J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 31 mai 2026 01:27

Anna Högberg Attack – Ensamseglaren.jpg
Anna Högberg Attack – Ensamseglaren.jpg (40.71 Kio) Vu 697 fois
Anna Högberg Attack – Ensamseglaren – (2025)

C’est sûr, il n’est pas long, autour de trente-sept minutes bien pesées, pourtant il en impose, et la question arrive, avec force : le meilleur album de deux mille vingt-cinq ? Ça se pourrait, mais…

C’est le troisième jet pour Anna, il n’existe qu’en vinyle, avec un bon de téléchargement, du vinyle ou du vent, comme vous voulez. Les deux autres étaient bien balaises, mais « bien affreux » aurait ajouté mon papa, qui aimait Guy Béart, les Compagnons de la chanson, et Beethoven.

Tout est affaire de goût, et là j’aime, pourtant il est possible qu’il n’y ait rien d’aimable par ici. L’album commence fort et vous attrape vite fait, sans coup férir, deux pièces qui n’en font qu’une sur la première face.

C’est du solide, du compact et de l’étoffé, Anna a convoqué en masse, rien moins que douze musiciens, des anches, des cuivres, des scies musicales, platine et tuba, deux basses et deux batteries, une fibre un peu rock parfois. Ça vous attrape avec la force de l’évidence, sans crier « gare », c’est énorme et ça en jette !

Côté face B c’est différent, trois pièces réunies en une, on glisse d’une pièce à l’autre, vers une musique qui se termine pointilliste, voire échantillonnaire, un peu éparse et répétitive. Seize minutes environ. Avec la force intellectuelle de l’écriture maîtrisée.

Il y a une intention derrière, Anna a perdu son papa, deuil, questionnement, le passage, l’après, la peine, la douleur, la renaissance, le souvenir, même s’il s’efface petit à petit et fixe des images, toujours les mêmes, donne de la force et serre le cœur.

Cette première face est intense, un tintamarre considérable. Il faut y goûter, alors on y revient, forcément...

Ensamseglaren / Inte Ensam


II. Gnistran / Hematopoesi / Emlodi
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 1 juin 2026 02:42

Bill Frisell – Music For The Films Of Buster Keaton The High Sign One Week.jpg
Bill Frisell – Music For The Films Of Buster Keaton The High Sign One Week.jpg (68.51 Kio) Vu 667 fois
Bill Frisell – Music For The Films Of Buster Keaton: The High Sign/One Week – (1995)

C’est la suite ou le second volet d’un album que je vous ai déjà présenté, « Go West » avec la pochette dans les tons rouges, ici on passe au bleu, et on ne quitte pas Buster Keaton. Bill Frisell est aux guitares électrique et acoustiques, bien entendu. Kermit Driscoll tient la basse électrique ou acoustique également, et le grand Joey Baron est à la batterie et aux percussions.

L’album est une suite de vingt-quatre pièces souvent courtes, mais pas toujours, qui sont des musiques de film en noir et blanc, des films « en gris » disait mon fils quand il était tout petit, qui ont été imaginées et filmées en mille neuf cent vingt ou vingt et un.

Bien entendu elles collent à la musique et l’illustrent, on peut voir ces séquences et profiter de la musique de Frisell sur youtube, par exemple, c’est une bonne façon d’appréhender l’album.

Il y a donc deux films, le premier, « The High Sign » contient neuf pièces qui font environ dix-huit minutes, l’histoire raconte qu’un tireur maladroit est embauché à la fois pour protéger et tuer le même homme. Le second « One Week », un peu plus court, dix pièces pourtant, qui pèsent environ seize minutes. Ça raconte la vie d'un jeune couple marié essayant de s'installer dans sa première maison.

Dans ces bandes-son ou tout autre élément visuel de ce type, même des photos ou des peintures sont propices à éveiller l’imagination créatrice chez Bill Frisell, qui aime particulièrement cet exercice.

Malgré le décalage lié au temps qui sépare le film et cette nouvelle musique qui remplace le « piano stride » ou le ragtime d’époque, l’image semble trouver un prolongement dans cette musique, perso je suis très convaincu par ce que l’on entend, Frisell, tout en restant discret, ou plutôt dans l’ombre, réussit à épouser le film avec une grande finesse, lui donnant vie et souffle, bien que l’image révèle que Buster Keaton ne manque ni de l’une, ni de l’autre…

The High Sign Buster Keaton Full Movie


One Week Theme - The Wedding


Oh Well - The Piano


One Week Theme - Aftermath
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 2 juin 2026 01:57

Michel Doneda  Beñat Achiary  Kazue Sawai – Temps Couché.jpg
Michel Doneda Beñat Achiary Kazue Sawai – Temps Couché.jpg (161.75 Kio) Vu 641 fois
Michel Doneda / Beñat Achiary / Kazue Sawai – Temps Couché – (1998)

Michel Doneda et un joueur de saxophone soprano qui n’a pas trop fréquenté les écoles de musique, mais s’est frotté à de multiples improvisateurs qui ont apprécié son jeu et son savoir-faire. Le bouche à oreille a fait le reste.

