JULIAN'S TREATMENT / JULIAN JAY SAVARIN (Bio)

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alcat01
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JULIAN'S TREATMENT / JULIAN JAY SAVARIN (Bio)

Message par alcat01 » mer. 11 sept. 2019 16:49

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Julian Jay Savarin est un artiste né à la Dominique et il a déménagé en Grande-Bretagne avec sa famille en 1962. Il a étudié l'histoire et a servi dans la Royal Air Force.
Julian est d'abord et avant tout connu pour être un écrivain de Science-Fiction, également un poète, mais la plupart des gens ne savent pas qu'il débuta sa carrière artistique par la musique Rock.
Il a, coup sur coup, sorti deux incroyables albums de Rock Psychédélique. D'abord au sein d'un groupe appelé Julian's Treament dont il était le leader suivi d'une nouvelle formation sous son propre nom.

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Mais on ne trouve vraiment rien sur lui, ou très peu de choses, aucune photo et aucune vidéo en dehors de quelques photos de groupe et numérisations de photos du premier album intitulé "A Time Before This" paru en 1969.
Dans une interview de 1969, il dit que la musique doit faire transpirer notre monde intérieur et que la musique est comme une éducation et une présentation de ce à quoi notre monde pourrait ressembler.
Voici un extrait de l’interview (très courte) de Melody Maker du 17 avril 1970.
"...J'avais l'habitude d'écrire des histoires de science-fiction comme passe-temps, puis j'ai commencé à écrire un livre qui commence par la colonisation de la Terre et reprend mes idées sur le passé, le présent et le futur. Quand tout sera terminé, ce sera inclu dans trois albums. Les paroles de la chanson racontent l'histoire...".
"...La musique n’a pas d’appel instantané et j’espère honnêtement que les gens ne l’aimeront pas du tout au début, mais je suis confiant que cela sera accepté. C'est très attrayant mentalement et c'est un stimulant mental. Ce n’est pas vraiment une musique dansante, mais vous pouvez transpirer aussi bien mentalement que physiquement...".

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Julian's Teatment peut être considéré comme un joyau oublié et obscur du Rock Progressif et Psychédélique.
Assez rarement, un auteur de science-fiction ne s’est impliqué dans la musique. On peut cependant citer, par exemple, Michael Moorcock avec son propre groupe Michael Moorcock & The Deep Fix, mais aussi dans Hawkwind et même dans Blue Oyster Cult.
Hé bien, Julian Jay Savarin, tout comme Moorcock, est un auteur qui s'est impliqué dans la musique avec son Julian's Treatment.

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Julian Jay Savarin fut le leader et le compositeur principal de Julian's Treatment. Il a écrit, réalisé et joué sur le double album de 1970, "A Time Before This". Ce travail conceptuel proto-prog est basé sur son livre " Lemmus, A Time Trilogy - Waiters On The Dance". Poète et écrivain, ainsi que musicien, il a su tirer parti de ses multiples talents pour divers projets qui lui tenaient à coeur.

"A Time Before This" peut même être considéré comme l'un des tout premiers albums progressifs sortis du Royaume-Uni, sinon le premier.
Julian avait été impressionné par la scène musicale Londonienne et il avait décidé de créer son propre groupe pour étaler ses idées sur une trilogie sur laquelle il travaillait. Pour cela, il avait commencé à répéter avec le bassiste John Dover, le guitariste flûtiste Del Watkins, le batteur Jack Drummond et la chanteuse, une résidente Australienne, Cathy Pruden.

Julian avait écrit et dirigé cet album rare destiné aux connaisseurs de Rock Progressif. C'est bourré de claviers dramatiques et de vocaux semi-parlés tout aussi dramatiques de la part de Cathy Pruden.

En Juin 1970, le label Youngblood a sorti cet album.

Sans surprise, le disque est évidemment un concept de science-fiction, un peu difficile à suivre quand un livret des paroles n’a même pas été inclus, mais il semble impliquer la destruction de la Terre et un Terran (un habitant de la planète Terre) qui se retrouve sur une planète habitée par des gens étranges à la peau bleue et un méchant mégalomane.

