J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Kees Hazevoet / Han Bennink – Calling Down The Flevo Spirit – (1978)
La plupart connaissent le batteur iconoclaste Han Bennink, que certains, à ne pas douter, qualifieront de « maboul », mais Kees Hazevoet est par contre inconnu, pour ce qui me concerne c’est la première fois que je l’écoute et, pour tout dire c’est une sacrée bonne surprise, si on aime le free, l’inattendu et les musiques parfois bizarres…
Le Kees en question est lui aussi hollandais, comme Bennink, il lui est arrivé un truc bizarre dans sa jeunesse, il aimait la zique et en jouait sous plusieurs formes, le jazz aussi, et il lui est arrivé un truc terrible en soixante-quatre, certainement à l’origine du trauma : il a vu et écouté Albert Ayler et Sunny Murray à Amsterdam, z’imaginez les conséquences…
Il a ensuite écouté Cecil Taylor, l’album du Cafe Montmartre, celui de soixante-trois, ça tombait bien il était pianiste lui-même, avec un tropisme sur la batterie également, il a rencontré Bennink en soixante-cinq et ils ont joué ensemble et se sont appréciés, même s’ils jouaient parfois jusqu’à vingt, acoquinés à Willem Breuker, en faisant un sacré barouf, dans le squat où ils logeaient !
Pour en arriver à cet album il date de soixante-dix-huit avec une sortie vinyle, j’écoute la réédition de deux mille neuf sur Cd, remasterisée. Hazevoet joue du piano, de la clarinette, de la trompette, du violon, de l’accordéon, et des percus. Bennink joue de la batterie, du sax ténor, de la clarinette, du trombone, du violon, du banjo, du mégaphone, de la noseflûte et des percus.
L’album a été enregistré en septembre soixante-dix-huit, au « Bimhuis » d’Amsterdam et au « Han’s Studio ». Pour la pièce « Calling Down The Flevo Spirit » elle provient d’une « reedbed » à Flevoland avec le field recording attenant.
Ici on trouve une musique entièrement libérée, sans recherche d’épaisseur, de chair ou même de corps. Elle cause cependant de belles sensations, dont la surprise ou l’étonnement, un peu d’humour et d’inattendu aussi, mais on y sent également une belle chaleur et une belle tendresse…
Mais y’a que ceux qui s’y collent qui peuvent en juger…
Kees Hazevoet & Han Bennink - Calling Down the Flevo Spirit (FULL ALBUM)
La plupart connaissent le batteur iconoclaste Han Bennink, que certains, à ne pas douter, qualifieront de « maboul », mais Kees Hazevoet est par contre inconnu, pour ce qui me concerne c’est la première fois que je l’écoute et, pour tout dire c’est une sacrée bonne surprise, si on aime le free, l’inattendu et les musiques parfois bizarres…
Le Kees en question est lui aussi hollandais, comme Bennink, il lui est arrivé un truc bizarre dans sa jeunesse, il aimait la zique et en jouait sous plusieurs formes, le jazz aussi, et il lui est arrivé un truc terrible en soixante-quatre, certainement à l’origine du trauma : il a vu et écouté Albert Ayler et Sunny Murray à Amsterdam, z’imaginez les conséquences…
Il a ensuite écouté Cecil Taylor, l’album du Cafe Montmartre, celui de soixante-trois, ça tombait bien il était pianiste lui-même, avec un tropisme sur la batterie également, il a rencontré Bennink en soixante-cinq et ils ont joué ensemble et se sont appréciés, même s’ils jouaient parfois jusqu’à vingt, acoquinés à Willem Breuker, en faisant un sacré barouf, dans le squat où ils logeaient !
Pour en arriver à cet album il date de soixante-dix-huit avec une sortie vinyle, j’écoute la réédition de deux mille neuf sur Cd, remasterisée. Hazevoet joue du piano, de la clarinette, de la trompette, du violon, de l’accordéon, et des percus. Bennink joue de la batterie, du sax ténor, de la clarinette, du trombone, du violon, du banjo, du mégaphone, de la noseflûte et des percus.
L’album a été enregistré en septembre soixante-dix-huit, au « Bimhuis » d’Amsterdam et au « Han’s Studio ». Pour la pièce « Calling Down The Flevo Spirit » elle provient d’une « reedbed » à Flevoland avec le field recording attenant.
Ici on trouve une musique entièrement libérée, sans recherche d’épaisseur, de chair ou même de corps. Elle cause cependant de belles sensations, dont la surprise ou l’étonnement, un peu d’humour et d’inattendu aussi, mais on y sent également une belle chaleur et une belle tendresse…
Mais y’a que ceux qui s’y collent qui peuvent en juger…
Kees Hazevoet & Han Bennink - Calling Down the Flevo Spirit (FULL ALBUM)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Elvis Costello And Bill Frisell – Deep Dead Blue (Live 25 June 95)
Un album qui dévoile tout dès le premier coup d’œil, un duo chant/guitare qui réunit Costello et Frisell le vingt-cinq juin quatre-vingt-quinze, au Meltdown Festival à Londres.
