J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 13 avr. 2026 03:52

Yochk'o Seffer, François Causse – Hangosh (L'Homme Primitif).jpg
Yochk'o Seffer, François Causse – Hangosh (L'Homme Primitif).jpg (131.54 Kio) Vu 1142 fois
Yochk'o Seffer, François Causse – Hangosh (L'Homme Primitif) – (2016)

Voici « Hangosh (L'Homme Primitif) », l’un des plus récents albums du saxophoniste hongrois Yochk'o Seffer qui joue sur cet album du sax sopranino et du ténor, ainsi que du piano. L’album est conçu en duo avec François Causse, batteur-percussionniste qui joue également du vibraphone et du Hang, un instrument inventé en l’an deux mille, composé par deux coupelles métalliques que l’on frappe en les maintenant entre les genoux, il permet de jouer jusqu’à sept notes différentes.

La première pièce entièrement improvisée autour du sopranino et du Hang permet de plonger directement au cœur de cette musique, « Hang J » semble pourtant posséder tous les aspects d’une pièce écrite et pensée dans ses moindres détails, ce qui en dit long sur l’expertise de ces deux-là qui trouvent rapidement la voie de l’esthétique essentielle.

« Titly » qui succède à cet élan est la pièce la plus longue de l’album, quatorze minutes intenses et pénétrantes qui nous emmènent vers d’autres voies plus déchirées et complexes, avec une belle trempe qu’il faut saluer, entre free et jazz plus conventionnel…

« Houlousi » fait place au compositeur Didier Malherbe qui se joint au duo avec l’instrument du même nom que la pièce, ce sera également le point de départ de « l’Ethnic Trio » nouvelle version, avec Didier à la place de Faton Cahen. Cette pièce inaugurale est superbe.

La pièce suivante est dédiée à John Coltrane, elle est construite autour des harmonies de « Giant Steps », Yochk’o l’a baptisée en écrivant le nom de Coltrane en verlan, ce qui donne « Enartloc », il y joue du piano en solo, ainsi que du ténor dans le final.

Toujours en solo Yochk’o dédie la pièce suivante à Ornette Coleman, trois saxs ténor et un harmoniseur fabriquent « la Ruche ». Il se souvient d’Ornette arrivant à Madrid pour se joindre à l’album « Ornette For ever » qu’il jouait en l’honneur du grand homme, ce dernier l’appelant le « Yougoslave » et conservant un grand souvenir de lui.

« Fajdalom » qu’il joue au piano et au ténor est également grandiose, « morceau typique de la nostalgie magyare, avec ses gammes fluides, modales et mélancoliques ». Un sommet.

Pour finir sur un standard, « Stella by Starlight », une régalade au piano/ténor. Vraiment un chouette album aux atours qui méritent détours et retours.

Hang J


Titly


Houlousi


Zongora pour Kotrab
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 14 avr. 2026 01:55

Tom Scott & The L.A. Express – Tom Cat.jpg
Tom Scott & The L.A. Express – Tom Cat.jpg (114.79 Kio) Vu 1092 fois
Tom Scott & The L.A. Express – Tom Cat – (1975)

Dans ce fameux Jazz-Mag sur la « fusion » il y avait, du côté des « trésors oubliés » un avis assez superlatif sur cet album, bon, pas d’affolement, c’est sans doute un peu usurpé, enfin un poil, car l’album reste globalement assez conventionnel.

Nous voici dans un jazz-funk plutôt réussi, mais sans réelles surprises, même si c’est plutôt bien senti. Côté musiciens c’est du tout bon, des seconds couteaux affûtés qui ne cèdent en rien aux stars du genre.

Tom Scott est un saxophoniste très correct, dans l’air du temps, avec quantité de solis bien menés, il joue également des bois, des synthés ainsi que des percus. Il mène bien son affaire sans jamais tomber dans la soupe, même si globalement tout ça reste très commercial.

Larry Nash est aux claviers et synthés, Robben Ford aux guitares, on aurait souhaité l’entendre davantage, le bassiste est max Bennett, et John Guerin le batteur percussionniste.

La pièce de Joni Mitchell, « Love Poem », est souvent retenue car on y entend la chanteuse y faire quelques borborygmes en toile de fond, il faut dire que Tom Scott sortait d’une phase où il était son accompagnateur, ceci explique cela.

Mais côté pièces rien ne se détache vraiment, si ce n’est « Day Way » signé Robben Ford et « Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships At Sea » où ce dernier nous sert un solo bien sympa, avant que Scott ne déchire un peu. Il faudrait également citer « Mondo », un poil ambitieux, qui laisse entrevoir des ouvertures intéressantes.

Pour le reste tout roule sans trop glisser sur la ligne blanche, propret, carré, avec moult références funky et rythm ‘n blues, de quoi servir une galette aux sonorités agréables, policées, bien que globalement attendues…

Rock Island Rocket


Love Poem


Day Way


Good Evening Mr. & Mrs. America & All The Ships


Mondo
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Message par Piranha » mar. 14 avr. 2026 20:10

Je ne connais pas celui-ci mais par contre j'ai son précédent (l'éponyme) avec Larry Carlton à la guitare.

Je m'y étais intéressé car fan du générique de Starsky & Hutch je m'étais rendu qu'il était l'oeuvre de Tom Scott ::d ("Gotcha")
Depuis j'ai appris que les L.A Express avait été le backing band de Joni Mitchell


Pour le plaisir, une version alternative issue du pilote


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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 15 avr. 2026 01:57

Piranha a écrit :
mar. 14 avr. 2026 20:10
Je ne connais pas celui-ci mais par contre j'ai son précédent (l'éponyme) avec Larry Carlton à la guitare.

