J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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vox populi
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » jeu. 3 sept. 2026 20:21

Douglas a écrit :
sam. 8 août 2026 01:56
Hamid Drake, Jemeel Moondoc, William Parker, Steve Swell – Fire Into Music.jpg

Hamid Drake, Jemeel Moondoc, William Parker, Steve Swell – Fire Into Music - (2004)

L’histoire de cet album est assez révélatrice de ce qui peut se passer dans le monde du jazz tel qu’il fonctionne dans la réalité. C’est d’autant plus révélateur que cet album est une « tuerie », enfin c’est ce genre de mot qu’on utilise parfois pour indiquer qu’il est traversé par la passion !

Déjà le support est un indice, c’est en effet un Cdr de chez Cdr, pas ce qui semble le mieux indiqué pour évoquer une longévité hors normes. C’est la restitution d’une captation d’un concert qui s’est déroulé au Ballroom Marfa, au Texas, le huit octobre deux mille quatre. Un très bon concert !

Concernant la formation elle est conforme aux musiciens présents, Hamid Drake à la batterie, Jemeel Moondoc au saxophone alto, William Parker à la contrebasse et Steve Swell au trombone, mais ces renseignements ne sont pas fournis sur le Cd.

Par contre le véritable nom de la formation n’est pas indiqué, il s’agit du « Steve Swell’s Fire Into Music », cette dernière partie deviendra le titre de l’album, alors qu’elle appartient au nom du groupe, mais rien de grave.

Ça devient un peu plus cocasse lorsqu’un jour Steve Swell reçoit dans sa boîte aux lettres un exemplaire vinyle de cet album, dont il ignorait tout, y compris son existence. Il est gravé sur le label « Ballroom Marfa » avec la cote « BM-001 », des Cds suivront contenant deux titres également, « Junka Nu » et « Space Cowboys ». Il y aura même un autre Cd avec quatre titres différents, contenant des extraits du même concert…

Comme tout finit par s’arranger, l’album devint officiel, il faut dire que c’est un pur joyau de l’ambiance « club » qui plaît tant aux amateurs de jazz, c’est un peu approximatif côté prise de son, mais l’énergie est là, l’ambiance et la sueur avec le fond sonore qui va bien, constitué par les bruits des conversations et la réaction chaude du public face à la proximité quasi familiale qui s’exprime ici.

Oui, il y a aussi des bons côtés, mais l’affaire n’est pas tout à fait terminée. C’est que l’album est vraiment bon, dans son jus, brut de décoffrage et organique, chaque musicien est à son top niveau, totalement investi dans sa mission, sur la fin c’est tout bouillonnant !

L’enregistrement connaîtra une autre vie sur le label français « RogueArt », il bénéficiera d’une réédition en trois cds, très chics, de la totalité de la musique présente ici et jouée ce soir-là.

Le titre deviendra « For Jemeel Fire From The Road » en hommage au saxophoniste alto parti à l’âge de soixante-quinze ans.

Junka Nu (CD-2)
Space Cowboys (CD-2)
Je ne connaissais pas et j'aime beaucoup l'ambiance club qui se dégage de ce disque
Merci pour la découverte

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 4 sept. 2026 01:42

vox populi a écrit :
jeu. 3 sept. 2026 20:21

Je ne connaissais pas et j'aime beaucoup l'ambiance club qui se dégage de ce disque
Merci pour la découverte
Ravi que ça t'ait plu !
:chapozzz:
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 4 sept. 2026 01:54

James Brandon Lewis Trio – Apple Cores.jpg
James Brandon Lewis Trio – Apple Cores.jpg (125.32 Kio) Vu 502 fois
James Brandon Lewis Trio – Apple Cores – (2025)

Un Brandon Lewis de l’année dernière, je le suis pourtant assidûment, mais avec paresse, semble-t-il. Pourtant cet album est bien bon, très jazz, avec Ornette Coleman et Don Cherry qui se promènent en fond, l’esprit est bien là, qui bruisse…

Rien ne saurait me faire plus plaisir, mais encore faudrait-il préciser qu’il s’agit de l’Ornette funk qui se réveille ici, avec cette basse puissante de Josh Werner. Ce n’est pas précisé sur les notes de l’album, mais il s’agit certainement d’une basse électrique et non pas de la contrebasse acoustique qui règne habituellement au pays du jazz. Le son est rond, droit et immédiat, ce qui ne laisse planer aucun doute.

