
Amon Düül II est une formation qui a été plus novatrice dans sa carrière que bien des grandes vedettes de la scène rock Américain, et c'est certainement l'un des groupes les plus représentatifs de la scène Krautrock, surtout dans sa créativité, et sans doute aussi l'un des plus populaires.
Leur son est "gothique" dans le sens du terme le plus authentique (et moins sensationnel). Leurs racines culturelles les a conduit vers des atmosphères gothiques, sans aucune auto-indulgence.

L'histoire officielle de ce groupe expérimental Allemand est réellement des plus bizarre:
Les deux "communautés" d'origine dont le groupe est issu ont une histoire assez longue et tordue, avec des ouvertures et des projets différents, sous le nom d'Amon Düül, Amon Düül II, et parfois même Amon Düül III mais celui-ci n'a rien ou peu à voir avec le "Classic" Amon Düül II qui est le plus intéressant.
Le nom Amon Düül vient de Amon Rê (Dieu Egyptien du soleil) et de Düül (Dieu Lune Turc de la musique).
A son origine, Amon Duul était en quelque sorte un trio de style free-jazz, formé en 1966 à Munich par le violoniste guitariste Chris Karrer, le bassiste Lothar Meid et le batteur Christian Burchard (qui allait former plus tard Embryo). Ce groupe était plutôt l'expression musicale d'une communauté qui comprenait à la fois des artistes et des militants politiques, et en particulier Karrer.
Amon Duul était peut-être la communauté la plus politisée d'Allemagne en 1968, l'année des émeutes étudiants.
Le groupe a sorti quelques albums de temps en temps, la plupart d'entre eux provenant des résultats d'une énorme jam session marathon improvisée qui avait eu lieu vers la fin de l'année qui ne dura pourtant que 48 heures mais qui réussit à leur fournir pour toute une vie la fourniture du matériel enregistré alors. Trois albums de Rock Cosmique à l'arraché.
Le premier album est pourtant le seul qui ait été autorisé par la communauté.
Il a été dit beaucoup de chose sur le matériel enregistré de l'Amon Düül original, mais généralement, il est condamné, avant toute écoute, en tant que rien de plus qu'une musique frustre et sauvage fortement axée sur les percussions.
http://www.megaupload.com/?d=2WPJDY0H En 1969, sort le premier LP du groupe-communauté Amon Düül intitulé "Psychedelic Underground". Il contient de véritables jams tribales et chaotiques qui sont inspirées de la notion de musique pour amateur proclamée par le leader Ulrich Leopold.
Pas de réelle mélodie, pas de voix céleste, ni musicalité intrinsèque, ce n'est donc décidément pas de la musique complexe et structurée.
Dans "Psychedelic Underground", c'est une quarantaine de minutes de purs chaos hallucinogènes. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre, ce LP est construit comme un concept album, à propos de trois amis à la recherche d'un légendaire fontaine au sommet d'une montagne.
Donc, cette réalité ne peut en aucun cas être décrite comme un album de prog rock.
Il s'agit plus simplement d'une "fanfare" sous emprise de la drogue: tambours tribaux incessants, guitare acoustique à peine cohérente, et des cris encore moins cohérents, et au hasard des raccords de musique enregistrés à partir d'un local de station de musique classique, jetés sans avertissement, comme si l'album n'allait pas déjà assez loin.
Les uns aiment et les autres détestent, mais ce disque ne laisse personne indifférent.
Leur second album "Collapsing-Singvögel rückwärts & co" est, en quelque sorte, un remake du premier avec des percussions toujours aussi incantatoires, des répétitions hallucinantes de congas, des guitares sursaturées, des cris divers susceptibles de décrire les effets du LSD, effets de bandes magnétiques, etc...puisque issu des mêmes sessions que le premier!
Le pur et dur fan de krautrock pourra essayer ce deuxième, de toute façon, c'est le même menu que le précèdent. Une espèce de masse sonore continue, histoire d'atteindre un certain état de transe!...
http://www.megaupload.com/?d=HTEQ7B24 Par contre, avec la publication de leur troisième album, enregistré à la fin de l'année 1970, intitulé "Paradieswärts Düül", Amon Düül nous montre un tout autre visage. L'approche musicale est vraiment toute autre.
