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Ce qui peut faire tomber les préjugés, ce n’est pas légitimer le mariage, mais la normalité. Que les homosexuels soient perçus comme des personnes normales. Ce qu’elles sont, certes, mais la communauté homosexuelle commet la maladresse, par un événement aussi médiatisé que la Gay Pride, d’afficher sa différence en entretenant les préjugés. D’abord, afficher sa fierté d’être gay. Les hétéros paradent-ils ? Ensuite, le faire avec des gros clichés qui en font un objet de divertissement et de moquerie. Le côté très sexuel de la parade, très impudique. Il serait grand temps que cette mascarade cesse pour que les gays puissent réellement se fondre à la population, et non s’en démarquer.
L’homophobie, c’est comme le racisme. Ce qui dérange autant les racistes que les homophobes, c’est la différence, le clivage, qui est parfois recherché par ceux qui sont rejetés. Je vous donne un exemple :
De l’âge de 19 à 23 ans, je vivais en Allemagne, dans ce qu’on peut appeler une communauté. Nous étions environ 200 jeunes qui vivaient dans un village, nous étions là pour y apprendre un métier. On vivait en internat, on mangeait ensemble dans le même réfectoire, on se retrouvait le soir après le boulot et on sortait ensemble. Nous étions une communauté très soudée. Enfin, évidemment, il y a avait des clans, selon les amitiés qu’on nouait, mais on s’entendait très bien. Dans cette communauté, il y avait des Allemands d’origines diverses. L’un de mes meilleurs amis était d’origine yougoslave, j’ai aussi eu un grand ami qui était vietnamien. Mais ils vivaient comme nous, se fondaient à la communauté, alors si leur culture différente pouvait être un enrichissement, leur « normalité » faisait en sorte qu’ils étaient parfaitement intégrés et aimés.
Un jour, deux jeunes hommes musulmans sont venus au centre pour y apprendre un métier. Ils n’ont jamais pu s’intégrer à notre communauté. Parce que nous étions racistes ? Pas du tout. Nous aurions été enchantés de faire leur connaissance, d’en faire nos amis. Mais ce sont eux qui, d’emblée, se sont exclus de notre cercle. Ils restaient entre eux, ne parlaient à personne. Au réfectoire, les cuisiniers devaient leur préparer des plats différents à cause de leur religion. Ce refus de s’intégrer à nous véhiculait forcément de la méfiance, attisait les préjugés. L’intégration doit être désirée des deux côtés. Si ce n’est pas le cas, les préjugés ne se tairont jamais.
Ça me rappelle ce que me disait un pote gay, mais lui disait surtout que ce n'était pas la gay pride en tant que telle qui le dérangeait, mais la manière de la faire. Cette connotation sexuelle et débridé qui donnait l'aspect d'un effet de mode, alors que pour lui la gay pride c'était avant tout pour montrer aux autres que l'homosexualité était bien plus répandu que la société voulait l'admettre et qu'il était tant d'arrêter l'hypocrisie sur le sujet et qu'il n'y avait rien de répréhensible à l'être.
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