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Et ta soeur a été super résistante ! Moi, en bossant 5 ans dans une maison de retraite au faible moyen et donc un manque de personnel chronique et la suppression 4 postes d'AS pour la journée (décision du conseil général) ça n'arrange pas (on est passé le matin de 8 à 6 puis à 5, et l'après-midi de 2 à 1, avec 2heures complètement seule, sans IDE...) , ça m'a épuisé la patience et le physique au bout de 3 ans : quand on te demande de 12 à 15 toilettes le matin, ce n'est pas seulement notre motivation qu'on flingue, mais la dignité humaine des patients et résidents, dans pareil condition, les premiers à en pâtir ce sont eux, et je peux vous dire qu'une partie des personnes âgées se laissent mourir (syndrôme de glissement, pour parler techniquement), parce qu'ils n'ont aucune raison de rester plus longtemps... des aide-soignantes motivées et jeune, en viennent souvent par se blinder pour supporter de devenir des machine à laver industriel, et finissent par devenir exactement ce qu'elle ne voulait pas être au départ : une aide-soignante qui ne voit plus les patients et résidents comme des humains, mais comme des bouts de viande à désinfecter.... moi pour éviter ça, je pris un poste de nuit, par la suite, pour avoir le temps de faire ce qui à la base, m'avait poussé à choisir ce métier, le contact humain, que je ne trouvais plus en journée, faute de temps, ce qui est un comble. Bref, pour rester dans le milieu, j'en suis venue à devoir me ménager à même pas 30 ans...
Bon j'ai enfin quitté cette maison et je suis passée par d'autre maison qui m'ont au moins fait voir qu'on pouvait travailler correctement et qu'on prend plaisir à y venir travailler.
Je plains les urgentistes. Même si leur travail doit être passionnant, fait dans de telle conditions, c'est l'enfer.
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