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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Sam Fév 18, 2012 5:32 pm 
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Side A: Recorded at El Nahar Studio, Cairo/Heliopolis, May 1983
Side B: Recorded at Il Capo Jazz Club, Cairo/Zamalek, January 13, 1984

A1 Egypt Strut 6:40
A2 Dawn 12:14
B1 Watusa 18:15

• Alto Saxophone – Danny Thompson* (tracks: A1, A2)
• Alto Saxophone, Flute – Marshall Allen (tracks: A1, A2)
• Bass Clarinet – Eloe Omoe (tracks: A1, A2)
• Bassoon – James Jacson (tracks: A1, A2)
• Salah Ragab (tracks: A1, A2)
• Drums – Chris Henderson (5) (tracks: A1, A2), Claude Broche (tracks: A1, A2), Eric Walker (tracks: A1, A2),
• Keyboards, Performer [Hohner Melodica] – Sun Ra (tracks: A1, A2)
• Tenor Saxophone – John Gilmore (tracks: A1, A2)
• Trombone – Tyrone Hill (tracks: A1, A2)

Vinyle de 180 gr. fabriqué en 2010 en Russie.

Le point commun de ces deux faces, c’est l’Egypte et même la capitale où ont été enregistrées ces deux faces. Cette destination prend une forme particulière pour Sun Ra, celle du « retour aux sources » et même d’une forme de pèlerinage. Nombreux sont les Jazzmen à avoir chanté l’Afrique, à l’avoir célébrée, mais peu ont pris la peine de l’arpenter, et même de l’ « enquêter » pour ce qui concerne Sun Ra, y recherchant les sources musicales de Jazz. La cosmologie de Sun Ra doit beaucoup à l’ancienne Egypte, mais il y puisera aussi son goût pour les percussions, elles inondent son œuvre avec bonheur et leur abondance est l’une des caractéristiques principales de sa musique .

Ce voyage fut aussi l’occasion d’une rencontre, celle de Sun Ra et Salah Ragab. Les signes ne peuvent tromper, ces deux là sont faits pour s’entendre. Salah Ragab est un percussionniste égyptien qui créa, dès 1968 un grand orchestre de jazz intégrant les influences de la musique arabe. Il joua avec le Cairo Jazz Band lors de la visite de Nixon en Egypte en 72. On peut donc l’entendre sur cet enregistrement, Il joue des percus face une et de la batterie sur la face deux. Disons le tout de suite, la rencontre est belle et féconde, la musique heureuse et sereine. Salah Ragab est aussi l’auteur des deux compositions de la première face.

Celle-ci se caractérise par une restitution sonore de haute qualité, ce qui n’est pas toujours le cas chez le Grand Céleste. La pureté dans les timbres et les sons ajoute à la force tranquille d’ Egypt Strut qui se déroule sur un rythme syncopé évoquant une marche majestueuse, ce qui est un thème récurrent chez Sun Ra, on sent une grande proximité musicale entre nos deux musiciens, une fusion artistique, les compositions elles-mêmes ne dépareraient pas la palette des meilleures créations de Sun Ra. Dawn est un titre écrit autour d’un hymne islamique, chanté au cours du mois de Shawall, selon la tradition religieuse, à 4h51 du matin, après être sorti de sa maison. Curiosité: on peut y entendre Sun Ra jouer du mélodica.

La face deux est à l’opposé, enregistrée six mois plus tard, on y retrouve l’un des chevaux de bataille de Sun Ra qu’il aime jouer en Live : Watusa (parfois nommé Watusi) qu’il joue assez régulièrement depuis la fin des années 50. On a l’impression d’avoir affaire à un bootleg en mono d’assez faible qualité. Il est enregistré au « Il Capo club de jazz » du Caire, l’espace est réduit et confiné, l’ambiance semble bien chaude et la température élevée. Les percussions sont à la fête pendant ces dix-huit minutes de folie où les danseurs sont accompagnés par Salah Ragab avec tous les membres de l’Arkestra qui jouent ensemble des tambours et des percussions, jusqu’à l’exposé final du thème.

Sans être un indispensable, un bon album à la fois serein sur la face un et festif sur la face deux.

