J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 20 sept. 2026 02:19

Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua.jpg
Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua.jpg (94.11 Kio) Vu 1790 fois
Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua – (2014)

Quand on part à l’aventure vers des terres inconnues ou des espaces peu fréquentés, il faut bien l’avouer : on n’est pas à l’abri d’une très, très belle surprise, c’est ce qui m’est arrivé avec cet album terrible !

C’est sûr il y a Tony Malaby, je le connais très peu, sinon au travers de « The Cave of Winds » dont je vous ai parlé en novembre deux mille vingt-quatre, un album foutrement bon, de ceux qui donnent l’envie de persévérer, et puis le temps passe et l’oubli s’installe… jusqu’à ce qu’une opportunité de hasard se manifeste…

Celle-ci se nomme « Somos Agua », avec deux géants, l’un très connu, le contrebassiste William Parker et l’autre moins, le batteur Nasheet Waits, absolument excellent sur cet album où il brille de mille feux, à l’image de ses deux partenaires, les trois sont tout simplement éblouissants.

Sept pièces sont interprétées, dont la dernière, signée des trois, qui semble improvisée, c’est le morceau-titre, « Samos Agua ». Les autres pièces sont signées du leader, Tony Malaby, qui joue soit du soprano, soit du ténor. Il frappe fort dès le morceau d’entrée, « Mule Skinner » qui va bien.

« Lorretto » qui suit aspire à la mélancolie, quant à « *matik-matik* » c’est une des belles pièces de l’album, particulièrement réussie, tout comme « Can’t find you » qui réserve lui aussi une montée progressive comme on les aime… De quoi satisfaire les plus exigeants.

Je n’insiste pas sur la qualité de ces musiciens, c’est une démonstration de bout en bout, les trois sont tout simplement exceptionnels, plein d’inventions, d’à propos, de surprises et de subtilités sans jamais lever le pied…

Mule Skinner
*matik-Matik*
Bitter Dream - Tony Malaby's Tamarindo Trio
Can't Find You...
Somos Agua
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 21 sept. 2026 01:00

John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem.jpg
John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem.jpg (28.63 Kio) Vu 1750 fois
John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem – (2024)

Et voici le douzième volet des performances de John Zorn à l’orgue, actuellement avant-dernier volume de la série « The Hermetic Organ », avec une livrée rose, il se nomme « The Bosch Requiem », en hommage au célèbre peintre néerlandais, Jérôme Bosch.

La performance a donc été réalisée aux Pays-Pas, les trois et quatre novembre deux mille vingt-trois à la « Grote Kerk (Grande Eglise) » de Bois-le-Duc à Hertogenbosch, la ville qui vit naître le peintre. Ce qui est surprenant ici, c’est que Zorn disposait lors de cette performance de deux orgues à tuyaux.

Cette particularité l’obligeait donc à utiliser des poids pour maintenir enfoncée la « pédale de sustain », tout en passant d'un orgue à l'autre, ce qui lui permettait de prolonger la ou les notes qui étaient jouées.

Deux pièces sont jouées sur cet album, la, première partie se nomme « Crossing The River Styx », elle dure environ dix-sept minutes et se présente à Zorn comme une sorte de « test » où il explore les capacités de l’orgue, ainsi il fait des allers-retours entre les deux instruments, on l’entend même se parler à voix haute à lui-même, nul doute qu’il soit ensorcelé par les lieux !

Il faut dire que la thématique est très luciférienne, puisque les pièces jouées décrivent un passage, ou un voyage, à travers les enfers. Les deux parties interprétées sont donc complémentaires, mais la surprise provient de la partie deux, « A Pilgrimage Through Hell » qui dépasse les vingt-neuf minutes et où Zorn fait appel à un assistant.

Cet homme n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit de l’excellent John Medeski, assistant de luxe, pourrait-on dire. Cette seconde partie est jouée le lendemain, cette fois-ci devant un public, mais l’ordonnance des lieux fit que Medeski n’était pas visible par les spectateurs, ce qui fit que ces derniers furent surpris d’entendre un tel déferlement venant d’un seul homme, jusqu’à ce qu’enfin Medeski se révèle, son rôle était d’éviter à Zorn de courir sans cesse d’un orgue à l’autre.

Inutile de préciser que ce « voyage aux enfers » n’est pas forcément des plus confortables, on peut même le trouver à certains moments gênant ou malaisant, n’épargnant en rien les spectateurs présents. Ça reste cependant évidemment très écoutable, le mieux est de jouer le jeu et de bien se concentrer sur la musique proposée.

Part One: Crossing the River Styx
Part Two: A Pilgrimage Through Hell
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 22 sept. 2026 01:23

Ryan Porter – The Optimist.jpg
Ryan Porter – The Optimist.jpg (130.16 Kio) Vu 1707 fois
Ryan Porter – The Optimist – (2018)

J’ai chopé un concert à la TV il y a bien longtemps, Ryan Porter était le leader et ça jouait vraiment bien, il y avait un gars à l’arrière qui restait vraiment très discret et qui brillait à l’heure des solos, c’était un certain Kamasi Washington qui allumait des flammes, mine de rien. Ça m’a donné l’envie d’en entendre davantage.

Mais les albums étaient chers, pas trop dispo, toutefois je gardais l’info dans un coin encore intacte de mon crâne délabré, et quand l’occasion se fit, je m’enquérais de cet album. A l’intérieur Ryan explique que ces sessions sont restées en carton une bonne dizaine d’années, l’album est paru en deux mille dix-huit, faites vos calculs…

Ce sont donc des œuvres de jeunesse qui réunissent ce qui deviendra la fine fleur de L.A., en voici la liste : Kamasi Washington au saxophone ténor, Miles Mosley ou Edward Livingston à la contrebasse, Cameron Graves au piano et au Fender Rhodes, Tony Austin ou Aaron Haggerty à la batterie, Jumaane Smith à la trompette, Brandon Coleman au Fender Rhodes, Dominic Therioux à la basse électrique, et bien sûr Ryan Porter au trombone.

A l’époque ils jouaient dans « la cabane », c’était en sous-sol, dans la maison de Kamasi, chez ses parents, près de l’aéroport de L.A., tous les quarts d’heures un avion passait qui obligeait à arrêter les bandes. Il fallait également fermer les fenêtres, il faisait très chaud à l’intérieur et les odeurs étaient fortes, quand l’enregistrement était terminé, Ryan avait l’habitude de dire : « ça sent la vieille chaussette ! ».

