Deuxième album de Dolly Parton.
En 1968, Parton est déjà une star de la country, en particulier grâce à son duo avec Porter Wagoner qui est, à cette époque-là, l’une des plus grandes célébrités du pays. Porter avait tout de suite compris le génie de Dolly, à tel point qu’il a insisté pour que RCA l’embauche sur son label, y compris dans le cadre des albums solo de la demoiselle. RCA hésita car, à l’époque, la country féminine n’était pas un genre très rentable. Porter proposa alors à RCA de leur payer le moindre dollar qu’ils perdraient avec Dolly Parton.
Wagoner n’eut pas à sortir un seul dollar puisque l’album Just Because I'm a Woman fut un succès. Ce disque est porté par deux morceaux emblématiques écrits par Dolly Parton, qui symbolisent les deux aspects de sa personnalité qui feront son succès.
The Bridge est une chanson qui parle du suicide d’une jeune fille abandonnée par son homme. Elle s’inscrit totalement dans la tradition folk qui déborde littéralement de chansons tragiques. Dolly Parton a grandi dans les Appalaches et elle connaît parfaitement tout ce répertoire, au même titre que Maybelle Carter ou Jean Ritchie, mais Dolly avait quelque chose de plus. Elle avait aussi le talent pour écrire des chansons intemporelles et l’ambition de conquérir le monde.
Elle avait donc un pied dans la tradition et un autre dans la modernité, plus individualiste. Parton n’a jamais été une féministe au sens propre du terme, mais elle s’est toujours battue pour garder sa liberté et pour l’égalité.
La chanson Just Because I'm a Woman illustre cette idée. L’idée lui est venue suite à son mariage. Son mari lui reprocha de ne pas être son premier amant lorsque Dolly lui demanda s’il était vierge au moment du mariage. Ce dernier répondit que non, mais que, évidemment, « ça n’avait rien à voir ».
Cela a fait rire Dolly — son rire tellement caractéristique qui a conquis l’Amérique — et elle écrivit la chanson Just Because I'm a Woman pour défendre son droit de vivre sa sexualité comme elle l’entend, à l’instar des hommes.
Une chanson qui devint un standard de la country music, un genre qui n’était pourtant pas très « féministe-friendly » à l’époque.