C’est ainsi qu’il a beaucoup voyagé, traversé les continents en jouant les musiques du monde qu’il a côtoyé, avec cette ouverture d’esprit qui le caractérise. Ici il joue en trio avec le vocaliste Beñat Achiary qui joue également des percussions. Je l’ai évoqué par ici il n’y a pas si longtemps.

Ce dernier possède une façon de chanter qui peut surprendre et même heurter certains, peu adeptes des équilibres un peu casse-gueule qu’il met en place avec beaucoup d’audaces.

Le troisième est le japonais Kazue Sawaï, joueur de kotos, cet instrument qui a traversé les âges, dont le rôle peut se comprendre de multiples façons. Il peut être joué en solo, ou bien de façon plus rythmique, l’éventail qui nous est proposé est plutôt large et permet d’évaluer sa pluralité.

Cinq pièces sont jouées ici, enregistrées à la « Collégiale St-Pierre La Cour », du côté de la Mayenne, en mai quatre-vingt-dix-sept, une période où ce genre de musique se jouait dans de nombreux circuits, qui permettaient aux musiciens audacieux de vivre.

C’est l’Europa Jazz festival du Mans qui organise ces spectacles, même s’il peut paraître extraordinaire d’organiser un concert de free jazz en pleine ruralité, dans un petit village qui semble perdu dans la campagne.

Chaque pièce est une lettre du mot « TEMPS », en totalité la musique dure environ quarante-huit minutes, durée habituelle à l’époque. La musique se déploie avec une grande liberté, quitte à surprendre !

Il est difficile d’imaginer la réception que reçut cette musique lors de ce concert, peut-être tomba-t-il à la façon d’un OVNI, ou bien séduisit-il ceux qui se déplacèrent, et la cohorte des habitués de ce genre de musique, pas très loin du Mans où se trouve toujours la boutique des « Allumés du jazz ».

C’est précisément ce « laissez aller » qui fait plaisir, cette audace sans frein qui s’exerce ici, avec toute la liberté qui s’entend dans la le chant de Beñat Achiary, les vibrations centenaires du koto qui chante ici, et le sax soprano de Doneda, riche de tous les timbres et des interrogations.

Un album étonnant qui plaira aux risque-tout des musiques sans frein… A rapprocher du « Sitting On Your Stairs » de Lol Coxhill & Michel Doneda.

T


E


M


P


S
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 3 juin 2026 01:37

Ray Anderson Pocket Brass Band – Where Home Is.jpg
Ray Anderson Pocket Brass Band – Where Home Is.jpg (123.35 Kio) Vu 614 fois
Ray Anderson Pocket Brass Band – Where Home Is – (1999)

Une petite merveille d’album avec quelques indices dès le nom de la formation, ainsi « Brass » pour l’ensemble des cuivres porté par une batterie, « Pocket » pour la taille, car ici tout est petit, trois cuivres seulement, mais cela s’avèrera nettement suffisant.

Ray Anderson est bien entendu le tromboniste, Lew Soloff l’excellent trompettiste et Matt Perrine au sousaphone, là où se loge souvent le son d’une contrebasse plus consensuelle. Bobby Previte est l’indispensable batteur qui fait le liant et dynamise l’ensemble.

Autant l’avouer de suite cet album a l’air badin, voire anodin, est tout simplement resplendissant. C’est lié en particulier aux musiciens qui sont de très haut niveau, comme l’excellent Ray Anderson qui « growle » ici à foison, il utilise à fond les possibilités du trombone pour en exprimer toute l’expressivité, les grognements, les sons plaintifs et les petits cris qui vont bien, dès le titre d’ouverture « Bimwa » qui allume bien la mèche.

Et puis il y a l’extraordinaire Lew Soloff à la trompette, parfait dans ce genre d’exercice où il excelle vraiment, déjà souvent écouté en compagnie de Gil Evans où il performait, tel un lutin. Il est également connu pour être membre de Blood, Sweat & Tears dès soixante-huit, remplaçant de Randy Brecker. Il finira en « requin de studio », comme il se disait à l’époque, pour ces musiciens que l’on pouvait recruter à la dernière minute, car ils savaient tout faire sur le bout des doigts.