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Lun Fév 20, 2012 5:19 pm 
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A1 Yochanan – Muck Muck
A2 Yochanan – Hot Skillet Momma
A3 Yochanan – Rocket Ship Rock
A4 Yochanan – Is That Me?
A5 Yochanan – Hot Skillet Momma
A6 Yochanan – Muck Muck
A7 Yochanan – The Sun Man Speaks
B1 Yochanan – Message To Earthman #1
B2 Yochanan – Message To Earthman #2
B3 Little Mack (2) – Tell Her To Come On Home
B4 Lacy Gibson – I Am Gonna Unmask The Batman
B5 Ebah* – I Am Gonna Unmask The Batman
B6 Don (Dino) Dean – Space Stroll

Retour dans les années 50 (de 55 à 58) pour cette production qui n’est pas sans évoquer la compilation “Medicine For A Nightmare (The Singles)” présentée plus avant. Il y figurait en effet le premier titre présent sur cet album : « Muck Muck » chanté par Yochanan. On trouve ce chanteur sur neuf titres de cet album, tous issus de 45 tours enregistrés à l’époque en pleine vogue d’un genre appelé le doo-wop, il s’agit de rhytm’n blues, ici limite Rock’n roll, dont l’interprétation faisait place aux onomatopées (d’où le nom de doo-wop). C’est en effet plus spécifiquement le chant qui caractérise ce style vocal, souvent interprété par plusieurs chanteurs aux voix complémentaires (Golden Gate Quartet, les Platters). Avec Yochanan et Sun Ra l’interprétation est carrément déjantée et exubérante elle nous fait penser à ce que faisait un chanteur comme Screaming Jay Hawkins. En effet, la voix est forte et puissante, très expressive et énergique, elle se marie bien avec le style des morceaux ici présentés, parfois ça évoque même Little Richard dans une certaine démesure…

Muck Muck a failli être un tube, il s’est vendu par centaines, de la main à la main, à la fin des concerts de l’Arkestra, mais il ne restera malgré tout qu’un succès local, en effet, El Saturn records n’a rien d’une major. Hot Skillet Momma a quelque chose d’effrayant, la tension est créé par des paroles suggérant le pire… l’interprétation est théâtrale entrecoupée par un vigoureux hymne rock’n Roll. Le rythme reste trépidant avec Rocket Ship Rock dévolu à la danse, aux déhanchements, tournoiements et autres cabrioles… Is That Me? est plus chaloupé et se balance au son d’un superbe solo de sax en arrière-plan. Titre inédit, tout comme Rocked ship Rock

Retour aux thèmes de science-fiction avec The Sun Man Speaks et Message To Earthman #1 et #2, Yochanan se fait « extra-terrestre » lors de ces interprétations/déclamations et se transforme en voyageur spatial. A n’en pas douter il le fait par amitié pour Sun Ra, gaffe à ne pas se brûler les ailes …

La suite des interprétations laisse la place à d’autres chanteurs/interprètes. Little Mack se livre à fond dans un solide mambo Tell Her To Come On Home, vraiment sans faille. Retour de Batman avec deux vocalistes différents, Lacy Gibson et Ebah. La première interprétation fait immanquablement penser à James Brown, voix soul et arrangements idoines. La qualité de la seconde est hélas tempérée par quelques faiblesses techniques au niveau de la prise de son, assez rédhibitoire, hélas.
La dernière pièce, sorte de montage radiophonique a carrément des accents psyché avant l’heure, un peu twist, un peu rock, les années soixante frappent à la porte…

Encore un album à part quelque part entre l’anecdotique et l’essentiel, un grain.

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mar Fév 21, 2012 2:01 am 
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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Sam Fév 25, 2012 5:21 am 
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Sun Ra & His Myth Science Arkestra :
The Paris Tapes: Live At Le Théâtre Du Châtelet 1971 (Art Yard/ Kindred Spirits)

A1-Space Is The Place
A2-Somebody Else's Idea
B1-Watusi

Voici un formidable témoignage du passage de Sun Ra à Paris en 71. Vraiment un beau concert et (pour une fois) un fort bel enregistrement. Seulement trois titres ici, un extrait donc, mais ne boudons pas c’est du très bon Sun Ra. L’ambiance qui règne ici peut faire penser à certains disques de Pharoah Sanders, de la joie, de la musique simple et entraînante, des chants, des danses, le public ne s’y trompe pas, il participe activement, comme sur Space is the place, entraîné par le chant de June Tyson, les chœurs de l’Arkestra et les percussions folles qui débutent un long périple… L’assise rythmique devient hypnotique sur Somebody Else’s idea, l’ambiance est tribale, répétitive, le chant envoutant de June nous invite à nous abandonner à l’ivresse de la joie partagée…

