Danzik a écrit : ↑mer. 2 sept. 2026 09:45
TWEED 1er (1981).
Rock Mod Power Pop.
Document :
Tweed, Rouen 1981 / Collection : Tweed / Numérisation par David Euthanasie
Tweed est un groupe de Rouen qui, de 1979 à 1990, sous différentes formations, a donné environ quatre vingt concerts un
peu partout en France, a enregistré trois 45t : le premier un autoproduit distribué par SMAP Records, le deuxième autoproduit,
le troisième chez Off The Track/Polydor.
Le groupe vient de la réunion de copains d’enfance. Christophe Cozette et Philippe Canto sont en classe ensemble dès la primaire
en 1969, sur l’Île Lacroix, un quartier « à part » dans
Rouen. Ils s’inscrivent tous deux au club de basket l’année suivante et y
rencontrent Stéphane Savary. Plus tard, en 1975/1976, Christophe se retrouve en 4ème avec Eric Pinson qu’il amène, avec lui,
à s’inscrire au club de basket où il fait la connaissance des deux autres. En 1978, avec peu de moyen (pas d’amplis, des guitares
rafistolées, etc.), le premier quatuor qui donnera
Tweed, et qui répète dans la chambre de Eric, nait peu de temps après,
Stéphane jouant déjà de la guitare (comme Philippe) et apprenant les rudiments de la basse à Christophe et de la batterie à Eric.
Philippe, sans doute moins accroché à la musique telle que l’envisagent ses trois autres amis, quitte ce groupe sans nom, et le
trio ayant acquis du matériel et progressé se baptise The Spectacles avant de changer pour le nom
Tweed ! Pour autant, Philippe
restera éternellement "le 4ème Tweed" dans l’esprit des trois membres du groupe.
Le trio naît mais pas sans être sous des influences totalement assumées, chantant en anglais. Ils sont clairement des Mods qui,
après avoir adoré The Who, The Kinks, The Small Faces et d’autres groupe 60’s, dont les inévitables The Rolling Stones très chers
à Christophe qui arbore depuis toujours une coupe de cheveux dite « à la Brian Jones », découvrent The Jam et ses riffs cinglants,
sa basse mélodique néanmoins pleine d’attaques, et une batterie qui accompagne les deux autres et maintient le rythme soutenu
des premiers opus du trio anglais aux chansons engagées.
Cette « rencontre » avec The Jam n’est pas incongrue du tout. À la fin des années 70, Le Havre et Rouen sont les deux grandes
villes « rock » de France, bercées par toutes les nouveautés anglaises venues de l’autre côté de la Manche. Les disquaires
diffusent plus vite et souvent en première exclusivité les groupes anglo-saxons que le reste de la France attendra encore
quelques mois : les disques ne sortaient pas simultanément dans chaque pays comme maintenant. Les Normands étaient
des privilégiés qui constituèrent les premières « scènes rock », chantant la plupart du temps dans la langue de Shakespeare.
Les deux groupes emblématiques qui se créent dans chacune des villes sont Little Bob Story (1971) et The Dogs (1973)
qui deviendront de véritables « locomotives » drainant derrière eux une scène rock normande foisonnante et diversifiée,
dont fait partie
Tweed. De plus l’identification à The Jam et aux Mods Britanniques, de l’origine au revival de 1979, s’inscrit aussi
dans une logique sociale : les membres de Tweed sont issus d’un milieu modeste, animés de convictions de gauche, comme l’aime
à décrire Pete Townshend dans différentes interviews quand il évoque son personnage de Jimmy, héros de son album concept
Quadrophenia (1973). Cela étant, les textes en anglais de Tweed des débuts n’ont pas la portée sociale et politique de leurs pairs
spirituels : les textes sont plus légers et parfois écrits par la compagne de Stéphane, Marie-Pierre Valentin.
Tweed donne ses premiers concerts et séduit un large public par ses mélodies accrocheuses. La justesse de la voix de Stéphane
et la rage de sa guitare (en open tuning), le duo basse/batterie où, si Christophe s’inscrit plus dans un genre de jeu à la Bruce
Foxton, Eric a des tentations qui frisent avec le jeu de Keith Moon. Les performances scéniques du trio font preuve d’une « pêche
exceptionnelle » ponctuée par des bonds et par des sauts à la The Jam. Le concept global du groupe s’affine et notamment le
« w » de
Tweed est écrit par un « m » renversé, pour les premiers tags et pour certaines affichent qui suivront au cours des
années, renforçant une identité propre : logo et nom sans « the » ou « les » mais un nombref, monosyllabique, et universel.
De ses débuts et de la rapide progression du groupe, s’en suit une presse élogieuse qui intronise
Tweed comme un pilier de la
scène rouennaise et même de la scène normande voire au-delà depuis de nombreux mois : pour preuve une programmation
aux Transmusicales de Rennes en 1981 qui marqua le public présent. Les concerts s’enchaînent, notamment dans la salle mythique
rouennaisequ’est le Studio 44 (futur EXO 7), comprenant des premières parties parfois prestigieuses (exemple The Troggs) qui
permettent au trio de jouer devant des milliers de personnes.
Toute fin 1980,
Tweed joue dans la banlieue d’Evreux et ce concert sera d’une grande importance pour
les groupes en présence. La réputation de Tweed ayant atteint Paris, les Mods Parisiens sont venus en force découvrir ce groupe
et y ont instauré une ambiance assez unique tant la performance du trio chauffait la salle. Parmi ces Mods parisiens, un certain
Pierre Parent plus connu dans le monde underground de la capitale et chez tous les Mods de France par son surnom, « Weller »,
jouera d’ici peu un rôle déterminant pour le groupe de Rouen. Pas en reste, le groupe suivant, et local, Back C, n’a pas dépareillé
et au contraire a poursuivi à enflammer le public. Ce groupe, très influencé par The Who et The Kinks, changera de nom à l’initiative
de son leader/guitariste/chanteur, François Pandolfi, pour se renommer The Roadrunners ! Frandol vit depuis longtemps à Paris
après une carrière internationale bien méritée de son combo.
