Si au niveau artistique le début des années 70 est une période en demi teinte pour le Zim (les albums New morning et Planet Waves sont plutôt bons mais pas révolutionnaires comme pouvait l'être BOB) sa notoriété n'en reste pas moins tout à fait exceptionnelle. Ainsi sa tournée avec le BAnd en 1974 est un véritable triomphe. A son retour le Zim s'attend à pouvoir prendre un repos bien mérité..MAis c'est tout le contraire qui va se produire. Sarah, ne supportant plus les infidélités de son mari, lui annonce qu’elle souhaite divorcé . Dylan est effondré, il quitte le domicile conjugal pour se retirer seul à Greenwich Village. Il sombre alors dans une dépression sans précédent. Plus rien ne semble l’intéresser.
Lors de ses rares apparitions publiques on découvre un Dylan pathétique souvent complètement aviné. Il redevient le chien méchant qui ne supporte ni la popularité ni l’amour de son public. Quand on l’interroge sur la tournée qu’il vient de terminer il dira la chose suivante
J'ai détesté chacun des instants de cette tournée 1974….. Je n'avais aucun contrôle sur tout ce qui se passait. Je n'aime pas avoir le sentiment d'être dirigé par les autres. Je choisis les gens. Ce n'est pas eux qui me choisissent….. Et je choisis des gens qui peuvent m'aider dans ce métier. Mais c'est donnant-donnant.
" C'est en partie pourquoi j'ai cessé de jouer en 1967. Le public ne venait plus me voir. Il ne me voyait même plus alors que j'étais là devant lui. Ils venaient pour voir le mythe Dylan, c'est tout ce qu'ils voyaient Durant l’été 1974 le Zim est donc à nouveau seul au monde..et c’est un nouveau coup du destin qui va lui permettre de remonter la pente…
Dylan complètement déprimé s’inscrit à un cours de peinture, celui d’un professeur juif Norman Raeben. C’est alors la révélation. Dans ce cours il n’est plus le mythe Bob Dylan, il redevient un simple élève parmi d’autres et son professeur lui donne à nouveau le goût de la création. Il décide alors de retourner en studio afin de mettre ses maux en musique. De retour au Minnesota il entreprit d’écrire les chansons de son nouvel album. En peu de temps, il composa onze titres. Après les avoir testés auprès de ses amis, il commença l’enregistrement à New York le 16 septembre. Cet album est dans un premier temps presque entièrement acoustique. Dylan étant sur les trois quart des morceaux exclusivement accompagné d’un bassiste du nom de Tony Brown et d’un organiste du nom de Paul Griffin. Les séances se passent divinement bien et après avoir remis les bandes à sa maison de disque Dylan part quelques jours en vacances. A son retour, alors que l’album est prêt à être distribué. Dylan décide de réenregistrer cinq des dix titres à Minneapolis avec des musiciens de studio rassemblés par son frère, David Zimmerman, probablement parce qu'ils trouvaient l’enregistrement initial trop monotone. La version définitive de Blood on the Tracks est finalement diffusée le 17 janvier 1975.
Autant vous le dire tout de suite cet album est un chef d’œuvre absolu. Presque exclusivement consacré à sa rupture, Dylan écrit là parmi les plus beaux titres de son répertoire. If your see her say hello est peut être sa chanson la plus personnelle et la plus touchante.
She might think that I've forgotten her, don't tell
her it isn't so.
Toute la détresse d’un homme et sa fierté sont résumées dans ces vers. Je vous propose de découvrir la chanson Shelter On the storm qui est un des nombreux classiques que contient Blood on the tracks
09 Shelter From The Storm.mp3 [7.57 Mio]
Téléchargé 93 fois
L’album fait un véritable carton L'album a été #1 au Billboard et #4 au Royaume-Uni, puis double disque de platine aux États-Unis
En 2003, il est classé 16e des 500 plus grands albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone
En 2004, Tangled Up in Blue (le premier single extrait du disque) est classé au 68e rang des 500 meilleures chansons de tous les temps.
Les critiques sont dithyrambique et son public est ébahit de retrouver le petit génie de Minneapolis qu’il pensait avoir perdu dans les arcanes des années 60