Mouarf, le phénomène n'est pas nouveau. Nous tous là, on est des pointus, des obsessionnels qui creusons, cherchons, nous lassons d'entendre toujours la même chose et prenons le risque de nous planter dans nos choix.
"Les gens" préfèrent acheter ce qu'ils connaissent déjà 1) pour ne pas risquer leurs sous, 2) par paresse intellectuelle. Le test est probant : au cours d'une semaine de vacances communes par exemple, tu leur passes 2-3 fois une compil (audible) réalisée par tes soins de morceaux inconnus. Tu es tranquille, tu en convertis la moitié qui constate, l'air étonné : "C'est pas connu, pourtant c'est vachement bien" (le rapport théorique entre la qualité d'une oeuvre et son succès commercial me crispe toujours

). Résultat : certains de mes amis ont des CD de Open Mind, du WCPAEB ou de Tim Buckley dans leur discothèque, perdus au milieu des daubes de la radio qu'ils continuent à acheter...
D'ailleurs, pour ceux qui lisent pour se distraire (comme moi), assure-t-on la promotion de talents singuliers de la littérature ? Va-t-on fouiller dans les catalogues de minuscules éditeurs pour y trouver l'écrivain de génie qui ne bénéficie d'aucune campagne de pub et de passages télé ? Bah non, on achète le nouveau livre d'un pro établi qu'on connaît déjà, voire pour les plus téméraires on en choisit un parmi le paquet mis sur la table par la Fnac... On fait aux livres et aux films ce que les autres font à la musique, non ?
Problème de diffusion, donc (c'est plus facile d'accéder aux médias et de susciter la curiosité quand on s'appelle Bruni-Sarko). Mais, soyons honnêtes : même si la promotion des vrais talents était effective, vue la surproduction, 90 % de ce qui est édité resterait malgré tout dans l'anonymat.
Pour en revenir au thème du topic

, le coup de gueule contre le succès commercial de la femme du président peut s'appliquer à des tas d'autres succès commerciaux... la vie est injuste.