James Brandon est un musicien particulièrement ouvert aux styles et aux influences, rien donc de surprenant, n’a-t-il pas joué avec les Messthetics aux accents punks ? Ou rendu hommage à la tradition sur « For Mahalia, With Love » avec le Red Lily Quintet ? Nous voilà avertis, rien n’est interdit ici, les fenêtres sont ouvertes, et ça tombe bien car Brandon Lewis est bien inspiré…

Le troisième du trio, et pas le moindre, est Chad Taylor, qui joue de la batterie mais aussi du m’bira sur « Prince Eugene », est-ce de celui qui devint commandant en chef des armées du Saint-Empire romain germanique au service de la monarchie autrichienne dont-on parle ?

Je ne sais, mais quand il évoque « Five Spots To caravan », c’est un peu plus clair, c’est le nom du célèbre club de New York où jouait Ornette Coleman, avant qu’il ne s’installe au « Caravan of Dreams », où il avait des contrats de résident. Il y a également « « Remember Brooklyn & Moki » qui cite le nom de l’épouse de Don Cherry, ainsi que celui de l’album légendaire « Where Is Brooklyn ? » …

On ne saurait être plus clair, tout comme pour « Broken Shadows », nom de l’album d’Ornette enregistré en même temps que le cultissime « Science-Fiction » mais paru onze années plus tard… Quant au titre final, il reprend dans sa seconde partie le nom de l’album d’Ornette « Exactly, Our Music » paru en mille neuf cent soixante et un, « This Is Our Music ».

Tous ces signes adressés aux jeunes générations indiquent un chemin à suivre, une culture à rencontrer, comme des petits cailloux semés derrière soi, lors du long cheminement de la vie…

Grandiose album…

Apple Cores #1
Prince Eugene
Five Spots to Caravan
Remember Brooklyn & Moki
Exactly, Our Music
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Message par Douglas » sam. 5 sept. 2026 02:19

Jemeel Moondoc  Connie Crothers – Two.jpg
Jemeel Moondoc Connie Crothers – Two.jpg (114.82 Kio) Vu 442 fois
Jemeel Moondoc / Connie Crothers – Two – (2012)

Ce que l’on remarque dans la vie de Jemeel Moondoc, avec étonnement voire effarement, ce sont les longues années de pause qui s’installèrent dans sa vie de musicien, comme si le silence le sanctionnait d’une insuffisance ou d’un manquement, il y a quelque chose de terrible quand on y pense, à lui et à tant d’autres également, éclipsés par un système auquel ils n’ont pas su s’adapter, ou peut-être n’ont-ils pas fait les compromissions nécessaires pour simplement durer…

Cet album est celui d’une remise en lumière, après le « Live At The Vision Festival » sur Ayler Records en deux mille trois, avec le Jus Grew Orchestra, un nouvel oubli se fit, un passage dans l’obscurité, avant que ne paraisse, pour la première fois depuis quinze années dans un studio, sur le label « Relative Pitch Records », ce duo en compagnie de la pianiste Connie Crothers.

Cette dernière est née en mai quarante et un, à Palo Alto en Californie, elle devint une étudiante de Lennie Tristano, celui-ci déclara à son propos, « Connie Crothers est la musicienne la plus originale que j’ai eu le privilège de rencontrer et avec qui j’ai travaillé. »

Jemeel, qui était un poil plus jeune, garde également un souvenir émouvant de cette rencontre avec Connie, il écrivit en deux mille dix-sept, un an après le décès de la pianiste, une bafouille que l’on retrouve sur le net. Il écrit :
« Elle avait une expression fétiche : « C'est dimensionnel ! Tout est dimensionnel ! » Elle parlait de la façon dont les choses et les situations — même lorsqu'elles ne sont pas physiques — acquièrent de la longueur et de la largeur, et revêtent une dimension à la fois intérieure et extérieure. Ainsi, n'importe quelle situation avec elle devenait « dimensionnelle ! » Être dimensionnel était une chose positive. »

Cette anecdote en dit long, la relation entre les deux était centrée autour de la musique, elle devint aussi extrêmement amicale, les deux s’entendaient bien. Il se souvient de son dernier concert, avec elle, Chad Taylor et Steve Swell, au Stone, à New York : « Tout chez elle respirait la paix ; elle possédait une paix intérieure tout simplement magnifique. Même lorsque la musique devenait très intense, elle dégageait un calme incroyable. C'est à cela que je pense. »

Cet album, simplement nommé « Deux » reflète bien ce que l’on pressent à la lecture de ces quelques mots, la complicité des deux qui se soutiennent, se cherchent et construisent, la sensibilité à fleur de peau de l’un et de l’autre, et du jeu fascinant de Connie au piano, qui propose énormément, des bouquets de notes qui forment des structures solides et alternatives.

