Mine de rien, je suis bien incapable de tuer une souris, mais quand j'étais petite on était envahis, et nous avions une ratière, qui nous en tuer une dizaine par jour. Ça ne m'a jamais peser sur la conscience.
Par contre les cafards non plus je ne les tue pas, ou alors à distance, parce que c'est pas que je les aime hein ! ça m'écoeure, je déteste quand ça crac sous la semelle.

Ah oui, ça, c’est un bruit dégueulasse. Mais ça ne me dérangeait pas de les écrabouiller sous mes sabots. C’est incroyable à quel point on en avait. Tu défaisais ton lit ? Un cafard dedans. Tu voulais prendre le pot de nutella dans le placard ? Trois cafards qui rôdaient autour. Tu regardais la télé ? Une famille de cafards qui déménageait tranquille de la chambre au salon sous tes yeux. C’était tellement l’horreur que ça me hantait la nuit. Je me souviens encore parfaitement d’un cauchemar que j’avais fait quand je devais avoir 8 ou 10 ans. Il y avait des cafards géants qui se tenaient debout comme les humains. Ils avaient l’allure d’un cafard, la carapace et tout, mais gigantesques. Ils étaient autour d’un immense chaudron et discutaient peinards entre eux pendant qu’ils faisaient bouillir des humains. Quand l’un des cafards a attrapé un homme et voulait commencer à lui éplucher la peau, je me suis réveillée en hurlant et je suis allée me réfugier dans le lit de ma grande soeur, en priant pour ne pas en croiser un dans le couloir. Quand j’y pense, ce rêve devait être dicté par un sentiment de culpabilité purement judéo-chrétien parce que j’en zigouillais à la chaîne. À moins que je craignais une vengeance de leur part.