Sept pièces au total, et ça commence fort avec « Weird Nightmare » de Mingus, texte et musique, plutôt magnifique pour qui apprécie la voix de Costello, c’est affaire de goût mais ça peut le faire, avec moi ça marche bien. Il possède un côté « crooner » qui pourrait déranger les moins académiques, mais il possède une belle technique vocale et surtout il réussit à faire passer les émotions, ce qui est l’essentiel.
Côté guitare c’est plus mystérieux, car Frisell est un subtil du genre discret, le gars qui ne cherche pas à vous en mettre plein les oreilles, au contraire, il tricote, peint des arabesques en suivant les lignes, appuie où on ne l’attend pas forcément, bien qu’il sache se réduire également au rôle d’accompagnateur, minimal, si possible, en ne jouant que l’essentiel…
Du coup ça file avec « Love Field », « Shamed into Love », le tendre mais désespéré « Gigi ». Costello est plutôt du genre nostalgique ou mélancolique, tristounet, quoi… Ça tombe bien avec Frisell qui est également un sensitif, un gars du genre sensible qui sait coller à l’ambiance sans forcer, juste comme il faut, avec tact et doigté, comme sur « Poor Napoleon » …
Quant à « Deep Dead Blue » il est plutôt sublime ici, à la fois attendu et interprété sans ostentation, le duo est très complémentaire, Frisell apportant la lumière et Costello le côté sombre. C’est sans doute la pièce que l’on retient le plus facilement de cet album hélas trop court et qui s’arrête avant la demi-heure.
Heureusement il possède une grande densité qui compense…
Frisell/Costello: Weird Nightmare
Elvis Costello - Love field (with Bill Frisell)
Elvis Costello - Gigi
Frisell/Costello: Shamed Into Love
Billl Frisell & Elvis Costello - Poor Napoleon
Deep Dead Blue
Un album qui dévoile tout dès le premier coup d’œil, un duo chant/guitare qui réunit Costello et Frisell le vingt-cinq juin quatre-vingt-quinze, au Meltdown Festival à Londres.
Sept pièces au total, et ça commence fort avec « Weird Nightmare » de Mingus, texte et musique, plutôt magnifique pour qui apprécie la voix de Costello, c’est affaire de goût mais ça peut le faire, avec moi ça marche bien. Il possède un côté « crooner » qui pourrait déranger les moins académiques, mais il possède une belle technique vocale et surtout il réussit à faire passer les émotions, ce qui est l’essentiel.
Côté guitare c’est plus mystérieux, car Frisell est un subtil du genre discret, le gars qui ne cherche pas à vous en mettre plein les oreilles, au contraire, il tricote, peint des arabesques en suivant les lignes, appuie où on ne l’attend pas forcément, bien qu’il sache se réduire également au rôle d’accompagnateur, minimal, si possible, en ne jouant que l’essentiel…
Du coup ça file avec « Love Field », « Shamed into Love », le tendre mais désespéré « Gigi ». Costello est plutôt du genre nostalgique ou mélancolique, tristounet, quoi… Ça tombe bien avec Frisell qui est également un sensitif, un gars du genre sensible qui sait coller à l’ambiance sans forcer, juste comme il faut, avec tact et doigté, comme sur « Poor Napoleon » …
Quant à « Deep Dead Blue » il est plutôt sublime ici, à la fois attendu et interprété sans ostentation, le duo est très complémentaire, Frisell apportant la lumière et Costello le côté sombre. C’est sans doute la pièce que l’on retient le plus facilement de cet album hélas trop court et qui s’arrête avant la demi-heure.
Heureusement il possède une grande densité qui compense…
Frisell/Costello: Weird Nightmare
Elvis Costello - Love field (with Bill Frisell)
Elvis Costello - Gigi
Frisell/Costello: Shamed Into Love
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Ca fait vraiment plaisir de lire à nouveau tes chroniques. Je ne peux pas dire que j'écoute tout ce que tu proposes, j'ai déjà du mal à écouter les disques que j'achète et ma chaîne a besoin d'un bonne révision, mais rien que de lire ce que tu dis de tous ces albums me plaît. Merci.
Justement, n'y a-t-il pas de singles de jazz ? Le style ne semble pas être propice à ce format mais je me demande, à part "Take five", "Petite fleur" etc.. Les femmes et les hommes du jazz en font ils parfois ?
Justement, n'y a-t-il pas de singles de jazz ? Le style ne semble pas être propice à ce format mais je me demande, à part "Take five", "Petite fleur" etc.. Les femmes et les hommes du jazz en font ils parfois ?
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Merci pour les mots gentils, c'est sûr qu'avec le temps on trouve de moins en moins de petits formats, en voici deux de free, un que j'ai et un autre que j'aimerais avoir...