Les deux se partagent en gros la responsabilité des compos, de façon équitable et fréquemment à deux, comme on entend ici. Comme souvent chez Jemeel la sonorité du sax alto, simple, brute et directe va au cœur et touche à la passion, Connie reçoit le message et converse, soutient et console, ouvrant des perspectives tout en interrogeant…

Improvisation 1
You Let Me Into Your Life
Deep Friendship
Improvisation 4
Improvisation 5
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 6 sept. 2026 03:58

Man.jpg
Man.jpg (17.54 Kio) Vu 396 fois
Man – Man – (1999)

Man est un duo français composé par François Biyiki aux différents claviers, guitares, mélodica, rythmes et bruitages, Charles-Éric Charrier à la basse acoustique, mélodica, rythmes et bruitages, ils composent à deux également, sauf la pièce « Kirkjubaejarklaustur » signé du seul Biyiki.

Il y a également deux invités, Lara Moulny au violoncelle et Pierrick Coheleach aux voix extérieures, à Singapour. L’album est sorti sur le label français « Les Disques du Soleil et de l'Acier », qui ont un catalogue plutôt sympa, à cheval sur les genres et les musiques, ici c’est plutôt le rock-folk qui domine, mais on sent la formation classique et l’influence jazzy qui pointe un peu, mais faut dresser l’oreille…

Dans l’ordre des pièces « Daniel » arrive un peu vite et taule l’ambiance, bien que ce ne soit pas une mauvaise compo. Idem pour « Kirkjubaejarklaustur », un solo de violoncelle microscopiquement accompagné qui est interprété par l’invitée violoncelliste du jour.

La formation a sorti quelques albums, quatre qui ne lui ont pas permis de vraiment durer, malgré la qualité et la force de l’identité musicale. L’idée est d’envoyer des vignettes assez courtes, enfin pas vraiment longues, à l’exception de « Lambda » qui approche les onze minutes, chacune d’elle semble autonome et capable de suffire à elle-même bien qu’une identité se forme à l’écoute de l’ensemble.

« International Kangaroo » et son « field recording » urbain va bien et balade. Le titre contredit l’ambiance un peu morne parfois, mais rêveuse également, contradiction apparente… Nous ne sommes pourtant pas au bord de l’ennui car il y a des idées un peu partout et si rien n’est fignolé, sauf l’improbable « Petite valse » très parfaite, l’ensemble semble un peu inachevé, mais c’est cet apparent relâchement qui va bien et sauve l’ensemble !

« Daday » est également magnifique, sur un air répétitif qui va, c’est un peu le truc ici, les mélodies qui font mouche, en évoquant Satie par exemple ou Pascal Comelade dont le nom arrive vite en tête, et qui font place à la suivante.

Un groupe vraiment intéressant qui n’a certainement pas tout dit ici, mais qui donne globalement envie, même si on peut y trouver un poil de remplissage, mais je suis sûrement mauvaise langue…

Man - Man
Man - La grande debalatrice
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 7 sept. 2026 01:40

Biréli Lagrène, André Ceccarelli, Chris Minh Doky – Live In Marciac.jpg
Biréli Lagrène, André Ceccarelli, Chris Minh Doky – Live In Marciac.jpg (149.23 Kio) Vu 325 fois
Biréli Lagrène, André Ceccarelli, Chris Minh Doky – Live In Marciac – (1994)

Ce concert de quatre-vingt-quatorze au chaleureux festival de Marciac, est resté par bonheur gravé sur Cd, ce qui le met facilement à disposition, témoignage d’un temps béni où il jouait aux côtés du fameux batteur André Ceccarelli, dit Dédé, et de l’excellent contrebassiste danois Chris Minh Doky, d’origine danoise et vietnamienne.