Il est un autre instrument qui caractérise le son du ce « brass band », c’est évidemment le sousaphone de Perrine qui est évoqué, avec cette sonorité qui renvoie à la fanfare et donc à l’esprit de la Nouvelle Orleans qui se réveille ici, au contact d’un répertoire bien étudié.

On peut penser à « I Mean You » de Thelonious Monk, à « The Mooche » de Duke Ellington, ou encore à la dernière pièce, « The Pineapple Rag » de Scott Joplin ! Tout ça respire la joie et l’enthousiasme, et même une certaine insouciance tant la musique porte et respire…

Les autres pièces sont de Ray Anderson, on remarque en particulier « The Alligatory Abagua » et ses nombreux effets au trombone. Le tout enregistré au Studio Du Flon, à Lausanne, en Suisse donc, en quatre-vingt-dix-huit.

Bimbwa Swing


Where Home Is


The Alligatory Abagua


The Mooche
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 4 juin 2026 02:46

John Zorn – Sing Me Now Asleep.jpg
John Zorn – Sing Me Now Asleep.jpg (127.13 Kio) Vu 575 fois
John Zorn – Sing Me Now Asleep – (2026)

Depuis deux mille douze, le Gnostic Trio a enregistré une huitaine d’album pour John Zorn. Le dernier, « Gnosis: The Inner Light », en deux mille vingt et un semblait clore l’affaire, mais c’est trop vite parlé, car voici que sort un nouvel opus cette année.

Le Gnostic Trio est formé de Bill Frisell à la guitare, Carol Emanuel à la harpe et Kenny Wollesen au vibraphone et aux cloches, il me manque bien quelques épisodes, mais chacun de ceux que je connais, réunit douceur et musique contemplative, minimalisme et respiration, pointillisme et clarté…

Il y a cependant une invitée, Ikue Mori, qui est souvent sollicitée, elle intervient ici sur « Spirits From The Vasty Deep », la pièce finale, hypnotique et répétitive, qu’elle embellit de son mystère, avec des sons électros qui semblent porteurs de vie.

Bien que chacun soit virtuose, le savoir-faire reste caché sous le tablier, et c’est la capacité d’écoute, la brièveté dans l’intention et la vibration dans l’espace qui marquent l’album dans sa singularité, comme sur « Soft You Now » …

Mais c’est peut-être le morceau d’ouverture, « Such Sweet Sorrow » que nous retiendrons plus aisément, avec sa douceur et sa mélodie, « He That Thy Knowest Thine » également, qui respire le Bill Frisell des bons moments, avec des collègues connectés aux mêmes ondes…

Cette formation est une des magies de Zorn, sans être la plus éclatante, elle brille parfois et disperse quelques éclats qu’il faudra rassembler, je pense, pour tout embrasser…

Parmi les mentors, William Shakespeare est dans le coup…

Such Sweet Sorrow


Nature’s Soft Nurse


Soft You Now


He That Thy Knowest Thine


Spirits From the Vasty Deep
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » jeu. 4 juin 2026 19:53

Image

Jazz à Vienne, quand le mot Jazz est un terme passe-partout et qui signifie Festival des musiques. Certes, quelques artistes servent de caution du genre, mais alors, le reste, soul, funk, variété internationale, world. Il faut faire des entrées et on pêche aux filets dérivants.

Je favorise de plus en plus les "petits" festivals jazz du coin. Ici à Junas, aux pieds du Pic Saint-Loup, etc.

Image

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 5 juin 2026 03:37

Il y a vraiment où passer ses soirées si l'oseille suit !
Impressionnant !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 5 juin 2026 03:55

Bojan Zulfikarpašić – Koreni.jpg
Bojan Zulfikarpašić – Koreni.jpg (107.34 Kio) Vu 518 fois
Bojan Zulfikarpašić – Koreni – (1999)

Bojan Zulfikarpašić est plus connu aujourd’hui avec le diminutif « Bojan Z », apparu assez vite pour simplifier la prononciation de ce nom d’origine Serbe. Ce serait là son second ou troisième album enregistré en tant que leader, mais il a également participé aux albums d’Henri Texier « An Indian's Week » et « Mosaïc Man », sur le « Label Bleu » qui patronne également cet excellent « Koreni ».

Bojan est pianiste, chanteur et compositeur de six pièces, sur les dix présentées ici. La toute première « La petite Gitane (Cigančica) » qui ouvre donc l’album est un traditionnel serbo-croate absolument magnifique, qui emporte et fait tourbillonner, avec un excellent guitariste, Vlatko Stefanovski, il y a également deux bassistes, le magnifique Kudsi Erguner, d’origine turc, à la flûte ney, et Julien Lourau au saxophone soprano. Il faut également souligner l’apport de Karim Ziad au bendir, au karkabou et au tambour taarija qui complète.

