un groupe sympatoche qui allume bien les esgourdes
Concert de Mademoiselle K, La Vapeur, Dijon, 6 novembre 2008
Une petite Mademoiselle mais un grand K si on devait résumer l’artiste. Car s’en est une. Un peu trop vénère par moments, mais les « putains » et autre « merde » vociférés par cette adulescente en crise grave ne gâchent pas la prestation musclée de ce petit bout de femme aux épaules plus larges que certains mecs. Son prénom c’est Katerine, et elle assure.
Quand les musicos arrivent sur scène et enfourchent leurs bécanes, brouhaha modéré dans la salle. Quand Katerine arrive, exultation générale du parterre de fans sidérés par son apparition ; on se croirait à un concert de Mylène Farmer. Pas longtemps. La miss est à moitié à poil, un plastron à moumoute sur les nichons (sic.). Les yeux surmaquillés, elle a le regard de Nicholson dans Shining. Léger frisson.
David à la batterie lance les hostilités et le rock coule ! dans un tempo zeppelinien la prestation s’engage lourdement, Pilou caresse sa basse et Katerine s’ébroue dans tous les recoins de la mini-scène dijonnaise. Une entrée en matière assez impressionnante quand on connaît plus les ballades roucoulantes du groupe. Les morceaux du premier album (
Ça sent l’été, Ça me vexe) sont envoyés assez méchamment à la face de l’auditoire, guitares stridentes et batterie lourde. Katerine assure toujours. Puis les choses se tassent un peu, il leur faut récupérer des forces, les titres les moins violents arrivent par la suite :
ASD, Grave, et un
Jamais la paix plus speedé bien placé. Ça redémarre.
S’ensuit ce qui arrive toujours dans les concerts avec têtes d’affiches à la mode, la set-list intégrant la pseudo impro avec breaks et soli de ça de là, qui débouche inévitablement sur un morceau phare. Dommage, on aimerait voir ce genre de groupe prendre des risques, surtout dans une petite salle de province… Puis deuxième faute de goûts de la soirée, un meddley de titres du premier album, histoire de faire plaisir aux fans de la première note. Mode années 80 enclenché, top 50 et tutti quanti. Katerine assure quand même.
Enfin le très bon morceau de la soirée,
Je nique le vent et je pisse debout, tendance hard prog et gros travail à la basse ! un titre 20/20 qu’il faudrait penser à diffuser sur la FM plutôt que les sucrettes qui ont révélées le groupe. Bien que je les apprécie aussi. Puis le traditionnel
Final (« est ce que ça vous a plu ? est-ce que vous reviendrez ?… ») avant l’extinction des rampes. Bien sur, acclamés par les petits bourguignons et leur célèbre « banc », ils reviennent pour surprendre l’assistance avec
Jalouse (vous connaissez ce morceau fatalement). Second rappel, Katerine revient seule avec Martine (une guitare) pour interpréter un titre de Frank Black (dont j’ai oublié le titre, les effets de la bière et de la journée de taf commençant à être irréversibles). Là encore, Katerine assure méchamment…
Au final, une agréable soirée avec quelques points de déception peu profonds. Si vous aimez P.J. Harvey, Bowie, les Pixies ou Sonic Youth vous pouvez y trouver votre compte !
Greg le méchant.