Je m'y étais intéressé car fan du générique de Starsky & Hutch je m'étais rendu qu'il était l'oeuvre de Tom Scott ::d ("Gotcha")
Depuis j'ai appris que les L.A Express avait été le backing band de Joni Mitchell


Pour le plaisir, une version alternative issue du pilote

Ça enrichit la base...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 15 avr. 2026 02:05

Mike Patton, Ikue Mori, John Zorn – Hemophiliac.jpg
Mike Patton, Ikue Mori, John Zorn – Hemophiliac.jpg (83.52 Kio) Vu 1033 fois
Mike Patton, Ikue Mori, John Zorn – Hemophiliac – (2002)

En très bon état, et avec le obi, mon exemplaire serait très recherché, mais voilà, il est comme il est, il offre cependant autant de bonne musique que le plus rutilant de la série des deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf autres, signés par les musiciens. Obtenu à prix raisonnable il me comble et fera bien pour mes vieux jours. A la sortie du skeud il fallait le commander directement chez Zorn pour $47.00, ce qui va, tout bien pesé…

J’étais un peu méfiant car je connais le trio par l’album du « cinquantième anniversaire » qui m’était apparu comme le moins intéressant du lot. Mais là, il va me falloir remettre en question ces préjugés, car ici c’est du lourd et du bon, je l’ai juste posé dans le lecteur Cd pour me faire une petite idée, et je n’arrive pas à décrocher. D’un autre côté je ne serais pas le plus difficile à convaincre, car je suis au fait de ces trois-là, et je connais leur sens aigu de la provoque et du sans limite.

Déjà, c’est un double Cd chargé lourdement de plus de deux heures d’écoute, c’est-à-dire environ le max, de quoi faire exploser les neurones des plus dociles ici, s’ils s’aventurent sans ménagement, ça c’est pour la forme.

Ils sont trois donc, Zorn au saxophone alto ainsi qu’à la voix, Ikue Mori à l’électro et aux « drum machines », et Mike Patton à la voix et à l’électro, ce dernier souvent signalé comme étant le plus extrême du lot, mais va savoir…

Il est un peu spèce faut dire, il suffit de l’entendre converser avec les hennissements d’un cheval pour situer. Pourtant, malgré les préventions, ce qui se passe ici est souvent génial, et, pour tout dire, assez loin de ce que j’imaginais.

C’est quasi doux et presque en dedans, pas si effrayant, ça penche plutôt vers la zone subtile plutôt que l’agressive, c’est même souvent assez beau, voire remarquable, les trois s’écoutent, dialoguent, se relancent avec beaucoup d’ à propos. Ça file vite et bien.

Les enregistrements viennent de partout, de multiples captations, tout est en live et l’équilibre entre les trois est savamment maintenu, pour que tout tienne et avance en maintenant constamment l’intérêt, tout en conservant subtilité, humour et constance, on se régale !

Alors bien sûr il y a des tempêtes, des interruptions, des outrages, de l’inattendu et même du malentendu, il faut bien également un peu de sauvagerie, quand la bête se réveille, des hurlements, des clameurs et des musique primitives qui surgissent en même temps qu’arrive l’Ankou…

Bon, nous étions prévenus alors ne boudons pas, d’autant que le premier volume reste d’accès facile, le second glisse davantage vers l’excès, voire le torve et l’animal, c’est une sorte de nécessité, un « must » auquel on ne peut échapper. Acceptons-le, c’est déjà commencer à l’aimer …

Pour résumer, certains classeront cet album du côté des musiques extrêmes, ce qui ne correspond qu’à une partie de l’album. L’énergie pourtant est bien là, tout du long, elle se régénère constamment, et l’album fourmille d’idées et de combinaisons sans jamais fréquenter la case ennui, car il surprend constamment, échappant au normatif et même à l’anticipation, ce qui est une grande qualité.

Hemophiliac 2002 Album (Disc 1)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 16 avr. 2026 03:22

Erik Truffaz  – Saloua.jpg
Erik Truffaz – Saloua.jpg (71.66 Kio) Vu 941 fois
Erik Truffaz with Philippe Garcia, Manu Codjia, Michel Benita feat. Mounir Troudi & Nya – Saloua – (2005)

L’intéressant trompettiste suisse poursuit sa route toujours chez Blue Note, où il a fait son nid. Cet album ne déroge pas à la règle et projette des couleurs identitaires et orientales dès la première pièce, le très beau « Saloua » chanté par Mounir Troudi qui joue également du bendir.

Ce dernier officiait déjà sur « Mantis » que j’avais évoqué il y a quelques temps, en compagnie de Manu Codjia à la guitare et à l’électro, Michel Benita à la contrebasse et aux échantillons et Philippe Garcia à la batterie, au parlophone et aux effets également.

Nya, rappeur classieux, est également de retour, sur « Big Wheel » positionné en second et « Yabous », deux belles pièces, la première en forme de reggae, qui s’ouvre à nouveau au chant et à ce folklore universel dont se berce Truffaz sur une bonne moitié des pièces présentes sur l’album.