Watusi prolonge le tumulte des tambours, batterie et percussions, comme au Capo Jazz Club du Caire mais avec une meilleure restitution sonore… Si vous rêvez d’orgies de tambours africains, de rythmes démultipliés, d’hypertrophie percutante, de cris de folie et de mystification vaudou alors ce disque est fait pour vous…

Mais comme toujours avec le Sun tout est paramétré et se déroule sur un canevas finement tressé, l’improvisation collective s’exprime en une unité rythmique qui prend de multiples formes, se déploie en mille couleurs et éclate tels des feux d’artifice en une déflagration sonore guidée par la main du maître qui en incarne la mémoire.

Loin des envolées de synthé, des solos free ou des sonorités hard-bop, ici c’est l’Afrique et ses rythmes qui s’invitent, un autre visage de notre estimé mage, il se joue là quelque chose d’essentiel…

(Il existe une version complète du concert sur CD)

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mar Fév 28, 2012 10:18 pm 
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Lanquidity 8:19
Where Pathways Meet 6:30
That's How I Feel 8:09
Twin Stars Of Thence 9:30
There Are Other Worlds (They Have Not Told You Of) 10:58

• Alto Saxophone, Oboe, Flute – Marshall Allen
• Baritone Saxophone – Julian Presley*
• Baritone Saxophone, Flute – Danny Thompson*
• Bass – Richard Williams (4)
• Bass Clarinet, Flute – Ego Omoe*
• Bassoon, Flute, Oboe – James Jacson
• Congas [Congo Drums], Timpani – Artaukatune*
• Guitar – Dale Williams (2), Disco Kid
• Percussion – Luqman Ali, Michael Anderson (2)
• Tenor Saxophone – John Gilmore
• Trumpet – Eddie Gale
• Trumpet, Flugelhorn – Michael Ray
• Voice – Edde Tahmahs*, James Jacson, June Tyson, Sun Ra

Philly Jazz Inc. – PJ666 – 1978

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a tout connu de l’évolution du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue histoire, il a commis, parmi de multiples ballons d’essai lancés aux quatre coins des mondes du jazz, quelques disques-sommes, comme des phares ou des bouées, ici et là semés, pour ne pas se perdre, pour baliser la route. On pense à The Nubians Of Plutonia, The magic city ou Lanquidity.

Ce disque cumule les qualités parfois éparses sur d’autres albums. En plus de la maîtrise de la composition et de l’orchestration, on retrouve les rythmes bouillonnants bien sûr, mais aussi cette musique « spatiale » qui vous emmène et vous déplace. Ici, au pays de lanquidity, il faut rajouter la perfection du son, des arrangements et de la production. On y trouve aussi une ouverture vers le « Space-Jazz-Rock ». Bien sûr Sun Ra n’a pas attendu Miles Davis pour utiliser des moogs et autres synthés, c’est même lui le précurseur, il n’imite même pas, mais au détour d’une vibration, d’accords plaqués, répétés, avec la lenteur adéquate, on sent l’appropriation, mieux : la fusion, peut-être la présence des guitares, l’éclatement des tensions…

Ce disque est un cinq étoiles, Lanquidity dessine un univers flottant dans lequel on se déplace, immatériel, il se dessine au fur et à mesure de notre cheminement, en une longue parade qui avance majestueusement et s’écoule lentement tel un long fleuve qui se révèle être en apesanteur. La rythmique est de plomb et nous sommes liquide, vapeur et fumée, paradoxe apparent de la complexité du Grand Céleste. Tout change, évolue, se transforme dans cette onirique traversée.

Where Pathways Meet et That's How I Feel sont funkys, dansants : rythmes syncopés, riffs envoûtants, deux guitares et une basse électriques, trois batteurs, trompette stridente et solo de feu de John Gilmore… Pulsations élastiques, Funk et fusion, danse sur la braise !
L’accès à la musique en est facilité, ce disque représentant certainement une des portes d’entrée les plus évidentes pour aborder l’œuvre protéiforme du Grand Mage.

Sur Twin Stars Of Thence Sun Ra utilise un piano électrique Fender Rhodes qui accentue l’aspect électronique typique de cette décennie, échappant cependant à tous les clichés du jazz-rock servis à la louche en cette période, tant la musique est personnelle et la démarche de Sun Ra unique. Danny Thompson et le son chaud du baryton en est, entre autres, le garant.