Ce sont ces bandes qui figurent ici, avec un son tout à fait excellent, alors la musique est évidemment bien sympa, mais dans un style plutôt hardbop et conventionnel, peu d’envolées free, l’ensemble est carrément sage mais très agréable, Ryan et Kamasi jouent sur toutes les pièces, Cameron Graves joue beaucoup également, ainsi que Miles Mosley, ça tourne davantage côté batterie…

Ah, oui, Kamasi est en grande forme ! Le Cd est double et pèse plus d’une heure quarante, de quoi faire…

The Psalmist
Strugglesville
Déjà Vu
Anaya
Chocolate Nuisance
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 23 sept. 2026 02:33

Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls!.jpg
Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls!.jpg (226.52 Kio) Vu 1657 fois
Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls! – (2026)

Voici le troisième album du Paal Nilssen-Love Circus avec les guitaristes de The Ex. Je n’ai pas écouté le premier « Pairs Of Three », mais il ressemble à une bonne adresse, je vous ai déjà présenté le second tout à fait excellent et recommandable et voici donc le troisième volet.

La formation est issue du fameux « Large Unit », encore une référence incontournable, le personnel est un peu nombreux, on note évidemment ceux de The Ex : Terrie Hessels, Andy Moor et Arnold de Boer aux guitares, pas sur toutes les pièces mais celles enregistrées à « l’Electric Monkey Studio » d’Amsterdam, c’est-à-dire « Pussy Pussy Cha-Cha », « Calls : Let They Free » et « I Should Be So Lucky ».

Juliana Venter chante plutôt dans un registre rock bien déjanté, perso, j’apprécie, elle a participé également à l’écriture de deux textes. Cette orientation « rock » tend à colorer cet album assez fortement et à lui ouvrir un public extra-jazz qui pourrait bien apprécier ce qui lui est proposé.

On pense également à « Song For Joe » qui semble plonger dans le répertoire presque folk et traditionnel, style musique irlandaise. Mais le « Circus » c’est aussi Thomas Johansson à la trompette, Signe Emmeluth au saxophone alto et à la flûte, Kalle Moberg à l'accordéon, Christian Meaas Svendsen à la basse et, bien sûr, Nilssen-Love à la batterie ainsi qu’à l’écriture où il se révèle très efficace.

Après l’excellent « Eg Såg » qui ouvre l’album de façon énigmatique, le funk-jazz de « Pussy Pussy Cha-Cha » régale et rafle la mise, avec les gars de The Ex qui envoient sévère. On ne cède rien avec « Calls : Let They Free » absolument ravageur qui nous rappelle le passé punk de certains…

« Nazaré » qui suit nous envoie au Brésil secteur nord-est, c’est une adaptation bien sentie du titre écrit par Mestre Barachinha, ça disjoncte bien car cet album est fou-fou… « I Should Be So Lucky » s’inscrit dans ce même esprit, c’est une reprise des Stretchheads, groupe britannique méconnu dont Nilssen-Love est fan !

Eg Såg
Pussy Pussy Cha-Cha
Calls: Let They Free!
Nazaré
I should be so Lucky
Song for Joe
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2026 03:45

Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg
Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg (190.95 Kio) Vu 1604 fois
Bill Frisell – Guitar In The Space Age! – (2014)

En fait, pour tout dire tout en résumant, cet album est un disque de vieilleries des années cinquante ou soixante, réinterprétées par le quartet de Frisell réuni en deux mille quatorze.

Frisou joue de la gratte électrique, Greg Leisz idem mais aussi de la pedal steel, Tony Scherr joue de la basse et de la guitare acoustique sur « Rebel Rouser », et enfin Kenny Wollesen est à la batterie, aux percus et au vibraphone…

Il y a bien deux titres de Frisell deux mille quatorze qui se glissent dans le lot, « The Shortest day » et « Lift Off », mais pour le reste c’est du certifié d’époque avec des Hits du passé qui reviennent et subissent une relecture actualisée, tout en gardant la signature d’antan, et le charme qui va avec.

Ainsi on ouvre avec le merveilleux « Pipeline », puis une relecture de « Turn, Turn, Turn » du vieux Pete Seeger, qui ressuscite la version des Byrds, et un « Surfer Girl » de Brian Wilson, « Telstar » qui ferme la marche, souvent des pièces un poil oubliées dont le souvenir remonte rapidement et gratouille le cerveau, là où sont stockés les frissons d’antan, juste dans le cortex préfrontal médial, derrière le front, oui, là, à la croisée des deux hémisphères…

Et puis il y a ces trucs qu’on semble ne pas connaître, enfin moi, comme « Cannonball Rag » de Merle Travis ou « Reflections from the Moon » de Speedy West, et ceux qui sont signés de musiciens connus, mais aux accents incertains, comme des pièces de Lee Hazlewood, Link Wray, Ray Davis ou Jimmy Bryant.

Bref l’essentiel est de goûter à la résurrection du surf, de la country, du rock’n roll mâtiné de blues, et de la pop, de quoi se réjouir, particulièrement de la saveur toute spéciale des deux guitares qui se mélangent ici avec bonheur et délice.

Le format général tourne autour des trois minutes où tout est dit, intro développement et conclusion, avec un pont ou un break, une mélodie qui va et charme, un riff qui gratte et secoue.

La lecture ici essentiellement jazz, s’encanaille gentiment, et deux titres autorisent de plus longs développements, « pipeline » et « Tired of Waiting for you » qui démontrent que rien n’est contraint.

Pipeline
Turn, Turn, Turn
Messin' with the Kid
Guitar In The Space Age! Surfer Girl
Tired of Waiting for You
Telstar
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par gabuzomeuzomeu » jeu. 24 sept. 2026 06:38

Douglas a écrit : ↑
jeu. 24 sept. 2026 03:45
Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg

Bill Frisell – Guitar In The Space Age! – (2014)

En fait, pour tout dire tout en résumant, cet album est un disque de vieilleries des années cinquante ou soixante, réinterprétées par le quartet de Frisell réuni en deux mille quatorze.

Frisou joue de la gratte électrique, Greg Leisz idem mais aussi de la pedal steel, Tony Scherr joue de la basse et de la guitare acoustique sur « Rebel Rouser », et enfin Kenny Wollesen est à la batterie, aux percus et au vibraphone…

Il y a bien deux titres de Frisell deux mille quatorze qui se glissent dans le lot, « The Shortest day » et « Lift Off », mais pour le reste c’est du certifié d’époque avec des Hits du passé qui reviennent et subissent une relecture actualisée, tout en gardant la signature d’antan, et le charme qui va avec.