Plus récent, Airelle par "Jazz Sous Les Pommiers" - le festival
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
La Friture Moderne – Eve & Adam – (2006)
Je vous avais déjà présenté « Pour En Finir Avec 69 » il y a quelques temps, mais ce collectif n’en était pas à son coup d’essai, puisque quelques années auparavant un autre album avait été conçu, « Eve & Adam » était son nom, parfait il est vrai pour exprimer un début, le commencement de quelque chose, c’était le numéro deux du label toulousain « Mr Morezon », dont je me régale à petites bouchées…
La Friture Moderne a d’abord été une fanfare de rue, ensuite elle est entrée « en salle » pour jouer des spectacles musicaux. Marc Demereau dont on a déjà pas mal parlé par ici est théoriquement leader, il joue aussi du saxophone alto et compose ce qui n’est pas repris, c’est-à-dire l’essentiel.
Benoit Cazamayou est multi instrumentiste, il chante, joue de l’accordéon des claviers et du tuba, Fabien Duscombs et Pascal Portejoie sont les batteurs, Mathieu Sourisseau joue du sousaphone, plus tard dans sa carrière il jouera de la guitare acoustique basse, Olivier Seiwert joue du saxophone ténor, Michel Pechberty et Ruben Guiu du trombone, Sebastian Ciroteau et Walter Barbera de la trompette, ainsi que Piero Pepin qui joue également du bugle et du tuba.
La famille étant présenté reste à parler musique, elle est composée le plus souvent à partir de la vision d’un film projeté à la cinémathèque de Toulouse, d’où ce sentiment de spectacle, sans pour autant parler de musique de film, mais ce dernier influe en étant à l’origine de celle-ci, sans en évoquer forcément une scène, reste la couleur et l'ambiance…
Les titres ici sont cependant souvent révélateurs, comme « Ours », « Le Rut », « Mes Agneaux », « Un Glaçon », « Harpies » et même « Torgnoles » ! Autant de titres qui suggèrent des images ou des actions…
Il y a trois reprises, « Svatba » de Béla Bartók, « Keserédes (Aigre-Doux, Etudes Hongroise N° 67) » de György Ligeti et le traditionnel « Flee As A Bird » de quoi voyager encore. La pochette se déplie entièrement et laisse apparaître une série de dessins figurant une petite BD…
De quoi passer un bon moment pour les amateurs de ce genre de projets, qui évoquent certains albums de Carla Bley ou du Surnatural Orchestra…
Je vous avais déjà présenté « Pour En Finir Avec 69 » il y a quelques temps, mais ce collectif n’en était pas à son coup d’essai, puisque quelques années auparavant un autre album avait été conçu, « Eve & Adam » était son nom, parfait il est vrai pour exprimer un début, le commencement de quelque chose, c’était le numéro deux du label toulousain « Mr Morezon », dont je me régale à petites bouchées…
La Friture Moderne a d’abord été une fanfare de rue, ensuite elle est entrée « en salle » pour jouer des spectacles musicaux. Marc Demereau dont on a déjà pas mal parlé par ici est théoriquement leader, il joue aussi du saxophone alto et compose ce qui n’est pas repris, c’est-à-dire l’essentiel.
Benoit Cazamayou est multi instrumentiste, il chante, joue de l’accordéon des claviers et du tuba, Fabien Duscombs et Pascal Portejoie sont les batteurs, Mathieu Sourisseau joue du sousaphone, plus tard dans sa carrière il jouera de la guitare acoustique basse, Olivier Seiwert joue du saxophone ténor, Michel Pechberty et Ruben Guiu du trombone, Sebastian Ciroteau et Walter Barbera de la trompette, ainsi que Piero Pepin qui joue également du bugle et du tuba.
La famille étant présenté reste à parler musique, elle est composée le plus souvent à partir de la vision d’un film projeté à la cinémathèque de Toulouse, d’où ce sentiment de spectacle, sans pour autant parler de musique de film, mais ce dernier influe en étant à l’origine de celle-ci, sans en évoquer forcément une scène, reste la couleur et l'ambiance…
Les titres ici sont cependant souvent révélateurs, comme « Ours », « Le Rut », « Mes Agneaux », « Un Glaçon », « Harpies » et même « Torgnoles » ! Autant de titres qui suggèrent des images ou des actions…
Il y a trois reprises, « Svatba » de Béla Bartók, « Keserédes (Aigre-Doux, Etudes Hongroise N° 67) » de György Ligeti et le traditionnel « Flee As A Bird » de quoi voyager encore. La pochette se déplie entièrement et laisse apparaître une série de dessins figurant une petite BD…
De quoi passer un bon moment pour les amateurs de ce genre de projets, qui évoquent certains albums de Carla Bley ou du Surnatural Orchestra…
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Ray Anderson, Han Bennink, Frank Möbus, Ernst Glerum, Paul Van Kemenade – Who Is In Charge ? – (2011)
« Qui est aux commandes ? » Pourrions-nous questionner en listant les musiciens présents, l’étatsunien Ray Anderson au trombone, l’allemand Frank Möbius à la gratte électrique et la troupe hollandaise, Han Bennink à la caisse claire, Ernst Glerum à la contrebasse et Paul Van Kemenade au sax alto…
Il y a bien une réponse, c’est ce dernier qui lied gentiment, il est d’ailleurs responsable de trois compos, la chanson titre qui ouvre l’album, « Close Enough » et « A Tune for N. » Mis à part Bennink les trois autres ont également apporté une compo, avec la reprise de Charlie Haden « Song For Ché », ça fait un total de sept pièces pour quarante-trois minutes de zique…
De quoi passer un agréable moment car l’album est à la fois simple et très accessible. Pas de free ni de dépassement, tout est « clean » et propret, parfaitement digérable et sans aucun excès. Ce n’en est que plus convivial à partager, comme une bonne adresse où l’on sait que l’accueil est chaleureux et les mets soigneusement préparés…
C’est que ces gars sont tous des pointures, Ray Anderson et Han Bennink sont même à classer parmi les « stars », pas loin Möbus possède également une belle notoriété en tant que membre de l’ICP. L’écoute permet d’entendre chacun distinctement et d’apprécier leur talent respectif, Bennink avec sa caisse claire se distingue carrément, mais a-t-il besoin de plus ? Il donne ici une belle leçon de feeling et de justesse, l’économie des moyens laisse libre cours à son esprit imaginatif et donne l’impression que « davantage » aurait pu être trop, alors voyageons léger.
