Bon, je l'ai écouté pour la troisième fois.
Suffit-il d'avoir eu une chanson taxée vicieusement par Smet, pour attirer la sympathie automatique, d'être un artiste oublié pour être bon (l'oubli oignant l'inconnu d'un baume dispensateur de talent obligatoire) ?
Le fait qu'il fut un anarchiste , qu'il fréquenta des noirs, qu'il vécut en communauté en dilapidant ses fonds avec des créatures certainement, avec des potes (l'imaginaire voit immédiatement des orgies à caractère sexuel, des pipes à eau, ou pas à eau), je dis d'accord, sans réserves aucune. Idem pour la vie en communauté. Ne dîtes pas non, c'est un vrai fantasme pour ceux qui n'ont pas connu ce style de vie très particulier.
Mais je connais aussi des gars qui ont intensément usé et abusé de la débauche (en clair qui ont niqué en se bourrant), et qui pourtant ne jouaient d'aucun instrument de musique. Comme quoi.
Voyons si un destin cruel et injuste fait un bon ADLS.
D'abord, globalement, les orchestrations sont trop luxuriantes. Le mélange de percussions bolombolombolombolom accouplé lubriquement aux cordes, et l'harmonisciste qui fait pouet, élagage indispensable.
Ce n'est pas vraiment un appel au meurtre, mais tout de même. C'est très indigeste, ces @#¤{ de cordes, même les pizzicattos clic clouc clic clouc. Peut être un souci de production à l'époque, limite variété beatnik (c'était un nouveau concept).
La voix. La sincérité affleure. Il chante avec ses boyaux. Pas mal, quand il n'est pas noyé par des arrangements ventousesques. Parfois il chante juste, comme il faut, et c'est bien, et à d'autres épisodes, ce miaulement permanent et lougaresque me hérisse prodigieusement.
Les textes. Correct. I don't care about happiness I'm not shy for loneliness I hope the captain can't you see as you say that you wanted me.
Can you see me in misery I hope the captain he can't see me can't you see me in misery as you beg and teach it me.
Your love is like a melody even the captain knows you see my engin turns like a mistery mess 10.000 horses power I guess.
I don't care about happiness. Je m'en tape du bonheur. Ecorché vif. Un côté Jean Meyrand, tout de même. Parce qu'à force de s'en taper, on est triste. On devient neurasthénique. Ce qui donné une teinte charcutière et abats au chant. On s'attend presque à ce qu'il dépose son estomac sur le micro.
You love is like a melody. Ouarf.
J'envisage plus cet album comme un documentaire (trop) daté et sans originalité par rapport à d'autres artistes (j'ai pourtant cherché le truc qui illumine).
J'ai bien lu. Il était-contre-la-guerre-qu'-est-pas-bien, belge, tout foufou, est-ce suffisant ? En tout cas, nécessaire. Il en faut des comme lui. Si j'avais du noter le bonhomme, OK, curseur sur 11. Par contre le disque, trop kitch (lorraine) … 3 pour moi.
_________________ Comment est votre blanquette ?
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