Stratagème : Worst Enemy (2026)

Venez lire ou déposer ici vos biographies de musiciens ou de groupes, vos chroniques d'albums ou votre album de la semaine.
Répondre
Phil
Membre prestige
Membre prestige
Messages : 1537
Enregistré le : mer. 8 janv. 2020 21:37

Stratagème : Worst Enemy (2026)

Message par Phil » jeu. 6 août 2026 09:20

STRATAGEME : Worst Enemy (2026)

Je ne vais pas revenir sur les nombreux changements de line up qui ont émaillé la carrière de Stratagème mais là, pour ce qui concerne celui qui s'est acquitté de ce Worst Enemy, le groupe s'est enfin stabilisé autour de Gérard Mottée dit "Gégé" et ce, pour la plus grande joie de ceux qui comme moi, suivent avec attention le parcours de nos amis. Au chant, on y trouve donc le talentueux "Butcho" Vukovic dont on connaît le CV long comme le bras. En effet, avant d'intégrer Strata, il fit ses passes d'armes avec Watcha, Hellectrokuters, Redneck Rampage, Pleasure Addiction, Showtime et Last Temptation (avec Farid Medjane à la batterie). Il me pardonnera si j'en oublie. Aux deux guitares, car aujourd'hui, au sein du combo sévissent sur cet album deux six-cordistes de talent répondant respectivement aux doux noms de Marc Trenel et Sébastien Hérault. Derrière les futs, en lieu et place de Jean Pierre Pollet et Aurel Ouzoulias, nous avons un Patrick Cazugul dont on connaît les qualités avérées.

C'est par conséquent pied au plancher que Worst Enemy, magnifiquement produit par Thierry Dagnicourt (ex-claviériste de Shannon) débute sur ce What You're Gonna Say ô combien éruptif. Reposant sur un rythme binaire à souhait qui a le mérite de solliciter vos cervicales déjà durement éprouvées par des années de headbanging, le groupe fait mouche d'entrée de jeu via un refrain qui ne quittera plus votre esprit. C'est puissant, c'est efficace et c'est super bien produit, le groupe se laissant frénétiquement emporter par un Butcho à la fois rageur et tempéré dans sa façon de chanter, tantôt gémissant brièvement sur un court passage tel un Robert Plant en transe, tantôt déployant avec générosité une hargne ouvertement affichée. Dans sa diversité, le registre vocal du sieur Vukovic s'avère vraiment impressionnant, je vous l'dis.

Faire parler la poudre, tel semble être le mot d'ordre lancé par les Strataboys. Ce Break Away lancé à toute allure, ne met pas pour autant de côté tout ce qui concerne la structure mélodique du morceau. Cela se transcrit de façon avisée même dans le bridge censé faire le lien entre le refrain et le couplet suivant.

La section rythmique incarnée par le "Cazu" et le Gégé redouble d'intensité sur ce Time To Say Goodbye dont on pensait vu le titre qu'il s'agirait d'une ballade sirupeuse faisant chavirer les plus sensibles d'entre nous. Eh bien, il n'en est rien bien au contraire. Débutant sur un phrasé qui ressemble bien plus à du pachydermique qu'à tout autre chose, cette composition a tout pour plaire : refrain entêtant, riffs apparentés à des coups de boutoir et solo guitaristique hautement inspiré. Voilà le menu à déguster sans modération.

Attendez, attendez, ne partez pas car ce qui va suivre via ce Be Back On Track dispose de tous les atouts pour toucher un public plus large et ce, grâce à une tonalité accrocheuse, un refrain qui ne l'est pas moins, une intervention pour le moins fort à propos de l'un des deux artilleurs en chef et une nouvelle fois, un Butcho qui nous gratifie d'une prestation haute en couleur. Vous devriez théoriquement "tomber dedans".

On les connaît les Strataboys : ce sont des être doublés d'une grande sensibilité. L'évidence s'imposait donc de composer ce que l'on appelle une "power ballad". Celle-ci a pour nom I Won't Surrender et fait indubitablement son petit effet grâce à une mélodie envoûtante menée par la voix de velours de Butcho.

On prétend souvent qu'une complicité musicale intervient après un certain temps mais ne dit-on pas non plus qu'elle n'attend pas le nombre des années et c'est effectivement le cas sur Stand My Ground ? Un titre qui débute sur une osmose basse-batterie, belle entrée en matière ponctuée d'une intervention parlée puis chantée de Butcho et d'une trame mélodique particulièrement prenante et ce, sur fond de riffs plombés.

