Quelques extraits choisis :
Cela vous pèse de devoir vous plier aux contraintes des maisons de disque?Avec l’arrivée du net, le disque c’est quand même moins 70% en 7 ans. Si Marianne était à moins 70% en 7 ans, cela changerait évidemment beaucoup de choses pour vous. Et dans le business, ils sont tellement flippés, c’est tellement des loosers, qu’ils sont prêts à écouter n’importe quel charlatan. Et le premier charlatan qui se présente, en général, c’est les médias. C’est eux qui nous dictent ce que l’on a à faire.
Mais d’autres modèles économiques émergent.Mais il n’y aura pas d’autres modèles économiques. Pour les gens de moins de trente-cinq / quarante ans, la musique ça doit être gratos. Moi j’ai appliqué la méthode, je lis toute la presse tous les jours, je ne paye pas un centime et je n’achète jamais un journal. Je lis tout en ligne.
Vous êtes dur dans votre rapport à la presse.Pendant des années, elle s’est foutue de notre gueule en disant : « C’est des connards dans la musique, ils sont incapables de trouver une autre façon de faire avec le net, c’est vraiment des nigauds. » Et bien aujourd’hui c’est la presse ! Qu’en est-il des nigauds ? C’est facile de tomber sur les artistes et de dire : « Vous êtes vraiment des cons. » Mais ce n’est pas moi qui ait inventé le CD ou Internet. Pour la presse, on était vraiment les crétins de la Terre. Vivement que la presse s’écroule, on va bien rigoler aussi. Et ça commence déjà pas mal.
On a parlé du web et de la musique au niveau économique. Quel a été votre rapport à Internet en tant qu’artiste ?J’ai commencé en 1995, je vais bientôt avoir 20 ans de présence sur Internet. Beaucoup veulent bien me reconnaître ça, j’ai été pionnier. J’ai fait des milliers et des milliers de pages, des indédits, des films, j’ai communiqué à mort. Au début j’y croyais. Mais j’ai misé comme tout le monde sur le mauvais cheval, en me disant que les gens étaient vertueux. Mais tu leur files des indédits, ils vont le copier 3 000 fois dans la journée, et tu n’as même pas un message pour te dire merci. Certains les compilaient et les vendaient sur Ebay. Ils gagnaient du pognon en revendant ce que je filais gratos. Finalement, on ne trouve pas des fans, mais des consommateurs de gratuit.
Ça vous parle ?
Intégralité de l'interview là :
http://www.marianne2.fr/MMDP/Jean-Louis ... e_a18.html