On comprend assez vite que Bojan dégaine, pour le meilleur, les couleurs du folklore de la musique Balkanique, qu’il mélange savamment au jazz et aux musiques improvisées. « Cecen Kizi », avec un Julien Lourau incandescent, en est un parfait exemple, ce classique Ottoman, écrit par Tanburi Cemil Bey, est parfaitement actualisé et transformé, typique de cette musique hybride.

« Sveti Bože (Dear Lord) » provient d’un chant religieux du XIV ème siècle, une pièce magnifiquement arrangée et très tendue où les solistes brillent avec ferveur, ney, saxophone et piano conjuguent une montée en apothéose… « Zulfikar-Pacha » de Bojan est également addictif, avec ses sonorités d’Europe de l’Est, entre Orient et Occident, crépusculaire et triste…

« Satcha » qui ferme l’album au bruit des bouteilles qui se brisent, des cris qui s’envolent, éclate en plein essor comme une fin de banquet qui s’achève dans les excès et les horreurs, d’avoir été trop loin, trop…

Un pas décisif de la part de Bojan dans sa conquête de la scène musicale française, qui saura l’accueillir et le choyer, il est vrai qu’il le mérite, fidèle à tous les rendez-vous.

La petite gitane (Cigancica)


Bojan Zulfikarpasic - Cecen kizi


Bojan Zulfikarpasic - Gradino kolo


Bojan Zulfikarpasic - Sveti boze (Dear Lord)


Bojan Zulfikarpasic - Zulfikar-Pacha


Bojan Zulfikarpasic - Satcha (On ferme)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 6 juin 2026 02:49

Michel Henritzi Fukuoka Rinji – Le Jardin Bizarre.jpg
Michel Henritzi Fukuoka Rinji – Le Jardin Bizarre.jpg (89.67 Kio) Vu 451 fois
Michel Henritzi | Fukuoka Rinji – Le Jardin Bizarre (2011)

Retour vers Michel Henritzi pour cet autre album tout autant étonnant, c’est un duo en fait, joué en compagnie d’un violoniste japonais, Fukuoka Rinji. Ce dernier joue avec des instruments acoustiques ou électriques, c’est selon. Michel Henritzy joue de la lap steel et de la guitare électrique, toujours branché, quoi…

Le jardin dont on parle ici se veut bizarre, appartenant au monde de l’étrange et surtout de la nuit, pas de ces jardins ensoleillés qui vous cajolent et vous rassurent, non, celui-ci est d’une autre trempe, certainement pas réconfortante, plutôt étrange et curieuse, voire inquiétante ou même effrayante…

Ce mélange musical qui nous est proposé se tient dans des sonorités inhabituelles, avec des drones éraillés qui s’entendent, ou des sons flottants qui évoquent des éléments liquides, sans qu’il soit question d’eau fraîche bienfaisante, mais plus sûrement d’une matière visqueuse et gluante qui s’immisce dans les interstices, pour mieux s’y glisser…

Ainsi c’est la torpeur qui s’imposerait plutôt, mais avec brièveté, car ici rien ne dure et tout est court, l’enregistrement est du genre bref, n’arrivant pas à la demi-heure, alors les six pièces se suivent dans le même souffle et les sensations ressenties semblent se superposer, et s’étager.

Malgré la chaleur et la froidure, l’esthétique resplendit et étonne, avec constance et tout du long, les notes qui s’égrènent brillent chacune à la fois, avec sa vibration et son écho, et la vie propre qui l’habite semble se jouer de l’entourage et de son environnement, comme douée d’une vie personnelle qui veut perdurer, à la façon de ces bébés-tortues qui se précipitent toutes ensemble vers l’océan, pour qu’au moins quelques-unes survivent, échappant à l’adversité piégeuse que l’immensité du temps a dressé avec opiniâtreté…

Juste vous dire que c’est beau, limité à deux cents, en Cd uniquement.

we turn in the night, endless


floating dimension


echoes of middle age stones


die nacht aus blei
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 7 juin 2026 01:51

Ivo Perelman With Rosie Hertlein, Dominic Duval, Newman Baker – Introspection.jpg
Ivo Perelman With Rosie Hertlein, Dominic Duval, Newman Baker – Introspection.jpg (94.23 Kio) Vu 399 fois
Ivo Perelman With Rosie Hertlein, Dominic Duval, Newman Baker – Introspection – (2006)

Je ne vous parle pas très souvent d’Ivo Perelman, bien que je possède pas mal de ses enregistrements, c’est un musicien que j’aime vraiment beaucoup et dont je vous ai déjà parlé, souvent à propos d’albums significatifs où particuliers qui me semblaient pouvoir éveiller l’intérêt, car, voilà, c’est un musicien un peu difficile…

Il ne s’embarrasse pas trop du confort de l’auditeur et arrive souvent avec ses grosses valises qu’il dépose au milieu de la chambre, enfin c’est une image, disons qu’il ne fait pas d’efforts pour plaire, son art est intérieur, souvent bavard et volubile, parfois envahissant, c’est sûr, il ne vous ménagera pas !