Peut-être grâce à un léger changement de personnel, avec l'arrivée de John Weinzierl, à la guitare et de Shrat aux bongos (futurs musiciens Amon Düül II), "Paradieswärts Düül" se trouve être très différent des deux premiers albums, pour ne pas dire plus.
La musique est beaucoup plus construite: compositions structurées et vraies mélodies. Mélange de folk, d’artifices de studio comme des accélérations subites, et puis retour à la longue jam acoustique avec chant, piano et bongos. "Paradieswaerts" ne comprend que trois morceaux mais il est complètement différent des autres albums du groupe.
Ce disque paraît en 1971.

En 1973 parait "Disaster" qui est la dernière véritable trace d'Amon Düül qui éclate en vol en 1969, pour renaître très vite en Amon Düül 1 (pas de trace discographique) et Amon Düül 2, groupe plus structuré qui va rayonner dans l'Europe entière au cours des années 70 et publier un grand nombre d'albums.
"Disaster" est un disque de Rock "Européen", au sens Anglais du terme, c'est à dire provenant de gens vivant hors de la grande Angleterre. Amon Düül pratique avec engouement le "political art" ("chacun peut créer") et jette en vrac, au cours de jams où la recherche d'harmonie n'est pas le premier des soucis, les bases d'un rock qu'on pourrait aujourd'hui qualifier "d'industriel".
"Disaster" est un double album vinyle paru en 1971 et inaugurant le label de Rock Allemand BASF.
Sur scène ou à mieux dire, dans les "endroits" ou ils se produisaient, des manifs, des festivals, des happenings de rues, Amon Düül générait un magnétisme hypnotique que le disque parvient par moments à restituer.
Le disque est catalogué comme un des albums de Rock Allemand les moins écoutables, il l'est pourtant bien au contraire, mais il faut le prendre par son côté "je fonce et on verra bien". Emmené par ses deux têtes pensantes Peter et Ulrich Leopold, Amon Düül y développe de longues séquences répétitives, robotiques, mal jouées, bancales, aux rythmes fluctuents et incertains, mais parvient à installer, par moments mais avec force, le climat de transe qu'il recherche. Sans trop de casse, il est passé, le désastre est attachant.

Avec "Experimente", sorti en 1983, nous arrivons à la fin de l'histoire d'Amon Duul, mais ce n'est pas une si mauvaise fin, compte tenu du fait que le groupe se scinde en 1971, et cet album de outtakes de leurs premières sessions de 1968-69 n'est publié pour la première fois qu'au milieu des années 1980.
"Disaster" et "Experimente" ont été édités à titre "posthume" puisque le groupe n'existait déjà plus: il ne s'agirait en fait que des restes des anciennes bandes enregistrées plus tôt.

Quoi qu'il en soit, vers la fin de 1968 début 1969, une partie de cette communauté tout à fait originale, dirigée par Chris Karrer (principal guitariste du groupe), se sépare de lui-même du "corps principal" pour poursuivre une carrière musicale plus directe, plus Rock, et depuis, ne voulant pas de querelle sur le nom du groupe, ils décident de se démarquer eux-mêmes en s'appelant Amon Düül II.
Karrer emmène avec lui la chanteuse Renate Knaup-Kroaetenschwanz, le guitariste Johannes Weinzierl, le batteur Peter Leopold et le claviériste Falk Rogner. Le groupe change de nom pour Amon Duul II, afin de se différencier des projets antérieurs de Karrer.
Issu d'une scission d'Amon Düül, Amon Dûûl II voit le jour en Bavière en 1969. Cette année-là, beaucoup de nouvelles musiques surgissent en même temps, et si " In the court of the Crimson King " déclenche le raz-de-marée progressif Anglais, Amon Dûûl II sera responsable du démarrage du " Krautrock " (littéralement: rock choucroute...) en Allemagne.
Comme la plupart du "classic" Rock Allemand, la musique d'Amon Düül II est sombre, triste, froide et mécanique.
Cependant, toutes ces groupes classiques allemands pratiquent leur obscurité et leur dépression d'une manière différente, et Amon Düül II ne fait pas exception.
