Je ne présenterai pas mieux Marti que l'ami qui me l'a fait découvrir (voici sa présentation). Et par la chanson qui me l'a fait découvrir.
Il est très difficile d’être objectif lorsqu’on écoute un musicien qui parle de quelque chose qui vous touche, en particulier lorsque celui-ci parle de l’endroit où vous êtes né. Claude Marti est l’une des figures du « renouveau occitan » des années 60 et 70. Ce militant communiste, instituteur et musicien, partageait son temps entre des opérations plus ou moins clandestines avec l’Espagne alors Franciste, la musique (sur son seul nom il remplissait le zénith de Toulouse à l’époque) forcément plus qu’engagée et son travail. Fiché par les renseignements généraux, les forces de l’ordre gardaient toujours un œil sur lui. Outre le fait qu’il faisait passer des militants espagnols d’Espagne à France, qu’il avait été à Cuba (plutôt exceptionnel pour l’époque) et qu’il avait mis des inscriptions hostiles sur un aéroport où De Gaulle devait atterrir, il était surtout connu pour être un castagneur de première. Un de ses passe temps favori était de casser la gueule aux militaires de Carcassonne qui s’amusaient parfois à embêter des mecs du coin. Il jouait au rugby avec un type, connu pour être un proxénète, qui disait « Le seul type que je crains, c’est Marti, parce que je sais que si je me bat avec lui, il me tue ». L’oeuvre de Marti, qu’on apprécie ou non ses textes engagés, est à mon sens des plus intéressante. De part le témoignage d’une époque plutôt mal connue qu’elle matérialise mais aussi de part ses qualités artistiques. Pour illustrer cela, j’ai choisi une chanson relativement peu engagée, « Tu mon vilatge ». Je pense que même les personnes qui ne parlent pas l’occitan peuvent quand même comprendre le sens des paroles.
En résumé, cette chanson parle d’un phénomène qui touche encore les zones rurales du Languedoc. La mort de l’agriculture dans sa forme traditionnelle (ici la maladie qui touche la vigne) provoque le départ de populations fières de leur mode de vie âpre sur la terre de leurs ancêtres qui l’est tout autant.