) », l’un des plus récents albums du saxophoniste hongrois Yochk'o Seffer qui joue sur cet album du sax sopranino et du ténor, ainsi que du piano. L’album est conçu en duo avec François Causse, batteur-percussionniste qui joue également du vibraphone et du Hang, un instrument inventé en l’an deux mille, composé par deux coupelles métalliques que l’on frappe en les maintenant entre les genoux, il permet de jouer jusqu’à sept notes différentes.
La première pièce entièrement improvisée autour du sopranino et du Hang permet de plonger directement au cœur de cette musique, « Hang J » semble pourtant posséder tous les aspects d’une pièce écrite et pensée dans ses moindres détails, ce qui en dit long sur l’expertise de ces deux-là qui trouvent rapidement la voie de l’esthétique essentielle.
« Titly » qui succède à cet élan est la pièce la plus longue de l’album, quatorze minutes intenses et pénétrantes qui nous emmènent vers d’autres voies plus déchirées et complexes, avec une belle trempe qu’il faut saluer, entre free et jazz plus conventionnel…
« Houlousi » fait place au compositeur Didier Malherbe qui se joint au duo avec l’instrument du même nom que la pièce, ce sera également le point de départ de « l’Ethnic Trio » nouvelle version, avec Didier à la place de Faton Cahen. Cette pièce inaugurale est superbe.
La pièce suivante est dédiée à John Coltrane, elle est construite autour des harmonies de « Giant Steps », Yochk’o l’a baptisée en écrivant le nom de Coltrane en verlan, ce qui donne « Enartloc », il y joue du piano en solo, ainsi que du ténor dans le final.
Toujours en solo Yochk’o dédie la pièce suivante à Ornette Coleman, trois saxs ténor et un harmoniseur fabriquent « la Ruche ». Il se souvient d’Ornette arrivant à Madrid pour se joindre à l’album « Ornette For ever » qu’il jouait en l’honneur du grand homme, ce dernier l’appelant le « Yougoslave » et conservant un grand souvenir de lui.
« Fajdalom » qu’il joue au piano et au ténor est également grandiose, « morceau typique de la nostalgie magyare, avec ses gammes fluides, modales et mélancoliques ». Un sommet.
Pour finir sur un standard, « Stella by Starlight », une régalade au piano/ténor. Vraiment un chouette album aux atours qui méritent détours et retours.
Hang J
Titly
Houlousi
Zongora pour Kotrab
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Tom Scott & The L.A. Express – Tom Cat – (1975)
Dans ce fameux Jazz-Mag sur la « fusion » il y avait, du côté des « trésors oubliés » un avis assez superlatif sur cet album, bon, pas d’affolement, c’est sans doute un peu usurpé, enfin un poil, car l’album reste globalement assez conventionnel.
Nous voici dans un jazz-funk plutôt réussi, mais sans réelles surprises, même si c’est plutôt bien senti. Côté musiciens c’est du tout bon, des seconds couteaux affûtés qui ne cèdent en rien aux stars du genre.
Tom Scott est un saxophoniste très correct, dans l’air du temps, avec quantité de solis bien menés, il joue également des bois, des synthés ainsi que des percus. Il mène bien son affaire sans jamais tomber dans la soupe, même si globalement tout ça reste très commercial.
Larry Nash est aux claviers et synthés, Robben Ford aux guitares, on aurait souhaité l’entendre davantage, le bassiste est max Bennett, et John Guerin le batteur percussionniste.
La pièce de Joni Mitchell, « Love Poem », est souvent retenue car on y entend la chanteuse y faire quelques borborygmes en toile de fond, il faut dire que Tom Scott sortait d’une phase où il était son accompagnateur, ceci explique cela.
Mais côté pièces rien ne se détache vraiment, si ce n’est « Day Way » signé Robben Ford et « Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships At Sea » où ce dernier nous sert un solo bien sympa, avant que Scott ne déchire un peu. Il faudrait également citer « Mondo », un poil ambitieux, qui laisse entrevoir des ouvertures intéressantes.
Pour le reste tout roule sans trop glisser sur la ligne blanche, propret, carré, avec moult références funky et rythm ‘n blues, de quoi servir une galette aux sonorités agréables, policées, bien que globalement attendues…
Rock Island Rocket
Love Poem
Day Way
Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships
Mondo
Dans ce fameux Jazz-Mag sur la « fusion » il y avait, du côté des « trésors oubliés » un avis assez superlatif sur cet album, bon, pas d’affolement, c’est sans doute un peu usurpé, enfin un poil, car l’album reste globalement assez conventionnel.