Mais on retrouve également l’élégant écrin, un poil sucré, dont il aime s’entourer, comme sur « Whispering » qui penche côté planant et dématérialisé, une pièce signée de Benita. Avec « Yabous » on revient au chant ethnique avec le tunisien Mounir qui partage la pièce avec le rap de Nya, ainsi se mélangent anglais et langue arabe dans un plaidoyer pacifiste de bonne volonté…

« Gedesh » qui suit est signé de Mounir Troudi, les accents chantés se frottent aux arcs aériens du trompettiste qui tisse une toile couvrante et protectrice. Ainsi file cet album entre couleurs « worlds » et accents dub ou méditerranéens. Les chants s’éteignent avec la septième pièce, le quartet électrisé prend le relais et régale avec bonheur…

Par contre on a quitté Miles pour s’exiler vers des douceurs pops, alors laissons-nous séduire sans trop rechigner, « Soleil d’Eline » et « Spirale » peuvent ennuyer, mais comme l’indique le dernier titre aux saveurs reggae, « La Vie Continue » et c’est bien là l’essentiel !

Saloua


Big Wheel


Yabous


Gedech


Erik Truffaz - 2005 - Saloua - 03 Whispering


Tantrik


La vie continue
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 17 avr. 2026 03:15

Jean-Luc Ponty – Jazz Long Playing a.jpg
Jean-Luc Ponty – Jazz Long Playing a.jpg (95.13 Kio) Vu 898 fois
Jean-Luc Ponty – Jazz Long Playing – (1964)

Le violoniste Jean-Luc Ponty est né dans une famille de musicien. Il devient un concertiste de renom avant de se tourner de plus en plus vers le jazz, une musique qu’il affectionne. Il se rapproche en soixante et un de Stéphane Grappelli et le fréquente occasionnellement, en même temps que la vie nocturne parisienne.

A l’âge de vingt-deux ans, en soixante-quatre, après avoir triomphé au festival d’Antibes-Juan-Les-Pins, il sort l’album « Long Jazz Playing » qui est un succès. Il faut dire qu’il est entouré de la crème, Eddy Louiss au piano et à l’orgue, Daniel Humair à la batterie, Gilbert Rovère ou Guy Pedersen à la contrebasse, Michel Portal à la flûte sur deux pièces, « Modo Azul » et « Au Privave ».

Jean-Luc Ponty est un violoniste surdoué qui possède une maîtrise exceptionnelle de son instrument, il joue de façon personnelle, assez loin de la manière de Grappelli, et affirme une personnalité et un style malgré son jeune âge. Il enregistre sur cet album des pièces remarquables.

Beaucoup sont notables comme « Une nuit au violon » de Martial Solal, « Satin Doll » en pizzicati, « YTNOP Blues » radieux, ou le standard « A Night In Tunisia » avec Eddy Louiss, ainsi qu’un hommage à Trane, « I Want To talk About You », avec une sourdine sous le chevalet, nous précise-t-on…

Il faudrait également ajouter la qualité de la participation de l’immense Michel Portal, si ça n’allait pas de soi. L’album est donc parfait, un des meilleurs et des plus originaux de cette année soixante-quatre, plus tard Ponty connaîtra d’autres gloires, notamment avec Frank Zappa et le mouvement du jazz Rock dont il sera une personnalité forte, aux côtés de John McLaughlin.

Mais ce que révèle cet album, c’est que dès soixante-quatre, ce qui fait sa personnalité est déjà là, tant du côté de la virtuosité que de l’entertainment, dommage qu’il ne compose rien de personnel ici, mais ça reste dans l’esprit du jazz qui se veut une musique de l’interprétation dans la création.

Une nuit au violon


Postlude in C


A Night in Tunisia


I Want to Talk About You


YTNOP Blues
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » ven. 17 avr. 2026 16:34

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Alice Coltrane - Journey In Satchidananda, '70}

Du jazz spirituel, une invitation à la méditation, les influences orientale ("Isis & Osiris") et indienne (un guru bien connu à l'époque a eu une grande empreinte sur son virage musical), le tanpura, instrument bourdonnant, quasi omniprésent, qui peut, à la longue, souler l'auditeur, la harpe, instrument adopté par Alice (d'après la légende, destinée à John, son mari, mort avant d'avoir pu en jouer), le souffle délicat de Pharoah Sanders, plus apaisé que jamais et une part belle aux deux bassistes Cecil McBee et C. Haden sur le dernier titre, tout ceci contribue à faire de cet opus une oeuvre essentielle dans le genre.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 18 avr. 2026 03:16

Un classique incontournable pour ce qui me concerne...
Michel Henritzi – Shinjuku Blues & Whispering Shadows.jpg
Michel Henritzi – Shinjuku Blues & Whispering Shadows.jpg (11.17 Kio) Vu 835 fois
Michel Henritzi – Shinjuku Blues & Whispering Shadows – (2009)

Michel Henritzi est arrivé dans ma vie d’auditeur de musique via le label « An'archives », et s’y est installé comme commentateur avisé de la musique underground nippone au travers de l’ouvrage « Micro Japon » chez Lenka Lente, où il intervient en interviewant nombre de représentants de cette scène.

C’est également un fin commentateur de la scène nippone en général, qu’il fréquente depuis les années quatre-vingts et un critique musical pointu et avisé. Mais le voici sur cet album en tant que musicien, il joue en solo de la guitare et nous propose un voyage sonore personnel assez inhabituel.