Ainsi on ouvre avec le merveilleux « Pipeline », puis une relecture de « Turn, Turn, Turn » du vieux Pete Seeger, qui ressuscite la version des Byrds, et un « Surfer Girl » de Brian Wilson, « Telstar » qui ferme la marche, souvent des pièces un poil oubliées dont le souvenir remonte rapidement et gratouille le cerveau, là où sont stockés les frissons d’antan, juste dans le cortex préfrontal médial, derrière le front, oui, là, à la croisée des deux hémisphères…

Et puis il y a ces trucs qu’on semble ne pas connaître, enfin moi, comme « Cannonball Rag » de Merle Travis ou « Reflections from the Moon » de Speedy West, et ceux qui sont signés de musiciens connus, mais aux accents incertains, comme des pièces de Lee Hazlewood, Link Wray, Ray Davis ou Jimmy Bryant.

Bref l’essentiel est de goûter à la résurrection du surf, de la country, du rock’n roll mâtiné de blues, et de la pop, de quoi se réjouir, particulièrement de la saveur toute spéciale des deux guitares qui se mélangent ici avec bonheur et délice.

Le format général tourne autour des trois minutes où tout est dit, intro développement et conclusion, avec un pont ou un break, une mélodie qui va et charme, un riff qui gratte et secoue.

La lecture ici essentiellement jazz, s’encanaille gentiment, et deux titres autorisent de plus longs développements, « pipeline » et « Tired of Waiting for you » qui démontrent que rien n’est contraint.

Pipeline
Turn, Turn, Turn
Messin' with the Kid
Guitar In The Space Age! Surfer Girl
Tired of Waiting for You
Telstar
Bien résumé :super:
Album ainsi que d'autres du Frisotté se trouvant sur mes rayonnages.
Grand guitariste le gars et une bonne inventivité pour reprendre tous ces standards !
Toujours un bon moment à passer avec ce guitariste discret et qui a bossé avec des pointures !
L'humour est le seul vaccin contre la connerie… Le con lui n’a jamais trouvé la pharmacie ! (Aphorismes et Blues - Pierre Perret 2020)

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2026 15:16

gabuzomeuzomeu a écrit : ↑
jeu. 24 sept. 2026 06:38

Bien résumé :super:
Album ainsi que d'autres du Frisotté se trouvant sur mes rayonnages.
Grand guitariste le gars et une bonne inventivité pour reprendre tous ces standards !
Toujours un bon moment à passer avec ce guitariste discret et qui a bossé avec des pointures !
Ah! Oui, il est fort et discret comme tu l'indiques, j'ai vu une fois à la TV, il y a quelques années, une retransmission de concert où il jouait, accompagné, des titres de John Lennon, mais ça allait décidément trop vite pour moi, je me croyais fort en "John Lennon" que j'ai beaucoup écouté, mais je n'ai quasi rien reconnu tellement il brodait et s'envolait^^

C'était néanmoins très beau!
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 25 sept. 2026 01:11

Richard Bohringer, Jean-Jacques Milteau, Manu Galvin – Léo Découvre Le Blues.jpg
Richard Bohringer, Jean-Jacques Milteau, Manu Galvin – Léo Découvre Le Blues.jpg (60.67 Kio) Vu 1506 fois
Richard Bohringer, Jean-Jacques Milteau, Manu Galvin – Léo Découvre Le Blues – (1997)

Ce « livre-Cd » est paru en quatre-vingt-dix-sept, sans doute à l’intention des plus jeunes, il a l’air, comme ça, d’un livre à destination des enfants, c’est l’histoire d’un gosse, Léo, qui découvre l’histoire du blues à travers les Etats-Unis, du Mississipi à Chicago. Il se trouve que son grand-père Léopold était un acteur assez connu de cette aventure…

Je dois dire que c’est vraiment sympa et que j’ai passé un moment agréable en compagnie de cet ouvrage. Le Cd raconte cette histoire et c’est Richard Bohringer le conteur, on peut soit écouter l’histoire, soit la lire, soit faire les deux en même temps, mon option.

C’est vraiment très chouette, me suis pas ennuyé et me suis laissé aller dans ce voyage particulièrement bien conçu, on est transporté dans l’espace, en rencontrant des figures qui personnifient bien l’atmosphère blues, et des tas d’anecdotes sympas illustrent ce monde si particulier, à la fois fascinant et déchirant.

Christine Mulard, Patrick Raynal et Jean-Jacques Milteau sont les concepteurs du projet, chacun avec un rôle particulier. J’ai vu une fois l’harmoniciste Milteau en première partie d’un concert de Calvin Russell. Il était presqu’ autant conteur que musicien et aimait embarquer son public avec ses mots, dans un imaginaire particulier. Calvin Russell lui était un excellent guitariste-chanteur de blues, ainsi qu’un amateur éclairé de « Jack Daniel's » !

C’est paru aux Editions fabuleuses du « Chant du Monde », un label toujours à découvrir, à noter que les illustrations de Jean-Michel Nicollet sont très réussies. Une petite anecdote ponctionnée dans le livre qui va précisément bien avec la chanson « Crossroads » que chantait Calvin Russell :

« Quand il a eu dix-neuf ans, le Fox a fait son baluchon et est parti sans prévenir personne. Il m’a raconté qu’il avait pris sa décision au croisement des routes, le fameux « crossroads », la croisée des chemins où on choisit sa destinée. La légende dit que certains soirs, le diable y offrait le génie du blues au musicien errant, en échange de son âme. »

Mention particulière au franco-sénégalais Bohringer, que j’aime.

A la fin du livre quelques conseils d’écoute :

Big Bill Broonzy / Black Brown & White
Buddy Guy / A man & The blues
John Lee Hooker / Boogie Chillun
Lightnin’ hopkins / hello Central
Howlin’ Wolf / Smokestrack Lightin’
Robert Johnson / Terraplane Blues
B.B. King / Why I sing the blues
Leadbelly / Midnight Special
Muddy Waters / I’m Ready
Bessie Smith / Empty bed blues
Sonny Terry / Lost John
Sonny Boy Williamson / Mr Downchild

Calvin Russell - Crossroads (la chanson que l'on comprend sans maîtriser la langue...)
Buddy Guy / A man & The blues
Lightnin' Hopkins - Hello Central
Empty Bed Blues - Bessie Smith (1928)
Leadbelly - Midnight special Lyrics
Blind Sonny Terry - Old Lost John
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 26 sept. 2026 03:13

Evans, fernandez, gustafsson Kopros Lithos.jpg
Evans, fernandez, gustafsson Kopros Lithos.jpg (138.69 Kio) Vu 1436 fois
Evans / Fernández / Gustafsson – Kopros Lithos – (2011)

Peter Evans est le trompettiste, Agusti Fernández le pianiste et Mats Gustafsson le souffleur tantôt dans le sax baryton, et, autrement, dans le flûtophone alto. L’enregistrement s’est déroulé au « Dragon Club » de Poznan, en Pologne, le neuf décembre deux mille neuf.