Nous voici dans un jazz-funk plutôt réussi, mais sans réelles surprises, même si c’est plutôt bien senti. Côté musiciens c’est du tout bon, des seconds couteaux affûtés qui ne cèdent en rien aux stars du genre.
Tom Scott est un saxophoniste très correct, dans l’air du temps, avec quantité de solis bien menés, il joue également des bois, des synthés ainsi que des percus. Il mène bien son affaire sans jamais tomber dans la soupe, même si globalement tout ça reste très commercial.
Larry Nash est aux claviers et synthés, Robben Ford aux guitares, on aurait souhaité l’entendre davantage, le bassiste est max Bennett, et John Guerin le batteur percussionniste.
La pièce de Joni Mitchell, « Love Poem », est souvent retenue car on y entend la chanteuse y faire quelques borborygmes en toile de fond, il faut dire que Tom Scott sortait d’une phase où il était son accompagnateur, ceci explique cela.
Mais côté pièces rien ne se détache vraiment, si ce n’est « Day Way » signé Robben Ford et « Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships At Sea » où ce dernier nous sert un solo bien sympa, avant que Scott ne déchire un peu. Il faudrait également citer « Mondo », un poil ambitieux, qui laisse entrevoir des ouvertures intéressantes.
Pour le reste tout roule sans trop glisser sur la ligne blanche, propret, carré, avec moult références funky et rythm ‘n blues, de quoi servir une galette aux sonorités agréables, policées, bien que globalement attendues…
Rock Island Rocket
Love Poem
Day Way
Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships
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- Piranha
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Je ne connais pas celui-ci mais par contre j'ai son précédent (l'éponyme) avec Larry Carlton à la guitare.
Je m'y étais intéressé car fan du générique de Starsky & Hutch je m'étais rendu qu'il était l'oeuvre de Tom Scott
("Gotcha")
Depuis j'ai appris que les L.A Express avait été le backing band de Joni Mitchell
Pour le plaisir, une version alternative issue du pilote
Je m'y étais intéressé car fan du générique de Starsky & Hutch je m'étais rendu qu'il était l'oeuvre de Tom Scott
Depuis j'ai appris que les L.A Express avait été le backing band de Joni Mitchell
Pour le plaisir, une version alternative issue du pilote
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Ça enrichit la base...Piranha a écrit : ↑mar. 14 avr. 2026 20:10Je ne connais pas celui-ci mais par contre j'ai son précédent (l'éponyme) avec Larry Carlton à la guitare.
Je m'y étais intéressé car fan du générique de Starsky & Hutch je m'étais rendu qu'il était l'oeuvre de Tom Scott("Gotcha")
Depuis j'ai appris que les L.A Express avait été le backing band de Joni Mitchell
Pour le plaisir, une version alternative issue du pilote
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Mike Patton, Ikue Mori, John Zorn – Hemophiliac – (2002)
En très bon état, et avec le obi, mon exemplaire serait très recherché, mais voilà, il est comme il est, il offre cependant autant de bonne musique que le plus rutilant de la série des deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf autres, signés par les musiciens. Obtenu à prix raisonnable il me comble et fera bien pour mes vieux jours. A la sortie du skeud il fallait le commander directement chez Zorn pour $47.00, ce qui va, tout bien pesé…
J’étais un peu méfiant car je connais le trio par l’album du « cinquantième anniversaire » qui m’était apparu comme le moins intéressant du lot. Mais là, il va me falloir remettre en question ces préjugés, car ici c’est du lourd et du bon, je l’ai juste posé dans le lecteur Cd pour me faire une petite idée, et je n’arrive pas à décrocher. D’un autre côté je ne serais pas le plus difficile à convaincre, car je suis au fait de ces trois-là, et je connais leur sens aigu de la provoque et du sans limite.
Déjà, c’est un double Cd chargé lourdement de plus de deux heures d’écoute, c’est-à-dire environ le max, de quoi faire exploser les neurones des plus dociles ici, s’ils s’aventurent sans ménagement, ça c’est pour la forme.
Ils sont trois donc, Zorn au saxophone alto ainsi qu’à la voix, Ikue Mori à l’électro et aux « drum machines », et Mike Patton à la voix et à l’électro, ce dernier souvent signalé comme étant le plus extrême du lot, mais va savoir…
Il est un peu spèce faut dire, il suffit de l’entendre converser avec les hennissements d’un cheval pour situer. Pourtant, malgré les préventions, ce qui se passe ici est souvent génial, et, pour tout dire, assez loin de ce que j’imaginais.