Ces enregistrements proviennent de deux sources différentes, les pièces 1 ,2 ,13, 17 et 18 ont été captées en deux mille sept à la « Villa Kujoyama » à Kyoto, et les autres à son domicile de Metz où il vit. Le cd est fort joli, distingué et original, à la façon japonaise. C’est le second du label « Dyin' Ghost Records », gravé sur un support Cdr.

Pour tout dire j’aime beaucoup cet album bien qu’il transpire le blues et, peut-être, la tristesse ou la solitude, enfin c’est le sentiment qui se dégage de cette guitare électrique au son étiré, qui se nourrit d’une sorte de mélancolie qui se régénère, avec une grande constance.

On se prend à aimer cette torpeur, à se laisser envahir et habiter, d’une pièce à l’autre, par ces variations autour de cette atmosphère un peu neurasthénique, qui se contemple elle-même, sans vraiment vouloir se débattre…

Une guitare et un ampli suffisent, des images s’agitent au fil de la musique, au mieux des paysages que l’on traverse en train, les yeux dirigés vers la fenêtre, comme pour s’emplir des ombres sculptées par le soleil couchant, quand se mélangent encore les formes avec les ombres qui grandissent…

« The Floating World » arrive un peu comme une brèche dans ce long trajet, avec un bidouillage crépitant méchamment et ce bues qui crachouille, rompant la monotonie à laquelle l’esprit s’habitue et se laisse envahir, mais ce n’est là qu’une pause…

Car tout repart et continue, inlassablement, vers le contemplatif, l’élégante continuité, les thèmes se succèdent, s’écorchent parfois, strient le moment et repart vers l’épure, jusqu’au scratch prochain, s’il arrive, l’incidence est possible, toujours sans conséquence, car le voyage continue imperturbablement et durablement, et l’album est plein à ras bord…

« Ayakashi No Tsuki », en place seize est une reprise d’une chanson de Kazuki Tomokawa que chante Michel, dépaysement total et inattendu, avant « Long Nights » la plus longue pièce de l’album frôlant les huit minutes, qui nous plonge au cœur de la nuit et des ombres tombées.

(Le téléchargement est gratuit sur bandcamp).

walking in the shadow


nagasaki blues


the floating world


ayakashi no tsuki


long nights
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » sam. 18 avr. 2026 12:33

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Patrice Rushen - Prelusion '74}
Je suppose que ceux qui ont découvert Patrice Rushen avec le superbe tube funk "Forget Me Nots" et sa merveilleuse ligne de basse, ont bien dû être désappointés en fouillant dans sa discographie.
La pochette de cet album pouvait laisser penser qu'ils allaient écouter une sorte de Roberta Flack, dans une veine soul 70's. Mais non ! c'est de jazz dont il s'agit et cette prodige, 20 ans au moment de la sortie, forte influence de Prince notamment dont les amours pour le piano sont rappelées dans le dernier numéro de Jazz magazine, l'illustre de fort belle manière.
Enregistré pour Prestige, prestigieux label s'il en est, ce premier opus évolue dans une veine post-bop, avec, époque oblige des incursions dans le free et spritual ("7/73") ou même le funk déjà "Haw-Right Now", à ce titre, Leon "Ndugu" Chancler à la batterie est mis en valeur sur cet enregistrement. "Traverse" lui permet d'exprimer pleinement son talent au piano et le dernier titre, "Puttered Bobcorn" peut-être inspiré par H. Hancock dans son approche des claviers-synthés, la révèle assez audacieuse. J'ai lu que J.L. Ponty, dont il est question plus haut sur cette page, aurait été très impressionné par son travail et va l'inviter (avec Ndugu) à participer à son Upon The Wings of Music
Modifié en dernier par Bebeto le dim. 19 avr. 2026 08:33, modifié 1 fois.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » sam. 18 avr. 2026 16:06

Mon chouchou de la trompette : Freddie Hubbard

Une fois sortie de sa dépendance à Miles Davis, Freddie a su se construire un beau répertoire, qui a notamment été développé lors de ces années CTI.

On est ici en 1971 (1972 pour la sortie japonaise ici présente) et on est bien évidemment dans un Cool Jazz bien arrangé (Don Sebesky), bien produit (Creed Taylor himself) et aux guests prestigieux, jugez plutôt :

Bass – Ron Carter
Cello – Charles McCracken, George Ricci
Drums – Jack DeJohnette
Flute – Hubert Laws
Guitar – George Benson
Percussion – Airto Moreira
...


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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 19 avr. 2026 02:36

David Murray Infinity Quartet – Be My Monster Love.jpg
David Murray Infinity Quartet – Be My Monster Love.jpg (72.25 Kio) Vu 717 fois
David Murray Infinity Quartet – Be My Monster Love – (2013)

Je me souviens de David Murray vers ses débuts et de l’album de soixante-seize « Flowers For Albert », complètement free, Ayler en modèle, puis un « Black Saint », un « Horo » et « 3D Family » le Hat Hut déjanté qui crapahute l’excellence du free, une nouvelle fois…

Cependant David est un gars pragmatique, il croit à ce qu’il fait et le fait super bien, mais il change de cap facilement, va et vient, de-ci de-là, ouvre une porte, puis une autre, reviens en arrière, avance encore et fait à nouveau demi-tour, toujours brillant et irréprochable, il faut dire qu’il sait tout faire, impeccablement, en alignant les albums les uns après les autres…

Et le voici en deux mille treize avec l’Infinity Orchestra, pour cet unique album et sa part d’originalité, comme il sait faire. Huit pièces alignées, mais quatre qu’il partage avec un ou une vocaliste. La chanteuse Macy Gray performe dès la seconde pièce, sur la chanson-titre, « Be My Monster Love », et c’est déjà formidable… Les paroles sont écrites majoritairement par Ishmael Reed et la musique par David qui (je vous l’ai déjà dit) sait tout faire…

Les trois autres pièces chantées le sont par le fameux Gregory Porter, (celui qui porte une éternelle casquette qui recouvre oreille et partie du menton), alors au zénith : c’est l’année de son formidable album « Liquid Spirit » qui sera un succès mondial.

