Ce qu’il y a de terrible avec le rock anglais des sixties, c’est que vous pensez connaître sur le bout des doigts l’histoire de tel groupe ou artiste et que vous apprenez un jour que ce dit groupe existait déjà au préalable sous un nom différent ,ou participait à un projet totalement décalé. Prenons le cas de Slade, groupe bubblegum des 70’s et quelque peu glam. Qui agita les seventies de ses chansons légères et jouissives par moments…
Et un jour, curiosité aidant, vous tombez sur un disque totalement barré, lyrique et psychédélique sous le doux nom des Ambrose Slade, Beginnings sortis en 69. Peu de temps avant le succès à vrai dire.. Qu’on ne mentionne quasiment jamais dans les biographies d’ailleurs.
En fait le groupe se forme d’abord sous le nom des N’Betweens en 66, fusion de The Vendors et Steve Brett & the Mavericks, et parcoure les clubs anglais, engrangeant de mini succès locaux. Un single verra le jour, extrêmement rare, You Better Run, mélange de rock et de soul repris plus tard par un certain Kim Fowley. Ils changent ensuite leur nom en Ambrose Slade, sur les conseils de leur nouveau manager, Chas Chandler et sont signés chez Fontana. Look hippies et allumés, les Ambrose Slade (Holder/Lea/Hill/Powell) composent alors un premier album totalement original et influencé par le psychédélisme US.
Beginnings voit donc le jour en 69. Et surprendra les amateurs de Slade version 70’s. Constitués de nombreuses reprises comme ce lyrique Martha My dear des Beatles, ou ce Born To Be Wild buriné des Steppenwolf bourré d’écho. Ou encore ce Journey to the center of your mind des Amboy Dukes. Surtout, l’album est truffé de bonnes chansons, les trouvailles sont nombreuses comme ce Génésis, instrumental qui sera d’ailleurs leur premier single, aérien et déjanté. Ou ce voyageur Pity The Mother, où l’on se laisse aller aux divagations guitaristiques. L’influence soul des débuts se retrouve sur un swinguant Mad Dog Cole. Le groupe est alors en plein trip psychédélique, mais curieusement cet album ne trouve pas d’écho auprès du public.
C’est alors que Chas Chandler leur propose de raccourcir leur nom en Slade et de revenir à des formats plus concis. Ils adoptent ainsi le look de Skinheads sur leur premier album Sladien et passent à autre chose qui leur garantira un succès immédiat. Dommage, ce premier essai était vraiment réussi, déconcertant et imaginatif. A écouter d’urgence.
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