C’est quasi doux et presque en dedans, pas si effrayant, ça penche plutôt vers la zone subtile plutôt que l’agressive, c’est même souvent assez beau, voire remarquable, les trois s’écoutent, dialoguent, se relancent avec beaucoup d’ à propos. Ça file vite et bien.
Les enregistrements viennent de partout, de multiples captations, tout est en live et l’équilibre entre les trois est savamment maintenu, pour que tout tienne et avance en maintenant constamment l’intérêt, tout en conservant subtilité, humour et constance, on se régale !
Alors bien sûr il y a des tempêtes, des interruptions, des outrages, de l’inattendu et même du malentendu, il faut bien également un peu de sauvagerie, quand la bête se réveille, des hurlements, des clameurs et des musique primitives qui surgissent en même temps qu’arrive l’Ankou…
Bon, nous étions prévenus alors ne boudons pas, d’autant que le premier volume reste d’accès facile, le second glisse davantage vers l’excès, voire le torve et l’animal, c’est une sorte de nécessité, un « must » auquel on ne peut échapper. Acceptons-le, c’est déjà commencer à l’aimer …
Pour résumer, certains classeront cet album du côté des musiques extrêmes, ce qui ne correspond qu’à une partie de l’album. L’énergie pourtant est bien là, tout du long, elle se régénère constamment, et l’album fourmille d’idées et de combinaisons sans jamais fréquenter la case ennui, car il surprend constamment, échappant au normatif et même à l’anticipation, ce qui est une grande qualité.
Hemophiliac 2002 Album (Disc 1)
En très bon état, et avec le obi, mon exemplaire serait très recherché, mais voilà, il est comme il est, il offre cependant autant de bonne musique que le plus rutilant de la série des deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf autres, signés par les musiciens. Obtenu à prix raisonnable il me comble et fera bien pour mes vieux jours. A la sortie du skeud il fallait le commander directement chez Zorn pour $47.00, ce qui va, tout bien pesé…
J’étais un peu méfiant car je connais le trio par l’album du « cinquantième anniversaire » qui m’était apparu comme le moins intéressant du lot. Mais là, il va me falloir remettre en question ces préjugés, car ici c’est du lourd et du bon, je l’ai juste posé dans le lecteur Cd pour me faire une petite idée, et je n’arrive pas à décrocher. D’un autre côté je ne serais pas le plus difficile à convaincre, car je suis au fait de ces trois-là, et je connais leur sens aigu de la provoque et du sans limite.
Déjà, c’est un double Cd chargé lourdement de plus de deux heures d’écoute, c’est-à-dire environ le max, de quoi faire exploser les neurones des plus dociles ici, s’ils s’aventurent sans ménagement, ça c’est pour la forme.
Ils sont trois donc, Zorn au saxophone alto ainsi qu’à la voix, Ikue Mori à l’électro et aux « drum machines », et Mike Patton à la voix et à l’électro, ce dernier souvent signalé comme étant le plus extrême du lot, mais va savoir…
Il est un peu spèce faut dire, il suffit de l’entendre converser avec les hennissements d’un cheval pour situer. Pourtant, malgré les préventions, ce qui se passe ici est souvent génial, et, pour tout dire, assez loin de ce que j’imaginais.
C’est quasi doux et presque en dedans, pas si effrayant, ça penche plutôt vers la zone subtile plutôt que l’agressive, c’est même souvent assez beau, voire remarquable, les trois s’écoutent, dialoguent, se relancent avec beaucoup d’ à propos. Ça file vite et bien.
Les enregistrements viennent de partout, de multiples captations, tout est en live et l’équilibre entre les trois est savamment maintenu, pour que tout tienne et avance en maintenant constamment l’intérêt, tout en conservant subtilité, humour et constance, on se régale !
Alors bien sûr il y a des tempêtes, des interruptions, des outrages, de l’inattendu et même du malentendu, il faut bien également un peu de sauvagerie, quand la bête se réveille, des hurlements, des clameurs et des musique primitives qui surgissent en même temps qu’arrive l’Ankou…
Bon, nous étions prévenus alors ne boudons pas, d’autant que le premier volume reste d’accès facile, le second glisse davantage vers l’excès, voire le torve et l’animal, c’est une sorte de nécessité, un « must » auquel on ne peut échapper. Acceptons-le, c’est déjà commencer à l’aimer …
Pour résumer, certains classeront cet album du côté des musiques extrêmes, ce qui ne correspond qu’à une partie de l’album. L’énergie pourtant est bien là, tout du long, elle se régénère constamment, et l’album fourmille d’idées et de combinaisons sans jamais fréquenter la case ennui, car il surprend constamment, échappant au normatif et même à l’anticipation, ce qui est une grande qualité.