Frank Möbus nous régale également d’un bout à l’autre, c’est un bavard et sa guitare se laisse entendre un peu partout, avec tact et discrétion, mais persistance, la classe en fait. C’est que pour être très accessible, la musique n’en est pas moins virtuose, ceux-là n’ont plus rien à prouver, rompus qu’ils sont aux mystères de l’improvisation, ils sont ici comme en récital, dévoilant tout du long leur immense expérience.
Un album parfait.
Who Is in Charge?
A Tune for N.
Song for Ché
Pet Shop
Silver Nichols
As Yet
« Qui est aux commandes ? » Pourrions-nous questionner en listant les musiciens présents, l’étatsunien Ray Anderson au trombone, l’allemand Frank Möbius à la gratte électrique et la troupe hollandaise, Han Bennink à la caisse claire, Ernst Glerum à la contrebasse et Paul Van Kemenade au sax alto…
Il y a bien une réponse, c’est ce dernier qui lied gentiment, il est d’ailleurs responsable de trois compos, la chanson titre qui ouvre l’album, « Close Enough » et « A Tune for N. » Mis à part Bennink les trois autres ont également apporté une compo, avec la reprise de Charlie Haden « Song For Ché », ça fait un total de sept pièces pour quarante-trois minutes de zique…
De quoi passer un agréable moment car l’album est à la fois simple et très accessible. Pas de free ni de dépassement, tout est « clean » et propret, parfaitement digérable et sans aucun excès. Ce n’en est que plus convivial à partager, comme une bonne adresse où l’on sait que l’accueil est chaleureux et les mets soigneusement préparés…
C’est que ces gars sont tous des pointures, Ray Anderson et Han Bennink sont même à classer parmi les « stars », pas loin Möbus possède également une belle notoriété en tant que membre de l’ICP. L’écoute permet d’entendre chacun distinctement et d’apprécier leur talent respectif, Bennink avec sa caisse claire se distingue carrément, mais a-t-il besoin de plus ? Il donne ici une belle leçon de feeling et de justesse, l’économie des moyens laisse libre cours à son esprit imaginatif et donne l’impression que « davantage » aurait pu être trop, alors voyageons léger.
Frank Möbus nous régale également d’un bout à l’autre, c’est un bavard et sa guitare se laisse entendre un peu partout, avec tact et discrétion, mais persistance, la classe en fait. C’est que pour être très accessible, la musique n’en est pas moins virtuose, ceux-là n’ont plus rien à prouver, rompus qu’ils sont aux mystères de l’improvisation, ils sont ici comme en récital, dévoilant tout du long leur immense expérience.
Un album parfait.
Who Is in Charge?
A Tune for N.
Song for Ché
Pet Shop
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As Yet
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Marteau Rouge & Evan Parker – Live – (2009)
Cet album a été enregistré le dix janvier deux mille huit au « Sunset » à Paris, rue des Lombards, au numéro soixante. Marteau Rouge est le nom d’un trio composé par le guitariste Jean-François Pauvros, dont on entend également la voix, Makoto Sato est le batteur et Jean-Marc Foussat est le gars au synthé VCS3, on l’entend également vocaliser.
Et puis il y a l’invité, l’extraordinaire Evan Parker au saxophone ténor, certainement l’un des musiciens les plus importants de l’entre-deux siècle. Le concert est long, mais il tient sur la galette, soixante-quinze minutes et cinquante-cinq secondes, pour les amateurs de précision.
Il est également vraiment très bon, du genre qui ne fait de l’ombre à personne, car ils sont peu à se consacrer à ce créneau-là. C’est du free-jazz cent pour cent, la musique est librement improvisée au moment où elle est jouée, telle que sentie et ressentie, du « pur jus de free » disent les puristes rigolards, avec ce bon vieux jeu de mot qui traverse les décennies…
A l’époque Foussat n’avait pas encore fondé « Fou Records », aussi c’est le label « In Situ » qui a sorti l’album, un des derniers de ce label finissant. Les titres sont des chiffres, ça commence à un et ça finit à huit, ou plutôt à « Onze, Douze Quand tout sera rouge ». Il y a également « Trois, Tourne mon cœur » et « Six Au temps des cerises », voilà on compte comme on veut, parfois avec des mots, parfois de façon elliptique…
Evan Parker est très à l’avant, il devance et s’installe, se positionne en improvisateur de pointe, sans trop quitter le poste. Il fait tout très bien et régale à plein, difficile de faire mieux, ou même autrement, se dit-on au moment où on l’écoute, sa partition est juste parfaite, comme il convient, plutôt énorme même.