Malgré que David s’offre de temps à autres quelques escapades au sax ténor, il joue ici dans un registre plutôt classique, une musique qu’il maîtrise parfaitement, offrant à son public un album qui ne souffre d’aucun défaut, avec tout le lyrisme souhaitable.

Les amateurs de Gregory Porter seront également comblés, particulièrement pas le très beau « About The Children », parfaitement réussi, ainsi que par le gospelisant « Army Of The Faithful ». Il y a également un autre invité, mais cette fois-ci instrumentiste, Bobby Bradford au cornet sur « The Graduate », ce qui apporte une nouvelle couleur à cet album qui ne manque pas de fantaisie…

Il se ferme avec l’émouvant « Hope is a Thing with Feathers » écrit par Reed, qui narre les trajets sur les « navires négriers purulents » de sinistre mémoire, que chante Porter avec une grande force évocatrice…

David Murray Be my Monster Love


David Murray Infinity Quartet - Army of the Faithful feat. Gregory Porter


The Graduate


Hope Is a Thing With Feathers


French Kiss for Valerie
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 20 avr. 2026 02:42

Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra – Inspiration.jpg
Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra – Inspiration.jpg (152.13 Kio) Vu 619 fois
Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra – Inspiration – (1999)

Sam Rivers fait partie de ces grands musiciens dont je n’ai pas fait le tour, malgré que j’aie été assez souvent à la pêche à ses albums, il ne me semble qu’aucun ne m’ait jamais déçu, et que beaucoup m’aient énormément enchanté…

On vénère souvent la période des Lofts pendant laquelle sa personnalité est devenue centrale, avec son épouse Béatrice, ils animaient en effet la scène New Yorkaise et lui donnait vie dans les « Studios » Rivbea, une scène vivante en fait, où les musiciens de passage pouvaient jouer.

Ce nom est par ailleurs repris pour signifier la réunion de cette vingtaine de musiciens, rassemblés pour enregistrer cet album, à Brooklyn en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit. Le Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra est tout simplement énorme, …

Outre Sam Rivers, il y a Steve Coleman, Greg Osby, Chico Freeman, Gary Thomas, Hamiet Bluiett aux saxophones, Ray Anderson, Joseph Bowie, Art Baron aux trombones, Ravi Best, James Zoller, Ralph Alessi, Baikida Carroll aux trompettes, Joseph Daley au cor baryton, Bob Stewart au tuba ainsi que le bassiste Doug Mathews et le batteur Anthony Cole.

Inutile de de s’arrêter davantage sur la magnificence du plateau, la brillance de l’écriture des arrangements de Sam Rivers pourrait en revanche surprendre, il est pourtant coutumier du fait et maîtrise parfaitement cet art, même s’il a été peu enregistré.

C’est que Sam appartient malgré tout à la génération ancienne et connaît ses classiques. Ainsi la pièce « Inspiration » est-elle un dérivé du lointain « Tanga » de Dizzy Gillespie, nous révèlent les notes de pochette. Sam maîtrise son sujet et éblouit en mettant chacun en position de confort.

Le titre d’ouverture « Vines » direct et percutant semble surgit des lofts, il penche côté modernité, Sam passant rapidement d’un bord à l’autre tout en maîtrisant le fil. Il n’est d’ailleurs pas le dernier à s’inscrire dans l’ordre des solos, à la flûte et aux saxs ténor et soprano.

Cet album original et brillant est une véritable réussite propre à attiser la curiosité des amateurs. Dommage que les solos ne soient pas crédités sur le livret, ce qui aurait évité erreurs et hésitations…

Vines


Inspiration


Sam Rivers Rivbea All Star Ochestra - Whirlwind


Rejuvenation


Beatrice
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 21 avr. 2026 02:10

Fire Room – Broken Music.jpg
Fire Room – Broken Music.jpg (92.71 Kio) Vu 547 fois
Fire Room – Broken Music – (2008)

Derrière la formation Fire Room se tient un trio composé par des musiciens dont les noms sont connus. Paal Nilssen-Love est le batteur, Ken Vandermark le saxophoniste ténor et baryton, et Lasse Marhaug est à l’électro. L’enregistrement a été capté live les cinq et six juin deux mille cinq au « Grand Sport Studios » d’Oslo.

Une musique, que l’on pourrait qualifier de légèrement extrême, est jouée sur cette galette. Les deux qualificatifs semblent un peu antinomiques, mais ils correspondent assez bien à ce qui s’écoute ici. La première pièce « Broken Music » est féroce et furieuse, sans cadeau ni rémission.

Mais la seconde « Stag », est son opposée, calme, silencieuse, au son rare et ténu. « When Water Burns Air » se situe entre les deux, formant une sorte d’équilibre, ainsi il y a de quoi se perdre dans ces hésitations, ces aller sans retour…

« Hand Lettered » s’étale comme une feuille de papier sur la table posée, sa fragilité crépite à la lueur des bougies et s’agitent dans le vent, quand la flamme vacille… les textures se mélangent et se superposent en un mélange détonnant.