C’est un parfait concert de jazz avec un peu de tout, des standards, une pièce personnelle, un répertoire exploratoire qui se partage entre références françaises et américaines. Dédé est assez fabuleux, il apporte une touche très colorée avec une grande maîtrise, et se met au niveau des plus grands en commentant tout en restant force de proposition et de relance.

Je ne connaissais pas Chris Minh Doky, visiblement il s’entend bien avec les deux ici, doué d’une grande technicité, il se met facilement au niveau, ce qui n’est pas si aisé quand on écoute le jeu foisonnant de ses partenaires. Il y a bien quelques moments de pure virtuosité, comme sur « Donna Lee », mais le titre a été construit pour ça, à l’époque des grands bopeurs, dont Charlie Parker, le meilleur d’entre eux…

Le concert s’ouvre de façon brillante avec « Softly as in The Morning Sunrise », une version de très haut niveau qui conserve l’esprit et la magie de ce titre, né pour être un standard. Plateforme idéale pour que l’interprète puisse y déposer sa signature, s’en emparer et le tirer Jusqu’à lui…

Le jeu de basse de Chris est très profond, il groove et travaille en sous-marin, permettant à Dédé de s’extraire du simple accompagnement et de dialoguer en toute liberté avec Biréli. Cet équilibre à trois fonctionne tout du long et permet à chacun de briller.

Il y a également une reprise du « Nuage » de Django, son titre le plus connu avec « avec Minor Swing »… Il le joue depuis tellement de temps, son enfance certainement, qu’il le maîtrise avec une telle mesure qu’il peut y grimper avec son propre langage, comme on l’entend à la fin de la pièce.

Le titre le plus étonnant est « C’est si bon » quasiment un standard de la variété française offert au monde, un peu comme « Les feuilles mortes » jouée un peu plus tôt. C’est Yves Montand qui le fit connaître, et Louis Armstrong en fit une référence mondiale.

Biréli continue une belle carrière dans les milieux du jazz et son innocence et sa joie suffisent à le rendre assez incontournable. Les trois se régalent, la basse centrale, la batterie au commentaire et Biréli qui tricote. Quand arrive le solo de basse chacun se met au service du soliste pour le supporter et le soutenir…

Après la détente voici la pièce composée par Biréli, « Blues Walk », comme s’il se mettait en avant, dévoilant un nouveau visage, celui du compositeur. La virtuosité encore, dans la perfection comme à l’habitude, mais en conservant la simplicité du blues et des racines essentielles.

Vraiment un bel album à déguster, salué par les spectateurs qui en redemandent !

Softly as in a Morning Sunrise (Live)
Donna Lee (Live)
Autumn Leaves (Live)
Nuages (Live)
C'est si bon (Live)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 8 sept. 2026 02:01

Érik Truffaz – Revisité.jpg
Érik Truffaz – Revisité.jpg (120.11 Kio) Vu 250 fois
Érik Truffaz – Revisité – (2001)

Truffaz, ça mange pas de pain, ça glisse facilement et ça plaît aux pékins qui passent, kelke soit l’âge ou la culture, c’est du prédigéré, avec classe siouplaît, souvent on en redemande et ça se vend bien, et même très, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Blue Note, y sont pas cons, c’est pour ça qu’ils le gardent si longtemps, Érik, c’est inusable avec un rapport qualité/prix, investissement/bénéfice, imbattable sur la durée…

Ici c’est le Truffaz Quartet, avec Truff à la trompette au moins, Marcello Giuliani à la basse, Patrick Muller au piano au moins et Marc Erberetta à la batterie au moins. Et puis il y a les invités, ce sont les vedettes, les nouveautés, c’est sur leur prestation que tout va se jouer, ils sont soigneusement sélectionnés, tous Truffaz-compatibles, c’est là que sont pipés les dés pour un retour gagnant assuré.

Le projet ici c’est de revisiter le matériel déjà existant, et de le faire réinterpréter à la sauce électro. Les invités se succèdent et proposent une nouvelle lecture. La première pièce proposée, « The Dawn part I », est interprétée avec la participation de « Mobile In Motion », c’est-à-dire Christophe Calpini, une connaissance personnelle de Truff qu’il propulse ainsi.

La seconde pièce est toute Davisienne, tellement que c’en est quasi trop, Pierre Audétat est l’invité, et « Less » leur terrain de jeu, on est content de ré-entendre Miles si longtemps après, Audétat est également un vieil ami de Truffaz et, comme on dit dans certains milieux, « tout va quand l’électro va » …

On grimpe un peu en notoriété avec Alex Gopher qui joue sur « Bending New Corners », un titre un peu plus long avec une voix rap qui groove bien, du coup la pièce s’envole et séduit davantage.