Il faut bien en venir au fait, aussi désagréable que cela apparaisse, l’album se nomme « Kopros Lithos », ce qui signifie quelque chose, comme « excrément fossilisé ». Cette lubie, heureusement passagère, est, par bonheur, libérée des effets odorants, ce qui n’a pas de prix.

C’est en mille neuf cent soixante et un que l’artiste plasticien Piero Manzoni se lança dans le projet de déposer en boîte ses propres excréments, dans un geste artistique dont chacun appréciera l’audace, en même temps que l’hommage à la virgule, bien que ceci restât tout de même à la portée de chacun, pourvu que le système des canalisations fonctionne bien.

Par une sorte d’aberration délirante il y a une suite à cette affaire, quatre-vingt-dix boîtes ont été ainsi produites et numérotées, et, en l’année deux mille sept, une d’entre elle fût présentée à une vente aux enchères, et son prix atteignit la somme modique de cent vingt-quatre mille euros, on le sait « l’argent n’a pas d’odeur », félicitons l’heureux possesseur de cette belle merde !

A ce stade il faut se triturer un peu les neurones et concevoir que cette œuvre musicale fait référence aux nobles déjections fossilisées des dinosaures, ce qui ouvre de nouveaux horizons. Alors forcément, tout est improvisation, parfois limite noise et circonvolutions intestinales, de quoi surprendre et étonner, voire même fasciner, si on s’intéresse aux voies empruntées.

Nous sommes donc dans de l’inédit, du neuf, du cru et du brut ! Peter Evans est absolument remarquable à ce jeu, il sort de son instrument des trucs étonnants et son apport est tout simplement incroyable, Gustafsson semble un partenaire au niveau, même si parfois il est un peu à la traîne, c’est Agusti Fernández qui fait le lien et solidifie l’affaire, sans que jamais on ne tombe dans la caricature ou la scatologie.

You Displaced Me by Your Singing.
My Ears were Ringing!
My Fingers were Glue
As each Note Rang True
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 27 sept. 2026 00:56

Jaruzelski's Dream – Jazz Gawronski.jpg
Jaruzelski's Dream – Jazz Gawronski.jpg (117.38 Kio) Vu 1360 fois
Jaruzelski's Dream – Jazz Gawronski – (2010)

C’est évidemment la pochette de cet album qui peut étonner ou surprendre. Voici le portrait du dernier dépositaire communiste en fonction en Pologne à l’honneur. Jaruzelski portait en lui toutes les horreurs du communisme passées, je me souviens pourtant que, paradoxalement, je ne pouvais le regarder sans me dire que sa seule présence justifiait que son puissant voisin ne franchisse pas la frontière…

Malgré toutes les références à la Pologne d’alors que l’on trouve sur les titres de cet album, « Jaruzelski's Dream » est bien une formation italienne ! Piero Bittolo Bon est le saxophoniste alto, Stefano Senni le contrebassiste et Francesco Cusa le batteur, un trio donc.

Aucun n’est une véritable vedette dans le monde du jazz, mais pourtant chacun des trois possède des cartes de visite remarquables, incluant de grands noms du jazz contemporain, je ne m’étale pas trop sur ce sujet, mais la galerie serait très large et très fournie.

La musique proposée est plutôt dans un genre copieux, autour de soixante-quinze minutes, pour une douzaine de titres, presque tous en rapport avec la Pologne, comme « Soulidarnosc » et le souvenir de Lech Wałęsa, ou « Polonium 210 » dont le nom provient d’une matière radioactive découverte en ce pays, et bien sûr « Mori Mari Curi ». On devine également une autre personnalité à travers le titre « Pimpin’ The papamobile » …

Il y a également un titre aux références italiennes, avec « Maria Goretti Contro Tutti » qui rappelle le souvenir d’une jeune italienne de onze ans, décédée en mille neuf cent deux, violée et devenue célèbre pour sa défense de la pureté, ainsi que pour le pardon qu’elle accorda à son agresseur. Le titre est beau et tranche avec l’humour parfois un peu décalé que l’on ressent sur l’album.

Parmi les autres titres saillants on remarque le titre d’ouverture, « The Mastella Variations », l’excellent « Sei Forte Papa » ou « Swiatoslaw » ou encore « Goose Cat Well », mais l’ensemble se tient bien et offre une belle variété d’écoute et de style, flirtant parfois avec le rock ou l’inspiration punk que l’on pourrait déceler sur « Zibibboniek ».

Un album attachant et franchement bien foutu autour du controversé Jaruzelski.

The Mastella Variations
Swiatoslaw
Pimpin' The Papamobile
Zibibboniek
Soulidarnosc
Polonium 210
Maria Goretti Contro Tutti
Sei Forte Papa
Goose Cat Well
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 28 sept. 2026 02:36

Large Unit, Fendika – Ethiobraz.jpg
Large Unit, Fendika – Ethiobraz.jpg (196.53 Kio) Vu 1278 fois
Large Unit, Fendika – Ethiobraz – (2019)

Voici un album qui pourrait figurer ce qu’est un album de rencontres bien réussi. Il est toutefois difficile de s’appesantir sur chaque musicien individuellement tellement ils sont nombreux.

Le « Large Unit Big Band» tout d’abord, regroupement jazz avec de nombreux éléments, mené par le batteur norvégien Paal Nilssen-Love qui produit et diffuse cet album. Il y a également des représentants de l’Ethiojazz, avec l’ensemble de musique et de danse « Fendika », que dirige Melaku Belay, il y a aussi un rassemblement de percussionnistes brésiliens, ainsi que le guitariste Terry Ex, issu du groupe hollandais « The Ex », à l’avant, particulièrement sur le titre éthiopien « Shellele », carrément tubesque.

Ils sont donc sur scène plus d’une vingtaine, j’en compte vingt-trois apparemment, réunis dans une performance « live at the Molde International Jazz Festival » en juillet deux mille dix-huit, sur les terres de Nielssen-Love. La fusion culturelle qui s’opère est donc inédite et plutôt bien réussie si l’on considère le défi.