Hemophiliac 2002 Album (Disc 1)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Erik Truffaz with Philippe Garcia, Manu Codjia, Michel Benita feat. Mounir Troudi & Nya – Saloua – (2005)
L’intéressant trompettiste suisse poursuit sa route toujours chez Blue Note, où il a fait son nid. Cet album ne déroge pas à la règle et projette des couleurs identitaires et orientales dès la première pièce, le très beau « Saloua » chanté par Mounir Troudi qui joue également du bendir.
Ce dernier officiait déjà sur « Mantis » que j’avais évoqué il y a quelques temps, en compagnie de Manu Codjia à la guitare et à l’électro, Michel Benita à la contrebasse et aux échantillons et Philippe Garcia à la batterie, au parlophone et aux effets également.
Nya, rappeur classieux, est également de retour, sur « Big Wheel » positionné en second et « Yabous », deux belles pièces, la première en forme de reggae, qui s’ouvre à nouveau au chant et à ce folklore universel dont se berce Truffaz sur une bonne moitié des pièces présentes sur l’album.
Mais on retrouve également l’élégant écrin, un poil sucré, dont il aime s’entourer, comme sur « Whispering » qui penche côté planant et dématérialisé, une pièce signée de Benita. Avec « Yabous » on revient au chant ethnique avec le tunisien Mounir qui partage la pièce avec le rap de Nya, ainsi se mélangent anglais et langue arabe dans un plaidoyer pacifiste de bonne volonté…
« Gedesh » qui suit est signé de Mounir Troudi, les accents chantés se frottent aux arcs aériens du trompettiste qui tisse une toile couvrante et protectrice. Ainsi file cet album entre couleurs « worlds » et accents dub ou méditerranéens. Les chants s’éteignent avec la septième pièce, le quartet électrisé prend le relais et régale avec bonheur…
Par contre on a quitté Miles pour s’exiler vers des douceurs pops, alors laissons-nous séduire sans trop rechigner, « Soleil d’Eline » et « Spirale » peuvent ennuyer, mais comme l’indique le dernier titre aux saveurs reggae, « La Vie Continue » et c’est bien là l’essentiel !
Saloua
Big Wheel
Yabous
Gedech
Erik Truffaz - 2005 - Saloua - 03 Whispering
Tantrik
La vie continue
L’intéressant trompettiste suisse poursuit sa route toujours chez Blue Note, où il a fait son nid. Cet album ne déroge pas à la règle et projette des couleurs identitaires et orientales dès la première pièce, le très beau « Saloua » chanté par Mounir Troudi qui joue également du bendir.
Ce dernier officiait déjà sur « Mantis » que j’avais évoqué il y a quelques temps, en compagnie de Manu Codjia à la guitare et à l’électro, Michel Benita à la contrebasse et aux échantillons et Philippe Garcia à la batterie, au parlophone et aux effets également.
Nya, rappeur classieux, est également de retour, sur « Big Wheel » positionné en second et « Yabous », deux belles pièces, la première en forme de reggae, qui s’ouvre à nouveau au chant et à ce folklore universel dont se berce Truffaz sur une bonne moitié des pièces présentes sur l’album.
Mais on retrouve également l’élégant écrin, un poil sucré, dont il aime s’entourer, comme sur « Whispering » qui penche côté planant et dématérialisé, une pièce signée de Benita. Avec « Yabous » on revient au chant ethnique avec le tunisien Mounir qui partage la pièce avec le rap de Nya, ainsi se mélangent anglais et langue arabe dans un plaidoyer pacifiste de bonne volonté…
« Gedesh » qui suit est signé de Mounir Troudi, les accents chantés se frottent aux arcs aériens du trompettiste qui tisse une toile couvrante et protectrice. Ainsi file cet album entre couleurs « worlds » et accents dub ou méditerranéens. Les chants s’éteignent avec la septième pièce, le quartet électrisé prend le relais et régale avec bonheur…
Par contre on a quitté Miles pour s’exiler vers des douceurs pops, alors laissons-nous séduire sans trop rechigner, « Soleil d’Eline » et « Spirale » peuvent ennuyer, mais comme l’indique le dernier titre aux saveurs reggae, « La Vie Continue » et c’est bien là l’essentiel !
Saloua
Big Wheel
Yabous
Gedech
Erik Truffaz - 2005 - Saloua - 03 Whispering
Tantrik
La vie continue
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Jean-Luc Ponty – Jazz Long Playing – (1964)
Le violoniste Jean-Luc Ponty est né dans une famille de musicien. Il devient un concertiste de renom avant de se tourner de plus en plus vers le jazz, une musique qu’il affectionne. Il se rapproche en soixante et un de Stéphane Grappelli et le fréquente occasionnellement, en même temps que la vie nocturne parisienne.