Pour en arriver là, les autres bétonnent à l’arrière, Makoto Sato ne lâche pas la grappe, il est toujours sur le pont, et frape en tous sens, utilisant tous les artifices de son instrument, il joue un peu en solo sur la fin de « cinq » et au début de « six », faisant le liant, il semble qu’un marteau se fasse entendre même, dans le lointain…
Pauvros et Foussat sont également exceptionnels, à leur habitude, comme ils font quand ils font, alors oui, l’album est grand, comme annoncé déjà, certains, qui l’écouteront, s’en convaincront…
Marteau Rouge & Evan Parker - Live (Full Album) 2009
Cet album a été enregistré le dix janvier deux mille huit au « Sunset » à Paris, rue des Lombards, au numéro soixante. Marteau Rouge est le nom d’un trio composé par le guitariste Jean-François Pauvros, dont on entend également la voix, Makoto Sato est le batteur et Jean-Marc Foussat est le gars au synthé VCS3, on l’entend également vocaliser.
Et puis il y a l’invité, l’extraordinaire Evan Parker au saxophone ténor, certainement l’un des musiciens les plus importants de l’entre-deux siècle. Le concert est long, mais il tient sur la galette, soixante-quinze minutes et cinquante-cinq secondes, pour les amateurs de précision.
Il est également vraiment très bon, du genre qui ne fait de l’ombre à personne, car ils sont peu à se consacrer à ce créneau-là. C’est du free-jazz cent pour cent, la musique est librement improvisée au moment où elle est jouée, telle que sentie et ressentie, du « pur jus de free » disent les puristes rigolards, avec ce bon vieux jeu de mot qui traverse les décennies…
A l’époque Foussat n’avait pas encore fondé « Fou Records », aussi c’est le label « In Situ » qui a sorti l’album, un des derniers de ce label finissant. Les titres sont des chiffres, ça commence à un et ça finit à huit, ou plutôt à « Onze, Douze Quand tout sera rouge ». Il y a également « Trois, Tourne mon cœur » et « Six Au temps des cerises », voilà on compte comme on veut, parfois avec des mots, parfois de façon elliptique…
Evan Parker est très à l’avant, il devance et s’installe, se positionne en improvisateur de pointe, sans trop quitter le poste. Il fait tout très bien et régale à plein, difficile de faire mieux, ou même autrement, se dit-on au moment où on l’écoute, sa partition est juste parfaite, comme il convient, plutôt énorme même.
Pour en arriver là, les autres bétonnent à l’arrière, Makoto Sato ne lâche pas la grappe, il est toujours sur le pont, et frape en tous sens, utilisant tous les artifices de son instrument, il joue un peu en solo sur la fin de « cinq » et au début de « six », faisant le liant, il semble qu’un marteau se fasse entendre même, dans le lointain…
Pauvros et Foussat sont également exceptionnels, à leur habitude, comme ils font quand ils font, alors oui, l’album est grand, comme annoncé déjà, certains, qui l’écouteront, s’en convaincront…
Marteau Rouge & Evan Parker - Live (Full Album) 2009
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Paul Dunmall, Tony Bianco – « Thank You To John Coltrane » – (2012)
Paul Dunmall et Tony Bianco, comme beaucoup, sont des admirateurs de Coltrane, l’empreinte du géant est telle qu’elle semble incontournable tellement elle est puissante et centrale. Impossible d’y échapper, cette musique est allée si loin qu’il semble presque impossible de la dépasser, elle pèse même comme une dette énorme sur le monde du jazz, impossible de ne pas s’y confronter cependant, alors plutôt que de feindre de l’ignorer, Paul et Tony vont embrasser l’héritage.
Pas seulement sur cet album, mais également sur un autre l’année suivante, et encore sur un double Cd en deux mille treize, et tous bien pleins, c’est qu’il y a à dire et à faire…
Ce qui est passionnant à l’écoute c’est que le duo ténor/batterie ne se contente pas d’interpréter les pièces, même les plus anciennes, mais ils les réactualisent en faisant appel au Trane le plus moderne, déconstructeur et un poil free. On conserve toutefois constamment la flamme, l’énergie est bien là, qui se consume d’un côté et se régénère constamment de l’autre.
La cinquième pièce est remarquable en ce sens qu’elle est signée par Dunmall, qui cette fois interprète à la manière de John Coltrane, « Thank You To John Coltrane » est fervent et bien senti, l’hommage est digne et crédible, il faut dire que Dunmall est un des meilleurs saxophonistes de sa génération.