L’album s’achève avec le fabuleux There Are Other Worlds (They Have Not Told You Of) où les voix se mélangent en une douce mélopée, profonde et hypnotique, en écho au morceau d’ouverture, le voyage se prolonge dans un univers fantastique où les voix d’outres-mondes nous parviennent et chuchotent à nos oreilles…

Bah, indispensable, tout simplement …

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mer Fév 29, 2012 7:13 pm 
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Je continue à découvrir grâce à un torrent sur lequel j'étais tombé il y a longtemps et qui proposait une trentaine d'albums, et là, j'écoute Other Planes of There (1966), assez "orthodoxe" dans son free, c'est très bon !

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mer Fév 29, 2012 8:11 pm 
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Je continue à découvrir grâce à un torrent sur lequel j'étais tombé il y a longtemps et qui proposait une trentaine d'albums, et là, j'écoute Other Planes of There (1966), assez "orthodoxe" dans son free, c'est très bon !

Hé hé! avec notre Vieux Céleste il y a le choix!
Very Happy

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mer Mar 07, 2012 9:35 pm 
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Sun Ra And His Arkestra* – Super-Sonic Jazz (1957)

A-India- Sunology -Advice To Medics- Super Blonde -Soft Talk
B- Kingdom Of Not-Portrait Of The Living Sky -Blues At Midnight- El Is A Sound Of Joy -Springtime In Chicago- Medicine For A Nightmare

• Alto Saxophone – James Scales
• Alto Saxophone, Baritone Saxophone – Pat Patrick
• Baritone Saxophone – Charles Davis (2)
• Bass – Victor Sproles
• Bass [Electronic] – Wilburn Green
• Drums – Robert Barry (2), William Cochran (2)
• Piano – Le Sun Ra*
• Tenor Saxophone – John Gilmore
• Timpani, Timbales – Jim Herndon
• Trombone – Julian Priester
• Trumpet – Art Hoyle*

Super-Sonic Jazz est le premier album paru sur le label El Saturn Records, en 1957. Ce fameux label créé par Sun Ra et son bras droit, ami et partenaire : Alton Abraham. Celui-ci avait plus d’un point commun avec Sun Ra, ils partageaient le même goût pour le mysticisme et l’ésotérisme. Alton Abraham était connu à Chicago pour faire des prédictions et s’intéresser aux livres saints et aux textes occultes, à La Cabale et à Nostradamus. Cette proximité d’intérêt explique leur amitié et leur engagement mutuel dans la création d’El Saturn. C’était l’un des premiers labels indépendant et le tirage de ce premier album a été extrêmement limité. Une réédition en 2009 assure aujourd’hui sa disponibilité et sa bonne diffusion. Ce ne sont pas, on l’a vu, les premiers enregistrements de Sun Ra, mais très probablement c’est bien là le premier 33 tours enregistré sous son nom.

Cet album n’est donc pas un album de free-jazz et d’avant-garde, il se caractérise plutôt par l’appartenance à ce mouvement de la fin des années 50, « l’exotica ». L’exotisme ici ce n’est pas les îles Hawaï ou la musique indienne, mais l’espace et son infini. Au verso de la pochette on peut lire un poème de Sun Ra sur ce thème : Points on the Space Age, il y parle de ses deux centres d’intérêts principaux, la musique et la cosmologie. On y reconnaît ce qui fait la forme du jazz conventionnel au sein d’un big band : le swing et l’académisme des arrangements. D’après certains spécialistes, c’est sur ce disque qu’on entendrait pour la première fois l’enregistrement d’un piano électrique sur un enregistrement de Jazz (cf. India).

Quelques thèmes de cet album seront réutilisés sur des enregistrements ultérieurs. Medicine For A Nightmare sur Angels and demons at play, El Is A Sound Of Joy sur Sound of Joy et Blues At Midnight sur jazz in Silhouette, bien entendu dans des versions différentes.

India se situe dans la lignée de cette musique exotique, le piano de Sun Ra esquisse un thème simple sur lequel Art Hoyle à la trompette dépose un très beau solo, la musique est propre à évoquer l’Orient, déjà les percussions foisonnent et fourmillent …

Sur Sunology Pat Patrick puis John Gilmore nous livrent deux solos dans la tradition, baryton et ténor se lovent au rythme paresseux de cette douce ballade bluesy. Advice To Medics consiste en un solo du maître, sur ce fameux piano électrique, aérien et solaire.