A l’âge de vingt-deux ans, en soixante-quatre, après avoir triomphé au festival d’Antibes-Juan-Les-Pins, il sort l’album « Long Jazz Playing » qui est un succès. Il faut dire qu’il est entouré de la crème, Eddy Louiss au piano et à l’orgue, Daniel Humair à la batterie, Gilbert Rovère ou Guy Pedersen à la contrebasse, Michel Portal à la flûte sur deux pièces, « Modo Azul » et « Au Privave ».
Jean-Luc Ponty est un violoniste surdoué qui possède une maîtrise exceptionnelle de son instrument, il joue de façon personnelle, assez loin de la manière de Grappelli, et affirme une personnalité et un style malgré son jeune âge. Il enregistre sur cet album des pièces remarquables.
Beaucoup sont notables comme « Une nuit au violon » de Martial Solal, « Satin Doll » en pizzicati, « YTNOP Blues » radieux, ou le standard « A Night In Tunisia » avec Eddy Louiss, ainsi qu’un hommage à Trane, « I Want To talk About You », avec une sourdine sous le chevalet, nous précise-t-on…
Il faudrait également ajouter la qualité de la participation de l’immense Michel Portal, si ça n’allait pas de soi. L’album est donc parfait, un des meilleurs et des plus originaux de cette année soixante-quatre, plus tard Ponty connaîtra d’autres gloires, notamment avec Frank Zappa et le mouvement du jazz Rock dont il sera une personnalité forte, aux côtés de John McLaughlin.
Mais ce que révèle cet album, c’est que dès soixante-quatre, ce qui fait sa personnalité est déjà là, tant du côté de la virtuosité que de l’entertainment, dommage qu’il ne compose rien de personnel ici, mais ça reste dans l’esprit du jazz qui se veut une musique de l’interprétation dans la création.
Une nuit au violon
Postlude in C
A Night in Tunisia
I Want to Talk About You
YTNOP Blues
Le violoniste Jean-Luc Ponty est né dans une famille de musicien. Il devient un concertiste de renom avant de se tourner de plus en plus vers le jazz, une musique qu’il affectionne. Il se rapproche en soixante et un de Stéphane Grappelli et le fréquente occasionnellement, en même temps que la vie nocturne parisienne.
A l’âge de vingt-deux ans, en soixante-quatre, après avoir triomphé au festival d’Antibes-Juan-Les-Pins, il sort l’album « Long Jazz Playing » qui est un succès. Il faut dire qu’il est entouré de la crème, Eddy Louiss au piano et à l’orgue, Daniel Humair à la batterie, Gilbert Rovère ou Guy Pedersen à la contrebasse, Michel Portal à la flûte sur deux pièces, « Modo Azul » et « Au Privave ».
Jean-Luc Ponty est un violoniste surdoué qui possède une maîtrise exceptionnelle de son instrument, il joue de façon personnelle, assez loin de la manière de Grappelli, et affirme une personnalité et un style malgré son jeune âge. Il enregistre sur cet album des pièces remarquables.
Beaucoup sont notables comme « Une nuit au violon » de Martial Solal, « Satin Doll » en pizzicati, « YTNOP Blues » radieux, ou le standard « A Night In Tunisia » avec Eddy Louiss, ainsi qu’un hommage à Trane, « I Want To talk About You », avec une sourdine sous le chevalet, nous précise-t-on…
Il faudrait également ajouter la qualité de la participation de l’immense Michel Portal, si ça n’allait pas de soi. L’album est donc parfait, un des meilleurs et des plus originaux de cette année soixante-quatre, plus tard Ponty connaîtra d’autres gloires, notamment avec Frank Zappa et le mouvement du jazz Rock dont il sera une personnalité forte, aux côtés de John McLaughlin.
Mais ce que révèle cet album, c’est que dès soixante-quatre, ce qui fait sa personnalité est déjà là, tant du côté de la virtuosité que de l’entertainment, dommage qu’il ne compose rien de personnel ici, mais ça reste dans l’esprit du jazz qui se veut une musique de l’interprétation dans la création.