La principale spécialité du groupe est sa capacité de construire tout un monde imaginaire qui lui est propre, avec de longs et complexes albums conceptuels autour de tous les thèmes de la mort, le malheur, et de mystère, avec un son sci-fi multi-couches, chargé d'echoes qui est plus futuriste que tout le reste allentour. Le groupe est, avant tout multi-instrumentaliste.
http://rapidshare.com/files/4048886/Phallus_Dei.zip Pour leur premier album, "Phallus Dei", le line-up passe à sept ou huit unités, en absorbant le bassiste Dave Anderson et le batteur Dieter Serfas. L'album, principalement instrumental, établit une nouvelle norme standard pour la "black" music, et reste l'une des plus infernales bacchanales dans les Annales de la musique Rock.
L'album, surprenant, explore des contrées expérimentales que le Pink Floyd pense déjà avoir conquises ("Ummagumma", par exemple).
La comparaison avec Pink Floyd ne s'arrêtera pas là, bien que Amon Dûûl II ira beaucoup plus loin dans le domaine de l'improvisation. "Phallus Dei" est d'ailleurs là pour le prouver.
Bien sûr, on entend déjà des particularités propres à ce que l'on appelle le krautrock: des improvisations spatiales côtoient des petites pièces délirantes à prendre au second degré ("Henriette", par exemple), le tout baigné dans une sonorité encore nouvelle à l'époque.
Le responsable de ce son Allemand s'appelle Olaf Kübler (voir Can, Eberhard Schoener, etc...Autres noms importants responsables du son Allemand :Dieter Dierks, Konrad Plank).
Enfin, si cet album présente quelques défauts (le groupe n'est pas encore très mature) et vieillit plutôt mal, il n'en reste pas moins une figure de proue dans la discographie du groupe, grâce essentiellement au titre phare (et provocateur) "Phallus Dei".
L'ensemble du disque est joué dans un ton naïf et occasionnel qui pâlit en comparaison avec l'approche austère et calculée du rock progressif Britannique. Mais, en fait, c'est là que réside son intérêt: il s'agit d'une communauté de hippies offrant une prise plus spontanée sur une jam Rock.
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"Yeti" est un 'monstre'. Une des plus belles bêtes en tout cas d'Amon Dûûl II.
L'album est beaucoup plus professionnel (production et lecture) que le premier. Toute l'énergie du groupe est canalisée sur chacun des morceaux et fait de cet album un monument exaltant de douleur.
A l'origine, "Yeti" est un double vinyle: un premier disque pour les "chansons" éllaborées et un second disque pour les "impros".
Sacrément efficaces ces impros d'ailleurs; il faut remarquer que le morceau-titre prend une face complète ... et que la seconde face ne fait que le continuer! il y a très peu de morceaux reposants, un seul, en fait! le très joli "She came through the chimney".
L'album réinvente le rock progressif en un genre moins cérébral et plus ouvert. L'exotisme et la dimension psychédélique coexistent harmonieusement. La musique trouve un parfait équilibre entre le bruit et l'harmonie, le hard et le soft rock, le gothique et la pastorale.
Le son surhumain de "Phallus Dei" est devenu tout ce qu'il y a de plus "humain".
Ainsi donc, si on le classe facilement en haut du panier de la discographie du groupe, il vaut mieux déjà connaître le monde du krautrock pour apprécier cet album véritablement dès la première écoute. Rappelons pour l'anecdote que le bassiste fera partie ensuite de Hawkwind...
Enfin, il faut noter qu'une bonne partie de l'agressivité du disque est provoquée par un son quelque peu... "bestial".
Indispensable pour les amateurs du genre "chaotique" (déjeanté)...les autres se tourneront plutôt vers les disques produits en 1973 ou ce qui va suivre...
http://www.megaupload.com/?d=VDPC8SXM Le troisième album, "Tanz Der Lemminge" de 1971 est un travail plus sophistiqué, mais pas moins terrible (et historique).
L'évolution du line-up (Chris Karrer à la guitare et au violon, John Weinzierl à la guitare, Lothar Meid à la basse, Falk Rogner aux claviers électroniques, Peter Leopold à la batterie) est enrichi par Alois Grömer au sitar et surtout le claviériste de jazz Américain Jimmy Jackson (jouant l'orgue d'église qui va devenir une marque de commerce de leur son).