Pourtant il est vraiment intéressant pour qui est prêt à concéder l’effort, souvent léger tout de même… Cet album particulier mérite l’attention car, figurez-vous que Perelman s’est mis à la peinture, ou à l’art graphique, si vous préférez, observez bien cette pochette : il en est l’auteur.

Et pour tout dire se cache dans le livret intérieur non pas des textes comme souvent, où on vous dit en anglais ce qu’il faut penser, mais des peintures, une par volet, c’est-à-dire huit au total. La dernière est cachée derrière le Cd, ce qui fait un total de neuf, comme le nombre de pièces contenues sur cet album.

Vous avez franchi le pas, chaque pièce musicale correspond à une peinture et inversement. Ivo joue de son ténor avec son style si particulier et ce gros travail dans les aigus, il est épaulé par Rosie Hertlein, violoniste et vocaliste, la voix est un peu emphatique et appartient plus au monde du classique qu’à celui du blues, mais elle chante assez peu, par deux fois.

Dominic Duval est le contrebassiste, il joue en pizzicato mais également assez souvent avec son archet, Newman Baker est le batteur, solide il tape fort et emmène le navire à grande voilure, car ici la musique est très expressive et même parfois démonstrative.

L’art visuel est tout de même abstrait et suggère, il est vrai, il interroge aussi. La musique associée est beaucoup plus bavarde et plus émotionnelle, son discours me semble plus direct. L’interaction entre le son et la ligne est certainement évocateur et pertinent, mais mon entraînement en ce domaine n’est pas très performant, bien que les duos image/son me semblent correspondre. D’un autre côté, il n’y a pas à se tromper, les titres étant les mêmes.

L’album est bourré de musique, je ne sais même pas comment on a pu en loger autant sur une galette, de façon générale les pièces les plus explosives sont celles qui vont le mieux, alors que les contemplatives peuvent dégager parfois, comme une léthargie…

Car Ivo Perelman demande à l’auditeur une grande concentration et un investissement assez important, qui sera en retour récompensé, d’autant que chaque musicien est un as dans son domaine et qu’ils avancent en quartet avec un grand nombre d’atomes crochus, et une grande complicité, jamais prise en défaut. Ainsi, la collaboration entre Rosie Hertlein et Ivo Perelman est souvent fascinante, chacun s’appuyant sur l’autre.

Extended Consciousness


Faith


Karmic Forces


Introspection
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 8 juin 2026 04:01

Out Of  Into – Motion I.jpg
Out Of Into – Motion I.jpg (76 Kio) Vu 353 fois
Out Of / Into – Motion I – (déc. 2024)

A l’énoncé des noms figurant dans la composition du groupe, j’ai tout de suite pensé à ce qu’on appelait parfois dans le rock, un « Supergroupe » avec un grand nom à chaque poste. Cette « recette » a été utilisée assez souvent avec des réussites variables.

Il y a une autre caractéristique présente ici, c’est l’étiquette Blue Note, avec un côté « jeune génération », ou renouveau du personnel, bref des musiciens tous confirmés mais appartenant plutôt à la nouvelle génération, suffisamment pour que l’idée de renouvellement se fasse.

En même temps c’est tout de même Blue Note, un mastodonte qu’on ne bouscule pas si facilement, avec ses habitudes, ses vieilles icônes indétrônables, et la marque indélébile que le label a laissé dans le cœur de chaque amateur de jazz. Bref, on bouscule une virgule ou deux, mais pas trop quand même, d’ailleurs qui le souhaiterait vraiment ? Le titre même de la formation, « Out Of / Into » pose question, hors de la tradition mais dedans quand même ? Mais procédons à la visite…

Celui qui semble le plus central, ne serait-ce que par le titre de directeur musical et les quatre compos qu’il signe sur un total de sept, c’est le pianiste Gerald Clayton. Viennent ensuite les stars du moment, le saxophoniste alto Immanuel Wilkins qui vend bien, ainsi que le joueur de vibraphone et de marimba Joël Ross, qui vaut également son paquet de pépites !