Les autres pièces sont toutes du maître, aisément reconnaissables mais réellement réinventées et réinterprétées. La disparition du piano et de la contrebasse est déstructurante, mais Dunmall s’appuie sur les thèmes et les transcende, il en donne une lecture moderne très pertinente.
Tony Bianco est également un maître, d’Elvin Jones il a conservé la volubilité à défaut de l’époustouflante puissance, et se montre très dispendieux, peu avare de ses efforts tout au long de ce répertoire qu’il éclate avec générosité, il s’avère être le pendant le meilleur qui soit, à la verve de de Paul Dunmall.
La dernière pièce, « expression » est tout simplement fantastique, complètement démesurée et libre, elle imprime une puissante marque sur l’album et la musique coltranienne, allant puiser dans les dernières années d’un Trane déjà de l’au-delà, tel que connu avec « Interstellar Space » !
Peace on Earth
Alabama
Thank You to John Coltrane
Living Space
Expression
Paul Dunmall et Tony Bianco, comme beaucoup, sont des admirateurs de Coltrane, l’empreinte du géant est telle qu’elle semble incontournable tellement elle est puissante et centrale. Impossible d’y échapper, cette musique est allée si loin qu’il semble presque impossible de la dépasser, elle pèse même comme une dette énorme sur le monde du jazz, impossible de ne pas s’y confronter cependant, alors plutôt que de feindre de l’ignorer, Paul et Tony vont embrasser l’héritage.
Pas seulement sur cet album, mais également sur un autre l’année suivante, et encore sur un double Cd en deux mille treize, et tous bien pleins, c’est qu’il y a à dire et à faire…
Ce qui est passionnant à l’écoute c’est que le duo ténor/batterie ne se contente pas d’interpréter les pièces, même les plus anciennes, mais ils les réactualisent en faisant appel au Trane le plus moderne, déconstructeur et un poil free. On conserve toutefois constamment la flamme, l’énergie est bien là, qui se consume d’un côté et se régénère constamment de l’autre.
La cinquième pièce est remarquable en ce sens qu’elle est signée par Dunmall, qui cette fois interprète à la manière de John Coltrane, « Thank You To John Coltrane » est fervent et bien senti, l’hommage est digne et crédible, il faut dire que Dunmall est un des meilleurs saxophonistes de sa génération.
Les autres pièces sont toutes du maître, aisément reconnaissables mais réellement réinventées et réinterprétées. La disparition du piano et de la contrebasse est déstructurante, mais Dunmall s’appuie sur les thèmes et les transcende, il en donne une lecture moderne très pertinente.
Tony Bianco est également un maître, d’Elvin Jones il a conservé la volubilité à défaut de l’époustouflante puissance, et se montre très dispendieux, peu avare de ses efforts tout au long de ce répertoire qu’il éclate avec générosité, il s’avère être le pendant le meilleur qui soit, à la verve de de Paul Dunmall.
La dernière pièce, « expression » est tout simplement fantastique, complètement démesurée et libre, elle imprime une puissante marque sur l’album et la musique coltranienne, allant puiser dans les dernières années d’un Trane déjà de l’au-delà, tel que connu avec « Interstellar Space » !
Peace on Earth
Alabama
Thank You to John Coltrane
Living Space
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Merci pour la référence que je ne connais pas et qui m'intéresse ayant découvert le travail de Pauvros et Foussat récemment. Ton texte donne très envie de s'y plonger!Douglas a écrit : ↑lun. 18 mai 2026 02:36Marteau Rouge & Evan Parker – Live.jpg
Marteau Rouge & Evan Parker – Live – (2009)
Cet album a été enregistré le dix janvier deux mille huit au « Sunset » à Paris, rue des Lombards, au numéro soixante. Marteau Rouge est le nom d’un trio composé par le guitariste Jean-François Pauvros, dont on entend également la voix, Makoto Sato est le batteur et Jean-Marc Foussat est le gars au synthé VCS3, on l’entend également vocaliser.
Et puis il y a l’invité, l’extraordinaire Evan Parker au saxophone ténor, certainement l’un des musiciens les plus importants de l’entre-deux siècle. Le concert est long, mais il tient sur la galette, soixante-quinze minutes et cinquante-cinq secondes, pour les amateurs de précision.
Il est également vraiment très bon, du genre qui ne fait de l’ombre à personne, car ils sont peu à se consacrer à ce créneau-là. C’est du free-jazz cent pour cent, la musique est librement improvisée au moment où elle est jouée, telle que sentie et ressentie, du « pur jus de free » disent les puristes rigolards, avec ce bon vieux jeu de mot qui traverse les décennies…
A l’époque Foussat n’avait pas encore fondé « Fou Records », aussi c’est le label « In Situ » qui a sorti l’album, un des derniers de ce label finissant. Les titres sont des chiffres, ça commence à un et ça finit à huit, ou plutôt à « Onze, Douze Quand tout sera rouge ». Il y a également « Trois, Tourne mon cœur » et « Six Au temps des cerises », voilà on compte comme on veut, parfois avec des mots, parfois de façon elliptique…
Evan Parker est très à l’avant, il devance et s’installe, se positionne en improvisateur de pointe, sans trop quitter le poste. Il fait tout très bien et régale à plein, difficile de faire mieux, ou même autrement, se dit-on au moment où on l’écoute, sa partition est juste parfaite, comme il convient, plutôt énorme même.