Le titre d’ouverture est placé sous le signe de l’Ethio-Jazz, et la dernière piste « Tezeta » également, une reprise que connaissent bien les amateurs de la série des « Ethiopiques », mais on pourrait également citer « Anbessa » ou « Gue ».

Les chants, souvent envoûtants, sont placés sous le signe de voix féminines, particulièrement celle de Nardos Tesfaye, supportées par les balancements des rythmes brésiliens et du touche à tout Nielssen-Love qui assure à l’arrière les relances avec la batterie.

Plus d’une heure de concert nous est proposée, musique plutôt légère et dansante, réchauffée aux rythmes sud-américains, avec ce zeste de free jazz qui va et la guitare rock de Terry Ex…

Un chouette album pour se remuer…

Zelesegna
Fluku
Shellele
Capoeira Mata Um
Anbessa
Gue
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 29 sept. 2026 02:15

Tim Berne – Tim Berne's Fractured Fairy Tales.jpg
Tim Berne – Tim Berne's Fractured Fairy Tales.jpg (51.03 Kio) Vu 1208 fois
Tim Berne – Tim Berne's Fractured Fairy Tales – (1989)

Cette version est celle parue en deux mille-trois, remasterisée par le label Winter & Winter, en même temps que d’autres albums de Tim Berne. Il se trouve que cet album est particulièrement réussi, parfois même impressionnant.

Il y a un peu de monde sur cet album, et certains jouent d’instruments peu ou pas connus, mais les musiciens sont énormes et le résultat magnifique. Mark Dresser est à la contrebasse, au « giffus » et au « bungy ». Tim joue du sax alto, Herb Robertson joue de la trompette et du cornet, mais aussi du « laryngeal crowbar » …

Marc Feldman est au violon, baryton ou non, Hank Roberts au violoncelle ainsi qu’à une version électronique de cet instrument, le batteur Joey baron est également présent, il joue également du « shacktronics » … Tim Berne a tout composé seul, sauf le titre d’ouverture « Now Then » qu’il co-signe avec Mark Dresser.

On entend d’emblée une très grande maîtrise, c’est extrêmement efficace et me rappelle l’impressionnant équilibre musical d’un Henry Threadgill, on le voit on se situe ici dans le haut du panier !

Les compos sont au nombre de six, « Lightnin' Bug Bouté » ne dure que quelques secondes, mais « Evolution Of A Pearl » près de vingt minutes, un grand contraste ici, mais tout se justifie dans l’écoute de l’œuvre, qui dépasse les cinquante-cinq minutes dans sa totalité.

Impossible d’extraire un musicien dans cette perfection généralisée, on glisse des parties écrites vers des solos souvent impressionnants, mais rien de stupéfiant vu la carrure des musicos ici rassemblés, la seule question qui se pose est celle-ci : « Comment se fait-il que je découvre cette œuvre aussi tard ? » Il est certain que ça donne envie de creuser davantage… On peut également remarquer qu’il existe tout de même cinq éditions de l’œuvre, l’album a donc connu un succès certain.

Bon, maintenant Tim Berne n’est pas un inconnu, c’est un nom que l’on retrouve dans nombre d’enregistrements et un musicien salué par tous. Je vous avais parlé de son album « Poisoned Minds: The Paris Concert 2 » et de « Diminutive Mysteries (Mostly Hemphill) ». Il est souvent cité parmi les grands jazzmen contemporains, à l’égal d’un Dunmall, d’un Vandermark ou d’un Gustafsson pour n’en citer que trois !

Tim Berne - Tim Berne's Fractured Fairy Tales (1989) [Full Album]
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 30 sept. 2026 01:47

Tony Malaby's Apparitions – Voladores.jpg
Tony Malaby's Apparitions – Voladores.jpg (85.73 Kio) Vu 1139 fois
Tony Malaby's Apparitions – Voladores – (2009)

Un peu au-dessus j’ai évoqué le saxophoniste soprano et ténor Tony Malaby et son album « Somos Agua » de deux mille quatorze, celui-ci est bien plus ancien mais tout aussi passionnant, avec une originalité dans la mise en place, avec le choix de présenter deux batteurs.

A ce propos Malaby a déclaré : « Lorsque j’ai joué à plusieurs reprises avec deux batteurs j’ai adoré l'expérience : c'est comme s'installer dans le canapé le plus confortable ou prendre un bain chaud, on se laisse simplement envelopper par ce son et on s'y abandonne. »

C’est Drew Gress à la contrebasse qui fait le lien et le liant entre le saxophoniste et les batteurs, Tom Rainey et John Hollenbeck. Ce dernier est également percussionniste, il joue du marimba, du vibraphone, du xylophone, du glockenspiel, et utilise même le mélodica et quelques instruments de cuisine. Ce faisant il apporte plein de nouvelles couleurs aux compositions, déflorant une variété immense qui enrichit le spectre musical.

Il y a tout de même onze compos dont certaines plutôt courtes, mais pas moins intéressantes. On remarque d’emblée une version magistrale du « Homogenous Emotions » d’Ornette Coleman qui ouvre de façon impeccable l’album, avec une densité incroyable où se profile déjà l’ombre de Coltrane…

La plupart des autres compositions sont signées par Tony Malaby, sauf trois qui sont des improvisations totales à quatre musiciens, « Can’t Sleep », « Are You Sure ? » et « YeSsssssss ». Ainsi se conjugue la diversité du jazz au travers d’approches différentes et légitimes.

L’improvisation est en effet un ingrédient nécessaire à la musique de Malaby qui construit une sorte de squelette qu’il habille et modifie en ajoutant sans cesse des couches supplémentaires. On entend distinctement les deux batteurs répartis chacun sur un canal, Rainey est le métronome qui relance et agite le bouillon musical, et Hollenbeck est le créatif, qui se promène avec une boîte à idées sans cesse innovantes.

Il est difficile sur un tel album de ne pas parler de l’influence coltranienne très présente, même si elle existe avec une très grande subtilité et pioche dans le dernier tiers de l’évolution de Coltrane, là où le plus poignant le dispute au plus déchirant, pour des moments passagers de transe pure.

Parmi les titres on peut citer « Homogenous Emotions », « Old Smokey », « Dreamy Drunk », « Sour Diesel », « Los Voladores » ou « East bay » …

Un nouvel album magnifique, chez Clean Feed.

