The Freedom Highway
Bruce Brymer (batterie), Richi Ray Harris (guitare), Dave Schallock (basse), Gary Philippet (guitare), Scot Inglis (basse).
Attention, chef d'oeuvre! Ce groupe de San Francisco est à ranger dans la même catégorie que celle du Quicksilver Messenger Service!!! Pourtant... il est totalement méconnu, si ce n'est inconnu. La raison en est simple et honteuse à la fois. Si l'album de ce groupe a été enregistré entre 1968 et 1969, il n'a été édité qu'en 2002! Quelle erreur d'avoir attendu tout ce temps! Cet album aurait très certainement concurrencé les meilleurs groupes de la baie, tels que Jefferson Airplane et Moby Grape dont il se rapproche le plus! Ce disque est tout simplement l'un des plus gros trésors cachés des 60's, si ce n'est peut-être le plus gros!
Made In 68 s'ouvre avec Chico, un titre au riff particulièrement accrocheur et très entrainant lequel introduit merveilleusement la voix rauque et singulière du chanteur. Après une première démonstration guitaristique, le morceau se termine par un délire psychédélique dansant absolument jouissif. Le second titre commence... il laisse place à des sonorités plus chaleureuses, presque exotiques, il est aussi plus calme et torturé de sorte que son rythme est en rupture complète avec le précédent morceau. Vient Don't Look Back, un titre plus garage mais qui vire ensuite vers quelque chose de beaucoup plus psychédélique - le touché du guitariste est alors particulièrement envoutant. The Waltz For Prime Tunas finit par nous convaincre de la grande qualité du groupe et s'avère très représenatif du fameux San Francisco Sound. Le rythme plus syncopé de ce morceau débouche sur un solo de guitare tout en légèreté et remarquablement encadré par les vocaux.
Le titre New Connections met bien en évidence la voix sensuelle et groovy du chanteur. Quant à Heaven Train et Loretta, ils révèlent une facette du groupe jusque là inconnu, à savoir son côté country (qui lorgne parfois du côté de Buffalo Springfield). On reste néanmoins dans le registre psychédélique, si bien que l'acidité des guitares demeure constante. En ayant un peu d'imagination, on pourrait trouver un côté soul dans Loretta... Real Eyes est une délicieuse chanson de rock psychédélique qui déborde parfois vers le pop/folk. Le titre suivant, Head In The Fire se compose de nombreux soli de guitares, à la fois acides et stridents, d'une certaine façon en contraste avec la voix du chanteur qui est alors beaucoup plus grave... mais au final la fusion entre les deux s'avère parfaite. On enchaine avec By My Friend, encore une fois il s'agit d'un morceau particulièrement accrocheur, entrainant et bien poudré qui sonne un peu à la manière d'un hymne. Black And White s'avère lui aussi excellent et laisse à une guitare vrillante et psychédélique tout le loisir d'improviser. Reese Returns est plus groovy (surtout grâce aux vocaux) mais toujours aussi acide - la guitare est vraiment stridente et il y a une grosse dose de wha-wha. Spirit Passing, un délice de psychédélisme, marque la fin de l'album, certainement trop vite.... En somme, l'album est sans faiblesse. Il faut l'écouter et le réécouter, encore et encore, parce qu'il est l'un de ceux qui ne lasse jamais.
Pour information, Gary Philippet a par la suite crée le groupe Copperhead avec John Cipollina et Jim McPherson (ex-Stained Glass). Un groupe que je n'aime pas trop (alors que j'adore ces trois musiciens).
The Freedom Highway - Made In 68