Autre paramètre important : le groove s'avère être également pour le moins essentiel dans ce nouvel opus, élément récurrent que l'on retrouve sur Into The......Groove, un titre qui, lorsque vous l'écouterez, ne vous lâchera plus, celui-ci vous donnant l'irrépressible envie de vous trémousser au milieu de votre salon, suscitant par la même, une interrogation justifiée ou non de la part de votre entourage...

Ensuite, Worst Enemy, le morceau-titre. Celui-ci démarrant sur une percutante intervention du Cazu, est comme emporté par ce solo en boucle sur lequel vient se poser une mélodie une nouvelle fois entêtante,  entrecoupée qu'elle est d'un bridge lui-même porté par la voix langoureuse de Butcho. Stratagème fait aujourd'hui dans des compositions peut-être plus léchées qu'auparavant et ça, c'est un point fort non négligeable.

Toujours dans cette optique mélodique fortement prononcée, les Strataboys nous proposent le très enlevé Chain Reaction rappelant à notre bon souvenir qu'ils ont, quelle que soit la formation répertoriée au fil des années, toujours su allier puissance et harmonie. Encore une fois, un régal à l'écoute.

Le dernier morceau intitulé Yesterday, à ne pas confondre avec celui des Fab Four, baigne de par sa structure dans une sorte d'innocence guillerette à souhait. De fait, il s'avère être une parfaite conclusion pour un album qui mêle à la fois efficacité, puissance, cohésion et surtout ce sens de la mélodie bien plus marqué qu'avant et qui ne semble plus les quitter. Nous non plus d'ailleurs. Leur meilleur album ? Je ne suis pas loin de le penser. Strata, j'aime.......

"Phil, tu l'as déjà dit dans le passé.....Tu deviens sénile !!!"

Image

Phil
Membre prestige
Membre prestige
Messages : 1537
Enregistré le : mer. 8 janv. 2020 21:37

Re: Stratagème : Worst Enemy (2026)

Message par Phil » mer. 2 sept. 2026 09:45

STRATAGEME : Cergy, Pacific Rock, 29/8/26

Les Strata Boys sont des habitués du Pacific Rock et ce, donc depuis des années. C'est d'ailleurs là que je les ai vus pour la première fois en 2012, bien avant donc la sortie de l'album Highway qui lui, parut deux ans plus tard. Le groupe retrouvait donc la salle qui l'a accueilli si souvent pour une occasion ô combien importante pour nos amis : la parution de ce nouvel album intitulé Worst Enemy dont j'ai vanté le mérite il y a peu, parution pour laquelle le quintet organise un concert spécial, ou plutôt, ainsi qu'on le dénomme aujourd'hui, une "release party".

Le Fab, toujours partant pour ce genre de festivités, fait bien évidemment partie du voyage, lui qui, et cela, je ne me priverai pas d'en faire mention, aura du mal à caser ses grandes "cannes" é"phil"ées (quoique.....), trouvant sans doute le confort du Duster un peu trop spartiate.

Après un trajet que l'on qualifiera de sans encombres, nous atteignons notre but en l'occurrence la "très touristique" ZA Francis Combe, toujours aussi glauque soit dit en passant, zone dans laquelle se trouve niché le Pacific Rock et ce, au fond d'un parking lugubre à souhait où se trouvent garées à l'emporte pièces bon nombre de véhicules plus ou moins en bon état, véhicules dont on ne préfère pas en connaître l'origine. On a vraiment "envie d'y être", c'est un fait. loool

En rentrant dans la salle, nous constatons avec dépit que la salle est presque vide. En effet, seules quatre personnes sont attablées, occupées à déguster leur modeste dîner, chose que nous ferons quelques temps plus tard, nous nourrissant de délicieuses lasagnes, après avoir d'ailleurs salué amicalement le sieur Butcho (qui fera une brève apparition), ci-devant chanteur talentueux du combo.

Le Pacific Rock se remplit vraiment tout doucement notamment pour la première partie qui a pour nom Vicious Shark. Emmenés par un volubile et hargneux p'tit bonhomme doté d'un talent certain, nos quatre artilleurs déroulent pied au plancher les reprises auxquelles ils sont foncièrement attachés. Seront ainsi revisités avec une férocité sans pareil des titres comme Fortunate Son de Creedence, Grinder et Breaking The Law (sur lequel Thierry Masson de Demon Eyes s'invitera pour une joute guitaristique endiablée avec ses pairs) du Priest, Seek And Destroy de Metallica, Symphony Of Destruction de Megadeth, Looks That Kill de Mötley Crüe, Ace Of Spades de Motörhead, Balls To The Wall d'Accept (Fab et moi avons alors opté pour un chant grégorien du meilleur goût), Detroit Rock City de Kiss, Strong Arm Of The Law de Saxon et Running Free d'Iron Maiden en guise de conclusion. C'est efficace et sans concession et ce, grâce au fait que nos artificiers balancent sur leur auditoire une bonne flopée de riffs incandescents. Nous sommes revenus plus de 40 ans en arrière et diantre, ça fait du bien.