Une nuit au violon
Postlude in C
A Night in Tunisia
I Want to Talk About You
YTNOP Blues
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Alice Coltrane - Journey In Satchidananda, '70}
Du jazz spirituel, une invitation à la méditation, les influences orientale ("Isis & Osiris") et indienne (un guru bien connu à l'époque a eu une grande empreinte sur son virage musical), le tanpura, instrument bourdonnant, quasi omniprésent, qui peut, à la longue, souler l'auditeur, la harpe, instrument adopté par Alice (d'après la légende, destinée à John, son mari, mort avant d'avoir pu en jouer), le souffle délicat de Pharoah Sanders, plus apaisé que jamais et une part belle aux deux bassistes Cecil McBee et C. Haden sur le dernier titre, tout ceci contribue à faire de cet opus une oeuvre essentielle dans le genre.
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Un classique incontournable pour ce qui me concerne...
Michel Henritzi – Shinjuku Blues & Whispering Shadows – (2009)
Michel Henritzi est arrivé dans ma vie d’auditeur de musique via le label « An'archives », et s’y est installé comme commentateur avisé de la musique underground nippone au travers de l’ouvrage « Micro Japon » chez Lenka Lente, où il intervient en interviewant nombre de représentants de cette scène.
C’est également un fin commentateur de la scène nippone en général, qu’il fréquente depuis les années quatre-vingts et un critique musical pointu et avisé. Mais le voici sur cet album en tant que musicien, il joue en solo de la guitare et nous propose un voyage sonore personnel assez inhabituel.
Ces enregistrements proviennent de deux sources différentes, les pièces 1 ,2 ,13, 17 et 18 ont été captées en deux mille sept à la « Villa Kujoyama » à Kyoto, et les autres à son domicile de Metz où il vit. Le cd est fort joli, distingué et original, à la façon japonaise. C’est le second du label « Dyin' Ghost Records », gravé sur un support Cdr.
Pour tout dire j’aime beaucoup cet album bien qu’il transpire le blues et, peut-être, la tristesse ou la solitude, enfin c’est le sentiment qui se dégage de cette guitare électrique au son étiré, qui se nourrit d’une sorte de mélancolie qui se régénère, avec une grande constance.
On se prend à aimer cette torpeur, à se laisser envahir et habiter, d’une pièce à l’autre, par ces variations autour de cette atmosphère un peu neurasthénique, qui se contemple elle-même, sans vraiment vouloir se débattre…
Une guitare et un ampli suffisent, des images s’agitent au fil de la musique, au mieux des paysages que l’on traverse en train, les yeux dirigés vers la fenêtre, comme pour s’emplir des ombres sculptées par le soleil couchant, quand se mélangent encore les formes avec les ombres qui grandissent…
« The Floating World » arrive un peu comme une brèche dans ce long trajet, avec un bidouillage crépitant méchamment et ce bues qui crachouille, rompant la monotonie à laquelle l’esprit s’habitue et se laisse envahir, mais ce n’est là qu’une pause…
Car tout repart et continue, inlassablement, vers le contemplatif, l’élégante continuité, les thèmes se succèdent, s’écorchent parfois, strient le moment et repart vers l’épure, jusqu’au scratch prochain, s’il arrive, l’incidence est possible, toujours sans conséquence, car le voyage continue imperturbablement et durablement, et l’album est plein à ras bord…
« Ayakashi No Tsuki », en place seize est une reprise d’une chanson de Kazuki Tomokawa que chante Michel, dépaysement total et inattendu, avant « Long Nights » la plus longue pièce de l’album frôlant les huit minutes, qui nous plonge au cœur de la nuit et des ombres tombées.
(Le téléchargement est gratuit sur bandcamp).
walking in the shadow
nagasaki blues
the floating world
ayakashi no tsuki
long nights
Michel Henritzi – Shinjuku Blues & Whispering Shadows – (2009)
Michel Henritzi est arrivé dans ma vie d’auditeur de musique via le label « An'archives », et s’y est installé comme commentateur avisé de la musique underground nippone au travers de l’ouvrage « Micro Japon » chez Lenka Lente, où il intervient en interviewant nombre de représentants de cette scène.
C’est également un fin commentateur de la scène nippone en général, qu’il fréquente depuis les années quatre-vingts et un critique musical pointu et avisé. Mais le voici sur cet album en tant que musicien, il joue en solo de la guitare et nous propose un voyage sonore personnel assez inhabituel.
Ces enregistrements proviennent de deux sources différentes, les pièces 1 ,2 ,13, 17 et 18 ont été captées en deux mille sept à la « Villa Kujoyama » à Kyoto, et les autres à son domicile de Metz où il vit. Le cd est fort joli, distingué et original, à la façon japonaise. C’est le second du label « Dyin' Ghost Records », gravé sur un support Cdr.