Côté section rythmique et en appui du pianiste, il y a Kendrick Scott à la batterie et Matt Brewer à la contrebasse, deux solides que l’on écoute ici avec grand plaisir, même s’ils ne sont pas aussi prestigieux que leur entourage immédiat. Kendrick Scott signe « Synchrocity », Joël Ross « Radical » et Matt Brewer « Aspiring To Normalcy ». Le seul qui arrive les mains dans les poches est le fameux Wilkins, mais on ne lui en veut pas.

Autant répondre de suite à la question qui taraude : « Est-ce que ça fonctionne ? » Et bien plutôt oui, la chimie a bien opérée et c’est une réussite. On retient assez vite « Aspiring To Normalcy », la pièce de l’inspiré contrebassiste, très belle, fragile et lyrique, toute en bellures et doucereuses volutes…

Le titre d’ouverture de Clayton « Ofafrii » va bien également avec son thème facile, c’est une bonne plateforme pour lancer les impros, tout comme le bopeux « Synchrony » de Scott qui renvoie aux bonnes années des hardbopeux Rollins, McLean ou Cannonball Adderley…

« Gabaldon’s Glide » est tout aussi savoureux, car ici rien ne déçoit, ni ne faibloit même, on goûte aux solos merveilleux qui s’empilent les uns après les autres, un peu comme dans une tempête de bonnes notes qui enivre…

Un magnifique album, juste.

Bon, aux dernières nouvelles, le second est déjà arrivé, alors…

Ofafrii


Gabaldon’s Glide


Aspiring to Normalcy


Synchrony
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 9 juin 2026 03:34

Joëlle Léandre, Alexandra Grimal – Désordre.jpg
Joëlle Léandre, Alexandra Grimal – Désordre.jpg (48.6 Kio) Vu 276 fois
Joëlle Léandre, Alexandra Grimal – Désordre – (2019)

Alexandra Grimal, née au Caire en quatre-vingts est une saxophoniste, chanteuse et compositrice, elle joue du jazz souvent free, de la musique contemporaine, participe à des activités théâtrales, où à des projets autour de la danse, son art est interdisciplinaire, elle aime se fondre dans les mélanges.

Ici elle est en duo avec une grande Dame, Joëlle Léandre, qui aime aussi les rencontres et les échanges, c’est désormais quasi une institution, mais prenons-garde à ne pas l’oublier, car c’est une bibliothèque à sa façon qu’il faut nourrir et visiter, comme un bijou à choyer.

Les voici toutes deux réunies autour de l’idée de désordre, où elles chantent, parlent et mélangent, cordes, voix, souffle et respiration, et les sentiments qui sont là et s’écoutent aussi. Un partenariat s’est organisé autour de cet album limité à deux cent cinquante, avec des institutionnels divers qui réunissent la ville d’Albi, le Tarn et l’Occitanie…

Quinze pièces alignées pour plus de cinquante-trois minutes d’impros, c’est beau et ça glisse, les deux vont bien, Léandre qui secoue le temps et Alexandra qui l’étire ou l’écourte. La contrebasse est utilisée dans une multitude de rôle, les sons s’envisagent dans la grande diversité des techniques, avec ou sans archet, Joëlle sait tout faire, elle suit juste le chemin qui se dessine et le développe en suivant la pente…

Pas d’agressivité dans ce désordre qui n’est qu’apparent, car chacune s’y retrouve avec facilité et le langage est commun, même s’il s’exprime dans une grande diversité de style, ne laissant jamais place à l’ennui, au contraire l’intérêt est sans cesse renouvelé, d’une pièce à l’autre, explorant une nouvelle face, parcourant une nouvelle voie…

La pièce onze est un chant interprété par Alexandra Grimal et soutenu par la contrebasse de Joëlle qui accompagne, en voici les paroles :

« When I wonder where to go
I watch the rain drops or further
and I wonder why things are rain.
When I watch the river run through your tears
I think about a mountain's song rage (laughter)...
Raging your souls of despair
and wise travel blind
though you might come back here one day
as a stone or as a whisper
or as the rain as the clouds go
as the sun river burns
through your tears of joy.
»

C’est le premier album de ce nouveau label: « La Montagne Noire », étiqueté « MN1 », et qui contient aujourd’hui onze albums avec des artistes locaux de la région d’Albi, je présume.

