Moi je trouve que beaucoup de gens manquent de curiosité… que ce soit pour la musique ou pour plein d'autres choses… ils choisissent la facilité de ce qu'on leur met tout cuit dans le bec ! et ça est valable pour toutes les générations…
Je pense que c'est pire aujourd'hui car la musique populaire (on en parle sur un autre sujet) est devenu de plus en plus pauvre rythmiquement et harmoniquement. Cela conduit la majorité des gens à avoir un rejet total pour des musiques un peu plus élaborées. La "variété" a toujours existé, mais dans les années 60 et 70 il restait un vrai marché pour les groupes différents. Ils pouvaient jouer et vendre des disques car il y avait des lieux et un public qui gardaient les oreilles ouvertes.
L'apparition de la musique électronique pouvait donner beaucoup d'espoir car s'était un style assez expérimental. Au début des années 80 je pense que les gens qui écoutaient de la musique électronique écoutaient vraiment des groupes très bizarres

. Mais au moins l'énergie et la curiosité étaient là.
Puis Il y a eu l'apparition du top 50 qui représente aussi l'apogée des ventes de disques..Le gateau était immense et chacun voulait avoir sa part. Alors la musique électronique qui était entre temps devenu le standard des jeunes à commencer à se vider de sa substance.
J'ai vécu les années 90 et j'ai vu la house tout dévorer. On revenait dans le standard de la chanson, on n'explorait plus l'espace , le son, le rythme. On se contentait du service minimum pour faire des tubes.... Un accord qui tourne en boucle sur du 4/4..Cette tendance à fait que le grand public s'est abruti musicalement (en tous cas c'est ce que je pense). Toute musique, un tant soit peu expérimentale était instinctivement rejeté par le "grand public". On refusait l'effort de la découverte. Il faut dire que grâce aux radios l'offre était tellement astronomique que si les gens n'accrochaient pas en 30 secondes ils passaient au titre suivant. Les maisons de disques ont commencé à créer des panelles musicaux (qui existent encore) et à développer des standards en termes de structures des morceaux. Pour avoir une chance de passer à la radio le refrain devait obligatoirement venir avant 1minute, il fallait un pont uniquement après le deuxième refrain, et enfin, finir en coda sur le refrain pour bien le mettre dans le crâne de la victime.
C'est le sommet des Blockbusters musicaux. . Les maisons de disques deviennent des empires qui crée énormément d'emplois (seul point positif) mais qui objectivement appauvrissent la musique.
Et puis vient internet..Des fous de musique reprennent le flambeau là où les anciens l'ont laissé. et des choses formidables sortent des lymbes. Les bons groupes trouvent enfin un nouveau moyen d'expression. Pour les amateurs de musique un nouveau jour se lève, il rêve à la fin du cauchemar. Les groupes balancent leurs chansons à fond la caisse sur la toile et attendent les applaudissements ...
MAIS... il n'y a plus personne pour écouter, plus de mouvement fédérateurs..Internet c'est la cavalerie qui arrive ...Mais trop tard, il n'y a déjà plus que des morts vivants sur le champ de bataille et prince Guetta règne en maitre sur le monde.
Il reste le live...Mais les groupes interessants musicalement, ceux qui cherchent à sortir des sentiers battus ne trouvent pas d'espace pour s'exprimer car à 1heure du matin il faut plier les gaulles dans les bars qui n'organisent bientôt plus de concert pour ne pas dépasser les 120 décibels fatidiques qui mettraient en péril leur existence. Le système fait que la musique qui est partout n'est plus écoutable nulle part en live. Les jeunes artistes sont étouffés, renvoyés à leur cave et à leur my space...Pendant ce temps les vieux jeunes sont dans les boites de nuit où prince Guetta les attends pour leur vider le cerveau et le portefeuille..Le gouvernement est satisfait car la jeunesse est exactement là où il révait qu'elle soit..Dans une petite boîte..Pour parfaire le tableau on se débrouille pour interdire Les raves qui étaient les derniers rassemblements qui restaient hors contrôle.
Tout allait parfaitement bien dans le meilleur des mondes Orwélien quand, il y a 4 ou5 ans, est arrivé un évènement imprévu...Une faille qu'on n'attendait pas..Un effet pervers de la décérébration musicale qui a eu tellement de points positifs pour les maisons de disques.
Le téléchargement commence à se developper. Les jeunes n'achètent plus de musique, il la télécharge gratuitement. D'ailleurs si vous leur posé la question, il n'y voit aucun mal :
Un album, disent t'ils, s'est une ou deux chansons de bien et le reste c'est juste du remplissage. A quoi bon dépenser 20 euros pour une chanson, autant la télécharger.
Et oui, à force de faire bouffer de la merde aux gens ils ont finit par s'en rendre compte et à organiser une résistance nouvelle, non pas en créant une musique alternative mais en touchant le système directement au coeur du portefeuille..Son vrai point faible.. Les maisons de disque se rebiffent, mais ne trouvent pas la parade..Ils jouent leur dernière carte en faisant le chantage à l'emploi. En pleine crise le gouvernement entend ce message et crée une riposte en créant Hadopi. Le marché du disque reprend quelques couleurs et commencent à croire que le pire est derrière..