Super Blonde (Bronze Super sur une réédition impulse !) évoque simplement l’histoire d’une…super Blonde, comme indiqué sur la pochette ! C’est le premier morceau qui sonne comme un big band traditionnel, rythme enlevé, succession de solos des cuivres ou des anches…Soft Talk ferme la face dans la même veine…

Kingdom Of Not est un royaume traversé par un magnifique solo de John Gilmore, sur un tempo assez vif et enjoué. Portrait Of The Living Sky est, lui, dévolu à la rythmique sur lequel Sun Ra dépose quelques grappes de notes au piano…

Blues At Midnight donne brillamment à John Gilmore et à Art Hoyle l’occasion de démontrer leur technicité et leur feeling en solo, en nous replongeant dans le cadre d’un band hard-bop en vogue alors.

El Is A Sound Of Joy se pâme avec une certaine lenteur puis évolue avec espièglerie vers un air rythmé, dansant et mutin, Pat Patrick à l’alto dialogue joliment avec Sun Ra.
Springtime in Chicago évoque une Amérique de carte postale, variété sucrée et nonchalance, il ne manque que Julie London…

Medicine for a nightmare clot l’album sur un tempo rapide qui permet aux solistes de s’exprimer avec vivacité, Sun Ra et son piano électrique, Pat Patrick au baryton et Julian Priester au trombone.

Cet album sonne de temps en temps comme un combo de jazz et parfois comme un véritable big band. Il ne contient rien qui le rende indispensable, si ce n’est son petit rôle historique évoqué plus haut. Il possède sa part de belles pièces, celles à tendance exotiques me semblent les mieux réussies. Il est aussi le premier effort sur El Saturn Records, c’est un bon album mais il en fera sans doute d’un peu meilleurs sur la même période.

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Sam Mar 10, 2012 12:48 pm 
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Sound Of Joy (1957) - Transition label

Face 1- El Is The Sound Of Joy 3:59 Overtones Of China 3:22 Two Tones 3:40 Paradise 4:26 Planet Earth 4:30
Face 2- Ankh 6:30 Saturn 4:00 Reflections In Blue 5:51 El Viktor 2:30

• Alto Saxophone – Pat Patrick
• Baritone Saxophone – Charles Davis , Pat Patrick
• Bass – Victor Sproles
• Drums – William Cochran
• Piano, Electric Piano – Sun Ra
• Tenor Saxophone – John Gilmore
• Timpani, Percussion [Timbali] – Jim Herndon
• Trumpet – Art Hoyle, Dave Young

Encore un album de la période de Chicago. Pour des raisons juridiques il ne fut publié qu’en 1968 par Delmark, mais les enregistrements datent bien de la fin de l’année 1956. El is a sound of joy est la même version que celle publiée sur l’album Super-Sonic Jazz, Overtones Of China , Two Tones, Reflections In Blue et El Viktor sont identiques à ceux figurant sur Visits Planet Earth. Il est regrettable que ces enregistrements n’aient pu être publiés en leur temps, ils auraient sans doute été bien accueillis et auraient facilité la reconnaissance de Sun Ra par un plus large public.

Longtemps considéré comme le deuxième album de Sun Ra, cet album se situe dans la lignée artistique du précédent (voir ci-dessus). On y retrouve les mêmes grandes lignes directrices. Un jazz hard-bop joué en big band. Les sonorités peuvent être soit swing, faisant appel au big-band traditionnel, soit plus intimes, la majorité des musiciens jouant des percussions, assurant une assise rythmique de feu à quelques solistes. Dans tous les cas la spécificité du son porte la signature Sun Ra, grâce à l’utilisation d’instruments habituellement peu usités (piano électrique, sax baryton, timpani et autres percussions). On remarquera que dès les débuts de l’Arkestra, Pat Patrick et John Gilmore étaient présents. Déjà la vie est communautaire et la musique la vie.