Tout est beau dans cet album très lumineux.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 10 juin 2026 02:36

Matthew Halsall – Colour Yes.jpg
Matthew Halsall – Colour Yes.jpg (87.82 Kio) Vu 203 fois
Matthew Halsall – Colour Yes – (2009)

Je vous ai mis la pochette d’origine, mais mon Cd est une réédition augmentée de deux titres, parue en deux mille dix-neuf avec une pochette différente. C’est un album plutôt chouette de Matthew Halsall, son second, on peut penser parfois à Erik Truffaz, car les deux partagent ce même respect pour la musique de Miles Davis, ainsi que l’amour des ballades et des belles mélodies…

Faut pas pousser non plus le bouchon trop loin dans les comparaisons, car ils sont bien distinctes et Matthew est souvent happé par l’ambiant et, particulièrement en cette période, très branché sur la recherche des climats un peu vaporeux, avec cette trompette qui cueille les notes qui vont bien, dans la corbeille de la musique spirituelle.

La présence de la harpiste Rachael Gladwin au toucher délicat, évoque par sa seule présence, Alice Coltrane dont l’ombre traverse les quatre pièces où elle joue, même si son style est très différent. Merci également à Nat Birchall aux saxophones, qui prend sa part de fantaisie et contribue à l’envoûtement général en montant dans les aigus, pour chatouiller les notes qu’il aime titiller.

On pourrait parler de musique positive et optimiste, rappelant les performances d’un Pharoas Sanders qui chevauchait encore plus longuement ce genre de thème, comme sur « I’ve Found Joy ». « Mudita » ajoute un peu de pep’s et pourrait ramasser la palme pour son dynamisme et son tempo plus élevé que la moyenne de ce que l’on entend ici.

Reste à saluer cette nouvelle édition entièrement remaniée et améliorée côté son. Les deux titres bonus sont très réussis et participent à cette belle remise en perspective, mais j’aime bien l’ancienne pochette, avec cette casquette, et cette trompette serrée contre les côtelettes…

Un album du mancunien qui ne devrait fâcher personne…

Colour Yes


Together


I've Found Joy


Mudita


Me and You


It's What We Do (Bonus Track)
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 11 juin 2026 04:56

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The White Nothing – About Time.jpg (38.26 Kio) Vu 129 fois
The White Nothing – About Time – (2011)

Cet album un peu ancien semble être passé inaperçu. C’est le pianiste danois Anders Filipsen qui en est le membre le plus éminent, également compositeur des onze pièces, et également chanteur sur la dernière, « Little Boy ».

Ils sont neuf réunis ici pour interpréter cette musique souvent aux frontières des genres, entre jazz et musique contemporaine, sans rien exclure, ni le bizarre, ni l’étrange. Elena Setién est au chant, Emil Jensen à la trompette, Morten Jessen au trombone, Jeppe Højgaard au sax alto et à la clarinette, Lars Greve aux saxophones ténor ou baryton et à la clarinette, Aino Juuttilainen au violoncelle, Jesper Thorn à la contrebasse et Bjørn Heebøl à la batterie.

Alors forcément l’instrumentation est plutôt jazz et cela s’entend, on soupçonne une goutte d’électro non précisée ici ou là, tout ici est affaire de climat, d’ambiance souvent un peu tendue et languissante, avec des étirements et des masses sonores qui se déplacent.

Comme souvent dans ce style de musique, espace et temps se partagent le bon rôle, l’attente et la mise en suspens ont également une bonne place, on goûte ainsi au très bon « Sdfec » par exemple, avec sa lente avancée et ses motifs répétitifs, qui prend en force tout du long avant de s’éteindre…

Il faut compter également avec une bonne part de musique improvisée tout au long du chemin, ainsi les atmosphères varient et se succèdent, avec une densité variable, Filipsen semble être l’élément déclencheur de l’ensemble, donnant la direction et montrant la voie.

« Delirium » est bien chouette et déjanté, laissant la place à une saine cacophonie, bien soutenue par une rythmique dégingandée et tirée par des solistes sans limites, le tout s’organise malgré tout, ce qui permet d’organiser la fin de la pièce qui sonne à l’unisson avec un sax « barberien » qui arrache…

Décidément ces Nordiens sont bien sympathiques et, s’ils évoquent inévitablement la grande Carla Bley, ils ne l’égalent pas, mais qui d’autre y parviendrait ? On goûte cependant aux audaces sonores, aux chouettes solos de piano disséminés un peu partout dans l’album, aux arrangements souvent réussis et aux thèmes comme « Nancar » qui vont bien. Les paroles de « Little Boy » sont fournies dans le livret et l’album se termine par une chanson, pourquoi pas ?