Les compositions principales de l'album sont les trois multi-suites, qui développent le concept de "Phallus Dei". Elles ne sont ni aussi noires ni aussi apocalyptiques, même si elles conservent un certain degré d'angoisse et de perversion.
La production est plus propre, plu nette, et plus légère. L'imperprètation est serrée et cohérente. Les chansons ne sont plus du tout improvisées: elles sont de construction rationnelle.
Dès les premières notes de "Tanz Der Lemminge", on pressent un album grandiose, mieux produit et mixé que ses précurseurs. Après "Yeti", le groupe connaît un succès certain avec sa musique souvent complémentaire de celle de Pink Floyd (dans le sens où les allemands allaient plus loin, plus haut, mais dans le même genre d'idée), et a répondu au public par un travail énorme.
Ce qui fait qu'à chaque écoute, on découvre quelque chose de nouveau... Album préféré de beaucoup, c'est celui qui doit rester comme témoignage du groupe, celui qui ne vieillira pas (un peu comme " Dark side of the moon " pour Pink Floyd).
Musicalement, le groupe s'est auto "contrôlé" (calmé) et n'hésite pas à utiliser la guitare acoustique à côté d'ambiances intersidérales... C'est un album merveilleux, complètement "à part", où toutes les émotions sont présentes, de la ballade spatiale jusqu'au défoulement jouissif du deuxième disque d'impro en passant par du hard rock brutal enlisé dans des effets électroniques improbables...
Amon Duul II a réellement su maîtrisé la fusion entre le rock, l'avant-garde et la world-music.
Bref: du concentré d'idées allemandes finement maîtrisées...comme ce n'est malheureusement pas souvent le cas! Ne passez pas à côté de ce chef d'oeuvre!
http://www.megaupload.com/?d=2CJBAQOO Comme si le groupe avait peur de la complexité de ses trois premiers albums, Amon Duul II revient bientôt sur son propre style et recule vers un son beaucoup plus traditionnel. Influencé par Popol Vuh, avec "Carnival In Babylon" 1972 le groupe adopte soudain une position hippie-spirituelle, pour s'adonner à des chœurs célestes et des atmosphères éthérées.
Certes, il n'était pas évident de pondre un album important comme "Carnival In Babylon" après les deux monstres précités...
Mais là, ils se sont peut-être un peu trompés d'objectif: les ingrédients principaux de ce carnaval sont : lyrisme, choeurs, chansons acoustiques... C'est à dire juste de quoi déstabiliser les fans de la première heure ! S'en suivit un premier "flop" commercial inévitable...Et pourtant, beaucoup estimeront que cet album présente de fort "jolies" choses et tiendront tête aux critiques. Avec le recul, il s'avère que ce disque se situe encore dans la très bonne période du groupe, mais offre, il est vrai, certaines déceptions qui ne leur sont pas pardonnées.
Le line-up inclus désormais Danny Fichelscher de Popol Vuh à la batterie, Lothar Meid à la basse, le saxophoniste Olaf Kubler et Karlheinz Hausmann aux claviers électroniques.
Le groupe s'est retiré dans une maison gothique qui est devenu le point de référence pour un groupe de hippies et des freaks.
http://rapidshare.com/files/33470465/Utopia.zip Le disque "Utopia" est sorti sous le nom d'Amon Dûûl II en CD, tandis qu'à sa sortie, la pochette vynile n'indiquait rien. "Utopia" est en fait le premier projet solo de Lothar Meid (et pas le groupe de Todd Rundgren!).
Après ce disque, le bassiste d'Amon Dûûl II va également collaboré à "18 Karat Gold" et faire trois autres albums solos entre 1976 et 1980, mais dans une tendance trop "pop-rock" pour être véritablement très intéressant.
Il faut bien noter qu'ici les membres du groupe n'apparaissent que sur quatre morceaux (avec Olaf et Danny) et offrent d'autres morceaux un poil plus jazzy grâce aux autres musiciens allemands issus d'autres groupes comme Passport ou Embryo.