Pour tout dire j’aime beaucoup cet album bien qu’il transpire le blues et, peut-être, la tristesse ou la solitude, enfin c’est le sentiment qui se dégage de cette guitare électrique au son étiré, qui se nourrit d’une sorte de mélancolie qui se régénère, avec une grande constance.
On se prend à aimer cette torpeur, à se laisser envahir et habiter, d’une pièce à l’autre, par ces variations autour de cette atmosphère un peu neurasthénique, qui se contemple elle-même, sans vraiment vouloir se débattre…
Une guitare et un ampli suffisent, des images s’agitent au fil de la musique, au mieux des paysages que l’on traverse en train, les yeux dirigés vers la fenêtre, comme pour s’emplir des ombres sculptées par le soleil couchant, quand se mélangent encore les formes avec les ombres qui grandissent…
« The Floating World » arrive un peu comme une brèche dans ce long trajet, avec un bidouillage crépitant méchamment et ce bues qui crachouille, rompant la monotonie à laquelle l’esprit s’habitue et se laisse envahir, mais ce n’est là qu’une pause…
Car tout repart et continue, inlassablement, vers le contemplatif, l’élégante continuité, les thèmes se succèdent, s’écorchent parfois, strient le moment et repart vers l’épure, jusqu’au scratch prochain, s’il arrive, l’incidence est possible, toujours sans conséquence, car le voyage continue imperturbablement et durablement, et l’album est plein à ras bord…
« Ayakashi No Tsuki », en place seize est une reprise d’une chanson de Kazuki Tomokawa que chante Michel, dépaysement total et inattendu, avant « Long Nights » la plus longue pièce de l’album frôlant les huit minutes, qui nous plonge au cœur de la nuit et des ombres tombées.
(Le téléchargement est gratuit sur bandcamp).
walking in the shadow
nagasaki blues
the floating world
ayakashi no tsuki
long nights
We will dance again...
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Patrice Rushen - Prelusion '74}
La pochette de cet album pouvait laisser penser qu'ils allaient écouter une sorte de Roberta Flack, dans une veine soul 70's. Mais non ! c'est de jazz dont il s'agit et cette prodige, 20 ans au moment de la sortie, forte influence de Prince notamment dont les amours pour le piano sont rappelées dans le dernier numéro de Jazz magazine, l'illustre de fort belle manière.
Enregistré pour Prestige, prestigieux label s'il en est, ce premier opus évolue dans une veine post-bop, avec, époque oblige des incursions dans le free et spritual ("7/73") ou même le funk déjà "Haw-Right Now", à ce titre, Leon "Ndugu" Chancler à la batterie est mis en valeur sur cette enregistrement. "Traverse" lui permet d'exprimer pleinement son talent au piano et le dernier titre, "Puttered Bobcorn" peut-être inspiré par H. Hancock dans son approche des claviers-synthés, la révèle assez audacieuse. J'ai lu que J.L. Ponty, dont il est question plus haut sur cette page, aurait été très impressionné par son travail et va l'inviter (avec Ndugu) à participer à son Upon The Wings of Music
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Mon chouchou de la trompette : Freddie Hubbard
Une fois sortie de sa dépendance à Miles Davis, Freddie a su se construire un beau répertoire, qui a notamment été développé lors de ces années CTI.
On est ici en 1971 (1972 pour la sortie japonaise ici présente) et on est bien évidemment dans un Cool Jazz bien arrangé (Don Sebesky), bien produit (Creed Taylor himself) et aux guests prestigieux, jugez plutôt :
Bass – Ron Carter
Cello – Charles McCracken, George Ricci
Drums – Jack DeJohnette
Flute – Hubert Laws
Guitar – George Benson
Percussion – Airto Moreira
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Une fois sortie de sa dépendance à Miles Davis, Freddie a su se construire un beau répertoire, qui a notamment été développé lors de ces années CTI.