Pour cet album, il n'y a pas de paroles, mais des textes courts expliquant le sens et le contexte de chaque composition. Musicalement, c'est la fin des années 60 qui sonne psychédélique avec du Rock Progressif avec de grands orgues 'spaciaux' et une sensation cosmique dans tout l'album. C'est un paysage sonore d'un théâtre prolongé de rêve. L'excellente voix féminine honnête et appropriée avec le dialogue parlé occasionnel a contribué à un tel album conceptuel.
Comme on pouvait s'y attendre, toute la musique semble d'ailleurs devoir appartenir à un film de science-fiction de la fin des années 1960, mais cela ne devrait surprendre personne.
Elle est construite sur les vocaux expressifs et puissants de Cathy Pruden et les claviers convaincants de Julian (beaucoup d'orgue et un peu de mellotron). Certaines chansons comportent un excellent travail de guitare électrique.
C’était une musique tout à fait unique et qui aurait mérité un public plus large.

Un groupe auquel Julian's Treatment pourrait être comparé est The United States of America, le groupe Américain qui avait sorti un album éponyme en 1968 et qui comprenait Joe Byrd et Dorothy Moskowitz. Des comparaisons avec des groupes de Rock Progressif emmenés par des chanteuses comme, par exemple, Analogy, Sandrose ou le groupe Hollandais Earth & Fire sont également monnaie courante. Ce qui est sûr, c'est que si vous êtes fan de l'un de ces groupes, il y a des chances que vous aimiez Julian's Treatment, un grand bijou perdu qui ne manquera pas de grandir.

La première face de l'album commence avec un "First Oracle" parlé, suivi de "The Coming Of The Mule", un morceau de Rock Progressif dirigé par un orgue assez cosmique par endroits, avec des vocaux attrayantes de Pruden.
"Phantom City" est encore une fois dominé par les claviers mais assez jazzy alors que "The Black Tower" est plutôt le maillon faible et permet de prévisualiser la musique plutôt bien moyenne qui sévit en grande partie sur la seconde face. La voix mélodramatique de Pruden présente "Alda", "Park Lady of The Outer Worlds" et le morceau final de la face, " Altarra ". "Princess Of The Blue Women" contient des vocaux délicieux et mélodiques plutôt à la manière de The United States Of America.
La deuxième face commence par un autre "oracle" parlé, mais elle est plus faible que la première face, à l'exception du final et de l'apogée de l'album - "A Time Before This" qui commence par quelques claviers obsédants et comporte davantage de mélodrames vocaux de la part de Pruden.

Mais à cause de problèmes de management, de promotion et d'argent, le groupe Julian's Treatment dut finalement disparaître assez rapidement.

Julian a cependant continué à écrire en se concentrant sur la deuxième partie de la trilogie qu'il avait en tête. Les livres de cette trilogie seront les suivants: "Lemmus One: Waiters on the Dance", "Lemmus Two: Beyond the Outer Mirr" et "Lemmus Three: Archives of Haven", tous dans le genre de la science-fiction.

Le label Birth Records s'est ensuite approché de Julian en vue de créer un nouvel album.

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Le deuxième album, "Waiters on the Dance", est sorti en 1969 (ou en 1971 ou même en 1973, selon diverses sources, l'année exacte étant soumise à contreverse), crédité à Julian J. Savarin tout simplement.

Sur cet album, Julian a largement remanié l'équipe du Julian's Treatment, ne gardant que John Dover à la basse.
La guitare est tenue par le très blackmorien Nigel 'Zed' Jenkins, Roger Odell s'installe derrière la batterie.
Mais c'est le remplacement de Cathy Pruden par Lady Jo Meek (plus tard chanteuse de Catapilla) qui marque la plus forte évolution. La voix chatoyante de la belle pourrait être comparée à celles d'Annie Haslam (Renaissance) dans les moments calmes ou de Sonya Kristina (Curved Air) lors des passages les plus 'possédés'.
Son chant sur cet album est excellent! Cet album était plus musical et plus facile à intégrer dès le début. Il swing plus que le premier album et est toujours aussi brut que possible.

"Waiters On The Dance" est un véritable chef d'oeuvre de Heavy Progressif Symphonique , un autre concept-album qui semble être plus accrocheur que tout autre enregistrement. Lorsque l'auditeur sait qu'il y a une histoire derrière la musique, mieux encore, un livre entier, l'image entière commence à se former dans votre esprit. Lorsque l'on prend ensuite cette formule et que l'on ajoute des riffs de guitare puissants, un orgue broyant et la voix de Lady Jo Meek pour raconter l’histoire et la mettre en mouvement avec émotion, on dispose de tous les éléments nécessaires pour une aventure musicale réussie grâce au Prog Rock.