NB: sur le CD, en bonus, on a droit à "Wolf city" et "Surrounded by the stars" remasterisés et remixés, et qui ont, de ce fait, une pêche d'enfer, et une version apparemment live de "Landing In A Ditch" faramineuse!
Finalement, ce disque est entouré d'un étrange brouillard de mysteres bien curieux...
http://www.megaupload.com/?d=A2ZY8Z67 "Wolf City" de 1972, qui ne dure que seulement 34 minutes, a été une tentative pour vendre ce genre de mystique acide-rock music. Le (mini-) album sonne dans son ensemble de façon plus cohérent et moins "acide" des chansons et il bénéficie d'une production supérieure.
Par ailleurs, le groupe propose tout simplement un disque de progressive-rock. Techniquement parlant, il s'agit du plus "accompli" de leurs albums.
Il est celui sur lequel le groupe joue comme un ensemble avec une inspiration musicale et compétente. Pour le meilleur et pour le pire.
Inconnus il y a encore peu, il est évident qu'avec l'album "Wolf City" le groupe a connu un véritable succès.
Après les deux géants ("Yeti" l'agressif et "Lemmings" le fluide) et le relatif "flop" du "Carnival", Amon Dûûl II a su trouver un équilibre parfait.
Il n'y a plus ici d'improvisations poussées, ni d'effets indigestes. Au contraire, le groupe semble avoir fini d'apprendre et peut enfin étaler ses connaissances à son aise.
On remarque que pas mal d'invités n'ont pas été indifférents à la magie de cette musique effervescente. Un album apparemment sans faille et pourtant toujours un peu dingue...
Mais ne serait-ce pas la voie de la commercialisation ? En fait, "Wolf City" et "Vive La Trance" vont être les deux derniers albums réellement intéressants du groupe, tout en étant de bons disques d'introduction au style. Fortement conseillés aux néophytes.
Comme tous les groupes expérimentaux et novateurs, cependant, le groupe choisit de ne pas stagner, et plus tard, une fois encore, comme la plupart des autres groupes Krautrock, principalement Can, passe à une marque plus accessible, et même plus "commerciale", avec les chansons réduites en longueur, en éliminant principalement les effrayants passages instrumentaux dissonants, en simplifiant encore et toujours les mélodies, mais en gérant tout cela sanssacrifier le caractère unique de base de leur musique.
http://www.megaupload.com/?d=DAUK09R2 "Vive La Trance" édité en 1973 est non seulement encore plus structuré, mais il est aussi mélodique.
C'est l'album pop d'Amon Duul II. La seule et unique exception est une nouvelle suite multi-partie, intitulée "Mozambique", mais qui, malgré tout, sonne comme un fantasme mélodique: pas de tempos exotiques, pas de violon tzigane, mais, plutôt, un piano enmenant la mélodie et un lourd riff de guitare.
Mêmes ingrédients que sur le précédent album; l'album "Vive La Trance" possède en plus une dimension non négligeable: l'humour! Les titres sont de plus en plus courts mais terriblement efficaces. La preuve que le groupe fonctionne véritablement à la perfection... Des morceaux comme "A morning excuse" ou le fabuleux "Mozambique" font apparaître l'énorme talent (le génie!) d'Amon Dûûl II, bien que le côté excentrique et novateur du début soit totalement oublié.
En fait, il y a deux manières de réagir à cet album: il est assez accessible pour l'auditeur qui ne connaît pas encore bien le son "allemand", tandis que les autres "habitués" aux sonorités dures et chaotiques seront certaitement déçus.
A vous de vous situer! Il apparaîtra par la suite que "Vive la trance" sera le dernier disque intéressant du groupe (à part les témoignages "live") puisqu' ils vont peu à peu (et inexorablement) tomber dans la musique commerciale perfide et aseptisée...

http://rapidshare.com/files/103015912/AD01.rar pw = purgatory
Le premier album live du groupe "Live In London" a été publié un peu tard, en 1974, et c'est l'enregistrement d'un concert dr la fin de 1972 au Greyhound, à Croyton.