Ken reprend la main avec « Dashboard Fire » et crapahute avec Nilssen-Love, ils se connaissent bien tous les deux et n’ont pas de mal à se trouver. Cette proximité s’affiche, troublée par le troisième qui se glisse et s’insinue par les interstices, jusqu’au cœur de la tension…

Il y a comme une performance qui se joue ici, un peu à l’ancienne, avec des trucs inattendus et inédits, que l’on sait venir, mais qui se renouvellent et s’affirment au rythme des interventions, mine de rien, par la bande.

Expérimental mais côté jardin, froid sans doute, mais plein de couleurs…

Broken Music par Fire Room


Dashboard Fire


Line Of Lead


Broken Music 2
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 22 avr. 2026 04:03

Alan Silva  Take Some Risks a.jpg
Alan Silva Take Some Risks a.jpg (17.56 Kio) Vu 443 fois
Alan Silva, Roger Turner, Misha Lobko, Didier Petit, Bruno Girard – Take Some Risks – (1989)

Alan Silva est certainement un des grandes figures du free jazz, de par son instrument mais également comme catalyseur d’énergie, lui qui fut à l’origine de l’extraordinaire et historique « Seasons », à la tête du fantastique « The Celestrial Communication Orchestra » qu’il mena aux frontières du possible, peu après le déjà magique « Lunar Surface », de soixante-neuf…

Alan Silva aime la France qui a su l’accueillir et le comprendre, rien d’étonnant à le retrouver sur le jeune label « In Situ » pour cet album, en novembre quatre-vingt-six à la Galerie Maximilien Guiol, à Paris, tel que présenté sur la pochette.

Cette dernière est très informative et nous présente également les musiciens rassemblés par le contrebassiste, Roger Turner aux percus, Misha Lobko aux clarinettes, Didier Petit au violoncelle et Bruno Girard au violon. Un assemblage autour des cordes, sans surprise.

Les musiciens se connaissent et sont familiers, mais sont réunis pour la première fois sous cette forme. Réunion d’amitié et de projet. La première pièce est considérable, comme aime Alan Silva, elle consiste en un long titre de plus de quarante-cinq minutes, « Standard Equipment » découpé en quatre mouvements assez équilibrés.

Cette petite galerie d’art qui les accueille sera le témoin d’une rencontre rare et fertile, accordant sa part à la musique free, trop souvent oubliée ou minorée. Sans surprise l’improvisation est reine et réserve de grands moments, particulièrement lors du troisième mouvement, intense et riche, plein de vivacité et d’une grande intensité.

En écho au titre, chacun prend en effet ses risques et participe à l’élévation commune, d’autant que chaque partie de l’album est signée par un des membres, chacun devenant une partie du tout, si on y intègre la seconde et courte pièce qui termine l’album, « Some » signée Roger Turner, d’un peu plus de huit minutes.

Un pur moment de free jazz où « aucun effet n’a été rajouté » comme indiqué sur les notes de pochette, la pièce principale est une grande manifestation de free devenue hélas trop rare, toutes ses cordes tricotent avec brio des oripeaux majestueux accompagnés par la batterie-jouet d’un Turner coloriste et d’un Misha Lobko qui clarine avec doigté.
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 23 avr. 2026 03:51

The Nu Band – Lower East Side Blues.jpg
The Nu Band – Lower East Side Blues.jpg (122.1 Kio) Vu 358 fois
The Nu Band – Lower East Side Blues – (2008)

The Nu band est une solide formation qui existe depuis le début du vingt et unième siècle, et qui tient toujours, malgré que Whitecage soit décédé en vingt et un… la quantité d’albums produits n’est pas pléthorique, mais elle est de grande qualité. Je vous ai déjà parlé de « The Final Concert », mais aussi de Roy Campbell, bien souvent, qui est à la fois trompettiste et bugliste.

Celui-ci est le quatrième album de la formation, capté en studio pour la première fois, avec Mark Whitecage au sax alto et à la clarinette, Joe Fonda à la contrebasse et Lou Grassi à la batterie et aux percus.

The Nu Band n’appartient pas vraiment à une catégorie musicale, par facilité on appelle ça « post-bop » bien souvent, ce qui ne correspond pas vraiment à quelque chose de concret ou de déterminé, car « tout » est post bop pour peu qu’il y ait une touche de modernité.

Il est préférable plutôt de se plonger dans la musique, ainsi on découvre un groupe parfaitement équilibré entre ses composants, avec une mesure égale pour chacun. Les compos, par exemple, sont partagées, deux pour chacun, même si celles de Joe Fonda sont rassemblées en une seule, « In A Whitecage/The Path ».

Cet équilibre s’entend tout du long, jusque dans la prise de son qui met en évidence chacun, il y a comme un plaisir esthétique à écouter cette mise en son si jubilatoire. L’écrin sonore est parfait et participe à la réussite de l’ensemble.

Malgré l’assise rythmique carrée qui se structure autour d’une contrebasse centrale d’une belle rondeur, les jazz les plus aventureux sont mis en jeu, tradition et modernité se côtoient de belle façon et tout respire la bonne zique arrivée à la grande maturité.

Grand groupe, grand album.