Homogeneous Emotions
Old Smokey
Dreamy Drunk
Sour Diesel
Los Voladores
East Bay
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 1 oct. 2026 03:00

Thumbscrew – Ours.jpg
Thumbscrew – Ours.jpg (102.64 Kio) Vu 1050 fois
Thumbscrew – Ours – (2018)

« Thumbscrew » est le nom d’un trio formé de personnalités de plus en plus familières, pour qui passe par ici. Tomas Fujiwara est le batteur, Mary Halvorson la guitariste et Michael Formanek le contrebassiste. Les trois se sont rencontrés bien des fois.

Sur l’album « The Distance » de Michael Formanek, sur « After All Is Said » et « The Hook Up » de Tomas Fujiwara ainsi que sur « Code Girl », que je vous avais présenté, de Mary Halvorson. A ce stade ils sont familiers, d’autant que les collaborations continueront dans la durée. L’entente est grande, tant musicale que personnelle, même si les rassemblements restent ponctuels, chacun disposant de son entière liberté.

« Ours » est le troisième album de la formation, paru quasi en même temps que « Theirs », les deux albums sont par ailleurs souvent associés bien que distincts. Les deux ont été conçus et enregistrés dans le cadre d'une résidence à « City of Asylum », à Pittsburgh, en Pennsylvanie, en juin dix-sept. L’album est copieux avec plus de soixante-six minutes de musique.

« Ours » contient neuf pièces composées par les membres du trio, chacun en présentant trois, c’est Mary qui ouvre le bal avec l’excellent « Snarlings Joys » où elle nous gratifie de ces fameux glissements qui provoquent des effets atmosphériques particulièrement délicieux.

« Saturn Way » est signé Tomas Fujiwara qui nous plonge dans un monde de sciences fiction un peu étrange, c’est un batteur qui peut s’adapter à n’importe quelle situation, de ceux que jamais rien ne déstabilise, il possède une très grande maîtrise de son instrument et des codes de cette musique changeante et constamment évolutive.

La troisième pièce est donc présentée par le contrebassiste Michael Formanek, « Cruel Heartless Bastards » est plus vive et carrée, s’ancrant dans le rythme, il range l’archet et continue pizzicato vers une cavalcade intense et saturée. Le trio nous propose une musique assez unique et aisément identifiable, mais ouverte et très riche, diversifiée et clairement virtuose, même si ce critère n’est jamais en tête dans la volonté d’expression.

Les notes de pochette ajoutent à la compréhension de l’atmosphère qui régnait lors de cette réunion : « Cet album est dédié avec amour à Tatiana Formanek (1927-2017), disparue paisiblement au petit matin, le lendemain de la fin de la résidence durant laquelle a été créée la musique de ces enregistrements. Elle a été présente dans nos pensées tout au long des répétitions et de l'enregistrement des disques « Ours » et « Theirs », et sa présence se perçoit assurément dans la musique qu'ils renferment... où elle vivra à jamais. »

Saturn Way
Smoketree
One Day
Words That Rhyme With Spangle (angle bangle dangle jangle mangel mangle strangle tangle wangle wrangle)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par CCR » jeu. 1 oct. 2026 18:58

un live des années 70 du Quintet de Freddie Hubbard sur ARTE.

bon, je sais , je ne me foule pas, je n'écoute plus souvent du jazz, faut dire, et je saisis quelques rares occasion en passant.

Ce concert m'a intrigué.

Déjà les années 70, c'est la continuité du déclin du jazz, en terme de popularité, amorcée dans les années 50 avec l'avènement du rock ( c'est pourtant la moitié de la décennie la plus exaltante (...) du genre, qui s'étend à mon goût, allez, pour faire carré, 1955-1965 ).

Et Freddie Hubbard, j'avais des à priori négatifs, à supposer que ma mémoire ne m'ait pas trompée, vu qu'il me semble que Miles ( non, je ne vais pas me la jouer je ne cite que son prénom) Davis s'est acharné dessus dans son autobio.
Ce que j'avais retenu, en plus du fait que Freddie Hubbard a pas mal fricoté avec le Free, c'est que ce type jouait n'importe comment. ALors en lisant cet autobio' de Davis, qui a fait une école de "musique", j'étais loin de l'imaginer qu'Hubbard aussi.

Enfin bref, j'aime bien ce live, entre autre la manière dont il est amené (même si ...Hubbard tu te fais désirer ?) : ça commence avec les 4 musiciens du quintet, et ça dure un moment avant que Freddy ne fasse son apparition. ALors déjà, rien que les musicos, ça déménage; et quand Hubbard arrive, ben disons que ....NAN, Miles, le type maitrise les classiques ! Il t'a piqué une meuf ou bien ???

Trêve de plaisanterie ( ou pas) : excellent live, avec une part importante accordée à la guitare ( il parait que Wes Montgomery a été l'influence clé de Freddie Hubbard ) voire à la basse. Et Hubbard, c'est pas du pipo !!

https://www.arte.tv/fr/videos/128110-00 ... d-quintet/

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 2 oct. 2026 01:01

CCR a écrit : ↑
jeu. 1 oct. 2026 18:58
un live des années 70 du Quintet de Freddie Hubbard sur ARTE.

bon, je sais , je ne me foule pas, je n'écoute plus souvent du jazz, faut dire, et je saisis quelques rares occasion en passant.

Ce concert m'a intrigué.

Déjà les années 70, c'est la continuité du déclin du jazz, en terme de popularité, amorcée dans les années 50 avec l'avènement du rock ( c'est pourtant la moitié de la décennie la plus exaltante (...) du genre, qui s'étend à mon goût, allez, pour faire carré, 1955-1965 ).

Et Freddie Hubbard, j'avais des à priori négatifs, à supposer que ma mémoire ne m'ait pas trompée, vu qu'il me semble que Miles ( non, je ne vais pas me la jouer je ne cite que son prénom) Davis s'est acharné dessus dans son autobio.
Ce que j'avais retenu, en plus du fait que Freddie Hubbard a pas mal fricoté avec le Free, c'est que ce type jouait n'importe comment. ALors en lisant cet autobio' de Davis, qui a fait une école de "musique", j'étais loin de l'imaginer qu'Hubbard aussi.

Enfin bref, j'aime bien ce live, entre autre la manière dont il est amené (même si ...Hubbard tu te fais désirer ?) : ça commence avec les 4 musiciens du quintet, et ça dure un moment avant que Freddy ne fasse son apparition. ALors déjà, rien que les musicos, ça déménage; et quand Hubbard arrive, ben disons que ....NAN, Miles, le type maitrise les classiques ! Il t'a piqué une meuf ou bien ???

