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A mon avis, c'est après que ça se gâte.
Sleepy Hollow, par exemple, c'est agréable à regarder, mais franchement, c'est avant tout un film de décorateur qui se fait un trip American gothic. ...
Désolé de couper et de ne garder que ce qui me pose problème. Je parlerais davantage d'enlumineur que de décorateur pour Sleepy Hollow.
Et surtout, ce film n'est pas qu'un simple "trip American gothic", constituant un vrai film d'auteur, qui en dit long sur les thématiques développées et enrichies chez cet "auteur à Hollywood" comme avait titré jadis
Positif ou
Cahiers, je ne sais plus.
La relation "tendue" au père, les figures maternelles complexes, la dualité héros et anti-héros incarnée par Depp lui-même, la dialectique illusion/réalité présente dans toute sa filmographie et ici magnifiée par des trouvailles de mise en scène dignes des plus grands, le comique et la violence dans le même mouvement. Un film inépuisable, vraiment, qui emprunte aussi bien à la culture populaire (le conte...) qu'à Bergman. Dès le générique, on sent qu'on a déjà affaire à un chef d'oeuvre. C'est mon préféré du cinéaste et de très loin.
Sinon, d'accord avec toi pour
Batman II, de loin le plus riche, le plus complexe et le plus sombre de toute la saga.
C'est bien beau tout ce que tu dis. D'ailleurs, j'adhère ! Et je trouverais le film remarquable si c'était un premier ou deuxième film. Mais là, quoi de neuf ? N'oublions pas que c'est du Burton ! Le type qui nous a donné Edward Scissorhands (le conte / la filiation / les figures maternelles), Ed Wood (héros/antihéros / filiation / illusion-réalité).
Je ne veux pas être mal compris : c'est un film auquel j'ai pris un grand plaisir (notamment, n'en déplaise à Nunu, parce que je pense que Depp est un acteur qui n'a pas d'équivalent), et ce n'est pas rien. Mais je ne le tiens pas pour un
grand film. J'ai toujours l'impression de voir la pâte à modeler dans la forêt, sur le pont, dans les pièces, etc. C'est probablement voulu (je suis persuadé que Burton est un très bon metteur en scène, et qu'il obtient les résultats qu'il souhaite, là-dessus non plus je ne veux pas être mal compris), mais il me semble que ce côté volontairement factice, "enluminé" si tu veux - je ne m'y connais pas assez, par ailleurs l'enluminure aux USA... mais si tu veux - est redondant avec à la fois le script et les thèmes. Total, le film est surchargé et décoratif. Mais
très plaisant, j'insiste là-dessus. C'est un bon film, mais pas un très bon.
Pour moi (.JB, si tu me lis

)
Je t'ai bien compris, Norbates. Je précisais simplement ma pensée sur ce film.
On a dit de
Il était une fois en Amérique, qu'il était un film-somme. Que
Sergio Leone y déposait toutes ses obsessions et son savoir-faire.
Je pense la même chose pour
Sleepy Hollow, film-somme de son auteur, on y trouve toutes ses obsessions dans un même film.
De plus, parler d'enluminures pour ce film américain ne me semble pas hors-sujet. Burton est américain, certes, mais ce film, notamment, emprunte beaucoup à l'Europe, les peintures hollandaises du XVIIe siècle, à l'allemand Caspar David Friedrich, et aux peintres romantiques en général, au conte médiéval...
Faut aussi rendre hommage à la superbe nouvelle de
Washington Irving, ne serait-ce que pour le nom du héros,
Ichabod Crane, qui mériterait une étude de dix pages à lui seul.