Lower Eastside Blues


In a Whitecage / The Path


Connecticut Solution


Avanti Galoppi


Heavenly Ascending
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 24 avr. 2026 03:12

Soft Machine - Noisette.jpg
Soft Machine - Noisette.jpg (72.82 Kio) Vu 287 fois
Soft Machine – Noisette – (1999)

Voici « Noisette » un enregistrement de concert de Soft Machine, donné le quatre janvier soixante-dix à Fairfield Hall, Croydon, en Angleterre. Cet album est paru sans faire polémique, il a été loué, et même vénéré, par les amateurs les plus assidus de la formation…

Il faut dire que l’excellent « Facelift », qui ouvre l'album « Third », est tout simplement issu de ce concert, l’anecdote à elle seule semble suffisante pour donner ses lettres de noblesse à ce « Noisette », capable de tourner la tête à n’importe quel écureuil !

Ajoutons que cet album arrive également à un moment « pivot » de la formation, qui le rend davantage précieux encore. En citant les musiciens réunis ici, on comprend mieux : Elton Dean aux saxs alto et saxello, Lyn Dobson au soprano, à la flûte et au chant, Hugh Hopper à la basse, Mike Ratledge à l’orgue et au piano électrique et enfin Robert Wyatt à la batterie, ainsi qu’au chant sur « We Did It Again ».

Nous sommes donc sur une sorte de glissement qui s’est opéré entre les albums psychédéliques, les deux premiers, et le « IV » qui opère un virage vers le jazz-rock.

Le « Third » est un sommet artistique provisoire, parfait dans sa forme, qui a été énormément écouté à l’époque, marquant profondément les amateurs du « Soft », plus qu’il ne semblait même. « Noisette » est un add-on inespéré qui n’enlève rien et permet de mieux comprendre. Les « historiques » s’en vont et les nouveaux déposent les valises.

On goûtera une des meilleures versions de « Eamonn Andrews » de Ratledge qui ouvre l’album et un « We Did It Again » de Kevin Ayers, bien allumé par la voix de Robert, qui le termine. C’est également la première de « 12/8 Theme » de Hugh Hopper.

Le son, sans être exceptionnel, n’est pas trop mauvais, on distingue chaque instrument très nettement, ce qui n’est pas trop mal pour ces vieilles bandes déjà bien anciennes, le Cd est bien plein, dépassant les soixante-dix minutes, ce qui va bien également, décidément tout penche du bon côté sur cet enregistrement magique, qui se cache derrière le nom d’un délicieux fruit à coque…

Eamonn Andrews


Mousetrap


Backwards


Hibou, Anemone and Bear


Soft Machine - Esther's Nose Job (1970 at Fairfield Hall)


Soft Machine - We Did It Again (1970 at Fairfield Hall)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 25 avr. 2026 01:45

Bill Frisell Have A Little Faith.jpg
Bill Frisell Have A Little Faith.jpg (28.45 Kio) Vu 215 fois
Bill Frisell – Have A Little Faith – (1993)

Je ne sais trop que dire de cet album de quatre-vingt-treize, ce qui est sûr c’est qu’il ressemble férocement à ce qu’est Bill Frisell. La photo de la pochette est assez énigmatique, une prise de vue à propos d’une course entre ados, captée en mille neuf cent quarante et un.

Les sept premières pièces sont également surprenantes, elles semblent issues d’une musique de film où quelque chose d’approchant, le titre « Billy The Kid » qui les enveloppe toutes, composé par Aaron Copland, est sans doute significatif, mais hélas pas trop, pour ce qui me concerne… Reste une sorte d’americana pas si accessible que çà…

Ça s’éclaire un peu plus loin avec la reprise de Bob Dylan « Just Like A Woman » absolument réussie, où Bill réussit à s’approprier du thème de façon grandiose, une reprise parfaite. Toujours dans le même esprit l’interprétation de « I Can’t Be Satisfied » est également bien chouette, mais c’est la lecture du titre suivant « Live To tell » de Madonna et Patrick Leonard qui est peut-être la plus aboutie et la plus surprenante.

La pièce est véritablement entièrement réinterprétée tout en restant parfaitement reconnaissable, la « patte » de Frisell semble magique. Un album de reprises donc, qui passent toutes à la moulinette du guitariste, qui laisse une forte empreinte à chaque étape, de telle façon que l’album possède une couleur unique, si ce n’est ce départ avec « Billy The Kid » un peu décalé.

Don Byron joue de la clarinette et de la clarinette basse, Guy Klucevsek joue délicieusement de l’accordéon et s’accorde bien avec Frisell, Kermit Driscoll est à la contrebasse et Joey Baron à la batterie. Une solide formation qui se régale d’un répertoire à remodeler, que ce soit le « No Moe » de Sonny Rollins ou le moins digeste « Washington Post March ».

Un album plutôt réussi de Bill Frisell, même s’il ne contient pas que des hauts.

Have a Little Faith in Me


Just Like a Woman


I Can't Be Satisfied


Live to Tell


No Moe


Billy the Kid, the Open Prairie
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 26 avr. 2026 03:37

Oliver Lake – Live From Studio Rivbea, 1975 & 1976.jpg
Oliver Lake – Live From Studio Rivbea, 1975 & 1976.jpg (178.96 Kio) Vu 118 fois
Oliver Lake – Live From Studio Rivbea, 1975 & 1976 – (2025)

Oliver Lake est aujourd’hui âgé d’environ quatre-vingt-quatre ans, c’est un vieux monsieur qui, pourtant, quand on l’évoque, semble éternellement jeune, sans doute parce qu’il est resté longtemps dans le camp des innovateurs, entre le Black Artists Group (BAG) de Saint Louis auquel il a appartenu, et le « World Saxophone Quartet » qu’il a fondé avec David Murray, Julius Hemphill et Hamiet Bluiett.