Parfois je me suis laissé aller à regarder cette vie communautaire, et plus particulièrement son aspect autoritaire, avec un œil un peu critique et distant. La discipline est en effet une vertu majeure dans l’équilibre humain géré par Sun Ra. Mais il y a une chose dont il ne faut pas douter c’est de l’amour de tous ceux là pour la musique, car c’est elle seule qui a justifié une telle attitude. L’argent n’a jamais été considéré comme un fin en soi par Sun Ra et les siens.
Mais qu’en est-il exactement de cette « discipline », où plutôt comment était géré le manque de discipline ? Y avait-il des sanctions ? Etaient-elles financières ? Renvoyait-on le fautif ? Et bien, selon le degré de la faute, la réprobation allait de la simple remarque verbale, de l’interdiction de jouer au prochain concert à la punition suprême : « le traitement royal » !
On payait au fautif la meilleure chambre du meilleur hôtel de la ville, il avait droit aux meilleurs plats, on lui versait son salaire, mais … il ne pouvait jouer au concert ! Il devait monter sur scène mais n’était pas autorisé à jouer, Sun Ra expliquait alors au public les raisons pour lesquelles le musicien était puni. Il y a clairement une humiliation, mais dans le même temps un traitement affectueux et un souci de différencier l’homme de son acte, dans le même temps Sun Ra était aimé et respecté par ses musiciens, ce qui lui a permis de maintenir à flot un grand orchestre jusqu’à la fin, ce qui est assez unique, si on tient compte de la notoriété…

Donc nous avons là un excellent album que l’on peut acquérir sans risque mais attention aux doublons…

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Lun Mar 12, 2012 4:24 am 
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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Mer Mar 14, 2012 1:48 am 
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Sun Song (1956)



A1 Brainville 4:29 A2 Call For All Demons 4:30 A3 Transition 3:40 A4 Possession 5:00 A5 Street Named Hell 3:55
B1 Lullaby For Realville 4:40 B2 Future 3:15 B3 New Horizons 3:05 B4 Fall Off The Log 4:00 B5 Sun Song 3:40

Personnel: Sun Ra, piano; Art Hoyle & Dave Young, trompette, John Gilmore, sax ténor, Pat Patrick, sax baryton; Jim Herndon, tympan, Robert Barry, Drums, Julian Priester, trombone, Richard Evans à la basse; Wilburn vert, basse électrique; James Scales, sax alto.

A Chicago, j’ai joué du piano avec Coleman Hawkins, Stuff Smith… La baronne Nica ne l’a sans doute pas cru car, un soir, elle m’a emmené au Village Vanguard où jouait Hawkins. Ella a dû être étonnée car il m’a dit : « Vous êtes la seule personne à avoir écrit quelque chose que je sois incapable de jouer… » En fait ce n’était pas une de mes compositions, mais un arrangement d’ « I’ll remember april… »
Sun Ra

Sans doute antérieurs à Super-Sonic Jazz ces enregistrements sont probablement issus d'une session datant du 12 juillet 1956, pour le label transition qui mettra sous peu la clef sous la porte, l’album Sun song fait parti des premiers enregistrements de Sun Ra sous son nom. Il a même longtemps été considéré comme son premier LP. Fini les doo-wop, fini les boîtes à strip-tease de Calumet city en compagnie de Pat Patrick et Robert Barry, l’Arkestra va s’étoffer petit à petit, on dit que Sonny Rollins lui-même y fera un passage et John Gilmore y entrera en 1955 pour ne plus le quitter pendant de longues années. C’est juste après les albums pour Transition que Marshall Allen et Ronnie Boykins intègreront le vaisseau spatial et marqueront la fin de ce qu’on appellera « la période de Chicago ». Cette forme orchestrale qui entrera dans les studios en cette année 1956 sera une des plus stables jusqu’au déménagement vers Ney-York.

« Comme je collectionnais les disques, un vendeur m’a conseillé l’album transition de Sun Ra. Dès que je l’ai entendu, j’ai voulu jouer avec Sun Ra. »
Marshall Allen


Sun song est à cheval entre la tradition et la modernité. Il est donc très accessible à une oreille habituée aux arrangements des grands orchestres. Un poil plus « raide » que Super-Sonic Jazz peut-être, un peu plus ancré dans le be-bop, mais il a sa part de modernité.

Brainville ouvre l’album de fort belle manière, ce morceau enjoué, sur un tempo rapide, fait penser à Mingus et offre un joli passage où le baryton à Pat Patrick fait entendre sa sonorité majestueuse en contraste avec la sourdine de la trompette et le son cuivré du trombonne de Julian Priester.

