Salut les rockers, deux coups de coeur à vous faire partager aujourd'hui, dans un registre similaire : le blues. Pas le blues des pionniers, pas le blues psychédélique, expérimental ou je ne sais quoi d’autre, non, juste LE BLUES.
Et pour jouer le blues il faut d’abord un orchestre de blues, alors, le voilà, notre orchestre c’est « The Blues Band », tout simplement.
Un nom qui a au moins le mérite de ne laisser aucun doute sur la direction musicale de l’ensemble. Un brin prétentieux, d’ailleurs, il pourrait suggérer une sorte de référence en la matière, un archétype ultime, un modèle, un étalon, en quelque sorte. Faut de l’estomac, pour s’appeler ainsi (de là, peut être l’expression « l’estomac dans l’étalon », mais c’est un autre débat).
Voyons donc si cette appellation est justifiée.
N°25 : THE BLUES BAND : "READY"
(du blues, du blues, du blues)
The Blues Band, c’est avant tout une réunion de vieux routiers, qui ont usé leurs pneus sur les routes du show biz depuis des années et bourlingué sur pas mal de navires.
On retrouve 2 anciens membres de la première mouture du groupe de Manfred Mann, formule à tubes des années 60, soit Paul Jones, le chanteur, et Tom McGuiness, guitariste.
S’y adjoignent Hughie Flint, qui officia à la batterie chez John Mayall, Dave Kelly, guitariste, passé chez John Dummer, et le bassiste Gary Fletcher, ancien Sam Applepie.
Tout ce beau monde décida de remettre le couvert en retournant aux fondamentaux, en 1980.
Rappelez-vous, après une décennie d’expérimentations, où le rock, parti du blues, acquit ses lettres de noblesse et les perdit aussitôt en se fourvoyant dans le pompiérisme et les boursouflures, après le coup de pied au cul balancé par les punks, qui déboucha malencontreusement sur la new wave, que restait-il à faire ? Certains choisirent le retour aux sources, on eut donc doit à la vague du Rockabilly revival (Stray Cats et leurs émules) et le blues repointa le bout de son nez (le phénomène « Blues Brothers » entre autres).
C’est dans ce contexte que se place le premier album de notre orchestre.
12 titres, comme au bon vieux temps des singles qu’on agglomérait pour en faire un LP, 12 titres qui sont tous des classiques, certains repris de leurs prestigieux prédécesseurs (Willie Dixon, Ray Charles, Muddy Waters…), d’autres composés par le groupe, en respectant scrupuleusement les canons du genre, dans un sens large d’ailleurs qui englobe plusieurs styles qu’on regroupe en général sous le nom de Rhythm’n’blues.
Sans surprise donc, sans aucune déception non plus, une autoroute qu’on aborde en V8 Ford, le coude à la portière, le pied au plancher, du cruising, mais à fond la caisse.
Car, quand je dis sans surprise, j’exagère un peu. Ce qui me surprend, c’est qu’on puisse avec une formule aussi basique, balancer une musique aussi prenante, aussi jouissive et faire d’un disque qui pourrait n’être que banal, un chef d’œuvre dans un univers aussi concurrentiel que celui du blues.
Quoi de plus facile, en effet, qu’égrener les sempiternels clichés en étalant sa science académique ? C’est pourtant ce qu’ils évitent tout au long de cet album. Quoi de plus facile que de se vautrer dans les facilités qu’offraient les studios et de faire un disque revival « à la mode », travers dans lequel sont tombés les Stray Cats, avec leur premier album ? Ça aussi, ils l’évitent soigneusement, avec un son et une production sans concession particulière au mercantilisme qui régnait alors.
C'est cette maitrise du propos et cette sobriété qui ne manquent pas de faire de cet album un classique, qui peut rivaliser avec pas mal de ses ancêtres et qui s’inscrit dans la même ligne.
C’est pourquoi, je pense qu’ils méritent bien le nom qu’ils se sont donnés et qu’ils assument pleinement. Vous disiez étalon ?
Pour ceux qui veulent s’étaler sur l’étalon, sans tourner les talons c’est ici :
http://www.mediafire.com/?k2mx93071qshmulA plus pour l’autre coup de coeur