Trêve de plaisanterie ( ou pas) : excellent live, avec une part importante accordée à la guitare ( il parait que Wes Montgomery a été l'influence clé de Freddie Hubbard ) voire à la basse. Et Hubbard, c'est pas du pipo !!

https://www.arte.tv/fr/videos/128110-00 ... d-quintet/
Oh! oooh! Connais pas ce concert, Vais réparer ça dès que possible !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 2 oct. 2026 01:15

Rodrigo Amado Wire Quartet – Wire Quartet.jpg
Rodrigo Amado Wire Quartet – Wire Quartet.jpg (154.2 Kio) Vu 949 fois
Rodrigo Amado – Wire Quartet – (2014)

Un petit retour vers Rodrigo Amado, entré aux « Namouche Studios » de Lisbonne en janvier deux mille onze, mais dont l’album ne paraîtra qu’en deux mille quatorze.

Il joue bien entendu du sax ténor et s’entoure de Manuel Mota à la guitare, Hernani Faustino à la contrebasse et Gabriel Ferrandini à la batterie, ainsi se forme le Wire Quartet, en route pour un run d’une cinquantaine de minutes, réparties en trois pièces.

La première pièce est également la plus conséquente, se développant tout au long de vingt-huit minutes très denses. Ce qui plaît d’emblée c’est l’équilibre entre le sax côté gauche et la guitare côté droit, les deux se libèrent totalement lors d’une improvisation combinée qui s’étale sur une douzaine de minutes, avant qu’une césure n’apparaisse, ouvrant une période calme, qui fait entrer le silence dans la composition.

Le guitariste portugais Manuel Mota a joué avec Noël Akchoté et Toshimaru Nakamura et possède une assez conséquente discographie orientée vers les musiques libres. Il se montre un partenaire très à l’écoute et très à sa place au sein de ce quartet. Son jeu fluide et fécond est également une réponse aux propositions de Faustino, le contrebassiste, qui relance tout en offrant une assise solide, notamment pendant la troisième partie de cette pièce d’ouverture.

Ils forment une paire de rythmiciens impeccables tout du long, avec Ferrandini qui excelle également, chacun ici est à sa place et joue sa partie dans une musique très ouverte et orientée vers le free jazz. Des moments forts et puissants alternant avec des phases plus calmes, pour un équilibre juste.

Amado ne lâche pas un certain leadership cependant, il suit sa ligne et joue des alternances et des développements par phases. La seconde pièce « Surrender », la plus courte avec ses huit minutes est bien menée avec un duo saxo/guitare tout à fait intéressant, libérant une grande intensité, sans relâchement, avec ce sentiment de glisser sur la ligne blanche, d’un bout à l’autre de la pièce.

« To The Music » pour finir, qui propose une progression telle qu’on les attend très souvent, avec un final digne d’éloge, libérant un Amado au top. Sa ligne est souvent singulière et ne s’encanaille que très rarement, loin d’un Ayler ou d’un Brötzmann, il va droit, chaud, volubile, mais pas trop, et son train reste dans la mesure.

Un album réjouissant.

Abandon Yourself
Surrender
To The Music
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 3 oct. 2026 03:01

The Vandermark 5 – Free Jazz Classics Vols. 1 & 2.jpg
The Vandermark 5 – Free Jazz Classics Vols. 1 & 2.jpg (133.38 Kio) Vu 872 fois
The Vandermark 5 – Free Jazz Classics Vols. 1 & 2 – (2001)

Ce double Cd est une pure merveille, pourtant à l’origine il était conçu comme un supplément-bonus à l’achat de « Burn the Incline » et « Acoustic Machine », parus tous les deux en édition limitée, en deux mille et deux mille un. Et puis avec le temps ils devinrent introuvables, tout en étant très recherchés, ce qui a justifié l’édition de ce double Cd.

Le même phénomène se reproduisit pour « Free Jazz Classics Vols. 3 & 4 » qui étaient offerts avec les albums « Airports For Light » et « Elements Of Style, Exercises In Surprise », dont je vous ai déjà parlé, eux aussi également réédités à petits prix, mais grands effets.

C’est que Ken Vandermark a enregistré sur ces albums, et particulièrement ce premier, ses musiques préférées, celles qui l’ont construit et habité. On y trouve des reprises, toutes magnifiques, de chefs d’œuvres du free jazz, ainsi on croise les grands noms, Coleman, Braxton, Taylor, Sun Ra, McPhee, Dolphy et Lester Bowie sur le volume un.

Sur le deux il y a des reprises de Shepp, Carla Bley, Frank Wright, Jimmy Giuffre, Hemphill et Don Cherry ! Le « Vandermark 5 » est composé de Jeb Bishop au trombone, Kent Kessler à la basse, Tim Mulvenna à la batterie, Dave Rempis, aux saxs alto et ténor, et Ken Vandermark au saxophone ténor, à la clarinette en mi bémol et à la clarinette basse.

Un tel projet nous montre à quel point « le serpent se mord la queue », en effet il y a comme une étrange contradiction de parler de « classiques du free jazz », les deux termes pourraient en effet sembler contradictoires, mais se justifient avec le temps qui est passé. Ces titres si révolutionnaires dans les années soixante, sont devenus des standards un peu comme les autres…

Ce qui est sûr et certain c’est que l’on ne s’en plaindra pas car ces albums sont tout à fait magnifiques, enregistrés en live au « Empty Bottle » de Chicago où le « Vandermark 5 » est un peu chez lui, avec le public qui se manifeste à la fin des morceaux.

Un double Cd qui pourrait être une entrée idéale dans l’œuvre de Ken Vandermark, bien qu’il n’y joue rien son propre répertoire, se contentant de rendre des hommages à ses modèles et à ses héros...


69L (Anthony Braxton)
Gazzelloni (Eric Dolphy)
Happy House (Ornette Coleman)
Conquistador Part 2 (Cecil Taylor)
Saturn (Sun Ra)
New York Is Full of Lonely People (Lester Bowie)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 4 oct. 2026 01:29

Faruq Z Bey W Northwoods Improvisers – Journey Into The Valley.jpg
Faruq Z Bey W Northwoods Improvisers – Journey Into The Valley.jpg (122.7 Kio) Vu 768 fois
Faruq Z. Bey W/ Northwoods Improvisers – Journey Into The Valley – (2004)

C’est de la bonne et même de la très bonne, mais ce n’est pas un Cd comme les autres, puisqu’il contient un Dvd bien fourni et super copieux. Le fim a été réalisé par Tim O’Brien & Andrew Bare, mais c’est pas grave… Le tout a été capté en public au Delta College, dans le Michigan.