Call For All Demons s’articule autour d’un magnifique thème rapide et vif, John Gilmore, Sun Ra et même Jim Herdon au tympan nous offrent de bons moments musicaux…

Transition bien pulsé par la basse électrique est secoué par une succession de riffs emmenés par les sections des anches et des cuivres, succession de brefs solos concis et brillants dans la tradition bop.

Possession est une ballade vouée à John Gilmore qui louche vers la sérénade la plus sucrée, pièce élégante et sophistiquée.

Street Named Hell est à nouveau rythmé par le tympan et son énorme son de tambour vibrant, tandis que la basse électrique s’exprime en solo avant que n’interviennent la section des anches, on croirait vraiment entendre une musique de film, majestueux, détonnant et déjanté !

Sur Lullaby For Realville on pense à nouveau à Charles Mingus l’air est entraînant, la basse groovy et le pupitre d’anches savamment millimétré dans ses interventions…

Future est voué dans un premier temps à Sun Ra et à son piano, gracieux et avant-gardiste. Les arrangements son subtils et préfigurent l’…avenir.

New Horizons est languissant, paresseux, il s’étire lentement avant de s’achever autour d’un joli thème bien polissé.

Fall Off The Log est classique dans sa forme, un hard-bop bien réchauffé qui permet à James Scales et John Gilmore de se mettre en valeur.

Sun Song est le morceau “exotique” de l’album, celui qui a le plus de charme avec cet orgue trafiqué et ces coulées de notes au piano. Encore une évocation magique d’un orientalisme rêvé…

Un nouveau témoignage des débuts discographiques du Sun, un hommage à la tradition avec une pointe de modernité, sans doute pas le meilleur choix pour aborder cette première période discographique, l’album restant malgré tout assez sage, ce qui ne lui enlève rien de son charme propre… On pense à Duke Ellington, à Gil Evans, à Charles Mingus, à George Russel mais pourtant ça reste si personnel et identitaire qu’on y entend surtout la marque d’un très grand.

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Jeu Mar 15, 2012 3:35 am 
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Sun Ra un noir dans le cosmos ( Aurélien Tchiemessom) Edition Bonidé - 23€

Tel est le titre de l’un des rares écrits en français consacré à notre Grand Céleste. L’auteur consacre ici une étude sur la société Noire Américaine, en prenant comme fil directeur la vie extraordinaire de Sun Ra, sa pensée, sa maturation politique et artistique, son évolution personnelle mis en parallèle avec celle du peuple noir Américain au cours d’une grande partie du vingtième siècle. Le choix de partir de la vie de Sun Ra n’est pas neutre, phare de la Great Black Music, penseur et philosophe, il est à la fois acteur et témoin privilégié de l’un des apports culturels incontestables à la civilisation Américaine, celui du blues, des racines, et du Jazz jusque dans sa forme la plus libre.
Ce livre n’est pas une biographie au sens stricte, mais il fourmille de renseignements puisés dans les nombreuses lectures de l’auteur qui a assimilé une imposante documentation, à partir de livres, d'articles de journaux,de films, de publications internet, de témoignages. L’analyse dépasse très souvent le cas de Sun Ra, qui est sans cesse resitué dans la perspective historique du combat du peuple noir Américain dans sa lutte pour les droits civiques, l’égalité raciale et la justice sociale.
Paradoxalement il est assez peu fait compte de la musique de Sun Ra à partir de ses publications phonographiques. C’est plus un livre de sociologie que d’analyse du phénomène musical. Une grande part est toutefois réservée à la compréhension de l’artiste, à sa façon de travailler, à ses rencontres, à son rapport avec sa famille, aux lieux dans lesquels il a vécu, et surtout à la cosmologie qui a habité notre fascinant personnage.

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Jeu Mar 15, 2012 3:56 am 
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Un topic qui a l'air très complet ..Faudra que je me penche sur l'oeuvre du Sieur un de ces jours sourirezz

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Jeu Mar 15, 2012 12:16 pm 
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Un topic qui a l'air très complet ..Faudra que je me penche sur l'oeuvre du Sieur un de ces jours sourirezz

Pourquoi pas, si le cœur t'en dis... Mais attention c'est un voyage en immersion !

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 Sujet du message: Re: Sun Ra
MessagePosté: Jeu Mar 15, 2012 12:17 pm 
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C'est justement le côté trop expériemental du bonhomme qui me fait un peu peur mouaizz

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