On est ici en 1971 (1972 pour la sortie japonaise ici présente) et on est bien évidemment dans un Cool Jazz bien arrangé (Don Sebesky), bien produit (Creed Taylor himself) et aux guests prestigieux, jugez plutôt :
Bass – Ron Carter
Cello – Charles McCracken, George Ricci
Drums – Jack DeJohnette
Flute – Hubert Laws
Guitar – George Benson
Percussion – Airto Moreira
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
David Murray Infinity Quartet – Be My Monster Love – (2013)
Je me souviens de David Murray vers ses débuts et de l’album de soixante-seize « Flowers For Albert », complètement free, Ayler en modèle, puis un « Black Saint », un « Horo » et « 3D Family » le Hat Hut déjanté qui crapahute l’excellence du free, une nouvelle fois…
Cependant David est un gars pragmatique, il croit à ce qu’il fait et le fait super bien, mais il change de cap facilement, va et vient, de-ci de-là, ouvre une porte, puis une autre, reviens en arrière, avance encore et fait à nouveau demi-tour, toujours brillant et irréprochable, il faut dire qu’il sait tout faire, impeccablement, en alignant les albums les uns après les autres…
Et le voici en deux mille treize avec l’Infinity Orchestra, pour cet unique album et sa part d’originalité, comme il sait faire. Huit pièces alignées, mais quatre qu’il partage avec un ou une vocaliste. La chanteuse Macy Gray performe dès la seconde pièce, sur la chanson-titre, « Be My Monster Love », et c’est déjà formidable… Les paroles sont écrites majoritairement par Ishmael Reed et la musique par David qui (je vous l’ai déjà dit) sait tout faire…
Les trois autres pièces chantées le sont par le fameux Gregory Porter, (celui qui porte une éternelle casquette qui recouvre oreille et partie du menton), alors au zénith : c’est l’année de son formidable album « Liquid Spirit » qui sera un succès mondial.
Malgré que David s’offre de temps à autres quelques escapades au sax ténor, il joue ici dans un registre plutôt classique, une musique qu’il maîtrise parfaitement, offrant à son public un album qui ne souffre d’aucun défaut, avec tout le lyrisme souhaitable.
Les amateurs de Gregory Porter seront également comblés, particulièrement pas le très beau « About The Children », parfaitement réussi, ainsi que par le gospelisant « Army Of The Faithful ». Il y a également un autre invité, mais cette fois-ci instrumentiste, Bobby Bradford au cornet sur « The Graduate », ce qui apporte une nouvelle couleur à cet album qui ne manque pas de fantaisie…
Il se ferme avec l’émouvant « Hope is a Thing with Feathers » écrit par Reed, qui narre les trajets sur les « navires négriers purulents » de sinistre mémoire, que chante Porter avec une grande force évocatrice…
David Murray Be my Monster Love
David Murray Infinity Quartet - Army of the Faithful feat. Gregory Porter
The Graduate
Hope Is a Thing With Feathers
French Kiss for Valerie
Je me souviens de David Murray vers ses débuts et de l’album de soixante-seize « Flowers For Albert », complètement free, Ayler en modèle, puis un « Black Saint », un « Horo » et « 3D Family » le Hat Hut déjanté qui crapahute l’excellence du free, une nouvelle fois…
Cependant David est un gars pragmatique, il croit à ce qu’il fait et le fait super bien, mais il change de cap facilement, va et vient, de-ci de-là, ouvre une porte, puis une autre, reviens en arrière, avance encore et fait à nouveau demi-tour, toujours brillant et irréprochable, il faut dire qu’il sait tout faire, impeccablement, en alignant les albums les uns après les autres…
Et le voici en deux mille treize avec l’Infinity Orchestra, pour cet unique album et sa part d’originalité, comme il sait faire. Huit pièces alignées, mais quatre qu’il partage avec un ou une vocaliste. La chanteuse Macy Gray performe dès la seconde pièce, sur la chanson-titre, « Be My Monster Love », et c’est déjà formidable… Les paroles sont écrites majoritairement par Ishmael Reed et la musique par David qui (je vous l’ai déjà dit) sait tout faire…
Les trois autres pièces chantées le sont par le fameux Gregory Porter, (celui qui porte une éternelle casquette qui recouvre oreille et partie du menton), alors au zénith : c’est l’année de son formidable album « Liquid Spirit » qui sera un succès mondial.
Malgré que David s’offre de temps à autres quelques escapades au sax ténor, il joue ici dans un registre plutôt classique, une musique qu’il maîtrise parfaitement, offrant à son public un album qui ne souffre d’aucun défaut, avec tout le lyrisme souhaitable.
Les amateurs de Gregory Porter seront également comblés, particulièrement pas le très beau « About The Children », parfaitement réussi, ainsi que par le gospelisant « Army Of The Faithful ». Il y a également un autre invité, mais cette fois-ci instrumentiste, Bobby Bradford au cornet sur « The Graduate », ce qui apporte une nouvelle couleur à cet album qui ne manque pas de fantaisie…
Il se ferme avec l’émouvant « Hope is a Thing with Feathers » écrit par Reed, qui narre les trajets sur les « navires négriers purulents » de sinistre mémoire, que chante Porter avec une grande force évocatrice…
David Murray Be my Monster Love
David Murray Infinity Quartet - Army of the Faithful feat. Gregory Porter
The Graduate
Hope Is a Thing With Feathers
French Kiss for Valerie
We will dance again...