Cet album est un autre classique méconnu qui aurait mérité une autre attention de la part du public dans d'autres conditions de parution.
Julian met donc ici en musique sa trilogie de Science-fiction, "Lemmus", dont le premier tome s'intitulera "Waiters on the Dance", tout comme le présent disque, un album concept relatant l'histoire d'un garçon persuadé d'être le descendant des anciens Mayas.
Pour cela, Julian a composé un Rock Progressif particulier, tantôt Heavy, tantôt lyrique, épique et relativement raffiné, enrichi parfois d'une orchestration classique constituée d'instruments à cordes et quelques incursions jazzy.
Les guitares ont le son et le grain spécifique de cette époque à base de fuzz bien baveuse. L'orgue Hammond et le Melotron parfaitement joués par le maître de cérémonie, confirment la coloration fin des années 60 - début des 70. Dans cette démarche, on peut retrouver quelques similitudes avec le Uriah-Heep de "Demons and Wizards" ou de "The Magician's Birthday", ainsi qu'avec Deep-Purple Mark I, voir même Badger ("One Live Badger") et les premiers albums de Yes.
Bien que le guitariste n'approche aucunement le niveau de Blackmore, ou même de Mick Box, il s'apparente plus à eux qu'à Steve Howe. Par contre, le bassiste, John Dover qui joua avec Ben E King, n'a rien à envier à feu Gary Thain.
Cet Heavy Rock Progressif est illuminé par le chant de Lady Jo Meek, à la voix limpide, enthousiaste et vibrante, sorte de croisement entre une Grace Slick plus lyrique et une Petula Clark plus Rock et plus en voix.

Le LP ne dure qu'un peu plus de 33 minutes, mais les six plages sont d'une cohérence parfaite, concourant à la totale crédibilité du concept. Le meilleur titre se révèle être, par ailleurs, celui de clôture.
La longue suite "Child of the Night" est une sorte de croisement entre "In the Court of the Crimson King" et "Child in Time". Sans conteste le plus beau morceau du disque, il met en exergue tous les instrumentistes et surtout la beauté du chant de Lady Jo Meek ("How can I help you ?/ I don't know what to do / How can I understand / When you want help me?")...
Le plus nerveux et très court "Stranger" s'enchaîne sans coup férir, tout comme le plus lancinant et épique "The Death of Alda", inondé de mellotron et d'ambiances symphoniques.
"Dance of the Golden Flamingoes" est un long instrumental à la fois cosmique et puissant, toujours baigné de mellotron, d'orgue quasi religieux et de guitare saturée. On frôle presque le sublime...
"Cycle" se révèle plus jazzy quand Julian se prend pour Jimmy Smith et Nigel pour Wes Montgomery, alors que Lady Jo trône en une sorte de grande prêtresse baba.
Mais c'est avec le très court "Soldiers of Time" que le groupe reste le plus efficace, produisant là ce qui aurait pu être un tube avec sa mélodie volontariste irrésistible, sur un riff tout à fait guitare/orgue imparable.

En résumé, une musique singulière, personnelle, assez inventive qui n'a pas eue la reconnaissance méritée.

Mais, hélas, encore une fois, il y eut un manque total de promotion et de visibilité de la part du label.

Après ces expériences qui n'obtinrent pas ou peu de succès commercial, Julian tourna le dos définitivement à la musique:
Julian aurait, bien sûr, voulu que sa trilogie littéraire soit accompagnée de trois albums. Mais ce sera pourtant là sa dernière trace discographique car il préfèrera désormais se consacrer à l'écriture à plein temps.

Le troisième album n'aura donc jamais vu le jour mais Julian obtiendra une certaine reconnaissance pour sa trilogie intitulée "Lemmus: A Time Odyssey". Son dernier ouvrage date de 2006.

De nos jours, ces deux albums sont des objets de collection à des prix très sains. Mais il ne faut pas se soucier de ce qui est arrivé à Savarin, il est devenu un écrivain célèbre. Au Japon puis dans le monde entier, il a publié avec succès de nombreux romans (par exemple: Waterhole, The Quiraing List, Naja et Hammerhead).

Discographie:

Julian's Teatment:

1970 A Time Before This

Julian Jay Savarin:

1969, 1971 pu 1973 Waiters On The Dance

Sources: Erik Neuteboom, sanjindumisic, Keith "Muzikman" Hannaleck
“Personne n'accepte de conseils ; mais tout le monde acceptera de l'argent : donc l'argent vaut mieux que les conseils.”
Jonathan Swift

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