SDFEC


DELIRIUM


DARK STAR


NANCAR


LITTLE BOY
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 12 juin 2026 04:12

Marion Rampal – Song For Abbey (Tribute To Abbey Lincoln).jpg
Marion Rampal – Song For Abbey (Tribute To Abbey Lincoln).jpg (95.01 Kio) Vu 68 fois
Marion Rampal – Song For Abbey (Tribute To Abbey Lincoln) – (2025)

Un hommage à Abbey Lincoln, de la part de Marion Rampal, comme une évidence, un point incontournable par lequel il est nécessaire et évident de passer. La jeune Marion a été bouleversée par Abbey Lincoln, celle dernière est entrée dans sa vie par la voie de l’addiction et du cœur.

Et puis il y a Archie Shepp qu’elle côtoie depuis l’âge de quinze ans, lui qui a joué et chanté avec la diva, une mémoire, un pan du jazz à lui seul, il fait même une apparition ici, sur « Remember The People » où il chante, par fidélité envers Marion, elle qui a été de tous ses projets avec voix, de ce côté de l’Atlantique.

Il ne souffle plus dans son cor, mais chante encore avec sa voix puissante et rugueuse, pour Marion, mais aussi pour tous ceux qui pensent à lui et qui ne l’oublient pas, pour ses luttes et les rêves qu’il a portés, les mêmes que partageait Abbey Lincoln…

Un problème de légitimité, le doute envahit Marion, « Ai-je le droit ? », « Comment faire ? », c’est le pianiste Jason Moran qui lui répond : « Retiens que c’est ton projet, et que personne ne va le faire comme toi, ensuite trouve le cadre et tiens-toi à l’intérieur ».

Le guitariste Matthis Pascaud sera son appui, il joue également du mellotron, Raphaël Chassin tient la batterie et les percus, Simon Tailleu sera le contrebassiste et Thibault Gomez le claviériste, en guest Bill Frisell fait une apparition côté gauche sur « Skylark ».

Six pièces sont écrites par Abbey elle-même, il y a également une pièce signée par Marion, Pascaud et Shepp, le fameux « Remember The People » ainsi qu’une reprise de « Mr Tambourine Man » de Dylan qui ferme l’album.

Cette reprise a été choisie car la pièce plaisait énormément à Abbey Lincoln qui aimait sa poésie rêveuse, elle écoutait volontiers les chansons populaires et country, ce qui l’éclaire d’une façon inhabituelle, elle qui est connue davantage pour être une guerrière.

Learning How to Listen


The Music is the Magic


Skylark


Remember the People


Mr Tambourine Man
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 13 juin 2026 03:02

Pascal Comelade - Métaphysique Du Hit-Parade.jpg
Pascal Comelade - Métaphysique Du Hit-Parade.jpg (331.08 Kio) Vu 21 fois
Pascal Comelade – Métaphysique Du Hit-Parade – (2026)

Grand plaisir de retrouver Pascal Comelade, grand décalé et ultime génie de l’art d’accommoder les restes, de les réinventer pour en extraire l’essence même, pour mieux les sublimer et les présenter neufs à nos oreilles formatées, histoire de retrouver les goûts anciens, simples, quasiment à l’os…

Alors ici Pascal nous régale avec son hit-parade perso, ses obsessions cachées qu’il monte en dérision, ses sons inouïs qu’il livre à nos oreilles, souvent pour déconner, mais derrière il y a le sérieux, le boulot autour d’une originalité jamais démentie, quelque chose d’enfantin qui dépasse souvent, comme une obsession ancienne, qui émeut et donne envie de lâcher une petite larme aux amours anciennes…

Bon attention quand même car ici on confine au génie, « Purple Hase » version hit-parade ça décoiffe et Jimi n’est pas loin de la parade militaire dégingandée, prête pour la bataille rangée, même si la soldatesque est en sucre et en guimauve…

Quatorze pièces toutes aisément reconnaissables et réinventées défilent dans ce bestiaire hors normes, qui convoque les grands anciens et nos héros de pacotille, qui ont hantés nos cerveaux de groupies, ramollis et empêtrés dans l’humeur du temps, un poil décérébrant quand même, à l’heure du bilan, mais c’est là le prix de l’innocence et des idéaux qui nous habitaient…

Les voilà réduits à la taille miniature, pourtant tellement essentiels et fondamentaux qu’ils forment notre squelette et une grande partie de nos chimères…

Bon un album génial en plus, de la part du catalan, qui fait de la musique avec des clous et des bouts de ficelle, des jouets et des boîtes à musique…

Come As You Are


Egyptian Reggae


Purple Haze


Brown Sugar


Sunny Afternoon


Girl from the North Country


Mother of Earth
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » sam. 13 juin 2026 04:18

:hehe: :hehe: :hehe: :hehe: C'est énorme ! La version de Purple Haze on dirait presque qu'elle est jouée sur un gamelan !
FILLES & MOTEURS, JOIES & DOULEURS.

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