C'est un plaisir d'entendre ces performances du groupe capturée dans leurs véritables débuts: tout le matériel repris va de "Yeti" à "Tanz Der Lemminge", avec aucune des compromis de leur disques futurs, évidemment.
Bien évidemment, la musique ici sonne un peu moins bien que dans le studio. Cependant, la qualité sonore est assez solide pour un tel concert et ils ont été manifestement très désireux de saisir toutes les nuances de leur show.
De lourdes guitares, une énorme section rythmique, et un violoniste qui fait que son violon sonne comme une guitare voilée.
Ces gars-là font du son, au moins sur le premier face, comme une sorte d'équivalent Allemand de Led Zeppelin, sombre, mystique, bourru, lourd, et par-dessus tout, avant tout, rock ' n'roll. À bien y penser, ils sont probablement le groupe de Krautrock le plus "traditionnellement innovant".
Ils sonnent simple, accrocheur même, et pleinement dans la tradition de la scène Hard Rock.
Cependant, à chaque écoute, ressortent de subtiles nuances que vous n'aviez pas remarqué auparavant. La lead guitare au jeu acide, le chant lyrique de Renate Knaup, les envollées du violon de Chris Karrer sont tous des marques de commerce du groupe.
Dès la première seconde du spectacle, les deux batteurs démarrent leur rythme complexe, modèle de R'n'B, puis se joint à la frénésie le bassiste Meid avec sa basse à forte tendance fuzzed.
Il est intéressant de constater, que si, techniquement, Renate semble être le maillon faible du groupe (son chant est loin d'être parfait), c'est exactement ses contributions qui leur permet d'élever ce genre de musique, si techniquement parfaite, ces jams psychédéliques sur une sorte de niveau différent. Il suffit de ne pas oublier de mettre le volume très fort.
Ce disque est un parfait témoignage de ce qu'était véritablement Amon Düül II sur scène!
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"Made in Germany" de 1975 a souvent été catalogué comme le chant du cygne.
Bien sûr, peu de choses ont survécu à leur "transition vers la pop", les sauvages extravagances des premiers disques ne sont plus. À leur place, nous avons droit à des approches classiques de la mélodie et de l'instrumentation, mais nous voyons aussi une incroyable diversité, une étonnante diversité de styles et d'ambiances qui nous jette un tango pop, des ballades rêveuses, des boogies astral, des parodies de Dylan, etc, et l'album ne devient jamais véritablement ennuyeux une seule seconde.
Tous les albums du groupe sont censés être "conceptuels", et celui-ci ne déroge complètement pas à cette règle.
La plupart des chansons sont centrées autour de la Bavière, Munich, et le roi Louis II, le célèbre roi fou Louis de Bavière. Quoi qu'il en soit, "Made In Germany" existe en deux versions: un double-LP somptueux, avec une pochette qui s'ouvre et une édition LP simple. Paradoxalement, c'est l'édition simple qui est éditée en CD.
Pas véritablement de mauvaises chansons ici, pas une seule.
A partir de là, une suite de trois chansons dédiées au roi Louis "Ludwig", animée par un jeu acoustique puissant et parfois un riff de violon opére au-delà de la mesure et présente toute l'histoire du suicide de Louis dans une fantastique contexte lyrique, "The King's Waltz Chocolate" est un court interlude instrumental basé sur des textures apaisantes proto-ambient et "Blue Grotto" est une belle ballade empathique avec Renate Knaup dans son chant le plus doux.
Bien sûr, Amon Düül II n'est pas un groupe célèbre pour ses solos de guitare, mais comment résister à une simple guitare jam quand c'est fait avec beaucoup de verve, de dévouement et de professionnalisme?. De là, pas de problème de changement de style et le groupe s'engager sur un chemin folkeux avec 'Emigrant Song", avec une jolie mélodie et un beau jeu d'orgue.

Hi Jack" de 1974 poursuit le déclin du groupe...

"Pyragony X", édité en 1976, n'est tout simplement pas un album d'Amon Düül II. Il n'y a rien, même à distance Amon Düül II n'a vraiment rien à voir avec cet album sans imagination.