Ces enregistrements issus de ses passages en soixante-quinze et soixante-seize dans le Loft de Sam et Beatrice Rivers sont enfin disponibles et mis à disposition par « NoBusiness records », qui s’est spécialisé dans ce créneau particulier, dévoilant de temps en temps quelques pièces de jazz amoureusement sélectionnées.

C’est assez contre-intuitif, mais les deux premières pièces sont celles de soixante-seize, enregistrées lors du fameux « Wildflowers Festival » sur la petite scène du studio Rivbea. De nombreux témoignages épars sont déjà issus de ces fameux concerts, il faut espérer qu’il en reste encore de nombreux autres comme le laisse présager la merveilleuse série des « Wildflowers » publiée à cette époque.

Oliver Lake est aux saxs alto et soprano ainsi qu’à la flûte, Michael Gregory Jackson à la guitare, Fred Hopkins à la basse et Philip Wilson à la batterie. En cette période le BAG était dissous et Oliver Lake croyait en sa bonne étoile, il jouait dans divers lieux, en espérant qu’une maison de disque s’intéresserait à lui, il y croyait dur comme fer et jouait cette musique, si personnelle et free, qu’il nous fait partager ici…

C’est lui-même qui a écrit l’ensemble des compositions, y compris les cinq autres de soixante-quinze, enregistrées au « Summer Festival of New Jazz » toujours dans les Studios Rivbea, sur cette même petite scène, sans Philip Wilson mais avec Jérome Cooper à la batterie et Baikida Carroll à la trompette sur « Rue Roger », la pièce la plus démesurée, s’étalant sur plus de vingt-trois minutes. C’est sans doute le « cheval de bataille » de cet album…

Disons que Baikida Carroll est l’un des secrets les mieux gardés du jazz, certains recherchent ses enregistrements avec frénésie, il était également membre du BAG et a enregistré le fameux « Orange Fish Tears » avec Jef Gilson, su Palm, puis réédité au Souffle Continu.

Côté « son » tout n’est pas au niveau, on souffre un peu lors des trois derniers titres, c’est vrai, mais il aurait été dommage de ne pas publier, car cette musique est souvent fantastique et même renversante comme l’atteste « Rue Roger »…

Clarity 2 / Six Beats Out


A Space Rontoto


Lodius


Rue Roger
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 27 avr. 2026 01:57

Henry Fourès, Carlo Rizzo, Beñat Achiary – Célébration Du Contre-Jour.jpg
Henry Fourès, Carlo Rizzo, Beñat Achiary – Célébration Du Contre-Jour.jpg (55.75 Kio) Vu 64 fois
Henry Fourès, Carlo Rizzo, Beñat Achiary – Célébration Du Contre-Jour – (2005)

Cet album patronné par « France Musiques » est paru dans la collection « Signature » en deux mille cinq, enregistré en studio l’année précédente, il paraît avec l’étiquette « Musique Contemporaine », pourtant, il s’en libère bien volontiers.

Ils sont trois compositeurs et trois instrumentistes, Henry Fourès est le pianiste, Carlo Rizzo joue du bendir, du daf, du riqq, du tambourin polytimbral inventé par le musicien, et du kanjira, un petit tambour sur cadre, quant à Beñat Achiary il chante, joue des percussions de bambou et de la clarinette de roseau…

On le voit, rien de bien classique, ni normé, au contraire des ouvertures vers différents horizons, pour que rien ne soit évident ou prévisible, car ici on joue avec la tradition et la modernité. Le but n’étant pas de les opposer, mais de les réunir et de les confronter en jonglant avec l’écrit et l’improvisé.

Les trois ne reculent devant rien et frôlent l’accusation de déviants musicaux. Henry Fourès fait souvent penser à Ran Blake ou à Cecil Taylor, c’est selon, Carlo Rizzo est le plus traditionnel, plongeant dans les folks pour y dénicher des instruments exotiques qu’il manie avec dextérité, quant à Beñat Achiary il invente un chant fait de cris et d’onomatopées ou, s’il chante en français, ou en basque, c’est à la manière d’un jazzman à la Minvielle, pour situer…

Pour naviguer dans la musique dix titres sont proposés, souvent des hommages, ou des pensées… Ainsi l’album s’ouvre sur « René Char » joué au piano, au bendir, au daf et au chant.

Sur « Pessoa Fernando » le chant fait sens et nous emmène vers le sud, où fleurissent les folklores ouvrant la porte vers « Robin Armand » où le pino, les percussions de bambou batifolent avec le kanjira et la voix lyrique de Beñat…

Dans ce bouillonnement créateur entre musique écrite et improvisations continuelles, la formule du trio s’avère d’une grande souplesse au service d’une musique commune, partagée en même temps que créée. Alors que tout se joue, la ferveur partagée transpire et révèle la joie du partage et de la création, nous sommes les premiers témoins de cette communion, de cette « Célébration du Contre-Jour »…

Impros sur le tube:

TRIOS Concert ARS MUSICA Bruxelles 2021 1


Trio(s) - Ars Musica festival Arsonic Mons 🇧🇪13/11/2021
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