L’invité qui suit est une sorte de montagne de la préhistoire, imaginez, Pierre Henry lui-même, cette « Pierre » pourrait être de Rosette, pour ce qui concerne l’électro, vestige de la musique concrète qui joue là son tout premier « remix », pas de sampler mais une belle leçon d’électroacoustique. Il joue sur « More » en trois parties, pour une durée de près de douze minutes.

DJ Goo nous offre une belle version de « Siegfried », ambiance cool toujours, on apprécie, particulièrement Miles qui est caché derrière un rideau, avec le temps, une partie des effets qui sont là ont sans doute pris un petit coup de vieux...

Puis l’excellent Bugge Wesseltoft arrive et met sa « patte » sur « Sweet Mercy », avec personnalité il s’impose pour le meilleur, on est content. Pour finir « Mobile In Motion » revient pour présenter la seconde moitié de « The Dawn Part II », possiblement aussi bonne que la première…

Erik Truffaz - 2001 - Revisité - 01 The Dawn Part 1
Erik Truffaz - 2001 - Revisité - 02 Less
Erik Truffaz - 2001 - Revisité - 04 More
Erik Truffaz - 2001 - Revisité - 06 Sweet Mercy
Erik Truffaz - 2001 - Revisité - 07 The Dawn Part 2
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 9 sept. 2026 03:10

Michael Formanek – Low Profile.jpg
Michael Formanek – Low Profile.jpg (80.97 Kio) Vu 186 fois
Michael Formanek – Low Profile – (1994)

Voici le septième album de Formanek sous son nom, et le voici à la tête d’un merveilleux septet. Le contrebassiste est entouré par Marty Ehrlich à la clarinette, à la clarinette basse, aux saxs alto et soprano, Tim Berne est aux saxs alto et baryton, Dave Douglas à la trompette, Ku-Umba Frank Lacy au trombone, Salvatore Bonafede au piano et Marvin « Smitty » Smith à la batterie.

Alors on pense fort à Mingus, bien sûr, mais le travail sur les arrangements est bien personnel, tout comme les compos, toutes signées par Formanek, qui nous a préparé un album aux petits oignons, à la fois accessible et complexe, le juste équilibre pour séduire…

Il faut dire que Formanek a joué au sein du Mingus Big Band et s’est largement familiarisé avec ce format exigeant, où il a été à bonne école. C’est également un musicien très ouvert qui s’est frotté à toutes sortes d’expériences et de format, on peut affirmer que rien ne lui fait peur en termes de risques, vu sa grande expérience.

Côté solistes c’est également superlatif, que des grands noms, Douglas est souvent mis en vedette et brille quasi naturellement, Tim Berne et Marty Erlich complètent les francs-tireurs auxquels se joint Frank Lacy, somptueux, grand tromboniste s’il en est…

Côtés compos il n’y a aucune faiblesse, on peut taper dans le tas au hasard sans risquer d’être déçu. La pièce « Rivers » a pu séduire davantage, probablement, mais « Great Plains » qui suit est également magnifique, « Shuddawuddacudda » également, pour son énergie et son développement central…

Un album enthousiasmant et réjouissant, avec un Tim Berne très à l’avant et un ensemble au top !

Groogly
Rivers
Great Plains
Shuddawuddacudda
The Storytellers_The Black Rose
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 10 sept. 2026 05:15

John Zorn – The Mysteries.jpg
John Zorn – The Mysteries.jpg (29.23 Kio) Vu 111 fois
John Zorn – The Mysteries – (2013)

Cet album est une sorte de suite au merveilleux « The Gnostic Preludes » qui impressionna tant. On retrouve les mêmes musiciens, ou magiciens, si l’on préfère, Bill Frisell à la guitare, Carol Emanuel à la harpe et Kenny Wollesen au vibraphone et aux cloches.