Pour simplifier disons que Faruq Z. Bey est une légende, il joue des saxs ténor et alto, il est qualifié également de poète. Souvent on parle de Sun Ra à son sujet, mais je ne suis pas très d’accord, même si c’est un peu vrai quand même, mais sans la « perversité » du vieux mage, si j’ose…

On se souviendra peut-être que Faruq est un ancien membre du groupe légendaire de Détroit, Griot Galaxy, dont le premier album figurait sur le fameux FJMt°. A ce titre, je vous l’avais présenté.

Il est entouré de musiciens phénoménaux, Mike Carey joue du sax ténor, de la flûte et de la basse clarinette, Skeeter Shelton des saxs ténor et soprano. La rythmique est composée de trois babas blancs, du bassiste Mike Johnson qui joue également du gong, parfois. Nick Ashton est à la batterie et Mike Gilmore joue des marimbas et du vibraphone, les trois sont extraordinaires et balancent des rythmes cools et exotiques qui vont très, très bien…

On pense également à Kahil El'Zabar pour les rythmes lents et lancinants qui balancent en vous prenant aux tripes, mais juste comme il faut, tout juste… c’est comme un esprit qui est là et envoûte, le film dure une heure et quatre minutes, et c’est un enchantement…

Il y a également trois titres bonus, toujours sur le Dvd, « Foster/Blue Monk » signé de Bey et de Monk, « Sherrif Sam » et « Zychron ». Les trois sont contenus également sur le Cd joint en bonus, avec trois autres titres, tous extraits du Dvd, pour un total de plus d’une heure de musique.

Mais le Dvd n’en reste pas là puisqu’il contient une sélection de trois poèmes de Faruq Z. qui sont lus, sur une musique improvisée, avec des passages où Faruq joue du ténor, en trio. Il y a également des interviews et un « slideshow », c’est-à-dire un diaporama en musique bien sûr.

Bref, tout ce qui est ici n’est que pur bonheur !

Mystery of Love - Faruq Z. Bey & the Northwoods Improvisers
Sherrif Sam (Sound by Law) - Faruq Z. Bey & Northwoods
Faruq Z. Bey With Northwood Improvisers - In The Valley - Spiritual jazz
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 5 oct. 2026 02:31

أحمد [Ahmed] – Giant Beauty.jpg
أحمد [Ahmed] – Giant Beauty.jpg (91.55 Kio) Vu 615 fois
أحمد [Ahmed] – Giant Beauty – (2024)

Un album que j’ai coché depuis assez longtemps, souvent assez coûteux car c’est un coffret de cinq Cds avec un beau livret assez épais, et puis je l’ai choppé en Suède, en état neuf et dans des conditions correctes. Il y a trois heures quarante-cinq de musique, si je me fie à la durée des Cds qui tournent tous autour des quarante-cinq minutes.

Il y a comme une mode autour de ce coffret, une sorte de « hype », un bruit qui avance et en fait un objet désiré, même par ceux qui ne savent pas trop de quoi il retourne, mais il suffit de chercher un tout petit peu pour identifier cet [ahmed] un poil mystérieux…

Il s’agit d’Ahmed Abdul-Malik, contrebassiste et joueur de oud, il est né le trente janvier mille neuf cent vingt-sept et est décédé le deux octobre quatre-vingt-treize. « Aïe, me direz-vous, il y a là un loup ! » En effet, [ahmed] est le nom de la formation qui joue et interprète des pièces du oudiste-contrebassiste, mais dans le style d’aujourd’hui !

Les musiciens sont donc pat thomas au piano, seymour wright au saxophone alto, joel grip à la contrebasse et antonin gerbal à la batterie. Cinq pièces sont jouées, une par Cd, chacune a été captée lors d'une résidence au Festival « For Other Music » de Stockholm, au rythme d’une par soirée, entre le dix et le quatorze août deux mille vingt-deux.

La première se nomme « nights on saturn », c’est souvent du free, avec des passages carrément « bourrins » où ça tape fort, lourd et intense, de façon répétitive. C’est malgré tout très efficace, voire brutal, évoquant, d’une certaine façon, une tradition type black métal, qui pourrait rallier un nouveau public, et c’est ce qui semble se passer…

La seconde pièce, « oud blues » correspond donc au second Cd, peut-être encore plus accessible car elle plonge davantage aux racines, mais on retrouve le même entêtement bravache, avec des répétitions insistantes qui burinent encore, c’est très efficace et « sans trêve ni repos » comme disait l’autre …

Le Cd trois est occupé par « african bossa nova » avec une section rythmique qui joue à fond le jeu, y compris pat thomas au piano qui balance le thème en moult exemplaires, comme souvent ils jouent tous, en balançant des salves qui nous prennent la tête.

Ce mode est assez autiste, il nous transforme en zombies sans difficulté, des corps qui se balancent en répétant à l’infini le même mouvement, jusqu’à ce que la musique maîtresse nous ordonne une variation, infime ou pas, on se met au pas…

Seymour wright souffle comme un damné, il hurle aussi, crie et balance des sorts, il sait se montrer également répétitif et s’avère balaise dans la perf du disque rayé, lui aussi aime les variations minimes qui font avancer la machine au millimètre, lui aussi est capable de souffler vingt fois la même note, avant qu’elle ne vacille, légèrement cabossée, il la relance à l’envie vers l’assemblée robotisée…

Le Cd quatre, avec « rooh (the soul) » se différencie des précédents par l’ajout d’une sorte de drone puissant qui s’intègre à la masse orchestrale, engageant une nouvelle dimension texturale autour de laquelle les sons s’étirent et se déploient.

On apprécie à nouveau le rôle de la contrebasse centrale avec le piano prépondérant qui titille côté droit et le sax alto, sans doute trafiqué, qui tisse de longs turbans dans le spectre gauche. On frôle ainsi une forme de tension toute coltranienne, apte à déboucher sur une transe…

La dernière pièce du coffret, « El Haris (Anxious) » s’apparente à une tension savamment entretenue, on y retrouve les axes répétitifs constellés de petites variations qui organisent une sorte de montée.

Un coffret à écouter !

Nights on Saturn
Oud Blues
African Bossa Nova
Rooh (The Soul)
El Haris (Anxious)
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