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Après ce déluge de décibels, nos Strata Boys n'avaient qu'à bien se tenir et autant le dire tout de go, faire parler la poudre constituait ce qui allait être la ligne directrice de nos cing gaillards. Le Boss à savoir notre Gégé national, le seul membre original du groupe, encore présent dans le groupe, est aux commandes et c'est lui qui donne le signal de départ sur le très enlevé Break Away, extrait du nouvel album, Worst Enemy dont c'est la release party, il convient de le rappeler. Butcho, quant à lui, se déchaine tel un chien enragé, exhorte de temps à autre la très modeste assistance à se manifester bruyamment, ce qu'elle fait avec bienveillance et générosité. Marc Trenel et Sébastien Hérault, les deux six-cordistes se livrent quant à eux une joute farouche sur Shipwreck, extrait du très bon EP Endless Journey ainsi que sur la reprise furieuse de Mr. Big à savoir Daddy, Brother, Lover, Little Boy sur laquelle l'ami Fab, faisant dans le headbanging le plus généreux qui soit, frôla la correctionnelle à tel point que son front pour le moins imposant faillit heurter le rebord de la table devant laquelle nous nous étions assis.

En 2014 est paru en quelque sorte l'album du retour de Stratagème, Intitulé Highway, cet opus proposait bon nombre de morceaux à la fois percutants et mélodiques dont ce Believe qui, dans sa structure, allie ces deux paramètres faisant de de titre, l'un des classiques de la formation parisienne. A l'époque, au micro, nous avions le pétillant Alex Puiseux qui s'en délectait à chaque concert. Aujourd'hui, il s'agit de Butcho qui en délivre une version magnifique qui est la sienne et qui a autant de saveur que celle à laquelle Alex nous avait jadis habitués.

Puis, retour sur Memories qui, rappelons-le, avait vu l'émergence d'un jeune chanteur nommé Matthieu Aufranc, doté à l'époque  d'une voix exceptionnelle. Sur le titre Heartbreaker (rien à voir avec le titre du Zep ou même celui de Grand Funk Railroad), Butcho y glisse sa patte personnelle et ce, avec tout le talent qui n'a d'égal que le sien tout en respectant l'esprit initial de la chanson. Puis viennent un Rebel Yell de Billy Idol que tout le monde connaît par coeur et Like A Juggernaut interprété le plus fidèlement du monde à la version originale si l'on se prend à réécouter le superbe EP Endless Journey. Une véritable déflagration, ce morceau.
De nouveau Worst Enemy est à l'honneur avec ce Be Back On Track du plus bel effet. Butcho m'avouera avant le concert ne pas avoir encore écouté l'album et ce, depuis la fin de l'enregistrement. La tonalité accrocheuse de ce titre fait immédiatement mouche auprès d'un public qui n'est malheureusement pas venu en masse mais ceux qui sont présents, ce sont les VRAIS et tant pis pour les absents. C'est bien ça qui compte.
Le Seb, guitariste doué s'il en est, s'engage ensuite dans un Eruption.... éruptif (lol) de qui vous savez, suivi d'un Panama sur lequel Fab et moi, nous nous improvisons chanteurs d'un soir sur le refrain sous les yeux amusés d'une Sylvie R. Je pense d'ailleurs avoir un coffre beaucoup plus étendu que le sien étant donné que sa voix "Fabrizienne" ne porte pas assez lorsqu'il se met à chanter. lol
Le set s'achève sur 3 titres fort sympathiques : Wind Of Freedom (4ème représentant de l'EP Endless Journey), une reprise particulièrement étirée du Celebration de Kool & The Gang, on sait le Butcho féru de funk, une reprise qui balance bien sur laquelle il s'amusera à taquiner le public et pour finir, le morceau-titre de l'album Highway délivré ici sur un tempo particulièrement efficace.
Je vous l'annonce donc : "Stratagème, le plus ancien des groupes français est de retour en ville. Ecoutez leur nouvel album, allez les voir en concert, vous passerez un excellent moment en leur compagnie !!!".

Epilogue : le retour a casa fut à peu près paisible. Je dépose chez lui le Fab qui, satisfait d'avoir participé à cet excellent show, s'était endormi comme un bébé dans la voiture, me gratifiant pour l'occasion d'un ronflement guère mélodieux, il faut bien l'dire (je pense avoir eu "du nez" en le faisant venir) puis je regagne avec la sérénité qui n'a d'égal que la mienne, mes très chères pénates......

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Répondre