John Zorn compose, arrange et produit, comme à l’habitude. Ces albums siègent dans la Mystic Série, elle-même sous-groupe de « l’Archival Série », car tout est ordré, dans le monde complexe de John Zorn. Pourtant dans ce monde si régulier, se nichent la plus belle des poésies, la délicatesse jusqu’au plus infime, pour que s’installe une pure sérénité, comme ici, sur cet album…

Tout comme son précédent, duquel il diffère pourtant, il émane de cet album une pure splendeur qui saisit et subjugue, le temps d’un morceau serait déjà merveilleux, mais Zorn n’est pas un ingrat, et nous gratifie d’une longue série de titres qui s’enchaînent sans que rien ne faillisse, comme si un sort avait été lancé…

« Ode to the Cathars » rompt ce charme, il semble un peu plus sombre et plus trouble, la beauté ici s’accommode d’une sorte de noirceur, est-ce la guitare de Bill qui s’affronte à la torpeur béate de Carol Emanuel ?

Quelques effets de larsen s’invitent également sur « Apollo », ainsi « Mysteries » glisse vers l’incertitude et l’inconnu, s’éloignant de la grâce lumineuse qui régnait jusqu’alors…

Le retour de la musique sacrée s’effectue avec « Yaldabaoth » qui renoue avec le cycle des pièces contemplatives qui semblait s’estomper après « Consolamentum » … La dernière pièce « The Nymphes » est également la plus longue, près de onze minutes qui s’écoulent sans même s’en apercevoir.

Ainsi s’achève un très bel album qui se tient haut au milieu d’une chouette série, toute en beauté et délicatesse …

Sacred Oracle
Hymn of the Naassenes
John Zorn: The Mysteries - Dance of Sappho
The Bacchanalia
Consolamentum
Ode to the Cathars
The Nymphs
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 11 sept. 2026 01:40

Ornette Coleman – The Art Of The Improvisers.jpg
Ornette Coleman – The Art Of The Improvisers.jpg (208.64 Kio) Vu 23 fois
Ornette Coleman – The Art Of The Improvisers – (1970)

« The Art Of The Improvisers » est arrivé un peu tard dans la discographie d’Ornette Coleman. En effet il regroupe des enregistrements inédits de la période « Atlantic » d’Ornette, entre cinquante-neuf et soixante et un.

Ce qui représente, très précisément, une ponction de sept à neuf titres inédits, sur une durée de cinq séances d’enregistrements distinctes. Deux titres sont des bonus parus sur certaines éditions, ils s’appellent « Music Always » et « Brings Goodness ».

Côté personnel on retrouve Ornette à l’alto, mais aussi au ténor, en provenance de l’excellent « Ornette On Tenor », il s’agit du très bon titre « Harlem's Manhattan » où l’on entend en outre Jimmy Garrison à la contrebasse et Ed Blackwell à la batterie.

Don Cherry est bien là, au cornet, à la trompette ou à la trompette de poche, dont il jouait alors. Charlie Haden est le contrebassiste le plus présent, aux côtés de d’Ed Blackwell à la batterie, ce qui constitue le quartet le plus régulier de cette période, Billy Higgins est néanmoins présent sur les deux premières pièces ainsi que « Music Always ». A noter que le contrebassiste Scott LaFaro joue également sur la pièce « The Alchemy Of Scott La Faro ».

Mais ce qui compte avant tout ce sont les pièces rassemblées qui semblent faire une belle unité, ce qui peut sembler assez incroyable vu l’origine de chacune d’elles, dispersée dans le temps. C’est qu’Ornette est unique et sa musique immédiatement typée et identifiable.

Chacune possède l’empreinte du maître, dans laquelle on retrouve l’énergie brûlante du be bop, en même temps que l’éclat du free naissant, rien n’échappe à cette identité remarquable, même pas les ballades si reconnaissables avec ce blues traînant qui colle au pied, comme sur le magnifique « Just For You » …

Peut-être que certains auraient hâte de renvoyer ces pièces, issues des titres oubliés et abandonnés, au rang des seconds choix, mais ce serait une erreur, songeons à « Moon Inhabitants » où Ornette surperforme, « The Legend of Bebop » si évocateur, ou « The Circle with a Hole In The Middle » qui fait référence à la pochette, une création picturale d’Ornette…

Disons-le tout net, cet album certes arrivé bien tard est une pure merveille digne du meilleur Coleman des années soixante, je le dis d’autant plus aisément qu’il y avait quelques décennies que je ne m’étais passé cet album entre les oreilles…

The Circle with a Hole in the Middle
Just for You
The Alchemy of Scott Lafaro
Moon Inhabitants
The Legend of Bebop
Harlem's Manhattan
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