Le plus singulier, c'est que le disque n'a même pas été diffusé à l'extérieur de l'Allemagne, même si tous les morceaux sont écrits en Anglais. Certes, c'est vraiment un nouveau look pour le groupe: Renate Knaup est sorti, avec quelques autres membres, dont les places sont prises par le guitariste claviériste Stefan Zauner et le bassiste guitariste Klaus Ebert, les deux étant auteurs compositeurs et chanteurs.
Malheureusement, ces gars-là dominent pratiquement les compositions. Weinzierl ne contribue qu'à un seul morceau, Karrer contribue à un autre, tout le groupe collabore sur une troisième, et, sans surprise, ces trois chansons s'avérent être les meilleures des compositions ici.
Zauner et Ebert sont une parfaite illustration de ce très malheureux type d'auteurs compositeurs qui aiment les chansons, en particulier de base, traditionnelle, chansons pop, mais, malheureusement, qui ne savent pas véritablement ce qu'est une composition. Ils offrent ici des chansons sont tout simplement hideuses, dans le sens premiers du terme. Des chansons hybrides avec des reminiscences d'un peu tout le monde, mais qui ne vous accrochent pas.
Pas grand chose à en tirer, donc!
Suivent les insipides "Almost Alive" (1977), et "Only Human" (1978).

Le line-up original, pour une réunification, sort "Vortex" (1981). Knaup, pendant ce temps, réussissait avec Popol Vuh.

Pourtant, un autre réunion de line-up enregistre les derniers albums d'Amon Duul II: "Meeting With Menmachines" (1983), avant que le groupe ne se re-sépare, "Hawk Meets Penguin", "Die Losung", "Fool Moon", et "Airs On a Shoestring".
D'autre part, après leur reprise dans le milieu des années quatre-vingt-dix, Amon Düül II a assez bien réussi à prouver qu'ils ont (peut-être) encore assez de tripes pour renouer avec le succès par la fusion de leur son classique avec des influences moderne et faire de la musique qui pourraient entrer en concurrence assez bien avec leurs matériel du passé (voir leurs albums live).

Cependant, les six membres originaux du groupe se sont réunis pour un concert en 1992, puis ont enregistré "Nada Moonshine" (1995).
Il n'est pas particulièrement évident d'écrire sur la composition du groupe, comme elle change constamment, mais, cependant, plusieurs membres doivent être mentionnés.
Chris Karrer est l'un des principaux pères fondateurs, et ses concepts et son violon sont cruciaux pour le début du groupe.
Le centre musical du groupe semble être le guitariste John Weinzierl, dont les riffs et solos sont de véritables tueries. La magnifique voix féminine sur la plupart des classiques du groupe nous vient de Renate Knaup-Krotenschwanz. Peter Leopold est le batteur du groupe principal.
Les claviéristes ont été, cependant, habituellement différents - Falk Rogner sur certains disques, et Karl-Heinz Hausmann sur les autres.
Même chose pour l'instabilité des bassistes.
Le batteur Peter Leopold, membre fondateur d'Amon Düül et Amon Düül II est décédé le 8 novembre 2006.

Le groupe continue d'exister actuellement, mais il n'est plus que l'ombre de lui-même!...
discographie: Amon Düül Psychedelic Underground (1969)
Collapsing/Singvögel Rückwärts & Co. (1969)
Paradieswärts Düül (1971)
Disaster (Double LP) (1972)
Experimente (1983)
discographie: Amon Düül II 1969 Phallus Dei
1970 Yeti
1971 Tanz der Lemminge / Dance Of The Lemmings
1972 Carnival In Babylon
1973 Wolf City
1973 Angel Dust
1973 Live In London
1974 Utopia
1974 Vive La Trance
1975 Hijack
1975 Made In Germany
1976 Lemmingmania
1976 Pyragony X
1977 Almost Alive
1978 Only Human
1981 Vortex
1983 Hawk Meets Penguin
1985 Meeting With Men Machines
1989 Fool Moon
1992 Live In Concert
1993 Surrounded By The Stars / Bars
1995 Nada Moonshine
1996 Kobe (Reconstructions)
1997 Live In Tokyo
1997 Flawless
sources: wikipedia, petit.sebastien.free.fr, George starostin's review, Thiad (poin poin), Francois Branchon, Piero Scaruffi