Pour en arriver là, les autres bétonnent à l’arrière, Makoto Sato ne lâche pas la grappe, il est toujours sur le pont, et frape en tous sens, utilisant tous les artifices de son instrument, il joue un peu en solo sur la fin de « cinq » et au début de « six », faisant le liant, il semble qu’un marteau se fasse entendre même, dans le lointain…
Pauvros et Foussat sont également exceptionnels, à leur habitude, comme ils font quand ils font, alors oui, l’album est grand, comme annoncé déjà, certains, qui l’écouteront, s’en convaincront…
Marteau Rouge & Evan Parker - Live (Full Album) 2009
Pour les curieux, un live de Jean-Marc Foussat assez récent où on le voit jouer du fameux VCS3:
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
J'avais signalé ce concert sur cette plage, il figure également dans sa discographie:Homeward a écrit : ↑mar. 19 mai 2026 14:48
Merci pour la référence que je ne connais pas et qui m'intéresse ayant découvert le travail de Pauvros et Foussat récemment. Ton texte donne très envie de s'y plonger!
Pour les curieux, un live de Jean-Marc Foussat assez récent où on le voit jouer du fameux VCS3:
Douglas a écrit : ↑mar. 13 juil. 2021 12:02
Jean-Marc Foussat - Les vraies richesses
Voici un album de cette année enregistré par Jean-Marc Foussat avec ses outils préférés, le synthétiseur AKS et la voix, la sienne car sur ce coup il avance en solo, en tout cas pour l’album, pour le reste on verra plus tard.
Ça s’est passé au Bois Harel, à Rennes durant la nuit du vingt et un au vingt-deux juillet 2019 à l’occasion de l’événement « Tout Renne s’emmerde » nous dit la pochette. Elle nous cite également les organisateurs, ce qui est bien, pour ceux qui aiment connaître l’origine des choses et des évènements : « From Town to Town », « Capital Taboulé », « Consternation », « L’Effroyable Association Sataniste des Soviétiques de l’Ouest » et enfin « Dream Noise ».
La première pièce se nomme « Providence » et occupe entièrement la face une avec ses vingt-sept minutes et trente-quatre secondes. Le maître de l’Aks déploie son savoir-faire en créant une sorte de symphonie, avec un chœur d’une incroyable amplitude, c’est vraiment très spectaculaire, j’imagine la joie qui doit être la sienne au moment de créer ce monde sonore qui vibre au bout de ses doigts. L’adjonction des voix est également une véritable réussite, les nappes sonores s’ajoutent avec évidence, comme les étages d’une mille-feuille, en constante évolution, créant un espace sonore grandiose.
La face B est occupée par une pièce également très conséquentes, « L’Inattendu » qui frôle les vingt-six minutes. On retrouve des moyens identiques à la face une, mais cette fois-ci nous sommes plongés dans un monde fantastique un peu moins sécurisant, j’imagine que le public devait avoir les foies au milieu de la nuit, au Bois Harel, c’est sûr que des créatures ignobles allaient surgir du néant, feu-follet et farfadet, loups et rougarous dont on entend déjà la présence tout autour, serrez-vous brave gens et préparez votre défense, des nuées d’insectes déjà s’approchent… Vous allez regretter d’avoir accordé votre confiance aux Satanistes Soviétiques de l’Ouest, ça va saigner !
Les survivants pourront se rendre « Sur la Plage » grâce au Dvd joint. Vingt-Sept minutes et trente-quatre secondes pour ce film réalisé par Annie Zivkovic sur la Plage de Monsieur Hulot à St Marc, St Nazaire, le vingt juillet de la même année à l’occasion du treizième « Farniente Festival ».
Jean-Marc Foussat est installé sur la plage avec son synthé AKS posé sur une table, il est lui-même assis sur une chaise, face à la mer, et, petit à petit les gens s’approchent, s’assoient. Le public n’est pas forcément attentif ou silencieux comme lors d’un concert organisé, ici c’est une rencontre entre Jean-Marc et Monsieur et Madame Toutlemonde. Il bénéficie d’une sono à l’arrière, ce qui lui donne un peu d’impact tout de même. Le public grandit petit à petit et les gens s’étalent sur la plage en écoutant, cette fois-ci concentrés : c’est ce que montrent les images.
Côté visuel ce n’est évidemment pas très spectaculaire, mais on peut voir son engagement, particulièrement quand il vocalise, pour l’amateur que je suis ce sont de grands moments en fait, ça donne du corps à la musique, une réalité physique évidemment non perceptible à l’écoute d’un album. On perçoit la concentration du musicien pendant la création, c’est évidemment une improvisation à laquelle nous assistons. Il utilise aussi le cri, l’harmonica bloqué sur une note, le sifflet, tout se jouent dans la modulation et la transformation des sons après traitement par le synthé. A l’approche de la demi-heure il quitte la plage sous un tonnerre d’applaudissements…
Jean-Marc Foussat au Festival Farniente - 20/07/2019
We will dance again...