La presse locale comme nationale, notamment au travers d’un article élogieux dans le magazine Best, en novembre 1980, signé
Michel Embarek, encense
Tweed. En conséquence de quoi le groupe est approché par le label rouennais, SMAP Records, ce qui
aboutit à l’enregistrement autoproduit et la sortie début 1982 d’un 45t trois titres (Fashion, I Need You, Hanted Castle), distribué
par SMAP Records, très bien accueilli par le public.
Tweed poursuit sa vie de groupe, de répétitions en concerts, la plupart du
temps à Rouen et ses environs quand ils sont contactés par « Weller » au début de 1983. Une Modette Parisienne se trouve être
la fille du fondateur et associé du Gibus, a demandé à Weller de contacté le trio rouennais pour tenter de les faire jouer à Paris
dans cette célèbre boîte rock qui a vu sur sa scène Led Zeppelin à ses débuts, Motörhead,Squeeze, The Clash, The Inmates, Siouxie
and The Banshees, etc. ou plus récemment, à l’époque, un groupe nommé The Police, du temps de la formation avec le guitariste
Français, Henry Padovani. C’est de ce concert à Paris que Sting trouvera l’inspiration pour sa chanson« Roxanne ».
Weller a donc contacté
Tweed, obtient un 45t SMAP Records à transmettre à Jiri Smetana, le programmateur du Gibus.
Ce dernier adore le disque et connaissait le groupe de réputation par voie de presse ; sans problème deux dates consécutives
de programmation sont fixées les vendredi 1er et samedi 2 avril 1983, les trois Rouennais travaillant tous et ne pouvant se
déplacer à Paris qu’en fin de semaine.
"
Indéniablement, cette formation à trois est de toute l’histoire du groupe Tweed la plus marquante et celle qui reste réellement
gravée dans les mémoires. Le 45t trois titres a quasiment fait le tour de la planète
, se retrouvant sur des cassettes
plus ou moins pirates anglo-saxonnes, circulant sur plusieurs continents. Tout d’abord sur un vinyle en Angleterre.
Un des trois titres figurent sur une compilation US sortie bien des années après. La pochette du 45t a été reprise
pour pochette d’une de ces compilations. D’autres vinyles plus ou moins officiels comprennent souvent « Fashion »,
sans que jamais SMAP Records n’ait été mis au courant ni même le groupe qui n’a jamais touché un seul droit d’auteur.
Mais la réputation de Tweed a littéralement crevé les frontières de l’hexagone, a traversé des océans, le tout grâce essentiellement
au « réseau Mod mondial », Tweed apparaissant comme le plus grand groupe Mod français aux yeux des Mods du revival du Monde
entier, par son talent indéniable qui n’avait pas non plus laissé Jiri Smetana insensible, mais aussi parce que les titres étaient chantés
en anglais contrairement aux opus des autres groupes Mods de la scène française comme Bikini (à Paris) ou Floo Flash (à Lyon) ou
Les Lords (à Caen). Avec le départ de Stéphane au début de l’été 1983, c’est une page du groupe qui se tourne définitivement."
Extrait ci-dessus du superbe article paru sur :
Euthanasie pour les vieux rockers :
https://archivesdupunkenfrance.univ-tou ... /01/tweed/
TWEED :
Stéphane Savary (guitar, vocals),
Christophe Cozette (bass),
Eric Pinson (drums)
EP (1981) Smap Records - SM 4502 / Scans de mon exemplaire.
On peu se targuer d'avoir quelques excellents singles parus dans l'hexagone fin des 70's, dans les 80's, 90's et
+, devenus
cultes au fil des décennies, pour certains à l'intant
T de leurs parutions (plus rare tout de même !) : nous pourrions en citer
de nombreux par rapport à nos goûts bien évidemment même si cela a déjà été fait en long et en large sur ce forum depuis
des lustres, en particulier dans certains sujets ciblés ou spécifiques : peu importe que le chant soit en anglais ou en français,
pas d'œillère ici et dès le début du topic
Curiosités Vinyles, c'est simplement avoir l'esprit d'ouverture !
Comme le 1er
Dogs, EP (1978) sur M.M. de Rouen, les deux 1er SP de
Bijou (1977), le EP des
Olivensteins (1978) de Rouen,
le EP de
Les Gloires Locales (1980) de Rouen, le EP de
Les Perfects (1983), le 1er EP de
Les Plays Boys (1982) de Nice,
Le SP de
Les Perfusions (2012) Angers, Le EP de
Les Soucoupes Violentes (1984) de Paris, le SP de
Les Stilettos (1980)
de Bordeaux, le 1er SP de
Ox (1980) du Havre, le EP de
Les Bandits (1983) de Nice, comme je suis un peu chauvin...
dans le
44 
, le SP de
Cambouis (1976), le SP de
Mickeynstein (1980)... et bien sur tant d'autres dans l'hexagone !
Je parle uniquement de 45 tours, qui nous ont scotchés à la première écoute !
Cet unique vinyle du superbe groupe
Tweed a 45 ans, et rentre peut être dans cette catégorie (?) : à vous d'en décider !
Mon petit texte ci-dessus est fait sans l'aide de l'IA...
Bonne écoute et découverte à vous.