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Naissam Jalal – Landscape of Eternity – (2026)
Quand je regarde sur Discogs la discographie matérielle de Naissam Jalal, je ne vois que des petits chiffres verts indiquant qu’ils sont à portée, sous l’un ou l’autre format, mais le plus souvent le plus petit, celui qui stocke davantage et vous oblige à mettre les lunettes pour lire les informations.
Ainsi on apprend que Naissam a tout composé, cinq pièces magnifiques, tournées vers l’orient et plus particulièrement l’Inde, où elle a rencontré de formidables musiciens que l’on entend ici, comme Samrat Pandit au chant, ou Sougata Roy Chowdhury au sarod, Nabankur Bhattacharya au tabla et Flo Comment au tanpura.
Elle conserve Leonardo Montana au piano et le brésilien Zaza Desiderio à la batterie, Naissam chante également, en plus de la flûte dont elle est une grande experte. Les sept sont également réunis ici autour de la musique Hindistani, la musique classique de l’Inde du Nord que Naissam a étudiée, traversant l’Inde, seule, souvent en train, avec humilité, s’imprégnant de l’esprit et des musiques.
En ce sens cet album fait partie de la « spiritual music », il est l’objet d’une quête, intime et silencieuse, faite de rencontres et d’études. La première pièce « Teras in Delhi's fog » est d’une grande beauté, toute intérieure, qui illumine l’album dans son entier.
Les amateurs de musique classique Indienne retrouveront tout ce qui est mystère, exotisme et magie dans cette musique, le bourdon qui hypnotise et le tanpura qui subjugue jusqu’à la transe qui élève l’âme.
Sur le petit livret accompagnant Naïssam explique que ce sont les invasions mogholes qui apportèrent le sarod et les tablas, ainsi que le métissage. Mais ce qui est le plus marquant sur les lignes qu’elle nous propose, ce sont les sentiments qui l’habitent, « un lâcher prise total », « je traversais le monde et le laissais me traverser, j’étais en paix dans un présent éternel » …
Est-ce cette douceur et cette confiance qui s’entendent ici, au-delà de ce quotidien qui nous habite avec lourdeur ? Quoiqu’il en soit la musique de Naissam, on le sait depuis « Healing Rituals », nous guérit et fait du bien, comme une bonne médecine.
Tears in Delhi's fog
Bath of forgiveness in the moonlight
Soft rain on a silent river
In the rice fields at dawn
Inner landscape in raag Kafi
Quand je regarde sur Discogs la discographie matérielle de Naissam Jalal, je ne vois que des petits chiffres verts indiquant qu’ils sont à portée, sous l’un ou l’autre format, mais le plus souvent le plus petit, celui qui stocke davantage et vous oblige à mettre les lunettes pour lire les informations.
Ainsi on apprend que Naissam a tout composé, cinq pièces magnifiques, tournées vers l’orient et plus particulièrement l’Inde, où elle a rencontré de formidables musiciens que l’on entend ici, comme Samrat Pandit au chant, ou Sougata Roy Chowdhury au sarod, Nabankur Bhattacharya au tabla et Flo Comment au tanpura.
Elle conserve Leonardo Montana au piano et le brésilien Zaza Desiderio à la batterie, Naissam chante également, en plus de la flûte dont elle est une grande experte. Les sept sont également réunis ici autour de la musique Hindistani, la musique classique de l’Inde du Nord que Naissam a étudiée, traversant l’Inde, seule, souvent en train, avec humilité, s’imprégnant de l’esprit et des musiques.
En ce sens cet album fait partie de la « spiritual music », il est l’objet d’une quête, intime et silencieuse, faite de rencontres et d’études. La première pièce « Teras in Delhi's fog » est d’une grande beauté, toute intérieure, qui illumine l’album dans son entier.
Les amateurs de musique classique Indienne retrouveront tout ce qui est mystère, exotisme et magie dans cette musique, le bourdon qui hypnotise et le tanpura qui subjugue jusqu’à la transe qui élève l’âme.
Sur le petit livret accompagnant Naïssam explique que ce sont les invasions mogholes qui apportèrent le sarod et les tablas, ainsi que le métissage. Mais ce qui est le plus marquant sur les lignes qu’elle nous propose, ce sont les sentiments qui l’habitent, « un lâcher prise total », « je traversais le monde et le laissais me traverser, j’étais en paix dans un présent éternel » …
Est-ce cette douceur et cette confiance qui s’entendent ici, au-delà de ce quotidien qui nous habite avec lourdeur ? Quoiqu’il en soit la musique de Naissam, on le sait depuis « Healing Rituals », nous guérit et fait du bien, comme une bonne médecine.
Tears in Delhi's fog
Bath of forgiveness in the moonlight
Soft rain on a silent river
In the rice fields at dawn
Inner landscape in raag Kafi
We will dance again...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Ah étrange coïncidence j'ai écouté son album ce matin
Merci en tout cas pour le partage et la mise en lumière
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